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Oliver Jones : Montreal forever !


Difficile p?riode des f?tes pour les v?t?rans du jazz d’ici, Oscar Peterson ayant d?finitivement tir? sa r?v?rence le jour de No?l ! La tornade Peterson disparue – m?me si l’arthrite avait pr?matur?ment mis fin ? sa carri?re – la figure du patriarche s’incarne tout naturellement en la personne d’Oliver Jones.

« Peterson a ?t? ma principale source d’inspiration, sans aucun doute », reconnaissait r?cemment Jones avec la formidable humilit? qui caract?rise ce jeune homme de 73 ans.

N? un 11 septembre dans la Petite-Bourgogne et ?lev? dans une maison modeste, voisine de celle d’Oscar Peterson, Oliver Theophilus Jones est ce qu’il convient d’appeler un talent musical « naturel », donnant son premier spectacle ? cinq ans et jouant ? neuf dans un club de nuit ! On se souviendra que sa premi?re professeure de piano jazz ?tait Daisy Peterson Sweeney, la propre sœur d’Oscar, et que la carri?re du pianiste s’?tend bien au-del? du registre jazzique.

Pour celui qui fut le pianiste r?sident du club Biddle’s, la fid?lit? ? la sc?ne montr?alaise est une constante, du moins pour les trois derni?res d?cennies. On ne s’?tonnera donc pas de le voir poser son regard r?veur sur le d?cor de la vieille ville en couverture de ce nouvel album.

Second Time Around s’inscrit comme la suite logique de One More Time, paru en 2006 et gagnant d’un F?lix. Fid?le ? la formule du trio qu’il affectionne particuli?rement, Jones s’offre ici une rythmique interg?n?rationnelle de haut calibre : le contrebassiste ?ric Lagac? reprend avec brio le pupitre tenu pr?c?demment par Dave Young, tandis que le tout jeune Jim Doxas nous confirme qu’il est LE batteur ? surveiller.

Cette seconde visite est un album tr?s ?quilibr? qui parcourt la palette du jazz mainstream, de la ballade aux morceaux d’inspiration bebop ? tempo ?lev? en passant par le swing bondissant. S’y c?toient quelques standards et six compositions, dont deux sont d?di?es aux sidemen du pianiste : Museric Waltz, une valse aux accents romantiques pour ?ric Lagac?, et D for Doxas, o? le jeune drummer d?montre sa v?locit?.

? l’?coute, on prend vite conscience du parti pris de s’amuser avec les figures de style, en donnant ? l’inoxydable Misty une facture langoureuse avant de le d?construire, ou en r?interpr?tant un blues (Simple Blues) et une structure bop (Dizzy-Nest). Jones prend aussi le pr?texte du traditionnel Precious Lord en piano solo pour donner cours ? un lyrisme typique qui nous rappelle sa r?cente prestation en tant que musicien invit? du Montreal Jubilation Gospel Choir. Et on se r?jouit de constater que le temps n’a pas de prise sur ces doigts-l?.

Malgr? leur ?ge et leurs parcours distincts, les trois musiciens font la d?monstration d’une grande coh?rence et ne manquent pas non plus l’occasion de se livrer ? quelques ?chapp?es sous la forme de solos toujours ma?tris?s. Du beau travail qui donne un souffle de vie ? une tradition bien assise.

Il sera int?ressant et r?jouissant de retrouver l’?nergie de l’album sur la sc?ne du Festival de jazz de Montr?al, o? Mister Jones se produira en voisin cette ann?e encore. Le public pourra l’entendre dans divers contextes, c?l?brant le 25e anniversaire de Justin Time, l’?tiquette ? laquelle il reste fid?le, et marquant une nouvelle fois de sa pr?sence le spectacle de cl?ture.

Bien jou?… surtout pour un musicien qui avait pris sa retraite en 2000 !

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