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Obama pr?sente un ?grand marchandage? pour r?duire les imp?ts des soci?t

Obama

Par Eric London
5 ao?t 2013
S’adressant mardi depuis le centre de distribution d’Amazon de Chattanooga, dans le Tennessee, le pr?sident Barack Obama a pr?sent? un plan visant ? r?duire les imp?ts des soci?t?s et ? donner des milliards de dollars en subventions aux entreprises au nom de la s?curisation d’?une meilleure aubaine pour la classe moyenne?.

Dans la deuxi?me d’une s?rie d’apparitions ostensiblement ax?es sur l’emploi et la ?classe moyenne?, Obama a propos? de r?duire le taux d’imposition des soci?t?s en le faisant passer de 35 ? 28 %, et ? 25 % pour les fabricants. Cette annonce a ?t? coupl?e ? des appels pour que le gouvernement fournisse ?en partenariat avec le secteur priv?? les infrastructures, les services sociaux et l’?ducation – des mots cod?s pour privatisation et compressions budg?taires.

Le pr?sident couvre son plan de r?duction des imp?ts des soci?t?s derri?re un ?cran de fum?e de d?magogie. Affirmant qu’?une chose que [la r?cession] a permise, aura ?t? de mettre ? nu l’?rosion ? long terme que ce qui s’est pass? en ce qui a trait ? la s?curit? de la classe moyenne?, Obama a r?p?t? sa promesse creuse de fournir aux gens ordinaires ?la chance de r?ussir dans l’?conomie du XXI?e?si?cle?.

?Renverser cette tendance? de l’approfondissement des in?galit?s ?doit ?tre la priorit? de Washington?, a d?clar? Obama. ?C’est certainement la mienne en tout cas.?

En r?alit?, les politiques ?nonc?es par Obama auront l’effet inverse. Enti?rement en accord avec les premiers quatre ans et demi de sa pr?sidence, le programme ?conomique d’Obama vise ? canaliser une part encore plus grande des richesses de la soci?t? vers l’oligarchie financi?re qui domine la vie politique et ?conomique aux ?tats-Unis.

Ce qu’Obama cherche ? faire passer comme un programme d’emploi comprend d’une part des d?penses f?d?rales mineures en mati?re de d?veloppement des infrastructures – li?es ? des all?gements fiscaux et ? des subventions pour les entreprises – et d’autre part des all?gements fiscaux pour les entreprises qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars en argent sonnant. Tout son plan est profond?ment r?actionnaire et adapt? aux int?r?ts des banques et des soci?t?s.

La posture d’Obama comme d?fenseur de la ?classe moyenne? est contredite par le rejet explicite de toute aide ? D?troit par son administration, un refus r?it?r? la semaine derni?re par le secr?taire au Tr?sor Jacob Lew. Cette d?cision repr?sente un soutien de facto ? l’?visc?ration des prestations de retraite des 20.000 travailleurs municipaux de D?troit et ? la liquidation des actifs de la ville.

Obama pr?tend certes soutenir les ?bons emplois payant des salaires d?cents?, mais sa politique vise en fait ? sabrer les salaires des travailleurs. Dans les restructurations de Chrysler et de General Motors en 2009, il a fait de la r?duction des salaires de 50 % des nouveaux employ?s une condition pour fournir des fonds de sauvetage aux constructeurs automobiles.

L’expansion de la production ? bas salaire chez GM et Chrysler a eu des r?percussions dans toute l’industrie manufacturi?re am?ricaine et a entra?n? une baisse des salaires dans l’ensemble de l’industrie automobile. Un exemple en est l’usine d’assemblage de Volkswagen ? Chattanooga, situ?e dans le m?me lot que le centre de distribution d’Amazon qu’Obama a visit?. ? l’usine VW, les nouveaux travailleurs sur la ligne d’assemblage sont pay?s 12 $ l’heure, ce qui est parmi les salaires les plus bas pour les travaux d’assemblage automobile de partout dans le pays.

Telle est la r?alit? derri?re les vantardises d’Obama qui pr?tend dans son discours que ?nous avons sauv? l’industrie automobile gr?ce ? la coop?ration de GM et des TUA pour ramener des emplois aux ?tats-Unis?.

La vision de l’administration n’est pas, comme le pr?tend Obama, ?un bon travail avec un bon salaire?. Bien au contraire, le plan est de faire reculer de plusieurs d?cennies les conditions de vie de la classe ouvri?re. Rien ne souligne cela autant que la d?cision d’Obama de prononcer son discours ? l’un des centres de distribution d’Amazon, une soci?t? notoire pour ses salaires de mis?re et des conditions de travail abusives.

?Amazon est un excellent exemple de ce qui est possible?, a d?clar? Obama dans l’?tablissement connu pour ses conditions de mis?re. Les travailleurs mal pay?s de l’entreprise, dont un pourcentage important sont engag?s ? contrat par l’entremise d’agences de travail temporaire, sont oblig?s de supporter une chaleur et un froid extr?mes, se font syst?matiquement intim?s de ne pas parler entre eux, et sont quotidiennement menac?s de licenciement.

Dans son ?dition du 18 septembre 2011, le?Allentown Morning Call?de Pennsylvanie signalait que les travailleurs d’un entrep?t d’Amazon local ?taient forc?s de travailler de longues heures sans climatiseur ou de pauses pour leur permettre d’aller boire de l’eau, par des temp?ratures sup?rieures ? 38 Celcius. Il ?tait mentionn? dans l’article qu’ils ?taient menac?s de licenciement s’ils se plaignaient. Amazon avait refus? d’ouvrir les portes des quais de chargement pour ventiler l’entrep?t, invoquant la n?cessit? d’emp?cher les travailleurs de voler. L’entreprise a pr?f?r? retenir un parc d’ambulances dans son stationnement pour transporter ? l’h?pital les travailleurs souffrant de malaises ou incommod?s par la chaleur.

Le?Financial Times?rapportait en f?vrier que les travailleurs ?peuvent marcher entre 11 et 24 kilom?tres? par jour, et qu’ils ?doivent traverser une s?rie de scanneurs semblables ? ceux utilis?s dans les a?roports pour v?rifier qu’ils ne volent rien? ? la fin de leur quart de travail et de leur pause du midi de 30 minutes. L’article note qu’?un tr?s grand nombre de travailleurs sont fr?quemment licenci?s avec peu d’avertissement ou d’explication?. En outre, ils re?oivent des bottes de travail de mauvaise qualit? et mal ajust?es, se faisant dire d’appliquer de la vaseline sur leurs pieds si les ampoules deviennent insupportables.

Selon l’?dition du?Seattle Times?du 3 avril 2012, les travailleurs d’Amazon sont menac?s ou m?me cong?di?s s’ils signalent des accidents de travail ? l’Occupational Safety and Health Administration. De plus, un recours collectif est en cours contre la soci?t? pour les nombreuses erreurs dans les ch?ques l?sant ses travailleurs.

Obama cherche ? donner des milliards de dollars aux entreprises en proc?dant ? des r?ductions fiscales et en octroyant des cadeaux au d?triment des d?penses sociales. En s’engageant ? ?r?duire notre d?ficit avec un scalpel pour se d?barrasser des programmes dont nous n’avons pas besoin?, Obama s’est vant? de sabrer les d?penses du gouvernement plus rapidement que toutes les autres administrations ?lues depuis la fin de la Deuxi?me Guerre mondiale. ?Notre d?ficit n’a jamais baiss? ? un rythme aussi rapide depuis 60 ans?, a-t-il dit.

Il a ?galement appel? ? une privatisation accrue des ressources publiques, affirmant que le gouvernement ?devrait s’associer au secteur priv? pour am?liorer ce dont les entreprises ont le plus besoin? – une liste comprenant le contr?le de la circulation a?rienne, les services publics et les ?coles publiques. Obama affirme que donner aux entreprises un meilleur contr?le sur les ?coles publiques permettrait la prolif?ration d’??coles modernes capables de pr?parer nos enfants pour demain?.

Obama a fait r?f?rence ? un plan qui permettrait aux entreprises de tirer profit des travailleurs des r?gions pauvres du pays comme ? Chattanooga. ?Nous allons offrir de nouveaux incitatifs fiscaux aux fabricants qui ram?nent des emplois aux ?tats-Unis, de m?me que de nouveaux cr?dits d’imp?t pour que les collectivit?s les plus durement touch?es par les fermetures d’usines puissent attirer de nouveaux investissements?, a-t-il dit.

En langage clair, le pr?sident propose de donner aux soci?t?s l’argent du public pour transf?rer les op?rations industrielles dans des zones de ch?mage ?lev? o? les travailleurs peuvent ?tre contraints d’accepter des salaires de mis?re.

(Article original paru le 31 juillet 2013)

wsws.org

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