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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
25 février 2008 |
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Le rapport Castonguay a été déposé cette semaine. Un rapport assez consistant de plus de 300 pages. Ce rapport analyse en profondeur notre système de santé ; ses forces, ses faiblesses, son état présent ainsi que les améliorations qu’on doit lui apporter pour assurer sa pérennité. Il nous apporte également quelques points de comparaisons avec d’autres systèmes à travers le monde. Même si certains ont remis en doute l’impartialité de ses auteurs (qui est totalement impartial ???), je crois que ce rapport est le fruit d’un travail honnête et rigoureux.
J’aurais aimé vous livrer mes impressions de façon exhaustive dans un long texte bien structuré et bien articulé. Cependant, le temps me manque cruellement. Je tenterai donc d’être plus concis.
Même si plusieurs acteurs de la scène politique québécoise, dont le ministre Couillard lui-même, ont critiqué vivement l’état de la situation qui est dépeinte dans ce rapport, je demeure convaincu qu’elle est bien proche de la réalité. Des chiffres, ça ne ment pas.
Un des problèmes majeurs de notre système, c’est que son coût d’exploitation croît plus rapidement que nos richesses collectives. C’est ce qui explique qu’on accorde toujours, année après année, une plus grande part de notre budget étatique à la santé. En 1981 c’était 30,6%, en 2007 on était rendu à 44,3%. C’est une situation qu’on ne peut plus tolérer. C’est totalement inadmissible qu’on pige dans les autres programmes de l’État pour éponger la croissance incontrôlée des dépenses en santé. Pendant ce temps-là, ce sont nos routes, notre système d’éducation, la culture et toutes les autres missions de l’État qui en souffre.
C’est donc tout à fait logique et cohérent que le rapport Castonguay propose, comme objectif central, de ramener la croissance des dépenses en santé au niveau de la croissance de nos richesses publique. Par contre, cela ne se fera pas sans douleur et en claquant des doigts. En fait, c’est un objectif à moyen terme. Le rapport prévoit que cet objectif pourrait être atteint d’ici 5 à 7 ans.
Pour réussir à atteindre cette cible, il faudra que tout le monde mette la main à la pâte, les médecins, les administrateurs, les citoyens et le gouvernement. Ce n’est rien de moins qu’un nouveau contrat social qui est proposé. Bien évidemment, ce nouveau contrat social serait basé sur des valeurs et principes qui nous sont chers : universalité, solidarité, équité, efficacité, responsabilité et liberté.
Également, toujours dans l’optique d’atteindre l’objectif fixé, il serait important de ne pas repousser, de façon dangereusement obstinée, l’apport que le privé pourrait faire en COMPLÉMENT du public. Cela ne veut pas dire de sacrer notre système public à terre pour en rebâtir un privé. Ça veut simplement dire qu’on pourrait regarder si le privé ne pourrait pas nous aider à soigner plus de gens et à les soigner mieux. Il ne faut pas voir l’apport du privé comme étant un objectif, mais comme un moyen d’arriver à nos objectifs. Évidemment, on garderait toujours un œil attentif ; on évaluerait l’efficacité du privé tous les 5 ans. C’est en tout cas ce que propose le rapport.
Mais, au-delà de l’apport du privé, c’est certain qu’il faut s’attaquer principalement à une restructuration de notre système publique. Il faut tout faire pour le rendre plus efficient, c’est-à-dire le plus efficace possible au moindre coup. C’est une tâche à laquelle on doit s’attaquer rapidement, car elle ne donnera des résultats qu’à moyen terme.
Autre proposition que le rapport Castonguay amène, c’est de revoir le panier des services offerts par notre système. Il faut cesser de voir cela comme une boîte de pandore qu’on ne devrait pas ouvrir. Ce panier de services comprend un bon nombre d’incohérences qu’il ne faut plus accepter :
« Certains soins sont couverts à l’hôpital mais ne le sont plus à la maison. Les lunettes ne sont pas remboursées aux enfants d’âge scolaire, certains soins psychologiques sont refusés à des patients qui en auraient besoin, des services d’orthophonie offerts en cabinet ne sont pas couverts. Par contre, toute visite à l’urgence ou chez un médecin est obligatoirement gratuite, quels qu’en soient l’objet et la fréquence, et indépendamment de la gravité du problème à examiner. Les grippes à répétition sont traitées gratuitement, mais pas la psychothérapie. Certains services diagnostiques sont couverts en milieu hospitalier et ne le sont pas en clinique. » (Rapport Castonguay P. 77)
On se doit donc de revoir en profondeur le panier de services offerts afin d’éliminer au maximum les incongruités aberrantes. À cette fin, le rapport propose d’effectuer régulièrement une révision des services offerts. Cette révision serait faite par le biais d’un mécanisme permanent, crédible et légitime. En cette matière, le statu quo n’est plus acceptable.
Si une restructuration de notre système nous amène, si des efforts y sont consacrés, à moyen terme, à atteindre l’objectif central que se sont fixé les membres du groupe de travail Castonguay, il est important de trouver, entre temps, des nouvelles sources de revenus afin de combler l’écart entre la croissance des dépenses en santé et la croissance de nos richesses collectives. Sans ça, ce seront les autres missions de l’État qui en subiront les désastreuses conséquences.
C’est donc là qu’interviennent la fameuse franchise et la hausse de TVQ tant décriées. Je ne tenterai pas ici de vous faire la louange de ces mesures. Seulement, je ne vois pas d’autres solutions. Ce serait, bien sûr, dans le cas de la TVQ surtout, des mesures temporaires ; le temps d’atteindre notre objectif central.
Par ailleurs, ça ne serait pas illogique qu’un gouvernement qui se plaignait du déséquilibre fiscal aille chercher de l’argent qui lui permettrait de mieux équilibrer ses obligations constitutionnelles et ses revenus. C’est vrai, ça fait des années qu’on dit que Québec n’a pas assez d’argent pour remplir ses obligations émanant de l’article 92 de la constitution et qu’Ottawa en a trop pour remplir les responsabilités que lui confère cette même constitution en l’article 91. Maintenant qu’Ottawa a abaissé de 2% la TPS, pourquoi ne pas augmenter, de façon temporaire la TVQ de 0,5% ou même 1%. Je crois qu’il faut y réfléchir sérieusement.
Même si le rapport Castonguay contient bien davantage que ce que j’ai exposé ici, je crois que l’essentiel à été dit. Je ne crois pas que ce rapport soit plus révolutionnaire que les rapports Clair, Ménard et Perreault. Par contre, il est de plus en plus urgent d’agir. En ce sens, il m’apparaît tout à fait inacceptable et irresponsable que le Ministre Couillard rejette du revers de la main une grande partie des propositions de ce rapport. Pire encore, il a même tenté de nous faire croire que la situation n’était pas aussi sombre que le groupe de travail le laisse croire. J’espère que M. Couillard n’agit pas ainsi dans un but électoraliste, ça serait terrible.
Ça fait 2-3 élections qui se font presque exclusivement sur le dossier de la santé reléguant ainsi au second plan des questions cruciales comme l’éducation, la famille, l’économie etc … Je crois qu’il est maintenant plus qu’urgent d’opérer les changements tant nécessaire. Je ne bois pas le rapport Castonguay comme je boirais l’eau de la rivière de la Vérité, mais quelles sont les autres propositions ?
Vous avez raison de dire qu’on ne peut ignorer le rapport Castonguay. Il faut constater qu’il n’apporte cependant RIEN d’innovateur. Si la santé vous intéresse, je vous invite a lire – disons à feuilleter, pour commencer – les 80 essais que j’ai mis en ligne et qui jettent un nouveau regard sur les VRAIS problèmes de la santé… et leur solution.
Pierre JC Allard
13:39, le Mercredi 27 février 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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