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Notre-Dame héberge aussi les fakes news du XIII eme siècle : les reliques

Après un rappel avant-hier sur l’historique des cathédrales et leurs nombreux déboires oubliés par cette époque qui ne fonctionne vraiment pas au même rythme, il est temps de revenir au contenu assez impressionnant de la cathédrale sinistrée.  Et quand je dis impressionnant, je pèse mes mots.  Figurez-vous qu’on s’est empressé lors de la catastrophe d’aller sauver au plus vite des objets qui pour les croyants sont d’une importance extrême, puisqu’au moins trois d’entre eux proviendraient de l’époque du Christ où auraient même participé à la Passion !!!  Ce qui ne résiste pas deux minutes à l’examen historique ou scientifique, pourtant,  comme on va le voir !  Le bâtiment pleuré aujourd’hui par le monde entier, et dont je souhaite la reconstruction (1) est le lieu même d’une idolâtrie sans nom, celle de la croyance aveugle et non de la raison, celle d’une religion béate et manipulatrice des esprits (elle n’est pas la seule).  Visite de ce réservoir à fake-news d’avant l’âge…

Ces trois objets fondamentaux, que l’on peut les admirer ici à gauche, ce sont les trois objets phares contenus à Notre-Dame, à savoir les reliques emblématiques de la Passion du Christ, avec de gauche à droite :  un fragment de la croix, la célèbre couronne d’épines, et…un clou de cette même croix.  La couronne est en fait présentée à Notre-Dame sur un coussin, comme ici à gauche, insérée dans un tube de cristal et d’or, couvert d’une monture figurant une branche de zizyphus ou Spina Christi (le jujubier de Palestine), l’arbuste qui aurait servi au couronnement d’épines.  Car à bien regarder, elle n’en possède en effet… plus aucune, sur les 70 qu’on lui a prêtées dans divers ouvrages.  Une perte qui ne semble en rien liée au réchauffement climatique, ma foi (ps: je n’en ai pas, comme quoi le français réserve des surprises parfois) !!!  Ce sont en fait des… roseaux, enfermés dans un reliquaire fort récent historiquement, puisque créé par l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand (né en 1861 et mort en 1933, il avait reçu la légion d’honneur). Les seules épines visibles sont celles créées par l’orfèvre !  Singulière particularité:  le diamètre de la couronne fait « 21 centimètres » et un crâne en fait en moyenne entre 18 et 20 :  elle aurait donc eu du mal à servir à un individu, ou disons à un être humain.  « Elle se compose actuellement d’un cercle de petits joncs réunis en faisceau, plus large qu’une tête d’homme «  dit elle-même l’Opus Dei, qui s’y connaît en religion, on suppose. « Examinée de près, elle offre un assemblage de plusieurs tresses d’une paille forte et touffue, semblable à une espèce de sainfoin ou, plus exactement, de jonc marin dont la tige se termine en pointe : c’est le cas du juncus acutus ou maritimus » ajoute même le site !  Aurait-on affaire à une « fake-crown » avec cet assemblage de roseaux de bord de mer formant un anneau trop grand pour tenir sur une tête ? Auquel cas le vaillant aumônier des pompiers mis en avant dans tous les reportages télé qui s’est précipité pour la sauver avait-il risqué sa vie pour une poignée de joncs ? (en fait c’est un policier, paraît-il qui se serait emparé de la principale relique….!). Celui qui a « sorti Jésus de la cathédrale » comme a osé le titrer le Parisien dans un raccourci audacieux et qui n’a décidément plus peur de… blasphémer !!

L’histoire en Bern

D’autres reliques ont été extraites fissa du brasier.  Celles que l’on pouvait apercevoir il y a peu encore chaque premier vendredi du mois, mises en procession par l‘ordre équestre des Chevaliers du St Sépulcre, des laïcs qui ne font plus de cheval depuis longtemps (mais qui sont 830 en France sous les ordres de leur patriarche), des « chevaliers »qui effectuent ponctuellement celle des trois premiers cités, devenue attraction touristique, et qui gardent aussi d’autres bidules macabres, comme un fragment d’ossement de St Geneviève, patronne de la capitale, un de Ste Clothilde, un autre de St- Vincent et aussi de St-François de Sales et même une relique « oubliée » du Roi Saint-Louis : une mâchoire inférieure et un fragment de côte (ici gauche et à à droite)… « datées au Carbone 14 » de la période contemporaine du roi, mais pas encore «certifiés»  … comme élément du corps royal, nous dit leur responsable.  Un roi atteint de scorbut qui a été éparpillé façon puzzle comme dirait Audiard ? On peut le croire en effet, si sa mâchoire réside à Notre-Dame de Paris, un de ses bras est exposé dans le Lot, ses entrailles en Sicile… sans oublier les  restes d’un cœur retrouvé par hasard dans un coffret placé sous l’autel de la Sainte-Chapelle à Paris et que l’on soupçonne fort de lui appartenir !!!  Saint-Louis, en plus d’être devenu lui-même un saint (mort à Tunis le mort le 25 août 1270, il a été canonisé en 1297), est surtout devenu un puzzle après sa mort !

Les tiroirs de la sacristie gardent précieusement ce bout de mâchoire « incertifiable » … au cas où.  Celle du roi qui un jour à dépensé la moitié du budget de son pays pour acheter, dans des conditions rocambolesques, la poignée de joncs qui a fait récemment pleurer cet énergumène médiatique bombardé Mr Sauvegarde des Vieilles Pierres ou de la ville de Cassel, j’ai nommé l’ineffable Stéphane Bern, le journaliste qui appelle le Prince de Monaco « son altesse » quand il l’interviewe… ou qui nous explique le Moyen-Age en se déguisant en Thierry  la Fronde (ici à gauche). Voir l’Histoire représentée en haut lieu par cet histrion admirateur des monarchies et défenseur de leurs turpitudes, fait tout simplement grimacer.  Pour couronner sa carrière, cet admirateur des dorures et de lui-même, a fait ce 20 avril, sur France Info, une allusion au 11 Septembre pour évoquer la chute de la flèche de la cathédrale, reliant sans même s’en rendre compte l’incendie à une thèse complotiste d’un attentat.  Une bêtise qui n’a d’égale que la fatuité. Il est aussi l’auteur d’un documentaire lénifiant sur… Jésus, dans lequel les choix musicaux sont plutôt affligeants et dans lequel il avait pris comme invité référent Dominique Sébire, alias Michel Benoît, alias frère Irénée… un ancien frère bénédictin défroqué, (« l’auteur d’un thriller religieux : « Le Secret du Treizième apôtre » a-ton appris).  Une émission présentée dans la flèche de Notre-Dame, on l’avait oublié aussi (2) !!  Pendant deux heures de ce qui se veut une entreprise historique, on a droit à un méli-mélo de films hollywoodiens comme exemples «d’Histoire» pour illustrer, en remplissage, ce qui ne coûte pas cher à la production, de courts extraits des pires péplums en fait ou des extraits du Jesus De Nazareth de 1977 de Zeffirelli, avec Rob Powell, qui perd sa couronne en trajet dans le film, d’ailleurs.  Mais avec l’évocation au moins, reconnaissons-le, d’une crucifixion à deux clous seulement (pour les jambes) et la condamnation nette du Saint-Suaire comme étant un faux, ce qui est à porter à son crédit.  Et à 1h 37 des débuts… bingo!, c’est la couronne d’épines qui apparaît (la preuve ici à gauche) ! L’homme n’a pas pris en fait trop de risques avec la dénonciation du Saint-Suaire, ruiné par sa datation au Carbone 14… ce qui ne l’a pourtant pas empêché d’être exposé bien après et officiellement par le Vatican, en 2015 encore. Ce qui avait attiré un million de personnes, ou plutôt un million de crédules, soit encore largement moins que l’audience d’un Bern dans « Secrets d’Histoire », une émission, qui se présente en costumes loués dans un magasin de farces et attrapes (avec ici son plus bel exemple, l’histoire d’un bout de rocher devenu miraculeux, avec des princes et princesses d’opérette –  je ne rigole pas :  Sissi y a habité !).  Mais laissons donc le serviteur de soupe princière qui invite l’ineffable Philippe Delorme pour parler des Grimaldi, l’ancien responsable de « Point de Vue Histoire »,
(le magazine hilarant qui un jour a titré « les derniers feux du Roi Soleil »). L’ineffable Delorme, celui  qui a créé l’association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers des Bourbons, inhumés en Slovénie au couvent de Kostanjevica à Nova Gorica depuis le XIXeme siècle » !!!  Pour en revenir au Saint Suaire, tout est résumé ici par la phrase en forme d’aveu d’un dignitaire religieux : « Le Vatican, propriétaire du saint suaire depuis qu’il lui a été offert en 1983 par la famille de Savoie, ne s’est jamais prononcé sur son authenticité. « Ce qui compte le plus, c’est que cette toile comme vous l’avez vue, reflète de manière aussi claire et précise ce que l’Évangile décrit dans la passion et la mort de Jésus », a déclaré samedi Mgr Nosiglia ».  Ce que l’on traduira par « on sait bien que c’est un faux, mais je vous en prie, laissez-nous donc remplir nos caisses ou nos églises qui se vident à vue d’œil«  … Ils le savent bien que c’est faux, mais ça marche tellement bien aussi.  Mais ne serait-ce pas le principe même depuis le début ?

Pour découvrir ce que dissimulent ces reliques, fort prisées du public, et oublier les ravages télévisuels de l’ancien rédacteur en chef du magazine Dynastie , l’ex-collaborateur du magazine Voici avant de laisser sa trace dans Jours de France (ou quand il ne se prenait pas pour un acteur de Bones), on va plutôt plonger, si vous le voulez bien, dans un remarquable ouvrage sorti il y a presque cinquante ans mais qui demeure toujours aussi savoureux, j’ai nommé celui de Patrice Boussel, « Des reliques et de leur bon usage », un livre roboratif au possible et drôle à souhait.  Devenu rare, on peut encore le trouver, même au Québec dans un endroit au nom prédestiné... mais attention car ça devient une … relique littéraire fort prisée (sic).  A chacun les siennes ! J’ai dû racheter mon troisième exemplaire sur Ebay (j’ai offert les deux précédents !) à un vendeur exceptionnel plein d’humour – il a comme avatar une image des Tontons Flingueurs – qui me l’a fait parvenir le lendemain même et je l’en remercie ici) !!!

Une couronne retrouvée par une ancienne prostituée bernée par des margoulins

Un chapitre complet du livre de Boussel évoque en effet cette fameuse couronne, en commençant par la scène originale supposée : « les soldats auxquels Jésus fut remis « tressèrent une couronne d’épines la lui posèrent sur la tête, et un roseau dans la main droite» (Man, XXVII, 29). » Puis, très vite, l’auteur évoqua un «  trou historique de plusieurs siècles :  « après un oubli total de quatre siècles, naturellement l’une et l’autre  furent retrouvés, mais les auteurs ne proposent que des hypothèses sur les conditions de la découverte. Les historiens constatent seulement que, pour Saint Paulin, évêque de Nole, l’existence de la Sainte Couronne était un fait certain au début du Ve siècle; qu’au VIe siècle, Grégoire de Tours ajoute que les épines en paraissent toujours vertes et conservent leur couleur naturelle par une vertu divine, et que saint Germain, d’après Aimoin, aurait, au retour  d’un pèlerinage à Jérusalem, reçu de Justinien une épine de la couronne ». Une couronne de branchages restés verts pendant cinq siècles, voilà qui préfigure une espèce bien vivace.  Le chapitre des épines étant tellement vaste, je lui consacrerai un épisode supplémentaire – plein de piquant, bien sûr – après demain, si vous le voulez bien.  Commençons donc plutôt par la collecte des bouts de Sainte-Croix… Car il y a du travail, tant on l’a transformé en collection d’échardes divines !!!

Hélène, la sainte excavatrice 

Dans l’ouvrage est rappelé l’arrivée à Paris de la relique. « Le pieux évêque de Paris aurait déposé le don de l’empereur dans la basilique de Saint-Vincent-et-de-Sainte-Croix, depuis église de Saint-Germain-des-Près. A en croire la tradition, parmi les précieuses reliques adressées à Charlemagne entre 798 et 802, par Irène ou le patriarche de Jérusalem, il y aurait eu une notable portion de la couronne d’épines, ce qui ne manquait pas de poser certains problèmes, la couronne presque intacte parvenant à Paris en 1239 ». Bref, on est déjà dans une histoire douteuse, avec deux couronnes et non pas une, à quatre siècles d’intervalle, l’Eglise ayant proposé une toute autre vision de départ, avec l’histoire largement édulcorée de Sainte-Hélène, la propre mère de l’empereur Constantin, une ex-prostituée embarquée par le père de Constantin, simple soldat romain lors d’une expédition, et qui, au soir de sa vie (à 80 ans) s’était trouvé une nouvelle passion toute religieuse : celle d’aller déterrer les lieux saints (?) et d’y trouver, quel miracle, le 3 mai 326, et sans l’aide de tractopelle ou d’engins de chantiers modernes (3), non pas une, mais trois croix d’un coup !!! (ça tombait bien, car ça ressemblait pile poil à la scène connue de la crucifixion avec les deux voleurs jouxtant Jésus !). Imaginez le coup de bol : première fouille, et succès total ! On souhaite ça à toute la profession ! Elle devrait devenir leur sainte patronne !! (4) Une archéologue hors-pair que cette ancienne catin :  dans la foulée, elle aurait en effet retrouvé sur l’emplacement du Saint-Sépulcre également mais aussi et sans détecteur de métaux, les clous enfoncés dans les mains et les pieds de Jésus (au nombre de trois, selon la tradition:  les deux pieds maintenus par un seul – mais le plus souvent c’était avec deux seulement, de chaque côté de la poutre verticale et les bras seulement liés par des cordes sur l’horizontale, ou encore avec trois, certes, avec un long clou pour les deux jambes et les deux autres pour les bras et non les mains), et aussi et encore la couronne d’épines posée sur la tête de Jésus, mais aussi sa tunique et même « l’escalier saint » que Jésus aurait gravi le jour de la Passion !!! Voici Hélène devenue responsable de chantier de déconstruction et de reconstruction à des milliers de km de où elle habitait (à Rome) ! St-Hélène (ci-figurée à la droite de son fils), la véritable déménageuse céleste !

Tombée dans le panneau, elle aussi !

Une déménageuse bernée sur toute la ligne, mais elle ne sera pas la seule :  dans la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome, on retrouve exposée la plaquette « INRI », appelée aussi le Titulus Crucis, celle rapportée de Terre Sainte donc, justement, par Sainte Hélène, un morceau long de vingt-cinq centimètres, gravé en araméen, en grec et en latin, que  l’historienne  Maria-Luisa Rigato, formée à l’Institut biblique pontifical de Breslau a traduit (difficilement) par : « Jeschu nazara m m« , l’expression abrégée  de « Jésus Nazara, votre roi ». Selon la tradition c’était donc bien « l’écriteau de la croix » sur laquelle était inscrit « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »(le fameux « INRI », accroché en moquerie sur la Croix,  Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm).  La plaque fut datée en un premier temps, en 1998, par des observateurs spécialistes de l’écriture (dont Rigato qui est aussi « membre fondateur de la Coordination des théologiens italiens ») comme étant bien du Ier siècle, et donc on aurait pu à ce moment là la présenter comme un nouveau Saint-Suaire…  comme relique, une bonne comparaison, en fait, car son analyse au carbone 14, effectuée en 2002 par l’université de Rome, en a fait avec certitude un panneau gravé au XIème siècle, qui aurait donc été au mieux une « copie » de l’original… resté introuvable ! Comment en 326 aurait-on pu ramener un morceau de bois gravé 700 ans plus tard ? Où donc est passé l’original, si c’est celui-là qui aurait été rapporté ?  Mieux encore : selon la légende, Hélène aurait découpé le panneau en trois parties, un bout pour Jérusalem, un pour Constantinople et un pour Rome.  Celui de Jérusalem aurait été vu en 570 avant le pillage de la ville par les Barbares, Baudoin donnera le second… à Saint-Louis et, en 1792, l’orfèvre chargé de fondre les reliques l’aurait récupéré et enterré dans son jardin à Hay les Roses, mais on le lui avait ensuite volé, le voilà perdu définitivement. Le troisième, romaine, étant celui décrit ci-dessus, retrouvé au hasard de peintures nouvelles, décidées par le cardinal Mendoza, au sommet d’une niche de la Basilique Sainte-Croix de Jérusalem en 1492, là où tout le monde l’aurait oublié, car il aurait été enfermé dans une boîte scellée de plomb ? « La boite y aurait été placée par Lucius II en 1144 (Gérard Caccianemici dal Orso mort en 1145 Cardinal de Sainte‑Croix de Jérusalem, puis Pape en 1144) qui fit placer le Titulus Crucis dans cette niche. En effet, il fut le commanditaire du transept de l’église dont une partie est l’arc de triomphe. De plus, la boîte était scellée par trois cachets datant de l’époque où il était cardinal dans cette église ». La « redécouverte »  intrigue donc, comme intrigue la « traduction » hésitante de l’historienne, alors que tout le monde est au courant de l’inscription, un peintre l’ayant représentée sur un de ses tableaux bien avant (au XIXeme siècle, ici à gauche la transcription et à droite le tableau). Et pourquoi donc aussi avoir présenté comme historienne une pure théologienne ??? Depuis le 31 janvier 2005, elle était consultante et membre du « Comité scientifique pour les reliques » de la basilique Santa Croce de Gerusalemme à Rome !!! Aurait-on cherché à tricher… encore une fois ?  En tentant à tout prix de faire des objets ramenés par Saint-Hélène de « vrais » objets sacrés ???  Si celui-là est donc bien un faux, quid alors de la célèbre couronne (de Notre-Dame !) ou des clous de la Croix ramenés dans le même lot ???  Le « Titulus fut écrit par un Hébreu.  Ayant l’habitude d’écrire de droite à gauche, il aurait inversé le sens d’écriture du grec et du latin. Curieuse gravure tout de même, car il poussa l’exercice jusqu’à inverser également les lettres !  Il serait en tout cas intéressant de trouver d’autres exemples équivalents dans l’Histoire » note le curieux blog de La Gazette de Rennes-le-Chateau. Ce qu’a recopié intégralement le peintre « ésotérique » Emile Signol, dans sa fresque de « La Crucifixion » dans l’église Saint‑Sulpice, à Paris (ici à droite) !!!  On peut toujours le voir aujourd’hui dans cette Eglise à mystères… qui a tant inspiré le Da Vinci Code. Comment l’historienne romaine, déléguée par le Vatican, aurait-elle pu rater ça ? A droite le reliquaire du Titulus à côté des clous de la Croix, au supermarché des reliques de l’Eglise de Sainte‑Croix de Jérusalem, à Rome.

Selon Boussel, en tout cas, le jour de la « redécouverte » (ici à droite le reliquaire), « pour Ch. Rohault de Fleury, aucun doute n’est possible :« Nous possédons dans son intégrité primitive la relique donnée à Rome par sainte Hélène. » L’abbaye de Saint-Denis possédait tout de même un fragment du titre donné par Charlemagne et provenant du trésor pontifical; l’abbaye de Clairvaux, dans l’Aube, en détenait un autre au début du XIIIeme siècle et, à partir de 1495, les inventaires de l’abbaye de Grandmont, en Haute-Garonne, mentionnent un reliquaire contenant un fragment du titulus de la Croix, fragment conservé aujourd’hui à l’église d’Arnac-la-Poste. A Toulouse, l’église de la Daurade exposait, le 3 mai et le 14 septembre, le titre de la Croix; il a disparu.  Enfin, à Rome, l’église Saint-Marc, et près de Rome, celle d’Anagni, possédaient elles aussi des fragments de ce titre. Au reste, il peut sembler bizarre à certains qu’au moment de la crucifixion, les bourreaux de Jésus aient pris la peine d’exécuter une véritable gravure sur bois de ce titre, avec caractères gravés en creux et colorés de rouge. »  C’est le moins qu’on puisse dire, en effet.  Ils avaient autre chose à faire et d’autres clients en attente, ces bourreaux dont l’un a été interprété par Ernest Borgnine, un abonné au rôle de méchant à Hollywood qui se montrera bouleversé par ce à quoi il assistait !

Plus près de Dieu (grâce à un escalier… divin !)

Dans notre ouvrage drôlatique et irrévérencieux (illustré par le génial Topor !) on parle bien sûr de cet escalier (à droite c’est la même Hélène, vue dans l’iconographie traditionnelle catholique, fort enjolivée) : « l’escalier du palais de Pilate que Jésus monta et descendit deux fois le jour de la Passion compte vingt-huit marches de marbre blanc, dont les veines légèrement grises sont dans le sens de la longueur des marches. Les huit premières marches ont 3,30 m de longueur, les vingt autres n’ont que 2,50 m environ; la hauteur de chacune est de 0,175 m.  Cet escalier se trouve à Saint- Jean-de-Latran et aurait été transporté à Rome par sainte Hélène en 326.  En 850, saint Léon IV établit la dévotion de le monter à genoux. Pie VII y a attaché des indulgences applicables aux âmes du purgatoire. Les genoux des fidèles ont tant usé les marches qu’elles durent être recouvertes de doublures en bois de noyer, évidées par-devant de manière à laisser voir la relique. A la fin du XVIIeme siècle, dans son récit de Voyage à Jérusalem(1697), Villaumont vit « dans la rue vis-à-vis du palais de Pilate un escalier de terre au lieu de celui de marbre par lequel on montait autrefois.  Ceux qui ont été à Rome et vu la Scala Santaqui à Saint-Jean-de-Latran jugeront sans difficulté que les marches de marbre y ont été ôtées de l’entrée du palais de Pilate et transportées à Rome, pour la proportion et correspondance qu’ont les dits escaliers l’un à l’autre et qu’il y a autant de degrés de l’un qu’en l’autre».  Collin de Plancy, qui le dit en pierre commune, ajoute qu’« on montre sous une petite grille quelques gouttes du sang du Sauveur »… Elle avait ramené dans ses emplettes divines tout l’escalier !!!

Un escalier valant désormais de l’or : en 1589, le pape Sixte V appellera l’architecte Domenico Fontana pour démonter les 28 marches et les transporter du vieux palais du Latran en cours de destruction pour mener à la nouvelle basilique San Salvatore della Scala Santa :  devant l’affluence des pèlerins, il n’hésite pas à en rajouter deux de chaque côté, comme Viollet le Duc fera bien plus tard avec les monuments français !  On fit circuler une bulle papale, complètement fausse, pour promettre le paradis au pèlerin qui escaladeraient à genoux l’escalier : devant son succès, on la confirmera plus tard comme… vraie !  Car trop tard, tout le monde faisait déjà ainsi !!!  Et sans l’aide des réseaux sociaux pour faire circuler la fake-news !!!  L’Eglise n’est jamais avare de contradictions !  C’est Pie X, le 26 février 1908, qui accordera cette indulgence plénière fort tardive !  Très vite usées, on les a ensuite recouvertes de bois, en affirmant que les veines rouges que l’on apercevait en-dessous résultaient du sang du Christ alors que ce sont celles du marbre commun venu de Tyr.  A Auray en Bretagne, un autre « escalier saint » construit par les Carmes en 1662  a été « reconnu » lui aussi par le pape Pie IX, qui a promis les mêmes indulgences que celles de Rome, sans pourtant que les pierres ne soient venues de Palestine et n’ont jamais été non plus foulées par Jésus, un escalier qui est même devenu un tantinet baladeur : « démonté pierre par pierre, en 1870 il a été transférée au fond… du Champ de l’Épine »… devenant un double escalier qui ne mène à rien :  les croyants bretons seraient-il des farceurs ?  Quelle chanceuse, n’est ce-pas, cette Hélène, en tout cas, qui voyait donc tout les vestiges de Jésus venir (à elle) !!!  De quoi remplir tout un hangar à reliques à son retour !!!

Une histoire proprement et rapidement enterrée

Pour beaucoup, ces « découvertes » lui auraient en fait été « dictées » par des marchands sans scrupules, qui avaient vite déterminé son peu de connaissances dans le domaine… archéologique !!!  Le hic, c’est que pour ce qui est de la couronne, on en retrouvera bientôt trois au moins, dont une que l’on retrouvera au Palais électoral de Munich, une autre dans la basilique San Domenico de Bologne, et une autre encore à la cathédrale de Pise (ou de Trêves). Voilà un Jésus devenu tri ou quadricéphale…! Pour la croix et les clous, ce sera bien pire encore comme on va le voir, au point de pouvoir ouvrir un magasin de bricolage complet avec les seuls clous (sans rire, il existe bien Chrétien comme marque de magasin du genre ! ). Nous aborderons la section bricolage demain, si vous le voulez bien :  là aussi il y a fort à faire et beaucoup à trier.

Pour sélectionner la « vraie «  croix des deux autres, c’est selon la légende Macaire, patriarche de Jérusalem, qui a eu l’idée de les faire « tester » par une femme gravement malade, bien sûr, qui fut bien sûr aussi automatiquement guérie en touchant simplement la troisième…  le miracle étant l’estampillage nécessaire aux religieux pour déclarer un objet saint comme on sait.  Pour la couronne, personne ne semble s’être posé la question de savoir comment ces minces et frêles tiges de roseaux avaient-elles pu rester intactes sous la terre pendant près de 300 ans, une question que personne ne se pose non plus à Notre-Dame, semble-t-il, pas plus qu’elles poussent presque dans l’eau, et qu’aux environs du Golgotha il n’y en avait pas trop… Ni quand non plus cette couronne aurait été retirée du corps martyr et encore moins à quel endroit exactement : au bas de la croix ou dans le tombeau ? Encore un peu, et la vielle dame si zélée se serait vue remettre le corps du Christ, par ses solliciteurs bien intentionnés ayant aperçu l’argent et l’or avec lesquels elle avait déboulé sur place, mais là il faut avouer que ça aurait un peu tout gâché; il est vrai !!!  Ramener le corps d’un ressuscité eût été une erreur en effet et la fin aussitôt… d’une religion qui ne repose que sur cette croyance.  Comme le dit si bien ce bon ex-pape Benoît XVI : « Dans la Jérusalem de l’époque, l’annonce de la Résurrection aurait été absolument impossible si on avait pu faire référence au cadavre gisant dans le sépulcre. C’est pourquoi, il faut dire que, si le sépulcre vide en tant que tel ne peut certainement pas prouver la Résurrection, il reste toutefois un présupposé nécessaire pour la foi dans la Résurrection, dans la mesure où celle-ci se réfère justement au corps et, par là même, à la totalité de la personne. » Le pape démissionnaire est un sacré farceur : « on ne peut dire qu’il a ressuscité, mais on en a sacrément besoin pour notre culte, alors on fit comme si… » J’ai toujours trouvé qu’il avait une tête de marrant, cet amateur d’uniformes anciens…! (à gauche, Sainte-Hélène avec son fils empereur à ses genoux représentés sur le vitrail de l’église Saint Honoré d’Eylau à  Paris).

Une Croix directement descendue du Paradis !!!

Pour la Croix, prétendument portée par Jésus sur le chemin du Golgotha, on est allé encore plus loin que pour la couronne, nous rappelle notre iconoclaste Bonnel : accrochez-vous bien, car c’est tout bonnement sidérant ce à quoi ont pu croire certains: « certaines légendes hagiographiques présentent l’avantage de condenser en une seule histoire, ce qui accroît incontestablement le merveilleux, de multiples emprunts à des récits sans aucun lien entre eux, sinon le fait d’appartenir à une même tradition. Ainsi, selon une légende du bois de la Croix, Adam aurait emporté, lorsqu’il fut chassé du Paradis, une branche de l’arbre de la science qui lui servit de bâton jusqu’à la fin de ses jours. Les patriarches héritèrent successivement du bâton et, au temps des guerres, un ange le cacha dans une caverne où le berger Jéthro le trouva. Devenu vieux, il fit dire à Moïse de venir le prendre et, à l’arrivée du prophète, le bâton s’élança miraculeusement à sa rencontre. Moïse l’utilisa pour suspendre le serpent d’airain. Phinéas le reçut plus tard et l’enfouit dans le désert. Au temps de la naissance du Christ, saint Joseph eut la révélation de la cachette et il put le prendre lors de la fuite en Egypte. Il le confia à son fils Jacob qui le donna au traître Judas. Ce dernier le fit parvenir aux bourreaux de Jésus et c’est ainsi que le bâton d’Adam servit à faire la Croix sur laquelle mourut le Sauveur ». C’est complètement… loufoque, digne de Monthy Python, et pourtant, on y a crû pendant des siècles à cette histoire !!! Le must de la fake-news !  « L’histoire providentielle prendra une autre forme au XIX siècle, mais le principe demeure le même. Ch. Rohault de Fleury, par exemple, donne l’explication évidente de la nécessité des siècles obscurs avant l’invention de la Croix. Après ce que relatent les Evangiles, « l’histoire se tait sur les monuments qui auraient pu leur servir, en partie, de preuve matérielle, mais, malgré les efforts des maîtres du monde pour les anéantir, ils sont, pour ainsi dire, mis en réserve par la Providence, qui les conservait pour des temps meilleurs. Trois siècles se passent dans cette attente, et nous les transmettent entiers, comme des témoignages de foi, au milieu de la paix rendue à l’Eglise. Découverts plus tôt, les instruments de la Passion n’auraient été qu’un objet de dérision, trouvés par un pieux empereur et, placés dans les armes impériales qu’ils décorent, ils leurs assurent la victoire. » L’intervention constante du Saint-Esprit rendit infiniment plus simple aux historiens du siècle dernier qu’à ceux de l’époque contemporaine le récit de l’invention de la croix. Avec bon sens, Ch. Rohault de Fleury se demandait pourquoi certains doutaient des témoignages relatifs à l’invention de la Croix pour la raison qu’ils émanaient d’écrivains sacrés alors qu’ils ne doutaient pas de l’histoire de César, écrite pourtant par des Romains. « Les reliques (6), continue-t-il, sont des monuments matériels de la venue du Christ. Saint Cyrille, saint Chrysostome, saint Paulin de Noie, Juvénal en envoient dans le monde entier, qui les reçoit comme un précieux trésor. Peut-on supposer le monde entier, et le monde contemporain, dupes d’une supercherie ? »  Tout le mot est là en effet !!!  Plus c’est gros… En somme multiplier les reliques, c’était aussi empêcher d’être taxé de… sectarisme (à gauche c’est le buste de Constantin, dit « Le Grand », l’empereur manipulé comme un enfant par sa.. maman) !!!

On a déjà mis les pieds dans le plat, là, en révélant sans trop forcer que, très tôt, l’Eglise s’est livrée au commerce des reliques pour attirer les foules dans ses monuments plus ou moins désertés.  Demain je vous propose d’étudier le procédé adroit avec lequel elle a su remplacer les anciennes idoles païennes par sa propre imagerie mortifère, en jonchant ses églises de morceaux de cadavres appelés reliques de saints.  Nous ferons aussi pas mal dans le bricolage, comme promis, en étudiant le rôle des clous,  et celui du bois de la Sainte Croix devenus objets de collection très recherchés et inestimables :  tout ce qui avait été en contact avec Jésus représentant le top du top de ce commerce sacré.  Près de 1000 ans après sa disparition (et l’anniversaire qui approchait de sa mort !) :  imaginez combien on a pu manipuler la crédulité de certains… rois, sur le sujet.  Saint-Louis dépensera la moitié du budget du pays, pour acheter cette fameuse couronne d’épines… sans aucune preuve qu’elle ait un jour été celle enfoncée sur la tête du Christ par des légionnaires railleurs, selon la légende.  Il viendra la chercher pieds nus, en simple chemise.  Oh, non pas parce qu’il était désormais sans un denier vaillant, ni livre tournois en poche après ses catastrophiques emplettes. Non, car c’était aussi devenu un fou de Dieu, qui mettra en route ce qu’on appellerait aujourd’hui un corps expéditionnaire pour aller délivrer les lieux saints alors envahis par les « infidèles ».  Le début d’expéditions sanglantes qui se voulaient au départ pèlerinages, en 1033. La première fois faillit être pour lui la dernière, et il y laissa à nouveau une autre somme considérable pour être libéré, ayant été fait prisonnier. La seconde fois, il ne revint même pas, en mourant sur place et finit en kit, comme déjà décrit ci-dessus…  Nous n’avons pas encore terminé notre « sainte » lecture non plus, et demain je vais vous en proposer d’autre savoureux chapitres !  Ce qui compte en effet pour les reliques, c’est leur bon usage !

 

(1) je suis partisan en effet de sa réfection, et comme cela a toujours été fait, à savoir avec les moyens de l’époque et non obligatoirement avec le recours à une lourde charpente de bois comme le souhaite l’extrême-droite qui n’a jamais rien compris à l’histoire ou à l’évolution des sociétés.  Son passéisme est flagrant, encore une fois. Le tout étant d’éviter l’apparition d’un autre Viollet le Duc…. Je vous ai retrouvé ici une photo de Notre-Dame prise en 1840, avant qu’il n’intervienne, à savoir sa flèche qui a tout fragilisé… celle qui s’est effondrée en direct à la télé le soir vers 20 heures.  L’entreprise qui travaillait à la réfection, Europe Échafaudage, avait obtenu de GEA et Life3D la numérisation par scanner 3D des parties de la cathédrale , ce qui fait gagner déjà deux ans au minimum !  La même chose, voire mieux encore, a été réalisée par La société AGP (Art Graphique et Patrimoine) située à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis.  C’est cela qui a permis au Président Macron, de surprendre ceux pas au courant en annonçant un délai  aussi bref pour les travaux !!!  Le relevé classique dévore des milliers d’heures, et là c’est déjà fait !!!

(2) au hâbleur pseudo-historique, qui ne s’adresse qu’à des adultes incultes, en truffant tous ses documentaires d’allusions même pas voilées à la fesse (cf « Elles ont régné sur Versailles » ici à droite) un sujet de préoccupation récurrent semble-t-il, chez lui, on peut opposer les vertus pédagogiques d’un duo qui a démontré que l’on pouvait expliquer des choses simples à des enfants: j’ai nommé les célèbres émissions de Fred et Jamy, qui ont nourri bien des décennies. Leur épisode ancien sur les cathédrales, réalisé il y a bientôt une vingtaine  d’années (c’était en 2002 !) qui débute devant Notre-Dame, justement, nous apprend des dizaines de choses plus fondamentales que le coucheries royales sur lesquelles s’est étendu l’historien au rabais de l’Elysée.  On peut le voir dans la suite de petites scénettes un peu empesées, malgré leur manque évident de moyens, qui permet de se faire une idée exacte de la difficulté sur le temps à assouvir les désirs des évêques devenus rivaux entre eux (ici le questionnaire pédagogique lié à la vision de l’émission). En fait ils en ont fait deux, sur le thème, celui-là plus récent (2013).  Là c’est Amiens qui sert d’exemple. C’est cela, la pédagogie, tout bonnement !

(3) N’oublions pas que, même démunie d’engins  de terrassements, elle s’y était rendue surtout pour araser l’endroit (le Golgotha) et y faire construire dessus un sanctuaire, en supprimant toutes les traces archéologiques qui auraient pu être dignes d’intérêt, en véritable pompier incendiaire : « en 325, suivant la demande de l’évêque Macaire, l’empereur Constantin envoie l’architecte Zénobie à Jérusalem, qui commence à attirer des pèlerins chrétiens. Il y fait araser le rocher sépulcral, dégageant ainsi le tombeau supposé de Jésus de Nazareth et construit à la place un ensemble de bâtiments destinés à glorifier la mort et la résurrection du Christ. Au centre de la rotonde, Constantin aurait déjà fait construire un édifice destiné à renfermer le tombeau, appelé en grec Kouvouklion (Kουβούκλιον ; « petit compartiment ») ou édicule (du latin : ædiculum, « petit bâtiment »), mais il n’est actuellement pas possible de vérifier ce fait, même si certaines ampoules de Monza(en) représentent sur leurs faces le ciborium du Saint-Sépulcre (…) . La dédicace de l’ensemble (Anastasis et Martyrium) est célébrée solennellement le  ». Le tombeau a été réouvert brièvement en 2016 pour en monter la « pierre originelle du tombeau » (ici à gauche ?). La « découverte » d’Hélène est en fait une invention pure et simple, qui ne reposerait que sur les vagues souvenirs d’un hypothétique communauté chrétienne qui serait bien restée sur place pendant 300 ans. La première grosse fake-news de l’Histoire, pour résumer. Bien entendu, le jour de l’ouverture, en 2016, dans la plus pure tradition des ouvertures de tombeaux miraculeux, on a eu droit au mystère entretenu... voire à de la magie, ou pas loin :  la « scientifique » de « l’Ecole Polytechnique d’Athènes », (ici à droite et là le dossier de restauration) chargée des travaux répandant partout la nouvelle avec ravissement, à l‘évidence !!!  Ou comment transformer une bête panne électrique  en miracle ! Avant de commencer les travaux, elle s’était en effet quelque peu répandue dans la presse affirmant que  « nous sommes véritablement en un lieu de foi et d’histoire et je me considère bénie d’avoir eu cette responsabilité : étant ici, vous devez parler le langage technique, celui de la culture, de la religion ; cela ouvre de grands horizons. Enfin, je suis croyante, chrétienne grec-orthodoxe. Pour nous, le saint tombeau de Jésus est l’endroit le plus vivant au monde. Lors de la fête de la Pâque, nous célébrons la vie et l’espoir. Pour moi, cet endroit signifie l’espoir, la vie et de la résurrection.» Drôle de « science », n’est-ce pas ?  Une ouverture « électrifiée » ?  Le Vatican tient toujours à nous présenter des « historiens » qui, comme par hasard, sont à chaque fois des théologiens, des croyants, ou des gens formés dans des écoles religieuses.

(4) manque de bol pour elle, c’est Jérôme de Stridon leur patron, un Croate mort à Bethléem. Un ascète, fort tourmenté par la virginité (dont celle bien sûr « de la virginité perpétuelle de Marie »  sans qui non plus Jésus n’est qu’un homme ordinaire et non un demi-Dieu), un grand défenseur du célibat des prêtres, ce qui ruine le clergé actuel, et qui admettait en revanche la consécration des femmes, en ayant aussi une fidèle « amie », une jeune veuve appelée Paula (« son » pape, Damase  ayant la sienne, appelée Marcelle ,qui a « attiré » Jérôme a Rome) !!! Etrangement, le corps de Marcelle, morte des blessures à Rome le 24 août 410, infligées par les Goths, reposerait dans le tombeau de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Enterrée dans ce qui est le giron de Marie-Madeleine (« la Magdaléenne »), tout un symbole sur le rôle (obscur) des femmes dans l’Eglise ??? « Le Seigneur, dit-il, aimait Marie plus que les disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche…» a en effet écrit Philippe dans un évangile… Elle est décrite comme « la plus «glorieuse des amantes» (par François de Sales). Une Marie-Madeleine elle-même «retrouvée» par Charles II mais incomplète : il lui manquait la mâchoire inférieure (un puzzle à un seul élément manquant ?).  En fait c’est le Pape Boniface VIII (l’ennemi juré de roi de France Philippe IV le Bel) qui la lui avait offerte, l’ayant lui-même dégotée « dans les trésors du Latran » (on le soupçonne fort d’avoir puisé comme ses prédécesseurs dans les catacombes !). A la Révolution, son reliquaire fut pillé et l’on devrait au sacristain Bastide d’avoir ramassé  opportunément « le crâne et divers ossements » pour les mettre à l’abri (ce qui fait deux origines douteuses !).  C’est ce qu’on peut voir en tout cas aujourd’hui dans le reliquaire actuel, en bronze doré et émaux, sculpté en 1860 par Didron comme une copie de l’original, paraît-il.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    Bonjour, s’il vous plaît ne prenez pas mal mon message, car je vais sans doute vous contredire sur de nombreux points, mais j’espère ainsi pouvoir discuter et échanger nos idées…

    Parfois vos critiques me semblent infondées, et c’est pour cela que je laisse un commentaire, dans l’espoir que nous puissions tous deux avancer vers quelque chose de plus vrai…
    Par exemple, je vous cite: « Auquel cas le vaillant aumônier des pompiers mis en avant dans tous les reportages télé qui s’est précipité pour la sauver avait-il risqué sa vie pour une poignée de joncs ? Celui qui a « sorti Jésus de la cathédrale » comme a osé le titrer le Parisien dans un raccourci audacieux »
    Premièrement, le Parisien ne fait que citer l’aumônier des pompiers de Paris… Qui lui même n’a fait que parler selon ses croyances (ce qu’on attend de lui, logiquement étant donné qu’il est prêtre). Là, je pense que votre erreur est dûe au média qui parfois citent les gens sans remettre les phrases dans leur contexte, pouvant entraîner la confusion.En effet, lorsque le père Fournier a dit avoir « sortiJésus de la cathédrale », il ne parlait pas de la Couronne d’épines mais du Saint Sacrement, qui est bien, pour les catholiques, le corps du Christ. Donc quoi de plus normal pour un prêtre que de parler selon sa religion ?
    Ensuite, chacun peut croire ce qu’il veut, mais chacun a ses convictions, même athées. Et défendre ses convictions, quelles qu’elles soient, est quelque chose qu’on peut qualifier de noble, d’admirable. Pour les chrétiens, Jésus Christ est présent dans chacune des hosties consacrées, donc imaginez que vous voyez quelqu’un que vous aimez menacé par les flammes… Alors chacun s’accordera à dire que si vous le sauvez, vous êtes un héros.

    Cet homme, selon ses croyances, est un héros et chacun, je pense, peut admirer, quelque soit sa religion et ses convictions, un homme qui risque sa vie pour sauver ce qu’il aime. ??

    Je continue, encore une fois ne m’en veuillez pas, je ne souhaite absolument pas vous critiquer mais seulement vous faire prendre conscience de vos erreurs, en attendant que peut être vous me fassiez prendre conscience des miennes.
    Vous remettez en cause la véracité des reliques, et c’est une questions tout à fait légitime qui a sans doute traversé l’esprit de chacun. Sachez déjà que le roi Saint Louis a fait mener une enquête qui dura deux ans pour s’assurer de l’authenticité de la Couronne d’épines avant de la payer 135 000 livres tournois, une somme astronomique à cette époque. S’il n’avait pas était convaincu qu’elle avait bien été la Couronne du Christ, il n’aurait jamais dépensé autant.

    Maintenant, évidemment on peut difficilement en être sûrs… Mais pour les catholiques, l’important n’est pas la relique, mais les prières qu’elles permettent. Je cite ici le cite de l’évêché de Versailles: « Il ne s’agit pas d’attacher une importance excessive à la relique considérée en elle-même. Ce qui est important, c’est ce qu’elle suscite. » Ainsi, même si elle n’est pas authentique, elle permet aux croyants de se rapprocher de Dieu par leurs prières, et c’est ce qui importe aux yeux des croyants.

    Quant au Saint Suaire, les études se suivent et se ressemblent, chacune contredisant une autre… Certaines attestant qu’il y a énormément de chance pour qu’il soit authentique, qu’être affirmant le contraire. Je suppose que chacun trouve ce qu’il veut, ce qui ne nous avance pas à grand chose ?

    Votre long passage sur Stéphane Bern, je suis d’accord… Cet homme se prétendant amoureux du patrimoine français mais qui prend la nationalité luxembourgeoise…? Son seul mérite: parfois rappeler qu’on a une histoire… Et encore, il est vrai que ses reportages sont truffés d’allusions peu morales quand on sait que certains parents montrent ces reportages à leurs enfants afin de leur faire apprendre notre histoire…

    Ensuite, vous parlez longuement de l’authenticité des autres reliques, c’est la même chose que pour la Couronne d’épines, donc je vous ai déjà dit ce que je souhaitais…

    J’espère votre réponse, trouvant instructif de discuter calmement de cela… En tout cas merci de m’avoir lu jusqu’au bout, désolé c’était un peu long ?

  2. avatar

    Un brève réponse, je ne vais pas y consacrer une neuvaine, en effet, et ne le ferai qu’un seule fois avec vous :

    Je savais très bien que le pomper était aumônier, ce qui fausse encore une fois tous les propos : en somme il y est allé par foi avant tout (qui n’ôte rien à son courage je le précise mais ce qui en change le sens) .Votre phrase « il ne parlait pas de la Couronne d’épines mais du Saint Sacrement, qui est bien, pour les catholiques, le corps du Christ » me fait sourire, car vous participez encore et encore à un mystère entretenu qui ne repose sur rien de tangible et qui en raisonnant un peu tour au ridicule et à l’insoluble : si le couvre-chef épineux est devenu aussi « le corps du christ » tout ce qui a été en contact avec lui est donc sanctifié par vous. Je vous ne remercie, car demain ça me permettra de parler des langes du Christ, admirées elle aussi comme reliques façon Pampers de l’époque (admirées à Dubovnik qui expose avec un morceau de croix un saint en kit de trois morceaux (Saint Blaise) ou un bout de pied de St Anselme dans un reliquaire double ressemblant à une chaussure : voilà à quoi mène cette croyance !!! « Ne manquez pas le crâne, le bras et la jambe dorés du saint patron de la ville, Saint-Blaise. Vous verrez aussi un grand reliquaire argenté qui contiendrait les langes dans lesquels Jésus a été emmailloté » dit le dépliant officiel…

    Eau bénite et hostie sont d’autres croyances, rien d’autre ; en quoi un signe de la main transmettrait-il un pouvoir surnaturel ? Posez-vous plutôt le cas de l’origine historique de vôtre fameuse hostie : c’est une « oublie », un morceau de pain d’une confrérie à part, celle des « oubloyers » : en fait un gâteau offert aux curés et aux chanoines et aux évêques au départ… elle était vendue au départ sur le porche des églises : la croyance vous fait absorber une ancienne gourmandise, en priant par ailleurs que c’est un vilain pêché : tous chez vous croyant, est contradiction flagrante !

    Vous écrivez « sachez déjà que le roi Saint Louis a fait mener une enquête qui dura deux ans pour s’assurer de l’authenticité de la Couronne d’épines avant de la payer 135 000 livres tournois, une somme astronomique à cette époque. S’il n’avait pas était convaincu qu’elle avait bien été la Couronne du Christ, il n’aurait jamais dépensé autant. »

    Votre argument est doublement ridicule : Saint-Louis ne disposait pas de datation au Carbone 14 qui lui aurait permis de constater qu’il s’est fait rouler dans la farine par des marchands vénitiens qui avaient besoin de cet argent. L’Eglise n’a jamais voulu faire dater cette poignée de roseaux sans épines. Dont acte. Et deuxièmement, Saint-Louis état… croyant, top illuminé, en sus, ce qui faussait tout, puisque prêt à gober n’importe quoi sans preuve. En le défendant, vous acceptez l’idée de dépenser la moitié du budget d’un état par seule décision individuelle, un argent qui échappera au peuple qui lui aurait permis de mieux vivre en lui étant redistribué : vous favorisez la dictature comme principe de fonctionnement d’Etat…. : on sait la propension de la crédulité qui mène aux régimes forts, par adulation pur et simple… De couronne, en prime, les représentations du Christ pendant longtemps ne la montrent même pas : Jésus est orné d’une auréole, pas d’une couronne !!!

    Sur le saint suaire vous continuer à entretenir le faux « Quant au Saint Suaire, les études se suivent et se ressemblent, chacune contredisant une autre.. » Votre croyance vous conduit à mentir ouvertement, car il a été indéniablement prouvé par examen de spores ne pollen et par datation atomique que c’est un faux notoire et qu’en plus il en existe d’autres dont celui de Trèves notamment, tout aussi faux. Mentir est un vilain pêché, dois-je vous le rappeler ? En continuant à promouvoir ces fausses thèses vous rendez la croyance encore plus ridicule. La papauté elle-même a admis tout en l’exposant que c’était un faux… les chrétiens progressistes, dont vous ne faites manifestement PAS partie, la rejettent :

    http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/le-suaire-de-turin-est-un-faux

    Vous, vous développez un argument spécieux qui dit la même chose, à saveur que même fausse elle vous convient, ce qui est en soi aberrant : « Ainsi, même si elle n’est pas authentique, elle permet aux croyants de se rapprocher de Dieu par leurs prières, et c’est ce qui importe aux yeux des croyants ». En somme, vous serez pas à admirer n’importe quel vestige, faux, archifaux et fabriqué de toutes pièces : avouez donc que c’est fort de café comme position !! vous le savez, mais faites comme si…. c’était une vraie !!! Prier est aussi inutile, dit ici…. un pasteur auteur de « À la poursuite de Dieu » , genre hollywood (c’est un prêcheur américain protestant !)

    https://emcitv.com/a-w-tozer/texte/il-existe-des-prieres-vaines-26043.html

    Bref que vous dire d’autre que la définition de la religion elle même, donnée ici par Pascal Boyer, directeur de recherche au CNRS : « la religion est une épidémie mentale que l’on peut attraper avec une certaine probabilité ».

    Je constate que vous ne vous êtes toujours pas fait soigner en ce cas, ou que le virus toujours très actif chez vous, alimenté par ses racontars incessants et répétés comme celui du Saint-Suaire, ce qui vous empêche toujours d’y voir clair, dans toutes ses fadaises… lisez des livres d’histoire, visitez l’œuvre admirable d ‘un Jacques le Goff, vous y comprendrez que la religion est une invention humaine et non une création divine, et que c’est avant tout le reflet direct d’un époque, avec par exemple l’invention complète de la notion de Purgatoire qui n’a PAS existé pendant longtemps dans la croyance chrétienne et qui n’est que le reflet exact de l’apparition de la bourgeoisie marchande en ce bas monde, et qu’en ce cas vous êtes vous-même largement en DECALAGE avec votre temps, à vous lire… à l’évidence !

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