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NON, ? la proportionnelle !

? la une du journal Le Devoir, la semaine derni?re, j’ai trouv? encore une fois une apologie de la repr?sentation proportionnelle. Parce que le Qu?bec, habituellement aussi dichotomique en politique qu’on puisse l’?tre, vient de s’offrir la fantaisie de se partager en trois – et de s’ajouter par surcro?t quelques particules ? gauche dont la noblesse ne cache pas qu’on ne sait trop qu’en faire – les sages de notre soci?t? sortent avec nostalgie cette vieille marotte.

On vient nous dire que si l’on construisait une Assembl? Nationale o? chaque parti avait le poids exact du pourcentage des votes qu’il a obtenus, tout le monde serait ?quitablement repr?sent? et que nous serions d?mocratiquement heureux. Au Qu?bec, on voit la repr?sentation proportionnelle comme une id?e neuve, et l’on est tout titill? ? l’id?e de vivre dans ce qu’en France on verrait comme un retour ? la Quatri?me R?publique.

Est-ce que personne n’a remarqu? que la France, qui se partage aujourd’hui entre Royal, Bayrou, Sarkozy et Le Pen, vit aussi des moments palpitants, mais que personne n’y demande que l’on passe au scrutin proportionnel ? Quelqu’un recevra, au deuxi?me tour de la pr?sidentielle, une majorit? des suffrages et aura le mandat de conduire l’?tat vers son destin. L’id?e que quelqu’un recevra l’appui d’une majorit? des Fran?ais et deviendra le ma?tre que la Divine D?mocratie aura donn? ? la France est sans doute l? pour rester. Elle y restera sans doute au moins aussi longtemps que survivront des Fran?ais qui se souviendront de la Quatri?me r?publique.

NON. Non, la repr?sentation proportionnelle n’est pas la solution au probl?me que pose la gouvernance d’une soci?t? comme la n?tre qui se veut d?mocratique. C’est une forme de fuite en avant, comme toutes ces autres fuites en avant auxquelles nous assistons aujourd’hui dans le monde, allant de celle relativement b?nigne du PQ qui veut « durcir » son programme que la population a rejet?, ? celle meurtri?re du Pr?sident Bush qui veut AUGMENTER la pr?sence de l’arm?e am?ricaine en Iraq.

« Fuite en avant » est bien descriptif de la panique jointe, ? l’ent?tement, qui caract?rise l’attitude de ceux qui n’ont pas le talent d’apprendre des ?v?nements ni la modestie de subordonner leurs th?ories ? la r?alit?. Si la population du Qu?bec ne veut m?me pas d’un r?f?rendum sur la souverainet?, on lui proposera une fa?on plus radicale d’acc?der ? la souverainet? ; si la violence en Iraq ne fait pas na?tre la paix, c’est qu’elle n’a pas ?t? assez violente !

C’est dans cette m?me optique que, confront?s ? un d?sint?r?t croissant pour le processus d?mocratique de la population qui voit bien que celui-ci ne lui donne pas la gouvernance ? laquelle elle aspire, les sages de notre soci?t? veulent corriger ce « d?ficit d?mocratique » en mettant en place un mode de repr?sentation proportionnelle. On veut fuir en avant.

La population se d?tourne des institutions d?mocratiques ? C’est qu’elles ne sont pas assez d?mocratiques… Vous ?tes s?rs ? On veut fuir en avant vers une application math?matiquement plus stricte de la th?orie d?mocratique. Mais est-ce vraiment la solution, ou ne va-t-on pas plut?t aggraver le probl?me ? Supposons que ce ne soit pas d’une d?mocratie plus pure que le peuple veuille, mais d’une d?mocratie plus efficace ?

J’ai bien peur qu’on n’aggrave le probl?me, car on r?agit comme si la d?mocratie ?tait une fin en soi, alors qu’elle n’est qu’un moyen. Elle est l’un des moyens de concilier la libert? que veut l’individu avec les contraintes ? sa libert? qu’impose la vie en soci?t?. La d?mocratie joue son r?le, dans un groupe, si quand on n’est pas tous d’accord sur tout, mais qu’on l’est sur la n?cessit? que la raison du groupe pr?vale sur celle des individus, on choisit de voter et d’accepter l’arbitrage du nombre.

La d?mocratie a ?t? un grand pas en avant pour la civilisation. Le meilleur moyen de conserver en paix un maximum de libert?, tout en retirant les avantages de l’appartenance au groupe. Le meilleur moyen ? Sans doute, mais il n’est pas parfait ! « La d?mocratie n’existe » – disait Churchill – « que parce que toutes les autres formes de gouvernement qu’on a essay?es sont encore plus mauvaises ! » La d?mocratie n’est pas un id?al, elle n’est qu’un moindre mal.

L’id?al, c’est le consensus. Il faut se souvenir que la d?mocratie n’est toujours qu’un accommodement et un pi?tre succ?dan? au consensus. Il ne faut pas se laisser obnubiler par les clich?s que rab?che une soci?t? qui dissimule, derri?re le d?cor de la d?mocratie, sa mauvaise volont? parfois ?vidente ? chercher de vrais consensus.

Quand nous constatons une d?saffection de la population envers nos institutions, il ne faut donc pas penser que la population nous dit n?cessairement que la d?mocratie est insuffisante et croire que l’amour reviendra si la d?mocratie devient plus pointilleuse ; il faut songer que ce n’est peut-?tre pas « plus de d?mocratie », mais une meilleure utilisation de l’outil d?mocratique que la population r?clame.

Il faut r?sister au viol des foules et ? l’ab?tissement par les mots vid?s de leur sens. Il faut demeurer conscients que la d?mocratie n’est pas une vertu th?ologale et que ce n’est pas vers « plus de d?mocratie », mais vers plus de consensus qu’il faut tendre.

La d?mocratie est un outil qu’il faut am?liorer, car elle a de gros d?fauts. Elle repose sur une manipulation ?hont?e de l’ignorance et de la faiblesse. Elle produit une gouvernance qui engendre des compromissions honteuses et o? na?t la corruption. Elle menace sans cesse d’installer une tyrannie de la majorit? au m?pris des droits naturels des gens et de marginaliser ou d’exclure toutes les minorit?s.

La d?mocratie, surtout, charrie son lot d’imperfections qui sont inh?rentes ? ses deux (2) faiblesses conceptuelles de d?part, lesquelles sont que la majorit? n’a pas toujours raison – Hitler a ?t? d?mocratiquement ?lu, et r?guli?rement r??lu jusqu’en 1944 ! – et qu’une majorit? num?rique n’est pas toujours une majorit? effective qui a la force de s’imposer, auquel cas elle cache simplement le vrai pouvoir. La d?mocratie n’est ni omnisciente ni omnipotente.

Il faut changer le mode d’emploi de notre d?mocratie, car la d?saffection de la population envers la chose publique est bien r?elle, de m?me que l’exclusion des tiers partis qui fait entrave ? la diffusion d’id?es nouvelles et ? l’?mergence de nouveaux leaders. Mais il ne faut pas juger de la valeur de notre d?mocratie en la comparant au concept th?orique de d?mocratie, lequel est boiteux, mais ? l’aune de ce qu’elle nous apporte.

Il faut avoir le pragmatisme pour crit?re et, quand on juge de l’arbre ? ses fruits, la solution n’est pas toujours la repr?sentation proportionnelle. En fait, dans notre contexte de d?mocratie parlementaire, la repr?sentation proportionnelle est n?faste.

N?faste, car est-ce qu’on comprend bien que, si la repr?sentation proportionnelle est adopt?e et joue efficacement son r?le, nous aurons presque TOUJOURS des gouvernements minoritaires ? Des gouvernements qui ne pourront gouverner que par des accords conclus entre eux, toutes portes closes, apr?s des tractations dont le premier but sera toujours l’int?r?t de ceux qui concluront ces accords ? Ou croit-on que la nature humaine va changer parce que la repr?sentation donnera une voix ? toutes les tendances ?

Une repr?sentation proportionnelle, favorisant l’?mergence de groupes parlementaires nombreux, m?ne ? une situation ou personne n’a le pouvoir de d?cider. Les discussions entre ces groupes cr?ent des compromis qui sont des compromissions et conduisent ? l’adoption de politiques incoh?rentes, lesquelles sont adopt?es parce qu’elles ont surtout le m?rite de l’ambigu?t? et celui de ne d?ranger personne.

L?gif?rer est le produit d’une r?flexion qui gagne ? ?tre collective ; il est bon qu’on discute et que tous soient entendus. Mais cette discussion y gagne-t-elle si ce sont des partis, avec ce que ce terme signifie de contrainte, plut?t que des individus ou des groupes plus ouverts qui discutent ? Pire au palier ex?cutif de la gouvernance, l? o? le pouvoir s’exerce, o? il faut qu’une d?cision soit prise et que l’Ex?cutif prenne action. Quand on passe ? l’action, celle-ci ne gagne ni aux atermoiements, ni aux demi-mesures. On FAIT ou on ne FAIT PAS.

L’action est un jugement de Salomon et le bon sens veut qu’on ne tranche pas le b?b? en deux. Si on coupe la gouvernance au palier ex?cutif, on la tue. Il faut discuter AVANT d’agir. Si des compromis interviennent sans cesse durant l’action qui limitent la marge de manœuvre de l’Ex?cutif, l’efficacit? en souffre.

L’instabilit? et les tergiversations inh?rentes au syst?me de repr?sentation proportionnelle ne sont acceptables que dans un r?gime pr?sidentiel, quand la population garde le pouvoir d’?lire directement l’Ex?cutif. Dans un r?gime comme le n?tre, o? ex?cutif et l?gislatif se confondent, la repr?sentation proportionnelle qui fait d?pendre l’allocation du pouvoir r?el de tractations entre partis r?duirait ? rien le contr?le de la population sur la gouvernance. Est-ce bien ce qu’on veut ?

Plut?t que la repr?sentation proportionnelle, on pourrait choisir un autre type de changement. On pourrait distinguer clairement entre d’une part l’?lection de l’Ex?cutif et, d’autre part, celui du d?put? qu’on veut ?tre un l?gislateur Rien d’original ici, c’est le syst?me de d?mocratie pr?sidentielle ? l’am?ricaine. On pourrait aussi, cependant, ce qui l’est davantage, changer notre syst?me de scrutin uninominal pluralitaire ? un tour par un syst?me majoritaire binominal ? deux tours.

Pourquoi deux tours de scrutin ? Parce que la population a le droit de se reconna?tre dans un paysage politique qui soit plus que la simple alternance d’un parti du centre avec un autre parti du centre. Chaque citoyen doit pouvoir s’identifier ? la vision politique qu’il juge la meilleure, aussi divergente soit-elle de ce que pense la majorit?.

Dans un scrutin ? deux tours, la population vote au premier tour pour celui qu’elle juge  » le meilleur  » puis, ensuite, au deuxi?me tour, pour celui qu’elle consid?re  » le moindre mal « . Le consensus porte au pouvoir le  » moindre mal « . C’est l’essence m?me d’une d?mocratie o? chacun, par respect pour les autres, renonce ? ses pr?tentions exorbitantes ou trop avant-gardistes et accepte au centre un consensus imparfait, mais tol?rable.

Pourquoi majoritaire ? Parce que celui qui gouverne, dans une vraie d?mocratie, doit avoir re?u son mandat de la majorit? et non d’une pluralit? des ?lecteurs. Il n’y a donc que deux candidats au deuxi?me tour et celui qui est ?lu a la l?gitimit? d’une vraie majorit?.

Pourquoi binominal ? Parce que le deuxi?me tour est celui du consensus. Il faut donc ?viter les r?sultats aberrants d?coulant d’une fragmentation du vote et qui m?neraient ? la situation absurde de DEUX (2) partis extr?mistes se glissant au deuxi?me tour et enlevant ? l’?lecteur tout choix d’un juste milieu. Que se serait-il pass? en France ? la derni?re pr?sidentielle, si le deuxi?me tour avait oppos? le Front National au Parti Communiste ?

Pour ?viter ce pi?ge, nous proposons un correctif d’apparentement. Chaque ?lecteur, au premier tour, devrait indiquer non seulement pour qui il vote, mais aussi son second choix pour un autre parti qu’il juge apparent? au sien. Dans le cas d’un deuxi?me tour – presque toujours – les deux candidats qui y sont appel?s ne sont pas ceux qui ont obtenu le plus de votes, mais ceux qui ont obtenu le plus de votes ET de seconds choix. Avec ce correctif, le deuxi?me tour tend ? opposer des candidats per?us comme plus rassembleurs. Le consensus se situe au centre.

Le premier choix de l’?lecteur n’en demeure pas moins d’une vitale importance, puisque c’est ce premier tour qui, au palier de l’Ex?cutif, d?termine le v?ritable niveau de popularit? des partis et de leurs id?es.
Un (1) repr?sentant de chaque parti qui a obtenu 1% des suffrages devrait, d’ailleurs, ?tre toujours invit? ? ?noncer devant l’Assembl?e son point de vue sur chaque projet de loi soumis aux l?gislateurs. Les m?dias se chargeraient de diffuser ces commentaires, les petits partis augmenteraient leur cr?dibilit? par de propositions constructives et c’est ainsi que l’avenir politique se dessinerait.

Il y aurait beaucoup plus ? dire sur la d?mocratie, mais on s’?carterait alors de la seule discussion du th?me de la repr?sentation proportionnelle. Pour ceux que ?a int?resse..

Pierre JC Allard

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5 Commentaire

  1. avatar

    Ouf….
    Quel éditorial ! Voilà un thème ouvert pour un débat sans fin, mais l’objectif est louable et le propos noble. Le problème est que ’’ le bon peuple ’’ en général , peu importe le mode de scrutin, n’en a que faire de toutes façons, les élections contemporaines revêtent d’avantage un caratère de concours de popularité qu’une réelle capacité de l’électeur d’être en mesure de choisir les personnes les plus compétentes pour gérer la province/ le pays. Si on méle les gens avec une nouvelle façon de voter, on a pas fini d’avoir des surprises. Plus nous ’’ fuyons vers en avant ’’, force est de constater que la politique est une affaire de spécialistes, la masse en général vote avec généralement avec son coeur et son humeur du moment, plutôt qu’avec sa raison et ils ne prennent pas toujours la chose au sérieux. Dans cet ordre d’idées, il est utopique de penser que le choix du peuple, quelque soit le mode de scrutin, mènerait à un meilleur gouvernement. Mais bien sur, vous avez compris que je n’ai pas gagné mes dernières élections…en gros, je cherche une manière de dire que la majorité ( que je surnomme affectueusement ’’ la masse’’ ) vote de façon frivole de toutes façons.

  2. avatar

    Si la démocratie cesse d’être une valeur absolue, ouvre-t-on la porte a toutes les alternatives ? Dangereux…

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    Si la démocratie cesse d’être une valeur absolue, ouvre-t-on la porte a toutes les alternatives ? Dangereux…

  4. avatar

    Le « bon peuple » comme vous dites ne se trompe jamais, il est trompé.
    (Éteignez votre télé et éduquez vous. !)

    5/5
    NON à la proportionelle.

    Vive le Québec français qui est SI nécessaire à l’Amérique.

  5. avatar
    François Perrier

    le 11 avril 2007.
    de François Perrier (FJP) – basé sur le texte plutôt antidémocratique intitulé « NON, à la proportionnelle ! » de Pierre JC Allard – paru dans son propre blogue – le 6 avril 2007

    FJP – l’idée D’ ÉLECTION binominale majoritaire à 2 tours – semble bonne en soi – mais j’ai manipulé le texte de M. Allard – en ajoutant des idées de mon cru – et retranchant de SES idées crues – faisant souvent dire LE CONTRAIRE à ce Monsieur – qui traite de démocratie de façon plutôt cavalière !

    OUI à la répudiation de la représentation proportionnelle qui est dichotomique en politique – elle équivaut au Québec à fantaisie de fendre des cheveux en trois et quatre et cinq. On semble dire ici que si l’on élisait une Assemblé nationale où chaque parti avait le poids exact du nombre de votes qu’il a obtenus, tout le monde serait équitablement SOUS représenté et que nous serions démocratiquement contents.

    Nul en France ou aux USA, demande que l’on passe au scrutin proportionnel. PCQ la représentation proportionnelle n’est pas la solution au problème que pose la gouvernance d’une collectivité qui se veut démocratique. C’est une fuite en avant – dans la panique, jointe à l’entêtement, qui caractérisent ceux qui veulent subordonner le jeu démocratique. Si la population du Québec ne veut même pas d’un référendum sur la pseudo souveraineté, à plus forte raison ne lui proposons pas une façon conne de gérer le statu quo fédéraste !

    C’est dans cette même optique que, confrontés à un désintérêt croissant (NON pas pour le processus démocratique, COMME AFFIRME ALLARD) – MAIS pour le processus POLITIQUE ! La population NE se détourne PAS des institutions démocratiques – mais du processus électoral – celui avec application mathématique de la théorie démocratique. On aggrave le problème. – car on réagit comme si le processus électoral était une fin en soi, alors qu’il n’est qu’un moyen de concilier la liberté que veut l’individu, avec les contraintes à sa liberté, qu’impose la vie commune dans un État démocratique.

    La démocratie joue bien son rôle dans la collectivité nationale québécoise même si on est loin d’être d’accord sur quoi que ce soit. Mais on l’est sur l’impératif voulant que la raison de la communauté prévale sur celle des individus. On choisit de voter et d’accepter par après, la volonté du plus grand nombre. La démocratie a été un grand pas en avant pour la civilisation. Le meilleur moyen de conserver en paix un maximum de libertés individuelles, tout en maintenant les avantages de l’appartenance à la collectivité, c’est la démocratie du plus grand nombre. « La démocratie n’existe » – disait Churchill – « que parce que toutes les autres formes de gouvernement qu’on a essayées sont encore plus mauvaises ! » In parole povere – la démocratie EST le pire des systèmes de gouvernance – excepté tous les autres !

    Ce qu’on peut obtenir à partir de la démocratie c’est le consensus. La démocratie est l’idéal à atteindre à partir du consensus. Ne pas se laisser obnubiler par les clichés que rabâche le démagogue qui se dissimule derrière la supposée impossibilité de célébrer la démocratie, si elle ne résulte pas dans de « vrais » consensus – c’est-à-dire – ceux qui desservent les puissants.

    Même si on constate une désaffection de la population envers nos institutions démocratique, il est faux de penser que la population nous dit que la démocratie est indésirable. À moins bien sûr qu’elle soit ciblée sur un consensus proche de la capitulation et soumise aux intérêts des particuliers qui manipulent tout le processus. Ce n’est peut-être pas plus de démocratie que réclame la population – mais une meilleure utilisation de l’outil démocratique. BORDEL, il y a en démocratie quelque chose qui s’appelle la SUBSIDIARITÉ – celle de la nécessaire délégation des pouvoirs à celui qui a gagné – par les perdants. Tout en faisant confiance aux gagnants, qu’ils n’abuseront pas de leurs prérogatives.

    Il faut résister au viol des idées et à l’abêtissement des mots vidés de leur sens, que semble préconiser M. Allard, quand il prétend que la démocratie est un empêchement au bon gouvernement. Il faut demeurer conscients que la démocratie est une vertu – et que c’est à plus de démocratie – non pas moins – qu’il faut aspirer. C’est vers la SUBSIDIARITÉ qu’il faut tendre.

    La DÉMAGOGIE que laisse poindre les propos de M. Allard, a ses limitations évidentes. Elle repose sur une manipulation éhontée de l’ignorance induite chez la classe moyenne – par nos zélites. Elle produit une gouvernance qui engendre des compromissions honteuses – d’où naît la corruption. La DÉMAGOGIE menace d’installer la tyrannie des ZÉLITES, au mépris des droits naturels de la MAJORITÉ des gens – en imposant la DICTATURES de minorités mieux nanties, à la majorité.

    La DICTATURE charrie son lot d’aberrations qui sont inhérentes à ses faiblesses conceptuelles, lesquelles sont la force – et l’usage de la force. Hitler a bel et bien été démocratiquement élu en 1933 par une minorité de lunatiques, et régulièrement réélu par la force jusqu’en 1944 ! Une majorité armée jusqu’aux dents n’est pas toujours une majorité effective – alors qu’elle s’impose PAR LA FORCE. Auquel cas elle prostitue le vrai pouvoir. La DICTATURE des zélites n’est ni omnisciente ni omnipotente.

    Il faut DONC changer le mode de notre démocratie – de REPRÉSENTATIVE des puissantes minorités de PRÉPONDÉRANTS (ceux qui ont plus de TOUT – y compris l’argent, le pouvoir, l’intelligence, plus de connaissance et d’influence, etc.,) – à une démocratie PARTICIPATIVE – celle du plus grand nombre – CAR la désaffection de la population envers la chose publique est bien réelle. L’exclusion des tiers partis fait entrave à la diffusion d’idées nouvelles et à l’émergence de nouveaux leaders. Il ne faut pas juger de la valeur de LA démocratie en la comparant à DES concepts théoriques de démocratie, mais à l’aune de ce qu’elle apporte À LA MAJORITÉ – sans pour autant négliger les besoins, intérêts et droits réels des MINORITÉS nanties, ou celles sans défenses de pauvres d’esprits, et de biens terrestres.

    En fait, dans le contexte d’une démocratie RÉPUBLICAINE – comme dans celle parlementaire britannique, la représentation proportionnelle est néfaste, car lorsqu’elle est efficace, on a droit à des gouvernements minoritaires, qui ne gouvernent que par accords conclus entre vilains, toutes portes closes, après des tractations dont le but est toujours l’intérêt de minoritaires puissants qui maniganceront ces accords en coulisses. Croit-on que la nature de la démocratie va changer parce que la représentation donnera une voix à toutes les tendances capricieuses ?

    En république comme dans le système parlementaire, la représentation proportionnelle favorise l’émergence de partis nombreux (dans le chaos, comme en Italie), ce qui mène à une situation de crise permanente et de paralysie, où personne n’a le pouvoir de décider. Les discussions entre ces partis créent des compromis qui se révèlent des compromissions, qui conduisent à l’adoption de politiques incohérentes, lesquelles sont adoptées parce qu’elles ont surtout le démérite de l’ambiguïté et du flou.

    FJP – Notate bene – j’ai corrigé le tir antidémocratique de M. Allard ci après. Dans l’original M. Allard n’y va pas de main morte dans la séparation des pouvoirs, qu’il attribue à la Clique du château d’antan – L’EXÉCUTIF trahissant régulièrement les volontés de la Législature au Québec – ou celle des Commons à Ottawa – aujourd’hui connu sous le nom de PMO – le Prime Minister’s Office – au dam du Législatif. !!!

    LÉGIFÉRER (établir – voter des lois) est le produit d’une réflexion qui gagne à être collective en ce qu’il est bon qu’on discute et que tous soient entendus. Au palier exécutif de la gouvernance, là où la LÉGISLATION est ENTÉRINÉE par l’Exécutif, on passe à l’action de SANCTIONNER la loi du législateur. L’action est un jugement qui doit être partagé entre le palier législatif et celui exécutif. Il faut que les deux paliers discutent AVANT d’agir. ET IL VA FALLOIR des compromis qui interviennent sans cesse durant l’action – limitant la marge de manœuvre autant du législatif que de l’Exécutif, autrement LA DÉMOCRATIE en souffre – GRAVEMENT.

    Instabilité et tergiversations inhérentes au système de représentation proportionnelle sont PLUS acceptables dans un régime présidentiel, dixit Allard. Dans régime britannique comme celui au Québec, où exécutif et législatif NE DEVRAIENT PAS se confondrent, la représentation proportionnelle fait dépendre l’allocation du pouvoir réel – à des nombreuses tractations entre partis politiques réduis à peau de chagrin – ce qui tend à diminuer le sain contrôle de la population sur sa POLITICAILLE véreuse.

    FJP – Ci-après, idée D’Allard de système majoritaire binominal à deux tours – semble bonne – mais pour ce faire il faut qu’un Québec libéré de son joug canadiAn devienne une RES PUBLICA.

    Plutôt que la représentation proportionnelle, on pourrait choisir un autre type de changement. On pourrait distinguer OPAQUEMENT entre d’une part – l’élection de l’Exécutif (OOPS !) et, d’autre part, celui du député QUI EST LE législateur. Tout à fait original ici de la part de M. Allard, c’est le système de démocratie par diktats présidentiels à l’américaine – et on voit en George Bush ce que ça peut donner ! On DEVRAIT cependant, changer CE système de scrutin uninominal « pluralitaire » à un tour par un système majoritaire binominal à deux tours.

    Pourquoi deux tours de scrutin, dixit Allard ? Parce que la population a le droit de se reconnaître dans un paysage politique qui soit plus que la simple alternance d’un parti du centre avec un autre parti du centre. Chaque citoyen doit pouvoir s’identifier à la vision politique qu’il juge la meilleure, aussi divergente soit-elle de ce que pense la majorité.

    Dans un scrutin à deux tours, la population vote au premier tour pour celui qu’elle juge  » le meilleur  » puis, ensuite, au deuxième tour, pour celui qu’elle considère  » le moindre mal « . Le consensus porte au pouvoir le  » moindre mal « . C’est l’essence même d’une démocratie où chacun, par respect pour les autres, renonce à ses prétentions exorbitantes ou trop avant-gardistes et accepte au centre un consensus imparfait, mais tolérable.

    Pourquoi majoritaire ? Parce que celui qui gouverne, dans une vraie démocratie, doit avoir reçu son mandat de la majorité et non d’une pluralité des électeurs. Il n’y a donc que deux candidats au deuxième tour et celui qui est élu a la légitimité d’une vraie majorité.

    Pourquoi binominal ? Parce que le deuxième tour est celui du consensus. Il faut donc éviter les résultats aberrants découlant d’une fragmentation du vote et qui mèneraient à la situation absurde de DEUX partis extrémistes se glissant au deuxième tour et enlevant à l’électeur tout choix d’un juste milieu. Que se serait-il passé en France à la dernière présidentielle, si le deuxième tour avait opposé le Front National au Parti Communiste ? (FJP – Beh – hautement hypothétique – dans l’état de discrédit de ces deux franges … – mais la démocratie aurait prévalu – même si déplaisante).

    Pour éviter ce piège, chaque électeur, au premier tour, devrait indiquer non seulement pour qui il vote, mais aussi son second choix pour un autre parti qu’il juge apparenté au sien. Dans le cas d’un deuxième tour – presque toujours – les deux candidats qui y sont appelés ne sont pas ceux qui ont obtenu le plus de votes, mais ceux qui ont obtenu le plus de votes ET de seconds choix. (FJP – à vérifier comme affirmation – mais ça semble de bonne guerre). Avec ce correctif, le deuxième tour tend à opposer des candidats perçus comme plus rassembleurs. Le consensus se situe au centre.

    Et L’ÉPICENTRE politique c’est la classe moyenne – la MAJORITÉ.

    Le premier choix de l’électeur EST d’une vitale importance, puisque (FJP – ci-après Allard fait une affirmation gratuite – laquelle reste à démontrer) c’est ce premier tour qui, au palier de l’Exécutif, détermine le véritable niveau de popularité des partis et de leurs idées. (FJP – SAYS WHO !?). Un (1) représentant de chaque parti qui a obtenu 1% des suffrages devrait, d’ailleurs, être toujours invité è énoncer devant l’Assemblée son point de vue sur chaque projet de loi soumis aux législateurs. Les médias (ach so – ceux contrôlés par les Desmarais – ou ceux par Péladeau !?) – se chargeraient de diffuser ces commentaires, les petits partis augmenteraient leur crédibilité par de propositions constructives et c’est ainsi que l’avenir politique se dessinerait.

    Il y aurait beaucoup plus à dire sur la démocratie et la DÉMAGOGIE.