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NIPPUR (NI.BRU) le « Wall Street » des Sumériens

La cité de Nippur fut l’une des premières cités sumériennes.

À ses débuts elle fut appelée DUR-AN-Ki ; ce qui signifie « le lien entre ciel et Terre ». C’est plutôt étonnant comme « tout premier nom » pour une cité « pré-historique ». Si ce nom avait été un nom donné subséquemment, il aurait pu indiquer un « changement » ou une « élaboration imaginaire » apparu plus tard ; mais ce fut son « tout premier nom » . Et comme je peux très difficilement concevoir que les hommes préhistoriques aient développé l’habitude de rêvasser sur l’au-delà, la tête appuyée sur la trompe d’un mammouth apprivoisé, il devient nécessaire de considérer la possibilité que ce nom puisse désigner une réalité de l’époque. Ce premier nom doit nécessairement signifier ce qu’il mentionne.

La cité appartient à EN.LIL.

Selon la tradition sumérienne, la cité de Nippur fut construite par « la Houe » (binette), premier instrument aratoire qui fut inventé par on ne sait qui ; mais les textes sumériens disent : « par les Puissants » que nos archéologues, imbibés de « religiosité irrationnelle » qualifient de « dieux ».

« Durant le jour elle (la Houe/binette) construisait, durant la nuit elle était la cause de la progression du temple.

Dans la NIBRU bien établie, Ninurta entra dans la chambre intérieure du Tummal, en présence d’Enlil.

 Tummal, le panier de pain de mère Ninlil.

La chambre intérieure du Tummal aux livraisons régulières de nourriture.

« La sainte Ninisina entra en présence d’Enlil avec des chevreaux noirs et des fruits en offrande au « Seigneur ».

Ninisina (signifiant la Dame d’Isin) est la “déesse” de la médecine à partir du prédynastique (-4000 av J.C.) et probablement avant. Elle était qualifiée de « Grande médecin des têtes noires » (Sumériens). Dans un certain texte, elle y est décrite affutant son scalpel.

Ninurta est le “Guerrier” d’EN.LIL (en fait son fils). Son autre nom est NIN.GIR.SU. Il est : « sag-kal pirig kur-gal-e tu-da » le plus grand, le lion, qu’a engendré la Grande Montagne (= Enlil). Il est nommé « “Grand gouverneur d’EN.LIL” (énsi-gal En-líl-lá) et “Gouverneur de Nippur” (énsi Nibru). Remarquez le titre d’EN.SI et non LU.GAL

Moi, je veux bien accepter que les « dieux » n’existent pas ; mais il m’est difficile d’accepter que NI.NUR.TA ne soit pas un « Puissant » qui existe vraiment et qui gouverne NIPPUR (NI.BRU) au nom de son père EN.LIL. Pourquoi l’imaginaire sumérien produirait un « vicaire imaginaire » (EN.SI) au « dieu imaginaire » de la ville ?

NIPPUR est la cité où se réunissent les « Puissants » pour discuter du choix du « Berger des humains » ; mais le dernier mot, la décision finale, revient au « Seigneur » des « Puissants », EN.LIL. C’est lui qui donne un « nom » au nouveau « roi/berger ». « Donner un nom » dans le concept sumérien est de « créer le personnage » ; lui donner une « vie » (position sociale) légitime. Par exemple, il donna le nom de « Sargon » signifiant « Roi légitime » à Sargon l’Ancien.

Curieusement, aucun rituel ne fut jamais décrit dans les textes sumériens au sujet de cette « nomination ». Ce genre de rituel ne pourra être que « deviné » à l’époque plus tardive d’UR III ; période où les « Puissants » perdaient le contrôle économique.

Nippur est également le centre des décisions commerciales. En réalité, la cité est le « Wall street » de la civilisation sumérienne ; la cité où toutes les décisions importantes sont considérées et adoptées pour la bonne marche de « l’économie ».

NARAM-SIN sera le roi « humain » qui osera détrôner NI.NUR.TA et se donner à lui-même la nationalité (ethnie) de « Puissant ». Depuis toujours, le « roi/berger » éternel avait été NI.NUR.TA . Les « roi/bergers » nommés par EN.LIL n’étaient que « temporaires ». Le « péché » de NARAM-SIN fut de se dire « roi-éternel » en remplacement de NI.NUR.TA.

À partir de ce moment-là, la plupart des « roi/bergers humains » se dirent « Fils d’EN.LIL » (Sar-kali-sarri d’Akkad, Shulgi et Su-sin entre autres). Ils s’abrogeaient insolemment du titre légitime de NI.NUR.TA. Il est clair qu’un « nouvel ordre mondial » venait de naître.

Lorsqu’on « divinise » les « Puissants », comme le font les archéologues, la période d’UR III est celle du début de l’époque où les « rois » sont considérés comme des « dieux ». Ce qui signifie incontestablement, qu’auparavant, ils ne l’étaient pas.

S’ils ne l’étaient pas, c’est donc une réalité que ces « rois » recevaient leur pouvoir des « dieux » précédents. Mais ces « dieux », dont parlent les archéologues, ne peuvent pas exister ; donc la seule solution est l’existence de ces être « Puissants », décris dans les textes sumériens, qui, effectivement nommaient les « rois ».

Ceci établi, on se rend compte que la période d’UR III est celle de l’usurpation du « pouvoir » par des « roi-hommes » qui accaparent le niveau social des « Puissants ». Et, c’est de cette seule façon que toute la tradition sumérienne et Akkadienne devient limpide.

Mais cette ascendance « Puissante » des « rois humains» n’est pas facile à être prouvée aux yeux des populations de cette époque. C’est pourquoi Shulgi racontera son origine comme étant le fruit de la semence d’EN.LIL dans le sein d’une prêtresse d’EN.LIL. Ce qui confirme qu’il est un « Puissant ». Cela confirme également que le « pouvoir » des « Puissants », dans l’esprit de cette population, est encore très important à son époque et ne diminuera qu’après plusieurs décennies.

Vers -2023 av J.C. les « Puissants » sont acculés au mur par les « roi/bergers » humains. NI.NUR.TA est à NIPPUR et NANNA est à UR. Ce sont deux « vrais » fils d’EN.LIL. Ils veulent tous les deux reprendre le contrôle du commerce international des mains des « roi/bergers » humains. Ils décident donc de détruire les places fortes « humaines » hors de Mésopotamie pour ne pas nuire à la structure commerciale du « Croissant fertile ».

Cinq villes cananéennes (c’est-à-dire ammorites) sont oblitérées complètement dont Sodome et Gomorrhe. Abraham décrira le nuage nocif s’élevant au-dessus de Sodome lors de sa destruction.

Par la suite, les courants atmosphériques poussent ces « nuages nocifs » (ou l’un de ces nuages) vers la Mésopotamie. C’est alors l’effondrement de la structure du pouvoir des « Puissants » qui sont obligés de fuir dans toutes les directions, même dans des contrées jusqu’alors pratiquement inconnues ou, à tout le moins, négligées.

En Asie et en Inde, les réfugiés « Puissants » deviendront des « rois civilisateurs » porteurs de « philosophies ».

En Europe, ils deviendront des « pouvoirs divins » plus inquiétants que rassurants pour le peuple.

Mais tous apporteront une interprétation de l’ancienne connaissance (science) des « Puissant » qui deviendra pour les uns, la « révélation » religieuse et superstitieuse impossible à être comprise par le cerveau « humain », et pour les autres un calendrier zodiacal qui deviendra, tout autant, une superstition, par une compréhension « superficielle ».

Les dégâts causés par les nuages nocifs chez les Sumériens, en -2023 av J.C, produiront une période de 70 ans durant laquelle la région sera presqu’inhabitable, sujet à la famine et au « chaos » social complet.

La chute de Nippur se produisit en -2017 av J.C ; soit cinq ans après la destruction des villes Cananéennes.

En -2017 av J.C, alors qu’Ur est en proie à la famine à la suite de l’invasion des Amorrites, une vague d’attaques offensives derrière les nuages nocifs poussés par les vents de Canaan, le roi Ibbi-Sin charge Ishbi-Erra d’aller acheter du grain à Isin. Celui-ci s’exécute, mais bloqué dans Isin par les Amorrites, il se proclame indépendant.

Il s’empare aussitôt de la ville sainte de Nippur où il se fait couronner. Il assure ainsi sa légitimité. Il rétablit l’ordre dans la région et lutte, aidé des Élamites, contre plusieurs états voisins. Il rétablit ensuite la reprise des activités économiques et tente à faire d’Isin l’héritière d’Ur en réactivant, à son profit, les relations commerciales avec la Mésopotamie, l’Élam et le golfe. On se rend bien compte, ici, que la base du « pouvoir » est bien celui du « commerce ».

Ishbi-Erra parvient à chasser les Amorrites (ou il achète leur départ), puis en -2007 av J.C. il intervient contre les Elamites qui assiègent Ur. Mais ce n’est peut-être qu’une intervention simulée; car malgré cette intervention, trois ans plus tard, c’est la chute d’Ur.

Ishbi-Erra continuera de régner sans opposition des Élamites.

Les Élamites parvinrent à accaparer, en -2004 av J.C, le dernier bastion sumérien, dirigée par l’ancien maître d’Ishbi-Erra, le dernier roi d’Ur, IBBI-SIN. Le roi élamite de Simashki, KINDATTU, amènera IBBI-SIN, prisonnier, en Élam avec la statue du culte de NANNA, le « dieu » tutélaire d’Ur.

Ishbi-Erra parviendra à reprendre la ville d’Ur en -1998 av J.C, se posant en continuateur de la troisième dynastie d’Ur tout en demeurant à Isin (probablement pour sa santé parce qu’Ur est encore affectée par le passage des nuages nocifs 25 ans plus tôt). On sait que ce ne sont pas toutes les cités sumériennes qui furent affectées par ces nuages. Les textes de lamentations se limitent aux quatre villes d’UR, NIPPUR, ÉRIDU et URUK.

ISIN ne fut pas touchée mais, tout juste, comme on peut le voir en déterminant la région (en rouge) qui fut affectée par les vents venant de Canaan.

Shu-Ilishu (-1984 @ -1975) lui succède en -1984 av J.C. Il porte le titre de « roi d’Ur, de Sumer et d’Akkad ». Son règne est marqué par le retour de la statue du dieu Nanna depuis Anšan et, vers la fin de son règne, par le début du rassemblement de l’ancienne population d’Ur qui s’était dispersée 45 ans auparavant. Son successeur Iddin-Dagan (-1974 @ -1954) finira de rétablir UR durant son règne. Les effets des nuages auront duré autour de 70 ans.

La langue sumérienne cesse d’être parlée à cette époque; on parle dorénavant la langue akkadienne. Le langage sumérien ne sert plus qu’aux « rituels » traditionnels et ses textes en reconnaissance de l’apport civilisateur antérieure des « Puissants » toujours important dans la population.

La prospérité de la région ne sera rétablie qu’au règne d’Ishme-Dagan, quatrième roi de la dynastie d’ISIN et petit-fils de Shu-Ilishu. Son titre est alors « roi Puissant, roi d’Isin, roi de Sumer et d’Akkad ». Il est également « prêtre d’Ourouk » et « pourvoyeur de Nippur ».

De toute l’histoire du prodigieux apport des « Puissants » à l’humanité, il ne reste plus que les « titres » que se donnent les « rois humains », qui ont pris le pouvoir sur une portion du commerce international antérieur, et leur « illusoire supériorité » sur les autres hommes, qu’ils s’approprient gratuitement, voulant imiter la « supériorité réelle » des « Puissants » venus de la Mer Morte.

L’esprit religieux qui en ressortira, ne fera qu’exacerber cette « illusoire » différenciation de la structure sociale chez les humains.

Il est clair que l’évolution de l’humanité a bifurqué sensiblement du « droit chemin » évolutif normal qui assurerait sa viabilité. Devant nous, aujourd’hui, se dresse le choix d’augmenter notre vitesse « évolutive » vers un mur inévitable ou de corriger quelque peu notre « itinéraire ». Peut-être serait-il opportun de rétablir un peu de « connaissance » dans nos apprentissages de « compétence ».

Mais aussi « clair » que cela puisse me paraître, je ne me sens pas la force de faire plus que de le mentionner modestement; car j’ai bien l’impression que la « science » du Cycle sumérien est un parcours évolutif presqu’impossible à éviter.

Une seule porte de sortie nous reste. C’est celle de comprendre que ce cycle évolutif inévitable soit toujours conditionné par nos « choix » quotidiens. De sorte que « veux, veux pas », nous sommes, individuellement, constamment obligés de faire face à notre responsabilité envers les résultats obtenus.

La « liberté de choix » exige un prix qui peut s’avérer énorme si les choix sont « déséquilibrés » par l’élimination de la « raison » face à « l’objet » que préconise « l’objectivité » mathématique.

Amicalement

André Lefebvre

 

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

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Le commerce préhistorique (7)

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