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Bernard Tapie aux commandes de son avion privé sur l'aéroport de Vichy. 24 juin 1988 - 1988©Jean-Claude Coutausse / french-politics

Nanard, roi des embrouilles !

Sacré Nanard, va. S’il fallait retenir un symbole de ce monde qui marche sur la tête, il pourrait être un bon candidat. Ex-chanteur de variété raté, devenu entrepreneur en pleine période du début d’un capitalisme sauvage dit de « jet-set », choisi comme ministre par un Mitterrand n’écoutant plus déjà que les sirènes de comment se maintenir au pouvoir (on va dire qu’il a eu sa période Maduro, pour simplifier), l’homme n’a eu de cesse de se retrouver dans des coups foireux.   Examinons d’abord le goût de Nanard pour les avions à réaction. Voici Nanard et les jets, ou l’histoire du chasseur devenu pour une fois pigeon…

tapie corvetteBernard Tapie et les avions, me rappelle mon pote Falcon, c’est une vieille histoire. Commençons par le tout premier à croiser son regard. Historiquement, ce n’est pas tout près, en effet. Nous sommes en 1970, et  Sud-Aviation et Nord-Aviation sont tentés de concurrencer  le Mystère 10 de Dassault, ou les avions américains tels que le Cessna Citation ou le T-39A Sabreliner de chez North American Rockwell  …. avec une étude appellée SN-600 Diplomate. Si le projet fait flop, un modèle évolué appelé  SN-601 Corvette voit le jour. C’est un petit jet capable d’emporter entre huit et quatorze passagers qui vole pour la première fois le 20 décembre 1972 (il deviendra en 1991-1993 la mascotte du Centre d’Essais en Vol (ou CEV)), et il se retrouve au salon du Bourget de 1973… où personne ne l’achète ou presque. L’Etat lui donne un coup de pouce, en en achetant trois exemplaires pour servir de transport de hautes personnalités et de liaisons rapides : ce sont les 4 premiers sortis. On recense 40 exemplaires construits, pendant 6 ans, dont 14 volant encore en 2010.JH La Veze Bernard Tapie achète la Corvette F-BVPA, la N°5 (première des avions de série donc) en novembre 85, le pilote (il est qualifié pour) et se fait abondamment photographier à bord : il a compris l’impact de ce genre de cliché dans les médias : l’homme maître à bord d’un jet devrait « naturellement » savoir garder la barre d’une entreprise. L’image de garder la barre vaut aussi pour le Phocea, remarquez. L’homme est une vraie pile électrique disent ses proches : en 1984, il vient de rafler la société Wonder, rachetée pour un franc symbolique et revendue 470 millions de francs quatre ans plus tard à l’américain Ralston…

Mais la Corvette semble déjà trop petite pour l’ambitieux Nanard, qui s’en sépare dès le mois de mars 1986. Il a volé 5 mois avec seulement ! L’avion commencera sa carrière chez Air-Alpes, comme on peut le voir ici sur la photo , puis chez Casa Air Services, société marocaine, donc, sous l’immatriculation CN-TDE. On la voir ici se poser et redécoller à Savacem, près de Lisbonne : l’avion demeure bruyant. On peut apercevoir une autre Corvette la F-GJAP (ex F-WZSB, N602AN, F-BTTK, F-WNGZ) dans le film « Cloclo », illustrant l’époque des stars volants en jet privé, dont Claude Français (lui aussi utilisait beaucoup les avions privés : on peut le voir ici avec Kathalyn Jones, sa dernière compagne, il revenait de Suisse en avion privé de location- un Beechraft-  la veille de sa mort, piloté par Jean-Pierre Toucas, Johnny ayant son propre pilote attitrée Claude Domergue, le responsable de l’aéedrome de La Vèze…photo ci-contre, collection Domergue). La Corvette N°31, avant dernière produite a été offerte au musée de l’Air et de l’Espace, on voit ici son arrivée lors de son dernier vol le 17 octobre 2009. Dans le film Taken 3, on peut aussi en apercevait une autre, portant la fausse immatriculation N-8566E. C’est en fait le F-BVPK, l’avion de du lycée professionnel Aristide Briand de Blanc Mesnil (ici avant son transfert en 2012).

tapie falc2Voici donc Saint-Bernard, sauveur d’entreprise, et un autre avion, plus  à la taille de son ambition. C’est le Falcon 20 immatriculé F-GHBT basé chez EFS au Bourget. Là encore il s’y fait photographier à la place du pilote, ou en train de monter dedans de façon.. dynamique, image de marque oblige. L’avion a appartenu à FIAT à partir de décembre 1968 et est devenu GIE B.T. Aviation le 26 décembre 1985. Tout le monde aura relevé que Bernard Tapie, avec cet exemplaire a reçu une fleur de l’administrations civile : il porte ses initiales sur ses réacteurs (les B et T de F-GHBT). L’avion sera revendu en août 1994 à United Fruit, ou il devient le N100UF. Le Falcon 20 F-GHBT avait été revendu au broker Peregrine Aviation, qui avait demandé une immatriculation américaine se terminant en BT (le bonhomme faisait encore vendre en ce temps-là !), mais United Food avait demandé N100UF. L’avion a fini N301TT, vu ici à Orlando en février 2000. tapiefalc1En 1985, Nanard, lorsqu’il ne se fait pas photographier en avion, fait la une des journaux pour les succès de son équipe cycliste dans le tour de France avec Bernard Hinault qui porte le maillot de l’entreprise la Vie Claire, pionnière du « Bio » en France. L’année précédente, il a été élu « Homme de l’année 1984″. Un capitaliste ravageur, qui lui fait reprendre des entreprises dans lesquelles ils découpe au couteau les effectifs, au moment où le gouvernement socialiste d’alors, prône… la rigueur !!! Ils découpe les entreprises, mais porte une grande attention aux biens immobiliers qui s’y rattachent. Et passe son temps à voler d’entreprise en entreprise : on le voit ici sur les deux photos en noir et blanc monter à bord de son Falcon à Vichy le 24 Juin 1988. Une réussite qui dérange, mais l’homme à l’art de se présenter comme sauveur d’entreprises et même, il faut le faire, comme créateur d’emplois ! Le voilà dans la liges de mire de Mitterrand dont le second mandat s’essouffle vite. Le Falcon 20, il l’utilise de décembre 1985 à décembre 1989. Il ne pourra le garder. A peine entré au gouvernement, en 1992, les ennuis commencent. La revente d’Adidas par un mandat de vente octroyé à SDBO, filiale du Crédit Lyonnais va être à l’origine d’un conflit majeur entre lui et la banque.

9782809817416-001-G-220x352Mais avant ça, il s’est déjà fait épingler… par la douane française, comme le montre le livre « Notre ami Bernard Tapie » de  Ian Hamel, qui évoque déjà une forme de « complicité » avec un Bérégovoy bien léger et fort peu sourcilleux : « Avec Bemard Tapie, on ne peut meme plus parler de légéreté. Le 12 juillet 1985, en plein Tour de France, l’homme d’affaires est iııculpe pour infraetion au contrôle des changcs. « Lcs douaniers l’accusent d’avoir illicilemcnt transfere 1,5 million de franes en Suisse, entre 1978 et 1980. » Le jour meme, Bernard Tapie reçoit trois journalistes du Nouvel Observcıteur dans son bureau de l’avenue de Friedland. Ces derniers sont témoins d’un entretien surréaliste avec Pierre Beregovoy : « Les journalistes, médusés, entendent alors le ministre des Finances s’excuser de n’avoir pu s’opposer â cette inculpation, et promettre â son interlocuteur d’ordonner une enquête sur… les fuites qui ont permis la divulgation du dossier ! Tapie transigera avec les douanes, en déboursant un million de franes—. » Valerie Lecasble et Airy Routier préciseııt que c’est par le biais d’une societe d’assurances fictive, baptisée Jassica, que Bernard Tapie a fait transférer l’argent. « Le vendredi 27 octobre 1983, Carole Barbey, juge d’instruction â Genève, a fait incarcérer Charles Craissati, administrateur de Jessica. Cet homme d’affaires libanais, residant â Geneve, faisait commerce du placement de fonds étrangers en Suisse—. » Charles Craissati n’était pas seulement le correspondant de Bernard Tapie, il travaillait également avec le fameux Claude Colombani, directeur juridique et financier de la Fiduciaire de France, qui a mis les pieds â l’étrier au bateleur. Ces écrits n’ont jamais été démentis, ni par Tapie ni par Bérégovoy. Cela n’empêhera pas le pilleur d’épaves de crier plus tard au complot « du RPR qui noyaute l’administration des douanes ». Mais tout en se defendant, il reconnaît ses turpitudes : « Ils veulent m’empecher d’être ministre, les ıats, quel brıit pour rien, comme s’ils ignoraient qu’on ne réussit pas une ascension comme la mienne sans bousculer parfois les barrières—. » Dans le livre  « Le Phénix: Le retour de Bernard Tapie » d’Airy Routier, on découvre que la forte complicité Colombani-Tapie s’était faite dès la première entrevue et la décision de racheter deux société papetières en difficulté, Duverger et Diguet-Denis. Tapie et lui rachètent en effet à bas prix mais avec les immeubles, qui eux valent davantage (la première sera racheté par sa propre vente !) :  ils achètent  ensuite Laroche-Joubert qui procure 6 millions de francs de plus value d’immeubles et en en 1981, ils revendent tout pour 26 millions… de quoi voler tous les jours en Falcon !

Sa faillite est néanmoins annoncée en 1994 : l’avion fait partie de ce qui est saisi par la banque qui a avancé l’argent pour l’acheter : il a encore dessus une dette de 4,7 millions de francs. C’est donc en fait la Société Générale qui le revend à United Fruit. Mais via un parcours plutôt chaotique passant de la BNP à la Société Générale  ; l’avion est en effet passé en 1986 par SA UNI Air International, qui est remplacé par Charter Data, puis par CM-CIC Bail SA, puis enfin BNP Bail SA le 23 mars 1986 pour atterrir en mars 1987 chez Sofinabail, Société Financière pour le Crédit Bail SA… Sofinabail étant une filiale de la Société Générale !

libération tapieCar voilà donc notre flamboyant redresseur d’entreprises éjecté de son ministère par une drôle de porte : celle du football. Il effectue en effet 165 jours de prison avant d’être libéré sous conditions le 25 juillet 1997. Deux ans auparavant, il avait été condamné en première instance le 15 mai 1995 à 2 ans de prison dont un ferme, une peine ramenée en appel en novembre 1995 à 2 ans de prison dont 8 mois ferme et une inéligibilité de 3 ans !!! A l’origine de son emprisonnement, une sombre histoire de match truqué entre Valenciennes et l’OM, club dont il est devenu le patron… Tapie pensait pouvoir tout acheter…  le club qualifié pour la finale de la Coupe des Champions (qu’il allait remporter) avait tenté de faire « lever le pied » à des joueurs adverses, pour surtout qu’il n’y ait pas de blessés. Son club se retrouve en faillite l’année suivante, faute de pouvoir jouer des matches européens.  Le Crédit Lyonnais lui réclame alors ce qu’il lui doit. Suit une bagarre judiciaire sans précédent ; la justice lui donne raison en 2009, et en 1996 ordonne à la Banque de lui verser 600 millions. En appel, la somme est ramenée le 30 septembre 2005 à 135 millions mais le jugement est cassé en cassation… Le voilà  donc bien en disgrâce, mais il s’est trouvé un autre ami. Après la gauche, la droite. Il a rencontré, grâce lui aussi à Séguéla, un certain Nicolas Sarkozy.  Comme par hasard, à peine ce dernier élu, l’idée d’un arbitrage en droit sur le fond de l’affaire apparaît. En juillet 2008, le tribunal arbitral ordonne de rendre 243 millions d’euros à Tapie, au titre matériel,  plus 115 millions d’euros d’intérêts pour le préjudice datant de 1993, et ajoute même 45 millionsd’euros de préjudice moral en cadeau : cela fait au total 403 millions !!! La ministre des Finances Christine Lagarde (future dirigeante du FMI) a en effet donné son accord. 

rebornMais de 2008 à 2015, Tapie a largement eu le temps de se remplumer et de…. recommencer sa vie flamboyante. Le Phocea a été  vendu il  y a longtemps -, en 1997- à la milliardaire libanaise Mona Ayoub (qui l’avait enlaidi à souhait  en le surchargeant de marbre et de dorures !). Depuis, il aurait été acheté paraît-il par Xavier Niel « et d’autres investisseurs » dont j’ai retrouvé la trace… au Luxembourg, mais le bateau est aujourd’hui…  ailleurs, coincé à Phuket, dans une position d’imbroglio légal (je vous l’expliquerai un jour, pour sûr, et ça va être folichon : car le bateau, ni Niel ni les « autres » ne le réclament aujourd’hui… comme c’est étrange !!!). Nanard, lui, s’en est offert un autre : début 2010, un autre yacht (annoncé en vente à 70 millions, mais Tapie clame l’avoir eu pour la moitié seulement).villa la mandala C’est le « Reborn », ancien « Boadicea », navire relativement ancien (il date de 1999), enregistré, lui, … en Angleterre, pour être remis à neuf. Il fait 75, 5 m de long, 14 de large, et emporte 290 000 litres de fuel à bord pour les moteurs (deux Carterpillar de 1 750 ch !). A 1,30 euros le litre, à chaque fois que Tapie part en croisière, ça lui coûte 377 000 euros pour faire le plein. Le prix d’une villa ou l’équivalent de 269 Smics ! Le bateau a déjà depuis été revendu… 44 millions d’euros, suite à l’annonce de la saisie de ses biens après la dénonciation du fameux arbitrage de 2008… à droite la villa  « La Mandala » à Saint-Tropez, aperçue dans l’émission Envoyé spécial du 20 juin 2013 et saisie aujourd’hui elle aussi. Valeur : 48 millions d’euros.

tapie learjet 2001Le problème étant cette fois l’acheteur : le contrat de vente a été fait par la société Everton, située aux îles Caïmans (ah tiens !), dont les fonds véritables seraient en Suisse, à  Lugano. Or à Monaco, les enquêteurs du Siccfin ont dévouvert je cite que « qu’Everton est détenue à 100% par une société panaméenne nommée Ansbury Investments, elle-même liée à une société de droit bahaméen Delanson Services, agissant en qualité de Trustee du trust The Summer Trust».  Bref, un montage à tiroirs bien classique, qui dissimule au bout un homme bien connu : Gabriele Volpi, le sulfureux homme d’affaires italien installé au Nigeria, dont la fortune s’est faite grâce à l’ancien vice-président corrompu, Atiku Abubakar. L220px-William_Jefferson,_official_photo‘une de ces épouses ayant été accusé de blanchiment d’argent par une enquête du Sénat américain. La société commune de Volpi et Abukabar s’appelle  Container Services Nigeria (NICOTES) devenue depuis INTELS (Integrated and Logistics Services). Les méthodes d’Atiku Abubakar avait éclaté au grand jour aux USA début 2006 quand le  Congressman Bill Jefferson (ici à droite) avait dit qu’il lui fallait « 500 000 dollars au moins » pour qu’il pousse la firme , iGate Inc. de McLean, Va., à investir au Nigeria. Jefferson avait en prime demandé que 5 à 7 % de la nouvelle compagnie Nigériane aille directement à sa famille pour constituer entre  2 500 et 5 000 dollars par mois !!! Le FBi retrouvera lors de son enquête  100 000 dollars en billets de 100 dissimulés dans un freezer, chez lui. Le 20 mai 2006, pour la première fois, le FBI avait perquisitionné chez un député américain (à gauche Tapie descendant d’un Learjet noir en 2001, très certainement le Learjet N838RC de  RC Airways Inc Trustee, futur Maiton Air Inc Trustee) !!!

n81zzEt Nanard dans tout ça ? Eh bien comme le Reborn ne lui suffisait pas, visiblement, voilà que lesté des 403 millions il repart comme en quarante, achetant bateau, villas et.. avion. Il jette son dévolu le 11 janvier 2011 (on admirera au passage son sens de la symbolique (11012011) sur un bel oiseau : le Global Express n°9020 de construction, photographié ici à droite en 2010 par Andreas Schmucki). Oh certes, il n’est pas tout neuf. Il est sorti en avril 1999  de chez Bombardier pour porter l’immatriculation C-GEVV,puis faire des allers-retours chez Bombardier vers TAG et Aerotoy avant d’arriver chez Carre Aviation Ltd (l’appareil porte comme indicatif radio : Carre 1, puis Carre 2), la société à laquelle Bernard tapie va confier l’exploitation de son bel avion. Mal va lui en prendre, car pour une fois, c’est lui qui va y laisser des plumes. Et une belle poignée ! Car il est tombé sur une drôle de société, comme on va le voir… lui, si clairvoyant … avec de drôles de clients (dont Nanard !). Pourtant, il a droit en l’achetant à son immatriculation personnalisée ; le C-GEVV devenu N700GK, VP-BEN puis arrivé à Malte sous l’appellation N81ZZ se retrouve en effet aussitôt rebaptisé 9H-GBT (revoici la  GIE B.T !!!). carre logoL’avion valant ses 20 millions de dollars, Tapie a simplement investi 20% des parts d’une société d’aviation domiciliée dans la petite commune de Sliema. Une bien bizarre société… Médiapart, qui a relevé l’achat, donne des précisions sur l’appareil mais aussi la société qui le gère : « une chose est en revanche certaine: le 12 janvier dernier, dans la foulée du discret investissement maltais de Bernard Tapie, la société en question, baptisée Carre Aviation, a agrandi sa flotte avec l’achat d’un magnifique Bombardier Global Express BD700 (photo ci-dessus), estimé à plus de 20 millions de dollars, selon des spécialistes. Il s’agit d’un avion à réaction très longue portée, 30 mètres de long pour 28 d’envergure, avec une capacité de 8 à 19 passagers.  Suprême coquetterie: la nouvelle immatriculation de l’avion – 9H-GBT – porte les initiales de Bernard Tapie (le “BT” de “GBT”), pratique courante dans l’aviation d’affaires pour marquer «son» engin au fer rouge. «Cela ne veut pas dire que c’est mon avion privé, je ne l’ai pris qu’une fois. Mais les gars de Carre Aviation m’ont dit que mes initiales, commercialement, ça les aide pour le louer aux clients de la boîte, pour la plupart du Qatar», explique M. Tapie.  Interrogé sur les avantages fiscaux liés à Malte, l’ancien protégé du président François Mitterrand répond sans rire: «Mais il n’y a aucun avantage fiscal, rien ! L’assujettissement est le même. J’ai beaucoup de défauts, que vous avez d’ailleurs bien exagérés à Mediapart, mais pas celui-là. Et vous savez, les avions, ce ne sont pas des frites. C’est quand même contrôlé.» Bien sûr, Nanard !

pininfarina interiorNanard devenu produit d’appel pour attirer les qataris, on aura tout vu. Remarquez, il peut, attirer la riche clientèle : l’avion a vu son intérieur fait par Pininfarina, en teintes de cours noirs de d’ameublements blancs et de chromes un peu clinquants (ici à droite), ce que son dépliant révèle. Mais ça ne va pas durer longtemps les amours avec Carre Aviation, car pour une fois, Nanard est tombé sur un os… inattendu chez lui…  Le 20 novembre 2012, en effet, « au nom du peuple français »,  le premier président de la cour d’appel d’Aix en Provence rend un verdict sans appel à propos des…. dirigeants de Carre Aviation. Ces derniers avaient tenté de débouter la décision d’autoriser des perquisitions chez eux, à la suite d’une enquête de l’administration fiscale sur leurs revenus déclarés en France. Car si leur société était bien sise à Malte, eux habitaient en France, et notamment à Magagnosc. Le jugement révélait trois sociétés en plus de la Maltaise, Carre Aviation Ltd installé à l’Ile de Man, Carre Aviation Monaco à Monaco, et Carre Aviation Georgia… en Georgie. La lecture du document est assez sidérante, montrant la difficulté pour les douaniers à s’y retrouver dans le dossier de la société d’exploitation d’avion, aux archives plutôt brumeuses : « Les recherches entreprises par l’administration ont permis de constater que la société dont le siège est à l’Île de Man est représentée par la société Ils fiduciaires à la même adresse qui est celle du siège de 18 sociétés, et que le capital social est détenu par une société Oaklawn, aux Îles Vierges Britanniques dont les actionnaires ne sont pas identifiés et qui est elle-même domiciliée chez Ils fiduciaires. Il s’en induit la présomption que Carre Aviation Limited avait son siège de domiciliation à l’Île de Man mais qu’elle ne disposait pas des moyens nécessaires à l’exercice de son activité dans les pays et aux adresses retrouvées. La société Carre aviation Georgia est inconnue des bases de données internationales pour la Géorgie.La société Carre aviation Monaco, entreprise individuelle ayant eu une activité à l’étranger dans le domaine de l’aviation d’affaires, est radiée du registre de commerce bien que ses coordonnées soient restées sur le site et sur l’annuaire téléphonique officiel de la Principauté de Monaco. » 

Autre « particularisme » de la société, le jugement évoquait aussi l’existence d’un autre avion, l’ex P4-CRJ devenu VP-BHX chez Carre Aviation le 2 décembre 2007 et passé chez Comlux Malta en mai 2009 (en 9H-AFU, Comlux est Suisse, avec des bases à Indianapolis et Bahrain) puis chez Fallbrook Pty Ltd le 02 avril 2011. L’avion, un Bombardier CRJ2 n° 7176; de plus grande taille encore, avait été affrété par Carre pour le compte de Badri Patarkatsichvili, le patron d’Imedi Media Holding, situé à Tbilissi, Géorgie ( d’où la filiale CarreAviation en Géorgie). Un autre cas d’espèce, celui-là : challengerc’était l’homme le plus riche du pays, très lié à à l’oligarque russe Boris Berezovsky , il avait même été président du Comité olympique de Géorgie, et il s’intéressait au football comme Nanard : il était en effet président de l’équipe du Dynamo Tbilissi et avait des parts dans le club de football West Ham United… l’homme avait fort mauvaise réputation, il était accusé de détournement de fonds, et plus grave encore  d’avoir été mêlé à plusieurs assassinats politiques commis en Géorgie et en Russie, tel celui du journaliste Vlad Listyev en 1995. C’était un ferme opposant à Mikhaïl Saakachvili (reconverti de manière surprenante gouverneur d’Odessa depuis, nommé par Petro Porochenko !). Son (long) Bombardier CRJ2, il n’en avait pas longtemps profité : le 12 février 2008, on l’avait retrouvé mort dans sa propriété de Leatherhead, dans le Surrey en Angleterre. Crise cardiaque officiellement, à 52 ans, ce qui paraissait un peu trop jeune pour être vrai. L’avion avait été photographié l’année d’après, en février 2009, à Dinard/Pleurtuit-St. Malo (photo à droite).

Chez Carre Aviation l’immatriculation s’était faite dans les îles anglaises d’Anguilla, d’où l’immatriculation surprenante en « VP ». L’immatriculation P4 étant tout aussi saisissante : c’est celui de l’île d’Aruba ! Le jugement rappelait que l’administration ne peut pas effectivement « procéder à des opérations de visite et de saisie que s’il existe des présomptions qu’un contribuable se soustrait à l’établissement ou au paiement des impôts sur le revenu ou sur les bénéfices ou de la taxe sur la valeur ajoutée en se livrant à des achats ou à des ventes sans facture, en utilisant ou en délivrant des factures ou des documents ne se rapportant pas à des opérations réelles ou en omettant sciemment de passer ou de faire passer des écritures ou en passant ou en faisant passer sciemment des écritures inexactes ou fictives dans des documents comptables dont la tenue est imposée par le code général des impôts ». Et qu’en ce qui concernait Carre Avation il y avait bien eu dissimulation…

falcon 900 dédé la sardineCar l’étonnante firme Carre Aviation avait un catalogue de propriétaires plus que sulfureux, auprès desquels Nanard aurait pu passer pour un ange… elle gérait tout d’abord aussi un beau Falcon 900, le n° 62 9H-WLD (ici à gauche) appartenant à deux (ex) complices: André Guelfi et… Bernard Tapie, on y revient encore. Guelfi n’est autre que le célèbre « Dédé la sardine »… (un surnom qui lui vient d’avoir été ‘industriel de la pêche au large du Maroc et de la Mauritanie). Les deux hommes avaient en effet fait connaissance en prison : RSS, salarie Bernard Tapie autour de 50 00P4-MMM0 francs par mois (7 600 euros) et autant en notes de frais, et ce, jusqu’en 2000. Au total, avec les intérêts, l’ancien patron d’Adidas serait redevable de 14 millions d’euros vis-à-vis d’André Guelfi. » « l’histoire a été cent fois racontée. André Guelfi, impliqué dans l’affaire Elf, et Bernard Tapie, compromis dans le match truqué OM-Valenciennes, se retrouvent à la prison de la Santé en 1997. Les deux hommes sympathisent et l’ancien (il est né en 1919 au Maroc) décide d’aider l’ex-ministre de la Ville de François Mitterrand, alors au fond du trou. André Guelfi, très bien introduit dans les pays de l’ex-URSS.Evidemment ce n’est pas ce qu’il avait fait, à son retour en fortune : « de son côté, l’ancien patron de l’OM promet, dans un protocole d’accord signé le 4 mai 2000, de partager avec André Guelfi « les bénéfices escomptés d’un procès intenté au Crédit lyonnais » sur l’affaire de la vente d’Adidas. Seulement voilà, lorsqu’en juillet 2008 Bernard Tapie perçoit 403 millions d’euros, jet magicnon seulement il n’entend pas partager, mais il insulte André Guefi, hurlant : « Tu n’es qu’un vieux fou, je ne te donnerai jamais un centime. » « Je regretterai toujours d’avoir aidé cet individu alors que tout le monde lui tournait le dos. Tapie n’a aucune morale, aucune reconnaissance », lâche « Dédé la sardine », très amer. » Nanard aurait quand même lâché à Guelfi 4,5 millions d’euros entre février et septembre 2012, parait-il… c’est ce qu’on dit. Mais aucun des deux ne le confirme. Carre Aviation gère aussi le Bombardier BD-700-1A11 Global 5000 immatriculé P4-MMM (auparavant 9H-VSM chez Carre Aviation), visible ici à droite et depuis janvier 2014 passé chez JetMagic Ltd.. dont l’adresse est comme par hasard elle aussi à Sliema, à Malte…. La page de présentation de Jet Magic n’offrant même pas un seul type d’appareil... et encore moins un seul tarif de location (ça ne se fait pas, dans le milieu, de toutes façons !) L’immatriculation P4 est celle des îles Aruba !!! Une île néerlandaise d’un peu plus de 110 000 habitants au nord du Venezuela… présentée ici en 2005 comme le paradis de la cocaïne !!!

boeing Mais il y a mieux (ou pire ?) encore chez Carre Aviation : un autre jet, un Global 5000 n° 9430 9H-LLC; qui appartient au multimillionnaire (voire milliardaire) Vincent Miclet, un personnage à la fortune récente effectuée en Angola, dans le pétrole, avec une première société, Angolis, déclarée… à Abidjan (?) le le 02 Août 2005 Ce qu’il fait reste flou, (faudrait le demander à Marc Francelet, qui pourrait le savoir, lui)…  L’homme défraie la chronique JetSet ou People avec ses amours et son château où il débarque  en jet via l’aérodrome de Périgueux-Bassillac, ou plutôt les deux : il remet à neuf le château de Fleurac, qu’il a acheté en 2009 et qui abrite la starlette Ayem Nour, l’ex copine de Nabila,  l’héroïne de téléréalité, deTF 1 (« Secret Story ») et sur NRJ 12 (« Les Anges de la téléréalité »). L’argent qui semble couler à profusion à Fleurac provient des bénéfices du rachat de NDAD, qui détenait et exploitait 175 supermarchés en Angola, et de la montée en puissance de son groupe PetroPlus Overseas, basé en Angola, mais qui lorgne aussi sur le Mali… et le Gabon. L’avion décrit, Miclet le prête souvent à Maixent Accombressi, un Béninois, naturalisé Gabonais, le directeur de cabinet d’Ali Bongo… et ce n’est pas le seul appareil qu’il prête : il possède aussi un avion bien plus imposant, Boeing 737 BBJ le n° 30070, immatriculé P4-BBJ, géré lui aussi par Carre Aviation, qu’il met à la disposition de Sylvia Bongo, la femme d’Ali Bongo, la Première dame du Gabon  (née Sylvia, fille de l’assureur Édouard Valentin, passé lui aussi par le pétrole) !!! Accombressi intéresse aussi la justice française pour des versements pas aussi discrets que ça émanant de la société Marck, qui a hérité d’un contrat de 7 millions au Gabon et lui en aurait reversé 300 000 en  bakchich. En 2014, le Wall Street Journal avait révélé d’étranges transport de cash en provenance du Gabon. Avec la famille Bongo, on le sait, on marche sur des œufs pas très frais, dès qu’on parle argent….
005cNanard était tombé sur un sacré numéro, donc, pour la gestion de son bel aéronef. Le propriétaire (discret, sinon mystérieux) de Carre Aviation, Marc Lile, on avait ou le voir apparaître en 2010 dans un article sur les brokers d’avions ayant choisi de s’installer à Malte. C’est une des rares photos qu’on ait de lui, d’ailleurs. Il y présentait ainsi son entreprise, comme un dépliant mirifique : « Marc Lile, PDG de Carre Aviation dont le siège est à Malte, souligne que l’île bénéficie d’incitations fiscales et d’une législation pratique. Il  ajoute: «En tant que société internationale avec des décennies d’expérience dans l’industrie de l’aviation, nous devons être basé dans un endroit qui aide à nous concentrer sur le service à la clientèle plutôt que de pousser vers le rouge. Malte a été choisi pour ses affaires, vie cosmopolite et l’activité économique forte, dois-je ajouter. Nous avons également un bureau à Tbilissi, en Géorgie et unecentre des opérations de vol à travers le monde ouvert 24 H sur 24, 7 jours sur 7, tenu par les répartiteurs de langue anglo-russe permettant une réaction rapide. Nous mis en place un puissant réseau dans tous les pays de la CEI et en Afrique qui nous permet de répondre rapidement et efficacement pour tous les vols dans cette région. Plus précisément, nos équipes sont formées pour répondre aux besoins de chaque client. Les services comprennent la gestion d’avions, les charter 24 h sur 24, 7 jours sur 7, la vente et l’acquisition, les opérations de vol, la manipulation et le design. Carre Aviation, je dis, sera présent à chaque étape, de la limousine ou de l’hélicoptère pour relier l’aéroport aux formalités de visas aéroportuaires ». L’article citait aussi DC Aviation, Comlux, Mediterranean Aviation Co Ltd (Medavia), spécialisé dans la fourniture à l’industrie pétrolière en Afrique du Nord, dont la Libye, BizAv Services Ltd et Orion. En photo, Marc Lile, est à gauche, au milieu  c’est Claire Abela de Mediterranean Aviation Co Ltd (Medavia), et à droite Stanley Bugeja, de DC Aviation Ltd (Malta) qui est aussi le président fort actif de Malta Business Aviation Association Personne n’avait pu expliquer comment Lile pouvait avoir annoncé avoir une expérience de « plusieurs décennies » en 2010, mais bon…
9H-GBTCarre Aviation « out », comme on a pu le voir, Nanard fait ni une ni deux : il a déjà assez perdu d’argent comme ça et il rapatrie fissa son avion en Belgique, grâce à sa  filiale bruxelloise Aircraft Management Services, alors déjà en déficit de 1,3 million. Une question d’imposition, bien entendu; comme pour… Malte. « Dès le 14 octobre 2010, Bernard Tapie fait enregistrer à Bruxelles GBT Holding (voir PDF ci-contre), dont le capital passera rapidement de 20 000 euros à… 215,4 millions d’euros.  Selon les derniers comptes annuels de Groupe Bernard Tapie, le transvasement s’est achevé en mars dernier, avec une ultime réduction du capital de la structure française. Désormais, c’est la petite holding belge qui contrôle le groupe et ses filiales, comme BLT Développement, chargée du site d’e-commerce, ou Demain l’événement, qui gère la carrière du patron au théâtre et au cinéma. C’est même elle qui verse les 30 000 euros annuels que celui-ci s’attribue comme gérant de Groupe Bernard Tapie ». « Une seule société belge de Bernard Tapie ne réplique pas une activité existante : Aircraft Management Services, montée en 2010 (voir PDF ci-contre), lorsque l’homme d’affaires s’est intéressé à l’aviation. Selon Charlie Hebdo, cette société lui a permis de financer l’achat d’un jet privé. Le siège officiel de ces entreprises ? Depuis janvier, il s’agit d’un immeuble de l’avenue Ernestine, à Ixelles, un quartier très apprécié des Français fortunés. Elles avaient auparavant la même adresse… qu’un cabinet de droit fiscal, CMS DeBacker. » explique encore l’Obs qui ajoute : « Le cabinet connaît bien, en tout cas, « les atouts de la fiscalité belge pour les investisseurs français ». Il avait même organisé un forum sur ce thème à Paris, en 2009, pour convaincre les hésitants : pas d’impôts sur les plus-values, pour les entreprises comme pour les particuliers, une retenue à la source sans douleur pour les dividendes et les intérêts… » Carre Aviation, outre les avions déjà cités, gérait aussi le Le Falcon 2000 n° 216 9H-MAT d’Ultimat Ltd, société enregistrée à Malte (vu ici à Gênes)… dans un immeuble en forme de boite aux lettres… vide.
CS-DTW ibk 10 3 14L’avion de Nanard est alors évalué moins, déjà, à 17 millions d’euros dans ses comptes, est il est resté un temps immatriculé à Malte. L’avion est ensuite géré semble-t-il par Valair Private Jets, au Portugal, où il devient le CS-DTW le 13 mars 2012. Car lorsque l’avion est revendu aux USA le 2 mars 2015 (l’accord de vente ayant été signé auparavant le 15 décembre 2014)  il appartient toujours à Bernard Tapie  (la date exacte de la signature de la vente par la société belge est celle du 2 mars 2015, vendu en fair à Smartjets LLC, dans le Delaware, comme on peut le voir ici  à droite). Mais gag, dans les liens trouvés sur la firme, on tombe sur… Adidas Group !! Smartjets a été créé en 2013 par Corporation Service Company (CSC) , qui n’est autre que le service juridique (plutôt opaque) de l’Etat du  Delaware. Ironie du sort, il avait 60 employés au WTC au 87éme étage le 11 Septembre 2001, évacués juste avant que le deuxième avion ne s’écrase dessus. L’appareil de Tapie, vu ici au Portugal le 27 octobre 2013,  lui a cvente gulfstreamoûté 2 millions d’euros par an de fonctionnement, et il en a perdu 8 millions d’euros à la revente : on ne peut pas dire qu’il ait fait une bonne affaire avec !!! En 2014, il a été loué à plusieurs reprises  à « IBK » (Ibrahim Boubacar Keïta) l’actuel Président du Mali, très certainement par Valair (en photo le 10  mars 2014) , un président qui se retrouve coincé avec un Boeing 737 VIP commandé qu’il ne peut pas utiliser (l’avion était enregistré lui aussi dans l’île d’Aruba !!! . Un bien curieux Boeing, que l’on retrouve affrété par… Jet Magic Ltd (1), la société maltaise qui n’a rien à montrer à son catalogue en ligne !!! … une enquête sur le Boeing remontant au passage par le sulfureux Michel Tomi : l’avion présidentiel choisi avait été sélectionné par « Sky Color « , et son dirigeant Marc Gaffajoli, « par ailleurs Administrateur de la compagnie d’aviation Afrijet dont le propriétaire est, selon l’ancien ministre de la Défense, Michel  Tomi » (2).
Aujourd’hui, l’ancien avion de Nanard est à nouveau annoncé en vente chez Boutsen (l’ex pilote de course devenu broker… et monégasque). L’avion y est présenté pour 5135 heures de vol et 1 707 cycles de décollage. Quand au cas de Marc Lile, le dirigeant indélicat de Carre Aviation qui s’est donc fait coincer par le fisc français, il a vu les avions de Vincent Millet partir chez Jet Magic (quel hasard), toujours à Malte (pour une question fiscale, encore une fois mais comme on vient de le voir, Jet Magic présente la même adresse que la société précédente ! )… plaquetteEt surprise encore, le 06 octobre 2014 le journal Nice-Matin annonce l’ouverture d’une toute nouvelle société de brokers appelée Evolution Jet International, installée à  Grasse, près de l’aéroport de Cannes-Mandelieu, dirigée par Aymeric Even, plus connu comme pilote de courses (il sponsorise ici Jean-Philippe Belloc pour le championnat  mondial d’endurance 2012 sur Corvette C6) et… Marc Lile. Etonnement, avec ce qui vient de précéder.  Le fisc peut-il ignorer la société précédente, alors qu’Evolution Jet avait déjà été citée, justement par le parquet (3)? Quel accord a été passé pour l’autoriser à lancer une nouvelle société ? On y indique sobrement que « de son côté, Marc Lile possédait lui-même une compagnie d’avions d’affaires basée à Malte. « Avec notre expérience, nous connaissons toutes les ficelles, nous sommes capables d’établir des plans de vols, de comprendre des détails techniques, pas question pour les compagnies de nous raconter des histoires. » Le problème étant que Evolution Jet International avait édité une publicité se résumant à une seule page où il était dit que la société avait été créée… en 2010... Nanard aurait-il trouvé – enfin- son maître ? Pouvait-il ignorer à ce point à qui il avait affaire pour gérer son beau biréacteur ? Se serait-il fait mener en bateau, pour une fois, lui qui en a barré plus d’un en les dirigeants vers ses propres appels de belles sirènes ??? Nanard est-il donc toujours abonné aux embrouilles, quoi qu’il puisse faire?
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Le  la cour d’appel de Paris condamne en tout cas ce dernier à rembourser  405 millions d’euros de cet arbitrage…  mais il ne lui en reste pas autant…déjà. La vente en décembre 2014 de son Gulfstream (et la vente réelle au mois de mars suivant) signifiait-il qu’il avait été informé à l’avance, et par qui, de ce qui lui arriverait en novembre 2015 ? « Devant le tribunal de commerce, le camp Tapie a produit une note d’un avocat fiscaliste, Me Patrick Philip, détaillant les avoirs de l’ancien ministre de la ville. Des 345 millions d’euros accordés en juillet 2008 par un tribunal arbitral, il ne reste plus, à en croire ce document, que 101,5 millions, après paiement des impôts et dettes. Dont 97 millions ont déjà été saisis par la justice pénale, l’instruction menée par le juge Serge Tournaire portant sur un éventuel trucage de l’arbitrage. Ce à quoi il faut ajouter les 45 millions perçus par les époux Tapie au titre du préjudice moral, réinvestis pour moitié dans La Provence et le reste dans diverses propriétés »… L’homme a pris les devants, visiblement. Impossible en tout cas de dire « pauvre Nanard, va » quand on sait aujourd’hui tout cela ! Canard, c’est bien… le roi des embrouilles !

GhostofMomo

 

(1) l’histoire du Boeing 737 d’IBK est tout un poème nous raconte ici le journal Notre Nation  :

« Selon les enquêteurs du BVG, un « mandat de recherche exclusif » a été signé, le 22 décembre 2013, en faveur d’un prétendu  » conseiller du gouvernement » po

 

ur effectuer des « recherches » et acheter un avion. Les frais de « recherche » ont coûté au contribuable malien 145. 350. 000 francs CFA . Ce  » conseiller du gouvernement » est la société Sky Color, immatriculée à Hong-Kong avec un numéro de téléphone mobile du Gabon ! Les honoraires de conseiller payés à Sky Color se sont élevés à un milliard 28 millions de francs CFA. Le représentant de Sky Color est M. Marc Gaffajoli, par ailleurs Administrateur de la compagnie d’aviation Afrijet dont le propriétaire est, selon l’ancien ministre de la Défense, M. MICHEL TOMI qui fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour  » blanchiment » et  » corruption d’agent public étranger » !!!

– le 10 février 2014, la société Akira Investments Limited immatriculée aux Îles Vierges britanniques (petites Antilles) a établi avec le Mali un  » contrat de cession-acquisition » d’un Boeing 737. Les signataires étaient le ministre de La Défense du Mali et M. Marc Gaffajoli de Sky Color agissant en lieu et place d’Akira Investments Ltd. L’ancien ministre de la Défense a dit, le 24 août, aux vérificateurs, que Akira Investments est une « société-écran » créée pour l’opération d’acquisition du Boeing présidentiel !!

– Le ministre signataire du contrat d’achat du Boeing 737 a avoué, selon le BVG, que l’avion n’est pas propriété du Mali malgré les décaissements effectués à hauteur de 19 milliards de francs CFA.

– Le 737 a été immatriculé sur le registre de l’aviation civile de l’île d’Aruba (Antilles néerlandaises) située au large du Vénézuela au nom de la société  » Mali BBJ Limited ». Cette Société a été constituée le 7 mars 2014 à Anguilla (un territoire britannique d’outre mer situé dans les petites Antilles) selon un mandat donné, le 5 mars, à un avocat d’affaires par le Gouvernement du Mali aux fins de constituer une société pour immatriculer l’avion et l’exploiter.

– Pour l’exploitation du Boeing, le Gouvernement d’Aruba a attribué une licence radio avec des fréquences à une société dénommée « Jet Magic Limited » située à St-Julian sur l’île de Malte !

– En vue de l’utilisation de l’avion par le Président du Mali, un contrat-bail a été signé entre le ministère de la Défense du Mali et la société « Mali BJJ Ltd » (une société créée par le Gouvernement du Mali). « Mali BJJ Ltd » étant une société créée par le Mali, les redevances générées par l’exploitation de l’avion devraient être payées au Mali. Or, nul ne sait si un franc a été versé au trésor au titre de la location de l’avion par le Gouvernement malien ou par d’autres. 

– Car Jet Magic loue l’avion à d’autres quand IBK ne l’utilise pas. Ainsi le 737  » malien » a été aperçu récemment sur les aéroports d’Istanbul (Turquie) et de Dakar (Sénégal). »

(2)  La société a des dons certains de phœnix « En effet, JetMagic a subitement cessé de fonctionner le 28 janvier 2004 après la saisie d’un de ses avions par Aer Rianta pour défaut de paiement des droits d’atterrissage. Et subitement, revoilà la compagnie Jet Magic qui jaillit des ténèbres (nota :  il semble que là il y ait confusion avec la société Jet Magic qui était irlandaise, basée à Cork en fait !!!). Cette fois-ci basée à Malte. C’est cette société nébuleuse qui gère le Boeing censé appartenir au Mali. Il faudra d’ailleurs que les autorités maliennes prouvent que cet avion appartient réellement au Mali, puisqu’il a été immatriculé sur l’île d’Aruba dans les Petites Antilles néerlandaises, il fait partie du Royaume des Pays-Bas . Bizarre ! Et surtout, que personne n’essaye de s’informer sur cette compagnie, Jet Magic, parce qu’elle refuse de communiquer sur son site web, sous le prétexte qu’elle transporte des chefs d’Etat et de hautes personnalités. Comme toute indication sur son existence, les informations du site web se résument à cette phrase. Comment un Etat sérieux peut-il traiter avec une compagnie pareille ? IBK doit des explications aux Maliens et surtout, il faut que les papiers de l’avion soient brandis devant tout le monde afin de convaincre que cet avion a été bel et bien acheté et demeure une propriété du Mali. De sérieux doutes persistent car aucune raison ne pourrait justifier qu’un avion appartenant au Mali soit immatriculé dans un endroit qui rappelle les hauts faits de la mafia. En plus, elle est immatriculée par une société censée renaître de ses cendres, après une faillite causée par des dettes et des fraudes fiscales. »

(3) Evolution Jet était cité dès le 20 novembre 2012 comme étant un paravent pour Carre : « Attendu dès lors qu’il résulte de ce qui précède que Marc X…et la société Carré aviation limited sont susceptibles de détenir des documents ou supports d’informations relatifs à la fraude présumée./ Attendu que la ligne téléphonique fixe numéro 09 71 48 xx xx, active depuis le 08/ 09/ 2009, est ouverte au nom de Marc X…avec une adresse client  » MME F…Vanessa …06520 Magagnosc  » (pièce n° 10),/ attendu qu’à l’adresse sise …, Grasse 06520 Magagnosc, se trouve une boîte aux lettres sur laquelle il est indiqué la mention  » Evolution jet international (SAS)  » (pièce n° 13),/ attendu dès lors que Regina X…née C…, Vanessa F… et Evolution jet international (Sas) sont susceptibles d’occuper tout ou partie des locaux en commun avec Marc X…et la société Carré aviation limited./ Attendu qu’ainsi, les locaux sis à Magagnosc (06520), …présumés être conjointement occupés par Marc X…et/ ou la société Carré aviation limited et/ ou Regina X…née C…et/ ou Vanessa F… et/ ou Evolution jet international (SAS) sont susceptibles de contenir de documents ou supports d’informations relatifs à la fraude présumée »…

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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2 Commentaire

  1. avatar

    Falcon, mon Jiminyi Cricket des avions me signale

    « Le Learjet dont descend Tapie n’est pas le N838RC (un Lear 60 du magnat des vêtements et restaurants anglais Richard Caring, revendu M-AIRS à Davis Mairs, milliardaire anglais dans les assurances. Cet avion était franchement noir), mais le Lear 45 bleu marine HB-VML de … Robert Louis-Dreyfus, qui a racheté Adidas à Tapie, via le Crédit Lyonnais !

    https://www.planespotters.net/photo/209132/m-airs-private-learjet-60

  2. avatar

    tout le monde aura noté dans l’article ceci
     » En juillet 2008, le tribunal arbitral ordonne de rendre 243 millions d’euros à Tapie, au titre matériel, plus 115 millions d’euros d’intérêts pour le préjudice datant de 1993, et ajoute même 45 millionsd’euros de préjudice moral en cadeau : cela fait au total 403 millions !!! La ministre des Finances Christine Lagarde (future dirigeante du FMI) a en effet donné son accord.  »

    on le comparera donc à cette annonce :
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/12/17/01016-20151217ARTFIG00219-christine-lagarde-sera-jugee-pour-l-arbitrage-tapie.php

    comme quoi tout arrive…