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	<title>CentPapiers &#187; SPUQ</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Grève à l’UQAM : l’acharnement de la ministre se poursuit</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 20:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<description><![CDATA[Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<div id="attachment_6160" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6160" title="3159001713_1084ede5ca4" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/03/3159001713_1084ede5ca4.jpg" alt="Photo : Flickr limako" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr limako</p></div>
<p>Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et les embauches de professeurs et qui n’ont eu pour réponse qu’un silence, après que la direction de l’UQAM ait obtenu à sa propre demande un rapport permettant de connaître la situation salariale dans les universités québécoises (le rapport AON) et qui permet de voir très clairement que les demandes syndicales n’ont finalement rien de farfelu (rattrapage salarial de 10% à faire pour une tâche équivalente à ce qui se fait ailleurs), la position de la ministre n’a pas changé : tout laisse croire que des universités québécoises, l’UQAM est celle qu’elle affectionne le moins.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">En effet, les pseudo-offres déposées par la direction de l’UQAM au syndicat des professeurs (SPUQ) la semaine dernière et qui ont été présentées comme finales, même s’il s’agissait des premières depuis 21 mois, témoignent bien du fait que l’UQAM est en réalité en tutelle, puisque ces offres ont émané directement du gouvernement (MELS et Conseil du trésor), sans même qu’on cherche à s’en cacher.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces offres, qui tiennent en 4 pages à double interligne, qui semblent écrites à la hâte et ne ressemblent en rien à l’ombre d’une convention collective, proposent une hausse des salaires de 2% alors que la ministre a pourtant annoncé par le passé et à plusieurs reprises que les demandes syndicales semblaient « raisonnables ». Elle ne semble donc pas en définitive adhérer à l’idée que l’UQAM puisse être aussi importante que les autres universités montréalaises, pas même aussi importantes que les petites constituantes du réseau UQ, comme l’UQAR ou l’UQTR, où les salaires sont meilleurs qu’à l’UQAM. Il ne s’agit donc apparemment pas d’un problème de crise économique, mais d’une question de préférence pure et simple. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces pseudo-offres proposent également l’embauche de 25 professeurs, alors que le syndicat en demande 300, pour réduire l’écart qui existe entre l’UQAM et les autres universités en ce qui a trait au rapport prof/étudiant et qui constitue un bel indicateur de l’importance relative de la charge de travail. Voilà qui est pour le moins surprenant : l’UQAM verra vraisemblablement 35 de ses profs prendre leur retraite la même année. La proposition aura donc pour effet de RÉDUIRE le nombre de professeurs d’une dizaine, alors que le besoin de renforts pour redresser cette institution fragilisée n’a jamais été si évident. Doit-on vraiment rappeler que les professeurs sont le coeur de l’université et que son développement dépend presque entièrement d’eux?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La ministre n’a pas encore compris que l’UQAM n’est plus qu’une « boîte à cours ». Ses professeurs y mènent désormais autant de recherches d’envergure que dans les autres universités québécoises, sans parler des services aux collectivités qui y sont beaucoup mieux développés qu’ailleurs. Dans cette course, les talents sont évidemment précieux, mais pour attirer et retenir ces derniers, il est nécessaire d’au moins pouvoir leur offrir des conditions de travail équivalentes à ce qu’on trouve ailleurs. Actuellement, les munitions manquent à l’UQAM pour qu’elle puisse se tailler une place. Il est difficile de ne pas croire que cette situation plaît à la ministre, tant les gestes qu’elle pose et le discours méprisant qu’elle tient sont révélateurs.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">C’est vrai, les étudiants ACTUELS et les autres employés de l’UQAM font actuellement les frais de la grève. Ils devront cependant comprendre que n’est jamais de gaîté de coeur qu’on se lance dans une telle entreprise : c’est pour déranger. Et pour l’avenir.</span></span></p>
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		<title>40 % : lettre ouverte</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2009 16:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cieldemars</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
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		<description><![CDATA[Quand était-ce? Aux environs de 1983 je pense. J&#8217;étais alors un jeune professeur et j&#8217;assistais à ma première négociation de convention collective, très impressionné par l&#8217;habitude qu&#8217;en avaient la plupart de celles et ceux qui m&#8217;entouraient dans cette université déjà &#171;&#160;vieille&#160;&#187; d&#8217;une douzaine d&#8217;années, et dont ils faisaient pratiquement tous partie depuis l&#8217;ouverture en 1969. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_6013" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6013" title="3135105647_bdc06590801" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/03/3135105647_bdc06590801.jpg" alt="Photo : Flickr Francis Bourgouin" width="500" height="333" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Francis Bourgouin</p></div>
<p>Quand était-ce? Aux environs de 1983 je pense. J&#8217;étais alors un jeune professeur et j&#8217;assistais à ma première négociation de convention collective, très impressionné par l&#8217;habitude qu&#8217;en avaient la plupart de celles et ceux qui m&#8217;entouraient dans cette université déjà &laquo;&nbsp;vieille&nbsp;&raquo; d&#8217;une douzaine d&#8217;années, et dont ils faisaient pratiquement tous partie depuis l&#8217;ouverture en 1969.</p>
<p>Les enjeux majeurs? La tâche. Et aussi, le comblement d&#8217;un nombre élevé de postes de professeurs, dont le SPUQ s&#8217;était vu par voie de grief reconnaître la légitimité.</p>
<p>Le dénouement? Un troc : l&#8217;abandon d’une surcharge d&#8217;enseignement (une augmentation de 20 %) contre l&#8217;abandon du rattrapage en termes de postes. Beaucoup de postes, un sacré chiffre. Dans une université qui comptait pratiquement le même total de profs que maintenant, pour des effectifs étudiants sensiblement moins élevés.</p>
<p>Un quart de siècle plus tard nous en serions au même point, c&#8217;est-à-dire à défendre une tâche professorale constamment attaquée et discréditée, qu&#8217;il aura de nouveau fallu sauver in extremis dans les négociations de 1989, cette fois là contre le spectre d&#8217;une 5e et d&#8217;une 6e tâches.</p>
<p>Je lis pourtant dans Cyberpresse, chaque fois qu&#8217;il est question de notre grève, que l&#8217;université fonctionne tout de même puisque les profs &laquo;&nbsp;ne donnent que 40 % des cours&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Jamais il n&#8217;est question dans ces aperçus biaisés du pourcentage de cours que les profs assument aux 2e et 3e cycles, et qui est généralement de 100%.</p>
<p>Jamais il n&#8217;est question, dans les comparaisons que font les firmes comptables, de la mission particulière de l&#8217;UQÀM en termes d&#8217;accessibilité, ni de son importance dans le rattrapage du déficit des francophones en termes de diplomation universitaire.</p>
<p>Jamais il n&#8217;est question non plus, dans les discours politiques, de cette mission; comme si les politiciens en avaient oublié l&#8217;existence même dans une université qui est pourtant, au sein du réseau UQ, la seule université d&#8217;état, la seule université publique québécoise.</p>
<p>Quelle sorte d&#8217;état avons-nous donc pour expliquer une telle amnésie, et un tel abandon de l&#8217;instrument dont il a voulu se doter il y a 40 ans à peine?</p>
<p>Comment se fait-il que l&#8217;état n&#8217;ait pratiquement pas cessé durant ces 40 ans de menacer et de fragiliser le travail de sa propre université en dépit de toutes les preuves d&#8217;excellence qu&#8217;elle a fournies à la population, à ses étudiants (qui réalisent année après année des scores impressionnants dans tous les concours des organismes gouvernementaux, des institutions artistiques et des ordres professionnels), à la communauté scientifique et artistique ainsi qu&#8217;à la communauté internationale des établissements universitaires, à quelle sorte de société aspirons-nous donc?</p>
<p>Jamais non plus il n&#8217;est tenu compte, à ma connaissance, des emplois à demi-temps sinon à temps complet (20, 25, 30 heures par semaine, et même au-delà) que la plupart de nos étudiants cumulent pour arriver à payer leurs études. Ce n&#8217;est pas rien.</p>
<p>Et jamais il n&#8217;est considéré, dans l&#8217;évaluation de la tâche professorale, que les études de 2e cycle et même de 3e cycle se poursuivent fréquemment, pour cette raison même, à temps partiel.</p>
<p>Les étudiants qui font une maîtrise à temps partiel ne sont pas moins sérieux ni moins bons que les autres. Ils ne travaillent pas non plus moins fort. Leurs travaux de recherche ou de création ne correspondent pas dans le demi-temps à un demi-effort, mais à un effort constant qui dure tout simplement plus longtemps. Les profs qui dirigent 10, 15, 20 mémoires ou thèses et même au-delà ne sont pas rares dans mon département; et ils n&#8217;arrêtent pas de diriger leurs étudiants au-delà des 35 heures toutes chiches de leur chèque de paie: ils n&#8217;arrêtent pas non plus les soirs, ni les fins de semaine, ni les jours de congé, pour le peu qu&#8217;il en reste bien souvent.</p>
<p>Or, jamais je n&#8217;ai entendu parler dans cette université d&#8217;un seul prof qui refuserait de diriger pour des raisons de cet ordre un étudiant inscrit à temps partiel à la maîtrise ou au doctorat. Au contraire, nous savons que ce sont souvent là nos étudiants les plus remarquables, celles et ceux qui proposeront les recherches et les oeuvres les plus approfondies.</p>
<p>Jamais je ne vois les firmes comptables, ni le MELS, ni l&#8217;administration de notre université rétablir le lien entre excellence et accessibilité, et se rappeler que cette mission d&#8217;accessibilité et cette préoccupation de l&#8217;excellence ont un prix. Qu&#8217;elles ne se réalisent pas magiquement, et qu&#8217;elles ne survivront pas indéfiniment à des décisions qui les bafouent et à des politiques qui les renient. Mais ce travail est aimé. Comprenez-vous, aimé.</p>
<p>Allez donc expliquer ça aux journaux.</p>
<p>Jamais bien sûr on ne fait mention dans les médias de ce rapport fondamental des professeurs à la formation scientifique, ni à la formation de la relève en arts, ni à la contribution de ces ensembles à la richesse de notre société &#8211;sinon à la possibilité même que nous avons encore de former une société, d&#8217;être ensemble en dépit de tout ce qui cherche à s&#8217;accaparer les ressources du collectif et à piller le bien commun.</p>
<p>Plus platement encore, je ne me rappelle pas non plus avoir jamais entendu un discours gouvernemental ou administratif qui aurait fait, dans le contexte d&#8217;une négociation, le lien entre accroissement des postes et accroissement de la diplomation, et conséquemment des revenus<br />
institutionnels que cette augmentation engendrerait tant en termes de crédits ministériels que de subventions externes de recherche. Et je ne parle même pas ici de la richesse sociale, qu&#8217;on persiste niaisement à trouver moins &laquo;&nbsp;productive&nbsp;&raquo; que des retours d&#8217;impôts bidons ou des projets immobiliers grandioses.</p>
<p>J&#8217;en ai ma claque de voir les journaux faire l&#8217;apologie des coupures sur le dos des profs-qui-donnent-40%-des-cours, sans jamais montrer ni même imaginer que les profs, chercheurs ou artistes, sont occupés à essayer de sauver, pour leurs étudiants et avec leurs étudiants, ce que la rapine et l&#8217;obsession du profit n&#8217;ont pas encore détruit ou confisqué.</p>
<p>Mais je ne désespère pas. Ce que l&#8217;on aime ne s&#8217;épuise pas de l&#8217;intérieur.</p>
<p>À cet amour pourtant, et à la rigueur scientifique et artistique qui le porte et le permet, il faut du respect. Des conditions adéquates : une exigence, quelle qu&#8217;elle soit, n&#8217;est réelle que si elle est entourée d&#8217;attention.</p>
<p>René Lapierre<br />
Études littéraires</p>
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