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Pour tous les silences

    Il avait son petit appartement (de plus en plus minuscule au fil des ans) et n’avait conservé que le peu dont il avait besoin. Table de billard, piscine, ordinateur, cinéma maison, roulotte avaient disparu et tous ceux qui aimaient le voir entouré d’objets ne venaient plus et ne ...

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La vieille dame qui voulait aller voter

Ils préféreraient se tromper d’urne … Le civisme se paie douloureusement. On enferme , on encage , on emprisonne , on séquestre , on claquemure, on verrouille, on interne, on bâillonne. Très rarement pour de bonnes raisons ; la plupart du temps pour préserver le confort de notre petite vie dangereusement menacée par ...

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Solitude au Panth?on

Il ne s?agit pas de cet ?tat dans lequel un profond isolement peut nous plonger, mais d?une femme?remarquable?et m?connue, qui non seulement fut l??tendard d?une nation, mais qui est aussi ? l?origine de la d?faite d?un petit empereur corse, m?ritant ainsi ? plus d?un titre d?entrer au?Panth?on. Pour l?instant, cette ...

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Disparition du programme Arts et lettres – La liquidation de l?h?ritage culturel

  Jean Larose – Professeur honoraire ? l?UdM, cofondateur de globesonore.org? ? peine ?lu, s?en souvient-on, pour emp?cher que l??ducation devienne une simple marchandise, le Parti qu?b?cois d?sh?rite la jeunesse ?tudiante d?une part essentielle de la culture nationale au profit du march? des biens culturels. La d?cision de remplacer au ...

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Justin Trudeau; l?homme n? pour ?tre Roi

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201304/14/01-4640772-justin-trudeau-est-elu-chef-du-plc.php Il a été élu. C’était tout a fait prévisible. J’en parle depuis des années et des années… Il aurait été impensable qu’il ne le devienne pas. Rien n’aurait pu l’empêcher, comme rien n’aurait pu empècher que John-John Kennedy devienne … Lire la suite

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L?infinie solitude du ma?tre nageur un jour de pluie

  La vraie valeur des choses, c’est le prix que les gens sont pr?ts ? payer pour les avoir. Non, vraiment, c’est un objet magnifique, en parfait ?tat de conservation, il est nickel. De la belle ouvrage, toujours parfaitement fonctionnel, … Lire la suite

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In extenso

j'ai juste envie de dire que je ne sais pas quoi dire Ce sont les derniers mots qu'a ?crits un des mes contacts Facebook sur son mur. Ensuite, il est sorti de chez lui et a mis fin ? ses jours. Terriblement abrupte comme ?pitaphe. Il avait mon ?...

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In extenso

j'ai juste envie de dire que je ne sais pas quoi dire Vers le ciel de Le Monolecte, sur Flickr

Ce sont les derniers mots qu'a écrits un des mes contacts Facebook sur son mur. Ensuite, il est sorti de chez lui et a mis fin à ses jours. Terriblement abrupte comme épitaphe. Il avait mon âge, un chouette boulot, une chouette famille, mais il était arrivé au bout des mots. Ou alors, c'est juste que les grandes douleurs sont indicibles. 

Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls ce n'est que par notre amour et l'amitié que nous pouvons créer l'illusion d'un instant que nous ne sommes pas seuls.
Orson Welles

Il est vrai que j'ai bien du mal à ne pas me sentir seule, ces derniers temps. De cette solitude profonde et intime qui peut naître jusqu'au cœur de la foule. Seule et au bout des mots. Il m'est extrêmement déplaisant d'avoir raison et de voir chacune de mes pires prévisions prendre forme dans l'indifférence générale. Je ne me vois pas écrire régulièrement ici pour rabâcher quelque chose de l'ordre du Vous voyez, je vous l'avais bien dit ! Nous sommes dans le pire du possible et ça ne fait que commencer. Et notre passivité m'effraie, me tétanise, me cloue le bec. C'est une sorte d'apocalypse molle et silencieuse qui se propage inéluctablement du bas vers le haut. Et elle est totalement voulue, planifiée et amplifiée par chaque décision politique prise. J'ai du mal à croire à une cascade de coïncidences fortuites et malvenues.
On nous ressort l'épouvantail intégriste barbu du placard, avec l'élégance de l'éléphant dans le magasin de porcelaine. De 250 excités un peu mous du bulbe, on nous monte un énorme plan com' sur la déferlante mondiale islamiste pendant que, dans le même temps, 10 % de la population du Portugal descend dans la rue pour réclamer la fin d'une politique économique qui la réduit à la misère la plus sordide. Mais on ne vous aura parlé que des 250 gus paumés sur un trottoir, pas de ceux qui hurlent leur douleur sous la férule de cette politique même que l'on compte vous appliquer dès maintenant. 
Parce que l'on vous veut peureux, soumis et ignorants.
Comme d'habitude.
Alors quoi ?
Vous distraire avec ma petite vie insignifiante ? Vous faire sourire en dissimulant la mochitude des choses ? Piquer une de mes légendaires colères qui fouettent le sang et les sens quelques instants avant de retomber dans la pesanteur du quotidien, mais avec l'illusion de s'être senti un peu vivant, le temps d'une indignation à peu de frais ?
À force, je vais finir par me caricaturer moi-même. Me mettre en scène et me payer de mots. Me regarder écrire dans un pitoyable appel à la flagornerie, histoire de me prendre un petit shoot de réassurance, histoire de combler, un temps, notre vide existentiel.
On est là et on attend. La fin du monde, celle des haricots, le grand soir, les petits matins blêmes, les jours meilleurs. Juste que quelque chose bouge. Juste un mouvement, pour se convaincre qu'on n'est pas encore totalement morts, totalement résignés. Et on fait semblant d'agir, en s'épuisant en vaines exaltations. Une petite manif par ci, un petit like par là, en s'autocongratulant d'être tous aussi d'accord avec nous-mêmes, notre cul mou épousant chaque jour un peu plus l'assise de notre fauteuil à vérin hydraulique, celui qui soulage le dos et prévient les escarres de toute une civilisation d'hommes-troncs. On passe le temps, en fait, en espérant juste ne pas être rattrapé par la vague de merditude, qu'elle passe juste un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus tard. 
Comme de gros lâches. 
Comme de grosses loches.

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In extenso

j'ai juste envie de dire que je ne sais pas quoi dire Vers le ciel de Le Monolecte, sur Flickr

Ce sont les derniers mots qu'a écrits un des mes contacts Facebook sur son mur. Ensuite, il est sorti de chez lui et a mis fin à ses jours. Terriblement abrupte comme épitaphe. Il avait mon âge, un chouette boulot, une chouette famille, mais il était arrivé au bout des mots. Ou alors, c'est juste que les grandes douleurs sont indicibles. 

Nous sommes nés seuls, nous vivons seuls, nous mourons seuls ce n'est que par notre amour et l'amitié que nous pouvons créer l'illusion d'un instant que nous ne sommes pas seuls.
Orson Welles

Il est vrai que j'ai bien du mal à ne pas me sentir seule, ces derniers temps. De cette solitude profonde et intime qui peut naître jusqu'au cœur de la foule. Seule et au bout des mots. Il m'est extrêmement déplaisant d'avoir raison et de voir chacune de mes pires prévisions prendre forme dans l'indifférence générale. Je ne me vois pas écrire régulièrement ici pour rabâcher quelque chose de l'ordre du Vous voyez, je vous l'avais bien dit ! Nous sommes dans le pire du possible et ça ne fait que commencer. Et notre passivité m'effraie, me tétanise, me cloue le bec. C'est une sorte d'apocalypse molle et silencieuse qui se propage inéluctablement du bas vers le haut. Et elle est totalement voulue, planifiée et amplifiée par chaque décision politique prise. J'ai du mal à croire à une cascade de coïncidences fortuites et malvenues.
On nous ressort l'épouvantail intégriste barbu du placard, avec l'élégance de l'éléphant dans le magasin de porcelaine. De 250 excités un peu mous du bulbe, on nous monte un énorme plan com' sur la déferlante mondiale islamiste pendant que, dans le même temps, 10 % de la population du Portugal descend dans la rue pour réclamer la fin d'une politique économique qui la réduit à la misère la plus sordide. Mais on ne vous aura parlé que des 250 gus paumés sur un trottoir, pas de ceux qui hurlent leur douleur sous la férule de cette politique même que l'on compte vous appliquer dès maintenant. 
Parce que l'on vous veut peureux, soumis et ignorants.
Comme d'habitude.
Alors quoi ?
Vous distraire avec ma petite vie insignifiante ? Vous faire sourire en dissimulant la mochitude des choses ? Piquer une de mes légendaires colères qui fouettent le sang et les sens quelques instants avant de retomber dans la pesanteur du quotidien, mais avec l'illusion de s'être senti un peu vivant, le temps d'une indignation à peu de frais ?
À force, je vais finir par me caricaturer moi-même. Me mettre en scène et me payer de mots. Me regarder écrire dans un pitoyable appel à la flagornerie, histoire de me prendre un petit shoot de réassurance, histoire de combler, un temps, notre vide existentiel.
On est là et on attend. La fin du monde, celle des haricots, le grand soir, les petits matins blêmes, les jours meilleurs. Juste que quelque chose bouge. Juste un mouvement, pour se convaincre qu'on n'est pas encore totalement morts, totalement résignés. Et on fait semblant d'agir, en s'épuisant en vaines exaltations. Une petite manif par ci, un petit like par là, en s'autocongratulant d'être tous aussi d'accord avec nous-mêmes, notre cul mou épousant chaque jour un peu plus l'assise de notre fauteuil à vérin hydraulique, celui qui soulage le dos et prévient les escarres de toute une civilisation d'hommes-troncs. On passe le temps, en fait, en espérant juste ne pas être rattrapé par la vague de merditude, qu'elle passe juste un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus tard. 
Comme de gros lâches. 
Comme de grosses loches.

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L’infinie solitude du ma?tre nageur un jour de pluie

La vraie valeur des choses, c'est le prix que les gens sont prêts à payer pour les avoir.

L'infinie solitude du maître nageur un jour de pluieNon, vraiment, c'est un objet magnifique, en parfait état de conservation, il est nickel. De la belle ouvrage, toujours parfaitement fonctionnel, poursuit-il. Mais voilà, ça ne suffit pas. En ce moment, il n'y a plus de marché pour cela. Ça vaut le prix du métal, pas plus, mais ce serait vraiment dommage.
L’horloger repose la montre centenaire dans son écrin avec un air désolé. Il y a quelques années encore, les collectionneurs étaient à l'affût de ce genre d'objet, pas extrêmement rare certes, mais une manifestation concrète du génie industrieux humain, le témoignage du temps patiemment investi par un homme méticuleux, soigneux et maître de son art. Cet objet avait la valeur du travail humain, de sa beauté intrinsèque, du soin dont il avait été entouré pendant toutes ces années, de sa capacité à survivre à l'histoire et à l'entropie naturelle des choses. C'était ce genre de choses qui importait.
Plus maintenant.

Maintenant, ça ne vaut que pour sa matière première, son prix comme valeur refuge, investissement sonnant et trébuchant en des temps de vaches maigres. À peine le prix d'un smartphone débité à la chaîne dans une usine à sueur, quelque part, à l'autre bout du monde, dans un de ces pays où la vie humaine est encore moins chère.

Bien sûr, cette valeur hautement subjective est la cible de toutes les manipulations, selon que l'on se trouve du côté de ceux qui vendent ou de celui de ceux qui veulent ou ont besoin. C'est qu'il en a fallu des émissions de M6 and co, rabâchées pendant des années, pour convaincre la population qu'un placard à balai suintant d'humidité dans un gros bourg de province pouvait valoir une vie de SMIC. Au début des années 90, un pavillon habitable dans une ville moyenne valait dans les 300 000 francs. De nos jours, le même à rafraîchir, le même chiffre, mais en euros. Six fois plus cher, la vétusté en prime.
C'est ça le marketing : créer un consensus sur la valeur des choses. Et perdre de vue leur coût véritable. Remplacer la rationalité économique de la valeur d'échange par la portée symbolique des valeurs attachées à cet échange.

De la foutue pensée magique.

Dans le même temps, on n'a cessé de nous asséner que le travail coûtait trop cher. Toujours trop cher, le travail, surtout celui des autres.
Mais voyons, ma bonne dame, le SMIC, c'est la ruine des entreprises, les salaires, ce sont les ennemis de la compétitivité ! Celle qui permet de fabriquer aujourd'hui des voitures même pas fiables (mais avec un GPS intégré !) pour le prix de la villa de mon adolescence, mais avec 10 fois moins d'ouvriers. On nous l'a tellement joué ce petit air-là que plus personne ne s'indigne de la progression des travailleurs pauvres dans notre société. Que plus personne ne sourcille quand on nous annonce que d'un côté, on va augmenter le SMIC de 2 % (et ça va ruiner les PME) et que de l'autre le gaz va prendre 10 % de plus. Donc les Smicards, c'est cher, mais pas le gaz. 10 % de charges énergétiques de plus dans une entreprise, ça fait moins mal que 2 % de SMIC.
Comprenne qui pourra.

Si ce n'est que nous jouons à la rationalité économique alors que nous nous vautrons dans la subjectivité des valeurs, dictées en fonction des intérêts d'un tout petit groupe, probablement les mêmes gens qui hurlent au gaspillage quand on finance les écoles ou les hôpitaux juste d'avant d'exiger le poing sur la table que l'on renfloue à perte et sans poser de question le tonneau des Danaïdes bancaires.

La vie d'un homme ne vaut plus rien. Seul son compte en banque fait loi. Il faut sauver une poignée de privilégiés corrompus, quitte à sacrifier des millions de personnes dans la balance.
Absurdes valeurs de notre temps où nous consacrons le meilleur de nous-mêmes à amasser des colifichets qui n'ont que le prix de notre asservissement. Dilution de notre humanité dans le consommateur éclairé qui purgera ses accumulations vaines dans un vide-grenier à 50 cts la pièce.

Et nous, qu'est-ce que l'on vaut vraiment dans ce merdier sans nom ? Une ligne comptable dans un bilan d'entreprise, un item noyé dans une moyenne statistique ?
Qu'est-ce qui compte vraiment quand on vit dans un monde de petits boutiquiers ? Qu'est-ce qui est vraiment important à mes yeux pour que j'y consacre du temps ?

Du temps.
Voilà la denrée rare.

Même le plus riche d'entre nous ne pourra jamais acheter des minutes pour les ajouter à ses heures.

Il y a le temps consacré à de vaines transactions, cette vie que l'on perd à la gagner, ces temps morts, des temps pour rien, des instants précieux qui nous filent entre les doigts comme s'égrènent des regrets. Il y a ces temps volés, où l'on nous distrait de l'essentiel, où l'on nous perd dans des considérations vaines, où l'on focalise notre attention sur des choses éphémères, sans consistance, sans aucune espèce d'importance, des choses que nous aurons oubliées demain à la faveur d'un nouveau mouvement de muleta.

Et puis il y a tout ce temps que l'on remplit de rires, de sourires, du brouhaha apaisant des discussions entre amis, du temps de vie, du temps pour vivre, du temps pour aimer. Le temps qui compte, le temps que l'on vit avec cette intensité toute spéciale, ce temps précieux où chaque seconde s'étire en une petite goutte d'éternité. C'est un temps grave, mais aussi un temps léger, celui que l'on prend, que l'on arrache à la futilité des temps frénétiques, un temps que l'on savoure, que l'on goûte pleinement, comme une gorgée précieuse d'un très bon vin, celui qui reste en bouche. Longtemps.

À moment donné, j'ai atteint cette sublime lévitation intérieure, cette faim d'absolu qui se nourrit de petits riens. C'est comme cela. Une ouverture, une aptitude, un élan et le monde entier sourit. Je savais déjà pendant ces instants précieux qu'il s'agissait là de quelque chose d'autant plus unique et important qu'ils étaient fragiles, éphémères, qu'il faut juste se contenter de prendre la vague et de se laisser porter, jusqu'à l'endroit où elle finit immanquablement par nous déposer. Cet état de grâce, je l'ai vécu avec d'autant plus de force, de puissance, que je voulais le graver dans ma mémoire pour les temps futurs et incertains où je serais de nouveau obligée de me coltiner avec la lassitude du quotidien au lieu de planer à la surface des choses. Je voulais encapsuler au plus profond de moi ces petites bulles de félicité afin de pouvoir ensuite m'en souvenir et me servir de leur puissance évocatrice pour allumer quelques lueurs dans les heures plus sombres.

La vague est repartie, comme elle est venue.
Mais j'ai gardé le goût de collectionner les petits instants précieux et je m'efforce, chaque jour, de me souvenir de ce qui compte vraiment pour moi et de ne plus trop m'en détourner.

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Une ?ternit? de solitude

Mais, dans le flux, on peut toujours choisir de s'arr?ter, de temps ? autre, sur une petite ?normit? qui a l'immense avantage de bien raconter une bonne grosse partie de l'histoire d'un monde qui n'en peut plus de crever. L'obsc?nit? du jour, si...

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