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Bientôt la fin des états ?

 C’est une sorte d’hydre à plusieurs têtes ; avant on l’appelait « GAFA » pour « Google, Apple, Facebook, Amazon » mais d’autres têtes lui ont poussé depuis… Twitter, Netflix, Uber… Et puis il y a toujours Monsanto, Total, Goldman Sachs, et quelques autres encore… mais elles ne sont pas ...

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Retour sur 2015 et bonne année 2016

Après un début de quinquennat consacré principalement à des réformes sociétales, après les départs en 2014 de Claude Sérillon et Aquilino Morelle, respectivement conseiller à la présidence et responsable de la communication élyséenne, les nouveaux communicants de François Hollande, emmenés par  Gaspard Gantzer, se sont lancés en 2015 dans une communication politique tous azimuts.

Le chef de l'État a multiplié les apparitions médiatiques et les déclarations dans la presse en surfant sur des événements tragiques comme les attentats contre Charlie hebdo ou ceux plus récents du Bataclan et des terrasses de café à Paris mais cela ne saurait faire oublier l’absence de vraies réformes économiques et sociales depuis 2012...


Le chef de guerre

Après les attentats de Paris du mois de novembre dernier, François Hollande s’est drapé à nouveau dans le costume de chef de guerre en allant bombarder l'Etat islamique en Syrie. Un calcul de court terme pour améliorer une côte de popularité au plus mal mais le Président de la République a oublié un peu vite que la France n’a pas les moyens d’intervenir dans des guerres et des conflits religieux qui ne nous regardent pas, entre chiites, sunnites et autres wahhabites au sein de l'islam.

Comble du ridicule en cette fin d’année 2015, la France a manqué de bombes à guidage laser pour continuer à bombarder l’EI. Les stocks sont vides et du coup, le ministre des armées, Jean-Yves Le Drian, a passé une commande in extrémis aux Etats-Unis… sans compter que le seul porte-avions de la France, le Charles de Gaulle, ne peut rester en opération guère plus de 5 mois !



Le flop de la COP 2015

A l'heure où le climat de la planète est en train de changer, on attendait de la COP 21 qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. Mais à l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris a opposé un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions.

L’impuissance des gouvernements à s’attaquer aux causes réelles des dérèglements climatiques n’a finalement rien d’étonnant car l’avidité des multinationales, les énergies fossiles et l’obsession de la croissance sont considérées comme des données intouchables. Mais François Hollande et Laurent Fabius ont préféré maquiller en victoire l’échec de la COP 21 !



Le 

discours fantaisiste et fatigant sur les chiffres du chômage


Après avoir évoqué imprudemment la baisse du nombre de chômeurs à la fin de l’année 2013, François Hollande et les ministres successifs du Travail se contorsionnent régulièrement en évoquant tantôt un ralentissement de la hausse, tantôt une stabilité de la hausse pour finir sur une diminution de la hausse, le tout en parlant toujours du nombre de chômeurs en catégorie A et en ignorant les vrais chiffres du chômage incluant toutes les catégories A, B, C, D, E, soit 6 447 000 chômeurs à la fin du 3ème trimestre 2015 (+ 5,3% sur 1 an)...

Et pour couronner le tout, la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri,  invitée début novembre 2015 par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, s'est empêtrée les pinceaux sur la question du nombre de renouvellements possibles d'un CDD, avant d'avouer qu'elle ignorait la réponse...

Les réformes essentielles aux oubliettes

- Celle du mode de scrutin car le parlement ne reflète pas, loin s'en faut, les diverses sensibilités politiques du pays. En l'absence d'élections à la proportionnelle, les députés sont élus au scrutin majoritaire dans le cadre de circonscriptions électorales découpées le plus souvent de façon fantaisiste et les sénateurs par un collège composé de 150 000 grands électeurs qui ne représente que 0,25 % de la population (députés, conseillers municipaux, départementaux, régionaux) ! 

Il serait donc primordial de mettre en place un scrutin proportionnel avec au minimum 50 % de sièges acquis à la proportionnelle comme c’est le cas dans une écrasante majorité de pays européens. Mais François Hollande, comme hier Nicolas Sarkozy, préfèrent la situation actuelle et laissent dangereusement les électeurs du Front National, de Debout la France, du Modem ou de l’extrême gauche pratiquement sans aucune représentation parlementaire…



- Celle de la fiscalité des revenus avec notamment un retour à une réelle progressivité de l‘IRPP et une réduction drastique des niches fiscales. C’est notamment à cause des 453 niches fiscales existantes que les impôts progressifs sont aujourd’hui ultra-minoritaires dans le paysage fiscal. Elles sont évaluées à plus de 82 milliards d’euros en 2015 ! Une somme colossale et une aberration économique puisque cette somme est supérieure au produit même de l'IRPP (75 milliards d'euros en 2015). Ces niches permettent surtout à une minorité de personnes de réduire fortement leur imposition tout en se constituant un patrimoine important pendant que les couches modestes et moyennes crachent au bassinet...   

- Celle de la fiscalité locale qui varie d’un montant de 1 à 4 suivant les départements et dont les bases sont totalement archaïques car elles datent de 1961 (taxe foncière) et de 1970 (taxe d’habitation). Le montant à payer pour les contribuables ne dépend pratiquement pas du revenu fiscal déclaré, sauf pour les personnes qui ont des difficultés sociales graves et qui bénéficient d’exonérations partielles ou totales. Ainsi, comme le souligne la cour des comptes, " les ménages modestes ou moyens subissent proportionnellement un prélèvement plus lourd que les ménages les plus aisés "...

- Celle du mode de financement de la Sécurité sociale. Alors que l’on sait pertinemment que le financement des différents régimes de Sécurité sociale,  basé essentiellement sur des cotisations salariales, est la principale cause des déficits, on préfère dérembourser régulièrement le prix des médicaments, multiplier les forfaits à la charge des assurés sociaux ou rallonger l’âge de départ en retraite plutôt que d’instituer un autre financement basé sur les revenus réels tels que déclarés à l’administration fiscale !

- Le combat contre la fraude fiscale qui par son ampleur et ses caractéristiques (au minimum entre 60 et 80 milliards € par an, selon le Syndicat national unifié des impôts), réduit aussi fortement les rentrées fiscales et accentue les inégalités, sans parler de l'optimisation fiscale qui fait le bonheur des avocats d'affaires. L’administration fiscale a perdu 25 000 emplois depuis 2002 sur l'ensemble de ses missions. Suite à l’affaire Cahuzac, il a bien été procédé à un renforcement de 50 agents à la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques) mais un signal fort aurait dû être donné par la création de plusieurs milliers de postes...

- Le  combat enfin pour une autre Europe au service des peuples. Avec la mondialisation et une France qui reste sans protection tarifaire, contrairement à la plupart des pays du monde, les entreprises françaises continuent à péricliter ou s’exilent dans des pays tiers où la main d’œuvre est peu onéreuse. Et on croit rêver quand les dirigeants européens choisissent l'ancien Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, pour être le nouveau président de la Commission européenne. François Hollande n'a pas osé mettre son véto ! Pourtant, le Luxembourg est un paradis fiscal au sein même de l’Europe. Jean-Claude Juncker a été personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts...

Heureusement, la force de la République réside d'abord sur la capacité de réaction de ses citoyens plutôt que dans les mises en scène gouvernementales ou journalistiques.



En 2015, on se souviendra surtout de la lutte des Fralib (Gémenos, près de Marseille) et des  Pilpa (Carcassonne) contre la fermeture de leur unité de production. Ces deux luttes sociales ont  débouché sur la constitution de deux nouvelles SCOP : La Fabrique du Sud et Scop TI.



Au moment où tout le monde s’interroge sur la portée des décisions de la COP 21 sur le  réchauffement climatique, ces deux entreprises ont délibérément choisi de privilégier des composants naturels et locaux dans leurs produits. C’est plus que jamais le moment de penser à eux et de les soutenir notamment par nos achats dans les supermarchés.

Redonner des perspectives d’action crédibles à l’ensemble du monde du travail pour faire face à la crise sociale, écologique et démocratique, voilà ce que l’on peut souhaiter de mieux pour l’année qui s’annonce…
 

 

 

A tous ceux qui se battent, à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui espèrent une autre vie, meilleurs vœux pour 2016.

 

Que cette nouvelle année vous apporte bonheur, santé, succès personnel et professionnel.


 

 

 

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L’Europe en panne de démocratie

Cette évidence peut surprendre, et pourtant, force est de constater que l’Europe actuelle est bien loin de respecter les valeurs démocratiques. Personne n’a oublié le refus français de 2005, contourné quelques mois après, afin d’imposer un traité refusé par le peuple…mais ce n’est pas tout.     En effet, on ...

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Traité transatlantique : Non au coup de force des firmes multinationales !

Selon le futur traité de libre-échange transatlantique (plus connu sous les noms de TAFTA ou TTIP), les firmes multinationales auront la possibilité d'attaquer les États en justice devant des tribunaux extrajudiciaires si des lois leur déplaisent.

Face à cette menace, la plus grave depuis la seconde guerre mondiale, les membres de la Commission européenne et les chefs d’Etat européens ne doivent pas remettre les clés de notre démocratie à Monsanto, Bayer, Nestlé, Coca-Cola et consorts…


Le traité de libre-échange transatlantique, négocié dans le plus grand secret, vise notamment a éliminer ce qu’on appelle les « irritants commerciaux », qui limitent la capacité d’échange de tout produit entre les États-Unis et l’UE. 

La «convergence réglementaire» est le terme aseptisé utilisé pour tenter d'imposer aux gouvernements l’obligation d’autoriser les produits et services qui ne satisfont pas aux normes domestiques. Il s’agit en fait des politiques considérées comme fondamentales sur la sécurité alimentaire, environnementale, sanitaire ainsi que toutes les autres politiques qui composent le pacte social. 

Pour les rédacteurs de ce projet, il convient de réduire ou d’écarter ce qu’il y a de meilleur en termes de protection de l’environnement, de santé des consommateurs et de diminuer les contraintes que la puissance publique peut mettre en place pour réguler les activités des multinationales. Ce qui est promu comme des règles «de haut niveau du 21e siècle» pour l’économie mondiale est en réalité un régime qui ferait reculer les progrès obtenus par les mouvements sociaux au cours du 20e siècle.

Mais ce traité autoriserait de plus les firmes multinationales à attaquer en justice des lois ou à exiger des indemnisations si leurs “revenus futurs anticipés” sont affectés par des décisions démocratiques des états. 

Paris et les autres capitales européennes fourmillant de lobbyistes, le futur TAFTA permettrait ainsi de consolider la mainmise des multinationales sur les décisions nous affectant au quotidien. La France et les autres pays européens verraient affluer les pesticides tueurs d’abeilles, les 4x4 les plus énergivores, les OGM et les semences mutantes, le saumon génétiquement modifié et autres curiosités de ce genre…

La Commission de Bruxelles est prétendument à l’écoute des consommateurs européens mais 97% d’entre eux ont récemment répondu dans un sondage officiel qu'ils ne souhaitaient pas que des tribunaux d’arbitrage privés puissent décider des lois sociales et environnementales votées par les états.

Un encadrement beaucoup plus strict des activités des multinationales s’impose donc, plutôt qu’une fuite en avant vers des accords de «libre-échange» élaborés dans le plus grand secret.

Les membres du Parlement européen ayant le pouvoir de rejeter n'importe quel traité, des centaines d’organisations en France et partout en Europe ont lancé une gigantesque “initiative citoyenne européenne” pour contrer ce coup de force des firmes multinationales et faire en sorte qu'elles n’aient jamais le dernier mot sur des décisions qui nous affectent tous !


Pétition adressée aux dirigeants des institutions européennes et des États membres

Nous vous demandons de mettre fin aux négociations avec les États-Unis au sujet du traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) et de ne pas ratifier l'Accord économique et commercial global (CETA) avec le Canada. Ces accords comportent des clauses telles que les règles de résolution des différents entre les États et les investisseurs ou de coopération réglementaire qui représentent un risque réel pour notre démocratie et l'état de droit. Nous voulons éviter la dégradation de nos normes sociales et environnementales, du droit du travail, de la protection des consommateurs et du respect de la vie privée. Nous nous opposons au démantèlement des services publics et de l'exception culturelle lors de négociations secrètes. Nous sommes en faveur d'un traité favorisant le commerce et l'investissement en Europe.

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L’histoire du “séparatisme” au Québec

Il est évident que cette histoire du séparatisme “au Québec” n’a pas pu commencer avant que le Québec soit créé. La création de celui-ci date de 1763 où les Britanniques délimitèrent une certaine portion du territoire canadien qu’ils appelèrent « Québec ». Cette délimitation du territoire servait surtout à séparer les Canadiens ...

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Quelques vraies réformes que l’on peut faire aujourd’hui…

Depuis de nombreuses années, les dispositions législatives ou administratives prises et qualifiées de "réformes" par  les gouvernements successifs, ont été des changements ou des  mesures purement comptables se terminant presque toujours par un recul des droits des citoyens et/ou une baisse du pouvoir d’achat des salariés et des retraités. 

C'est pourquoi, il conviendrait aujourd'hui d'engager enfin de véritables réformes dans tous les domaines afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale...


- Le changement de la constitution du 4 octobre 1958 et des institutions de la 5ème République, à caractère monarchique, qui accordent trop de pouvoir à un seul homme en la personne du président de la République. La France est un des rares pays dans le monde où un homme seul peut décider notamment de l'entrée en guerre du pays...

- La modification du mode d'élection des parlementaires car la composition de l'Assemblée nationale ou du Sénat ne reflète pas, loin s'en faut, les diverses sensibilités politiques du pays. En l'absence d'élections à la proportionnelle, les députés sont élus au scrutin majoritaire dans le cadre de circonscriptions électorales, découpées souvent de façon fantaisiste, et les sénateurs sont désignés de façon tout à fait anti-démocratique par les seuls grands électeurs (150 000 personnes environ).

- La réduction du colossal mille-feuille administratif, avec 6 niveaux de pouvoir : état, régions, métropoles, départements, communes, communauté de communes et même 7 niveaux si l'on y ajoute l'échelon européen ! Les départements datant de 1790 sont devenus largement inutiles et dispendieux pour le plus grand malheur des contribuables. Et la région devrait gérer depuis longtemps l'ensemble des conseils départementaux (anciennement conseils généraux) qui pourraient être remplacés facilement par de simples délégations départementales de la région.

- La réforme de l'impôt sur le revenu (IR) qui souffre d'un manque cruel de progressivité : seulement 5 tranches d’imposition (5,50%, 14%, 30%, 41%, 45%) alors qu'il en existait 14 au début des années 1980 ! Ce système permet en outre aux contribuables les plus riches de payer moins d'impôt, voire aucun, grâce à une multitude de niches fiscales. La France reste ainsi un pays unique au monde avec un montant total de niches fiscales supérieur au produit même de l'IR !... 

- La suppression du quotient familial, considéré à tort comme le mode de calcul normal de l’IR et qui permet aux ménages les plus aisés de bénéficier de ristournes beaucoup plus importantes que les ménages modestes, et ce à taille de famille équivalente. Ce mécanisme devrait être remplacé par un abattement forfaitaire pour chaque enfant à charge, identique pour toutes les familles. 

- La suppression du quotient conjugal dont le mécanisme consiste à diviser la somme des revenus d'un couple par deux avant de lui appliquer le barème progressif. Ce système réduit fortement l'impôt des couples aisés dont l'un des membres - le plus souvent la femme - ne travaille pas ou très peu, avec une réduction d'impôt d'autant plus élevée que le revenu principal est important. 

- La réforme de la fiscalité locale dont les bases sont totalement archaïques car elles datent de 1961 (taxe foncière) et de 1970 (taxe d’habitation). Ainsi, le montant à payer ne dépend pratiquement pas du revenu fiscal déclaré. La valeur cadastrale est simplement diminuée, pour les logements affectés à l'habitation principale, d'abattements pour charges de famille, d'une exonération ou d'un dégrèvement d'office en fonction du revenu réel. Les ménages modestes ou moyens subissent ainsi proportionnellement un prélèvement beaucoup plus lourd que les ménages les plus aisés.

- La réduction de la fiscalité indirecte trop lourde et injuste (TVA, TIPP, forfaits hospitaliers, franchises médicales et autres taxes de toute sorte...) représentant 65 % des recettes budgétaires de l’Etat ! Un record qui fait de notre pays l’un des plus inégalitaires du monde occidental car ces impôts indirects touchent de la même manière les personnes les plus aisées comme les plus modestes. 

- Le changement du mode de financement de la Sécurité sociale totalement inadapté car l'assiette des cotisations est totalement inadaptée car elle repose essentiellement sur les salaires au lieu et place du revenu fiscal pour les personnes physiques et la valeur ajoutée pour les entreprises, ce qui serait à la fois plus juste et plus rémunérateur.

- La révision des modalités d'attribution des allocations familiales (AF) qui continuent à ne pas être versées aux familles, notamment très modestes, ayant un seul enfant à charge. Tout se passe comme si les frais occasionnés par un premier enfant étaient négligeables alors que cela coûte aussi cher, sinon plus proportionnellement, que de deux enfants et plus !  Autre incohérence, elles sont versées dès le premier enfant dans les DOM, comme s’il y avait un principe à géométrie variable et deux catégories de Français !

- La refonte de l'indice officiel des prix à la consommation, datant de 1946 et ne reflétant pas la réalité des prix.

- et tant d’autres domaines où règnent archaïsme et injustice sociale…





Vous trouverez ci-après tous les articles proposant directement ou indirectement un projet de réforme, classés par ordre alphabétique.  

Bonne lecture à toutes et à tous,   
























 


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Reprendre la main sur la finance et les banques

La fraude et l'évasion fiscales coûtent chaque année environ 1000 milliards d'euros aux pays membres de l'Union européenne, dont 60 à 80 milliards  pour la France. 

Mais les règles, les institutions et les individus qui ont permis de tels dévoiements de la finance n’ont pas été et ne sont pas pour l’heure vraiment remis en cause par l’Europe et la Commission de Bruxelles…


Aujourd’hui, ce ne ne sont ni la taille des Etats ni le montant des dépenses ou des avantages sociaux qui sont à l’origine de la crise mais au contraire la faiblesse des législations en matière de régulation et de lutte contre la fraude, aggravée dans certains cas par la corruption des oligarchies dirigeantes.

Dans de nombreux pays, les moyens pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales  s’amenuisent et les enquêteurs n’ont parfois même plus les moyens logistiques d’enquêter sur le terrain. Pour la première fois depuis vingt ans, les sommes récupérées par les différentes administrations fiscales européennes ont diminué bien que les alertes aient été nombreuses au cours de ces dernières années...

Aux Etats-Unis, la crise des subprimes était déjà en partie la conséquence d’une fraude gigantesque au crédit hypothécaire. 

En Islande, pays de 320 000 habitants, 100 milliards de dollars se sont volatilisés en 2009. La faillite par exemple de l’Anglo-Irish Bank a des origines frauduleuses : 70 milliards d’euros ont disparu dans un contexte marqué par la confusion des intérêts entre secteur bancaire et autorités publiques. Un cercle d’initiés aurait bénéficié de «prêts cachés» d’un montant considérable.

En Espagne, Bankia, une des principales banques du pays, dirigée par un ex-directeur du FMI, M. Rodrigo Rato, a vendu des produits toxiques à ses employés et même à ses retraités qui ont perdu ainsi 23 milliards d’euros !

En Grèce, la dette a été longtemps dissimulée par des moyens frauduleux avant sa révélation en 2010. 

A Chypre, ce n’est pas seulement la faillite de la Grèce qui a entraîné celle du système bancaire de l’île mais aussi l’absence de contrôle et de transparence sur l'ensemble des fonds détenus dont plus de la moitié appartenaient à des non résidents...

8000 milliards d’euros placés dans les paradis fiscaux

Tous les Etats européens souffrent d’une fraude endémique et selon l’ONG « Réseau pour la justice fiscale », 8000 milliards d’euros seraient placés dans les paradis fiscaux. Des banques comme la britannique HSBC, prise la main dans un gigantesque scandale de fraudes fiscales et de blanchiment aggravé, et UBS notamment ont contribué à soustraire à l’impôt des sommes considérables.

Le récent "Livre noir des banques", publié par Attac France, met également au jour les activités spéculatives de BNP Paribas, de la Société générale, du Crédit agricole et du groupe Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE), quatre mastodontes qui ont joué un rôle non négligeable dans la crise financière de 2008 et qu’il a fallu sauver avec de l’argent public. Très fragilisés, ces groupes privés n’ont pourtant rien changé à leurs activités, leurs filiales n’ont pas abandonné les paradis fiscaux, et aucune de ces banques ne s’est avisée de publier la liste de ses fraudeurs fiscaux. Pire, elles ont spéculé avec la dette grecque et sont impliquées dans de nombreux projets ayant un lourd impact sur le climat. 

L’UE a pris certes quelques résolutions solennelles mais les rares mesures concrètes restent très modestes. Et à l'heure actuelle, les pays de l'UE ne s'entendent toujours pas sur la définition des paradis fiscaux. La législation les concernant varie d'un pays à l'autre et par conséquent, les transactions impliquant des paradis fiscaux peuvent transiter par les pays ayant la réglementation la plus souple.

Si l'UE se dotait d'une approche harmonisée en ce qui concerne l'identification des paradis fiscaux et d’une attitude ferme à adopter à leur égard, les fraudeurs ne pourraient plus exploiter les différences entre systèmes nationaux. Au lieu de cela, l’UE préfère recruter des banquiers comme pompiers de l’Europe. 

Ainsi, le 1er novembre 2011, Mario Draghi, vice-président pour l'Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005, puis gouverneur de la banque d'Italie entre 2006 et 2011, est devenu président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Or, la banque Goldman Sachs a été au cœur de la prédation financière en étant impliquée dans de nombreux scandales financiers : subprimes, tromperie de ses clients à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse, maquillage des comptes grecs qui a résulté principalement de la levée de fonds hors bilan par le biais d’instruments financiers mis au point par la banque qui a perçu 600 millions d’euros à cette occasion...

Ainsi, le 27 juin 2014, les dirigeants européens ont choisi l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, un des champions du secret bancaire en Europe, pour être le nouveau président de la Commission européenne

Le Luxembourg est un paradis fiscal au sein même de l’Europe ! Jean-Claude Juncker a été personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts...

La nomination de ces deux personnages à la tête des deux plus importantes institutions européennes, avec l’aval de François Hollande qui n’a pas osé mettre son veto, n’est sans doute pas étrangère au manque de volonté de l’Europe de lutter efficacement contre les paradis fiscaux et au renoncement partiel à la taxe Tobin…

C'est une anomalie démocratique grave à l'heure où il est nécessaire d'incarner une rupture pour redonner aux citoyens le goût de l’Europe et de la politique.

Mais aujourd’hui, aucun pays n'est condamné à une servitude économique et monétaire permanente. Rappelons qu’en d’autres temps, le président Roosevelt aux Etats-Unis avait défini un New Deal, en décidant notamment une politique de grands travaux et une forte augmentation des impôts sur les personnes les plus riches, les banques et les entreprises. Plus récemment, l’Islande a laissé tout simplement ses trois principales banques faire faillite avant de les nationaliser, refusé de négocier avec la Banque Mondiale et le FMI avant de réécheloner sa dette avec les créanciers privés à des taux d’intérêt modérés…


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Reprendre la main sur la finance et les banques

La fraude et l'évasion fiscales coûtent chaque année environ 1000 milliards d'euros aux pays membres de l'Union européenne, dont 60 à 80 milliards  pour la France. 

Mais les règles, les institutions et les individus qui ont permis de tels dévoiements de la finance n’ont pas été et ne sont pas pour l’heure vraiment remis en cause par l’Europe et la Commission de Bruxelles…


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Reprendre la main sur la finance et les banques

La fraude et l'évasion fiscales coûtent chaque année environ 1000 milliards d'euros aux pays membres de l'Union européenne, dont 60 à 80 milliards  pour la France. 

Mais les règles, les institutions et les individus qui ont permis de tels dévoiements de la finance n’ont pas été et ne sont pas pour l’heure vraiment remis en cause par l’Europe et la Commission de Bruxelles…


Aujourd’hui, ce n’est ni la taille des états ni le montant des dépenses ou des avantages sociaux qui sont à l’origine de la crise mais au contraire la faiblesse des législations en matière de régulation et de lutte contre la fraude, aggravée dans certains cas par la corruption des oligarchies dirigeantes.

Dans de nombreux pays, les moyens pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales  s’amenuisent et les enquêteurs n’ont parfois même plus les moyens logistiques d’enquêter sur le terrain. Pour la première fois depuis vingt ans, les sommes récupérées par les différentes administrations fiscales européennes ont diminué bien que les alertes aient été nombreuses au cours de ces dernières années...

Aux Etats-Unis, la crise des subprimes était déjà en partie la conséquence d’une fraude gigantesque au crédit hypothécaire. 

En Islande, pays de 320 000 habitants, 100 milliards de dollars se sont volatilisés en 2009. La faillite par exemple de l’Anglo-Irish Bank a des origines frauduleuses : 70 milliards d’euros ont disparu dans un contexte marqué par la confusion des intérêts entre secteur bancaire et autorités publiques. Un cercle d’initiés aurait bénéficié de «prêts cachés» d’un montant considérable.

En Espagne, Bankia, une des principales banques du pays, dirigée par un ex-directeur du FMI, M. Rodrigo Rato, a vendu des produits toxiques à ses employés et même à ses retraités qui ont perdu ainsi 23 milliards d’euros !

En Grèce, la dette a été longtemps dissimulée par des moyens frauduleux avant sa révélation en 2010. 

A Chypre, ce n’est pas seulement la faillite de la Grèce qui a entraîné celle du système bancaire de l’île mais aussi l’absence de contrôle et de transparence sur l'ensemble des fonds détenus dont plus de la moitié appartenaient à des non résidents...

8000 milliards d’euros placés dans les paradis fiscaux

Tous les états européens souffrent d’une fraude endémique et selon l’ONG « Réseau pour la justice fiscale », 8000 milliards d’euros seraient placés dans les paradis fiscaux. Des banques comme la britannique HSBC, prise la main dans un gigantesque scandale de fraudes fiscales et de blanchiment aggravé, et UBS notamment ont contribué à soustraire à l’impôt des sommes considérables.

Le récent "Livre noir des banques", publié par Attac France, met également au jour les activités spéculatives de BNP Paribas, de la Société générale, du Crédit agricole et du groupe Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE), quatre mastodontes qui ont joué un rôle non négligeable dans la crise financière de 2008 et qu’il a fallu sauver avec de l’argent public. Très fragilisés, ces groupes privés n’ont pourtant rien changé à leurs activités, leurs filiales n’ont pas abandonné les paradis fiscaux, et aucune de ces banques ne s’est avisée de publier la liste de ses fraudeurs fiscaux. Pire, elles ont spéculé avec la dette grecque et sont impliquées dans de nombreux projets ayant un lourd impact sur le climat. 

L’UE a pris certes quelques résolutions solennelles mais les rares mesures concrètes restent très modestes. Et à l'heure actuelle, les pays de l'UE ne s'entendent toujours pas sur la définition des paradis fiscaux. La législation les concernant varie d'un pays à l'autre et par conséquent, les transactions impliquant des paradis fiscaux peuvent transiter par les pays ayant la réglementation la plus souple.

Si l'UE se dotait d'une approche harmonisée en ce qui concerne l'identification des paradis fiscaux et d’une attitude ferme à adopter à leur égard, les fraudeurs ne pourraient plus exploiter les différences entre systèmes nationaux. Au lieu de cela, l’UE préfère recruter des banquiers comme pompiers de l’Europe. 

Ainsi, le 1er novembre 2011, Mario Draghi, vice-président pour l'Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005, puis gouverneur de la banque d'Italie entre 2006 et 2011, est devenu président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Or, la banque Goldman Sachs a été au cœur de la prédation financière en étant impliquée dans de nombreux scandales financiers : subprimes, tromperie de ses clients à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse, maquillage des comptes grecs qui a résulté principalement de la levée de fonds hors bilan par le biais d’instruments financiers mis au point par la banque qui a perçu 600 millions d’euros à cette occasion...

Ainsi, le 27 juin 2014, les dirigeants européens ont choisi l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, un des champions du secret bancaire en Europe, pour être le nouveau président de la Commission européenne

Le Luxembourg est un paradis fiscal au sein même de l’Europe ! Jean-Claude Juncker a été personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts...

La nomination de ces deux personnages à la tête des deux plus importantes institutions européennes, avec l’aval de François Hollande qui n’a pas osé mettre son veto, n’est sans doute pas étrangère au manque de volonté de l’Europe de lutter efficacement contre les paradis fiscaux et au renoncement partiel à la taxe Tobin…

C'est une anomalie démocratique grave à l'heure où il est nécessaire d'incarner une rupture pour redonner aux citoyens le goût de l’Europe et de la politique.

Mais aujourd’hui, aucun pays n'est condamné à une servitude économique et monétaire permanente. Rappelons qu’en d’autres temps, le président Roosevelt aux Etats-Unis avait défini un New Deal, en décidant notamment une politique de grands travaux et une forte augmentation des impôts sur les personnes les plus riches, les banques et les entreprises. Plus récemment, l’Islande a laissé tout simplement ses trois principales banques faire faillite avant de les nationaliser, refusé de négocier avec la Banque Mondiale et le FMI avant de réécheloner sa dette avec les créanciers privés à des taux d’intérêt modérés…


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Conflit isra?lo-palestinien, parlons-en !

La vérité sur le conflit israélo-palestinien a du mal à se frayer un chemin dans la presse et les médias en général. Sur le plan politique, les autorités françaises ne brillent pas non plus par leur clarté politique et s'éloignent de plus en plus de la position traditionnelle de la diplomatie française...


En cautionnant, en termes à peine voilés, la répression brutale menée par l’armée israélienne, le Président de la République, le premier ministre Manuel Valls et le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius donnent le sentiment que la France ne tient pas la balance égale entre les deux parties d’un conflit où chacune a des arguments et des droits à faire valoir. L'honneur et l’intérêt de notre pays commanderait d’appeler à l’arrêt des violences et à la reprise de véritables négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne. 

Par ailleurs, la France se revendique comme le pays des "Droits de l'Homme" mais est le seul pays au monde à interdire des manifestations de soutien à la population de Gaza, les 19 juillet et 26 juillet à Paris notamment. En inventant une exception française à la liberté d’expression, François Hollande qui joue au gendarme en Afrique, Manuel Valls, Laurent Fabius  et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, ne masquent même plus leur soutien à Israël et au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). 

Le représentant de la France à l'ONU a donné une nouvelle preuve de ce tournant historique dans le conflit israélo-palestinien, mercredi 23 juillet, en s’abstenant sur une résolution du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, prévoyant l'ouverture d'une enquête sur l'offensive israélienne à Gaza, qui a, malgré tout, été adoptée par 27 voix pour, 1 contre (les Etats-Unis) et 17 abstentions.
En cautionnant jusque dans ses pires excès la répression brutale menée par l’armée israélienne, il donne le sentiment que la France ne tient pas la balance égale entre les deux parties d’un conflit où chacune a des arguments et des droits à faire valoir. Il a choisi son camp, alors que l’honneur et l’intérêt de notre pays lui commandent d’appeler à l’arrêt des violences et à la reprise de véritables négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne, représentant légitime du peuple palestinien. - See more at: http://www.debout-la-republique.fr/communique/manifestations-paris-et-sarcelles-nicolas-dupont-aignan-et-dominique-jamet-denoncent-l#sthash.d68xrKQz.dpuf

En effet, les bombardements de l'aviation israélienne (7 300 raids aériens) et l'intervention terrestre dans la bande de Gaza sont une réaction totalement "disproportionnée" aux attaques également "inacceptables" du Hamas. Depuis le début des opérations militaires le 8 juillet, plus de 2 000 habitants de Gaza dont 447 enfants et adolescents ont péri. 9 750 personnes dont 1 550 femmes, 420 personnes âgées et 2 550 enfants ont été blessés selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). Une bonne partie des blessés se trouve dans un état critique. Côté israélien, 67 soldats et officiers ont trouvé la mort, 400 militaires blessés, un soldat étant porté disparu, 7 civils également tués.

D'après l'ONU, dont plusieurs écoles ont été bombardées, le nombre de déplacés dépasse les 520 000 personnes dans cette bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'habitants soumis à un blocus israélien depuis 2006.  6 employés et 2 contractuels travaillant pour l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) ont été tués depuis le début de l’intervention israélienne. 20 ambulanciers et secouristes, 15 journalistes également tués. 

Le conflit de Gaza a aussi des répercussions en Cisjordanie occupée, où plusieurs Palestiniens ont été tués dans des troubles survenus près des villes de Naplouse et de Hébron.

Ces actions génocidaires sont délibérées de la part du gouvernement israélien. Certains propos notamment ceux de la députée Ayelet Shaked, du parti gouvernemental Foyer Juif, sont terrifiants. Elle appelle publiquement à l’extermination des Palestiniens, en prenant le soin de préciser que la solution finale doit impérativement s’appliquer aussi aux femmes et aux enfants !

Pourtant, la solution définitive au conflit existe depuis longtemps mais il ne manque que la volonté politique israélienne de l’appliquer : décolonisation des territoires, levée du blocus de Gaza et établissement d’un État palestinien... 




Michel Collon - Les 10 grands médiamensonges d... par TV alternative



Lettre ouverte à M. François Hollande


Monsieur Hollande,

J’étais à la manifestation du dimanche 13 juillet à Barbès. Il y avait beaucoup de monde. Plus de 20.000 personnes. Des personnes très en colère à cause de l’agression du gouvernement israélien sur la population civile de Gaza. Le massacre avait déjà commencé. Beaucoup de jeunes, une très grande majorité issue de l’immigration. J’ai regretté d’ailleurs l’absence des partis de gauche et des syndicats français. Ces 20.000 personnes ont défilé sans incident notable jusqu’à la dispersion, de Barbès à la Bastille, malgré la pluie, malgré le Ramadan pour beaucoup d’entre elles. Les slogans fusaient et certains vous étaient d’ailleurs destinés : « Israël assassin, Hollande complice ». C’est compréhensible : au lieu de vous positionner du côte des victimes civiles de ce qui n’étaient alors que des bombardements, vous avez justifié l’agression car selon vous, “Israël a le droit de se défendre” !

Se défendre contre qui, contre quoi ?

Personne ne saurait justifier le meurtre des trois jeunes israéliens –dans un lieu d’ailleurs fort éloigné de Gaza, rappelons-le et à notre connaissance, personne ne l’a revendiqué. Nous ne rentrerons pas dans la comptabilité morbide des cadavres de l’un et l’autre camp, mais enfin, rappelons la situation extrêmement dramatique qui prévaut aujourd’hui, où les victimes palestiniennes, dont ¾ de civils et un grand nombre d’enfants, se comptent par centaines !

En Cisjordanie aussi, pas un jour ne s’écoule sans mort d’homme ou d’enfant, par balle de l’armée israélienne, ou indirectement à cause des limitations de mouvement dont fait l’objet la population palestinienne : les blessés qui n’arrivent pas à temps à l’hôpital parce qu’on ne laisse pas passer l’ambulance, les femmes enceintes qui accouchent aux check-points, et j’en passe, sans parler des maisons fouillées, démolies en représailles, les agriculteurs qui n’ont pas accès à leur terre pour la cultiver... A Gaza, même chanson avant l’opération : les pêcheurs mitraillés parce qu’ils essayent de gagner leur vie, les agriculteurs...

Monsieur Hollande en Palestine, la situation est la suivante : l’occupation israélienne continue, les colonies continuent à se développer -500.000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ; à Jérusalem-Est les Palestiniens sont poussés à vider les lieux, les maisons s’effondrent ou sont détruites et Gaza subit un siège depuis 7 ans et ne dispose pratiquement plus d’eau potable, d’électricité quelques heures par jour, la population se trouve dans une situation humanitaire catastrophique. Et ce malgré la signature des accords d’Oslo et les pourparlers qui ne mènent à rien.

Cependant la différence entre Gaza et la Cisjordanie, c’est que le gouvernement du Hamas refuse de se soumettre et de collaborer avec le gouvernement israélien. Est-ce là son crime ? On pourrait le croire, car la Cisjordanie elle, n’est pas bombardée, malgré la répression qui sévit. C’est que la résistance des Comités populaires de Bili’n et autres y est pacifique, les groupes armés ayant été démantelés par l’Autorité Nationale Palestinienne. Mais qu’a-t ’elle gagné au change ? Rien, une économie asphyxiée complètement dépendante de l’aide internationale et d’Israël, un territoire sous contrôle militaire israélien, qui d’ailleurs en est réduit à une peau de chagrin... où est l’état palestinien promis par Oslo ?

Mais voilà qu’Israël et ses alliés occidentaux reprennent en cœur leur mantra favori : c’est la faute du Hamas ! Il nous faut un coupable : il est tout désigné. Et comme la population civile de Gaza a eu le tort de voter Hamas aux élections, c’est elle qu’il faut punir ! Même ceux qui à l’époque n’étaient pas nés : les enfants, de futurs terroristes ! Quel cynisme ! La démocratie, c’est clair, n’est pas pour tout le monde ! Surtout pas pour les Arabes, comment le démontre le coup d’état militaire d’Al-Sissi en Égypte. Il avait soutenu Gaza lors de la dernière opération punitive contre Gaza, justement... M. Obama avait pourtant prononcé un beau discours au Caire sur la démocratie, l’appelant de ses vœux... des vœux pieux, comme on sait.

Aujourd’hui, on ne compte plus les victimes ! Des civils, des femmes, des enfants ! Des infrastructures démolies : c’est un véritable massacre. Alors il y a une autre hypothèse, qui ne contredit pas la première. C’est que Gaza constitue un magnifique banc d’essai pour l’industrie de l’armement israélienne, qui d’ailleurs se vante du privilège de tester en direct ses drones et autres merveilles de technologie sur des cibles réelles ! Pendant ce temps, les acheteurs ont tout loisir de voir leur efficacité ! Et ils ne sont pas les seuls à assister à ce sinistre spectacle : les spectateurs israéliens s’installent sur les hauteurs pour voir pleuvoir la mort sur Gaza ! C’est incroyable ! Comment peut-on arriver là ?

On nous demande souvent comment est-il possible que ceux qui ont tellement souffert de la discrimination et des persécutions soient à leur tour devenus des bourreaux ? Cette explication tient en un mot : le Racisme ! C’est la même réalité qui présidait aux méfaits des Nazis : pour eux les membres des races inférieures ne méritaient pas de vivre. Et bien Monsieur Hollande, aujourd’hui dans la société israélienne, le mot arabe est porteur du même sens, de la même charge que l’était le mot juif il y a 70 ans en Europe. Un être méprisable dont la vie ne vaut rien. Allez voir ce que font les colons juifs aux Palestiniens à Hébron, n’importe quel visiteur peut le voir de ses propres yeux.

Monsieur Hollande, mes camarades de l’Association Catalane de Juifs et Palestiniens qui travaillons ensemble pour la justice (et donc la paix) sommes très inquiets. Inquiets avant tout pour la population civile de Gaza, massacrée en toute impunité sans que les puissants de ce monde n’y trouvent rien à redire. Heureusement des nations courageuses comme l’Équateur et la Bolivie s’indignent et s’inquiètent du sort qui leur est fait, mais cela s’explique, ces nations ont souffert dans leur chair et leur âme les méfaits du colonialisme, leur vision des choses est donc bien plus claire que la vôtre.

Mais nous sommes aussi inquiets parce que l’État d’Israël sème la haine, et qui sème la haine récolte la tempête. Israël se prépare des lendemains difficiles car tout le monde sait que les choses changent, les alliances changent et un jour ou l’autre, il trouvera face à lui plus fort ou plus déterminé. En se posant comme défenseurs des Juifs du monde entier, en voulant imposer Israël comme un état juif, M. Netanyahu prétend non seulement agir en notre nom, pour nous défendre -alors que nous ne lui avons rien demandé- mais en plus, il tue en notre nom ! Pire, aux yeux du monde, la politique israélienne est directement associée aux juifs, et en renforçant la confusion entre sionisme et judaïsme, Netanyahu est responsable des représailles qui peuvent surgir contre les juifs.

C’est pourquoi nous sommes contre cette définition d’un État juif, parce qu’elle est inacceptable au moins à deux niveaux : le premier, interne, parce qu’il implique la supériorité d’une “ethnie” et d’une religion sur le reste des citoyens de l’État. Et nous posons la question : est-ce que c’est acceptable dans une démocratie au XXIe siècle ? Le deuxième, au plan international, parce que le gouvernement israélien transforme par un coup de baguette magique, les 8 millions de Juifs du monde en citoyens potentiels de l’État d’Israël, ce qui est parfaitement inacceptable, alors que les 6 millions de réfugiés palestiniens n’ont même pas le droit de visiter les membres de leur famille en Palestine. Oui, les lois d’Israël permettent à n’importe quel juif du monde d’immigrer en Israël et d’en avoir la citoyenneté, alors que les palestiniens d’Israël sont des citoyens de seconde zone et que ceux des territoires occupés attendent toujours la reconnaissance de la Palestine comme État indépendant ! Et les 6 millions de réfugiés attendent toujours qu’on statue sur leur sort.

Mais revenons à nos moutons : ce qui est très grave, c’est qu’un pays comme la France, que vous gouvernez, vient d’interdire à sa population d’exprimer sa sympathie, sa solidarité envers le peuple palestinien, pour une cause noble et juste. Et quel est le prétexte invoqué pour interdire une manifestation ? Du jamais vu depuis De Gaulle, en plus de la part d’un gouvernement de “gauche” ? L’antisémitisme qui s’exprimerait à travers des troubles et des agressions envers les synagogues ! Monsieur Hollande, je vous envoie ci-joint la photo de l’Union des Juifs de France pour la Paix, poignée de justes défilant au milieu des « hordes islamistes incontrôlées » place de la République ! Et comme vous voyez, ils n’ont pas été lynchés ! Par contre les extrémistes de la Ligue de Défense Juive campent à leur aise devant la synagogue de la Roquette, libres de provoquer comme bon leur semble.

Monsieur Hollande, si vous ne laissez pas les jeunes crier leur colère, alors attendez-vous à ce qu’ils l’expriment d’une manière beaucoup dangereuse et incontrôlée ! Il vous suffirait de vous joindre à eux, d’exprimer votre compréhension et votre sympathie, pour une cause juste et d’appeler à la modération, mais non, vous préférez vous ranger du côté des va-t’en guerre... Alors, quelle est l’image de la France que vous donnez au monde, à ceux pour qui Liberté, égalité, fraternité ne sont pas de vains mots ? Sans parler du socialisme... Et comment voulez-vous que les jeunes associent la gauche à la défense des opprimés ?

Israël reçoit officiellement trois milliards de dollars par an en concept d’aide militaire américaine. Chaque année, l’Union européenne renforce ses liens de coopération militaire, économique, politique avec Israël. Sans cette aide, Israël serait condamné à s’entendre avec ses voisins et à mettre fin à sa politique de colonisation et d’apartheid. Aujourd’hui, l’UE incite les entreprises et investisseurs à ne pas engager des fonds liés à la colonisation des Territoires palestiniens occupés. C’est un pas dans la bonne direction, mais c’est insuffisant.

Les dirigeants israéliens se croient tout puissants car ils jouissent d’un soutien sans faille, d’une immunité totale de la part des grandes puissances d’hier et d’aujourd’hui, dont la France, et déstabilisent une région déjà extrêmement volatile. Il est temps de mettre un terme à cette politique et nous vous engageons à rompre toutes les relations avec Israël tant que les résolutions de l’ONU ne seront pas appliquées et les Droits de l’Homme respectés. Aujourd’hui, le BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions) est la stratégie pacifique et efficace émanant de la société civile palestinienne que nous devons soutenir et renforcer en vue d’une solution juste et durable.


Laurent Cohen, coprésident de l’Association Catalane de Juifs et Palestiniens
Source : Investig’Action


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Patagonie argentine : un paradis pour Total et l?exploitation des gaz de schiste

Alors qu’en France,  une loi votée à l’été 2011, interdit l’usage de la fracturation hydraulique, qui consiste à injecter dans le sous-sol de grosses quantités d’eau sous pression, surchargée de dizaines, voire de centaines de produits chimiques toxiques, l’exploitation de ces ressources fossiles non conventionnelles s’accélère dans le reste du monde, notamment en Argentine. 

Ce pays est en effet devenu le nouvel eldorado des multinationales pétrolières, à commencer par Total qui détient déjà de nombreux permis, jusque dans une aire naturelle protégée…




La Patagonie reste un lieu à part pour la beauté de ses paysages et ses étendues sauvages. Une immensité de steppes, de pampas, de montagnes, de glaciers, d’archipels devenue depuis peu la nouvelle proie des multinationales pétrolières. 

Dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza en Argentine, une formation géologique, Vaca Muerta, couvre 30 000 km2 et contient d’immenses réserves potentiellement exploitables d’hydrocarbures non conventionnels. Ces gisements ont été découverts en 2010 par des ingénieurs et des scientifiques argentins de l'entreprise Repsol YPF. En novembre 2011, les réserves du gisement étaient évaluées à environ 927 millions de barils (741 millions de pétrole, le reste de gaz). 

Et suite à un décret national et à des réformes légales au niveau provincial, de larges bénéfices ont été octroyés aux entreprises pétrolières : allongement de la durée des concessions à 35 ans, exemption d’impôts, augmentation du prix de vente du gaz, liquidation des devises à l’étranger, suppression des consultations publiques, etc.

Total en première ligne perce la Patagonie 

Total présent en Argentine depuis 1978 au travers de sa filiale Total Austral S.A, et deuxième opérateur de gaz du pays a produit entre 2009 et  2012 30 % du gaz argentin. Mais il s’agissait encore de gaz conventionnel alors que les réserves estimées de gaz de schiste désignent le pays comme un des principaux producteurs mondiaux de demain, juste derrière les États-Unis et la Chine.

Dès 2010, Total a acquis des permis avant toutes les autres compagnies et a même commencé à forer dans une aire naturelle en théorie protégée, Auca Mahuida, dans la province de Neuquén, au nord-ouest de la Patagonie, tout contre la cordillère des Andes. Un premier puits, Pampa las Yeguas X1, a été percé et le bal tragique des foreuses et des camions a déjà commencé. 

Il s'agit d'une vaste zone de 77 000 hectares qui couvre une zone de transition entre la steppe de Patagonie et la montagne. Les Indiens y ont été notamment massacrés au cours de la « Conquête du désert » de 1879, et il ne reste sur place que des Mapuche, qui n’intéressent pas grand monde.

La zone est très riche en mammifères sauvages, au point que des biologistes la considèrent représentative de la « steppe patagonienne ». Parmi tous ces animaux sauvages, il existe plusieurs espèces en voie de disparition et des espèces endémiques. On y trouve des guanacos (sortes de lamas), des pumas, des maras (des rongeurs), des grands tatous velus, des furets de Patagonie, des condors, le nandou choique (ressemblant à une autruche), ou le chat andin. 

Juliette Renaud, chargée de campagne aux Amis de la Terre France (*) résume très bien la situation : « L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels en Argentine illustre tristement le double standard qui existe selon que les multinationales françaises agissent en France ou dans un pays du Sud. La loi française interdit le recours à la fracturation hydraulique au nom de la protection de la santé des populations et de l’environnement, mais le gouvernement français n’a rien fait pour freiner le développement de gaz et huiles de schiste en dehors de nos frontières. Il doit agir immédiatement, en reconnaissant d’une part la responsabilité légale des maisons-mères des multinationales sur les activités de leurs filiales et sous-traitants". 

Quant aux populations locales, elles peinent à croire aux promesses de progrès qu’est supposé apporter ce nouveau boom des gaz et huiles de schiste car après un siècle d’exploitation conventionnelle de gaz et pétrole, de nombreuses communautés souffrent déjà des lourds impacts sociaux et environnementaux.

Mais comme il se doit, Total jure que tout est en règle, et que toutes les autorisations ont été données. En cas de problèmes, Christophe de Margerie, son patron à moustache, pourra toujours se tourner vers le Président de la République François Hollande, qu’il rencontre quand il veut grâce à son cousin par alliance Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée... 
 




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D?sormais, les enfants grecs trinquent aussi?

enfant grec Apr?s le choix de la monnaie unique ? tout prix fait par la Commission de Bruxelles, la BCE et le FMI, c?est toute la population grecque qui a ?t? prise en otage. Aujourd?hui, la crise touche d?sormais les enfants qui payent eux aussi la note pour que l?euro ...

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