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On trinque avec le nucléaire !

Le vin, l’un des fleurons de notre beau pays, vit ces jours-ci des heures bien sombres, surtout en région Rhône-Alpes. Suite à leur voisinage avec des centrales nucléaires, les producteurs, constatant une mévente, tentent de trouver une solution en contournant la situation. Le problème s’était posé pour « les coteaux du ...

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Les énergies, c’est du propre !!!

Chaque pays tente à sa manière de sortir de l’ornière nucléaire. De l’Allemagne à la Suède, en passant par l’Espagne ou l’Italie, les résultats sont déjà au rendez vous… en France, c’est largement le discours qui est prioritaire.   L’Énergie propre « c’est une source d’énergie primaire qui produit une quantité ...

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Drones d’Ovnis !

L’hiver 2014 a été marqué par un drôle de phénomène, l’apparition, à proximité de centrales nucléaires, d’objets volants mal identifiés, appelés par certains « drones »…les médias ont d’abord voulu faire porter à tort le chapeau à des organisations anti-nucléaires…et puis le mystère s’est épaissi.   Une fois la question de l’éventuelle ...

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Arctique: océan poubelle et cimetiere atomique

Reportage:  Arte-TV 1) Océans poubelles 2) Arctique : cimetière atomique Près des côtes d’Europe reposent plus de 100 000 tonnes de déchets radioactifs oubliés. Des fûts remplis de ces déchets ont longtemps été jetés par-dessus bord. Le déversement en mer de déchets radioactifs est une pratique qui a été interdite ...

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En finir avec le nucléaire avant qu’il n’en finisse avec nous

  En finir avec le nucléaire avant qu’il n’en finisse avec nous Cette souhaitable transition énergétique, que certains pensent utopique, est pourtant à portée de main, sans attendre si longtemps, et en se passant du pétrole, du charbon, du gaz fossile et du nucléaire. Il arrive d’entendre ou de lire des ...

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L’accord sur le nucléaire iranien s’engage sur un terrain glissant

Finalement, le projet d’accord sur le nucléaire iranien a été avorté à Vienne. Est-ce un signe d’espoir ou devrions-nous tous courir aux abris et prier ? Les protagonistes, soit l’Iran et le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne), ont non seulement raté le délai ...

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Avec le nucl?aire, on tourne en rond !

Alors que quelques adorateurs inconditionnels du nucl?aire continuent obstin?ment de le d?fendre, on ne peut que constater l?impasse dans laquelle cette ?nergie dangereuse ? plong? la plan?te, pour commencer par le Japon, et pas seulement,?puisque la France est aussi menac?e. A?Fukushima, le long et compliqu? d?mant?lement continue laborieusement, et si ...

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Un nucléaire pourtant si sûr… (2)

Jusqu’il y a peu, il était régulièrement affirmé chez les lobbyistes nucléaires que les accidents que l’on connait étaient soit, comme à Tchernobyl, dus à une technologie défaillante, ou à Fukushima, la faute au « mauvais temps »…et pourtant en France, tout n’est pas si rose. Le 27 octobre 2014, l’ASN (autorité de sûreté ...

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La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après

La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après

Selon le dernier communiqué de presse d'Enfants de Tchernobyl Belarus, le 14 octobre 2014, lors du “International Symposium on Legal-medical Aspects of Nuclear Disaster and Human Rights” organisé à l'Université Waseda de Tokyo, Yves Lenoir, président de l'association Enfants de Tchernobyl Belarus, a fait une communication intitulée "La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après"

Des faits et témoignages réunis pour la première fois révèlent la responsabilité première, pleine et entière des dirigeants de la Commission Internationale de Protection Radiologique dans le désastre sanitaire qui a suivi la catastrophe atomique de Tchernobyl en avril 1986.

 

Lors d'un contact téléphonique préliminaire, le 28 avril 1986, le Dr Henri Jammet, vice-président de la Commission, et le Pr Leonid Ilyin, responsable de la radio-protection pour l'URSS, se sont accordés pour prendre du temps alors que les taux de radiactivité étaient déjà des centaines de fois plus élevés que la radiation naturelle à plus de 100 km de la centrale.

 

Il a fallu attendre 10 jours, le 6 mai 1986, pour que la Commission se réunît avec d'autres experts pour conclure de même, et notamment conseiller de ne pas évacuer les populations exposées. Les évaluations des doses déjà reçues, jusqu'à 100 km, dépassaient souvent de bien plus de 100 fois les limites annuelles recommandées par la Commission.

 

Cette désinvolture inexcusable a conduit à l'irradiation et la contamination de plusieurs millions d'êtres humains. L'examen autorisé des conséquences sanitaires ultérieures a été effectué par des experts délégués de leurs pays respectifs dans le cadre de l'UNSCEAR, United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations, institué en 1955 au sein de l'ONU, dont l'Assemblée Générale vote les rapports, leur conférant ainsi un statut incontestable.

Il se trouve que la plupart des dirigeants de la CIPR sont aussi délégués ou représentants de leur pays à l'UNSCEAR.

 

Cette situation institutionnelle interdit très naturellement que les études scientifiques publiées qui mettent en évidence un lien entre Tchernobyl et la dégradation de la santé ainsi que l'accroissement des malformations n'aient été retenues pour établir les bilans de l'accident. On pense ici notamment à celui qui s'impose comme le plus officiel, rédigé dans le cadre du Chernobyl Forum entre 2002 et 2005 et signé par toutes les agences de l'ONU et les Etats les plus touchés de l'ex-URSS.

 

Des hommes impliqués dans cette gestion institutionnelle des conséquences de Tchernobyl coordonnent les actions équivalentes entreprises après la catastrophe de Fukushima, sous la bannière de l'UNSCEAR et de la CIPR, sous la supervision de l'AIEA qui occupe le terrain. La répétition “perfectionnée” du processus post-Tchernobyl suit son cours au Japon.

 

C'est ainsi que la radio-protection internationale s'est condamnée au déni, sous peine d'entraîner dans son naufrage tout l'édifice mental et idéologique qui  légitime le développement de l'énergie atomique : Raison d'Atome oblige.

 

 

Voir le texte complet illustré de l'exposé :

 

- En français : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-fr

 

- In English : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-en

 

 

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Appel solennel ? la fermeture de la centrale de Fessenheim

Appel solennel à la fermeture de la centrale de Fessenheim

« Si une catastrophe survient ici, il ne restera rien de vos vignes, de vos forêts et de vos champs de maïs. Il faut fermer toutes les centrales du monde. » (Naoto Matsumura, cité dans L’Alsace, 10 mars 2014)

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Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, j’avais très rapidement fait le lien entre la plus vieille centrale française et le plus ancien réacteur de Fukushima Daiichi. Je me suis par ailleurs exprimé dans une contribution intitulée « Une évacuation définitive, c'est ZERO EMPLOI pour l'Alsace de demain » et j’ai participé à plusieurs manifestations dont celle de mars 2014 avec Naoto Matsumura. Malgré l’opposition majoritaire des Français au nucléaire, rien n’a changé dans l’Hexagone et la promesse électorale de François Hollande de fermer Fessenheim s’étiole petit à petit. C’est pourquoi je soutiens l’initiative du réseau Fukussenheim qui consiste à rappeler à nos décideurs ce danger permanent pour l’Europe et à demander l’arrêt définitif de cette centrale tant qu’il en est encore temps. Aujourd’hui, des gens de tous horizons s’associent à cet appel solennel et je vous encourage à votre tour à le signer et à le soutenir.

Pierre Fetet

Communiqué :

« Au regard des conséquences de la catastrophe de Fukushima qualifiée d’apocalyptique le 15 mars 2011 par le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, face à l’inertie qu'elles suscitent en France, nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, sommes plus qu’interrogatifs. Nous sommes scandalisés par la désinvolture et/ou le déni des dirigeants d’EDF et de l’Etat français, actionnaire d’EDF à 85%.

Ils se sont montrés incapables jusqu’à aujourd’hui, contrairement à ceux de plusieurs autres pays, d’en tirer, au-delà des mots, les enseignements en terme de dénucléarisation effective de notre pays. Ils ont notamment reporté sine die la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité. Cette fermeture, objet d’un accord pré-électoral entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, était prévue pour être immédiate au lendemain de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A priori la chose n’était pas impossible puisqu’un engagement pré-électoral identique, pris par la future première ministre québécoise a, lui, été tenu.

En conséquence nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, exigeons que l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim soit effectif avant la fin 2014. La date de l’arrêt devra être fixée avant la nomination du prochain PDG d’EDF, c’est-à-dire au plus tard le 22 novembre 2014. »

 

Liste des premiers signataires :

  • Noël Mamère, député-maire de Bègles
  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim
  • Martine Billard, ancienne députée, Parti de Gauche
  • Gilles Barthe, CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie, ancienne député européenne, présidente de CAP 21
  • Aline Baumann, Stop Fessenheim
  • Isabelle Attard, députée, co-présidente de Nouvelle Donne
  • André Hatz, Stop Fessenheim
  • Julien Bayou, porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts
  • Rémi Verdet, Stop Transports –Halte au nucléaire
  • Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble
  • Pierre Fetet, blog « Fukushima »
  • François Longérinas, secrétaire national du Parti de Gauche délégué aux luttes écologiques et à l'ESS
  • Philippe Wirth, Stop Fessenheim
  • Catherine Ségala, membre du Conseil national politique du NPA
  • Arnaud Demangeat, Parti de Gauche, Stop Fessenheim
  • Fabrice Van Borren, Nouvelle Donne Loiret
  • Arthur Morenas, Parti de Gauche
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche, Conseillère régionale Rhône Alpes
  • Sylvie Vénuat
  • Thierry Gourvénec, Réseau Fukussenheim
  • François Damerval, CAP 21, Chef de cabinet de Corinne Lepage
  • Marie-Christine Gambérini
  • Mathieu Agostini, membre du Bureau National du Parti de Gauche en charge des questions d'écologie
  • Jean-Jacques Delfour, philosophe
  • (…)

 

Liste des cent premiers signataires et pétition, suivre ce lien :

Appel solennel à la fermeture, dans les plus brefs délais, de la centrale de Fessenheim

 

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Cet appel solennel fait écho au communiqué de presse des associations locales :

 

Arrêtez Fessenheim !

  • C.S.F.R. (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin)
  • STOP FESSENHEIM
  • Alsace Nature
  • STOP TRANSPORTS – HALTE AU NUCLEAIRE
  • ALTER ALSACE ENERGIES

 

Communiqué de presse de vendredi 10 octobre 2014

 

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim sont à nouveau arrêtés simultanément !

Ne les redémarrons plus !

 

Alors que depuis le 27 septembre le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim est en arrêt prolongé pour rechargement de combustible, jeudi 2 octobre, le directeur de la centrale nucléaire annonçait en fin de CLIS un «arrêt programmé» très bref pour le week-end du réacteur n°2 pour une banale opération de maintenance suite à une « légère surconsommation d’eau ». Un nouveau coup de « com » du directeur nous faisant croire à de la transparence, après avoir – lors de la CLIS du 2 octobre – débité de longues phrases «calculées et préparées» pour nous faire croire que lors de l’incident du 9 avril 2014 sur le réacteur n°1 il n’y avait eu aucune négligence humaine !

Comment une opération de remplissage d’un réservoir menée par l’équipe de conduite à un rythme bihebdomadaire peut se réaliser pendant 37 ans sans anomalie et que le 9 avril dernier, la même opération entraine une inondation interne et la nécessité d’arrêter en urgence le réacteur sans qu’il puisse y avoir une défaillance humaine ?

Toujours est-il que le très bref «arrêt programmé» sur le réacteur 2 se prolonge et qu’il n’est pas prévu un redémarrage avant le 15 octobre prochain …

Il est grand temps d’arrêter cet acharnement sur ces vieilles chaudières atomiques à bout de souffle et de plus en plus dangereuses.

De telles négligences successives dans la conduite de la centrale nous amènent à de grandes inquiétudes, car derrière tout cela « se cache le diable » qui se nourrit de l’erreur humaine, de la vétusté de l’installation et de l’enchaînement des événements non prévisibles.

Ces derniers incidents sur les très vieux réacteurs atomiques de Fessenheim, toujours sous perfusions techniques et financières, toujours inondables et vulnérables aux séismes puissants et rapprochés, rappellent, même aux incrédules et inconscients, que cette installation est toujours une source de dangers inacceptables pour tous les habitants de la région du Rhin supérieur.

Continuer à investir dans cette centrale, pour satisfaire l’orgueil et la « doctrine » de l’industrie nucléaire française et de quelques élus-marionnettes locaux, c’est jeter l’argent des Français par les fenêtres, qu’il serait bien plus judicieux d’investir dans la maîtrise de nos consommations et de l’efficacité énergétique.

En France, commencer par ne plus redémarrer les deux « très vieux » réacteurs de Fessenheim est la seule voie responsable à l’égard des générations futures.

 

Le CSFR, Stop Fessenheim, Stop Transports – Halte au Nucléaire, Alsace Nature et Alter Alsace Energies demandent que cet énième arrêt simultané des réacteurs soit enfin transformé en arrêt définitif.

 

(source)

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La poche trouée d’AREVA

L’entreprise nucléaire française n’en finit pas d’accumuler des déboires au point que l’Etat, pourtant en crise grave financière, est obligé de mettre la main à la poche pour tenter de remplir une poche qui continue de se vider…le mythe de Sisyphe en quelque sorte… Chacun sait que, très récemment, l’Etat ...

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Faut-il se taire sur ITER ?

Devant le désastre économique et environnemental annoncé, les centrales nucléaires « nouvelle génération » démontrent les limites de leur légitimité, et avec le projet ITER, le nucléaire cherche désespérément une porte de sortie acceptable, mais que penser de ce projet sur lequel un silence assourdissant s’est posé. ITER, acronyme pour dire InternationalThermonuclear Experimental Reactor, à ...

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Penser comme son fauteuil

Cette phrase, due ? Jean Syrota, est particuli?rement ?clairante, et au-del? de Lamartine qui se posait la question de l??ventualit? de l??me des objets inanim?s, ?voque la difficult? qu?ont les dirigeants d?entreprises, ou d?organisations, ? d?velopper un sens critique, perdant ainsi leur cr?dibilit?. En effet, il semble difficile pour certains ...

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Les ?les Marshall, un des cimeti?res de la terre

Voici un deuxième article de Jean-Marc Royer, tiré de son ouvrage inédit, "Le nucléaire, érotisation suprême et planétaire de la mort ". L’auteur revient sur l’épisode tragique subi par des pêcheurs japonais en 1954, à la suite d’un essai nucléaire atmosphérique états-unien.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

 

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Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

 

Jean-Marc Royer

 

Le 1er mars 1954 survenait l’irradiation des pêcheurs japonais du Lucky Dragon à la suite de l’explosion de la bombe H Castle Bravo sur l’atoll Bikini dans les îles Marshall, la plus puissante explosion nucléaire états-unienne jamais réalisée (15 Mt, mille Hiroshimas). Il en résulta ensuite une zone interdite (W ci-dessous) de 2400 kilomètres de diamètre [1] ! Alors qu’ils se trouvaient en dehors de la zone prohibée lors de l’explosion, les marins avaient ramassé sur le petit navire une poussière grisâtre, qu'ils avaient vite surnommée « cendre de la mort ». Les dégâts imprévus avaient été dissimulés par les autorités états-uniennes jusqu'au 14 mars, date à laquelle le chalutier était rentré au port avec la plupart de son équipage malade. Son opérateur radio Aikichi Kuboyama allait mourir le 23 Septembre suivant, des suites d'une irradiation aiguë et malgré les soins du Pr Tsuzuki Masao. D'autres décès allaient suivre. Les Etas-unis accordèrent royalement à la veuve d'Aikichi Kuboyama un chèque d'un million de yens (2 800 dollars) et en janvier 1955, offraient au gouvernement japonais 2 millions de dollars de compensation pour les dégâts causés par Castle Bravo. Tsuzuki Masao avait joué un rôle majeur dans cette affaire, prenant en charge les irradiés à Tokyo.

 

[1] Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Castle_Bravo. Dito pour les illustrations.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

« Carte montrant des points (X) où furent capturés des poissons contaminés et où la contamination radioactive de l’Océan était excessive.

B = zone de danger délimitée autour de Bikini, telle qu’annoncée par le gouvernement U.S.

W = zone de danger, telle qu’elle fut ensuite étendue …

xF = position du bateau Lucky Dragon …

NE, EC, et SE sont des courants équatoriaux ».[1]

[1] S. Sevitt, "The Bombs," The Lancet, July 23, 1955, pp. 199-201.

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

Les retombées de l’explosion réparties niveaux de rayonnement. Les courbes de niveau montrent la dose de rayonnement cumulative en Rœntgens (R) pour les 96 premières heures après le test.

http://www.nuclearweaponarchive.org/Usa/Tests/Castle.html

Cet essai avait entraîné la contamination l'atoll de Rangelap pourtant éloigné de 180 km et dont les habitants avaient dû être évacués (3 jours après) et jusqu’en 1957, avant que 300 d’entre-eux ne soient finalement transférés en 1985 à Majetto, une île dans l'atoll de Kwajalein, par le Rainbow Warrior, [1] (qui fut coulé quelques mois plus tard par la DGSE, sous le gouvernement Fabius). De même, 28 marins états-uniens qui opéraient sur la station météo de Rongerik située à 246 km furent également contaminés. Il faut dire qu'en à peine 6 minutes, le nuage avait atteint une altitude de 40 km ! L'historien Alex Wellerstein a écrit à son propos que « Castle Bravo est un récit édifiant sur l'orgueil et l'incompétence des scientifiques de l'ère nucléaire, déclenchant une arme d'une puissance qu'ils ignoraient, avec des effets qu'ils n'avaient pas prévus, et dont l'héritage ne sera pas oublié de si tôt ». En fait, tous les essais nucléaires effectués à Eniwetok ont dépassé les puissances prévues pour atteindre parfois 200% [2] (le 1er novembre 1952, la première explosion de bombe H « Ivy Mike », avait déjà entièrement vaporisé l'atoll d'Elugelab [3]).

 

 

[1] Film de 12 minutes réalisé en 1986 : http://www.youtube.com/watch?v=Oq9fVlBwuJc

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/Enewetak_Atoll

[3] Voir le film de propagande de l’époque : http://www.youtube.com/watch?v=lcywb_VPPgg

Les îles Marshall, un des cimetières de la terre

Non seulement les états nucléaires ont failli à leur mission principale qui consiste à protéger les populations, mais ils ont de surcroît répandu la mort sur la Planète. En conséquence, ils n’ont pas seulement perdu leur légitimité politique, mais devraient être jugés pour l’écocide et les crimes contre l’Humanité commis depuis 1945. Certes, il y a peu de chances que cela advienne un jour car cela signifierait le retournement du totalitarisme démocratique à l’œuvre depuis le basculement de la civilisation occidentale [1]. Néanmoins, ce qui nous importe avant tout c’est que cette idée devienne l’horizon d’une réflexion politico-philosophique car elle emporte avec elle des prémisses et des développements qui nous semblent essentiels pour l’analyse critique.

 

Il y a peu de chances … disions-nous, mais il se trouve que le jeudi 24 avril 2014, la République des Îles Marshall – petit pays de 55 000 habitants au nord-ouest de l’Australie, théâtre de 67 essais nucléaires américains entre 1946 et 1958 sur les atolls de Bikini et d’Enewetak [2] – a déposé à la cour internationale de justice de La Haye, « des requêtes introductives d'instance » sans précedent contre les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël, la Corée du Nord, les accusant de ne pas s'acquitter des obligations contractées à la suite de la signature en 1968 du traité de non-prolifération des armes nucléaires, à savoir de cesser la course aux armes nucléaires et à procéder au désarmement nucléaire à une date rapprochée ; ceci constituerait une « violation flagrante » du droit international. La Cour a toutefois indiqué qu'elle n'avait admis que les plaintes contre le Royaume-Uni, le Pakistan et l'Inde car ces trois nations ont accepté par le passé la « compétence obligatoire » de la CIJ. Les autres plaintes ne seront examinées que si les gouvernements des pays visés donnent leur feu vert ... C’est sans doute la raison pour laquelle une poursuite contre les États-Unis a également été déposée à San Francisco et vise spécifiquement le président Barack Obama, les départements et les secrétaires à la Défense et à l'Énergie et l'Administration fédérale de la sûreté nucléaire. En Molussie, la vie étant simplement une marchandise comme les autres et par conséquent l’objet de transactions financières, les Etats-Unis qui ont versé 500 millions de dollars, s’estiment quittes devant les populations qui ont connu des problèmes de santé et/ou ont dû abandonner leurs îles natales. [Les gouvernements français ont pour leur part procédé à 196 essais nucléaires en Polynésie française, entre 1966 et 1996]. Les Îles Marshall affirment que plutôt que de négocier leur désarmement les neuf pays en question modernisent leurs arsenaux nucléaires, et qu'ils y consacreront 1000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

« Notre peuple a souffert des dommages catastrophiques et irréparables causés par ces armes, et nous promettons de nous battre afin que personne d'autre sur Terre n'ait à vivre de nouveau de telles atrocités », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du pays, Tony de Brum, dans un communiqué. C'est un dossier où David affronte Goliath, estime David Krieger, président de l'organisation californienne Nuclear Age Peace Foundation, qui agit comme consultant dans le dossier. Les Îles Marshall espèrent que d'autres pays se joindront à l'initiative. Plusieurs lauréats du prix Nobel de la paix soutiendraient l'initiative, dont l'archevêque sud-africain Desmond Tutu et l'avocate iranienne Shirin Ebadi.

 

[1] Référence à un manuscrit intitulé Le nucléaire, erotisationsuprême et planétaire de la mort. Essai d’histoire et de philosophie politique. Décoloniser l’imaginaire occidental II, 30/05/2014.

[2] https://marshallislands.llnl.gov/enewetak.php

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Les cachotteries nucl?aires

Au del? des propos rassurants, voire l?nifiants des autorit?s nucl?aires, de nouvelles analyses mettent en ?vidence que le plutonium de Fukushima s?est invit? non seulement sur les c?tes canadiennes, mais aussi en Europe, ce qui ne semble pas inqui?ter grand monde? On sait aujourd?hui assez pr?cis?ment ou se d?posent les ...

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