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	<title>CentPapiers &#187; Morgan Stanley</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Comment le Congrès états-unien s’est vendu à Wall Street</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Jan 2011 05:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alter Info</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Source: Alter Info A l’instar des Etats-Unis, de très nombreux pays ont adopté de couteux plans de relance, durant et après la crise financière de 2008. Or, souligne Greg Gordon, la conception de ces plans a été imposée au Congrès par les banques qui en ont été les principales bénéficiaires, via des parlementaires qu’elles ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-55525" href="http://www.centpapiers.com/comment-le-congres-etats-unien-s%e2%80%99est-vendu-a-wall-street/55524/2593181-3657497"><img class="size-full wp-image-55525 aligncenter" title="2593181-3657497" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/01/2593181-3657497.jpg" alt="" width="500" height="260" /></a></p>
<p>Source: <a href="http://www.alterinfo.net/Comment-le-Congres-etats-unien-s-est-vendu-a-Wall-Street_a53442.html">Alter Info</a></p>
<h3>A l’instar des Etats-Unis, de très nombreux pays ont  adopté de couteux plans de relance, durant et après la crise financière  de 2008. Or, souligne Greg Gordon, la conception de ces plans a été  imposée au Congrès par les banques qui en ont été les principales  bénéficiaires, via des parlementaires qu’elles ont grassement rétribués.  Parmi eux, quelques personnalités connues, comme… Barack Obama.</h3>
<dl>
<dt><strong>Le    président Barack Obama adressant la parole aux sénateurs et autres    parlemantaires au Capitole (Congrès des États-Unis) à Washington DC, le    24 février 2009, pour parler de la crise économique, du budget, du    déficit de la nation et de la reforme du système médical.</strong></dt>
</dl>
<p>Des sénateurs et représentants, chargés de veiller sur l’économie  des   Etats-Unis, ont reçu des millions de dollars des entreprises de  Wall   Street.<br />
Depuis 2001, huit entreprises figurant parmi les  plus fragilisées   par la crise ont versé 62,4 millions de dollars aux  candidats au   Congrès, aux candidats présidentiels et aux partis, aussi  bien   républicain que démocrate [<a id="nh1" title="Truthout, 2 octobre 2008 : “Lax Oversight ? Maybe $64 Million to DC Pols (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nb1">1</a>].<br />
Des sénateurs comme Barack Obama et John McCain ont reçu, à eux deux, 3,1 millions de dollars.<br />
Parmi les donateurs figurent les banques d’investissement :<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Bear Stearns,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Goldman Sachs,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Lehman Brothers,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Merrill Lynch,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Morgan Stanley,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> la compagnie d’assurances American International Group,<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> les géants de l’hypothèque Fannie Mae, et<br />
<img src="http://www.voltairenet.org/elements/pictos/puce.gif" border="0" alt="-" height="11" /> Freddie Mac.<br />
Quelques-uns des bénéficiaires les plus significatifs ont reçu des    contributions de sociétés qui, à leur tour, sont bénéficiaires des  fonds   approuvés dans le cadre du plan gouvernemental d’aide financière  connu   sous son sigle anglais de TARP [<a id="nh2" title="Capitol Eye, 10 février 2009, “Congressmen Hear from TARP Recipients Who (...)" rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nb2">2</a>]    et voté par les membres du Congrès appartenant aux comités chargés de    réglementer le secteur financier et de superviser l’efficacité de ce    programme de soutien gouvernemental sans précédent.<br />
Au total,  les membres de la commission sénatoriale sur les Activités   bancaires,  le Logement et les Affaires urbaines, ceux de la commission   des  Finances et ceux de la commission équivalente de la Chambre des    représentants ont reçu 5,2 millions en provenance de sociétés privées    ayant bénéficié du TARP pendant le cycle électoral 2007-2008.<br />
Barack Obama a recueilli au moins 4,3 millions auprès des employés de ces sociétés pour sa campagne présidentielle.<br />
Presque tous les membres de la commission des Services financiers de    la Chambre des représentants qui devaient, en février, superviser en    audiences publiques la ventilation des 700 milliards du TARP approuvé    dans l’urgence, ont reçu des contributions de ces entreprises    financières durant le cycle électoral de 2008. « On pourrait dire que    l’industrie des finances a obtenu son argent avec le soutien des membres    du Congrès, disposés à tourner leurs regards dans une autre    direction », a déclaré Lawrence Jacobs, directeur du Centre d’études    politiques et de gouvernabilité de l’Université du Minnesota (USA).<br />
À titre d’exemple, lorsqu’en 2004 la commission de la Bourse et des    valeurs a adopté une mesure importante permettant aux banques    d’investissement d’investir des dizaines de milliards de dollars de    prêts dans des hypothèques dévalorisées (subprime) et autres fantaisies à    risque, les commissions parlementaires pour les Activités bancaires    n’ont pas organisé d’audition.<br />
En raison de cette passivité du  Congrès, aucune réglementation n’a   été adoptée au niveau des États  pour prévenir les pratiques prédatrices   des organismes de prêt  immobilier qui ont engrangé d’énormes commissions   sur la concession de  prêts à des acheteurs d’immobilier non solvables.<br />
Le journaliste Matt Taibbi écrivait (dans son article de <em>Rolling Stone</em>) [<a id="nh3" title="Rolling Stone, 19 mars 2009, “The Big Takeover”, par Matt Taibbi." rel="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nb3">3</a>]    que c’est à la fin des années 90 que le gouvernement s’est vendu de    manière notoire à Wall Street, lorsque « Les démocrates, lassés d’être    largement distancés par les républicains en matière de collecte de    fonds, ont décidé de se libérer de leur vieille dépendance vis-à-vis des    syndicats et des groupes d’intérêt, pour devenir plus conciliants  avec   le monde des affaires.<br />
Wall Street a répondu en inondant Washington d’argent afin de s’acheter des alliés dans les deux partis. »<br />
De  1998 à 2008, les groupes financiers ont dépensé 1,7 milliard de    dollars en contributions aux campagnes fédérales et 3,4 milliards en    paiements aux membres des lobbies et des groupes de pression. Ce sont    autant de sages investissements ayant permis aux grands banquiers de    conjurer efficacement tout encadrement parlementaire significatif de    l’industrie financière.<br />
En 1999, le sénateur républicain pour  le Texas Phil Gramm était   co-initiateur d’un amendement révoquant les  aspects fondamentaux du <em>Glass-Steagall Act</em>,   une loi datant de  la Crise de 1929 et interdisant aux banquiers   d’accéder au domaine des  assurances. L’année suivante, Gramm rédigeait   une nouvelle loi  dévastatrice, intitulée <em>Commodity Futures Modernization Act</em>,    prévenant toute réglementation des échanges de crédits « swaps », en    tant que titres ou produits de spéculation. La porte était ainsi grande    ouverte à l’aventurisme dans les échanges de titres à risques.<br />
En 1997 et 1998, les années précédant la réforme de Phil Gramm qui    liquida la loi Glass-Steagall, les banques, les agents boursiers et les    compagnies d’assurances ont déboursé 350 millions de dollars en    contributions politiques et en manœuvres en coulisses. La loi 90-8 fut    approuvée par le Sénat avec le soutien de 38 démocrates, dont Joe  Biden,   John Kerry, Tom Daschle, Dick Durbin et John Edwards. La loi a  donc   contribué à la création de monstres financiers de l’envergure du    Citigroup, d’AIG et de Bank of America, tout en aidant ces compagnies à    démolir leurs concurrents plus modestes, conférant aux principales    entreprises de Wall Street encore plus d’argent et surtout de pouvoir    afin d’obtenir, par leur travail de lobbying, encore davantage de    déréglementation.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="305" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/JeROnVUADj0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="305" src="http://www.youtube.com/v/JeROnVUADj0&amp;hl=fr_FR&amp;feature=player_embedded&amp;version=3" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Michael Moore : « CAPITALISM : A LOVE STORY » &#8211; TRAILER.</strong> Au début de 2009, on a assisté à la mise au point de toute une série    d’opérations gouvernementales ayant pour but d’injecter des  liquidités   dans l’économie. La plupart d’entre elles relèvent  strictement du   contrôle discrétionnaire du secteur financier. Taibbi  écrit : « Tandis   que le reste des Etats-Unis et la majorité du Congrès  se réjouissent de   la mise en œuvre du programme d’aide d’urgence d’un  montant de 700   milliards (TARP), les nouveaux organismes créés dans  le zoo de la   Réserve fédérale (FED, sigle en anglais) pompent  discrètement non pas   des milliards, mais des billions de dollars en  direction des entreprises   privées : au moins 3 billions en prêts, à ce  jour, et 5,7 billions en   garanties d’investissements privés ».<br />
Taibbi continue : « Cette activité nouvelle et officieuse de la FED    éclipse totalement le programme TARP, en termes d’influence sur    l’économie […] Personne ne sait qui empoche cet argent ni quelles sommes    sont ainsi engouffrées dans ces nouveaux siphons creusés dans  l’armure   rouillée de l’équilibre financier des Etats-Unis. D’autre  part, nul ne   peut être certain que ces nouvelles institutions soient  réellement    temporaires. On est en droit de se demander s’il ne s’agit  pas de   béquilles permanentes mises à la disposition de Wall Street  par l’Etat,   conçues pour gommer systématiquement les mauvais  investissements des   livres de comptes des agences de prêt  irresponsables. »<br />
Il conclut : « Le fait est que la fusion  économique mondiale et le   vide lui ayant succédé ont constitué à eux  deux une sorte de révolution,   un coup d’Etat. Ils ont conforté et  institutionnalisé une tendance   politique qui se manifeste depuis des  décennies : la prise de possession   progressive du gouvernement par une  petite classe d’initiés qui ont   utilisé l’argent pour contrôler les  élections, acheter des influences et   affaiblir systématiquement toute  réglementation financière. »<br />
La fraude et la crise continuent  de s’intensifier et s’étendre,   donnant lieu à des conflits d’intérêt  significatifs au sein du Congrès   et de la branche exécutive du  gouvernement. Simon Johnson, ancien   économiste en chef au FMI, le dit  sans équivoque : <em>« L’industrie de la finance a efficacement emprisonné notre gouvernement. »</em></p>
<h3>Mise à jour de Lindsay Renick Myer (de Capitol Eye)</h3>
<p>Alors que le gouvernement fédéral continue de chercher des formules    pour sauver le secteur financier et imprimer un nouvel élan à    l’économie, il reçoit les recommandations des mêmes banques et    assurances qui ont accepté les dollars du contribuable et qui sont les    principales responsables de la crise actuelle. Mais le Congrès ne se    contente pas de cela : il s’active à recueillir des contributions auprès    du secteur financier, y compris en provenance de ces sociétés ayant    reçu des milliards de dollars d’aide gouvernementale dans le cadre du    TARP.<br />
Depuis la rédaction de cet article en février [2009],  le secteur   financier a bien entendu continué de faire des dons en  argent aux   candidats, aux comités des partis et aux comités d’action  politique.   Depuis le début de l’année 2009, Wall Street a donné 12,6  millions de   dollars, bien plus que tout autre secteur pour cette  année. Et 58 % de   cet argent est allé aux démocrates, ce qui marque  sans doute un   changement de stratégie politique.<br />
En effet,  depuis le cycle électoral de 1990, le monde financier, les   assurances  et les compagnies immobilières n’avaient jamais destiné plus   de 52 %  de leurs dons aux démocrates, et de 2001 à 2006, ce sont les    républicains qui en furent les principaux bénéficiaires.<br />
Bon  nombre des sociétés mentionnées dans cet article, et ayant   dépêché  leur PDG pour témoigner devant la commission des Services   financiers  de la Chambre des représentants, ont au premier trimestre   2009 affiché  un niveau global de dons inférieur à ceux des premiers   trimestres de  2007 et 2005.<br />
Ceci est vrai pour JP Morgan Chase, Bank of  America, Goldman Sachs   (qui est en tête de classement, cette année,  pour la diminution de ses   contributions par rapport à 2008), Morgan  Stanley, Citigroup et Wells   Fargo.<br />
Il faut toutefois rappeler  que nous sommes très tôt dans le   calendrier électoral (parlementaire)  et que les contributions destinées   aux campagnes augmentent davantage à  mesure que se rapprochent les   élections.<br />
Quoi qu’il en soit,  tout comme le reste de l’industrie, ces groupes   ont majoritairement  misé sur les démocrates en versant ces contributions   politiquement  intéressées.<br />
Naturellement, il sera intéressant cette année de  savoir si les   législateurs ont souffert dans leurs finances  personnelles, comme l’ont   fait le commun des mortels aux Etats-Unis,  ou s’ils ont tiré des   bénéfices de leur soutien aux compagnies de Wall  Street, payé avec   l’argent du contribuable.<br />
Les cas les plus  intéressants sont sûrement ceux des membres des   commissions en charge  des activités bancaires et financières. Les   déclarations financières  personnelles correspondant à l’année 2008 sont   dorénavant disponibles,  avec ces réponses, sur <a rel="external" href="http://www.opensecrets.org/pfds/search_cid.php">OpenSecrets.org</a>.<br />
Pour en savoir plus long sur le lobbying et le trafic d’influence, continuez de consulter le <a rel="external" href="http://www.opensecrets.org/news">blog de CRP</a> sur :<br />
Et pour mener vous-même l’enquête, consultez nos <a rel="external" href="http://www.opensecrets.org/industries/index.php">profils de l’industrie</a> sur OpenSecret.org.<br />
Nous surveillons également les flux financiers des commissions. Jetez un œil aux <a rel="external" href="http://www.opensecrets.org/cmteprofiles/index.php">données de la commission des Finances du Sénat</a>.</p>
<p><a href="http://www.voltairenet.org/auteur125206.html?lang=fr"><strong>Greg Gordon</strong></a><br />
Journaliste économique d’abord au <em>Minneapolis Star Tribune</em>, puis au <em>McClatchy</em></p>
<p>Source : Project Censored &amp; Red Voltaire.<br />
Traduction du Réseau Voltaire.<br />
Etudiants chercheurs : Jocelyn Rapp et Caitlin Ruxton (SSU).<br />
Tuteur : Samuel Mikhail Ph.D. Economics, Chip McAuley, Ph.D., Indian River State College et Sonoma State University.</p>
<p>[<a id="nb1" title="Notes 1" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nh1">1</a>] <em>Truthout</em>, 2 octobre 2008 : “Lax Oversight ? Maybe $64 Million to DC Pols  Explains It”, par Greg Gordon<br />
[<a id="nb2" title="Notes 2" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nh2">2</a>] Capitol Eye, 10 février 2009, “Congressmen Hear from TARP Recipients Who Funded Their Campaigns”, par Lindsay Renick Mayer<br />
[<a id="nb3" title="Notes 3" rev="footnote" href="http://www.voltairenet.org/article167000.html#nh3">3</a>] <em>Rolling Stone</em>, 19 mars 2009, “The Big Takeover”, par Matt Taibbi.</p>
<p><a href="http://www.voltairenet.org/article167000.html"> <img src="http://www.alterinfo.net/_images/ext/icon_html.gif" alt="http://www.voltairenet.org/article167000.html" /> http://www.voltairenet.org/article167000.html<br />
</a></p>
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		<title>Le pouvoir de manipuler le marché</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/le-pouvoir-de-manipuler-le-marche/8543</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2009 04:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Raymond Viger</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean Gagnon&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Dossier Actualité économique
Les employés du courtier américain Goldman Sachs pourrait recevoir cette année les plus gros bonis jamais versés depuis que la firme existe, soit depuis 140 ans. En effet, selon un article du Guardian de Londres, des employés de la filiale londonienne du courtier ont été informés par les dirigeants que la [...]<img />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8560" class="wp-caption alignnone" style="width: 491px"><a href="http://raymondviger.wordpress.com/2009/07/09/quand-l-economie-plante-goldman-sachs-plane/"><img class="size-full wp-image-8560 " title="398255973_94d637d2c440" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/06/398255973_94d637d2c440.jpg" alt="Photo : Flickr srqpix" width="481" height="385" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr srqpix</p></div>
<p><a href="http://raymondviger.wordpress.com/2009/07/09/quand-l-economie-plante-goldman-sachs-plane/">Jean Gagnon</a><strong> Dossier </strong><a href="http://jeangagnon.refletdesociete.com/"><strong>Actualité économique</strong></a></p>
<p><span style="font-size: small;">Les employés du courtier américain Goldman Sachs pourraient recevoir cette année les plus gros bonis jamais versés depuis que la firme existe, soit depuis 140 ans. En effet, selon un article du Guardian de Londres, des employés de la filiale londonienne du courtier ont été informés par les dirigeants que la firme était en passe de réaliser des profits records pour l’année 2009, et que les bonis seront distribués en conséquence.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">C’est à n’y rien comprendre, ne croyez-vous pas? Le système financier n’était-il pas en déroute totale il y a à peine 6 mois? Et l’économie mondiale ne traverse-t-elle actuellement sa pire récession depuis la grande dépression des années 30?</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Pour tenter d’y voir plus clair, faisons d’abord un petit rappel des événements. Jusqu’à l’an dernier, il existait 5 grands courtiers américains indépendants. Deux ont disparu en 2008 au milieu de la crise financière, soit Bear Sterns qui a été absorbé par JP Morgan, et Lehman Brothers dont la faillite a déclenché la chute dramatique des marchés boursiers. Un troisième, Merrill Lynch, a été vendu à Bank of America. Ne reste plus que Goldman Sachs et Morgan Stanley.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Goldman Sachs a également connu sa part de difficultés en 2008. Entre janvier et décembre, le cours de son action est passé de plus de 200 $ à 50 $. Mais la firme a reçu des appuis importants. Elle a eu droit à un prêt de 10 milliards du gouvernement américain dans la cadre du TARP, ce programme de 700 milliards dont le but est de sauver le système financier. Ironiquement, ce programme a d’abord été imaginé par Henry Paulson, le secrétaire au Trésor sous l’administration de Georges W. Bush. Avant d’être recruté par le président Bush, Henry Paulson occupait le poste de président de Goldman Sachs.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Le légendaire investisseur Warren Buffet avait, semble-t-il, senti que le vent allait tourner chez Goldman Sachs. En janvier 2009, il a investi 5 milliards dans la firme. Son flair de l’a pas trompé. L’action du courtier se négocie aujourd’hui à 140 $. </span></p>
<p><span style="font-size: small;">Goldman Sachs veut aujourd’hui rembourser le plus rapidement possible le gouvernement. On comprend pourquoi. Le président Obama a assuré les payeurs de taxe américains qu’il limiterait les salaires et les bonis payés chez les courtiers et les banques qui profitent de prêts du gouvernement. Les dirigeants de Goldman Sachs veulent éviter à tout prix d’être soumis à un tel contrôle.</span></p>
<p><strong><span style="font-size: small;">Comment faire autant d’argent</span></strong></p>
<p><span style="font-size: small;">Mais comment Goldman Sachs peut-elle faire tant de profits aujourd’hui? C’est simple. Le courtier profite justement des malheurs du système financier qu’il a aidé à créer et de la volonté des gouvernements de sauver ce système à tout prix. </span></p>
<p><span style="font-size: small;">Goldman Sachs est un spécialiste des obligations. La firme prévoit que le gouvernement américain émettra pour plus de 3000 milliards de dollars d’obligations d’ici le mois septembre pour financer le gigantesque déficit qu’entraînent les nombreux programmes de relance économique et d’aide aux entreprises. C’est quatre fois plus que l’an dernier. Goldman Sachs va réaliser des centaines de millions de dollars de profits en vendant ces obligations, surtout que la concurrence est beaucoup moins grande compte tenu de la disparition des autres courtiers qui n’ont pas survécu à la crise. Les gens de Goldman Sachs jouissent aujourd’hui d’un contrôle presque entier du marché des obligations.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Le pouvoir de manipuler un marché est sûrement un des plus grands atouts que peut posséder une entreprise. C’est vrai de tous les secteurs, surtout celui de la finance. </span></p>
<p><span style="font-size: small;">Laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Et je vous assure qu’elle est vraie, car j’y étais.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Le 19 octobre 1987, vous vous souvenez? Le monde fut ébranlé par un krach boursier. L’indice Dow Jones de la bourse de New York a perdu 22 % ce jour-là. Les chutes ont été dramatiques sur toutes les bourses à travers le monde, y compris au Canada. La panique s’était installée partout.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">À 4:30 PM ce jour-là, Raymond Desormeaux, président de McNeil Mantha, un courtier québécois qui était à cette époque le plus gros négociateur et mainteneur de marchés sur les options à la Bourse de Montréal, admettait à un petit groupe d’employés dont je faisais partie que la firme avait perdu beaucoup d’argent durant la journée. J’ai appris plus tard que les pertes pour cette seule journée avaient totalisé 2 millions. C’était gigantesque étant donné que la capitalisation de la firme à l’époque était d’environ 20 millions. C’était 10 % de la firme qui venait de s’envoler en fumée. À ce rythme, nous n’allions pas survivre la semaine.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>La panique profite aux gens du milieu</strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;">Curieusement, Raymond Desormeaux ne semblait pas en proie à la panique. Il nous rassura en disant que les choses iraient mieux demain. </span></p>
<p><span style="font-size: small;">L’internet n’existait pas à l’époque. L’information circulait beaucoup moins vite. Bien des gens n’apprirent la nouvelle du krach qu’aux bulletins de nouvelles en soirée à la télévision. </span><span style="font-size: small;">Avec le recul du temps, il est clair qu’il comprenait ce qui allait arriver. Que ces gens moins bien informés allaient paniquer le lendemain matin et que McNeil Mantha pourrait en tirer profit. </span></p>
<p><span style="font-size: small;">Et c’est ce qui arriva. Avant même l’ouverture de la séance de négociations le 20 octobre, les places boursières étaient inondées d’ordres de vente. Les mainteneurs de marchés à l’emploi de McNeil Mantha avaient la responsabilité d’établir le cours d’ouverture des actions et des options en fonction de l’offre et de la demande. Ce matin-là, ils eurent tout le loisir d’établir ces cours à des niveaux très bas, car il n’y avait que des vendeurs, les seuls acheteurs potentiels étant eux-mêmes. Les marchés ouvrirent donc à des cours très dépréciés, et les mainteneurs de marchés sur le parquet achetèrent tout. Une heure plus tard, tous les ordres de vente ayant été absorbés, les marchés se sont remis à monter, permettant à ces mêmes mainteneurs de marchés de récupérer une bonne partie de leurs pertes de la veille.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">20 ans plus tard, sur une échelle de grandeur sans comparaison avec cette anecdote, il semble qu’il soit toujours possible de manipuler un marché, et que maintenant, les profits que l’on en retire soient gigantesques. Les gens de Goldman Sachs l’ont très bien compris. Warren Buffet aussi.</span></p>
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</span></p>
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