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	<title>CentPapiers &#187; Ministre de l&#8217;Éducation</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Faire des élèves des perroquets</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 14:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je souhaite vous faire part d’une situation extrêmement préoccupante dont j’ai pris connaissance récemment lorsque j’ai été impliqué par le Ministère de l’éducation (loisirs et sport) dans une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire. À mon avis, il s’agit d’un baril de poudre. Les fonctionnaires du MELS ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_12059" class="wp-caption alignleft" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-12059" title="class" src="/wp-content/uploads/2010/03/class.jpg" alt="Photo : Flick foundphotoslj" width="500" height="243" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flick foundphotoslj</p></div>
<p>Je souhaite vous faire part d’une situation extrêmement préoccupante dont j’ai pris connaissance récemment lorsque j’ai été impliqué par le Ministère de l’éducation (loisirs et sport) dans une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire. À mon avis, il s’agit d’un baril de poudre.</p>
<p>Les fonctionnaires du MELS ont ces derniers temps travaillé sur une « commande » émanant du bureau de la Ministre les contraignant à produire ce qu’ils appellent la « Progression des apprentissages ». Ce document avait été annoncé initialement comme étant un outil permettant aux enseignants de mieux cerner les moments (la Ministre a même parlé récemment d’une progression « mois après mois » très réductrice et contraignante pour les enseignants) où ils doivent aborder les contenus et de savoir également jusqu’où ces contenus devaient être approfondis. Il était également présenté comme un moyen de réhabiliter la place des connaissances dans l’enseignement, ce qui n’est peut-être pas, a priori, une si mauvaise idée, étant donné l’état de confusion assez avancé dans lequel les enseignants sont plongés depuis quelques années.</p>
<p>Cependant, après analyse, il apparaît très clairement que ce document entretient des ambitions fort différentes de celles qui avaient été annoncées initialement. Il est apparu à moi-même et à tous mes collègues alors présents qu’en réalité, ce document était profondément maladroit et surtout très dangereux pour le monde de l’éducation secondaire et mettait en péril la réalisation de la mission même de l’école et ce qu’on soit pour ou contre la réforme de l’éducation. Cela pour deux raisons principales :</p>
<p>Premièrement, parce que la manière dont on présente les contenus nous renvoie vingt ans en arrière. On colle tout simplement un verbe à une connaissance. Exemple : « Nommer les différents groupes sanguins ». Cette façon de faire, pourtant abandonnée dans la plupart des pays du monde, pourrait encore se justifier par le choix de revenir aux anciens programmes, mais le véritable problème, c’est que les seuls verbes autorisés sont d’un niveau d’exigence médiocre : « nommer, identifier, associer, définir, choisir, reconnaître, etc. ». Il s’agit ici uniquement d’apprentissages de très bas niveau qui ne présentent que la vertu de pouvoir être vérifiées facilement avec un test « papier-crayon » et pour lesquels le cours magistral suffit à les faire « apprendre ». Le document se suffit donc de faire de nos enfants des perroquets. Exit la réflexion! Nivellement par le bas total.</p>
<p>À titre de comparaison, les anciens programmes, formulés sur le même modèle (verbe + connaissance), ces programmes-là (alors jugés « assommants » et trop linéaires) dont la réforme de l’éducation a tenté de s’éloigner en raison de tous les problèmes qu’ils pouvaient engendrer et qu’on pouvait constater à l’époque (désintérêt, décrochage, désaffection, échecs, perte de sens, etc.), ces programmes-là, donc, utilisaient des verbes qui renvoyaient à des habiletés d’un bien plus haut niveau que le document de la Ministre; des verbes comme « résoudre, expérimenter, justifier, découvrir, expliquer, analyser, démontrer, etc. ». Ô ironie, les ANCIENS programmes étaient donc beaucoup PLUS AMBITIEUX que le document « Progression des apprentissages » de la Ministre. Qu’on soit donc partisan des anciens programmes ou qu’on le soit des nouveaux, qui « se veulent » progressistes, on peut légitimement s’inquiéter, car la Ministère menace par le truchement de ce document de ramener le Québec à l’époque d’AVANT LES ANCIENS programmes, alors que les systèmes éducatifs de partout à travers le monde ne se satisfont plus que de chercher à développer chez leurs élèves des habiletés de haut niveau, pour former des citoyens intelligents et des travailleurs complets. Même les tests internationaux comme le PISA enrichissent de plus en plus leurs épreuves de questions de la « vraie vie » qui font appel à la réflexion et à la bonne utilisation des connaissances, et pas juste à leur existence dans la tête des élèves et à la capacité de ces derniers à les réciter. La menace est donc bien réelle de rater le(s) bateau(x).</p>
<p>Deuxièmement, le document est dangereux parce qu’il contredit explicitement les programmes de formation malgré la prétention qu’il a de les compléter. Par exemple, il ne fait aucune mention des compétences, les fonctionnaires ayant été explicitement interdits de les évoquer, alors que les programmes les présentent comme très importantes, bien que non exclusives. Confusion. De plus, il suggère que les connaissances doivent précéder chronologiquement leur mobilisation, ce qui est contraire aux nouveaux programmes où il est indiqué que les connaissances et leur utilisation doivent être abordées en concomitance. Confusion encore. Il est clair depuis longtemps que la Ministre souhaite revenir à ce qu’elle appelle l’ « essentiel » (comme si les enseignants l’avaient oublié), mais les effets de son document ne seront pas ceux escomptés : en envoyant aux enseignants de tels messages contradictoires à répétition, elle alimente la confusion quant aux cibles que les enseignants doivent atteindre dans leur pratique.</p>
<p>Que l’on soit pour ou contre la réforme, on peut donc facilement anticiper les effets de cette dés-information et de ce recul sur les enseignants : simplification du travail de l’enseignant à des répétitions techniques, démotivation, perte de sens, ingrédients privilégiés du décrochage enseignant. Un phénomène qui n’a pas vraiment besoin d’être alimenté actuellement, puis-je ajouter.</p>
<p>Ce document ressemble de plus en plus à un testament que la Ministre semble vouloir laisser derrière elle (sans consulter, comme d’habitude) et qui est à l’image de toute sa contribution au monde de l’éducation… Qu’elle n’a jamais très bien compris d’ailleurs et qu’elle admet avoir hâte de quitter. Le plus vite possible s’il vous plaît…</p>
<p>Patrice Potvin, habituellement modéré, mais là, vraiment exaspéré.</p>
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		<title>Grève à l’UQAM : l’acharnement de la ministre se poursuit</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 20:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
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		<description><![CDATA[Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<div id="attachment_6160" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6160" title="3159001713_1084ede5ca4" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/03/3159001713_1084ede5ca4.jpg" alt="Photo : Flickr limako" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr limako</p></div>
<p>Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et les embauches de professeurs et qui n’ont eu pour réponse qu’un silence, après que la direction de l’UQAM ait obtenu à sa propre demande un rapport permettant de connaître la situation salariale dans les universités québécoises (le rapport AON) et qui permet de voir très clairement que les demandes syndicales n’ont finalement rien de farfelu (rattrapage salarial de 10% à faire pour une tâche équivalente à ce qui se fait ailleurs), la position de la ministre n’a pas changé : tout laisse croire que des universités québécoises, l’UQAM est celle qu’elle affectionne le moins.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">En effet, les pseudo-offres déposées par la direction de l’UQAM au syndicat des professeurs (SPUQ) la semaine dernière et qui ont été présentées comme finales, même s’il s’agissait des premières depuis 21 mois, témoignent bien du fait que l’UQAM est en réalité en tutelle, puisque ces offres ont émané directement du gouvernement (MELS et Conseil du trésor), sans même qu’on cherche à s’en cacher.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces offres, qui tiennent en 4 pages à double interligne, qui semblent écrites à la hâte et ne ressemblent en rien à l’ombre d’une convention collective, proposent une hausse des salaires de 2% alors que la ministre a pourtant annoncé par le passé et à plusieurs reprises que les demandes syndicales semblaient « raisonnables ». Elle ne semble donc pas en définitive adhérer à l’idée que l’UQAM puisse être aussi importante que les autres universités montréalaises, pas même aussi importantes que les petites constituantes du réseau UQ, comme l’UQAR ou l’UQTR, où les salaires sont meilleurs qu’à l’UQAM. Il ne s’agit donc apparemment pas d’un problème de crise économique, mais d’une question de préférence pure et simple. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces pseudo-offres proposent également l’embauche de 25 professeurs, alors que le syndicat en demande 300, pour réduire l’écart qui existe entre l’UQAM et les autres universités en ce qui a trait au rapport prof/étudiant et qui constitue un bel indicateur de l’importance relative de la charge de travail. Voilà qui est pour le moins surprenant : l’UQAM verra vraisemblablement 35 de ses profs prendre leur retraite la même année. La proposition aura donc pour effet de RÉDUIRE le nombre de professeurs d’une dizaine, alors que le besoin de renforts pour redresser cette institution fragilisée n’a jamais été si évident. Doit-on vraiment rappeler que les professeurs sont le coeur de l’université et que son développement dépend presque entièrement d’eux?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La ministre n’a pas encore compris que l’UQAM n’est plus qu’une « boîte à cours ». Ses professeurs y mènent désormais autant de recherches d’envergure que dans les autres universités québécoises, sans parler des services aux collectivités qui y sont beaucoup mieux développés qu’ailleurs. Dans cette course, les talents sont évidemment précieux, mais pour attirer et retenir ces derniers, il est nécessaire d’au moins pouvoir leur offrir des conditions de travail équivalentes à ce qu’on trouve ailleurs. Actuellement, les munitions manquent à l’UQAM pour qu’elle puisse se tailler une place. Il est difficile de ne pas croire que cette situation plaît à la ministre, tant les gestes qu’elle pose et le discours méprisant qu’elle tient sont révélateurs.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">C’est vrai, les étudiants ACTUELS et les autres employés de l’UQAM font actuellement les frais de la grève. Ils devront cependant comprendre que n’est jamais de gaîté de coeur qu’on se lance dans une telle entreprise : c’est pour déranger. Et pour l’avenir.</span></span></p>
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