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	<title>CentPapiers &#187; humanité</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Après eux, la fin du monde</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 15:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne ressentez-vous pas, vous aussi, avec quelle extrême complaisance morbide
notre société se vautre dans le catastrophisme le plus poisseux ?    Pas un jour sans une mauvaise nouvelle. Certes, c'est un peu le
pain quotidien du brouhaha médiatique,...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ne ressentez-vous pas, vous aussi, avec quelle extrême complaisance morbide<br />
notre société se vautre dans le catastrophisme le plus poisseux ?</p>
<p><a title="Je suis blasée... de Le Monolecte, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6621572467/"><img style="float: right; margin: 0 0 5px 5px;" src="http://farm8.staticflickr.com/7014/6621572467_a9df76cda4.jpg" alt="Je suis blasée..." width="500" height="336" /></a>Pas un jour sans une mauvaise nouvelle. Certes, c&#8217;est un peu le<br />
pain quotidien du brouhaha médiatique, tant il vrai que le <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2006/06/11/196-happiness">bonheur n&#8217;a jamais fait vendre</a> ce papier<br />
qui salit les doigts sans jamais magnifier les esprits. Mais voilà qu&#8217;on en<br />
fait des caisses dans le pessimisme le plus noir, le plus profond, le plus<br />
désespéré possible et que l&#8217;on se repaît sans cesse des images les plus<br />
tragiques et des histoires les plus apocalyptiques avec une sorte de compulsion<br />
malsaine. Ce ne sont plus des informations, des faits, des données, mais une<br />
procession ininterrompue de pénitents qui s&#8217;autoflagellent jusqu&#8217;à ce que toute<br />
la noirceur de leurs pensées égoïstes suinte de cet écorché qu&#8217;ils ont à<br />
montrer au reste du monde.</p>
<h3>C&#8217;est la fin, vous dit-on, c&#8217;est la fin !</h3>
<p>La fin d&#8217;un monde de jouissances sans limites, la fin d&#8217;une société qui se<br />
célèbre comme stade ultime de l’humanité pensante et industrieuse. Regardez<br />
comme <a href="http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12892">ils se<br />
repaissent en boucle de ce naufrage</a>, métaphore inespérée de toutes leurs<br />
autres résignations. À croire que dans un éclair de lucidité folle, le<br />
capitaine a voulu offrir à un modèle à la dérive l&#8217;image parfaite de la bête<br />
agonisante, couchée sur son flanc béant. Et pourtant, derrière cette appétence<br />
malsaine pour le pire-disant, on sent bien l&#8217;inéluctable constriction de la<br />
cosmologie contemporaine autour du nombril de ses thuriféraires. Quand le<br />
transatlantique élégant s&#8217;embrochait vivement sur l&#8217;iceberg terminal, le<br />
paquebot ventru des croisières organisées à la petite semaine se vautre<br />
lamentablement sur l&#8217;éperon timide d&#8217;une mer presque intérieure. Il y a un<br />
contentement non dissimulé dans la litanie des catastrophes incommensurables ou<br />
fantasmées qui égrènent le compte à rebours de l&#8217;effondrement final.</p>
<p>Passé la <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2011/12/20/Comme-des-poulets-sans-tete">sidération<br />
naturelle née de cette massive communication de crise</a>, j&#8217;en viens à<br />
m&#8217;interroger sur la source de cette compulsion fataliste irrépressible. Et je<br />
ressens soudain toute la satisfaction narcissique d&#8217;une génération qui, par<br />
<a href="http://blog.monolecte.fr/post/2005/04/23/83-la-loi-du-nombre">la loi du nombre</a>, a estimé<br />
être la seule à peser réellement sur le destin de l&#8217;espèce, une génération qui<br />
se gausse des révoltes actuelles tant elle se pense détentrice à jamais de<br />
l&#8217;élan contestataire fossilisé dans l&#8217;imaginaire soixantuitard qui accoucha<br />
pourtant de la civilisation la plus brutale, égoïste et ravageuse de par son<br />
inconscience, son refus de se projeter au-delà de son propre espace-temps, de<br />
sa propre durée, de ses seuls désirs et besoins. Le <q>jouir sans entraves</q><br />
est devenu le <q>consommer sans conscience</q>, le <q>posséder sans<br />
partage</q>, l’individualisme le plus mortifère élevé au rang de modèle du<br />
progrès social et humain à jamais indépassable. Et maintenant qu&#8217;ils touchent<br />
du doigt leur propre achèvement, les voilà ulcérés par la nouvelle leur<br />
mortalité, eux qui ont toujours vécu comme si après eux, ce serait la fin du<br />
monde.</p>
<p>En fait de crise, de catastrophe, de sueur, de sang et de larmes chaque jour<br />
offerts à nous comme seul héritage de cette cohorte qui s&#8217;est autoproclamée<br />
glorieuse, il ne s&#8217;agit que d&#8217;un nécessaire retour de balancier, un<br />
réajustement qui ne serait pas si douloureux si les égotismes autocélébrés<br />
comme seule condition humaine possible voulaient bien nous lâcher la grappe&#8230;<br />
et la rampe par la même occasion. Ils ne veulent même pas que nous nous<br />
lamentions sur leurs mausolées indécents, ils exigent de nous que nous nous<br />
immolions dans leur tombe qu&#8217;ils refusent d&#8217;avoir aussi froide et sombre que<br />
celle de tous les autres. Ils ont, en leurs derniers instants, des compulsions<br />
pharaoniques pour un grand suicide narcissique.</p>
<p>Que le monde leur semble cruel au moment où il devient évident qu&#8217;il ne<br />
supportera guère plus longtemps de porter le fardeau de leur<br />
inconséquence ! Qu&#8217;il leur semble injuste de devoir procéder à quelques<br />
menus arbitrages dans la palette des plaisirs terrestres qu&#8217;ils se sont<br />
octroyés, alors que leur descendance est priée de régler dans la peine et<br />
l&#8217;abnégation, la note de frais qu&#8217;ils laissent derrière eux.</p>
<p>D&#8217;où cette fascination obscène pour les signes qui annoncent infailliblement<br />
que cette Terre qu&#8217;ils vont bientôt devoir quitter ne tournera plus rond sans<br />
eux. D&#8217;où ces images de mort, de fin, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2005/07/14/112-terrorisme-et-relativisme-historique">d&#8217;effondrement</a>,<br />
de naufrage, qui tournent en boucle dans les regards à facettes d&#8217;un monde<br />
d&#8217;écrans, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/04/22/Peur">un monde de peur</a>, un monde de<br />
<a href="http://blog.monolecte.fr/post/2006/07/13/Egoistes">petits vieux égoïstes</a> et brutaux.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=2ed76a5e-547e-82bd-ace7-679d3559c2b5" alt="" /></div>
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		<item>
		<title>Amour à mort</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/amour-a-mort/91778</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 15:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<category><![CDATA[moment]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne suis pas encore assez cynique pour te souhaiter la bonne année.    Ou
alors je te la souhaiterais courte, bien courte, avec effet rétroactif.
Non pas que je ne t'aime pas. Bien au contraire. C'est bien parce que je
t'aime.


Cela fait cinq ans ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne suis pas encore assez cynique pour te souhaiter la bonne année.</p>
<p><a title="Couchant de Le Monolecte, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6601134055/"><img style="float: right; margin: 0 0 5px 5px;" src="http://farm8.staticflickr.com/7008/6601134055_803744290a.jpg" alt="Couchant" width="500" height="336" /></a>Ou<br />
alors je te la souhaiterais courte, bien courte, avec effet rétroactif.<br />
Non pas que je ne t&#8217;aime pas. Bien au contraire. C&#8217;est bien parce que je<br />
t&#8217;aime.</p>
<blockquote><p><q>Cela fait cinq ans et deux mois.</q></p></blockquote>
<p>Il a annoncé ça entre la poire et le fromage et je l&#8217;ai pris en pleine face,<br />
comme une sentence.<br />
Putain, cinq ans !<br />
Je n&#8217;arrive juste pas à imaginer ce que cela représente pour toi&#8230; vraiment.<br />
Je n&#8217;y arrive juste pas, comme je n&#8217;arrive toujours pas à me représenter la<br />
mort, ce grand néant, ce grand rien. Non, même pas du rien. Quelque chose de<br />
profondément inhumain et de définitivement hors de notre portée intellectuelle.<br />
Enfant, au cœur de la nuit, quand il n&#8217;y avait plus ni bruit ni lumière, je<br />
tentais de ne plus exister pour imaginer le moment où je ne serais plus. Et je<br />
me noyais immédiatement dans un flot de terreur pure dont j&#8217;émergeais aussitôt<br />
d&#8217;un sursaut nauséeux.<br />
Un peu comme pour toi.<br />
Sauf que je ne peux pas m&#8217;empêcher de me dire que ce qui t&#8217;arrive est encore<br />
pire. Pire et monstrueux dans sa simplicité indicible.</p>
<p>Je ne vais presque plus te voir.<br />
Non pas que l&#8217;odeur douceâtre et pénétrante de ta chair qui se putréfie<br />
lentement me dérange plus que cela. Ou ton visage émacié qui ne te ressemble<br />
plus depuis longtemps, si longtemps. Ou ton regard fou qui traverse<br />
l&#8217;insubstance du temps et des êtres et dont je n&#8217;ose pas imaginer ce qu&#8217;il peut<br />
bien voir, depuis tout ce temps, comme si tes yeux étaient la porte d&#8217;entrée<br />
vers ce non-monde qui nous terrifie encore tous tellement. Ou même tes<br />
gémissements lugubres qui glissent sur la moquette feutrée, hors de ta<br />
chambre-nécropole et nous rattrape dans l&#8217;escalier quant on se croit enfin<br />
partis. Ni tes hurlements de douleur animale quand l&#8217;infirmière doit te vider<br />
le rectum pour que tu ne meures pas empoisonnée par tes pauvres fèces à moitié<br />
pétrifiées. Ni ta bouche sèche et béante qui s&#8217;acharne à pomper encore quelques<br />
décilitres d&#8217;air comme un poisson affolé. Ni ton souffle noyé par tes propres<br />
crachats. Ni ta prison de chair qui fond, qui se rétrécit, mais ne te lâche<br />
pas. Ni même ce masque mortuaire qui te sert de visage et qui se déforme en un<br />
obscène masque de douleur surhumaine quand, par hasard, ton esprit reste<br />
quelques secondes suspendu avec nous et que tout ton être se fige dans<br />
l&#8217;immonde révélation de l&#8217;horreur de ta situation.<br />
Non, rien de toute ton agonie qui n&#8217;en finit plus n&#8217;est insurmontable pour<br />
moi.<br />
Ce que je ne supporte plus, c&#8217;est nous.</p>
<p>Nos mots creux. Nos sourires factices. Notre comédie polie et civilisée. Son<br />
amour insensé qui te maintient en vie, alors que tout cela, pour moi, n&#8217;est ni<br />
de la vie, ni de l&#8217;amour.<br />
Parce que si c&#8217;est ça, l&#8217;amour, je veux bien m&#8217;en passer jusqu&#8217;à la fin de mes<br />
jours. Surtout à la fin de mes jours. Je veux que personne n&#8217;ait besoin de moi<br />
au point de me refuser une sortie digne du théâtre de l&#8217;existence. Je veux que<br />
nul ne puisse s&#8217;arroger le droit de me faire durer au-delà du terme décent de<br />
ma vie, juste pour s&#8217;offrir une sorte de rédemption morbide. Je ne veux juste<br />
pas qu&#8217;un amour m&#8217;enferme jusqu&#8217;à la totale négation de mon être, jusqu&#8217;à ce<br />
que je ne sois plus que l&#8217;incarnation débile et racornie de regrets qui n&#8217;ont<br />
plus lieu d&#8217;être. Si je devais un jour me retrouver réduite à ce simulacre<br />
d&#8217;existence, je voudrais juste que quelqu&#8217;un ait assez de force et d&#8217;amour pour<br />
moi, justement, pour me coller un oreiller sur la gueule, le temps qu&#8217;il faut,<br />
capable de comprendre que l&#8217;amour n&#8217;est pas ce qui garde, ce qui maintient, ce<br />
qui enferme, ce qui prolonge à tout prix, mais bien ce qui élève et ce qui<br />
libère l&#8217;autre, même au dépens de soi.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=653e616a-5a2b-8c3b-94eb-ae13ba72c882" alt="" /></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Amour à mort</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/amour-a-mort-2/92352</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/amour-a-mort-2/92352#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 15:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je ne suis pas encore assez cynique pour te souhaiter la bonne année.    Ou
alors je te la souhaiterais courte, bien courte, avec effet rétroactif.
Non pas que je ne t'aime pas. Bien au contraire. C'est bien parce que je
t'aime.


Cela fait cinq ans ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne suis pas encore assez cynique pour te souhaiter la bonne année.</p>
<p>    <a href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6601134055/" title="Couchant de Le Monolecte, sur Flickr"><img src="http://farm8.staticflickr.com/7008/6601134055_803744290a.jpg" alt="Couchant" style="float: right; margin: 0 0 5px 5px;" height="336" width="500" /></a>Ou<br />
alors je te la souhaiterais courte, bien courte, avec effet rétroactif.<br />
Non pas que je ne t&#8217;aime pas. Bien au contraire. C&#8217;est bien parce que je<br />
t&#8217;aime.</p>
<blockquote>
<p><q>Cela fait cinq ans et deux mois.</q></p>
</blockquote>
<p>Il a annoncé ça entre la poire et le fromage et je l&#8217;ai pris en pleine face,<br />
comme une sentence.<br />
Putain, cinq ans !<br />
Je n&#8217;arrive juste pas à imaginer ce que cela représente pour toi&#8230; vraiment.<br />
Je n&#8217;y arrive juste pas, comme je n&#8217;arrive toujours pas à me représenter la<br />
mort, ce grand néant, ce grand rien. Non, même pas du rien. Quelque chose de<br />
profondément inhumain et de définitivement hors de notre portée intellectuelle.<br />
Enfant, au cœur de la nuit, quand il n&#8217;y avait plus ni bruit ni lumière, je<br />
tentais de ne plus exister pour imaginer le moment où je ne serais plus. Et je<br />
me noyais immédiatement dans un flot de terreur pure dont j&#8217;émergeais aussitôt<br />
d&#8217;un sursaut nauséeux.<br />
Un peu comme pour toi.<br />
Sauf que je ne peux pas m&#8217;empêcher de me dire que ce qui t&#8217;arrive est encore<br />
pire. Pire et monstrueux dans sa simplicité indicible.</p>
<p>Je ne vais presque plus te voir.<br />
Non pas que l&#8217;odeur douceâtre et pénétrante de ta chair qui se putréfie<br />
lentement me dérange plus que cela. Ou ton visage émacié qui ne te ressemble<br />
plus depuis longtemps, si longtemps. Ou ton regard fou qui traverse<br />
l&#8217;insubstance du temps et des êtres et dont je n&#8217;ose pas imaginer ce qu&#8217;il peut<br />
bien voir, depuis tout ce temps, comme si tes yeux étaient la porte d&#8217;entrée<br />
vers ce non-monde qui nous terrifie encore tous tellement. Ou même tes<br />
gémissements lugubres qui glissent sur la moquette feutrée, hors de ta<br />
chambre-nécropole et nous rattrape dans l&#8217;escalier quand on se croit enfin<br />
partis. Ni tes hurlements de douleur animale quand l&#8217;infirmière doit te vider<br />
le rectum pour que tu ne meures pas empoisonnée par tes pauvres fèces à moitié<br />
pétrifiées. Ni ta bouche sèche et béante qui s&#8217;acharne à pomper encore quelques<br />
décilitres d&#8217;air comme un poisson affolé. Ni ton souffle noyé par tes propres<br />
crachats. Ni ta prison de chair qui fond, qui se rétrécit, mais ne te lâche<br />
pas. Ni même ce masque mortuaire qui te sert de visage et qui se déforme en un<br />
obscène masque de douleur surhumaine quand, par hasard, ton esprit reste<br />
quelques secondes suspendu avec nous et que tout ton être se fige dans<br />
l&#8217;immonde révélation de l&#8217;horreur de ta situation.<br />
Non, rien de toute ton agonie qui n&#8217;en finit plus n&#8217;est insurmontable pour<br />
moi.<br />
Ce que je ne supporte plus, c&#8217;est nous.</p>
<p>Nos mots creux. Nos sourires factices. Notre comédie polie et civilisée. Son<br />
amour insensé qui te maintient en vie, alors que tout cela, pour moi, n&#8217;est ni<br />
de la vie, ni de l&#8217;amour.<br />
Parce que si c&#8217;est ça, l&#8217;amour, je veux bien m&#8217;en passer jusqu&#8217;à la fin de mes<br />
jours. Surtout à la fin de mes jours. Je veux que personne n&#8217;ait besoin de moi<br />
au point de me refuser une sortie digne du théâtre de l&#8217;existence. Je veux que<br />
nul ne puisse s&#8217;arroger le droit de me faire durer au-delà du terme décent de<br />
ma vie, juste pour s&#8217;offrir une sorte de rédemption morbide. Je ne veux juste<br />
pas qu&#8217;un amour m&#8217;enferme jusqu&#8217;à la totale négation de mon être, jusqu&#8217;à ce<br />
que je ne sois plus que l&#8217;incarnation débile et racornie de regrets qui n&#8217;ont<br />
plus lieu d&#8217;être. Si je devais un jour me retrouver réduite à ce simulacre<br />
d&#8217;existence, je voudrais juste que quelqu&#8217;un ait assez de force et d&#8217;amour pour<br />
moi, justement, pour me coller un oreiller sur la gueule, le temps qu&#8217;il faut,<br />
capable de comprendre que l&#8217;amour n&#8217;est pas ce qui garde, ce qui maintient, ce<br />
qui enferme, ce qui prolonge à tout prix, mais bien ce qui élève et ce qui<br />
libère l&#8217;autre, même au dépens de soi.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" alt="" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=653e616a-5a2b-8c3b-94eb-ae13ba72c882" /></div>
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		</item>
		<item>
		<title>La géothermie fait un pas en avant grâce à l&#8217;EGS</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-geothermie-fait-un-pas-en-avant-grace-a-legs/90877</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/la-geothermie-fait-un-pas-en-avant-grace-a-legs/90877#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 05:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gauthier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«Energy production and energy consumption cause more environmental damage than any other peacetime activity on earth. » Christine Ervin, U.S DOE. Problème des énergies fossiles : Aujourd’hui, l’utilisation par l’humanité de quantités considérables de combustibles fossiles est à l’origine d’un déséquilibre important du cycle du carbone, ce qui provoque une augmentation de la concentration de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/la-geothermie-fait-un-pas-en-avant-grace-a-legs/90877/image-ecologie" rel="attachment wp-att-90878"><img class="aligncenter size-medium wp-image-90878" title="image ecologie" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/12/image-ecologie-510x380.jpg" alt="" width="510" height="380" /></a><br />
«Energy production and energy consumption cause more environmental damage than any other peacetime activity on earth. » Christine Ervin, U.S DOE.<br />
<strong><br />
Problème des énergies fossiles :</strong></p>
<p>Aujourd’hui, l’utilisation par l’humanité de quantités considérables de combustibles fossiles est à l’origine d’un déséquilibre important du cycle du carbone, ce qui provoque une augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre et, par voie de conséquence, entraîne des changements climatiques. L’ONU rappelait en 2007 dans son rapport GEO-4 que la « combustion des carburants fossiles dans les centrales électriques et dans les véhicules est la principale source d’émissions de CO2, de SO2 et de NOx », précisant que « les liens entre l’exposition aux polluants atmosphériques et les problèmes sanitaires humains ne font aucun doute. Dans les premières années de notre décennie, on estime que la pollution de l’air a été à l’origine de 70 000 morts prématurées par an aux États-Unis et de 5 900 au Canada. On sait qu’elle favorise l’asthme, dont l’augmentation du nombre de cas est importante, en particulier chez les enfants. Le mercure émis lors de la combustion du charbon dans les centrales électriques entre dans la chaîne alimentaire, affectant les peuples indigènes du Nord plus que tout autre Nord Américain (…). Ses effets sur la santé peuvent être très graves » <a href="#liens">(1)</a>.</p>
<p>La géopolitique du pétrole décrit l’impact des besoins en pétrole, matière première devenue essentielle à la vie économique mondiale, sur le comportement des pays les plus puissants. Les gisements de pétrole étant limités et leur emplacement géographique ne coïncidant généralement pas avec celui des pays consommateurs, l’exploitation des ressources pétrolifères est source de tension. Les pays consommateurs, généralement de grandes puissances militaires, sont alors tentés d’employer des moyens violents pour avoir accès à ces ressources. Le pétrole, matière hautement stratégique, est fréquemment associé aux affrontements internationaux depuis le début du XXe siècle <a href="#liens">(2)</a>.</p>
<p>La combustion de combustibles fossiles génère des acides sulfuriques, carboniques et nitriques, qui retombent sur Terre sous formes de pluies acides. Les combustibles fossiles contiennent aussi des matières radioactives, principalement de l’uranium et du thorium, qui sont libérées dans l’atmosphère. En 2000, environ 12 000 tonnes de thorium et 5 000 tonnes d’uranium ont été relâchés dans le monde entier due à la combustion du charbon <a href="#liens">(3)</a>.<br />
<strong><br />
Les centrales électriques géothermiques :</strong><br />
L’usage de la géothermie remonte aux grandes civilisations de l’antiquité pour la construction de thermes. Mais son intérêt sur ses autres capacités fut suscité qu’au début du 20ème siècle par le Prince italien Piero Ginori Conti, utilisant le flux géothermique pour une génération électrique. Bien que ces qualités furent connues et utilisées à basse échelle pendant plus de 80 ans, ce n’est que depuis trois décennies que la curiosité se développe sur cette ressource <a href="#liens">(4)</a>. La dernière technologie implantée dans les centrales géothermiques pour convertir l&#8217;énergie thermique en énergie électrique est le &laquo;&nbsp;binary cycle&nbsp;&raquo;. Le principe permet de transférer la chaleur des fluides provenant du réservoir à ceux se dirigeant vers l’installation électrique sans qu’ils ne se mélangent <a href="#liens">(5)</a>. Cela a deux atouts : ne laisser échapper aucun gaz à effet de serre présent dans le réservoir <a href="#liens">(6)</a>, et se servir de fluides ayant un point d&#8217;ébullition bas, permettant ainsi d&#8217;élargir la quantité de sites exploitables <a href="#liens">(7)</a>. La centrale de Chena Hot Springs en est l’un des meilleurs exemples fonctionnant avec un gaz élevé à seulement 57°C <a href="#liens">(8 )</a>. De surplus, la production électrique par géothermie ne nécessite pas un transport de la matière première contrairement aux énergies fossiles ou au biocarburant <a href="#liens">(9)</a>. De nos jours le MIT recommande aux USA de participer activement aux projets de développement de l&#8217;énergie géothermique des pays étrangers <a href="#liens">(10)</a>.</p>
<p><strong>Un pas en avant grâce à L&#8217;EGS :</strong><br />
L’Enhanced Geothermal System (EGS) est un procédé récemment mis au point pour améliorer l&#8217;exploitation des ressources thermiques de la planète, Les premiers essais furent réalisés à Fenton Hill dans les années 70 <a href="#liens">(11)</a>. Contrairement à la géothermie classique, l&#8217;EGS ne nécessite pas de réservoir préalable, celui-ci est directement formé en cisaillant la roche par voie hydraulique ou chimique. Cette technique a donc le précieux avantage de permettre une exploitation presque planétaire de cette énergie si le site dispose d&#8217;un sous-sol avec une température suffisamment élevée et aux fracturations naturelles propice pour le développement d&#8217;une telle centrale <a href="#liens">(12)</a>. Le MIT évalue les ressources thermiques aux USA à plus de 13 000 zettajoules(* ) avec une proportion raisonnable extractible excédant les 200 zettajoules : soit l’équivalent de 2 000 fois la consommation annuel d’énergie primaire des américains en 2005. Grâce aux améliorations technologiques, la quantité exploitable pourrait être multipliée par 10 <a href="#liens">(13)</a>. Ces experts pensent qu&#8217;il serait envisageable sur le long terme d&#8217;utiliser le CO2 comme fluide caloporteur, afin d’accroitre les performances du réservoir grâce à ses vertus en conditions supercritique, permettant de même une séquestration de grands volumes de ce gaz à effet de serre <a href="#liens">(14)</a>. Le MIT estime qu&#8217;en utilisant cette technique, un réservoir géothermique pourrait être considéré comme ressource entièrement renouvelable si moins de 10% par an de son énergie évalué en est extraite <a href="#liens">(15)</a><a name="liens"></a>.</p>
<p>(* ) ZettaJoules : mille milliards de milliards de joules.<br />
(1) <a title="impactes sanitaires" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_fossile#Impacts_sanitaires" target="_blank">impactes sanitaires</a><br />
(2) <a title="géopolitique du pétrole" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9opolitique_du_p%C3%A9trole" target="_blank">géopolitique du pétrole</a><br />
(3) <a title="effets environnementaux" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fossil_fuel#Environmental_effects" target="_blank">effets environnementaux</a><br />
(4) <a title="histoire de la géothermie" href="http://www.geothermal-energy.org/files-11.html" target="_blank">histoire de la géothermie : page 3, paragraphe : « Present use and potential of geothermal »</a><br />
(5) <a title="Technique binary cycle" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Geothermal_power#Binary_cycle_power_plants" target="_blank">Technique binary cycle</a><br />
(6) <a title="technique sans gaz à effet de serre" href="http://www1.eere.energy.gov/geothermal/pdfs/evaluation_egs_tech_2008.pdf" target="_blank">technique sans gaz à effet de serre : page 7 : « If the plant uses a<br />
closed-loop binary cycle… »</a><br />
(7) <a href="http://www.geothermal-energy.org/326,other_documents.html" target="_blank">« Geothermal brochure – updated in April 2010? p3 : « In a binary cycle plant of Organic Rankine Cycle (ORC)<br />
type the geothermal fluid (water, steam or both) »</a><br />
(8 ) <a href="http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0375650508000576" target="_blank">« the system could provide sufficient hot fluids (~57 °C) to run a 400-kWe binary power plant »</a><br />
(9) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">p40 : « Unlike fossil and biomass fuels, geothermal energy is not processed and transported over great distances »</a><br />
(10) <a title="recommandations" href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">Recommandation du MIT : page 21, paragrahe 5-</a><br />
(11) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">p 18, paragraphe 4 : « EGS technology has advanced since its infancy in the 1970s at Fenton Hill »</a><br />
(12) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">page 115 : « The most important conclusion… »</a><br />
(13) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">p 18, paragraphe 2 : « we have estimated the total EGS<br />
resource base to be more than 13 million exajoules… »</a><br />
(14) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">p19 : « For the longer term, using CO2… »</a><br />
(15) <a href="http://geothermal.inel.gov/publications/future_of_geothermal_energy.pdf" target="_blank">page 97 : « However, as long as the fraction of stored heat that is being mined in any year is a small fraction (&lt;10%)… »<br />
</a></p>
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		<title>L&#8217;Autre Monde 21 novembre 2011: Fukushima, Goldman Sachs s&#8217;empare de l&#8217;Europe et la guerre se prépare contre la Syrie et l&#8217;Iran</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Nov 2011 05:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Marginean</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’Autre Monde 14 novembre 2011: Fukushima &#38; l’élite financière fracasse et prend contrôle de l’Europe Pour écouter, ou pour télécharger, simplement cliquer sur le lien ici: L’Autre Monde 21 novembre 2011 120 min / Radio de l’UQAM, CHOQ FM &#160; &#160; &#160; Au programme cette semaine: - Actualité mondiale &#8211; suivi de la situation avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bp1.blogger.com/_IgsjM-W_tDQ/R7Xpqu_A3nI/AAAAAAAAA78/_FJXXAIZYew/s1600-h/Logo_Choq_Fondblanc_300px.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5167293067853618802" src="http://bp1.blogger.com/_IgsjM-W_tDQ/R7Xpqu_A3nI/AAAAAAAAA78/_FJXXAIZYew/s320/Logo_Choq_Fondblanc_300px.jpg" alt="" width="366" height="83" border="0" /></a></p>
<p><a href="http://bp2.blogger.com/_IgsjM-W_tDQ/R7Xpq-_A3oI/AAAAAAAAA8E/-Ox67eAKykA/s1600-h/autremonde+JEUDI.jpg"><br />
</a></p>
<div><a href="http://1.bp.blogspot.com/_IgsjM-W_tDQ/TVKM1kxmlrI/AAAAAAAACNI/A9xxVRBrv7g/s1600/autremondeHiver2011.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5571670541043406514" src="http://1.bp.blogspot.com/_IgsjM-W_tDQ/TVKM1kxmlrI/AAAAAAAACNI/A9xxVRBrv7g/s400/autremondeHiver2011.jpg" alt="" width="499" height="130" border="0" /></a></div>
<p><strong>L’Autre Monde 14 novembre 2011: Fukushima &amp; l’élite financière fracasse et prend contrôle de l’Europe</strong></p>
<p><em>Pour écouter, ou pour télécharger, simplement cliquer sur le lien ici:</em></p>
<p><a href="http://archives.choq.fm/2011-10-17/128_129.mp3"><br />
</a><strong></strong></p>
<p><a href="http://archives.choq.fm/2011-11-21/128_129.mp3"><span style="font-size: large;"><strong>L’Autre Monde 21 novembre 2011</strong></span></a><br />
<span style="font-size: large;"> 120 min / Radio de l’UQAM, <a href="http://www.choq.fm/lautremonde.html">CHOQ FM</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><object width="500" height="369" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/AvaHCooEJDU?version=3&amp;hl=en_US&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="500" height="369" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/AvaHCooEJDU?version=3&amp;hl=en_US&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration: underline; color: #000000;"><strong>Au programme cette semaine:</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>- Actualité mondiale &#8211; suivi de la situation avec l&#8217;Iran, Israël, la Syrie et le développement vers un conflit majeur</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>- Économie &#8211; Goldman Sachs prend contrôle de l&#8217;Europe avec le reste des banquiers privés internationaux.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>- Fukushima et le nucléaire.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong> C&#8217;est en rendez-vous le lundi dès 15h pour l&#8217;émission la plus écoutée de CHOQ FM, la radio officielle de l&#8217;Université du Québec à Montréal !</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: medium;"><a href="http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/2011/11/lautre-monde-21-novembre-2011-fukushima.html"><strong>***Hyperliens vers les sources des informations discutées sur l&#8217;émission***</strong></a></span></p>
<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/lautre-monde-21-novembre-2011-fukushima-goldman-sachs-sempare-de-leurope-et-la-guerre-se-prepare-contre-la-syrie-et-liran/87871/3091287-4412016" rel="attachment wp-att-87874"><img class="alignnone size-full wp-image-87874" title="3091287-4412016" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/11/3091287-4412016.jpg" alt="" width="339" height="200" /></a></p>
<p>CHOQ.FM &#8211; François Marginean pour l&#8217;Autre Monde &#8211; 21 Novembre 2011 &#8211; L&#8217;intégrale</p>
<p>Retrouvez tous les liens sur le blog « Les Nouvelles Internationales » ici :<br />
<a title="http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/2011/11/lautre-monde-21-novembre-2011-fukushima.html" dir="ltr" href="http://www.youtube.com/redirect?q=http%3A%2F%2Flesnouvellesinternationales.blogspot.com%2F2011%2F11%2Flautre-monde-21-novembre-2011-fukushima.html&amp;session_token=2svqwEWA9d1nVD4g0K3xGVXT6n18MTMyMjQ0NTI4OEAxMzIyMzU4ODg4" rel="nofollow" target="_blank" data-redirect-href-updated="true">http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/2011/11/l&#8230;</a></p>
<p>L&#8217;Autre Monde du 21 Novembre 2011 découpé par sujets traités c&#8217;est ici :<br />
<a title="http://www.youtube.com/playlist?list=PL842FCB5BABF7EDA3&amp;feature=viewall" dir="ltr" href="http://www.youtube.com/playlist?list=PL842FCB5BABF7EDA3&amp;feature=viewall" rel="nofollow" target="_blank">http://www.youtube.com/playlist?list=PL842FCB5BABF7EDA3&amp;a&#8230;</a></p>
<p>Télécharger l&#8217;émission intégrale du 21 Novembre 2011 pour une écoute audio au format mp3 ici :<br />
<a title="http://archives.choq.fm/2011-11-21/128_129.mp3" dir="ltr" href="http://archives.choq.fm/2011-11-21/128_129.mp3" rel="nofollow" target="_blank">http://archives.choq.fm/2011-11-21/128_129.mp3</a></p>
<p>Le blog de l&#8217;Autre Monde c&#8217;est ici :<br />
<a title="http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/" dir="ltr" href="http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/" rel="nofollow" target="_blank">http://lesnouvellesinternationales.blogspot.com/</a></p>
<p>François Marginean sur les 7 du Québec :<br />
<a title="http://les7duquebec.wordpress.com/category/francois-marginean/" dir="ltr" href="http://les7duquebec.wordpress.com/category/francois-marginean/" rel="nofollow" target="_blank">http://les7duquebec.wordpress.com/category/francois-margi&#8230;</a></p>
<p>François Marginean sur Centpapiers :<br />
<a title="http://www.centpapiers.com/author/fran%C3%A7ois-marginean" dir="ltr" href="../author/fran%C3%A7ois-marginean" rel="nofollow" target="_blank">http://www.centpapiers.com/author/fran%C3%A7ois-marginean</a></p>
<p>Pour vous abonner en Podcast à l&#8217;Autre Monde, utilisez ce lien :<br />
<a title="http://archives.choq.fm/xml/lautremonde.xml#" dir="ltr" href="http://archives.choq.fm/xml/lautremonde.xml#" rel="nofollow" target="_blank">http://archives.choq.fm/xml/lautremonde.xml#</a></p>
<p>Pour vous abonner aux tweets de l&#8217;Autre Monde c&#8217;est ici :<br />
<a title="http://twitter.com/choqlautremonde" dir="ltr" href="http://twitter.com/choqlautremonde" rel="nofollow" target="_blank">http://twitter.com/choqlautremonde</a></p>
<p>La chaine principale Youtube de l&#8217;Autre Monde :</p>
<p>www.youtube\user\stef2892</p>
<p>La chaine de secours N°1 :</p>
<p>www.youtube\user\choqlautremonde</p>
<p>La chaine de secours N°2</p>
<p>www.youtube\user\choqfmlautremonde</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Je suis un danseur brésilien</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 23:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Peut-être que le meilleur dans la vie, c'est l'impromptu, le moment que l'on
n'attendait pas et qui change tout, ou rien, mais en fait, cela n'a aucune
importance.    
C'est un soir comme un autre, avec cette petite flemme en plus de
devoir poursuivre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être que le meilleur dans la vie, c&#8217;est l&#8217;impromptu, le moment que l&#8217;on<br />
n&#8217;attendait pas et qui change tout, ou rien, mais en fait, cela n&#8217;a aucune<br />
importance.</p>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;"><a title="Dance gasconne de Le Monolecte, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/4789685020/"><img style="float: right; margin: 0 0 5px 5px;" src="http://farm5.staticflickr.com/4082/4789685020_1d89b06570.jpg" alt="Dance gasconne" width="320" height="500" /></a>C&#8217;est un soir comme un autre, avec cette petite flemme en plus de<br />
devoir poursuivre la routine, et il dit juste : <q>sortons !</q><br />
Comme ça, pour rien, juste voir ailleurs si on y est. Cela nous arrive de temps<br />
à autre, peut-être un peu moins souvent, maintenant que tout compte, que<br />
l&#8217;argent se raréfie comme l&#8217;eau de la dernière pluie s&#8217;évapore dans le<br />
désert.</p>
<p>Parfois, on tombe bien, d&#8217;autres fois, on mange des portes, ou des cloportes,<br />
la fermeture annuelle, le congé à durée indéterminée, le changement de patron,<br />
et puis non, c&#8217;est complet et puis, manifestement, on n&#8217;est pas dans le ton,<br />
dans l&#8217;ambiance. Bref, c&#8217;est toujours l&#8217;aventure.</p>
<p>Là, on est seuls, tellement seuls qu&#8217;on se dit qu&#8217;ils vont fermer de désespoir<br />
de nous voir si seuls. Je lui avais parlé de mes Brésiliens, de cette<br />
rencontre, déjà formidable, que j&#8217;avais faite en Allemagne lors de <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2010/06/29/Esperanto-me">la remise de mon Bob&#8217;s</a>. Et puis peut-être<br />
que ça allait bien avec les couleurs de l&#8217;automne, ou qu&#8217;il fallait juste<br />
conjurer l&#8217;hiver qui approche, lentement mais sûrement.</p>
<ul>
<li><q>En fait, on n&#8217;ouvre que dans 20 minutes.</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">Ha ! D&#8217;habitude, le Gascon nous éclate les arpions avec son volet de fer à<br />
peu près à la même heure, ils bouffent comme les poules dans le bled. À 20h<br />
pétantes, c&#8217;est la ville fantôme et les regards assassins des serveurs pressés<br />
de fermer boutique. Il y en avait un qui annonçait de manière extravagante et<br />
quelque peu exagérée un service jusqu&#8217;à 22 h. Je m&#8217;y pointe un soir d&#8217;été,<br />
après une longue boucle à vélo, affamée, sur les coups de 21 h 30. La<br />
serveuse vient de prendre la commande de mes amis que j&#8217;ai rejoints sur<br />
place : deux pizzas qui me semblent être les meilleures choses produites<br />
par la main de l&#8217;homme. Elle passe un certain temps à faire mine de ne pas me<br />
voir. Je suis un angle mort de la restauration, c&#8217;est comme ça. Je m&#8217;installe à<br />
une table, je m&#8217;accoude à un bar et subitement, tout le personnel devient sourd<br />
et aveugle. Il n&#8217;est pas rare que je reparte sans que quiconque n&#8217;ait daigné<br />
m&#8217;adresser la parole. Avec le temps et l&#8217;expérience, j&#8217;ai appris à agiter les<br />
bras comme le drapeau d&#8217;un commissaire de course, voire à beugler mon<br />
insatisfaction sur le ton indigné d&#8217;une corne de brume. Je crois que je<br />
pourrais aussi bien me coiffer de ma culotte et danser le <em>french<br />
cancan</em> sur la table.<br />
Au bout d&#8217;un moment moins long que mon agacement et ma faim torride me le font<br />
ressentir, elle revient avec les objets du délice, sans toutefois parvenir à<br />
accrocher mon regard de cocker mendiant. Mon ami finit par lui demander de<br />
prendre ma commande, ce qu&#8217;elle consent avec une mauvaise grâce plus pesante<br />
qu&#8217;un article d&#8217;Alain Minc pour me signifier sèchement qu&#8217;ils ne font plus de<br />
pizzas, ni de pâtes, ni rien de ce que je veux et que mon estomac réclame avec<br />
une exigence grandissante. Elle me concède une salade composée qui me désespère<br />
et prend la commande de pizzas des clients de la table d&#8217;à côté dans l&#8217;élan.<br />
Juste assez fort pour être bien certaine que je l&#8217;entends.</p>
<ul>
<li><q>Mais vous pouvez tout à fait patienter au bar en attendant.</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">Il nous sourit comme si nous étions de vieux amis qu&#8217;il n&#8217;a pas vus depuis<br />
longtemps et nous pilote vers le bar sur un pas de salsa. Je n&#8217;ai même pas<br />
encore commandé mon <em>mojito</em> que je sais déjà qu&#8217;avec lui, ça va le<br />
faire. Il ondule en nous préparant nos cocktails et entreprend de nous<br />
commenter la carte. Ce n&#8217;est pas qu&#8217;il est particulièrement gracieux, ou<br />
charmant, ou abordable, ou spécialement affable, c&#8217;est juste qu&#8217;il est<br />
merveilleusement bien là où il est, ici et maintenant.</p>
<ul>
<li><q>Oui, oui, ça, c&#8217;est vraiment délicieux, vous allez adorez :<br />
d&#8217;ailleurs, je sais de quoi je parle, c&#8217;est moi qui l&#8217;ai préparé cet<br />
après-midi.</q></li>
<li><q>Vous êtes cuisinier ?</q></li>
<li><q>Non, je suis danseur.</q></li>
<li><q>Haaa ! Brésilien ?</q></li>
<li><q>Non, pas du tout, mais j&#8217;y ai vécu un temps. Je suis juste venu donner<br />
un coup de main au patron, qui est un ami.</q></li>
<li><q>Mais&#8230; qu&#8217;est-ce qu&#8217;un danseur de salsa peut bien faire dans le<br />
bled ?</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">Et là, c&#8217;est parti. Il me raconte juste sa vie. Avec simplicité. Et légèreté.<br />
C&#8217;est ça que j&#8217;ai tout de suite repéré chez lui : ce petit quelque chose<br />
de complètement aérien. Il aime la danse et la danse le lui rend bien. Grâce à<br />
son art, sa passion, il a fait le tour du monde et lui aussi, il a fait des<br />
rencontres extraordinaires.</p>
<ul>
<li><q>Mais ça n&#8217;a pas toujours été facile pour moi. Tenez, au début, je ratais<br />
tout. J&#8217;avais une audition, je me préparais comme un fou, j&#8217;y allais, à fond<br />
dans le moment, bouffé par le trac et je me plantais. À chaque fois, je me<br />
plantais. Mais j&#8217;avais tellement envie de réussir, tellement besoin de danser.<br />
Un matin, je me suis levé et je me suis juste dit : </q><q>bon, après tout, ce<br />
n&#8217;est jamais qu&#8217;une audition, ce n&#8217;est pas comme si ma vie en dépendait</q>.<br />
Sauf que c&#8217;était ça. Jusqu&#8217;à ce jour, j&#8217;allais à chaque audition comme si toute<br />
ma vie en dépendait. Là, j&#8217;y suis allé, comme ça, et j&#8217;ai été pris. Et ensuite,<br />
pour chaque audition que j&#8217;ai passé, j&#8217;ai été pris. Non pas parce que j&#8217;étais<br />
le meilleur ou le plus beau, mais juste parce que j&#8217;y allais comme ça, avec<br />
l&#8217;envie de danser, mais en ayant bien conscience que finalement, tout cela<br />
n&#8217;est pas si grave.</li>
<li><q>Parce qu&#8217;il ne pas faut y aller comme si notre vie en<br />
dépendait.</q></li>
<li><q>Oui, c&#8217;est exactement ça : plus que le talent, c&#8217;est un état<br />
d&#8217;esprit, le fait que l&#8217;échec, ce n&#8217;est pas si grave. Des occasions, il y en<br />
aura toujours d&#8217;autres, on ne joue pas tout sur un seul coup de poker. Et du<br />
coup, c&#8217;est comme si je ne pesais plus des tonnes.</q></li>
<li><q>C&#8217;est marrant ce que vous dites : cela fait des années que j&#8217;empile<br />
les gadins comme d&#8217;autres les trophées et un ami m&#8217;a justement dit qu&#8217;il<br />
fallait que j&#8217;arrête d&#8217;y aller comme si toute ma vie en dépendait.</q></li>
<li><q>Vous savez, j&#8217;ai aussi une amie que j&#8217;adore, une danseuse, comme moi,<br />
sauf qu&#8217;elle, elle est vraiment très douée, très belle, très gracieuse. Ce<br />
n&#8217;est pas compliqué, quand elle s&#8217;entraîne avec nous, elle danse tellement<br />
bien, c&#8217;est tellement beau ce qu&#8217;elle fait, que le plus souvent, on s&#8217;arrête<br />
juste pour la regarder danser. Et bien, cette fille elle s&#8217;est toujours<br />
plantée, elle rate toutes ses auditions. C&#8217;est pourtant la meilleure d&#8217;entre<br />
nous, mais quand elle y va, ça ne passe pas, ça ne passe jamais. Parce qu&#8217;elle<br />
n&#8217;a pas ce truc, ce&#8230;</q></li>
<li><q>Cette légèreté ?</q></li>
<li><q>Oui, c&#8217;est ça. Cette légèreté. Ce n&#8217;est pas que je m&#8217;en fous, mais je ne<br />
prends plus les choses autant à cœur. Je vais là où me portent mes pas et je<br />
m&#8217;adapte. Comme au Brésil. J&#8217;y suis allé comme ça, pour des vacances, avec une<br />
troupe du nord que je trouvais sympa. Une fois arrivé là-bas, je me rends<br />
compte que je suis dans la seule région du monde où ma mastercard n&#8217;est<br />
acceptée par aucune banque à plus de 300 km à la ronde. Je suis dans la<br />
jungle, dans un pays que je ne connais pas, avec une langue que je ne parle<br />
pas, je n&#8217;ai pas une thune sur moi&#8230; et bien, je me suis débrouillé. J&#8217;ai logé<br />
chez l&#8217;habitant, des trucs qu&#8217;on n’imagine pas, avec une chaleur moite<br />
terrible, des insectes monstrueux, les latrines collectives creusées derrière<br />
la colline. Les gens me demandaient comment je faisais, moi qui venais d&#8217;un<br />
pays où les standards étaient nettement plus élevés. Je leur disais que tout<br />
allait bien pour moi&#8230; et en fait, c&#8217;était vrai. J&#8217;ai vraiment adoré le temps<br />
que j&#8217;ai passé avec eux, ce qu&#8217;on a partagé, des gens incroyables. J&#8217;y suis<br />
resté six mois, le temps de récupérer assez d&#8217;argent pour aller jusqu&#8217;à<br />
Rio.</q></li>
</ul>
<p style="-qt-block-indent: 0; text-indent: 0; margin: 0;">
Et là, de nouvelles rencontres, un logement à la périphérie d&#8217;une des plus<br />
grosses favelas de Rio et le rêve de sa vie, participer au célèbre carnaval,<br />
comme ça, au fil de l&#8217;eau, juste porté par sa passion, le hasard et une<br />
farouche joie de vivre.</p>
<p>Ses mots dansent comme ses pieds derrière le comptoir. Peut-être que le<br />
<em>mojito</em> y est pour quelque chose. Les premiers clients arrivent<br />
finalement une heure plus tard. S&#8217;ils n&#8217;étaient pas venus, peut-être<br />
aurions-nous continué à parler, comme ça jusqu&#8217;au bout de la nuit, dans un élan<br />
gigantesque, de toutes ses petites choses qui font que la vie d&#8217;un homme n&#8217;est<br />
jamais banale et qu&#8217;elle porte toujours en elle une leçon pour ceux qui veulent<br />
bien s&#8217;attarder un peu autour de son récit.</p>
<p>Ce soir, la Gascogne vibre sur un air de salsa et je sais qu&#8217;à partir de<br />
maintenant, je vais parcourir ma vie comme un danseur brésilien.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=010032e2-f7bb-88cc-b825-1ae8daab41d7" alt="" /></div>
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]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/je-suis-un-danseur-bresilien/87719/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Je suis un danseur brésilien</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/je-suis-un-danseur-bresilien-2/89536</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/je-suis-un-danseur-bresilien-2/89536#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 23:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-être que le meilleur dans la vie, c'est l'impromptu, le moment que l'on
n'attendait pas et qui change tout, ou rien, mais en fait, cela n'a aucune
importance.    
C'est un soir comme un autre, avec cette petite flemme en plus de
devoir poursuivre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être que le meilleur dans la vie, c&#8217;est l&#8217;impromptu, le moment que l&#8217;on<br />
n&#8217;attendait pas et qui change tout, ou rien, mais en fait, cela n&#8217;a aucune<br />
importance.</p>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">
<a href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/4789685020/" title="Dance gasconne de Le Monolecte, sur Flickr"><img src="http://farm5.staticflickr.com/4082/4789685020_1d89b06570.jpg" alt="Dance gasconne" style="float:right;margin:0 0 5px 5px;" height="500" width="320" /></a>C&#8217;est un soir comme un autre, avec cette petite flemme en plus de<br />
devoir poursuivre la routine, et il dit juste : <q>sortons !</q><br />
Comme ça, pour rien, juste voir ailleurs si on y est. Cela nous arrive de temps<br />
à autre, peut-être un peu moins souvent, maintenant que tout compte, que<br />
l&#8217;argent se raréfie comme l&#8217;eau de la dernière pluie s&#8217;évapore dans le<br />
désert.</p>
<p>Parfois, on tombe bien, d&#8217;autres fois, on mange des portes, ou des cloportes,<br />
la fermeture annuelle, le congé à durée indéterminée, le changement de patron,<br />
et puis non, c&#8217;est complet et puis, manifestement, on n&#8217;est pas dans le ton,<br />
dans l&#8217;ambiance. Bref, c&#8217;est toujours l&#8217;aventure.</p>
<p>Là, on est seuls, tellement seuls qu&#8217;on se dit qu&#8217;ils vont fermer de désespoir<br />
de nous voir si seuls. Je lui avais parlé de mes Brésiliens, de cette<br />
rencontre, déjà formidable, que j&#8217;avais faite en Allemagne lors de <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2010/06/29/Esperanto-me">la remise de mon Bob&#8217;s</a>. Et puis peut-être<br />
que ça allait bien avec les couleurs de l&#8217;automne, ou qu&#8217;il fallait juste<br />
conjurer l&#8217;hiver qui approche, lentement mais sûrement.</p>
<ul>
<li><q>En fait, on n&#8217;ouvre que dans 20 minutes.</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">
Ha ! D&#8217;habitude, le Gascon nous éclate les arpions avec son volet de fer à<br />
peu près à la même heure, ils bouffent comme les poules dans le bled. À 20h<br />
pétantes, c&#8217;est la ville fantôme et les regards assassins des serveurs pressés<br />
de fermer boutique. Il y en avait un qui annonçait de manière extravagante et<br />
quelque peu exagérée un service jusqu&#8217;à 22 h. Je m&#8217;y pointe un soir d&#8217;été,<br />
après une longue boucle à vélo, affamée, sur les coups de 21 h 30. La<br />
serveuse vient de prendre la commande de mes amis que j&#8217;ai rejoints sur<br />
place : deux pizzas qui me semblent être les meilleures choses produites<br />
par la main de l&#8217;homme. Elle passe un certain temps à faire mine de ne pas me<br />
voir. Je suis un angle mort de la restauration, c&#8217;est comme ça. Je m&#8217;installe à<br />
une table, je m&#8217;accoude à un bar et subitement, tout le personnel devient sourd<br />
et aveugle. Il n&#8217;est pas rare que je reparte sans que quiconque n&#8217;ait daigné<br />
m&#8217;adresser la parole. Avec le temps et l&#8217;expérience, j&#8217;ai appris à agiter les<br />
bras comme le drapeau d&#8217;un commissaire de course, voire à beugler mon<br />
insatisfaction sur le ton indigné d&#8217;une corne de brume. Je crois que je<br />
pourrais aussi bien me coiffer de ma culotte et danser le <em>french<br />
cancan</em> sur la table.<br />
Au bout d&#8217;un moment moins long que mon agacement et ma faim torride me le font<br />
ressentir, elle revient avec les objets du délice, sans toutefois parvenir à<br />
accrocher mon regard de cocker mendiant. Mon ami finit par lui demander de<br />
prendre ma commande, ce qu&#8217;elle consent avec une mauvaise grâce plus pesante<br />
qu&#8217;un article d&#8217;Alain Minc pour me signifier sèchement qu&#8217;ils ne font plus de<br />
pizzas, ni de pâtes, ni rien de ce que je veux et que mon estomac réclame avec<br />
une exigence grandissante. Elle me concède une salade composée qui me désespère<br />
et prend la commande de pizzas des clients de la table d&#8217;à côté dans l&#8217;élan.<br />
Juste assez fort pour être bien certaine que je l&#8217;entends.</p>
<ul>
<li><q>Mais vous pouvez tout à fait patienter au bar en attendant.</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">
Il nous sourit comme si nous étions de vieux amis qu&#8217;il n&#8217;a pas vus depuis<br />
longtemps et nous pilote vers le bar sur un pas de salsa. Je n&#8217;ai même pas<br />
encore commandé mon <em>mojito</em> que je sais déjà qu&#8217;avec lui, ça va le<br />
faire. Il ondule en nous préparant nos cocktails et entreprend de nous<br />
commenter la carte. Ce n&#8217;est pas qu&#8217;il est particulièrement gracieux, ou<br />
charmant, ou abordable, ou spécialement affable, c&#8217;est juste qu&#8217;il est<br />
merveilleusement bien là où il est, ici et maintenant.</p>
<ul>
<li><q>Oui, oui, ça, c&#8217;est vraiment délicieux, vous allez adorez :<br />
d&#8217;ailleurs, je sais de quoi je parle, c&#8217;est moi qui l&#8217;ai préparé cet<br />
après-midi.</q></li>
<li><q>Vous êtes cuisinier ?</q></li>
<li><q>Non, je suis danseur.</q></li>
<li><q>Haaa ! Brésilien ?</q></li>
<li><q>Non, pas du tout, mais j&#8217;y ai vécu un temps. Je suis juste venu donner<br />
un coup de main au patron, qui est un ami.</q></li>
<li><q>Mais&#8230; qu&#8217;est-ce qu&#8217;un danseur de salsa peut bien faire dans le<br />
bled ?</q></li>
</ul>
<p style="margin: 0; text-indent: 0;">
Et là, c&#8217;est parti. Il me raconte juste sa vie. Avec simplicité. Et légèreté.<br />
C&#8217;est ça que j&#8217;ai tout de suite repéré chez lui : ce petit quelque chose<br />
de complètement aérien. Il aime la danse et la danse le lui rend bien. Grâce à<br />
son art, sa passion, il a fait le tour du monde et lui aussi, il a fait des<br />
rencontres extraordinaires.</p>
<ul>
<li><q>Mais ça n&#8217;a pas toujours été facile pour moi. Tenez, au début, je ratais<br />
tout. J&#8217;avais une audition, je me préparais comme un fou, j&#8217;y allais, à fond<br />
dans le moment, bouffé par le trac et je me plantais. À chaque fois, je me<br />
plantais. Mais j&#8217;avais tellement envie de réussir, tellement besoin de danser.<br />
Un matin, je me suis levé et je me suis juste dit : </q><q>bon, après tout, ce<br />
n&#8217;est jamais qu&#8217;une audition, ce n&#8217;est pas comme si ma vie en dépendait</q>.<br />
Sauf que c&#8217;était ça. Jusqu&#8217;à ce jour, j&#8217;allais à chaque audition comme si toute<br />
ma vie en dépendait. Là, j&#8217;y suis allé, comme ça, et j&#8217;ai été pris. Et ensuite,<br />
pour chaque audition que j&#8217;ai passé, j&#8217;ai été pris. Non pas parce que j&#8217;étais<br />
le meilleur ou le plus beau, mais juste parce que j&#8217;y allais comme ça, avec<br />
l&#8217;envie de danser, mais en ayant bien conscience que finalement, tout cela<br />
n&#8217;est pas si grave.</li>
<li><q>Parce qu&#8217;il ne pas faut y aller comme si notre vie en<br />
dépendait.</q></li>
<li><q>Oui, c&#8217;est exactement ça : plus que le talent, c&#8217;est un état<br />
d&#8217;esprit, le fait que l&#8217;échec, ce n&#8217;est pas si grave. Des occasions, il y en<br />
aura toujours d&#8217;autres, on ne joue pas tout sur un seul coup de poker. Et du<br />
coup, c&#8217;est comme si je ne pesais plus des tonnes.</q></li>
<li><q>C&#8217;est marrant ce que vous dites : cela fait des années que j&#8217;empile<br />
les gadins comme d&#8217;autres les trophées et un ami m&#8217;a justement dit qu&#8217;il<br />
fallait que j&#8217;arrête d&#8217;y aller comme si toute ma vie en dépendait.</q></li>
<li><q>Vous savez, j&#8217;ai aussi une amie que j&#8217;adore, une danseuse, comme moi,<br />
sauf qu&#8217;elle, elle est vraiment très douée, très belle, très gracieuse. Ce<br />
n&#8217;est pas compliqué, quand elle s&#8217;entraîne avec nous, elle danse tellement<br />
bien, c&#8217;est tellement beau ce qu&#8217;elle fait, que le plus souvent, on s&#8217;arrête<br />
juste pour la regarder danser. Et bien, cette fille elle s&#8217;est toujours<br />
plantée, elle rate toutes ses auditions. C&#8217;est pourtant la meilleure d&#8217;entre<br />
nous, mais quand elle y va, ça ne passe pas, ça ne passe jamais. Parce qu&#8217;elle<br />
n&#8217;a pas ce truc, ce&#8230;</q></li>
<li><q>Cette légèreté ?</q></li>
<li><q>Oui, c&#8217;est ça. Cette légèreté. Ce n&#8217;est pas que je m&#8217;en fous, mais je ne<br />
prends plus les choses autant à cœur. Je vais là où me portent mes pas et je<br />
m&#8217;adapte. Comme au Brésil. J&#8217;y suis allé comme ça, pour des vacances, avec une<br />
troupe du nord que je trouvais sympa. Une fois arrivé là-bas, je me rends<br />
compte que je suis dans la seule région du monde où ma mastercard n&#8217;est<br />
acceptée par aucune banque à plus de 300 km à la ronde. Je suis dans la<br />
jungle, dans un pays que je ne connais pas, avec une langue que je ne parle<br />
pas, je n&#8217;ai pas une thune sur moi&#8230; et bien, je me suis débrouillé. J&#8217;ai logé<br />
chez l&#8217;habitant, des trucs qu&#8217;on n’imagine pas, avec une chaleur moite<br />
terrible, des insectes monstrueux, les latrines collectives creusées derrière<br />
la colline. Les gens me demandaient comment je faisais, moi qui venais d&#8217;un<br />
pays où les standards étaient nettement plus élevés. Je leur disais que tout<br />
allait bien pour moi&#8230; et en fait, c&#8217;était vrai. J&#8217;ai vraiment adoré le temps<br />
que j&#8217;ai passé avec eux, ce qu&#8217;on a partagé, des gens incroyables. J&#8217;y suis<br />
resté six mois, le temps de récupérer assez d&#8217;argent pour aller jusqu&#8217;à<br />
Rio.</q></li>
</ul>
<p style=" margin-top:0; margin-bottom:0; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
<br />
Et là, de nouvelles rencontres, un logement à la périphérie d&#8217;une des plus<br />
grosses favelas de Rio et le rêve de sa vie, participer au célèbre carnaval,<br />
comme ça, au fil de l&#8217;eau, juste porté par sa passion, le hasard et une<br />
farouche joie de vivre.</p>
<p>Ses mots dansent comme ses pieds derrière le comptoir. Peut-être que le<br />
<em>mojito</em> y est pour quelque chose. Les premiers clients arrivent<br />
finalement une heure plus tard. S&#8217;ils n&#8217;étaient pas venus, peut-être<br />
aurions-nous continué à parler, comme ça jusqu&#8217;au bout de la nuit, dans un élan<br />
gigantesque, de toutes ses petites choses qui font que la vie d&#8217;un homme n&#8217;est<br />
jamais banale et qu&#8217;elle porte toujours en elle une leçon pour ceux qui veulent<br />
bien s&#8217;attarder un peu autour de son récit.</p>
<p>Ce soir, la Gascogne vibre sur un air de salsa et je sais qu&#8217;à partir de<br />
maintenant, je vais parcourir ma vie comme un danseur brésilien.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" alt="" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=010032e2-f7bb-88cc-b825-1ae8daab41d7" /></div>
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		<title>Effet ciseau</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 11:55:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et là, est-ce que tu commences à bien la sentir, la main
invisible du marché ? Est-ce que tu la sens bien, son étreinte
implacable qui t'a choppé par les balloches et qui te broie, continuellement,
inexorablement, jusqu'à ce que tu mettes genou ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et là, est-ce que tu commences à bien la sentir, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/16/L-illusion-democratique-au-service-du-capitalisme">la main<br />
invisible du marché</a> ? Est-ce que tu la sens bien, son étreinte<br />
implacable qui t&#8217;a choppé par les balloches et qui te broie, continuellement,<br />
inexorablement, jusqu&#8217;à ce que tu mettes genou à terre, jusqu&#8217;à ce que tu<br />
ploies l&#8217;échine, jusqu&#8217;à ce que tu ne sois plus rien qu&#8217;un grand cri de<br />
douleur ?
<p style="margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
<a title="Garder le contact de Le Monolecte, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6318315218/"><img src="http://farm7.static.flickr.com/6095/6318315218_f6ccc210a7.jpg" alt="Garder le contact" style="float: right; margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 5px; margin-left: 5px;" height="500" width="336" /></a>Je le dis et je le répète, inlassablement, parce<br />
qu&#8217;il faut bien ne jamais se lasser : <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise">ceci n&#8217;est définitivement pas une<br />
crise</a>.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Une crise, c&#8217;est un événement soudain et imprévu, assez violent, et bien<br />
délimité dans le temps, avec au moins un début assez marqué, souvent une<br />
dégradation fulgurante et un dénouement violent. Or là, nous vivons juste dans<br />
un état permanent de crise. À moment donné, c&#8217;est devenu <q>La Crise</q>. Et<br />
même si on change le nom de temps à autre, c&#8217;est toujours <q>La Crise</q>.<br />
Comme une sorte de divinité maléfique et incontrôlable qui perturbe les plans<br />
des gouvernements, comme un chien égaré dans un grand jeu de quilles bien<br />
ordonnées.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Je pensais que le coup de La Crise ne pouvait pas marcher à tous les coups,<br />
tout le temps, pour tout et n&#8217;importe quoi.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Je me trompais.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
<q>La Crise</q>, c&#8217;est l&#8217;état normal de la marche du monde pratiquement depuis<br />
que je suis née. Je ne me souviens pas avoir vécu autre chose que <q>La<br />
Crise</q> et mon tout premier souvenir, c&#8217;est celui de <q>La Crise</q> :<br />
le soir où mon père est rentré du boulot avec une 4L à la place de la grande<br />
Commodore familiale.<br />
C&#8217;était il y a un peu plus de 35 ans.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Depuis ce moment-là, je vis dans un monde en <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2010/04/15/Jusqu-a-ce-que-mort-s-en-suive">Crise permanente</a>.<br />
Enfin, plus ou moins permanente, plus ou moins en déclin, selon la saison et<br />
selon le statut social des personnes concernées.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce que, comme tout un chacun l&#8217;avait quand même un peu remarqué, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2009/03/30/Quand-la-merde-monte">ce n&#8217;est pas la même crise pour tout le<br />
monde</a>. Parce que <q>La Crise</q>, c&#8217;est le désordre et le désordre, c&#8217;est<br />
paradoxalement comme tout ordre social, cela crée des perdants, certes,<br />
beaucoup, mais aussi quelques gagnants, bien moins nombreux, mais ô combien<br />
mieux servis. <q>La Crise</q> que l&#8217;on nous ressert jour après jour comme un<br />
vieux reste exhumé bien trop de fois de son <em>tupperware</em> pour rester<br />
vaguement comestible a ceci de particulier qu&#8217;<a href="http://fr.myeurop.info/2011/11/07/austerite-and-winner-3756">elle frappe<br />
durement les pauvres</a>, qu&#8217;<a href="http://www.marianne2.fr/L-automobile-oublie-les-classes-moyennes-au-profit-du-low-cost-et-du-luxe_a212087.html">elle<br />
érode lentement mais sûrement les capacités natatoires de la fameuse classe<br />
moyenne</a> qui surnage entre deux eaux et qu&#8217;elle profite au-delà de toute<br />
proportion à un groupe de plus en plus restreint de personnes très riches, très<br />
puissantes et très intouchables.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Et ce n&#8217;est pas le énième faux plan de sauvetage de la <em>Merkozy</em> en<br />
délire qui va changer quoi que ce soit à la donne.<br />
Bien au contraire !<br />
Nos gouvernements d&#8217;imposteurs produisent à la chaîne des plans, qui n&#8217;en sont<br />
pas, parce qu&#8217;ils ne prévoient rien, fallacieusement qualifiés de relance,<br />
alors que la seule chose qu&#8217;ils relancent c&#8217;est la vitesse avec laquelle les<br />
inégalités se creusent et que la situation se dégrade. Parce que là est le<br />
point intéressant : la situation ne cesse de se dégrader, non par la grâce<br />
d&#8217;une quelconque loi économique implacable et indépassable, mais uniquement par<br />
la volonté des instances décisionnelles réelles mondiales.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce qu&#8217;il ne faut pas prendre les ennemis des peuples pour des canards<br />
sauvages. Il ne faut pas penser un seul instant qu&#8217;ils tentent quoi que ce soit<br />
pour améliorer le sort du plus grand nombre. Il ne faut en rien imaginer que<br />
ces gens qui pérorent à longueur de temps sur nos écrans dont la lueur livide<br />
souligne le désenchantement de nos foyers, que ces gens puissent, à un seul<br />
moment, nous dirent la vérité. Leur vérité. Simple. Brutale. Implacable.</p>
<h4 style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ils n&#8217;ont plus besoin de nous.</h4>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
En fait, nous sommes même un peu encombrants. Comme des wagons vides que l&#8217;on<br />
détache pour ne pas se les traîner dans la montée.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Chaque Crise n&#8217;est jamais que l&#8217;accélération brutale et préméditée d&#8217;un<br />
processus entamé depuis quelques décennies, un processus volontaire et<br />
conscient qui consiste à refermer la parenthèse maudite des droits des peuples<br />
nés du traumatisme de l&#8217;après-guerre. <a href="http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/07/15/le-projet-de-sarkozy-en-finir-avec-le-conseil-national-de-la.html"><br />
Ce n&#8217;est même pas moi qui le dis</a>.<br />
L&#8217;objet de La Crise, comme processus économique conscient, constant et<br />
entretenu par des politiques qui ne relancent rien parce qu&#8217;elles ne sont<br />
qu&#8217;aggravantes, l&#8217;objectif ultime de cet état de choc permanent, c&#8217;est la<br />
disparition de la classe moyenne mondiale et la liquidation de la population<br />
surnuméraire.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Dit comme cela, ça fait un peu exagéré. Complotiste fou. Paranoïaque en pleine<br />
crise psychotique. Terroriste, même, un peu, sur les bords.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Mais les faits sont plus têtus que 30 ans de propagande de Crise. Les faits<br />
racontent que la richesse mondiale, elle, progresse sans cesse, que <a href="http://queau.eu/?p=1948">l&#8217;humanité n&#8217;a jamais été aussi riche qu&#8217;en ce<br />
moment</a>. Ce qui signifie, concrètement, qu&#8217;il n&#8217;y a aucune crise économique<br />
en cours. Ce qui signifie, concrètement, que toute politique visant à réduire<br />
encore un peu plus les moyens de subsistance d&#8217;une partie de plus en plus<br />
importante de la population mondiale est une politique délibérée de<br />
paupérisation à grande échelle, une politique de création artificielle<br />
d&#8217;inégalités insupportables, une politique de confiscation des ressources du<br />
plus grand nombre pour le profit de quelques-uns.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ceci n&#8217;est pas une putain de crise. Ceci est <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/24/Au-bout-du-chemin">le bout du chemin</a>. Ceci est le<br />
<a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/08/22/De-la-democratie-en-entreprise">rétablissement d&#8217;une<br />
société féodale</a>, où la loi du plus fort, du plus riche écrase tous les<br />
autres. Ceci est la négation de tout ce que les peuples avaient construit et<br />
gagné depuis seulement 60 ans. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Du_contrat_social">Ceci est la fin du Contrat<br />
social</a>. Ceci est une fin de civilisation.</p>
<h4 style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ceci est leur réponse, leur solution, à la seule véritable crise<br />
actuelle : <a href="http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/11/06/trop-tard-pour-limiter-le-rechauffement-a-2%C2%B0c-selon-nature/2/"><br />
la crise écologique</a>.</h4>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce qu&#8217;il faut vraiment être naïf pour penser que la part la plus gaspilleuse<br />
et profiteuse de notre population n&#8217;a pas pris la mesure du véritable danger<br />
qui nous guette : le fait que notre nombre, en tant qu&#8217;espèce, conjugué à<br />
notre mode de vie, implique un épuisement des ressources et donc de nos<br />
capacités de survie, toujours en tant qu&#8217;espèce, sur cette planète.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Il n&#8217;y a, en gros que deux façons de réagir face à la crise écologique<br />
majeure :</p>
<ol>
<li>changer globalement notre mode de vie afin de le rendre supportable pour<br />
notre planète. Cela revient <em>grosso merdo</em> à quitter le modèle<br />
capitaliste, basé sur la surproduction et la surconsommation d&#8217;une bonne grosse<br />
minorité de l&#8217;humanité, pour un modèle fondé sur les besoins humains<br />
véritables, quelque chose qui, en gros, devrait tous nous faire converger vers<br />
le mode de vie d&#8217;un Bengali moyen. Vaste progrès pour certains d&#8217;entre nous,<br />
petit changement de braquet et grande révolution intellectuelle pour la<br />
majorité d&#8217;entre nous et sacrifice incommensurable pour les quelques-uns qui<br />
vivent et consomment comme des porcs.</li>
<li>éliminer la concurrence en limitant drastiquement et autoritairement<br />
l&#8217;accès aux ressources. Favoriser une régulation néo-darwinienne de la<br />
population en dégradant globalement les conditions de vie : limitation de<br />
l&#8217;accès à la nourriture, au logement, aux soins, au repos et à l&#8217;éducation. Ne<br />
conserver, dans un état de servitude volontaire, que la partie de la population<br />
nécessaire pour produire les biens indispensables au confort de la minorité<br />
dominante. Libéré du poids démographique, continuer de gaspiller et de se<br />
goinfrer sans se soucier des conséquences.</li>
</ol>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
À votre avis, quel choix ont bien pu faire ceux qui nous gouvernent et qui, à<br />
ce titre, sont au sommet de notre chaîne alimentaire spécifique ?<br />
Si vous pensez que c&#8217;est la frugalité volontaire, je crois que vous n&#8217;avez<br />
toujours rien compris à la sombre dualité de la nature humaine.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Effet ciseau</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/effet-ciseau-2/86513</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 11:55:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et là, est-ce que tu commences à bien la sentir, la main
invisible du marché ? Est-ce que tu la sens bien, son étreinte
implacable qui t'a choppé par les balloches et qui te broie, continuellement,
inexorablement, jusqu'à ce que tu mettes genou ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et là, est-ce que tu commences à bien la sentir, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2008/11/16/L-illusion-democratique-au-service-du-capitalisme">la main<br />
invisible du marché</a> ? Est-ce que tu la sens bien, son étreinte<br />
implacable qui t&#8217;a choppé par les balloches et qui te broie, continuellement,<br />
inexorablement, jusqu&#8217;à ce que tu mettes genou à terre, jusqu&#8217;à ce que tu<br />
ploies l&#8217;échine, jusqu&#8217;à ce que tu ne sois plus rien qu&#8217;un grand cri de<br />
douleur ?
<p style="margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
<a title="Garder le contact de Le Monolecte, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6318315218/"><img src="http://farm7.static.flickr.com/6095/6318315218_f6ccc210a7.jpg" alt="Garder le contact" style="float: right; margin-top: 0; margin-right: 0; margin-bottom: 5px; margin-left: 5px;" height="500" width="336" /></a>Je le dis et je le répète, inlassablement, parce<br />
qu&#8217;il faut bien ne jamais se lasser : <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise">ceci n&#8217;est définitivement pas une<br />
crise</a>.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Une crise, c&#8217;est un événement soudain et imprévu, assez violent, et bien<br />
délimité dans le temps, avec au moins un début assez marqué, souvent une<br />
dégradation fulgurante et un dénouement violent. Or là, nous vivons juste dans<br />
un état permanent de crise. À moment donné, c&#8217;est devenu <q>La Crise</q>. Et<br />
même si on change le nom de temps à autre, c&#8217;est toujours <q>La Crise</q>.<br />
Comme une sorte de divinité maléfique et incontrôlable qui perturbe les plans<br />
des gouvernements, comme un chien égaré dans un grand jeu de quilles bien<br />
ordonnées.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Je pensais que le coup de La Crise ne pouvait pas marcher à tous les coups,<br />
tout le temps, pour tout et n&#8217;importe quoi.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Je me trompais.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
<q>La Crise</q>, c&#8217;est l&#8217;état normal de la marche du monde pratiquement depuis<br />
que je suis née. Je ne me souviens pas avoir vécu autre chose que <q>La<br />
Crise</q> et mon tout premier souvenir, c&#8217;est celui de <q>La Crise</q> :<br />
le soir où mon père est rentré du boulot avec une 4L à la place de la grande<br />
Commodore familiale.<br />
C&#8217;était il y a un peu plus de 35 ans.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Depuis ce moment-là, je vis dans un monde en <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2010/04/15/Jusqu-a-ce-que-mort-s-en-suive">Crise permanente</a>.<br />
Enfin, plus ou moins permanente, plus ou moins en déclin, selon la saison et<br />
selon le statut social des personnes concernées.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce que, comme tout un chacun l&#8217;avait quand même un peu remarqué, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2009/03/30/Quand-la-merde-monte">ce n&#8217;est pas la même crise pour tout le<br />
monde</a>. Parce que <q>La Crise</q>, c&#8217;est le désordre et le désordre, c&#8217;est<br />
paradoxalement comme tout ordre social, cela crée des perdants, certes,<br />
beaucoup, mais aussi quelques gagnants, bien moins nombreux, mais ô combien<br />
mieux servis. <q>La Crise</q> que l&#8217;on nous ressert jour après jour comme un<br />
vieux reste exhumé bien trop de fois de son <em>tupperware</em> pour rester<br />
vaguement comestible a ceci de particulier qu&#8217;<a href="http://fr.myeurop.info/2011/11/07/austerite-and-winner-3756">elle frappe<br />
durement les pauvres</a>, qu&#8217;<a href="http://www.marianne2.fr/L-automobile-oublie-les-classes-moyennes-au-profit-du-low-cost-et-du-luxe_a212087.html">elle<br />
érode lentement mais sûrement les capacités natatoires de la fameuse classe<br />
moyenne</a> qui surnage entre deux eaux et qu&#8217;elle profite au-delà de toute<br />
proportion à un groupe de plus en plus restreint de personnes très riches, très<br />
puissantes et très intouchables.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Et ce n&#8217;est pas le énième faux plan de sauvetage de la <em>Merkozy</em> en<br />
délire qui va changer quoi que ce soit à la donne.<br />
Bien au contraire !<br />
Nos gouvernements d&#8217;imposteurs produisent à la chaîne des plans, qui n&#8217;en sont<br />
pas, parce qu&#8217;ils ne prévoient rien, fallacieusement qualifiés de relance,<br />
alors que la seule chose qu&#8217;ils relancent c&#8217;est la vitesse avec laquelle les<br />
inégalités se creusent et que la situation se dégrade. Parce que là est le<br />
point intéressant : la situation ne cesse de se dégrader, non par la grâce<br />
d&#8217;une quelconque loi économique implacable et indépassable, mais uniquement par<br />
la volonté des instances décisionnelles réelles mondiales.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce qu&#8217;il ne faut pas prendre les ennemis des peuples pour des canards<br />
sauvages. Il ne faut pas penser un seul instant qu&#8217;ils tentent quoi que ce soit<br />
pour améliorer le sort du plus grand nombre. Il ne faut en rien imaginer que<br />
ces gens qui pérorent à longueur de temps sur nos écrans dont la lueur livide<br />
souligne le désenchantement de nos foyers, que ces gens puissent, à un seul<br />
moment, nous dire la vérité. Leur vérité. Simple. Brutale. Implacable.</p>
<h4 style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ils n&#8217;ont plus besoin de nous.</h4>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
En fait, nous sommes même un peu encombrants. Comme des wagons vides que l&#8217;on<br />
détache pour ne pas se les traîner dans la montée.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Chaque Crise n&#8217;est jamais que l&#8217;accélération brutale et préméditée d&#8217;un<br />
processus entamé depuis quelques décennies, un processus volontaire et<br />
conscient qui consiste à refermer la parenthèse maudite des droits des peuples<br />
nés du traumatisme de l&#8217;après-guerre. <a href="http://ump.blogs.letelegramme.com/archive/2008/07/15/le-projet-de-sarkozy-en-finir-avec-le-conseil-national-de-la.html"><br />
Ce n&#8217;est même pas moi qui le dis</a>.<br />
L&#8217;objet de La Crise, comme processus économique conscient, constant et<br />
entretenu par des politiques qui ne relancent rien parce qu&#8217;elles ne sont<br />
qu&#8217;aggravantes, l&#8217;objectif ultime de cet état de choc permanent, c&#8217;est la<br />
disparition de la classe moyenne mondiale et la liquidation de la population<br />
surnuméraire.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Dit comme cela, ça fait un peu exagéré. Complotiste fou. Paranoïaque en pleine<br />
crise psychotique. Terroriste, même, un peu, sur les bords.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Mais les faits sont plus têtus que 30 ans de propagande de Crise. Les faits<br />
racontent que la richesse mondiale, elle, progresse sans cesse, que <a href="http://queau.eu/?p=1948">l&#8217;humanité n&#8217;a jamais été aussi riche qu&#8217;en ce<br />
moment</a>. Ce qui signifie, concrètement, qu&#8217;il n&#8217;y a aucune crise économique<br />
en cours. Ce qui signifie, concrètement, que toute politique visant à réduire<br />
encore un peu plus les moyens de subsistance d&#8217;une partie de plus en plus<br />
importante de la population mondiale est une politique délibérée de<br />
paupérisation à grande échelle, une politique de création artificielle<br />
d&#8217;inégalités insupportables, une politique de confiscation des ressources du<br />
plus grand nombre pour le profit de quelques-uns.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ceci n&#8217;est pas une putain de crise. Ceci est <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/24/Au-bout-du-chemin">le bout du chemin</a>. Ceci est le<br />
<a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/08/22/De-la-democratie-en-entreprise">rétablissement d&#8217;une<br />
société féodale</a>, où la loi du plus fort, du plus riche écrase tous les<br />
autres. Ceci est la négation de tout ce que les peuples avaient construit et<br />
gagné depuis seulement 60 ans. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Du_contrat_social">Ceci est la fin du Contrat<br />
social</a>. Ceci est une fin de civilisation.</p>
<h4 style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Ceci est leur réponse, leur solution, à la seule véritable crise<br />
actuelle : <a href="http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/11/06/trop-tard-pour-limiter-le-rechauffement-a-2%C2%B0c-selon-nature/2/"><br />
la crise écologique</a>.</h4>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Parce qu&#8217;il faut vraiment être naïf pour penser que la part la plus gaspilleuse<br />
et profiteuse de notre population n&#8217;a pas pris la mesure du véritable danger<br />
qui nous guette : le fait que notre nombre, en tant qu&#8217;espèce, conjugué à<br />
notre mode de vie, implique un épuisement des ressources et donc de nos<br />
capacités de survie, toujours en tant qu&#8217;espèce, sur cette planète.</p>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
Il n&#8217;y a, en gros que deux façons de réagir face à la crise écologique<br />
majeure :</p>
<ol>
<li>changer globalement notre mode de vie afin de le rendre supportable pour<br />
notre planète. Cela revient <em>grosso merdo</em> à quitter le modèle<br />
capitaliste, basé sur la surproduction et la surconsommation d&#8217;une bonne grosse<br />
minorité de l&#8217;humanité, pour un modèle fondé sur les besoins humains<br />
véritables, quelque chose qui, en gros, devrait tous nous faire converger vers<br />
le mode de vie d&#8217;un Bengali moyen. Vaste progrès pour certains d&#8217;entre nous,<br />
petit changement de braquet et grande révolution intellectuelle pour la<br />
majorité d&#8217;entre nous et sacrifice incommensurable pour les quelques-uns qui<br />
vivent et consomment comme des porcs.</li>
<li>éliminer la concurrence en limitant drastiquement et autoritairement<br />
l&#8217;accès aux ressources. Favoriser une régulation néo-darwinienne de la<br />
population en dégradant globalement les conditions de vie : limitation de<br />
l&#8217;accès à la nourriture, au logement, aux soins, au repos et à l&#8217;éducation. Ne<br />
conserver, dans un état de servitude volontaire, que la partie de la population<br />
nécessaire pour produire les biens indispensables au confort de la minorité<br />
dominante. Libéré du poids démographique, continuer de gaspiller et de se<br />
goinfrer sans se soucier des conséquences.</li>
</ol>
<p style=" margin-top:12px; margin-bottom:12px; margin-left:0; margin-right:0; -qt-block-indent:0; text-indent:0;">
À votre avis, quel choix ont bien pu faire ceux qui nous gouvernent et qui, à<br />
ce titre, sont au sommet de notre chaîne alimentaire spécifique ?<br />
Si vous pensez que c&#8217;est la frugalité volontaire, je crois que vous n&#8217;avez<br />
toujours rien compris à la sombre dualité de la nature humaine.</p>
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		<title>La chute</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Oct 2011 14:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monolecte</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Regarde les hommes tomber !    Surtout
qu'en ce moment, ça tombe dru des hauteurs stratosphériques du pouvoir. Les
puissants, les inamovibles, les intouchables du sommet, les roitelets, les maîtres
du monde se cassent la gueule à grand fracas sous...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Regarde les hommes tomber !</p>
<p>    <a href="http://www.flickr.com/photos/monolecte/6230843365/" title="Chute de Le Monolecte, sur Flickr"><img src="http://farm7.static.flickr.com/6169/6230843365_2e27af7f6a.jpg" alt="Chute" style="float:right;margin:0 0 5px 5px;" height="500" width="336" /></a>Surtout<br />
qu&#8217;en ce moment, ça tombe dru des hauteurs stratosphériques du pouvoir. Les<br />
puissants, les inamovibles, les intouchables du sommet, les roitelets, <a href="http://blog.monolecte.fr/post/2011/05/19/L-affaire-DSK-cristallise-la-guerre-des-classes">les maîtres<br />
du monde</a> se cassent la gueule à grand fracas sous les vivats de la foule en<br />
délire venue assister à la fin des tyrans, voire la précipiter. Ni son pétrole,<br />
ni ses armes, ni ses valoches bourrées de devises sonnantes et trébuchantes, ni<br />
même ses dossiers probablement fort instructifs sur les autres riches et<br />
puissants de la planète n&#8217;ont protégé finalement Kadhafi d&#8217;une exécution<br />
sommaire, d&#8217;une balle en pleine poire. Un monde sans Kadhafi, j&#8217;ai juste un peu<br />
de mal à m&#8217;y faire, tant ce dictateur avait l&#8217;air indépassable. Et puis<br />
finalement non, Kadhafi n&#8217;est pas plus <em>bullet proof</em> que les autres,<br />
mais je n&#8217;arrive pas à me décider à trouver cela totalement réjouissant.</p>
<p>Un autre qui vient de se viander avec encore plus de lourdeur que je ne l&#8217;ai<br />
fait mercredi dernier en sortant de chez le boucher, juchée sur des talons<br />
biseautés aussi neufs qu&#8217;instables, c&#8217;est DSK. Ça, c&#8217;est de la crêpe de<br />
première catégorie, sans fleurs ni couronnes. Faut dire que comme toutes les<br />
choses creuses et remplies de vide, les politiques nous avaient habitués à<br />
<a href="http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/03/31-lirresistible-ascension-de-nicolas-sarkozy">leur<br />
art consommé du rebond</a> : une fois à terre, deux fois plus hauts<br />
ensuite, la martyrologe en prime. Mais là, celui qui tenait le monde au creux<br />
de sa pogne (entre autres choses) <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/29/la-strauss-kahnie-entre-rage-et-amertume_1595845_823448.html#ens_id=1522342"><br />
voit ses amis de toujours sauter du navire</a> avec l&#8217;empressement de<br />
circonstance des rats du Titanic quand l&#8217;insubmersible se retrouva la quille à<br />
l&#8217;air.</p>
<p>Je ne peux que me demander quel genre d&#8217;amis peut bien s&#8217;être agglutinés autour<br />
d&#8217;un type si manifestement omnibulé par sa quête du pouvoir absolu, si<br />
préoccupé du succès de <em>sa gueule avant la tienne</em>, si dévoré par<br />
l&#8217;ambition la plus brutale et la plus primaire. La bonne nouvelle, pour lui,<br />
c&#8217;est que maintenant, il va pouvoir enfin faire le compte de ses vrais amis, le<br />
satyre des <em>backroom</em> du pouvoir. Probablement sur les doigts d&#8217;une<br />
seule main&#8230; certainement moins encore que cela.</p>
<p>Cela dit, je me suis toujours demandé quel genre d&#8217;amie je suis, moi-même. Je<br />
n&#8217;aime pas particulièrement les gens les plus faciles d&#8217;accès, les plus<br />
accommodants, les plus flatteurs, les satisfaisants pour mon petit ego. J&#8217;ai un<br />
mal de chien à admettre que je me suis peut-être trompée dans certaines de mes<br />
affinités sélectives, je m&#8217;espère d&#8217;une fidélité d&#8217;airain, de la trempe de<br />
celles qui restent là dans le cœur de l&#8217;adversité&#8230; sauf que j&#8217;ai rarement eu<br />
l&#8217;occasion de mettre à l&#8217;épreuve l&#8217;indéfectibilité de mes amitiés, vu que<br />
l&#8217;adversité tombe plus souvent qu&#8217;à son tour sur ma gueule plutôt que sur celle<br />
de mes amis. Parfois, je me demande ce qui pourrait me conduire à ne pas<br />
pardonner à un ami, si l&#8217;amitié doit être indulgente ou exigeante, constante ou<br />
fluctuante, profonde ou légère comme une bonne grosse déconnade. Est-ce que je<br />
pourrais rester aux côtés d&#8217;un ami qui se DSKtise avec l&#8217;âge ? Est-ce<br />
qu&#8217;il y a vraiment du mérite à n&#8217;être pote qu&#8217;avec des gens exemplaires,<br />
merveilleux, sympathiques, entiers, pourvus de toutes ces qualités que l&#8217;on<br />
aimerait bien s&#8217;approprier par simple contact osmotique ? N&#8217;y a-t-il pas<br />
plus de grandeur à aimer les gens qui ne sont pas vraiment aimables, à ne se<br />
concentrer que sur la seule petite qualité qui surnage comme elle peut sur un<br />
océan de médiocrité humaine ? L&#8217;amitié est-elle vraiment une affaire si<br />
sérieuse que cela ou n&#8217;est-ce que l&#8217;arme privilégiée des opportunistes pour<br />
s&#8217;élever au-dessus de la fange leur profond manque d&#8217;ambition<br />
humaine ?</p>
<p>Bizarrement, je me dis que ce soir DSK va être bien plus proche que moi de la<br />
réponse à ces épineuses questions.</p>
<p>Et en seconde intention, je me dis aussi que toutes ces chutes récentes de ce<br />
que nous jugions indéboulonnable nous confirment dans notre intuition<br />
première : rien de ce qui a été fait par l&#8217;homme ne peut être défait de la<br />
même manière.<br />
Il n&#8217;existe donc pas d&#8217;horizon indépassable.</p>
<div class="zemanta-pixie"><img class="zemanta-pixie-img" alt="" src="http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=20ebddc3-c0f0-846d-94de-52f62fde6bd1" /></div>
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