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	<title>CentPapiers &#187; fondation littéraire Fleur de Lys</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Le Prix Nobel de littérature 2010, Mario Vargas Llosa, croit injustement que le livre numérique entraînera une banalisation de la littérature</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Oct 2010 04:00:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[« Ma crainte est que le livre numérique n&#8217;entraîne une banalisation de la littérature, ainsi que cela s&#8217;est produit pour la télévision, cette belle création de la technique, qui pour parvenir à toucher de plus en plus de personnes, a proposé des contenus largement vulgarisés. » Mario Vargas Llosa, 15 octobre 2010 Prix Nobel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-42031" href="http://www.centpapiers.com/le-prix-nobel-de-litterature-2010-mario-vargas-llosa-croit-injustement-que-le-livre-numerique-entrainera-une-banalisation-de-la-litterature/42029/mario-vargas-llosa.04"><img class="alignleft size-full wp-image-42031" title="Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature 2010" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/10/mario-vargas-llosa.04.gif" alt="" width="200" height="220" /></a>« Ma crainte est que le livre numérique n&#8217;entraîne une banalisation de la littérature, ainsi que cela s&#8217;est produit pour la télévision, cette belle création de la technique, qui pour parvenir à toucher de plus en plus de personnes, a proposé des contenus largement vulgarisés. »</p>
<p>Mario Vargas Llosa,</p>
<p>15 octobre 2010</p>
<p>Prix Nobel de littérature 2010</p>
<p>Source : L&#8217;actualitté (source : AFP)</p>
<p>La Fondation littéraire Fleur de Lys affiche son désaccord avec la déclaration du récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2010 à l&#8217;effet que le livre numérique banalisera la littérature.</p>
<p>L&#8217;Institut Nobel a remis son très prestigieux prix littéraire 2010 au péruvien Mario Vargas Llosa «pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l’individu, de sa révolte et de son échec» (source: communiqué de presse de l&#8217;annonce du prix). Or, le livre numérique s&#8217;inscrit parfaitement dans la «résistance de l&#8217;individu» et sa «révolte» face aux «structures du pouvoir» de l&#8217;industrie du livre. Et à cette heure, cette résistance et cette révolte de l&#8217;individu ne débouchent pas sur un «échec» mais sur un succès indéniable, celui de la démocratisation de  l&#8217;accès à l&#8217;édition.</p>
<p>En effet, la particularité première du livre numérique est d&#8217;offrir aux auteurs une alternative aux pouvoirs établis du milieu du livre qui refusent de publier leurs oeuvres. Plus de 90% des manuscrits soumis aux éditeurs par nos auteurs, amateurs et professionnels, connaissent une fin de non recevoir. La littérature défendue ici et là se résume donc à moins de 10% des écrits de nos auteurs. Dans ce contexte, le livre numérique met à la disposition des auteurs un moyen de rejoindre tout de même des lecteurs potentiels. Peu dispendieux à produire et à distribuer, le livre numérique est à la portée de tous les auteurs aujourd&#8217;hui. Les estimations du coût de production d&#8217;un livre numérique oscillent entre 4% et 10% du coût d&#8217;un livre papier. Imprimée sous la forme d&#8217;un simple fichier PDF à partir d&#8217;un fichier de traitement de texte, l&#8217;oeuvre accède au titre de livre numérique dans le format de document le plus accessible et le plus populaire actuellement sur Internet. Et le coût de production peu être réduit au seul temps requis pour la correction, la révision, la mise en page et la production du fichier final puisque plusieurs logiciels gratuits sont à la disposition de l&#8217;auteur. Pour sa part, le lecteur n&#8217;aura pas à débourser un sou pour accéder au logiciel nécessaire à l&#8217;ouverture du fichier et à la lecture de son contenu sur l&#8217;écran de son ordinateur, de son livre électronique et même de son téléphone cellulaire.</p>
<p>Ainsi, grâce aux nouvelles technologies numériques, l&#8217;auteur dont manuscrit est refusé par les éditeurs traditionnels, l&#8217;auteur peut tout de même publier son oeuvre à un coût très abordable au lieu de la remiser au fond d&#8217;un tiroir.</p>
<p>Le récipiendaire du Prix Nobel de la littérature 2010 fonde sa crainte de  banalisation de la littérature par le livre numérique sur sa perception des conséquences de la télévision à la recherche de plus en plus de téléspectateurs : «(&#8230;) ainsi que cela s&#8217;est produit pour la télévision, cette belle création de la technique, qui pour parvenir à toucher de plus en plus de personnes, a proposé des contenus largement vulgarisés.» Où est le problème puisque le rôle de la télévision consiste principalement à «répandre (des connaissances) en mettant à la portée du grand public» (source: Le Grand Robert de la langue française), bref, à vulgariser. Informer sans vulgariser nous apparaît impossible de nos jours, c&#8217;est une simple question de compréhension par le plus grand nombre possible de gens. Et au fil des ans, la vulgarisation tout azimut a permis le développement de véritables passions au sein de la population, d&#8217;où l&#8217;expansion de la télévision en de nombreuses chaînes spécialisées. Ainsi, la vulgarisation ne conduit pas automatiquement à un appauvrissement du contenu.</p>
<p>Car au-delà de la technologie, c&#8217;est bel et bien de qualité du contenu véhiculé dont il est question. Mario Vargas Llosa déclare: «Il dépend de nous d&#8217;imposer que le livre électronique conserve la richesse de contenu qu&#8217;a eu tout au long de l&#8217;histoire le livre de papier» (source : AFP). Voilà donc le chat finalement sorti du sac : la référence au contenu du livre papier tel que sélectionné par le pouvoir en place. Une sélection de moins de 10% des écrits guidée davantage par des impératifs commerciaux qu&#8217;éditoriaux. Même soutenus par l&#8217;aide financière plutôt généreuse de l&#8217;état, cette sélection s&#8217;exécute encore et toujours sous l&#8217;emprise des lois meurtrières du marché commercial dont celle de l&#8217;offre et de la demande. Bien sûr, on compte des exceptions à la règle mais cette dernière demeure prédominante dans le choix de ce qui sera ou non publié. Le récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2010 souhaite que cette sélection soit imposée au contenu du livre électronique.</p>
<p>Mario Vargas Llosa se montre ainsi en contradiction directe avec les avantages propres aux nouvelles technologies et leurs conséquences dont la démocratisation de l&#8217;accès à l&#8217;édition fait partie. Le contenu affiché sur un livre électronique ou tout autre écran ne doit absolument pas suivre les traces de l&#8217;histoire du contenu du livre papier pour de multiples raisons inhérentes au temps présent, dont les trois ci-dessous.</p>
<p>Premièrement et contrairement au début de la carrière commerciale du livre papier à la suite de l&#8217;invention de  l&#8217;imprimerie par Gutenberg, le livre numérique et le livre électronique émerge au sein d&#8217;une population qui sait lire et écrire et de loin beaucoup plus instruite. On peut toujours critiquer l&#8217;enseignement actuelle sous toutes ses coutures, privé et public, mais le chemin parcouru est indéniable.</p>
<p>Deuxièmement, la démocratisation de l&#8217;accès à l&#8217;instruction a eu pour conséquence une forte augmentation de l&#8217;intérêt pour l&#8217;écriture au sein de la population.  Or, si nous laissons entre les seules mains de l&#8217;industrie du livre le sort des fruits de cet intérêt, nous reculons au lieu d&#8217;avancer. S&#8217;il n&#8217;y a pas davantage d&#8217;auteurs, amateurs et professionnels, qui peuvent être lus, l&#8217;intérêt pour l&#8217;écriture développé d&#8217;arrache-pied depuis les cinquante dernières années, en dépit de la popularité de la radio puis de la télévision, s&#8217;estompera voire disparaîtra au sein de la population. Il faut beaucoup de courage aujourd&#8217;hui pour écrire lorsqu&#8217;on sait que l&#8217;on a moins de 10% des chances d&#8217;être publié et lu. Les nouvelles technologies ne doivent pas servir uniquement le pouvoir établi de l&#8217;industrie du livre papier. L&#8217;avenir du livre ne se limite pas à une simple numérisation des livres papiers édités par ce pouvoir.</p>
<p>Troisièmement, la richesse de la littérature ne relève pas uniquement de sa qualité à titre d&#8217;art et dont la maîtrise réunit une élite. La richesse de la littérature, comme de tout autre art, se fonde plutôt sur le témoignage le plus fidèle et, par conséquent, le plus large possible, qu&#8217;elle rend de la réalité  de son époque, ce qui implique non pas uniquement l&#8217;élite mais l&#8217;ensemble de la  population. Prenons en exemple ces photographies anciennes conservées comme de l&#8217;or en barre dans les bibliothèques nationales et les musées, ces photographies d&#8217;amateur, mal cadrées, parfois floues et souvent tachées d&#8217;acide au développement. Ces photographies demeurent très souvent le seul et unique témoignage de leur temps. Si nous n&#8217;avions conservé que les photographies anciennes réalisées par les photographes professionnels, la perception de notre histoire serait loin de refléter fidèlement la réalité de l&#8217;époque. Il en va de même dans le monde de l&#8217;écrit. Grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons éditer et ainsi conserver les écrits d&#8217;un plus grand nombre d&#8217;auteurs pour livrer un témoignage plus fidèle de notre réalité, à nous-mêmes et à nos descendants. Et il ne s&#8217;agit pas ici d&#8217;une ouverture réservée aux amateurs car même les écrivains professionnels éprouvent aujourd&#8217;hui des difficultés à trouver un éditeur traditionnel.</p>
<p>Finalement, Mario Vargas Llosa ne peut pas soutenir d&#8217;une main que «&nbsp;&raquo;Les lettres et les arts ont constitué jusqu&#8217;à maintenant le dénominateur commun de la culture, l&#8217;espace où est rendue possible la communication entre les êtres humains malgré la différence des langues, des croyances et des époques&nbsp;&raquo;» (source : AFP) et de l&#8217;autre qu&#8217;«Il dépend de nous d&#8217;imposer que le livre électronique conserve la richesse de contenu qu&#8217;a eu tout au long de l&#8217;histoire le livre de papier&nbsp;&raquo;» (source : AFP). Les termes «dénominateur commun», «espace», «communication», «différence» et «richesse» ne riment pas avec l&#8217;accès restreint dont l&#8217;histoire du livre papier témoigne cruellement.</p>
<p>Serge-André  Guay, président éditeur</p>
<p>Fondation littéraire Fleur de Lys</p>
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		<title>En 1970, le Québec se barricade sauf la petite maison de la radio à Lévis</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Oct 2010 04:00:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a quarante ans, en septembre 1970, Michel Trahan, un animateur de radio pas comme les autres, et sa bande de copains à l&#8217;imagination sans limites, révolutionnent le monde des médias québécois sur les ondes de CFLS (LS-Radio) à Lévis. L&#8217;aventure dura à peine neuf mois mais s&#8217;inscrira à jamais dans l&#8217;histoire grâce à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-40046" href="http://www.centpapiers.com/en-1970-le-quebec-se-barricade-sauf-la-petite-maison-de-la-radio-a-levis/39977/ls-radio.1"><img class="alignleft size-full wp-image-40046" title="ls-radio.1" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/10/ls-radio.1.jpg" alt="" width="504" height="360" /></a>Il y a quarante ans, en septembre 1970, Michel  							Trahan, un animateur de radio pas comme les autres,  							et sa bande de copains à l&#8217;imagination sans limites,  							révolutionnent le monde des médias québécois sur les  							ondes de CFLS  							(LS-Radio) à Lévis. L&#8217;aventure dura à peine neuf  							mois mais s&#8217;inscrira à jamais dans l&#8217;histoire grâce  							à l&#8217;innovation de sa formule caractérisée par la  							participation des auditeurs et la flexibilité de la  							programmation. On en parlera jusque dans le  							Vancouver Sun et même à l&#8217;ONU qui offre à l’équipe  							de passer sur ondes courtes pour une diffusion  							internationale.</p>
<p>Dans une entrevue exclusive accordée par Michel  							Trahan, directeur des programmes, et Gaston Binet,  							animateur, le 22 septembre dernier au siège social  							de la Fondation littéraire Fleur de Lys à Lévis, les  							deux artisans de LS-Radio nous ont livré de nouveaux  							détails croustillants au sujet de cette aventure  							radiophonique historique.</p>
<p><strong>Les p’tits hommes verts débarquent !<br />
</strong><br />
Gaston Binet entre en ondes pour la soirée. Un  							auditeur lui téléphone et l’appel est transmis en  							ondes : «Il y a des p’tits hommes verts de chaque  							côté de la station». Il abandonne son micro pour  							aller voir de ses propres yeux ce qui se passe  							dehors et, chose faite, il revient en studio : «Oui,  							il y a des p’tits hommes verts dehors». Puis, un  							autre auditeur intervient : «Je viens de traverser  							le pont de Québec et moi aussi j’ai vu des p’tits  							hommes verts». Les appels des auditeurs voyant ici  							et là des p’tits hommes verts se succèdent et on  							sent une certaine inquiétude. Soudainement, une  							panne de courant se produit dans la région; la  							rive-sud et le rive-nord sont plongées dans le noir.  							L’inquiétude grandit. «Les p’tits hommes verts,  							raconte Gaston Binet, sont entrés dans la station,  							ont regardé ce qui se passait et sont sortis sans  							dire un mot.» Les rapports d’auditeurs inquiets par  							les p’tits hommes verts arrivant un peu partout se  							multiplient en ondes. Certains téléphonent à la  							police. Gaston Binet, qui devrait fermer la station  							à 1 heure du matin décide de rester en ondes jusqu’à  							trois heures devant l’insistance de son auditoire.</p>
<p>Le matin venu, Michel Trahan arrive à la station et  							se retrouve devant une énorme pile de messages.  							Parmi ces derniers, une note de rappeler la police  							de Ste-Foy. «Vous avez fait peur au monde hier avec  							vos p’tits hommes verts en pleine panne de courant»,  							lui rapporte l’agent de police.</p>
<p>Les p’tits hommes verts, c’était le nom donné par le  							premier auditeur en ligne ce soir-là aux soldats de  							l’armée canadienne en déploiement au Québec lors de  							la Crise d’octobre. Mais jamais personne ne les  							désigna de leur vrai nom, préférant l’expression  							«les p’tits hommes verts, sans doute pour éviter les  							représailles. Mais pour les auditeurs ne pouvant pas  							constater de visu la présence de ces p’tits hommes  							verts, l’expression laissait planer l’idée…  							d’extraterrestres.</p>
<p>«Ce n’est que plus tard dans la journée que nous  							avons fait le rapprochement entre notre soirée des  							p’tits hommes verts et le canular d’Orson Welles» se  							rappelle Trahan et Binet. En effet, le 4 octobre  							1938 sur les ondes radio de CBS à New York, le  							dramaturge Orson Welles diffuse une adaptation  							théâtrale de «La guerre des mondes» de HG Wells au  							cours de laquelle un présentateur de CBS annonce et  							commente l’arrivée des Martiens sur Terre. Près d’un  							million d’auditeurs se feront prendre au jeu et  							croiront alors que les États-Unis sont attaqués par  							les Martiens. Les soldats en permission de l’armée  							stationnée au port de New York seront rappelés en  							service pendant l’émission. LS-Radio venait donc de  							répéter, à une moindre échelle, l’expérience à Lévis  							à une différence prêt : Orson Welles avait tout  							planifié lui-même tandis qu’à LS-Radio l’initiative  							revient aux auditeurs, et ce, grâce à la formule  							d’animation qui permettait aux animateurs de  							transmettre en ondes les appels des auditeurs en  							tout temps.</p>
<p><strong>La «visite» est arrivée<br />
</strong><br />
Moins d’un mois après son entrée en ondes à  							LS-Radio, Michel Trahan et son équipe se  							retrouvaient donc en pleine Crise d’octobre. Pendant  							cette période, Yvon Dufour, le directeur général de  							la station, avise son directeur des programmes,  							Michel Trahan, de se préparer à se joindre à lui  							pour recevoir la «visite». Puis, un matin, monsieur  							Dufour joint Michel Trahan : «La «visite» est  							arrivée, viens me rejoindre à mon bureau». La  							«visite», c’était le code pour les autorités  							policières impliquées dans la Crise d’octobre. Dans  							le bureau de monsieur Dufour, la police provinciale,  							la Gendarmerie royale du Canada et l’armée. Michel  							Trahan arrive avec une petite boîte qu’il place à  							ses côtés le temps de la rencontre. À la fin de  							cette dernière, les invités rassurés sur les  							intentions de LS-Radio, monsieur Dufour donne la  							parole à Michel Trahan. Il saisit sa petite boîte,  							se lève et en sort quelques exemplaires d’un  							quarante-cinq tours de Ginette Reno et en remet un à  							chaque invité. Seul Michel Trahan pouvait penser à  							une pareille conclusion de la rencontre avec la  							«visite». Comble du succès de l’opération, l’un des  							invités demande une deuxième copie du disque de  							Ginette Reno. À LS-Radio, on savait comment  							déstabiliser toutes appréhensions possibles face à  							la liberté des ondes, ce qui n’était rien en pleine  							Crise d’octobre.</p>
<p>La station se présentait avec succès comme le pôle  							positif face à Montréal alors devenue bien malgré  							elle un pôle négatif avec cette Crise d’octobre.</p>
<p><strong>La visite à l’Organisation des Nations Unies  							(ONU)<br />
</strong><br />
De retour d’un voyage à Haïti, Michel Trahan est  							accueilli en ondes par un collègue qui lui pose une  							question toute simple : «Pis, ton voyage en Haïti,  							Michel ?». La réponse vient après une courte  							hésitation et a tout pour surprendre l’auditoire :  							«Il a neigé à Port-au-Prince», lance Michel Trahan…  							en référence à la chanson de Jean-Pierre Ferland.  							Puis le téléphone sonne, on demande monsieur Trahan.  							«Comme ça il a neigé à Port-au-Prince» reprend  							l’auditeur qui se présente : «Je suis l’ambassadeur  							d’Haïti à l’ONU. Je suis de passage à Québec et  							j’aimerais vous rencontrer». Les échanges entre les  							deux hommes se concluront sur une invitation à venir  							présenter la formule de LS-Radio à la direction de  							la radiodiffusion de l’ONU à son siège social à New  							York. Une lettre d’invitation officielle suivra et  							Michel Trahan invite son collègue animateur André  							Rhéaume à l’accompagner dans la «Big Apple».</p>
<p>La nouvelle fera rapidement le tour du Québec. À la  							veille de son départ, Michel Trahan reçoit quelques  							appels de menaces : «Ne va pas vendre notre radio  							aux Américains.» Sur la première page de  							l’hebdomadaire la Tribune de Lévis on voit les deux  							représentants de LS-Radio monter à bord de l’avion  							sur le tarmac de l’aéroport de Québec.</p>
<p>L’objectif de la rencontre a tout pour permettre de  							cerner la nouveauté de la formule radiophonique  							expérimentée à Lévis. L’ONU veut que l’équipe de  							LS-Radio déménage à son siège social, dans les  							locaux de la direction de la radiodiffusion, et  							diffuse sur ondes courtes pour devenir  							internationale.</p>
<p>Michel Trahan se souvient de la réaction des  							Français lors de cette réunion à l’ONU : «Votre  							formule de radio n’est pas bonne pour l’Afrique».  							Michel Trahan rétorque : «Notre formule est  							universelle». Michel Trahan garde aussi en mémoire  							la question adressée à André Rhéaume, jusque-là  							plutôt silencieux : «Qu’est-ce que vous pensez de  							l’ONU ?». La réponse témoigne de la franchise qui  							fait alors la marque de plusieurs animateurs de  							LS-Radio : «C’est une patente qui ne marche pas. Je  							n’ai aucune confiance dans l’ONU.»</p>
<p>Finalement, André Rhéaume dira qu’il n’a pas  							l’intention de faire de la radio dans un «bunker» et  							Michel Trahan ajoutera «Nous autres, ça se passe à  							Lévis». Ainsi venait de prendre fin le rêve de l’ONU  							de s’approprier la formule de Lévis. Quarante ans  							plus tard, Michel Trahan n’a aucun regret.</p>
<p>Mais avant de quitter l’édifice, les deux comparses  							de LS-Radio rendent une petite visite au bar de  							l’ONU. «Je me rappelle, raconte Michel Trahan, que  							l’un des deux ambassadeurs sur place m’a demandé, en  							regardant la carte du monde en bronze : «Pourquoi  							voulez-vous vous séparer, le Québec ? Le Canada est  							un si beau pays.» Et seul Michel Trahan pouvait  							servir une telle réponse : «On ne veut pas se  							séparer. On veut se souder (au reste du monde)».</p>
<p>Une visite de courtoisie à l’ambassadeur du Canada  							conclut le voyage. À la suite de la réception de la  							lettre d’invitation officielle de l’ONU, Michel  							Trahan s’était demandé s’il devait en aviser le  							l’ambassadeur canadien. «Non, c’est LS-Radio  							l’invitée, non pas le gouvernement canadien» se  							dit-il. Il prit l’initiative d’une courte visite  							improvisée à l’ambassadeur du Canada. «Oui, nous  							sommes au courant de votre visite à l’ONU» affirma  							l’ambassadeur en ajoutant : «Si vous voulez, je peux  							vous mettre en contact avec Pierre Elliot Trudeau  							(alors Premier ministre du Canada)». «Non, non, ce  							ne sera pas nécessaire» répondit Michel Trahan,  							davantage préoccupé par les aspirations du Québec  							que celles du Canada.<br />
«Où vous prenez ça cette musique-là ?»</p>
<p>La programmation musicale de LS-Radio se distinguait  							de celles de toutes les autres stations parce  							qu’elle se soustrayait volontairement à l’influence  							de l’industrie et des agents d’artistes. À la  							question «Où vous prenez ça cette musique-là ?»,  							Gaston Binet répondait simplement «Il y a deux côtés  							à un 45 tours» ou «Une plage plus loin que celle de  							l’industrie» en parlant des 33 tours. «Quand on  							entrait en studio, on était en plein contrôle. On  							avait le volant dans les mains.» explique Gaston  							Binet.</p>
<p>«Je me souviens de la sortie de la chanson «My Sweet  							Lord» de George Harrison. On l’a fait joué au moins  							six fois en boucle. L’aventure nous demandait  							beaucoup d’énergie et nous étions un peu fatigués au  							moment de la sortie de cette chanson et elle agit  							sur l’équipe comme un «Red Bull», raconte Gaston  							Binet.</p>
<p>Improviser au lieu de suivre des feuilles de route  							préétablies en discothèque requiert effectivement  							beaucoup plus d’énergie mais l’aventure de LS-Radio  							a transformé à jamais à la fois les animateurs et  							les auditeurs de l’époque, tout comme leurs  							relations.</p>
<p>Invités partout, même là où on ne l’attendait pas !</p>
<p>«Nous étions invités partout, des communes aux  							petits fours» se souvient Gaston Binet. «Un soir, on  							soupait à la bonne franquette avec des jeunes, et le  							lendemain, nous dégustions des petits-fours chez un  							médecin ou on prononçait un discours devant le  							personnel d’une commission scolaire» LS-Radio  							rejoignait toutes les classes de la société pour ne  							pas dire qu’elle fondait toutes les classes en une  							seule.</p>
<p>Michel Trahan se rappelle de l’invitation faite à  							LS-Radio pour participer à une soirée de débat au  							sujet de la fameuse murale de Jordi Bonet au Grand  							Théâtre de Québec. Lorsque LS-Radio s’installe sur  							la scène avec les autres participants au débat, un  							fonctionnaire présent dans la salle s’interroge :  							«Mais qu’est-ce qu’LS-Radio fait là ? Ce n’est pas  							un parti politique.» En effet, seuls les partis  							politiques intéressés pouvaient occuper la scène du  							débat. Mais les organisateurs ne pouvaient pas  							entrevoir la discussion sans la participation de  							LS-Radio. Voilà une belle démonstration des  							privilèges accordés aux animateurs de LS-Radio  							invités partout, vraiment partout, même là où on ne  							l’attendait pas.</p>
<p><strong>Meilleurs moments<br />
</strong><br />
Michel Trahan ? «Mon meilleur moment, s’il faut en  							choisir un, c’est lorsque les gens de CHOM-FM, la  							radio anglophone la plus populaire de Montréal, sont  							venus nous rencontrer à Lévis. Jusque-là, on disait  							que la meilleure radio était anglophone. Par  							exemple, quand les gens revenaient de voyage aux  							États-Unis, ils s’empressaient de souligner  							l’originalité de la radio à Los Angeles et à New  							York. Et là, pour la première fois, sans doute,  							c’était les anglophones qui s’intéressaient à notre  							radio, à LS-Radio, l’embryon d’une radio purement  							québécoise. Je me souviens encore d’attendre les  							gens de CHOM-FM sur le perron de la station, fier  							comme un Maire français en apparats accueillant ses  							petits cousins d’Amérique. Je me voyais avec une  							ceinture fléchée autour de la taille. Je n’oublierai  							jamais cet événement.»</p>
<p>Gaston Binet ? «Mon meilleur moment de LS-Radio…  							C’est l’aventure elle-même, toute l’aventure, parce  							qu’elle m’a transformé profondément, tant sur le  							plan personnel que professionnel. Je ne voyais plus  							les choses comme avant, j’en avais désormais une  							conscience plus large et plus profonde. À la fin de  							l’aventure, il m’était impossible de revenir en  							arrière, de faire de la radio traditionnelle. Par  							exemple, après LS-Radio, je suis entrée à  							Radio-Canada dans l’équipe de l’émission de  							contre-culture. Un soir, nous nous sommes mis  							plusieurs stations de radio ensemble et nous nous  							répondions en chanson. Le Saguenay choisissait une  							chanson et Montréal lui répondait avec une autre  							chanson. Ça, c’est purement et simplement du  							LS-Radio. C’était de l’improvisation. On était  							nous-mêmes, au bon endroit, au bon moment, avec la  							bonne équipe. Et on était conscients que l’aventure  							ne durerait pas, ce qui nous incitait à vivre  							intensément chaque moment. Il n’est donc pas  							étonnant qu’on nous parle encore de cette expérience  							radiophonique unique quarante ans plus tard.»</p>
<p><strong>Le Rapport Z<br />
</strong><br />
En 1970, quelques mois avant l’arrivée de l’équipe  							de LS-Radio à l’antenne, le gouvernement du Québec  							se dote d’un ministère des communications et  							Jean-Paul L&#8217;Allier y sera nommé par le Premier  							ministre Robert Bourassa. Évidemment, le nouveau  							ministère suit de près l’aventure de LS-Radio et les  							pressions se font sentir à la fin de l’expérience  							pour une intervention gouvernementale assurant  							l’avenir de la formule. Monsieur L’Allier mandate  							alors un sous-ministre afin de lui faire rapport, ce  							sera le fameux «Rapport Z». Michel Trahan aura  							l’occasion de rencontrer le ministre pour en  							discuter. «Dites-moi, qu’est-ce qui s’est passé à  							LS-Radio ?» demande le ministre à Michel Trahan. «Ce  							qui s’est passé… Vous le savez, vous étiez à  							l’écoute. Nous avons là les prémisses d’une vraie  							radio québécoise.» de répondre l’ancien directeur de  							programme de LS-Radio. La discussion ne faisait que  							commencer. Quelques mois plus tard naissait sur le  							campus de l’Université Laval la première radio  							communautaire au Québec (CKRL-FM) avec l’appui du  							ministère des Communications du Québec.</p>
<p><strong>Appel à tous<br />
</strong><br />
La Fondation littéraire Fleur de Lys s’est donnée  							pour mission de perpétuer la mémoire de la belle  							aventure de LS-Radio (1970-71). À l’occasion du  							quarantième anniversaire de cette révolution  							radiophonique, l’organisme lance un appel à tous  							afin de recueillir souvenirs et commentaires en vue  							de la publication d’un livre. Déjà, on trouve sur le  							site Internet de la Fondation un article dévoilant  							d’autres détails intéressants qui permettent de  							comprendre toute l’ampleur de l’aventure.<br />
<a href="http://manuscritdepot.com/a.serge-andre-guay.4.htm"> http://manuscritdepot.com/a.serge-andre-guay.4.htm</a><br />
– 30 –<br />
SOURCE</p>
<p>Serge-André Guay, président éditeur<br />
Fondation littéraire Fleur de Lys<br />
Téléphone : 418-903-1911 Courriel : 							<a href="mailto:contact@manuscritdepot.com"> contact@manuscritdepot.com</a></p>
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		<title>De Marque s&#8217;approprie tout le mérite  de l&#8217;entrepôt numérique</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Sep 2010 04:00:37 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-37074" href="http://www.centpapiers.com/de-marque-sapproprie-tout-le-merite-de-lentrepot-numerique/36893/attachment/364"><img class="alignleft size-full wp-image-37074" title="364" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/09/364.jpg" alt="" width="192" height="162" /></a>Curieusement, l&#8217;annonce d&#8217;une entente entre <a href="http://www.dimedia.com/index.php" target="_top">Diffusion Dimedia</a> et l&#8217;<a href="http://accueil.entrepotnumerique.com/" target="_top">entrepôt numérique</a>, aussi appelé «Agrégateur ANEL-De Marque» a donné lieu à deux communiqués de presse, <a href="http://www.demarque.com/fr/ca/a-propos/communiques/?annee=2007&amp;idCommunique=83" target="_top">le premier</a> émis par la firme De Marque le 2 septembre 2010 et <a href="http://www.anel.qc.ca/PDFAutoG/1_20100908164138.pdf" target="_top">le second</a> par l&#8217;Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) le 8 septembre suivant. Le projet de cet entrepôt numérique est une initiative de l&#8217;ANEL en collaboration avec la firme De Marque, comme on peut le lire dans le communiqué de l&#8217;ANEL : «L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) est bien sûr particulièrement heureuse de la popularité croissante de cet entrepôt de livres numériques mis sur pied il y a moins de deux ans en collaboration avec la firme De Marque.»</p>
<p>Alors pourquoi pas un communiqué de presse conjoint de ces deux partenaires plutôt que deux communiqués ?  Plus curieux encore, la firme De Marque ne fait aucune allusion à l&#8217;Association nationale des éditeurs de livres dans son communiqué de presse. De Marque parle de «la plateforme de distribution de livres numériques de De Marque» et s&#8217;approprie ainsi tout le mérite de cette plateforme (ou entrepôt numérique). Pourtant, sur le <a href="http://accueil.entrepotnumerique.com/" target="_top">site Internet de cet entrepôt numérique</a>, on peut bel et bien lire en titre «Agrégateur ANEL-De Marque».</p>
<p>C&#8217;est sans aucun doute en donnant suite à ce communiqué de presse de De Marque que la station du réseau de télévision TVA à Québec a présenté hier un reportage au sujet de l&#8217;entrepôt numérique dans le cadre de son bulletin d&#8217;information régionale de 18h00. L&#8217;animateur du bulletin, Pierre Jobin, a présenté le reportage en soutenant que la popularité du livre électronique profitait à une firme de Québec, De Marque. Ici encore, pas un mot au sujet de l&#8217;ANEL dans ce reportage. La population a donc eu une fois de plus l&#8217;impression que tout le mérite de cette distribution de livres numériques québécois revenait à De Marque.</p>
<p>Or, si cet entrepôt de livres numériques existe, c&#8217;est grâce à la population, à tous les payeurs de taxes et impôts du Québec et du Canada. En effet, le projet d&#8217;entrepôt numérique a bénéficié de généreuses subventions de la <a href="http://www.sodec.gouv.qc.ca/fr/home" target="_top">Société de développement des entreprises culturelles du Québec</a>(SODEC) (200.000$) et de <a href="http://www.pch.gc.ca/fra/1266037002102/1265993639778" target="_top">Patrimoine canadien</a> et le <a href="http://www.pch.gc.ca/fra/1268182505843" target="_top">Fonds du Livre du Canada</a>. Contrairement à son collaborateur De Marque, l&#8217;ANEL ne manque pas de le souligner dans son communiqué de presse : «La mise en place de l’Agrégateur ANEL-De Marque a été rendue possible grâce au soutien de la SODEC et de Patrimoine canadien et le Fonds du Livre du Canada».</p>
<p>Pourquoi la firme De Marque n&#8217;a-t-elle pas fait de même et ainsi donner une fausse impression à la population ?  Il en va de même sur le site de l&#8217;entrepôt numérique où on ne retrouve aucune mention des bailleurs de fonds gouvernementaux, contrairement à la pratique courante. Habituellement, le bénéficiaire d&#8217;une aide de l&#8217;état a le devoir moral d&#8217;en informer la population sur son site Internet. Il y a même des programmes d&#8217;aide gouvernementaux qui font de ce devoir moral une obligation légale. De Marque pourra toujours répondre que l&#8217;aide financière pour l&#8217;entrepôt numérique fut accordée à l&#8217;ANEL et que seule cette dernière à l&#8217;obligation légale de mentionner ses bailleurs de fonds gouvernementaux. Il n&#8217;en demeure pas moins que l&#8217;ANEL a versé à De Marque une bonne part de cette subvention initiale à titre de fournisseur et de collaborateur.</p>
<p>De là à changer le nom de cet entrepôt numérique («la plateforme de distribution de livres numériques de De Marque» au lieu de «Agrégateur ANEL-De Marque») pour s&#8217;en approprier tout le mérite il y a toute une marge.  Si la firme De Marque tente ainsi de prendre ses distances avec l&#8217;ANEL et les gouvernements, c&#8217;est raté en ce qui me concerne. Le vice-président à l&#8217;édition numérique chez De Marque, Clément Laberge, nous informe sur son <a href="http://remolino.qc.ca/about/" target="_top">blogue</a> de sa nomination en mars dernier au <strong><a href="http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=2328&amp;tx_ttnews[tt_news]=5404&amp;cHash=0fc9aabcc4df0638c4367c1a8579831a" target="_top">Conseil consultatif de la lecture et du livre</a></strong> par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, M<sup>me </sup>Christine St-Pierre. (<a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/document-pdf.01/MEMBRES_CCLL_et_fonctions_2010-061.pdf" target="_top">Liste des membres</a>)</p>
<p><strong>P.S.:</strong> Non seulement l&#8217;entrepôt numérique est-il subventionné par l&#8217;état, mais les éditeurs le sont également pour la numérisation, la conversion et le dépôt dans un entrepôt numérique : «L’aide est calculée à partir des coûts encourus pour la numérisation, la conversion et le dépôt dans un entrepôt numérique. De plus, une somme forfaitaire de 10 $ par titre déposé dans un entrepôt numérique sera allouée. L’aide financière peut atteindre 50 % des coûts admissibles jusqu’à concurrence de 5 000 $ par éditeur et par exercice.» (<a href="http://www.anel.qc.ca/Numerique.asp?PageNo=88" target="_top">Source</a>) Il s&#8217;agit d&#8217;un programme de la SODEC.</p>
<p>Serge-André Guay, président éditeur  Fondation littéraire Fleur de Lys</p>
<p>P.S.: La Fondation littéraire Fleur de Lys, organisme à but non lucratif, pionnier québécois de l&#8217;édition en ligne avec impression papier et numérique à la demande, est à la recherche d&#8217;un programmateur bénévole pour créer son propre entrepôt numérique.</p>
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		<title>Un site québécois pour contrer l&#8217;américain LULU.COM</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 00:01:05 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de l’édition en ligne sur Internet avec impression à la demande, annonce le lancement d’une plateforme québécoise d’autoédition en ligne sur Internet avec impression à la demande. Le projet verra le jour d’ici la fin de l’année et a pour but avoué de contrer les avancées du site américain d’autoédition LULU.COM en territoire québécois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de l’édition en ligne sur Internet avec impression à la demande, annonce le lancement d’une plateforme québécoise d’autoédition en ligne sur Internet avec impression à la demande. Le projet verra le jour d’ici la fin de l’année et a pour but avoué de contrer les avancées du site américain d’autoédition LULU.COM en territoire québécois.</p>
<p>Pour l’heure, les auteurs québécois intéressés par l’autoédition en ligne avec impression à la demande n’ont pas le choix : ils doivent se tourner vers l’étranger. Il y a urgence d’offrir à nos auteurs, amateurs et professionnels, une alternative québécoise afin de soutenir l’émergence d’une nouvelle économie du livre en nos frontières plutôt que celle des États-Unis par le biais de LULU.COM.</p>
<p>Depuis la francisation de son site Internet, LULU.COM a réalisé avec succès quelques opérations de relations publiques au Québec. Ainsi, la firme américaine a accaparé une part du marché québécois de l’autoédition en ligne et de l’impression à la demande sans aucune retombée significative pour l’économie québécoise. Le succès de l’Américaine LULU.COM repose en grande partie sur les économies extérieures puisque « 50 % des visiteurs de Lulu.com sont extérieurs aux États-Unis ». Il est temps que le Québec récupère sa part de marché.</p>
<p>Autre sujet d’agacement majeur, la question du ISBN (International Standard Book Number) ou numéro international normalisé, permettant l’identification unique de chaque livre publié et servant à sa gestion dans les bases de données informatiques, y compris celles des distributeurs, des libraires et des bibliothèques. LULU.COM affirme offrir gratuitement un numéro ISBN. Or, l’auteur doit acheter l’un des deux services de distribution de LULU.COM pour profiter de cette offre gratuite. Qui plus est, on ne parle plus alors d’autoédition, mais d’édition à compte d’auteur puisqu’à l’achat d’un service de distribution, LULU.COM devient l’éditeur : «Obtenez un ISBN gratuit de Lulu.com — Assignez un ISBN gratuit unique à votre titre qui enregistre Lulu.com comme l&#8217;éditeur. Lulu agira en tant qu&#8217;éditeur en votre nom envers les détaillants et les grossistes mondiaux. » Et si vous autoéditez votre livre avec votre propre numéro ISBN, obtenu gratuitement auprès de Bibliothèque et Archives nationales du Québec ou de Bibliothèque et Archives nationales du Canada, vous ne pourrez pas demander à LULU.com d’incorporer votre livre dans les banques de données mondiales ou de le distribuer dans les librairies en lignes. Bref, LULU.COM se présente comme une plateforme d’autoédition, mais devient un éditeur à compte d’auteur lorsque l’auteur retient un service de distribution.</p>
<p>Plus important encore, le numéro ISBN offert par LULU.COM associe automatiquement le livre à un éditeur anglophone, ce qui fausse la représentation de la littérature québécoise francophone dans les bases de données, ici comme ailleurs. Les auteurs québécois distribués par LULU.COM seront donc connus comme ayant été publiés par un éditeur anglophone. Ce ne sera pas le cas avec notre service d’autoédition, car nous exigerons que l’auteur s’adresse à Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour obtenir son numéro ISBN et nous le guiderons dans sa démarche.</p>
<p>Nous exigerons aussi que l’auteur procède au dépôt légal de son livre comme prescrit par les lois québécoise et canadienne. Quand un auteur d’ici publie son livre avec un numéro ISBN fourni pas l’américaine LULU.COM, il n’est pas soumis à l’obligation du dépôt légal à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Dans le cas où l’auteur refuse d’effectuer ce dépôt légal, souvent parce qu’il ne veut pas payer l’impression des exemplaires nécessaires et les frais de poste ou tout simplement parce qu’il n’est pas informé de cette obligation, la conservation du patrimoine littéraire québécois par la bibliothèque nationale en souffre.</p>
<p>En rendant obligatoire la publication sous un numéro ISBN québécois et le dépôt légal, la Fondation littéraire Fleur de Lys propose un tout nouveau type d’autoédition, « l’autoédition responsable », qui, nous l’espérons, fera la marque du Québec dans ce domaine expansion grâce à l’impression à la demande et à l’Internet.</p>
<p>Habituellement, l’autoédition n’implique aucune ligne éditoriale de la part du fournisseur de services, comme c’est le cas avec l’Américaine LULU.COM : « Lulu change le monde de l&#8217;édition en donnant aux auteurs le pouvoir de publier leur travail eux-mêmes gratuitement avec un contrôle complet tant éditorial que du Copyright ». Bref, LULU.COM se vante de n’exercer aucun contrôle éditorial, ce qui peut donner lieu à des erreurs très graves telle la publication d’œuvres ne respectant pas les lois en vigueur. On l’a constaté cet été lorsque la Fondation littéraire Fleur de Lys a débusqué une usurpation de l’identité de l’écrivain québécois Léandre Bergeron sur le site de l’Américaine LULU.COM.</p>
<p>De plus, même si la firme a été fondée par un Canadien, Bob Young, ce dernier a préféré en installer le siège social en Caroline du Nord aux États-Unis. Et même si LULU.COM possède un bureau à Toronto, nos auteurs et leurs lecteurs sont forcés d’acquitter leurs achats en dollars américains puisque LULU.COM n’accepte pas le dollar canadien. Nos auteurs y perdent au change parce que les transactions en devises étrangères s’accompagnent très souvent de frais bancaires additionnels.</p>
<p>Dans ce contexte, l’autoédition responsable implique que l’œuvre respecte les lois et la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. La Fondation littéraire Fleur de Lys exercera donc un contrôle en ce sens au bénéfice même des auteurs et des lecteurs. Il n’est pas question de publier tout et n’importe quoi, n’importe comment, comme chez LULU.COM et d’attendre qu’un membre du site nous informer d’une fraude pour agir, comme ce fut le cas avec l’usurpation de l’identité de l’écrivain québécois. Nous sommes d’avis qu’il vaut mieux prévenir que guérir, c’est-à-dire exercer un contrôle éditorial ne serait-ce que de base.</p>
<p>D’ailleurs, un tel contrôle incombe à toute librairie, y compris celle de LULU.COM. Mais cette entreprise semble nier sa responsabilité de diffuseur. Un libraire ne peut pas vendre tout et n’importe quoi sur ses tablettes ou son site Internet sans aucun contrôle éditorial sous prétexte qu’il s’agit d’autoédition. Et les instances judiciaires nous donneraient sans doute raison.</p>
<p>Au fil des ans, la librairie en ligne de LULU.com est devenue un véritable fouillis avec « plus de 400 000 titres l&#8217;an dernier ». On ne peut même pas savoir quels sont les auteurs québécois publiés par LULU.COM. Il n’y aucune possibilité d’effectuer une recherche d’auteurs par nationalité. L’auteur se retrouve perdu dans la masse sur un site immense. Avec le site québécois d’autoédition de la Fondation littéraire Fleur de Lys, nous serons entre nous et bien identifiés, tout en étant ouverts sur le monde, puisque l’Internet n’a pas de frontières. LULU.COM souligne haut et fort avoir « Des millions d&#8217;utilisateurs enregistrés et deux millions de visiteurs du site chaque mois ». Nous croyons que ce n’est pas le nombre qui compte, mais la qualité.</p>
<p>La Fondation littéraire Fleur de Lys profitera des premières <a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.309.htm">Assises internationales de l&#8217;imprimé et du livre électronique de Montréal</a> qui s’ouvrent le mercredi 30 septembre pour lancer un appel aux entreprises et aux individus intéressés à contribuer bénévolement ou financièrement dans la réalisation de ce projet et du site Internet. La Fondation littéraire Fleur de Lys est un organisme à but non lucratif créé en 2003 et espère vivement que les Québécois concernés se mobiliseront pour doter le Québec d’une plateforme d’autoédition à leur image et dans le respect de leurs valeurs.</p>
<p>Serge-André  Guay, président éditeur<br />
<a href="http://manuscritdepot.com/" target="_blank">Fondation littéraire Fleur de Lys</a></p>
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		<title>Exclusif : le pré-programme des premières Assises internationales de l&#8217;imprimé et du livre électronique de Montréal</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2009 02:28:16 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Éric Le Ray, fondateur de la firme conseil EPC@partners spécialisée dans le papier électronique et la communication, auteur de «La bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique» édité par  Les Presses de l&#8217;Université de Montréal, travaille très fort depuis un an pour organiser les «Premières Assises internationales de l&#8217;imprimé et du livre électronique de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Éric Le Ray, fondateur de la firme conseil EPC@partners spécialisée dans le papier électronique et la communication, auteur de «La bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique» édité par  Les Presses de l&#8217;Université de Montréal, travaille très fort depuis un an pour organiser les «Premières Assises internationales de l&#8217;imprimé et du livre électronique de Montréal» sous le thème «Converge et mobilité», un événement ouvert à tous qui se tiendra le 30 septembre et le 1er octobre prochain (2009) à l&#8217;Université du Québec à Montréal.</p>
<p>Le programme comprend de nombreuses tables rondes et conférences avec des experts reconnus dans leur domaine. Vous pourrez aussi visiter de nombreux kiosques d&#8217;information et discuter avec les représentants de plusieurs entreprises impliquées dans l&#8217;ère du numérique.</p>
<p>Éric Le Ray a eu l&#8217;amabilité d&#8217;inviter à ces assises la Fondation littéraire Fleur de Lys. J&#8217;y prononcerai une conférence le mercredi 30 septembre à 9h.30 et nous y tiendrons un kiosque d&#8217;information tout au long de l&#8217;événement. Voici en primeur le pré-programme :</p>
<p><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.308.htm" target="_blank">http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.308.htm</a></p>
<p>Si ces informations demeurent à confirmer officiellement, ce qui sera fait la semaine prochaine m&#8217;assure Éric Le Ray, on peut d&#8217;ores et déjà conclure que ces assisses seront très intéressantes, captivantes à souhait, pour quiconque veut prendre le pouls de ce qui se passe dans le domaine de l&#8217;imprimé et du livre électronique.</p>
<p>Enfin, Éric Le Ray fait preuve de la générosité typique des Bretons en fixant le prix d&#8217;entrée à pour ces assisses à $60.00 pour une journée et à $100.00 pour les deux jours de l&#8217;événement. Et, comme il se doit, il réserve un traitement de faveur aux étudiants : $15.00$ pour une journée et $30.00 pour les deux jours de l&#8217;événement. Jamais on n’aura vu à Montréal des prix aussi bas pour un tel événement d&#8217;envergure internationale.</p>
<p>Bienvenue à tous et à toutes !</p>
<p>Serge-André Guay, président</p>
<p>Fondation littéraire Fleur de Lys</p>
<p><strong><span style="font-size: x-small;">La Fondation Littéraire  										Fleur de Lys y donnera une conférence et  										y tiendra un kiosque.</span></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une note de 5/10 pour le premier «Rendez-vous des médias citoyens»</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/une-note-de-seulement-510-pour-le-premier-%c2%abrendez-vous-des-medias-citoyens%c2%bb-organise-par-parole-citoyenne-et-plusieurs-autres-partenaires/9418</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Aug 2009 20:07:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Quand les gens connus formellement comme l'audience emploient les outils de publication qu'ils ont en leur possession pour s'informer entre eux, c'est du journalisme citoyen»]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-9419" title="editor.002" src="/wp-content/uploads/2009/08/editor.002.jpg" alt="editor.002" width="360" height="305" /></p>
<p>Je ne puis donner davantage que la note de passage au premier «Rendez-vous des médias citoyens» qui se tenait hier (26 août 2009) à Montréal. Je me suis ennuyé à mourir.</p>
<p>J&#8217;aurais dû m&#8217;arrêter plus attentivement à la liste des partenaires organisateurs pour savoir dans quoi je m&#8217;embarquais avant de me présenter à cet événement : Office National du Film du Canada, Parole citoyenne-CitizenShift, Institut du nouveau monde, medias@mcgill, Coprod, Radio-Canada International. Plus encore, j&#8217;aurais eu avantage à examiner de très près la liste des intervenants : <em>David Beers</em>, directeur fondateur de The Tyee, <em>Geraldine Cahill</em>, directrice des communications chez Real News Network, <em>Véronique Marino</em>, INIS &#8211; Institut national de l&#8217;image et du son, <em>Laurent Mauriac</em>, un des fondateurs du site d&#8217;information Rue89, <em>Paulina Abarca-Cantin</em> &#8211; Studio XX, Directrice générale du Studio XX, <em>Stéphanie Lagueux</em>, webmestre au Studio XX, <em>Reisa Levine</em>, productrice à CitizenShift, <em>Véronique Maléfant</em>, responsable du passage de Parole citoyenne et de CitizenShift de l’ONF à l’INM, <em>Wayne MacPhail</em>, directeur, médias émergents, Rabble.</p>
<p>Si je n&#8217;ai pas porté attention à la liste des partenaires et à celle des intervenants, c&#8217;est parce que je croyais que tout le monde s&#8217;entendait sur la définition du journalisme citoyen, celle de Jay Rosen, journaliste citoyen américain : «Quand les gens connus formellement comme l&#8217;audience emploient les outils de publication qu&#8217;ils ont en leur possession pour s&#8217;informer entre eux, c&#8217;est du journalisme citoyen» («When the people formerly known as the audience employ the press tools they have in their possession to inform one another, that’s citizen journalism.» <a href="http://journalism.nyu.edu/pubzone/weblogs/pressthink/2008/07/14/a_most_useful_d.html" target="_top">Source</a> ). Cette définition fut rapportée par la toute première intervenante de l&#8217;événement, <em>Véronique Marino</em>, INIS (<a href="http://www.inis.qc.ca/" target="_top">Institut national de l&#8217;image et du son</a>). Bref, ça commençait très bien. Le présentation de madame Marino fut et de loin la meilleure de la journée. Voir ci-dessous les diapositives utilisées par madame Marino au cours de son intervention.<a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/document-pdf.01/medias-citoyens-090826210003-phpapp01.pdf" target="_top"></a></p>
<p><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/document-pdf.01/medias-citoyens-090826210003-phpapp01.pdf" target="_top">Vous pouvez télécharger ces diapositives réunies dans un fichier PDF en cliquant ici</a></p>
<p><a href="http://ohsorry.wordpress.com/2009/08/26/les-medias-citoyens-ou-je-twitte-pour-dire-que-je-blogue/" target="_top">Lien vers le billet écrit par Véronique Marino au sujet de sa participation au «Rendez-vous des médias citoyens» sur son blogue personnel</a></p>
<p>Revenons à la définition du journalisme citoyen pour vérifier si les intervenants invités y correspondent réellement, c&#8217;est-à-dire pour savoir s&#8217;il s&#8217;agissait de journaliste citoyen («Quand les gens connus formellement comme l&#8217;audience emploient les outils de publication qu&#8217;ils ont en leur possession pour s&#8217;informer entre eux, c&#8217;est du journalisme citoyen»).</p>
<p>1. <a href="http://thetyee.ca/"><span>The Tyee</span></a>, un magazine en ligne indépendant en Colombie-Britannique. Cette publication en ligne est l&#8217;oeuvre de journalistes à commencer par son directeur fondateur, David Beers : «Avant de s&#8217;établir à Vancouver en 1991, il était rédacteur en chef à la revue <em>Mother Jones</em>. Depuis, ses collaborations aux <em>Globe and Mail</em>, <em>Vancouver Magazine</em>, <em>New York Times Magazine</em>, <em>Harper&#8217;s</em>, <em>National Geographic</em> et au <em>Vancouver Sun</em> &#8211; où il a travaillé comme éditeur pendant trois ans &#8211; lui ont valu de nombreux prix de journalisme au Canada et aux États-Unis.» (<a href="http://www.media-citoyen.ca/fr/intervenants.php" target="_top">Source</a>) Sur le site du magazine, on peut lire : «The Tyee a attiré quelques-uns des meilleurs journalistes en Colombie-Britannique qui ont mis à jour plusieurs nouvelles importantes» («The Tyee has attracted some of the best journalists in B.C. who have broken many important stories.») (<a href="http://thetyee.ca/About/Intro/" target="_top">Source</a>). On ne parle donc pas ici de simples citoyens s&#8217;informant entre eux mais de journalistes professionnels triés sur le volet. En fait, la raison pour laquelle ce magazine est classé par certains parmi les médias citoyens, c&#8217;est parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un média indépendant (en ligne) évoluant en marge d&#8217;un univers contrôlé par des grandes corporations médiatiques. Or, il ne suffit pas d&#8217;être un média indépendant pour être un médias citoyen autrement le quotidien montréalais LE DEVOIR pourrait lui aussi se dire média citoyen. Je comprends fort bien que la venue d&#8217;un média indépendant en Colombie-Britannique s&#8217;inscrit dans la démocratisation des médias mais, dans ce cas précis, la démocratisation citoyenne se limite à permettre aux lecteurs de commenter les nouvelles publiées sur le site Internet.</p>
<p>2. <a href="http://therealnews.com/">Real News Network</a>. Ce site Internet n&#8217;est pas un média citoyen parce qu&#8217;il fait appel à des journalistes de profession. Sur le site Internet de ce média, section, «Notre mission», on peut lire ceci : « Real News Network est une télévision de nouvelles et de documentation centrée sur une offre de journalisme indépendant et sans compromis. Notre équipe, en collaboration avec des journalistes courageux à travers le monde, investiguera, rapportera et débattra de nouvelles sur les enjeux critiques de notre époque. Nous sommes supportés par nos téléspectateurs et nous n&#8217;acceptons pas la publicité et les contributions d&#8217;entreprises et des gouvernements.» («The Real News Network is a television news and documentary network focused on providing independent and uncompromising journalism. Our staff, in collaboration with courageous journalists around the globe, will investigate, report and debate stories on the critical issues of our times. We are viewer supported and do not accept advertising, government or corporate funding.») (<a href="http://therealnews.com/t/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=37&amp;Itemid=88" target="_top">Source</a>) Bref, on ne trouve pas le mot «citoyen» (citizen) dans le texte de cette mission pas plus que les explications données sur la page du site Internet de Real News Network. Comme chez tout autre média, c&#8217;est actuellement la mode d&#8217;inviter les citoyens (l&#8217;audience) à communiquer des nouvelles. C&#8217;est le cas avec Real News Network mais le citoyen n&#8217;a pas accès aux outils de publication. L&#8217;équipe (staff) enquêtera s&#8217;il juge que la nouvelle cadre avec sa mission. Sur le site «Rendez-vous des médias citoyens», on peut lire ceci au sujet de l&#8217;intervenante représentant Real News Network : «Geraldine Cahill est directrice des communications chez Real News Network, où elle a mis sur pied un groupe de journalistes bénévoles engagés dans l&#8217;action sociale.» Il est question de journalistes et non pas de citoyens. Il n&#8217;y a pas lieu d&#8217;attribuer le titre de «média citoyen» à Real News Network, d&#8217;autant plus que l&#8217;action sociale n&#8217;est pas automatiquement citoyenne.</p>
<p>3. <a href="http://www.rue89.com/">Rue89</a>. Fondé et géré par des journalistes, Rue89 n&#8217;est pas non plus un média citoyen. Laurent Mauriac, l&#8217;un des fondateurs du site, a clairement précisé aux participants de «Rendez-vous des médias citoyens» que la décision de publier ou non une nouvelle revient à l&#8217;équipe de journalistes en place, non pas aux citoyens. Pis encore, si les citoyens sont entièrement libres de commenter les nouvelles, seuls ceux jugés les plus pertinents et représentatifs du débat par l&#8217;équipe de journalistes seront publiés. Monsieur Mauriac a même donné en exemple la nouvelle voulant que des étudiants français aient pris la mauvaise habitude d&#8217;apporter et de consommer de l&#8217;alcool entre les cours. L&#8217;équipe de journalistes a été sensibilisée à ce fait par les citoyens mais la nouvelle officielle publiée sur le site fut signée par un journaliste de l&#8217;équipe. Seul un professeur a pu témoigner de son expérience de ce fait. L&#8217;équipe de journalistes a reçu un commentaire de sa part, l&#8217;a contacté pour qu&#8217;il élabore davantage son témoignage et a ensuite publié ce dernier. La raison donnée par monsieur Mauriac : ce professeur était dans une position qu&#8217;aucun journaliste ne pouvait être, c&#8217;est-à-dire être en classe avec ses élèves. Bref, Rue89 n&#8217;est pas un média citoyen parce que le citoyen n&#8217;a pas accès à l&#8217;outil de publication; il doit se soumettre à l&#8217;équipe de journalistes professionnels en place. Nous sommes très loin de cette affirmation sur le site de Rue89 : «Rue89 sera ce que vous en ferez, ce que nous en ferons ensemble.» On peut aussi lire : «Notre ambition est d&#8217;ouvrir les portes et les fenêtres de ce nouveau média, et d&#8217;y faire entrer l&#8217;air frais de la société : experts, témoins, passionnés, seront appelés à participer à la production de l&#8217;information, à son décryptage et à en débattre, en interaction avec l&#8217;équipe des journalistes de Rue89.» Notez bien ce passage: «experts, témoins, passionnés, seront appelés à <strong>participer à la production de l&#8217;information</strong>». «Dans ce cas précis, «participer» ne voulait pas dire «publier». Cette approche ne correspond pas à la définition du journalisme citoyen. (<a href="http://www.rue89.com/2007/05/06/rue89-reprendre-linitiative">Source : éditoriale annonçant le lancement du site</a>)</p>
<p>4. <a href="http://rabble.ca/">Rabble</a>. Le site se présente en ces mots : «rabble.ca a été construit avec les efforts de journalistes progressifs, d&#8217;écrivains, d&#8217;artistes et d&#8217;activistes à travers le pays» («rabble.ca was built on the efforts of progressive journalists, writers, artists and activists across the country.») La seule et unique allusion aux citoyens dans ce texte de présentation est indirecte : «Mais ce sont nos lecteurs qui font prospérer rabble. Allez voir notre forum de discussions vibrantes — babble — pour comprendre ce que nous voulons dire.» («But it&#8217;s our readers who make <em>rabble</em> thrive. Just check out our vibrant discussion forum — babble — to see what we mean.») (<a href="http://rabble.ca/about/landing" target="_top">Source</a>) On peut toujours affirmer que les journalistes, les écrivains, les artistes et les activistes sont des citoyens mais leurs oeuvres médiatiques collectives ne sont pas pour autant citoyennes, du moins, dans l&#8217;esprit de la définition donnée ci-dessus. C&#8217;est un groupe qui a pris la parole et dont on peut devenir membre mais ce membership ne donne pas accès à l&#8217;outil de publication, si ce n&#8217;est dans un forum de discussions, à l&#8217;instar de très nombreux site Internet de médias traditionnels. Rabble est un médias alternatif, non pas un média citoyen.</p>
<p>5 <a href="http://studioxx.org/splash.html">Studio XX</a>. Voici le mandat de l&#8217;organisation : «Le Studio XX est un centre d’artistes féministes bilingues engagés dans l’exploration, la création et la critique en art technologique. Fondé à Montréal en 1996, il vise à mettre de l&#8217;avant la multiplicité des territoires, voix et actions créatives des femmes dans le cyberespace. Explorer, démystifier, donner accès, outiller, questionner, créer, telles sont les visées du Studio XX. Un de ses mandats est de favoriser la création et la diffusion d’œuvres d’arts technologiques, numériques et audionumériques créées par les femmes. Il vise aussi à initier de plus en plus de gens — artistes et non artistes — au monde numérique en offrant des ateliers d’initiation aux nouvelles technologies, en particulier avec des outils libres, ou Open Source. Le Studio XX permet ainsi aux femmes non seulement d&#8217;utiliser les nouvelles technologies mais plus encore de façonner et de contaminer — à leur manière — le cyberespace. STUDIO XX Centre d&#8217;artistes féministe bilingue engagé dans l&#8217;exploration, la création et la critique en art technologique.» (<a href="http://www.studioxx.org/fr/mandat" target="_top">Source</a>) Je vous laisse seul juge pour déterminer s&#8217;il s&#8217;agit ou non d&#8217;un média citoyen.</p>
<p>Agacé au plus haut point par ce méli-mélo de sites web de soi-disant médias dits citoyens, j&#8217;ai quitté l&#8217;événement peu après le commencement de la présentation des intervenantes de «<a href="http://citizen.nfb.ca/" target="_top">Parole citoyenne/CitizenShift</a>». Je viens de passer 30 minutes sur Parole citoyenne et je ne comprends toujours pas en quoi il s&#8217;agit d&#8217;un média citoyen si ce n&#8217;est qu&#8217;il y a des blogues, des vidéos, des extraits de documentaires, même celui auquel j&#8217;ai participé il y a près de 25 ans (1985) et produit par l&#8217;Office national du film du Canada (<a href="http://citoyen.onf.ca/les-enfants-de-la-television" target="_top">Les enfants de la télévision</a>). Nous sommes sur un site hébergé par l&#8217;ONF. Un communiqué de presse nous apprend que l’Institut du Nouveau Monde s&#8217;impliquera : «À compter du 1er septembre prochain, l’INM deviendra le porteur principal de ces deux médias citoyens démarrés et portés à maturité par l’ONF entre 2003 et 2009. L’ONF demeurera partenaire de premier plan en continuant à coproduire du contenu audiovisuel à destination de Parole citoyenne et CitizenShift jusqu’à la fin mars 2011.» Si la prise de parole par le citoyen est au centre de ce site Internet, je ne crois qu&#8217;il réponde pour autant à la définition d&#8217;un média d&#8217;information.</p>
<p>Mon agacement face au «Rendez-vous des médias citoyen» vient en partie du fait qu&#8217;on y a mélangé «média» et «médias d&#8217;information», surtout dans le cas de Studio XX et Parole citoyenne/CitizenShift. On ne peut pas se qualifier de média citoyen parce qu&#8217;on offre des vidéos et des blogues écrits et produits par des citoyens à moins de prendre la définition de «média» au sens le plus large possible, c&#8217;est-à-dire un «ensemble des procédés de transmission massive de l&#8217;information» (Source : Le Grand Robert de la langue française). Dans ce cas, tous les sites internet sont des médias car ils transmettent massivement des informations. Mais nous savons tous que ce n&#8217;est pas ce que nous entendons par «média». Nous sous-entendons tous «médias d&#8217;information». Et nous faisons tous allusions aux «actualités» en parlant des «médias d&#8217;information».</p>
<p>Évidemment un documentaire du type ONF peut porter la parole citoyenne mais le site de diffusion ne devient pas d&#8217;emblée un média citoyen car encore faut-il que cette parole citoyenne se rapporte à l&#8217;actualité. Tout citoyen qui prend la parole ne parle pas nécessairement de l&#8217;actualité, pas même de «son» actualité. Vouloir faire partie de l&#8217;actualité et traiter de l&#8217;actualité sont deux choses différentes tout comme vouloir faire partie des médias citoyens et être réellement un média citoyen sont deux choses différentes.</p>
<p>Pour tout vous dire, à ce premier «Rendez-vous des médias citoyen», j&#8217;aurais préféré des intervenants de CentPapiers, le seul et l&#8217;unique média citoyen digne de ce titre au Québec, plutôt qu&#8217;un des fondateurs du site français Rue89. Et quant à payer le voyage de la France au Québec à quelqu&#8217;un, je l&#8217;aurais fait pour un représentant d&#8217;AgoraVox, le seul média citoyen digne de ce titre en France. Autrement dit, les médias citoyens, les vrais, sont encore très rares, du moins ceux qui correspondent à la meilleure définition trouvée à ce jour : «Quand les gens connus formellement comme l&#8217;audience emploient les outils de publication qu&#8217;ils ont en leur possession pour s&#8217;informer entre eux, c&#8217;est du journalisme citoyen».</p>
<p>Enfin, les sites de réseautage social tels Facebook et Twitter ne correspondent pas à la définition d&#8217;un média citoyen, comme on le laissait entendre lors de cette rencontre. D&#8217;une part, les échanges entre «amis» ne sont pas du journalisme et, d&#8217;autre part, le journalisme ne consiste pas à faire circuler une information, aussi intéressante soit-elle pour tous.</p>
<p>Serge-André Guay, président éditeur</p>
<p><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.295.htm" target="_blank">Fondation littéraire Fleur de Lys</a></p>
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		<title>L&#8217;écrivain et historien québécois Léandre Bergeron victime d&#8217;une fraude sur le site américain d&#8217;autoédition LULU.COM</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jul 2009 13:52:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Une recherche effectuée par la Fondation littéraire Fleur de Lys révèle que l&#8217;écrivain québécois Léandre Bergeron, également dramaturge, historien, linguiste et scénariste, est victime d&#8217;une fraude grotesque sur le site américain d&#8217;autoédition Lulu.com La fraude est l&#8217;oeuvre d&#8217;un dénommé «Mohamed Anouar Brahim» originaire de la Tunisie. Le fraudeur a publié deux de ses oeuvres sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-small;">Une recherche  										effectuée par la Fondation littéraire  										Fleur de Lys révèle que l&#8217;écrivain  										québécois Léandre Bergeron, également dramaturge,  										historien, linguiste et scénariste, est  										victime d&#8217;une fraude grotesque sur le  										site américain d&#8217;autoédition Lulu.com</span><br />
<span style="font-size: x-small;"> </span></p>
<p><span style="font-size: x-small;">La fraude est l&#8217;oeuvre d&#8217;un dénommé «Mohamed Anouar Brahim» originaire de la Tunisie. Le fraudeur a publié deux de ses oeuvres sous le nom «Léandre Bergeron».</span></p>
<p><span style="font-size: x-small;">Toute l&#8217;enquête sur le site de la Fondation littéraire Fleur de Lys à cette adresse :</span></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.282.htm" target="_self">http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.282.htm</a><br />
</span></p>
<p><span style="font-size: x-small;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>«Fin des journaux, fin des nations?» NON!</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/%c2%abfin-des-journaux-fin-des-nations%c2%bb-non/8627</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 14:43:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La Fondation littéraire Fleur de Lys ne croit pas Internet responsable du déclin de l&#8217;idée de nation, contrairement aux déclarations des spécialistes interviewés par le journaliste Antoine Robitaille du quotidien montréalais LE DEVOIR dans le cadre de son dossier « Fin des journaux, fin des nations? » publié dans l&#8217;édition des 27 et 28 juin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-size: x-small;"></p>
<div id="attachment_8654" class="wp-caption alignnone" style="width: 385px"><img class="size-full wp-image-8654" title="398255973_94d637d2c448" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/06/398255973_94d637d2c448.jpg" alt="Photo : Flickr {eclaire}" width="375" height="500" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr {eclaire}</p></div>
<p>La Fondation  										littéraire Fleur de Lys ne croit pas  										Internet responsable du déclin de l&#8217;idée  										de nation, contrairement aux  										déclarations des spécialistes  										interviewés par le journaliste Antoine  										Robitaille du quotidien montréalais LE  										DEVOIR dans le cadre de son dossier «  										Fin des journaux, fin des nations? »  										publié dans l&#8217;édition des 27 et 28 juin  										2009. </span></strong></p>
<p><strong><span style="font-size: x-small;">Prière de lire le dossier sur le site quotidien LE DEVOIR  	avant de prendre connaissance de ce commentaire : «<a href="http://www.ledevoir.com/2009/06/27/256893.html" target="_blank">Fin  	des journaux, fin des nations?</a>»</span></strong></p>
<p>Est-ce que le déclin des journaux papier au profit  							d&#8217;internet, de la multiplication des chaînes de  							télévision spécialisée,&#8230;, bref l&#8217;éclatement des  							auditoires et de l&#8217;espace public, entraînera un  							déclin des nations? Pour répondre à cette question,  							il faut évidemment reconnaître que les journaux ont  							grandement contribué à l&#8217;émergence de la nation, de  							l&#8217;identité nationale au sein de la population. On  							parle ici des journaux comme d&#8217;un « espace public »  							rassembleur et identitaire. C&#8217;est vrai, ou plutôt,  							c&#8217;était vrai.</p>
<p>Depuis la fin des années 80, les journaux se sont  							éloignés de la nation, du peuple lui-même. Parties  							prenantes de la nation québécoise, les journaux ont  							progressivement perdu contact avec l&#8217;esprit national  							et, par conséquent, leur « espace public » a été  							déserté.</p>
<p>Il faut distinguer « la nation » de « l&#8217;esprit  							national ». Au Québec, le peuple ne s&#8217;identifie pas  							à la nation elle-même, mais d&#8217;abord et avant tout à  							« l&#8217;esprit » qui propulse la nation, qui la met en  							mouvement au quotidien. Il faut lire les journaux de  							la fin des années 50 jusqu&#8217;à la fin des années 80  							pour comprendre avec quelle facilité le peuple  							québécois se retrouvait au jour le jour dans  							l&#8217;espace public fourni par les journaux. Pendant  							cette période, les journaux étaient complices de  							l&#8217;esprit national, ils évoluaient avec le peuple,  							plus encore, ils faisaient eux-mêmes partie du  							peuple. Le meilleur exemple de cette complicité  							s&#8217;illustre dans l&#8217;accès des simples citoyens aux  							journaux. Il suffisait d&#8217;un article dans un journal  							pour lancer un projet, leur espace public étant très  							achalandé. Or, cet article était facile à obtenir,  							tant pour le simple citoyen que le politicien. Les  							journaux faisaient partie du lancement et du succès  							des projets de tout un chacun. Bref, les journaux se  							permettaient alors de donner une chance égale à  							chacun. Il y a avait donc de l&#8217;espoir dans l&#8217;air et  							il en résultait une unité nationale en perpétuel  							mouvement. Les lecteurs et les acteurs  							s&#8217;identifiaient l&#8217;un à l&#8217;autre dans un esprit  							national fortement soutenu par les journaux.</p>
<p>Puis, au début des années 90, on observe un  							changement de cap drastique au sein des journaux, un  							changement qui agira comme une douche d&#8217;eau froide  							sur l&#8217;esprit national. Soudainement, le simple  							citoyen ne profite plus d&#8217;un accès facile aux  							journaux pour lancer son projet. Les journaux  							deviennent élitistes et corporatistes. Le « Québec  							Inc. » est en place. La nation n&#8217;ayant pas d&#8217;autre  							espace public à fréquenter, elle se sentira peu à  							peu prisonnière des journaux. Ces derniers se posent  							désormais en chien de garde de ce qui a été bâti,  							des acquis, et ils s&#8217;élèvent au-dessus de la nation.  							L&#8217;espace public des journaux agresse de plus en plus  							l&#8217;esprit national qui a fait jusque-là le succès de  							la modernisation du Québec. On sent qu&#8217;on ne passera  							pas le flambeau comme par le passé. L&#8217;esprit  							national n&#8217;est plus une affaire collective. Des  							préjugés s&#8217;installent. Désormais, on surveille les  							journaux. On parle de développement du sens critique  							de la population face aux médias.</p>
<p>L&#8217;esprit national n&#8217;en peut plus de se contenir  							devant ce barrage du cours de la pensée par les  							journaux. On stagne. On se décourage. On se  							désintéresse. On ne vote plus. Puis arrive  							l&#8217;Internet domestique, une véritable planche de  							salut pour l&#8217;esprit national, un nouveau canal  							d&#8217;irrigation en contournement du barrage. On  							délaisse les journaux. Voilà ce qui se passe.  							L&#8217;internet n&#8217;y est pour rien dans le déclin des  							journaux. Seuls les journaux sont responsables de  							leur déclin. C&#8217;est le prix à payer quand on prend  							l&#8217;ascenseur pour le dernier étage, coupant ainsi ses  							racines avec sa base, ses lecteurs. Je ne sais pas  							par quel truchement du coeur et de l&#8217;esprit les  							journaux ont pensé que la nation les suivrait au  							sommet de la pyramide. Aujourd&#8217;hui, il faudrait  							empiler des milliers de journaux pour s&#8217;élever au  							niveau ne serait-ce que d&#8217;un simple journaliste.  							Même les ministres ont de la difficulté à attirer  							les journaux à leurs conférences de presse.</p>
<p>Le journaliste du quotidien LE DEVOIR rapporte en  							ces mots les propos de Daniel Jacques, philosophe,  							auteur de l&#8217;essai <span style="text-decoration: underline;">La Fatigue politique du Québec  							français</span> (Boréal, 2008) : « Le premier média de  							masse, le journal, fait-il remarquer spontanément,  							“est le lieu dans lequel on sort de sa bulle et on a  							accès à un monde commun”. Ces nouvelles toujours  							organisées en fonction d&#8217;un intérêt national  							tranchent avec Internet, univers global où c&#8217;est  							“chacun dans sa niche”; laquelle niche est le plus  							souvent transnationale. “On n&#8217;a pas besoin de  							fréquenter beaucoup l&#8217;univers d&#8217;Internet pour  							prendre conscience qu&#8217;il est complètement fragmenté.  							Il ne donne aucun sens d&#8217;unité”, note Daniel  							Jacques. »</p>
<p>Reprenons chacune des affirmations à commencer par :  							« Le premier média de masse, le journal est le lieu  							dans lequel on sort de sa bulle et on a accès à un  							monde commun ». Il n&#8217;était pas question de gens  							enfermés dans leurs bulles avant les années 90 au  							Québec. Chacun était parti prenant de la nation,  							même ceux qu&#8217;on appelle les « exclus » aujourd&#8217;hui.  							En fait, il n&#8217;y avait qu&#8217;une seule bulle pour tous  							les Québécois. Quand les journaux ont changé de cap  							au cours des années 90 en devenant élitistes et  							corporatistes, nous nous sommes soudainement  							retrouvés « seul dans la foule » sur les pavées de  							l&#8217;espace public des journaux.</p>
<p>Puis vient cette seconde affirmation : « Ces  							nouvelles toujours organisées en fonction d&#8217;un  							intérêt national tranchent avec Internet, univers  							global où c&#8217;est “chacun dans sa niche”; laquelle  							niche est le plus souvent transnationale. » S&#8217;il fut  							un temps où les nouvelles étaient organisées en  							fonction d&#8217;un intérêt national, ce n&#8217;est plus le cas  							depuis plusieurs années. Les nouvelles des journaux  							suivent davantage les intérêts des corporations,  							comme si on percevait ces dernières comme seules  							protectrices de la nation québécoise ou, pis encore,  							comme si la nation était elle-même devenue une  							corporation aux yeux des journaux.</p>
<p>En 2003, il était dans l&#8217;intérêt national de doter  							le Québec d&#8217;une première maison d&#8217;édition en ligne  							sur Internet avec un service d&#8217;impression à la  							demande, mais rares sont les journaux qui ont  							participé aux efforts de la Fondation littéraire  							Fleur de Lys. En 1982, il était aussi dans l&#8217;intérêt  							national de doter le Québec d&#8217;un premier organisme  							d&#8217;éducation aux médias et nombreux furent les  							journaux qui ont participé aux efforts du Club  							d&#8217;initiation aux médias. Il y a un peu plus de 20  							ans entre les deux projets et le seul constat  							possible est le désintéressement des journaux face à  							la nation.</p>
<p>Revenons maintenant sur ces mots : « (&#8230;) Internet,  							univers global où c&#8217;est “chacun dans sa niche”;  							laquelle niche est le plus souvent transnationale. »  							C&#8217;est vrai, l&#8217;Internet n&#8217;a pas de frontière.  							Heureusement, car si le premier éditeur libraire  							québécois en ligne sur Internet a pu naître, c&#8217;est  							grâce à la participation des Français, à défaut  							d&#8217;avoir eu le support des journaux d&#8217;ici pour  							informer les auteurs québécois du projet.  							Curieusement, si de nombreux auteurs français se  							sont joint à la Fondation littéraire Fleur de Lys au  							cours de ses premières années, c&#8217;est parce que les  							journaux français les avaient informés par de  							nombreux articles au sujet de l&#8217;édition en ligne et  							de l&#8217;impression à la demande. En rejoignant les  							rangs d&#8217;un cyberéditeur québécois, ils ne venaient  							pas occuper une niche « transnationale ». Ils  							s&#8217;associaient à la nation québécoise. La niche de la  							fondation a toujours été québécoise, ici et à  							l&#8217;étranger.</p>
<p>L&#8217;idée de « niche » est issue du vocabulaire du  							marketing. Elle est apparue à la fin des années 80  							pour connaître son heure de gloire dans les années  							90. À l&#8217;époque, on disait à nos clients que leur  							produit devait occuper une niche bien à lui pour  							survivre dans le marché. Et heureux était celui qui  							découvrait une nouvelle niche afin d&#8217;être le premier  							à l&#8217;occuper. Les journaux furent parmi les premiers  							à épouser le marketing de niches. Les chroniques se  							sont multipliées comme jamais auparavant, soi-disant  							pour rejoindre le plus grand nombre de niches. Les  							nouvelles d&#8217;intérêt national sont elles-mêmes  							devenues une niche, une niche comme les autres.  							Bref, les journaux ont eux-mêmes brisé l&#8217;unité et  							ainsi fragmenté leur lectorat respectif.</p>
<p>Il y a aussi cette affirmation à réviser : « On n&#8217;a  							pas besoin de fréquenter beaucoup l&#8217;univers  							d&#8217;Internet pour prendre conscience qu&#8217;il est  							complètement fragmenté. Il ne donne aucun sens  							d&#8217;unité », note Daniel Jacques. » Nous venons de  							voir que l&#8217;univers des journaux était fragmenté bien  							avant que l&#8217;Internet entre dans nos maisons avec,  							pour conséquence première, une nation fragmentée.  							L&#8217;Internet n&#8217;est qu&#8217;un outil technologique. Les  							internautes ne pouvaient pas faire ce qu&#8217;ils  							n&#8217;étaient pas. Il est donc tout à fait normal de les  							voir se regrouper sur le web suivant leurs intérêts.  							Mais attention, il est faux de prétendre que  							l&#8217;Internet ne donne aucun sens d&#8217;unité. Il suffit  							d&#8217;attaquer un internaute pour que l&#8217;ensemble de la  							communauté se mobilise, comme ce fut le cas avec la  							Fondation littéraire Fleur Lys lors de l&#8217;attaque de  							Manuscrit.com en France. La poursuite annoncée est  							tombée au fond du lac comme une roche grâce à la  							mobilisation spontanée des internautes québécois (<a href="http://manuscritdepot.com/nous/revue-presse-09.htm">Lire  							l&#8217;article de Bruno Guglielminetti à ce sujet</a>).</p>
<p>Au Québec, le sens d&#8217;unité donné par l&#8217;Internet est  							particulier. Il est né en grande partie du  							traitement négatif du web par les journaux. Après  							avoir hurlé aux lecteurs d&#8217;investir à plein régime  							dans les nouvelles technologies à la fin des années  							90, les journaux se sont mordu les lèvres lors de  							l&#8217;éclatement de la bulle boursière en 2000, à  							commencer par la dégringolade de Nortel. Les  							journaux ont alors confondu le contenant avec le  							contenu et condamné les deux à la fois. Aujourd&#8217;hui,  							le pire d&#8217;Internet occupe facilement l&#8217;espace public  							médiatique traditionnel. Or, la nation branchée  							s&#8217;est sentie abandonnée, voire trahie par les  							journaux papier. Internet est devenu non seulement  							un refuge national, mais aussi et surtout un nouvel  							espace public pour la nation québécoise.</p>
<p>Si les journaux avaient encouragé le développement  							d&#8217;un Internet national québécois, la nation leur  							serait reconnaissante aujourd&#8217;hui. Mais ce ne fut  							pas le cas. Il ne faut pas s&#8217;étonner que les  							journaux ne fassent plus partie des intérêts  							nationaux et que leur espace public se vide.</p>
<p>Enfin, quelle réponse donner à la question du  							journaliste Antoine Robitaille : « Bref : et si,  							dans les prochaines années, on avait de moins en  							moins le sentiment de former une nation parce que  							l&#8217;espace public ne cesse d&#8217;éclater, de se morceler?  							» Je ne crois pas que le sentiment de former une  							nation soit menacé par l&#8217;éclatement ou le  							morcellement de l&#8217;espace public. Ce n&#8217;est pas parce  							que les gens délaissent les journaux qu&#8217;ils  							éprouvent moins le sentiment de former une nation.  							En fait, c&#8217;est sûrement le contraire qui survient :  							les gens délaissent les journaux parce que ces  							derniers ne leur permettent plus d&#8217;éprouver le  							sentiment de former une nation, de s&#8217;identifier à la  							nation. La survie des journaux québécois passe avant  							tout par le retour à la base, et ce, avec toute  							l&#8217;humilité nécessaire pour se réinstaller au  							rez-de-chaussée et ainsi redevenir rassembleur et  							porteur de l&#8217;esprit national.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Serge-André Guay, président éditeur</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify"><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.279.htm" target="_blank">Fondation littéraire Fleur de Lys</a></p>
<p><strong><span style="font-size: x-small;"><br />
</span></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Quand un éditeur perd le contrôle d&#8217;un livre sur le web</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/quand-un-editeur-perd-le-controle-dun-livre-sur-le-web/8297</link>
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		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 14:49:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le livre «De la réincarnation à la résurrection» de l'auteur français est en vente partout sur le web depuis son édition par la maison d'édition en ligne eBooksLib (Canada) en 2006. L'auteur pourrait se réjouir de l'omniprésence de son oeuvre dans une multitude de librairies en ligne mais il vit plutôt un cauchemar.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-small;">Le livre «De la  										réincarnation à la résurrection» de  										l&#8217;auteur français est en vente partout  										sur le web depuis son édition par la  										maison d&#8217;édition en ligne eBooksLib  										(Canada) en 2006. L&#8217;auteur pourrait se  										réjouir de l&#8217;omniprésence de son oeuvre  										dans une multitude de librairies en  										ligne mais il vit plutôt un cauchemar.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">L&#8217;auteur Pierre Puccio a perdu le  	contrôle de la diffusion et de la vente de son livre «De la réincarnation à  	la résurrection» malgré la fin de son contrat d&#8217;édition avec la maison  	d&#8217;édition en ligne eBooksLib (Canada) en 2007. En effet, un an après la fin  	de son contrat, le livre de Pierre Puccio «De la réincarnation à la  	résurrection» était toujours en vente sur le site d&#8217;eBooksLib. J&#8217;ai décidé  	de venir en aide à cet auteur dans ses démarches auprès d&#8217;eBooksLib.  	L&#8217;objectif était fort simple: amener  eBooksLib à cesser de vendre le  	livre de monsieur Puccio puisque son contrat d&#8217;édition était terminé depuis  	plus d&#8217;un an avec cette maison d&#8217;édition en ligne. Après quelques téléphones  	et courriels, nous avons atteint notre objectif. Le livre «De la  	réincarnation à la résurrection» de Pierre Puccio n&#8217;est plus en vente sur le  	site d&#8217;eBooksLib. Tout aurait dû s&#8217;arrêter là mais ce ne fut pas le cas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La suppression du livre de monsieur Puccio sur le site d&#8217;eBooksLib n&#8217;a pas  	réglé le problème sous-jacent: le revente de ce livre dans une multitude de  	librairies en ligne. En effet, monsieur Puccio avait alors constaté que son  	livre se retrouvait non seulement sur le site d&#8217;eBooksLib mais aussi dans  	plusieurs librairies en ligne à travers le monde dont Amazon. Cette offre  	mondiale allait dans le sens du contrat d&#8217;édition entre eBooksLib et  	monsieur Puccio.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial;">La Fondation littéraire Fleur de Lys rend disponible sur le web son rapport d&#8217;enquête :</span><br />
<a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.274.htm" target="_blank"><span style="font-family: Arial;">http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.274.htm</span></a></p>
<p><span style="font-family: Arial;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La fracture littéraire</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-fracture-litteraire/8192</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 16:27:47 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[le livre québécois trébuche]]></category>
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		<category><![CDATA[loi sur le développement des entreprises culturelles dans le domaine du livre]]></category>

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		<description><![CDATA[De plus en plus de livres ne se retrouvent pas en librairies traditionnelles. Leurs auteurs préfèrent un nouveau réseau de distribution : l'Internet. Ainsi s'opère une fracture littéraire au sein de la population.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De plus en plus de livres ne se  										retrouvent pas en librairies  										traditionnelles. Leurs auteurs préfèrent  										un nouveau réseau de distribution :  										l&#8217;Internet. Ainsi s&#8217;opère une fracture  										littéraire au sein de la population.</strong></p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Il y a toujours eu un certain nombre de livres publiés qui n&#8217;ont pas pris le  	chemin des  librairies traditionnelles. C&#8217;est plus particulièrement le  	cas des livres autoédités et édités à compte d&#8217;auteur. Plusieurs des auteurs  	de ces livres se sont limités à une distribution personnelle, auprès de  	leurs proches et amis.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Et depuis l&#8217;arrivée des nouvelles technologies, le nombre de livres publiés  	qui échappent aux librairies traditionnelles augmente sans cesse. En effet,  	on dénombre de plus en plus d&#8217;auteurs tournés vers une distribution exclusive  	de leurs oeuvres sur Internet. Il n&#8217;y a pas de statistiques sur le sujet  	mais, à elle seule, la Fondation littéraire Fleur de Lys a publié au Québec  	plus de 350 titres offerts uniquement sur son site web. Et cette fondation  	n&#8217;est que l&#8217;un des très nombreux éditeurs libraires en ligne sur Internet à  	travers le monde qui offrent leurs livres uniquement sur le web.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Ainsi s&#8217;opère ce que nous pouvons appeler «une fracture littéraire» au sein  	de la population. Le lecteur qui compte uniquement sur le réseau  	traditionnel de distribution (librairies de quartiers, chaîne de librairies,  	grandes surfaces,&#8230;) n&#8217;est plus désormais informé de toutes les nouveautés  	disponibles. En revanche, l&#8217;internaute n&#8217;est privé d&#8217;aucune nouveauté, y  	compris de l&#8217;important lot d&#8217;exclusivités du web aux arrivages quotidiens.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Nous parlons donc d&#8217;une fracture littéraire parce que les lecteurs ne  	forment plus un seul groupe lié à un seul réseau de distribution et une  	seule offre. Désormais, il faut compter sur un tout nouveau groupe de  	lecteurs au sein de la population, fréquentant un tout nouveau réseau de  	distribution (Internet) donnant accès à plusieurs offres inédites,  	exclusives.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">La fracture est dite «littéraire», non pas en raison de la qualité des  	oeuvres, mais plutôt parce qu&#8217;elle répond d&#8217;une politique éditoriale libérée  	des contraintes commerciales habituelles. Devant un taux de refus de plus  	90% de leurs manuscrits par les éditeurs traditionnels, de nombreux auteurs  	se tournent vers les cyberéditeurs. Cependant, il ne faut pas croire que les  	oeuvres éditées sur le web furent toutes d&#8217;abord refusées par les éditeurs  	traditionnels. En effet, une nombre de plus en plus élevé d&#8217;auteurs ne  	soumettent plus leurs oeuvres aux éditeurs traditionnels préférant d&#8217;emblée  	les cyberéditeurs.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Les investissements et les risques de l&#8217;édition d&#8217;un livre sur le web sont  	passablement réduits compte tenu du coût de production d&#8217;un exemplaire  	numérique, à peine 10% du coût d&#8217;un exemplaire papier dans le cas d&#8217;un PDF.  	Et dans le cas d&#8217;un exemplaire papier, le cyberéditeur profite de tous les  	avantages de l&#8217;impression à la demande (impression d&#8217;un exemplaire à la fois  	à la demande expresse de chaque lecteur) et se libère ainsi des risques  	associés aux gros tirages (entreposage, distribution, invendus). Dans ce  	contexte économique, le cyberéditeur peut se permettre d&#8217;accueillir un plus  	grand nombre d&#8217;auteurs et d&#8217;oeuvres en s&#8217;en remettant davantage au libre  	choix des lecteurs plutôt qu&#8217;à des critères commerciaux traditionnels.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Cette fracture littéraire s&#8217;effectue en silence dans l&#8217;ombre de l&#8217;industrie  	traditionnelle du livre. Par exemple, nous apprenons aujourd&#8217;hui que «La  	tendance des dernières années démontre que la part des distributeurs  	québécois dans l&#8217;approvisionnement des points de vente de livres ne cesse de  	diminuer, passant de 71% en 2001 à 61% en 2008», et que, «les librairies  	indépendantes, essentielles pour le livre québécois, ont vu leur part de  	marché tomber de 36 à 28% en quatre ans». (<a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/200906/03/01-862471-le-livre-quebecois-trebuche.php" target="_blank">Le  	livre québécois trébuche</a>, Mario Cloutier, La Presse, 6 juin 2009).</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Ces statistiques témoignent uniquement de la chaîne traditionnelle du livre.  	Elles passent sous silence tous les livres québécois publiés par le géant  	américain de l&#8217;autoédition, Lulu.com, tous les livres québécois édités à  	compte d&#8217;auteur qui se retrouvent dans la plus grande librairie mondiale en  	ligne, Amazon, tous les livres québécois édités par des cyberéditeurs à  	l&#8217;étranger, tous les livres des cyberéditeurs québécois, y compris ceux de  	la «Fondation littéraire Fleur de Lys», et tous les livres des auteurs  	québécois autoédités sur leurs propres sites web.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Dans ce contexte, est-ce que c&#8217;est le «livre québécois» qui trébuche ou le  	réseau traditionnel de distribution ? Pour les auteurs québécois présents en  	exclusivité sur le web, la réponse est claire. Elle l&#8217;est beaucoup moins  	pour l&#8217;industrie traditionnelle du livre et pour nos gouvernements. Car si  	la fracture littéraire s&#8217;opère en silence, elle se réalise aussi dans  	l&#8217;indifférence générale des gouvernements.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">La <a href="http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=1005" target="_blank"> loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du  	livre</a> se limite à l&#8217;encadrement de la chaîne traditionnelle du livre,  	d&#8217;où sont exclus l&#8217;auteur et l&#8217;éditeur présents en exclusivité sur le web  	tout comme l&#8217;impression à la demande. Officiellement, un livre est reconnu  	comme tel par nos gouvernements que s&#8217;il est publié par un éditeur  	traditionnel et se retrouve en nombre suffisant en librairies avec pignon  	sur rue. Dès son adoption en 1979, cette loi initie la fracture littéraire  	dont nous parlons en rejetant l&#8217;autoédition et l&#8217;édition à compte d&#8217;auteur.  	Avec l&#8217;arrivé de la cyberédition et de l&#8217;impression à la demande, cette  	fracture littéraire s&#8217;est agrandie d&#8217;un coup et s&#8217;élargie constamment d&#8217;une  	année à l&#8217;autre.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Le temps viendra où cette fracture littéraire portera définitivement  	atteinte au réseau traditionnel de distribution du livre québécois. Un  	nombre croissant d&#8217;auteurs et de lecteurs québécois se retrouvent déjà hors  	du réseau traditionnel, sur le web. Au fil des ans, c&#8217;est un tout nouveau  	portrait du patrimoine littéraire québécois qui prendra forme sur le web  	fondé grâce à un catalogue de «cyber-exclusivités». Les exemplaires  	numériques de ces exclusivités du web se répandront comme une traînée de  	poudre et chaque exemplaire papier imprimé à la demande deviendra un objet  	de collection. Mais attention, la fracture littéraire étant déjà une  	réalité, la numérisation des livres traditionnels en vue de leur  	distribution sur le web ne fera pas partie de ce nouveau portait de la  	littérature québécoise. C&#8217;est sur l&#8217;exclusivité du livre autant que de ses  	(nouveaux) lecteurs que repose cette fracture littéraire.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Ailleurs dans le monde, en certains pays, on a évité cette fracture  	littéraire grâce à une ouverture d&#8217;esprit face et dès l&#8217;arrivée de  	l&#8217;Internet commercial. Pendant ce temps-là, au Québec, l&#8217;industrie  	traditionnelle du livre s&#8217;est refermée sur elle-même tout en se braquant  	contre les nouvelles technologies. Ce faisant, elle a repoussé plusieurs  	nouveaux auteurs et nouveaux lecteurs sur l&#8217;autre rive où un nouveau monde  	du livre québécois les attendait.</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Serge-André Guay, président éditeur<br />
Fondation littéraire Fleur de Lys
</p>
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<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify"><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.272.htm" target="_blank">http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.272.htm</a></p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
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