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Trump – fou ou génie ?

  Lorsque dans un discours Donald Trump donne l’impression de souhaiter l’assassinat de son adversaire démocrate à la Maison Blanche, n’est-il pas raisonnable de se poser la question… Trump est-il fou ? Sa récente déclaration prête volontairement à confusion, était-ce vraiment un appel au meurtre d’Hillary Clinton, ou simplement un appel aux propriétaires ...

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Comprendre l’antisémitisme

Comprendre l'antisémitisme

Six ans après Le syndrome du poisson rouge, je retente l’aventure livresque avec un sujet encore moins évident que mes déblatérations en ligne. En fait, tout part de mon dernier boulot vraiment très intéressant pour ma boite à moi qui…

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Les forçats du boulot

Épuisement professionnel …. Jusqu’à la moelle ! Ils aiment leur travail, ils chérissent leur entreprise, ils sont les nouveaux conquérants de parts de marché ; ils pensent, vivent, grandissent au travers de leur boulot. Jour et nuit, ils vivent, dorment, mangent, se déplacent en n’ayant en tête qu’une seule chose : « La compétitivité ! » ...

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GUERRES: 90% des morts sont des civils: sur 248 conflits, les USA en ont provoqu? 201

90 % de d?c?s dans toutes les guerres sont des civils et les ?tats-Unis ont? lanc? 201 sur ?les 248 ?conflits arm?s ?depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.? Le num?ro de Juin 2014 de la revue Am?ricaine,???American Journal of Public Health?note (PDF gratuit??ici; pointe de chapeau?David Swanson) : ...

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? Les fachos doivent go?ter de notre Talion ! ?

    Mais, dans ce cas, qu’est-ce qui nous diff?renciera d’eux?? Un jeune militant antifasciste (un antifa, comme on dit entre nous) a ?t? battu ? mort, hier soir, par ceux-l? m?mes qu?il combattait. Ce matin, les appels ? la violence contre les groupes d?extr?me droite se multiplient sur les ...

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L’incompr?hension

Le diable se cache dans les détails

Pré ado

Il est difficile de décrire l'atmosphère d'une époque, d'exprimer clairement ce qui n'est que de l'ordre du ressenti et de la sidération, aussi. De ma totale incompréhension.
Je suis le dinosaure. Je vais m'éteindre. Et refermer la porte en sortant.

J'ai donc profité d'un aller-retour express au bled en chef pour recharger mon sobre destrier. En fait, après moult calculs, je me suis rendu compte que le carburant étant toujours plus cher dans les bleds paumés comme le mien, mais que d'aller jusqu'au bled plus abordable revenait encore plus cher, même avec une caisse ne consommant que 6 litres aux 100 kilomètres. L'idéal, c'est de remplir le réservoir chaque fois que je me déplace dans une ville assez importante pour que le 95 y soit vendu 10 cents de moins au litre que chez moi. Même si ma jauge annonce encore un réservoir aux trois quarts plein. Ce qui ventile d'ailleurs efficacement mon budget transport.

Bref, me voilà en vue de la station-service réputée la moins chère du bled en chef, selon le dernier calcul d'itinéraire de Carbeo, station qui s'étend devant moi comme une barre de péage le lendemain de la rentrée des classes. Je n'ai que l'embarras du choix entre la douzaine de pistes dont une seule autre est déjà occupée.

Tout à l'heure, à l'hypermarché qui est à l'autre bout de la ville, c'était un peu la même chose lors du passage en caisse ou même sur le parking : il n'y avait tellement personne, que j'aurais pu me garer directement devant le rayon qui m'intéressait. S'il faut, Golfech a pété, là-haut, un peu plus au nord, et les gens ont été évacués. Les caissières sont tellement désœuvrées que j'ai dû demander à celle que je visais si elle était encore en service. Le temps de poser mon truc, trois personnes étaient derrière moi, à jouer des coudes pour poser leurs achats sur le tapis roulant soudain trop petit. Derrière la barre de séparation, mon voisin avec une tête de Papy Brossard a juste posé un bouquet de roses rouges. Du coup, on s'est souri.

J'ai choisi une pompe du bon côté de la voiture, celui du réservoir, tant il m'est pénible habituellement de m'arc-bouter sur le tuyau en gros caoutchouc noir pour réussir à lui faire contourner mon pot de yaourt et à bien vouloir incliner du bec dans le réservoir à colibri, sans que l'enrouleur me bloque à cinq centimètres du but ou, pire encore, ne ravale goulûment l'appendice noirâtre dans ses entrailles, me traînant lamentablement à sa suite. Je n'aime pas tellement me battre contre les choses. Ni contre les gens, d'ailleurs.
Je prends le temps de noter le kilométrage sur mon téléphone, mais je n'ai même pas celui de sortir de ma voiture qu'un break dont je me contrefous d'identifier le modèle ou la marque vient se coller à mon parechoc.

Là, je ne comprends juste pas.
Plus de la moitié des bornes de distribution sont encore totalement libres, désertes, accueillantes, il suffit d'y aller pour commencer à se servir, mais non, cette femme doit avoir un chiffre fétiche, une manie inavouable ou un gros problème de vue, toujours est-il qu'elle s'est collée derrière moi et qu'elle commence immédiatement à attendre.

Vous avez remarqué comme les caissières des supermarchés sont devenues terriblement rapides, ces derniers temps ? Bip, bip, bip, elles passent les articles au scanner à toute berzingue, ça couine encore pire que le cœur d'un écureuil sous ecsta, le temps de le dire, une semaine de votre vie de famille s'entasse de l'autre côté de la caisse et vous n'avez même pas fini de décharger le caddie. Vite, vite, vite ! Les trucs volent et arrivent plus rapidement que vous ne parvenez à les saisir. Alors, ranger la camelote, vous n'y pensez pas ! Malgré toutes vos stratégies dans l'agencement des marchandises sur le tapis roulant en amont, il arrive toujours un moment de l'autre côté où vous vous retrouvez à balancer la boite d'œufs au fond du gros sac de conserves, à cogner les bouteilles entre elles en espérant que l'apéro ne va pas finir par goutter lamentablement sur le parking. Et alors que vous présentez tous les signes les plus évidents de la débâcle logistique, les autres clients, déjà, poussent leurs propres monticules dérisoires à l'assaut du vôtre tout en vous faisant bien sentir que vous ne dégagez pas assez vite le plancher, quand bien même ils vont passer un quart d'heure ensuite à donner des nouvelles du petit-neveu tout en triant un annuaire de bons de réduction.

Ça n'arrive pas qu'à moi, n'est-ce pas ?
Et vous aussi, vous détestez ça ? Comme tout ce qui va avec : les étiquettes qu'il faut décrypter avec une encyclopédie des poisons et un tableur Excel, la musique geignarde ou faussement hystérique qui donne envie de se coller du Destop dans les esgourdes, les caddies en travers qui bloquent tout un rayon dans l'indifférence goguenarde de leur locataire du moment, les fausses promos où le pack familial est vendu nettement plus cher que la dose bourgeoise à l'unité. Ce genre de choses pas très intéressantes et assez stressantes que sécrète forcément la société de consommation...

Je n'ai donc pas envie de me presser. Je n'ai pas envie de traîner non plus, l'endroit manque singulièrement d'attraits. Je veux juste faire les choses calmement, à leur rythme, sans pression. Sans cette sensation trop récurrente d'être le foutu lapin d'Alice au Pays des merveilles. Je me dis même que si j'agis posément, la femme au break va finir par comprendre qu'elle a d'autres possibilités. Ou alors, décider qu'elle aussi, elle n'est pas spécialement pressée à l'heure la plus creuse de la journée.

Eh bien non !

Elle doit trouver que je n'ai pas le rythme qui lui convient, parce qu'elle envoie deux ou trois petits coups d'accélérateur bien éloquents quant à ce qu'elle doit penser être sa très légitime impatience.

C'est là que je suis très fière de moi.

J'ai carrément refoulé l'envie d'exploser de colère, de fondre sur sa portière, de l'extraire par la vitre et de lui défoncer la gueule sur le bitume huileux et malodorant en l'agonissant d'injures : mais putain, sale connasse, qu'est-ce que tu viens me faire chier la rate alors que la station est déserte ?!?! J'ai également résisté à la pulsion d'accélérer que quelque manière que ce soit le mouvement ou même de ralentir, ou même de réagir à cette provocation délibérée. Je suis restée concentrée sur le moment, l'enchaînement des opérations, ne pas oublier d'aller chercher le ticket pour vérifier les chiffres, les reporter dans l'application prévue à cet effet, remettre le compteur journalier à zéro et m'en aller sans hâte vers la suite de mon étrange et néanmoins banale destinée.

Cela dit, je ne comprends toujours pas le comportement de cette femme.

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L’incompr?hension

Le diable se cache dans les détails

Pré ado

Il est difficile de décrire l'atmosphère d'une époque, d'exprimer clairement ce qui n'est que de l'ordre du ressenti et de la sidération, aussi. De ma totale incompréhension.
Je suis le dinosaure. Je vais m'éteindre. Et refermer la porte en sortant.

J'ai donc profité d'un aller-retour express au bled en chef pour recharger mon sobre destrier. En fait, après moult calculs, je me suis rendu compte que le carburant étant toujours plus cher dans les bleds paumés comme le mien, mais que d'aller jusqu'au bled plus abordable revenait encore plus cher, même avec une caisse ne consommant que 6 litres aux 100 kilomètres. L'idéal, c'est de remplir le réservoir chaque fois que je me déplace dans une ville assez importante pour que le 95 y soit vendu 10 cents de moins au litre que chez moi. Même si ma jauge annonce encore un réservoir aux trois quarts plein. Ce qui ventile d'ailleurs efficacement mon budget transport.

Bref, me voilà en vue de la station-service réputée la moins chère du bled en chef, selon le dernier calcul d'itinéraire de Carbeo, station qui s'étend devant moi comme une barre de péage le lendemain de la rentrée des classes. Je n'ai que l'embarras du choix entre la douzaine de pistes dont une seule autre est déjà occupée.

Tout à l'heure, à l'hypermarché qui est à l'autre bout de la ville, c'était un peu la même chose lors du passage en caisse ou même sur le parking : il n'y avait tellement personne, que j'aurais pu me garer directement devant le rayon qui m'intéressait. S'il faut, Golfech a pété, là-haut, un peu plus au nord, et les gens ont été évacués. Les caissières sont tellement désœuvrées que j'ai dû demander à celle que je visais si elle était encore en service. Le temps de poser mon truc, trois personnes étaient derrière moi, à jouer des coudes pour poser leurs achats sur le tapis roulant soudain trop petit. Derrière la barre de séparation, mon voisin avec une tête de Papy Brossard a juste posé un bouquet de roses rouges. Du coup, on s'est souri.

J'ai choisi une pompe du bon côté de la voiture, celui du réservoir, tant il m'est pénible habituellement de m'arc-bouter sur le tuyau en gros caoutchouc noir pour réussir à lui faire contourner mon pot de yaourt et à bien vouloir incliner du bec dans le réservoir à colibri, sans que l'enrouleur me bloque à cinq centimètres du but ou, pire encore, ne ravale goulûment l'appendice noirâtre dans ses entrailles, me traînant lamentablement à sa suite. Je n'aime pas tellement me battre contre les choses. Ni contre les gens, d'ailleurs.
Je prends le temps de noter le kilométrage sur mon téléphone, mais je n'ai même pas celui de sortir de ma voiture qu'un break dont je me contrefous d'identifier le modèle ou la marque vient se coller à mon parechoc.

Là, je ne comprends juste pas.
Plus de la moitié des bornes de distribution sont encore totalement libres, désertes, accueillantes, il suffit d'y aller pour commencer à se servir, mais non, cette femme doit avoir un chiffre fétiche, une manie inavouable ou un gros problème de vue, toujours est-il qu'elle s'est collée derrière moi et qu'elle commence immédiatement à attendre.

Vous avez remarqué comme les caissières des supermarchés sont devenues terriblement rapides, ces derniers temps ? Bip, bip, bip, elles passent les articles au scanner à toute berzingue, ça couine encore pire que le cœur d'un écureuil sous ecsta, le temps de le dire, une semaine de votre vie de famille s'entasse de l'autre côté de la caisse et vous n'avez même pas fini de décharger le caddie. Vite, vite, vite ! Les trucs volent et arrivent plus rapidement que vous ne parvenez à les saisir. Alors, ranger la camelote, vous n'y pensez pas ! Malgré toutes vos stratégies dans l'agencement des marchandises sur le tapis roulant en amont, il arrive toujours un moment de l'autre côté où vous vous retrouvez à balancer la boite d'œufs au fond du gros sac de conserves, à cogner les bouteilles entre elles en espérant que l'apéro ne va pas finir par goutter lamentablement sur le parking. Et alors que vous présentez tous les signes les plus évidents de la débâcle logistique, les autres clients, déjà, poussent leurs propres monticules dérisoires à l'assaut du vôtre tout en vous faisant bien sentir que vous ne dégagez pas assez vite le plancher, quand bien même ils vont passer un quart d'heure ensuite à donner des nouvelles du petit-neveu tout en triant un annuaire de bons de réduction.

Ça n'arrive pas qu'à moi, n'est-ce pas ?
Et vous aussi, vous détestez ça ? Comme tout ce qui va avec : les étiquettes qu'il faut décrypter avec une encyclopédie des poisons et un tableur Excel, la musique geignarde ou faussement hystérique qui donne envie de se coller du Destop dans les esgourdes, les caddies en travers qui bloquent tout un rayon dans l'indifférence goguenarde de leur locataire du moment, les fausses promos où le pack familial est vendu nettement plus cher que la dose bourgeoise à l'unité. Ce genre de choses pas très intéressantes et assez stressantes que sécrète forcément la société de consommation...

Je n'ai donc pas envie de me presser. Je n'ai pas envie de traîner non plus, l'endroit manque singulièrement d'attraits. Je veux juste faire les choses calmement, à leur rythme, sans pression. Sans cette sensation trop récurrente d'être le foutu lapin d'Alice au Pays des merveilles. Je me dis même que si j'agis posément, la femme au break va finir par comprendre qu'elle a d'autres possibilités. Ou alors, décider qu'elle aussi, elle n'est pas spécialement pressée à l'heure la plus creuse de la journée.

Eh bien non !

Elle doit trouver que je n'ai pas le rythme qui lui convient, parce qu'elle envoie deux ou trois petits coups d'accélérateur bien éloquents quant à ce qu'elle doit penser être sa très légitime impatience.

C'est là que je suis très fière de moi.

J'ai carrément refoulé l'envie d'exploser de colère, de fondre sur sa portière, de l'extraire par la vitre et de lui défoncer la gueule sur le bitume huileux et malodorant en l'agonissant d'injures : mais putain, sale connasse, qu'est-ce que tu viens me faire chier la rate alors que la station est déserte ?!?! J'ai également résisté à la pulsion d'accélérer que quelque manière que ce soit le mouvement ou même de ralentir, ou même de réagir à cette provocation délibérée. Je suis restée concentrée sur le moment, l'enchaînement des opérations, ne pas oublier d'aller chercher le ticket pour vérifier les chiffres, les reporter dans l'application prévue à cet effet, remettre le compteur journalier à zéro et m'en aller sans hâte vers la suite de mon étrange et néanmoins banale destinée.

Cela dit, je ne comprends toujours pas le comportement de cette femme.

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La faim d’un monde

On a beau faire, cette apocalypse s'annonce bien mal emmanchée.

C'est l'heure de rentrer, même s'il est encore tôt...Déjà, ça manque cruellement de délit d'initiés, vous ne trouvez pas ? Une bonne fin du monde, ça se prévoit, certes, un peu à l'avance, mais surtout, il faut que la date soit bien confirmée avant de pouvoir commencer à songer à régler ses petites affaires en cours. Il y a bien eu des fuites, mais rien de très convaincant, en dehors de l'évasion soi-disant fiscale très suspecte et précipitée d'un gros mangeur vers la région de Néchin. Parce que franchement, en dehors d'une info de première main sur la possibilité de passer à travers les mailles du filet apocalyptique, comment expliquer autrement qu'un type échange un magnifique hôtel particulier avec piscine en plein cœur de Paris pour un pavillon Sam'suffit bien glauque dans un bled sinistre paumé au milieu de nulle part, et tout ça, en brûlant systématiquement tous ces vaisseaux ? Hein ? Juste pour une poignée de millions en plus ? À d'autres !


Bref, il faut des gens pour vendre la mèche, sinon, aller dire ses quatre vérités à quelques personnes bien triées sur le volet demain peut s'apparenter à un suicide social dès lundi prochain quand il faudra retourner au taff devant des collègues hilares et nettement plus prévoyants que vous. Parce que c'est ça, le truc bandant avec la fin du monde, c'est que ça commence par être la fin des conséquences. Un monde sans lendemain est un monde où on n'a pas à assumer ses erreurs, ses conneries, ses lâchetés, ses renoncements, ni même sa gueule de bois. C'est un monde sans règles, sans contraintes, sans sanctions, c'est probablement ce qui se rapproche le plus du paradis néolibéral, la triste réalité en moins. Dans la vraie vie, on peut effectivement se lobotomiser à grands coups de mauvaise foi jusqu'à nier superbement les conséquences sonnantes, trébuchantes et agonisantes de ses décisions égoïstes, mais dans un contexte de fin globale imminente, tout acte est égal à un autre, parce qu'il n'y aura plus personne pour présenter l'ardoise à la fin des festivités.

Le truc, c'est qu'on n'est sûrs de rien. Donc, impossible de flamber tout le PEL de la famille dans un aller simple sous les cocotiers, histoire d'avoir une vue imprenable sur le cataclysme, impossible de régler ses comptes, solder ses rancunes, se libérer de ses chaînes. On est condamné à faire comme d'habitude jusqu'à preuve du contraire et à s'imaginer, horrifiés, que la dernière chose que l'on verra du monde sera Ginette, du service comptable, en train de raconter une blague pas drôle devant la machine à café du deuxième étage. Ça, c'est plus déprimant que toutes les fins du monde réunies !
Pire ! Il y a des gens qui misent sur leur survie ! Des gens qui dépensent sans compter depuis des mois, voire des années, pour se bunkériser dans un placard à godasses avec un an de haricots Heinz sur les étagères et deux fois le stock d'armes des Men in Black dans le buffet pour s'assurer une bonne place dans le monde d'après.

Putain, rien qu'à l'idée que je pourrais survivre à la fin de la civilisation pour me retrouver sur la même planète que ces mecs-là, ça me file gravement le bourdon ! Ce serait comme maintenant, mais sans la douche chaude et Internet et avec plus que des killers pétomanes comme voisins ! Franchement, vous avez toujours envie de survivre ?
Parce que voilà, ce qui est bien, avec la fin du monde, c'est que c'est un peu comme la fin de soi (qui, elle, est totalement certaine et garantie !) sauf qu'on peut la mettre sur Google Agenda et qu'on est sûr de ne rien rater ensuite. Tout comme on est sûr que personne ne dira de conneries sur notre tombe et ça, c'est quand même vachement réconfortant.
Ce qui est aussi très réconfortant, mais à un point tellement inimaginable que cela doit bien expliquer en partie l'engouement pour ce genre de mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'existe absolument rien de plus démocratique et égalitaire qu'une bonne fin du monde rondement menée.
Franchement, n'est-il pas réjouissant de penser que Madame Merkel n'a rigoureusement pas plus d'avenir que les Grecs qu'elle a si méticuleusement conduits au bord du suicide collectif ? C'est un peu comme un remake géant des écuries d'Augias, sauf que les chevaux aussi vont y passer. Demain, on nettoie toute la merde, on atomise les blaireaux, les crétins, les profiteurs, les voleurs, les menteurs, les corrompus, les pollueurs, toute la bande d'incompétents qui nous mène tambour battant au bord du précipice dans le plus bel élan de saloperie collective de notre espèce qui n'est pourtant pas novice en la matière. Nettoyés les banquiers, les patrons, les petits-bras, les gros riches et les faméliques. Tout le monde est sur le même bateau et il n'y aura de canot de sauvetage pour personne.

Je pense que c'est cette idée qui rend cette fin du monde tellement populaire. Du passé, faire table rase. Une grande aspiration révolutionnaire de sans-couilles, puisque finalement, on attend tranquillement que la fatalité se charge du boulot à notre place. On attend la fin, comme on a attendu tout le reste, comme un gros troupeau de bovidés blasés et résignés. Une fin de règne animal, le suicide d'une espèce.

Donc, il va y avoir pas mal de déçus dans les jours qui viennent. Et c'est peut-être à partir de ce moment-là que les choses vont devenir nettement plus intéressantes. L'idée que notre univers n'en a rien à secouer de nous. Qu'il n'existe pas de Deus ex machina pour liquider le bordel à notre place. Pas plus qu'il n'y a eu d'homme providentiel jailli des urnes pour nous ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent.


Ni Dieux, ni maîtres, ni extra-terrestre, que dalle, bernique... juste nous !

Juste nous, nos vies, nos choix, nos renoncements et notre incapacité actuelle à prendre nos destins en main, à accepter l'idée que la vie, c'est agir et non subir.

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La faim d’un monde

On a beau faire, cette apocalypse s'annonce bien mal emmanchée.

C'est l'heure de rentrer, même s'il est encore tôt...Déjà, ça manque cruellement de délit d'initiés, vous ne trouvez pas ? Une bonne fin du monde, ça se prévoit, certes, un peu à l'avance, mais surtout, il faut que la date soit bien confirmée avant de pouvoir commencer à songer à régler ses petites affaires en cours. Il y a bien eu des fuites, mais rien de très convaincant, en dehors de l'évasion soi-disant fiscale très suspecte et précipitée d'un gros mangeur vers la région de Néchin. Parce que franchement, en dehors d'une info de première main sur la possibilité de passer à travers les mailles du filet apocalyptique, comment expliquer autrement qu'un type échange un magnifique hôtel particulier avec piscine en plein cœur de Paris pour un pavillon Sam'suffit bien glauque dans un bled sinistre paumé au milieu de nulle part, et tout ça, en brûlant systématiquement tous ces vaisseaux ? Hein ? Juste pour une poignée de millions en plus ? À d'autres !


Bref, il faut des gens pour vendre la mèche, sinon, aller dire ses quatre vérités à quelques personnes bien triées sur le volet demain peut s'apparenter à un suicide social dès lundi prochain quand il faudra retourner au taff devant des collègues hilares et nettement plus prévoyants que vous. Parce que c'est ça, le truc bandant avec la fin du monde, c'est que ça commence par être la fin des conséquences. Un monde sans lendemain est un monde où on n'a pas à assumer ses erreurs, ses conneries, ses lâchetés, ses renoncements, ni même sa gueule de bois. C'est un monde sans règles, sans contraintes, sans sanctions, c'est probablement ce qui se rapproche le plus du paradis néolibéral, la triste réalité en moins. Dans la vraie vie, on peut effectivement se lobotomiser à grands coups de mauvaise foi jusqu'à nier superbement les conséquences sonnantes, trébuchantes et agonisantes de ses décisions égoïstes, mais dans un contexte de fin globale imminente, tout acte est égal à un autre, parce qu'il n'y aura plus personne pour présenter l'ardoise à la fin des festivités.

Le truc, c'est qu'on n'est sûrs de rien. Donc, impossible de flamber tout le PEL de la famille dans un aller simple sous les cocotiers, histoire d'avoir une vue imprenable sur le cataclysme, impossible de régler ses comptes, solder ses rancunes, se libérer de ses chaînes. On est condamné à faire comme d'habitude jusqu'à preuve du contraire et à s'imaginer, horrifiés, que la dernière chose que l'on verra du monde sera Ginette, du service comptable, en train de raconter une blague pas drôle devant la machine à café du deuxième étage. Ça, c'est plus déprimant que toutes les fins du monde réunies !
Pire ! Il y a des gens qui misent sur leur survie ! Des gens qui dépensent sans compter depuis des mois, voire des années, pour se bunkériser dans un placard à godasses avec un an de haricots Heinz sur les étagères et deux fois le stock d'armes des Men in Black dans le buffet pour s'assurer une bonne place dans le monde d'après.

Putain, rien qu'à l'idée que je pourrais survivre à la fin de la civilisation pour me retrouver sur la même planète que ces mecs-là, ça me file gravement le bourdon ! Ce serait comme maintenant, mais sans la douche chaude et Internet et avec plus que des killers pétomanes comme voisins ! Franchement, vous avez toujours envie de survivre ?
Parce que voilà, ce qui est bien, avec la fin du monde, c'est que c'est un peu comme la fin de soi (qui, elle, est totalement certaine et garantie !) sauf qu'on peut la mettre sur Google Agenda et qu'on est sûr de ne rien rater ensuite. Tout comme on est sûr que personne ne dira de conneries sur notre tombe et ça, c'est quand même vachement réconfortant.
Ce qui est aussi très réconfortant, mais à un point tellement inimaginable que cela doit bien expliquer en partie l'engouement pour ce genre de mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'existe absolument rien de plus démocratique et égalitaire qu'une bonne fin du monde rondement menée.
Franchement, n'est-il pas réjouissant de penser que Madame Merkel n'a rigoureusement pas plus d'avenir que les Grecs qu'elle a si méticuleusement conduits au bord du suicide collectif ? C'est un peu comme un remake géant des écuries d'Augias, sauf que les chevaux aussi vont y passer. Demain, on nettoie toute la merde, on atomise les blaireaux, les crétins, les profiteurs, les voleurs, les menteurs, les corrompus, les pollueurs, toute la bande d'incompétents qui nous mène tambour battant au bord du précipice dans le plus bel élan de saloperie collective de notre espèce qui n'est pourtant pas novice en la matière. Nettoyés les banquiers, les patrons, les petits-bras, les gros riches et les faméliques. Tout le monde est sur le même bateau et il n'y aura de canot de sauvetage pour personne.

Je pense que c'est cette idée qui rend cette fin du monde tellement populaire. Du passé, faire table rase. Une grande aspiration révolutionnaire de sans-couilles, puisque finalement, on attend tranquillement que la fatalité se charge du boulot à notre place. On attend la fin, comme on a attendu tout le reste, comme un gros troupeau de bovidés blasés et résignés. Une fin de règne animal, le suicide d'une espèce.

Donc, il va y avoir pas mal de déçus dans les jours qui viennent. Et c'est peut-être à partir de ce moment-là que les choses vont devenir nettement plus intéressantes. L'idée que notre univers n'en a rien à secouer de nous. Qu'il n'existe pas de Deus ex machina pour liquider le bordel à notre place. Pas plus qu'il n'y a eu d'homme providentiel jailli des urnes pour nous ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent.


Ni Dieux, ni maîtres, ni extra-terrestre, que dalle, bernique... juste nous !

Juste nous, nos vies, nos choix, nos renoncements et notre incapacité actuelle à prendre nos destins en main, à accepter l'idée que la vie, c'est agir et non subir.

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