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	<title>CentPapiers &#187; Finance</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>CHAREST DÉGAGE !</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 04:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>robertbibeau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[RADIO-CANADA  AU SECOURS DU GOUVERNEMENT Vendredi dernier le 25 mai, Radio-Canada, la docile télévision d’État, au service de la kleptocratie dirigeante nous présentait une réflexion étonnante. Deux heures de télé à jouer les intrigués  – à questionner – pour mieux &#8230; <a href="http://les7duquebec.com/2012/05/30/charest-degage/">Lire la suite <span>&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&#38;blog=4489966&#38;post=17622&#38;subd=les7duquebec&#38;ref=&#38;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://les7duquebec.com/?attachment_id=17623" rel="attachment wp-att-17623"><img class="aligncenter size-medium wp-image-17623" title="degage" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/05/degage.jpg?w=300&#038;h=168" alt="" width="300" height="168" /></a>RADIO-CANADA  AU SECOURS DU GOUVERNEMENT</strong></p>
<p>Vendredi dernier le 25 mai, Radio-Canada, la docile télévision d’État, au service de la kleptocratie dirigeante nous présentait une réflexion étonnante. Deux heures de télé à jouer les intrigués  – à questionner – pour mieux faire gober son élixir empoisonné. La  résistance étudiante contre la hausse des droits de scolarité et la crise sociale qu’elle a provoquée ont-elles pour origine : a)  Un <strong>clash des générations</strong> ? b) Une <strong>séparation fédéraliste-souverainiste</strong> ? c) Une <strong>segmentation Montréal-régions</strong> ? e) Une<strong> dichotomie étudiants gâtés – payeurs de taxes excédés</strong> ? e) Une <strong>scission entre la gauche idéaliste et la droite pragmatique</strong> ?</p>
<p>Tout observateur averti aura noté que la Télé-Can du premier Ministre Harper évite soigneusement de voir l’opposition entre les capitalistes, les boursicoteurs, les requins de la finance, enfin, entre la minorité des riches et la majorité de la population, les ouvriers, les étudiants, les employés, les chômeurs et les petit-bourgeois paupérisés. Un clash entre le peuple taxé, dépossédé, désœuvré, trompé et méprisé d’une part, et, de l’autre, les politiciens gérants d’estrade pour le compte du grand capital milliardaire spoliateur et exploiteur. Tenez loin des yeux des animateurs télé ces classes sociales qu’ils ne sauraient accréditer.</p>
<p>Il faut dire que la mission de Radio-Can est différente de celle du réseau TVA – propriété du milliardaire Péladeau beaucoup plus «populo». La tâche du réseau d’État n’a jamais été d’informer politiquement ou d’éclairer les mystères réels ou inventés. La mission de Radio-Can a toujours été de faire déblatérer des intellectuels patentés – de notoriété réelle ou usurpée – pour le bénéfice d’autres intellectuels arrivistes ou naïfs, afin de les embrouiller sous un maelstrom de mots alambiqués, puis de lancer ces mystifiés parmi leur segment de classe pour propager les dernières inanités de l’intelligentsia sanctionnée. Le quotidien Le Devoir et la grosse Presse du  milliardaire Desmarais jouent un rôle analogue dans le domaine de l’imprimé, alors que les journaux à Péladeau s’adressent à ce que les intellectuels appellent « monsieur et madame-tout-le-monde ».</p>
<p>L’émission spéciale de vendredi dernier a démontré l’art consommé de Radio-Can pour transformer une vraie question en tergiversations oiseuses et en discussions de salon entre de gentils interlocuteurs et des nervis journalistiques dont l’apothéose les transporta de félicité, à la toute fin de ce spectacle télévisé, lors d’une poignée de main qualifiée d’« historique » par la dame Dussault tout agitée (1).</p>
<p><strong>COMPENDIUM DE LA MYSTIFICATION TÉLÉVISÉE</strong></p>
<p>Décortiquons cette démonstration de collusion entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique des riches afin d’en découvrir les manipulations. Premier constat accablant : les seuls acteurs qui n’ont pas eu droit de parole pendant ces deux heures d’abjection sont les étudiants blessés, poivrés, arrêtés sur les lignes de piquetage attaquées; non plus que les manifestants matraqués, estropiés, les jeunes travailleurs non diplômés, mis sous contravention, expulsés ou chassés des universités par la hausse des droits de scolarité et la crise économique qui les frappe, eux et leur famille paupérisée.</p>
<p>Dès le début du spectacle télévisé, le commentateur glissa l’air de ne pas s’y intéresser : « L’histoire du mouvement étudiant québécois est jalonnée de nombreuses grèves et boycotts » – un fait avéré et lourd de sens – que Radio-Can ne pouvait passer sous silence. La tâche du journaliste consiste ici à ne pas en indiquer la conséquence et surtout à ne rien dire de la différence entre les grèves précédentes et la présente.</p>
<p>La conséquence de ces luttes de résistance successives, c’est que les droits de scolarité universitaires sont moins élevés au Québec que partout ailleurs où les étudiants se sont moins mobilisés pour faire reculer leurs gouvernements. Le 22 mai dernier, dans les rues de New-York, lors d’une manifestation d’appui à la résistance étudiante québécoise, de jeunes manifestants américains expliquaient que s’ils paient si cher et s’endettent tellement : « c’est que notre résistance a été éradiquée-écrasée sous les matraques des policiers » (2). Seriez-vous étonné si je vous révélais que le Président étatsunien – le premier noir à occuper le siège éjectable de la Maison Blanche – dans sa dernière allocution sur l’État de l’Union, a donné pour <strong>mission à l’armée américaine</strong> <strong>de soutenir les autorités civiles à l’intérieur des États-Unis pour réprimer toute velléité d’opposition</strong> <strong>aux politiques du gouvernement</strong> ? Radio-Can n’a jamais rapporté cette déclaration inédite d’Obama; il faut pourtant remonter à la Crise de 1929 et à la guerre de Sécession (1861) pour retrouver l’énoncé d’une telle mission intérieure pour l’armée d’agression extérieure.</p>
<p>Les étudiants-manifestants de New-York concluaient comme leurs camarades de Toronto et de Taipeh (Taïwan) que ce ne sont pas les étudiants québécois qui doivent rejoindre leur niveau d’endettement mais plutôt l’inverse :  les étudiants étatsuniens, canadiens et taiwanais devraient lutter davantage, affronter la police fasciste afin de réduire les droits universitaires et gagner l’accès aux études supérieures pour le plus grand nombre. Ici, dégonflons une baudruche propagée par les ignares de la télé d’État. Le système universitaire américain n’est pas performant et il est de moins en moins prestigieux. Ces journalistes ont lu un roman il y a vingt ans et ils croient que la réalité n’a pas changé. Aux États-Unis il y a d’un côté un système réduit d’universités élitistes très dispendieuses, réservées aux fils de riches. De l’autre côté un immense réseau universitaire couteux – inefficace – de mauvaise qualité – certifiant des étudiants chômeurs diplômés, endettés. Le système d’études supérieures américain ressemble à ce que l’on retrouve dans les pays du tiers-monde et il craque de toute part, menaçant d’imploser. Un étudiant soulignait que la bulle de la dette étudiante américaine de mille milliards de dollars pourrait être la source du prochain crash boursier quand des milliers d’étudiants déclareront faillite et répudieront chacun leur dette personnelle (3).</p>
<p><strong>ROZON LA SUBVENTION S’AMÈNE RELAYER MARTINEAU LE BOBO</strong></p>
<p>Au début de l’émission, monsieur subvention-Rozon, parasitant depuis toujours les charités de l’État, s’amène au front reconnaissant de tout cet argent dilapidé au cours de toutes ces années. Rozon connait les mœurs du sérail qui stipule qu’on lèche amicalement la main qui vous  nourrit somptueusement. Pathétique, cette levée d’étriers de l’homme-prostitué le plus grassement subventionné de la cité, donnant des leçons de parcimonie aux étudiants payés au salaire minimum – car il faut se rappeler que 80% des étudiants-étudiantes universitaires travaillent et la majorité à temps plein.</p>
<p>C’est là une différence importante qu’un journaliste-analyste qui aurait souhaité renseigner aurait dû signaler. Aujourd’hui, contrairement aux temps passés (1960-2000), <strong>un étudiant universitaire passe plus de temps au travail qu’à l’université</strong>, il vit en couple et sa compagne travaille également. Voilà pourquoi ce sixième ‘round’ de résistance étudiante est aussi farouche  – militant – déterminé. Les troupes étudiantes sont en fait des partisans ouvriers-étudiants qui luttent  pour leur survie et qui ont décidé de refuser qu’on leur transfère sur le dos le fardeau de l’insidieuse crise économique récurrente (la faillite grecque n’étant que l’exemple le plus récent). Les jeunes militants-étudiants savent que l’une après l’autre les économies des pays capitalistes occidentaux passeront à la casserole.</p>
<p>Foin du conflit de génération, de la dualité Montréal-régions et de la querelle des anciens  de la Trudeaumanie, du Renérendum et de la séparation! Les jeunes et les moins jeunes du Québec, du Canada et du monde entier (Printemps arabe et crise européenne inclus) savent bien qu’ils vivent dans un monde globalisé – interdépendant – qui se dirige inexorablement vers une nouvelle catastrophe économique, financière et militaire.</p>
<p><strong>SONDAGE BIDON </strong></p>
<p>La mise en scène médiatique de Radio-Can visait d’autres objectifs que leur sondeur patenté (<strong>CROP, un habitué des sondages truqués</strong>) a découverts à travers son questionnaire : a) Les leaders étudiants sont discrédités, révèle le sondage manipulé.      b) Le gouvernement a déjà fait de lourdes concessions. c) Le gouvernement déficitaire  pourra-t-il faire davantage de concessions aux étudiants (4) ? C’est la façon que CROP et Radio-Can ont trouvé pour contribuer à la liquidation du mouvement étudiant et apporter leur soutien au gouvernement chambranlant. Reprenons chacune des constatations que le sondage falsifié CROP-Radio-Can prétend dévoiler :</p>
<p>A)    Il est dorénavant admis que les bureaucrates syndicaux classiques sont de plus en plus discrédités, ce qui est un acquis de cette lutte populaire où les représentants étudiants se sont mués en PORTE-PAROLE parfois rabroués par leurs assemblées générales – du nouveau pour les fiers-à bras-de la FTQ qui se demandent encore comment faire descendre le chat du poteau où ils seraient perchés  – c’est-à-dire démobiliser les milliers d’étudiants ouvriers engagés.  Ce ne sont pas les «chefs» syndicaux étudiants qui décident mais les militants qui tiennent les lignes de piquetage et se font matraquer, du nouveau dans le syndicalisme québécois. Radio-Can voulait rappeler aux porte-parole étudiants que pour mériter leur notoriété ils avaient le devoir de mener leurs commettants par le bout du nez  jusqu’à l’enclos où le gouvernement les attend.</p>
<p>B)    Le gouvernement est celui qui a lancé l’attaque contre les étudiants en haussant les droits de scolarité. Le gouvernement n’a fait aucune concession jusqu’à présent puisqu’il a refusé de négocier le gel des droits de scolarité. Il a même eu l’outrecuidance de les augmenter à 1778 $ au cours même du conflit. Et les porte- parole étudiants sont étonnés du rejet de cette insulte à leur combat !?&#8230;</p>
<p>C)    Le troisième « média-mensonge » colporté par CROP-Radio-Can via ce sondage trafiqué a trait à l’incapacité de payer du gouvernement. Le gouvernement a accordé 3,6 milliards de cadeaux fiscaux l’an passé, et il a aboli la taxe sur le capital financier qui lui fait perdre des centaines de millions en revenus fiscaux – de quoi payer largement la scolarité de tous. La vérité c’est que le gouvernement des capitalistes n’a pas d’argent pour le peuple, il en a seulement pour les puissants toujours plus gourmands (6).</p>
<p><strong>PRÉPARER LA NÉGOCIATION – CAPITULATION</strong></p>
<p>La dernière mission de cette émission spéciale de Radio-Can était de désamorcer la crise en préparant la négociation que les riches voudraient une capitulation de la part des étudiants. Malheureusement, les leaders étudiants timorés n’ont pas dénoncé ce sondage manipulé, ce qui dénote leur état d’esprit défaitiste alors que la crise s’approfondit et s’élargit et que leur cause triomphe face à ce gouvernement décadent.</p>
<p>Ce ne sont pas d’anonymes répondants à un sondage contrefait qui font la grève et se font matraquer, arrêter, trainer devant les tribunaux, battre, mettre à l’amende et incarcérer.  Ceux qui mènent la lutte devant les CEGEPS et les facultés universitaires ont-ils confiance dans leurs représentants ? Si oui, tout va bien ! Si non, qu’ils les congédient.</p>
<p>Les rues du Québec sont-elles occupées par des milliers et des milliers de manifestants venus supporter le gouvernement Charest ? Non nullement ! Les milliers et les milliers prennent la rue malgré l’illégalité, les tribunaux et les policiers pour défier l’inique loi 78. Chaque soir ils encouragent les étudiants et dénoncent le gouvernement, l’État-major des riches coincé dans son Parlement, voilà le seul sondage qui importe.</p>
<p><strong>CLASH SOCIAL &#8211; CHAREST DÉGAGE</strong></p>
<p>Le clash social oppose des milliers d’étudiants et des millions de gens désemparés, écœurés, cyniques qui font le compte de toutes les malversations qu’on étale sans vergogne sous leurs yeux hébétés. Prévarications de ceux qui prétendent gouverner dans  l’intégrité et défendre les intérêts de la collectivité. La grève étudiante a fait tomber les masques, comme à chaque lutte farouche d’un segment du peuple contre ceux qui ont perdu toute légitimité.</p>
<div>
<p>Dans les conditions sociales, économiques, morales, actuelles, les riches et les ploutocrates manigancent pour sauver leurs investissements, leur capital, leurs profits et  ils exigent de leurs hommes de main dans les gouvernements qu’ils les servent docilement  en se compromettant ouvertement. Ces derniers – politiciens futés – ne peuvent éviter de s’enfarger et d’exposer leur <strong>duplicité pendant ces transferts de fonds et la tonte organisée de larges secteurs de la population</strong>. Les médias à la solde ont beau hurler leur loyauté, intensifier leur propagande pour que le peuple accepte qu’on lui rejette le fardeau de la crise sur le dos; pourtant l’exemple de la résistance étudiante l’emporte sur la peur et la résignation, alors que <strong>le consensus populaire se forge autour de la résistance</strong>, ce que Radio-Can et les chiens de garde du système annoncent comme une polarisation et la rupture du consensus social. C’est faux.  Un nouveau consensus voit le jour autour des partisans, des étudiants, des écologistes, des paupérisés, des indignés, des révoltés âgés ou éphèbes et des ouvriers qui un jour, j’ose espérer, prendront fièrement leur place devant la marche des insurgés.</p>
</div>
<p>(1)    <a href="http://www.radio-canada.ca/politique/">http://www.radio-canada.ca/politique/</a></p>
<p>(2)   Manifestation des étudiants de New-York. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=y60Rccx3iTs&amp;feature=player_embedded">http://www.youtube.com/watch?v=y60Rccx3iTs&amp;feature=player_embedded</a></p>
<p>(3)   <a href="http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/350033/endettement-etudiant-une-bombe-a-retardement-aux-etats-unis">http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/350033/endettement-etudiant-une-bombe-a-retardement-aux-etats-unis</a></p>
<p>(4)   La «boulechite» des sondages <a href="http://www.vigile.net/La-boulechite-CROP-Lessard-La">http://www.vigile.net/La-boulechite-CROP-Lessard-La</a> et les autres <a href="http://www.lapresse.ca/debats/le-cercle-la-presse/actualites/201205/21/48-358-la-surinterpretation-des-sondages-dopinion.php">http://www.lapresse.ca/debats/le-cercle-la-presse/actualites/201205/21/48-358-la-surinterpretation-des-sondages-dopinion.php</a> et à nouveau sur les sondages à Péladeau-Desmarais  <a href="http://mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=31047">http://mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=31047</a></p>
<p>(5)   <strong>Route 167, Mine de diamant </strong><strong>+/- </strong><strong>300 millions $</strong> pour une route qui mènera à une mine de diamant au nord de Chibougamau. Le gouvernement assumera la majeure partie de la facture en investissant pas moins de <strong>287,6 millions $</strong> dans le projet, soit 8 millions de plus que ce qui était inscrit dans le document présentant les investissements en infrastructures dans le cadre du Plan Nord. Un gisement dont la valeur pourrait dépasser les <strong>5 Milliards $ </strong>(aucune transformation au Québec). Selon les prévisions budgétaires, la construction de cette route de 243 kilomètres coûtera <strong>331,6 millions $</strong>, soit 1,4 million du kilomètre.</p>
<p>Allègements fiscaux aux entreprises.<strong> </strong>En 2011, le gouvernement libéral accorde 3,6 milliards $ d&#8217;allègements fiscaux aux entreprises. Cet argent n&#8217;est pas réinvesti en production, en emploi ou en R&amp;D par les entrepreneurs. Dans les faits, l&#8217;argent est investi dans des produits financiers qui rapportent 15% d&#8217;intérêt. Quel entrepreneur intelligent irait s&#8217;empoisonner la vie à développer son entreprise quand il peut faire 15% sans même lever le petit doigt ? Et comme par hasard le déficit du Québec s&#8217;élève à <strong>3,8 milliards $ </strong>pour 2011. Alors aujourd&#8217;hui on coupe partout pour réduire le déficit. Les générations suivantes se retrouveront finalement à payer le capital d&#8217;investissement des entreprises québécoises. <a href="http://ageuqtr.org/sites/default/files/Appuis%20aux%20%C3%89tudiants.pdf">http://ageuqtr.org/sites/default/files/Appuis%20aux%20Étudiants.pdf</a></p>
<p>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/les7duquebec.wordpress.com/17622/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/les7duquebec.wordpress.com/17622/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&#038;blog=4489966&#038;%23038;post=17622&#038;%23038;subd=les7duquebec&#038;%23038;ref=&#038;%23038;feed=1" width="1" height="1" /></p>
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		<title>Nos universités sous-financées!!!</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 04:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lartiste</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; J’ai simplement relevé certaines phrases d’un article paru mercredi 9 mai 2012 à 19 h 12 HAE­­ « Hugues Boisvert, professeur de comptabilité à HEC et titulaire de la Chaire internationale CMA (comptabilité de management) d&#8217;étude des processus d&#8217;affaires, croit que si le comité provisoire voit le jour, les universités pourraient réaliser des économies. 1)      Selon les données publiées par le ministère de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="text-decoration: underline;"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/nos-universites-sous-financees/96993/captureu-2" rel="attachment wp-att-96995"><img class="aligncenter size-full wp-image-96995" title="Captureu" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/Captureu1.png" alt="" width="466" height="263" /></a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’ai simplement relevé certaines phrases d’un article paru mercredi 9 mai 2012 à 19 h 12 HAE­­</p>
<p><strong><em>« Hugues Boisvert, professeur de comptabilité à HEC et titulaire de la Chaire internationale CMA (comptabilité de management) d&#8217;étude des processus d&#8217;affaires, croit que si le comité provisoire voit le jour, les universités pourraient réaliser des économies.</em></strong></p>
<p><strong><em>1)      </em></strong><strong><em>Selon les données publiées par le ministère de l&#8217;Éducation, rien ne prouve que les universités québécoises soient sous-financées. Au Québec, le coût moyen par étudiant est de 29 242 $, soit près de 3000 $ de plus qu&#8217;en Ontario (26 383 $). La moyenne canadienne est quant à elle de 28 735 $.</em></strong></p>
<p><strong><em>2)      </em></strong><strong><em>L&#8217;idée de créer un comité provisoire visant à déterminer où couper dans le budget des universités indispose les recteurs qui assurent qu&#8217;il n&#8217;y a pas de surplus dans leur établissement. </em></strong></p>
<p><strong><em>3)      </em></strong><strong><em>L&#8217;effet pervers, selon le professeur Boisvert, c&#8217;est celui du mode de financement basé sur le nombre d&#8217;étudiants, qui pousse les universités à en augmenter leur clientèle coûte que coûte. « La formule de financement est un encouragement direct à accroître la clientèle.</em></strong></p>
<p><strong><em>4)      </em></strong><strong><em>« On appelle ça une spirale inflationniste. Tu augmentes ton budget, tu augmentes tes coûts. Tu n&#8217;es pas capable de couvrir ton budget, tu dis que tu es sous-financé », poursuit M. Boisvert.</em></strong></p>
<p><strong><em>5)      </em></strong><strong><em>Le Comité provisoire des universités risque pourtant de se heurter à un obstacle majeur, puisque l&#8217;information n&#8217;est pratiquement pas disponible. Le professeur Boisvert croit que la ministre de l&#8217;Éducation, Line Beauchamp, devra exiger des universités qu&#8217;elles fournissent les détails des données financières de tous leurs services. »</em></strong></p>
<p>Au sujet de 1), comment peut-on dire les universités du Québec sont sous-financées quand le gouvernement les finance plus que toutes les Provinces au Canada? Où va l’argent?</p>
<p>Au sujet de 2) L’indisposition des recteurs laisse entrevoir la pertinence du questionnement créé par 1).</p>
<p>Au sujet de 3) On découvre ici pourquoi les universités créent des satellites sur les « territoires des autres universités. C’est un « combat pour le recrutement » pour augmenter chacun leur financement.</p>
<p>Au sujet de 4)  On décrit la cause du sous-financement des universités obligées de trop dépenser pour le « recrutement » ce qui leur fait dépasser leur budget.</p>
<p>Au sujet de 5)  Je serais surpris que le gouvernement exige une clarification poussée des dépenses des universités; il semble qu’il y ait trop de « faveurs individuelles » de distribuées à certains individus près du gouvernement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Finalement on en revient encore un fois à la nécessité de la commission d’enquête Charbonneau qui devrait s’étendre sur les collusions et la corruption de tout l’ensemble administratif social et privé.</p>
<p>Est-ce que cette commission pourra nous faire éviter une révolte générale des citoyens? Je ne sais pas; mais j’en doute un peu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>André Lefebvre</p>
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		<title>L&#8217;éducation allongée</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 05:14:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaëtan Pelletier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) demande au gouvernement du Québec de réécrire l’entente de principe intervenue samedi pour mettre un terme au mouvement de protestation contre la hausse des droits de scolarité. Selon la FEUQ, trop de zones grises demeurent dans l’entente et mènent à des interprétations diamétralement opposées. Alors que les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<div>
<p><a href="http://gaetanpelletier.files.wordpress.com/2012/05/cafc3a9-allongc3a9.jpg"><img title="Café allongé" src="http://gaetanpelletier.files.wordpress.com/2012/05/cafc3a9-allongc3a9.jpg?w=500&amp;h=340" alt="" width="500" height="340" /></a></p>
<p><em>La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) demande au gouvernement du Québec de réécrire l’entente de principe intervenue samedi pour mettre un terme au mouvement de protestation contre la hausse des droits de scolarité.</em></p>
<p>Selon la FEUQ, trop de zones grises demeurent dans l’entente et mènent à des interprétations diamétralement opposées.</p>
<p><em>Alors que les représentants étudiants affirment que la hausse des droits de scolarité sera compensée par une diminution des frais afférents, la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, soutient que ce ne sera pas nécessairement le cas.</em> <em><a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/349446/la-feuq-demande-a-quebec-de-reecrire-l-entente-de-principe">Le Devoir</a></em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Bla! Bla!</p>
<p>Quand on a créé un problème de la taille d’un éléphant ce ne sont pas les souris grugeuses, bordées de menteries, la jupette en fru fru qui va rafistoler des décennies de bêtises.</p>
<p>L’éducation – Québec, Canada, France, et le reste- est soumise aux lois du marché : les étudiants sont des clients. Les universités des magasins à rayons et on y vend le vent des éculubrés qui ont grandis dans les livres… Et ceux qui dirigent ont grandit dans la finance, l’administration. Oui, l’administration. C’est la bible des sociétés modernes.</p>
<p>Les universités se font concurrence, les États se font concurrence et pour arriver à des critères pouvant tracer un portrait d’une société, il faut des résultats de « réussites bidon », peu importe… Les chiffres parlent.</p>
<p>Alors, pour satisfaire à la clientèle mondialiste, on a allongé les études avec cette foi que plus on étudie plus on est « compétent ». Et plus on a d’élèves, plus on a d’argent, et plus on a une cote, et plus.</p>
<p>La culture navet du « et plus »…</p>
<p>J’ai connu des « gratteux » de guitare, des « artisses » qui ont passé un vie à vouloir l’être…</p>
<p>On l’a ou on l’a pas…</p>
<p>Inutile d’insister à coups de milliards pour l’éducation.</p>
<p>Inutile de rafistoler la bagnole rouillée que l’on a construite pour les voyages en chaînes. On est tous victimes de la foi de quelqu’un qui nous cloue à sa croix. Croyez-moi.</p>
<p>On cherche des solutions pour financer l’éducation et empêcher les enfants de s’endetter?</p>
<p>Au lieu d’investir au bout du ratage, il faudrait investir dans les racines du « poussage ». Rien ne pousse si la terre est trafiquée…</p>
<p>La véritable solution, personne ne la veut : écourter le temps des études dans certains secteurs. Et, surtout, sabrer la « culture générale » vite oubliée des cégeps.</p>
<p>Des philosophes à 17 ans?</p>
<p>Des profs doctorisés qui ne savent pas écrire?</p>
<p>On en est rendus là. Le mélange du poivre et du sel où l’étudiant est un steak rougi par le grand feu du néolibéralisme. De la méthode? Non : des vendeurs de temples.</p>
<p>Illusion.</p>
<p>Personne ne travaille – en politique – pour améliorer véritablement nos vies. Ils ne comprennent rien à l’apprentissage et à l’humain. Du nazisme.</p>
<p>Et pourquoi donc envoyer les enfants à l’école avec une couche dans le derrière?</p>
<p>C’est la vie, ça?</p>
<p>La sottise est à faire chier par les deux bouts : éjecter son repas avant de l’envoyer bien stressé se fondre dans les latrines.</p>
<p>C’est comme ça, à force de se faire des bibles des discours, des « projets », de ces mollusques trempés dans leurs nombrils qu’on a fini par faire un monde où les enfants sont stressés, les parents sont stressés, et le monde de l’absentéisme coûte, au Canada seul, aux alentours de 50$ MILLIARDS .</p>
<p>De quoi se payer une trentaine de F-35…</p>
<p>C’est de l’ironie.<br />
Le progrès réel qu’on a est une  carotte.</p>
<p>On serait des lapins de course… Et les investisseurs, des parieurs assis tranquillement dans les estrades. On dirait le monde romain en format Ipad.</p>
<p>Textons-nous!  C’est si beau le texto.</p>
<p>À côté, on vend des cours de relaxation…</p>
<p>La chimère est lustrée comme une porte astiquée frigo métallisé.</p>
<p>Vous l’ignorez, mais c’est une machine qui nous mène.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Gaëtan Pelletier</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Finance US : &quot;ma petite entreprise ne connaît pas la crise&quot; !</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 20:44:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gillesbonafi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[   Voici un petit graphique extrait du dernier rapport de l'OCC, un bureau indépendant du trésor américain. Ce rapport concerne uniquement les banques commerciales US... ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gillesbonafi.skyrock.com/3081608045-Finance-US-ma-petite-entreprise-ne-connait-pas-la-crise.html"><img align="left" src="http://fc.img.v4.skyrock.net/fcb/gillesbonafi/pics/3081608045_0_3_fKLDSueu.jpg" alt="" /></a>   Voici un petit graphique extrait du dernier rapport de l&#8217;OCC, un bureau indépendant du trésor américain. Ce rapport concerne uniquement les banques commerciales US&#8230;</p>
<p> <img width='1' height='1' src='http://rss.feedsportal.com/c/32256/f/437763/p/1/s/3e393139/mf.gif' border='0'/></p>
<p><a href="http://da.feedsportal.com/r/1043935545/u/0/f/437763/c/32256/s/1043935545/a2.htm"><img src="http://da.feedsportal.com/r/1043935545/u/0/f/437763/c/32256/s/1043935545/a2.img" border="0"/></a><img width="1" height="1" src="http://pi.feedsportal.com/r/1043935545/u/0/f/437763/c/32256/s/1043935545/a2t.img" border="0"/></p>
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		<title>Le Front de gauche : « une gauche sociale, laïque, féministe et écologique »</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2012 04:08:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Bonnet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160; Je me reconnais pleinement dans le discours du candidat du Front de gauche. Il est clair, sans fioriture, contre le monde de la finance. Il y a ceux qui possèdent des fortunes et ceux qui n’ont rien. Jean-Luc Mélenchon rend possible l’idéal d’un monde juste, le partage des richesses. Il est en train d’impulser <a href="http://www.plumedepresse.net/le-front-de-gauche-une-gauche-sociale-laique-feministe-et-ecologique/">[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignright size-full wp-image-6383" title="sl_opt" src="http://www.plumedepresse.net/wp-content/uploads/sl_opt.jpg" alt="" width="160" height="189" />&laquo;&nbsp;<strong> </strong>Je me reconnais pleinement dans le discours du candidat du Front de gauche. Il est clair, sans fioriture, contre le monde de la finance. Il y a ceux qui possèdent des fortunes et ceux qui n’ont rien. Jean-Luc Mélenchon rend possible l’idéal d’un monde juste, le partage des richesses.<span id="more-6382"></span> Il est en train d’impulser la construction d’une gauche sociale, laïque, féministe et écologique. En fait, le Front de gauche est celui qui incarne le plus les valeurs pour lesquelles je me bats depuis des années&nbsp;&raquo; </em>: <strong>Safia Lebdi</strong>, Conseillère régionale Europe Écologie/Les Verts, co-fondatrice de <em>Ni putes ni soumises</em> et fondatrice du collectif <em>Les insoumises</em>, <a href="http://www.humanite.fr/politique/safia-lebdi-%C2%AB-melenchon-%E2%80%A8lie-l%E2%80%99ecologie-et-%E2%80%A8la-vie-des-gens-%C2%BB-492136" >dans <em>L&#8217;Humanité</em></a>. Venez, camarades Verts !</p>
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		<title>Le néolibéralisme et l’illusion démocratique</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/le-neoliberalisme-et-l%e2%80%99illusion-democratiqu/86539</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 05:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le grand soir info</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bernard CONTE A partir de la fin des années 1970, le néolibéralisme a été imposé au détriment du libéralisme régulé qui fonctionnait sur la base redistributive du compromis fordiste au Nord et du nationalisme – clientéliste au Sud (1). Pour les capitalistes, il s’agissait de lutter contre la crise du profit, qu’ils considéraient principalement engendrée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<div><img src="http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH167/arton15054-8b7f2.jpg" alt="" width="250" height="167" align="left" /></p>
<div>Bernard CONTE</div>
<div>
<p>A partir de la fin des années 1970, le néolibéralisme a été imposé au détriment du libéralisme régulé qui fonctionnait sur la base redistributive du compromis fordiste au Nord et du nationalisme – clientéliste au Sud (1). Pour les capitalistes, il s’agissait de lutter contre la crise du profit, qu’ils considéraient principalement engendrée par l’inflation des demandes de redistribution de revenus adressées aux États.</p>
</div>
<div><a><img title="diminuer taille" src="http://www.legrandsoir.info/squelettes/images/img_grey_font_scale_less.gif" alt="" width="16" height="16" align="absmiddle" border="0" /></a><br />
<a><img title="normal" src="http://www.legrandsoir.info/squelettes/images/img_grey_font_scale_none.gif" alt="" width="16" height="16" align="absmiddle" border="0" /></a><br />
<a><img title="agrandir taille" src="http://www.legrandsoir.info/squelettes/images/img_grey_font_scale.gif" alt="" width="16" height="16" align="absmiddle" border="0" /></a></div>
<div id="font-variable">
<p>Pour eux, en obérant les profits, les revendications sociales et politiques rendaient les démocraties progressivement « ingouvernables ». En effet, le jeu de la démocratie faisait que les règles de partage de la valeur ajoutée, à l’époque plus favorables aux salariés, étaient progressivement inscrites dans la loi, à travers ce qu’on pourrait qualifier de « <em>constitutionnalisme social</em> ».</p>
<p>Pour sortir de la crise, il fallait refermer la parenthèse des <em>Trente glorieuses</em> des salariés pour ouvrir celle des <em>Trente glorieuses</em> des financiers. Le passage au néolibéralisme a accompagné et a justifié l’extension géographique ainsi que l’intensification du capitalisme financiarisé favorisées par la dérégulation. Au service de la finance internationale, les politiques néolibérales se focalisent sur la croissance des profits et sur la réduction corrélative des coûts salariaux directs et indirects. Cela signifie la réduction du périmètre de l’État, la casse de l’État-providence ou de l’État nationaliste &#8211; clientéliste, la privatisation des rentes publiques&#8230;, avec pour conséquence, la paupérisation du plus grand nombre et l’euthanasie des classes moyennes.</p>
<p>En régime réellement démocratique, malgré le battage médiatique et la duplicité des élites politiques, un tel programme ne peut remporter, dans la durée, l’adhésion d’une majorité d’électeurs. Ainsi, la première mouture des réformes néolibérales, issue du <em>consensus de Washington</em>, s’est heurtée à un obstacle politique multiforme. Afin de poursuivre les processus engagés et de contourner ledit obstacle, les oligarques ont décidé de dénaturer la démocratie et de la rendre virtuelle afin que les populations n’aient plus aucune emprise sur les décisions politiques. Pour ce faire, le pouvoir de l’État central a été atomisé tant vers des instances supérieures qu’inférieures. De plus, le champ des options politiques a été réduit par l’enchâssement du néolibéralisme dans le droit, enchâssement réalisé dans le cadre d’un « constitutionnalisme économique », et complété par un système de « <em>soft law</em> », pour imposer la bonne gouvernance néolibérale « consensuelle ».</p>
<p>Pour l’oligarchie, la crise actuelle représente une opportunité pour le renforcement du pouvoir néolibéral et pour l’accélération corrélative du délitement de la démocratie.</p>
<h3>La crise de gouvernabilité engendrée par les dérives du fordisme et les excès de la démocratie</h3>
<p>Au cours de la parenthèse fordiste des Trente glorieuses, le compromis entre le capitalisme industriel et les salariés a progressivement donné lieu à des « débordements » revendicatifs coûteux, obérant largement les profits. Cette tendance, doublée d’une prise de conscience politique des populations, a conduit à une crise de gouvernabilité au Nord.</p>
<p>Par exemple, le rapport de la Trilatérale : <em>La crise de la démocratie</em> (2), publié en 1975, met en lumière la redécouverte par les économistes « du cycle de cinquante ans de <em>Kondratieff</em>, selon lequel 1971 (comme 1921) marquerait le début d’un ralentissement économique durable dont les pays capitalistes industrialisés ne devraient pas émerger avant la fin du siècle (3) ». De plus, lesdits pays sont confrontés à des divers problèmes : « l’inflation, les pénuries de matières premières, la stabilité monétaire internationale, la gestion de l’interdépendance économique, la sécurité militaire et collective (4)… ». Enfin, les dérives du processus démocratique ont notamment engendré « une surcharge de demandes adressées à l’État qui dépassent sa capacité à y répondre (5) ».</p>
<p>Comme « les demandes adressées à un gouvernement démocratique croissent, tandis que les capacités du gouvernement stagnent (6) », les démocraties deviennent ingouvernables.</p>
<h3>Changer de cap en imposant le néolibéralisme</h3>
<p>Il était urgent de réagir pour rétablir les conditions d’une exploitation optimale des travailleurs par le capital. La crise des années 1970, qui frappe le Nord avant de se propager aux pays du Sud, va donner l’occasion de revenir sur les concessions accordées aux salariés en déconstruisant le développement autocentré (principalement centré sur le développement du marché intérieur) que ce soit le fordisme au Nord ou le nationalisme-clientéliste au Sud.</p>
<p>Cette déconstruction passe par l’imposition des politiques monétaristes du <em>consensus de Washington</em> (7), qui visent à réduire drastiquement la consommation « improductive » de surplus (en termes de profits privés) par l’État-providence au Nord et par l’État nationaliste au Sud.</p>
<p>Pour les capitalistes, à travers la dérégulation, la privatisation, la libéralisation commerciale et financière, la « défaisance » de la protection sociale, la destruction des systèmes clientélistes…, il s’agissait de revenir sur les concessions accordées précédemment aux salariés.</p>
<h3>Qui se heurte à l’obstacle politique</h3>
<p>La faisabilité politique du traitement de choc néolibéral du <em>consensus de Washington</em> s’est avérée plus difficile que prévu. Les conséquences sociales négatives de l’ajustement monétariste, beaucoup plus flagrantes dans les pays du Sud, ont engendré des critiques, des résistances et des oppositions, parfois violentes (8).</p>
<p>La stratégie des élites politiques pour imposer l’ajustement, consistant à diviser et à opposer, a montré ses limites. Malgré les tentatives permanentes de manipulation de l’opinion publique par des actions de communication efficaces, il subsistait, en raison du jeu de la démocratie, des possibilités d’arrivée au pouvoir d’éléments moins favorables à la mondialisation néolibérale, voire opposés. Par exemple, des personnalités politiques opposées à la mondialisation néolibérale, au moins dans leur discours, ont été élues au sommet des États notamment en Amérique Latine, pré carré des États-Unis.</p>
<p>Devant la menace, il fallait réagir.</p>
<h3>Contourner l’obstacle politique par l’ordolibéralisme</h3>
<p>A la fin des années 1990, pour calmer les critiques et éviter tout « dérapage » démocratique nocif pour les affaires, le capitalisme financiarisé a adopté, à travers ses représentants officiels ou officieux, un discours plus politiquement et socialement porteur de consensus, entérinant le passage du monétarisme à l’ordolibéralisme (9).</p>
<p>La nouvelle rhétorique intègre un vocabulaire à connotation faussement sociale- démocratique-interventionniste, pseudo keynésienne… qui prépare les esprits à « l’économie sociale de marché » <strong>purifiée</strong> mise en œuvre par le <em> post-consensus de Washington</em>. Sous couvert d’une novlangue, il s’agit simplement de poursuivre les processus engagés lors de la phase monétariste et de pérenniser les politiques néolibérales en les rendant incontestables.</p>
<p>Pour ce faire, il convient de les inscrire dans la loi, et plus précisément dans la loi fondamentale qu’est la Constitution, pour réduire au maximum la possibilité de mise en œuvre de projets politiques alternatifs. Il faut réellement en finir avec le <em>constitutionnalisme social des Trente glorieuses</em> et passer définitivement au <em>constitutionnalisme économique</em> qui enchâsse la « gouvernance » néolibérale dans le droit. Le dispositif de réduction des degrés de liberté du politique est complété par la mise en avant d’un système de « <em>soft law</em> » comprenant notamment les agences de notation, les institutions financières internationales…</p>
<p>Au total, il s’agit d’enfermer le politique dans le carcan néolibéral, afin de rendre la démocratie inopérante tout en essayant de préserver l’illusion populaire de son fonctionnement effectif.</p>
<h3>Et par l’approfondissement de la démocratie virtuelle</h3>
<p>La démocratie virtuelle a une base formelle dans le vote des citoyens, mais le processus de décision politique, au moins concernant les domaines importants, est isolé de la participation et du contrôle populaires. Il s’agit de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer la réalité du pouvoir vers de nouveaux centres isolés de toute influence populaire.</p>
<p>Amorcée de longue date, la dynamique de « virtualisation » démocratique s’opère à travers : <img src='http://www.centpapiers.com/wp-content/plugins/smilies-themer/kopete/lightbulb.png' alt='(i)' class='wp-smiley' /> l’effeuillage du pouvoir de l’État central (10) vers le haut en direction d’instances supranationales et vers le bas par la décentralisation (11) ; (ii) la prise en compte d’acteurs dits « apolitiques », complices ou simplement manipulés.</p>
<p>Cette dynamique engendre l’atomisation, l’isolement et l’autonomisation des centres de pouvoir du niveau international au niveau local, en passant par les niveaux intermédiaires. Elle engendre aussi la « dilution » des responsabilités des décideurs que vient compléter un dispositif, sans cesse étendu, d’immunité assurant l’impunité.</p>
<p>Les élites politiques peuvent, sans risque, œuvrer en faveur du capitalisme financiarisé en imposant le néolibéralisme. Il s’agit d’encadrer strictement l’intervention de l’État quand elle est au service des populations. A tous les niveaux (local, régional, national, communautaire, international), l’intervention publique ne doit pas entraver, ni même contrôler les activités du capitalisme financiarisé.</p>
<h3>La crise actuelle : une crise de légitimité des élites</h3>
<p>Par contre, lorsque le système entre en crise, l’intervention publique, salvatrice pour le capitalisme financiarisé, se fait massivement et durablement. Les populations sont sommées d’accepter d’endosser la socialisation de la gabegie des institutions bancaires et financières. Pour le justifier, les élites politiques usent d’un double langage.</p>
<p>La crise cesse alors d’être simplement financière ou économique, elle devient inévitablement politique. C’est une crise globale de légitimité des élites politiques.</p>
<p>Les premiers, les pays du Tiers-monde ont connu une telle situation, lorsqu’au début des années 1980, ils se sont trouvés écrasés par une dette extérieure insoutenable. Malgré le caractère « odieux (12) » de la majeure part de cette dette, les dits pays ont été placés sous la tutelle des institutions néolibérales (FMI, Banque Mondiale, OMC…) pour faire payer la note aux populations. Dans ce contexte, les élites politiques nationales « complices » ont eu beau jeu d’incriminer, dans le discours officiel, les institutions financières internationales pour mettre en œuvre les politiques de prédation et de paupérisation dont elles espèrent recueillir quelques miettes.</p>
<p>Aujourd’hui, la crise grecque révèle l’extension de ce schéma aux pays du Nord. La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe (13).</p>
<p>Bernard Conte</p>
<p><em>Bernard Conte est enseignant &#8211; chercheur à l’Université Bordeaux IV et à Sciences Po Bordeaux.</em></p>
<p>Son Site : <a href="http://conte.u-bordeaux4.fr/" rel="external">http://conte.u-bordeaux4.fr/</a><br />
Son Blogue : <a href="http://blog-conte.blogspot.com/" rel="external">http://blog-conte.blogspot.com/</a></p>
</div>
<div>
<p>(1) Texte rédigé à partir d’une communication présentée aux rencontres : Actualité de la pensée de Marx, organisées par Espaces Marx Aquitaine, Sciences Po Bordeaux, décembre 2010.</p>
<p>(2) Michel Crozier, Samuel P. Huntington, Joji Watanuki, The crisis of democracy, Report on the governability of democracies to the Trilateral Commission, New-York, New York University Press, 1975.</p>
<p>(3),(5),(6) Idem ; p. 3-9.</p>
<p>(7) Voir : Bernard Conte, <a href="http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/Lic-ecod/docs_pdf/Webconswash.pdf" rel="external">Le consensus de Washington</a>, Bordeaux, 2003.<br /> <img src='http://www.centpapiers.com/wp-content/plugins/smilies-themer/kopete/note.png' alt='(8)' class='wp-smiley' /> Une des première critiques, Cf. Bernard Conte : <a href="http://conte.u-bordeaux4.fr/Enseig/Lic-ecod/docs_pdf/Ajtvishumain.pdf" rel="external">L’ajustement à visage humain</a>, Bordeaux, 2003.</p>
<p>(9)Sur l’ordolibéralisme ou néolibéralisme allemand, voir : Bernard Conte, La Tiers-Mondialisation de la planète, Bordeaux, PUB, 2009, p. 54-60 ; François Bilger, « <a href="http://www.blogbilger.com/blogbilger/2005/04/lcole_de_fribou.html" rel="external">L’école de Fribourg, l’ordolibéralisme et l’économie sociale de marché</a> », 8 avril 2005.</p>
<p>(10) Cet effeuillage s’opère en vertu du principe de subsidiarité qui présente une double dimension : verticale et horizontale, cf. Bernard Conte, <em>La Tiers-Mondialisation de la planète</em>, op. cit. p. 194-198.</p>
<p>(11) Les lois Defferre de 1982 marquent l’origine du processus de décentralisation en France.</p>
<p>(12) Une dette est dite « odieuse » lorsqu’elle a été contractée pour des objectifs contraires aux intérêts de la nation et aux intérêts des citoyens.</p>
<p>(13) Bernard Conte, <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3003" rel="external">La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe</a>, Contreinfo.info, 16 mars 2010.</p>
</div>
</div>
<div>URL de cet article 15054<br />
<a href="http://www.legrandsoir.info/le-neoliberalisme-et-l-illusion-democratique.html">http://www.legrandsoir.info/le-neoliberalisme-et-l-illusion-democratique.html</a></div>
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		<title>(Washington protège et finance les terroristes) La FNCA derrière le principal témoin à charge contre Gerardo Hernandez  Jean-Guy Allard</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 05:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>SylvainGuillemette</dc:creator>
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		<description><![CDATA[LE principal témoin à charge présenté par le procureur fédéral contre le Cubain Gerardo Hernandez Nordelo n’était autre que le premier officier d’un navire de croisière dont les propriétaires ont apporté une contribution de 25 000 dollars pour la création de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), une organisation dont la branche paramilitaire a organisé et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia;">LE principal témoin à charge présenté par le procureur fédéral contre le Cubain Gerardo Hernandez Nordelo n’était autre que le premier officier d’un navire de croisière dont les propriétaires ont apporté une contribution de 25 000 dollars pour la création de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), une organisation dont la branche paramilitaire a organisé et financé des actions terroristes contre Cuba.</span></p>
<div align="right">
<table style="width: 31%;" border="1" align="right">
<tbody>
<tr>
<td>
<p align="right"><img src="http://www.granma.cu/Fotos%202011/noviembre/gerard-2.jpg" alt="" width="251" height="281" border="0" /><br />
<span style="font-size: xx-small;">Au cours du procès de Gerardo, les<br />
États-Unis ont refusé de présenter les données d’observation satellitaire, qui risquent de mettre en doute la<br />
crédibilité des témoins de l’accusation.</span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p><span style="font-family: Georgia;">Gerardo Hernandez, l’un des cinq antiterroristes arrêtés par le FBI pour avoir infiltré des groupes terroristes d’exilés cubains aux USA, avait été condamné à deux peines à perpétuité plus quinze ans de prison au terme de la grossière manipulation de l’affaire de la destruction, le 24 février 1996, de deux avionnettes d’une organisation contre-révolutionnaire de Miami qui survolaient illégalement le territoire cubain, en dépit des nombreux avertissements du gouvernement de l’île.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Bjorn Johansen, premier officier du Majesty of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean, avait Pedro G. Whelpton comme second lors de l’incident. Whelpton fut présenté comme membre de la FNCA, une organisation hostile au gouvernement cubain et faisant partie d’une soi-disant Commission pour le développement économique et la reconstruction de Cuba, connue pour ses attaques contre l’île.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">À la suite de plusieurs entretiens avec le FBI, Johansen accepta de collaborer, mais il n’y eut jamais d’enquêtes sur les activités « militantes » de Whelpton. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">C’est ce qui ressort d’un article du Havana Reporter, l’hebdomadaire en anglais de l’agence Prensa Latina, qui précise dans sa dernière édition que Fernando Morais, l’auteur d’un livre sur les Cinq intitulé Les derniers soldats de la Guerre froide – paru récemment au Brésil –, avait commenté ces faits lors du lancement de l’ouvrage.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Dans une série d’articles publiés par le New York Times en 1995, José Francisco « Pepe » Hernandez Calvo, qui était à l’époque président de la Fondation nationale cubano-américaine, mentionnait la Royal Caribbean Cruises parmi la quarantaine d’entreprises ayant financé la création de son organisation.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Il s’agit du même « Pepe » Hernandez qui échappa de justesse en 1997 à la saga du yacht La Esperanza, intercepté en eaux portoricaines alors que son équipage s’apprêtait à commettre un attentat contre le leader cubain Fidel Castro dans l’île Margarita. Parmi l’arsenal découvert à bord figuraient des fusils d’assaut à lunette Barret, calibre 50, du matériel spécial VHF, des lunettes de vision nocturne et 10 caisses de munitions, entre autres. Pepe Hernandez était le propriétaire d’un de ces fusils. À noter que tout ce beau monde fut acquitté !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Ce qui est absurde, c’est qu’en mai 2001 les représentants du Procureur dans le procès des cinq Cubains ont reconnu que les preuves disponibles contre Hernandez dans le cas du chef d’accusation Nº 3 concernant les avionnettes ne pouvaient pas le faire condamner, et ils ont demandé de les retirer.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">La juge Joan Lenard, délibérément hostile, rejeta la requête. Le Ministère public introduisit alors un recours extraordinaire à cette même fin auprès de la Cours d’appel d’Atlanta, qui le refusa. Le jury dirigé par un fonctionnaire d’État se montra prédisposé contre l’accusé après avoir entendu le témoignage du premier officier Bjorn Johansen.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia;">Dans le cas de Gerardo Hernandez, le Procureur soutient la thèse selon laquelle les avions auraient été abattus en eaux internationales. Les États-Unis ont refusé de présenter les données d’observation satellitaire, par crainte de voir confirmée la véracité des affirmations des autorités cubaines.</span></p>
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		<title>L’escroquerie de la dette publique signe la mort de la démocratie : l’incroyable cécité volontaire des médias</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Nov 2011 05:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Bonnet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est le point aveugle du débat : la dette publique est une escroquerie ! En cause, la loi Pompidou-Giscard de 1973 sur la Banque de France, dite &#171;&#160;loi Rothschild&#160;&#187;, du nom de la banque dont était issu le président français, étendue et confortée ensuite au niveau de l&#8217;Union européenne par les traités de Maastricht (article 104) <a href="http://www.plumedepresse.net/lescroquerie-de-la-dette-publique-signe-la-mort-de-la-democratie-lincroyable-cecite-volontaire-des-medias/">[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est le point aveugle du débat : la dette publique est une escroquerie !</strong> En cause, la <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=C14140127CB26781674ED75C10C5C2C6.tpdjo04v_2?cidTexte=JORFTEXT000000334815&amp;dateTexte=19931231&amp;categorieLien=id#JORFTEXT000000334815">loi Pompidou-Giscard de 1973</a> sur la Banque de France, dite « loi Rothschild »<em>,</em> du nom de la banque dont était issu le président français, étendue et confortée ensuite au niveau de l’Union européenne par les traités de Maastricht (article 104) et Lisbonne (article 123). D’une seule phrase découle l’absolue spoliation dont est victime 99% de la population : <em>« </em><em>Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France</em>« .</p>
<p>En clair, la Banque de France a désormais interdiction de faire crédit à l’État, le condamnant à se financer en empruntant, contre intérêts, aux banques privées, au lieu de continuer à emprunter sans intérêt auprès de la banque de France qui lui appartient. Depuis l’application de ce principe, la finance et son infime oligarchie donnent la pleine mesure de leur asservissement des peuples, en une spirale exponentielle d’accroissement des inégalités. Le pouvoir est désormais aux mains des créanciers privés, qui l’exercent au bénéfice exclusif d’intérêts particuliers, quand la puissance publique a renoncé à son devoir de protéger l’intérêt général.</p>
<p>La démocratie, étymologiquement pouvoir du peuple, est morte. On le voit en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, en France… Qui gouverne ? « La troïka »<em>, </em>Union européenne, Fond monétaire international et Banque centrale européenne, resserrant toujours davantage son emprise jusqu’à l’étranglement des peuples. Et l’on pérore sans fin sur les plateaux de télévisions, sur les ondes et dans les colonnes de la presse sur <em>« l’insupportable fardeau de la dette »</em>, <em>« la France en faillite »</em>, <em>« les nécessaires sacrifices »</em>, que <em>« nous ne pouvons pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens »</em> et que, d’ailleurs, <em>« les Français l’ont compris »</em>.</p>
<p>Inlassable propagande des conservateurs-libéraux ? Bien sûr, mais relayée par le silence complice des médias. Et c’est ainsi que s’imposent dans l’opinion les apparentes évidences biaisées qui prétendent l’austérité inéluctable, contre la justice et l’intelligence. Deux ans d’austérité en Grèce déjà, pour quel résultat ? Avec toujours la même justification simpliste et manipulatrice, résumée par la question posée par un journaliste d’<em>Europe 1 </em>à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle :<em>  »Mais comment des pays européens endettés peuvent-ils faire autrement pour réduire leurs déficits ? »</em></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xdkb7t" frameborder="0" width="484" height="364"></iframe><br />
<em></em></p>
<p>Un graphique pour illustrer le propos, qui montre l’hallucinante évolution de la courbe de la dette publique.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5860" title="Dette_evolution_avec_et_sans_interets" src="http://www.plumedepresse.net/wp-content/uploads/Dette_evolution_avec_et_sans_interets.jpg" alt="" width="501" height="323" /></p>
<p><em>« Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts »</em>, <a href="http://mai68.org/spip/spip.php?article1245">résume <em>Mai68.org</em></a>. Faisons la soustraction : sans les intérêts illégitimes encaissés par les financiers privés, la dette publique française se serait élevée, fin 2008, à 21,4 milliards d’euros – au lieu de 1327,1 milliards ! Un escroc peut-il rêver pareil butin ? Et personne  ne dénonce jamais ce scandale absolu ! A part Mélenchon et l’extrême droite – qui ne le fait que par opportunisme, étant entendu qu’elle a toujours été au service zélé du capitalisme libéral et ne remettra donc jamais en cause son empire… Mais les éminents confrères ? Les Calvi, Barbier, Demorand, Joffrin, Apathie, <span style="text-decoration: line-through;">Pujadas</span>  ou qui savons-nous encore ? Ceci ressemble bien à une omerta. Et à une honteuse trahison de leur mission d’informer.</p>
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		<title>L’ère autoritaire</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 04:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dazibaoueb</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Auteur : Jean Luc Mélenchon - Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/11/04/lere-a&#8230; On le savait illégitime et inefficace. Le G20 réuni à Cannes a aujourd&#8217;hui également prouvé qu&#8217;il était capable du plus grand cynisme. Les chefs d&#8217;Etats du G20 ont renoué avec leurs promesses de pacotille. Depuis deux ans, le G20 promet de réguler les paradis fiscaux. Depuis deux ans, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/l%e2%80%99ere-autoritaire/86181/canne" rel="attachment wp-att-86182"><img class="alignnone size-medium wp-image-86182" title="Canne" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/11/Canne-510x258.jpg" alt="" width="510" height="258" /></a></div>
<div>Auteur : <strong><a title="Voir les articles de cet auteur" href="http://www.dazibaoueb.com/auteur.php?auteur=Jean%20Luc%20M%C3%A9lenchon">Jean Luc Mélenchon</a></strong> - Source : <a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/11/04/lere-autoritaire/" target="_blank"><strong>http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/11/04/lere-a&#8230;</strong></a></div>
<p>On le savait illégitime et inefficace. Le G20 réuni à Cannes a aujourd&#8217;hui également prouvé qu&#8217;il était capable du plus grand cynisme.</p>
<p>Les chefs d&#8217;Etats du G20 ont renoué avec leurs promesses de pacotille. Depuis deux ans, le G20 promet de réguler les paradis fiscaux. Depuis deux ans, rien n&#8217;a changé. Ces nouvelles promesses n&#8217;y changeront rien non plus.</p>
<p>Pire, au lieu de lutter contre la crise, le G20 l&#8217;aggrave. Il confie aux responsables de la crise, le soin de la régler.</p>
<p>Le FMI a fait la démonstration de l&#8217;absurdité de sa politique en Grèce. Pourtant, le G20 veut encore augmenter ses moyens. Il augmente en fait son pouvoir de nuisance et confirme son rôle de gardien du dogme libéral. C&#8217;est désormais l&#8217;Italie qui verra sa souveraineté limitée.</p>
<p>Et alors que la finance est à l&#8217;origine de la crise, le G20 continue son entreprise de blanchiment des spéculateurs et des banquiers voyous. Il a ainsi décidé de nommer à la tête du Conseil de Stabilité Financière, un ancien de la banque Goldman Sachs et un ancien responsable de hedge fund.</p>
<p>Autant confier la lutte contre la drogue à Pablo Escobar.</p>
<p>En Grèce, un nouveau protectorat est commencé. Quelle histoire ! La Grèce d’abord a préfiguré le sort de tous ceux qui se feraient prendre hors des clous du système du Traité de Lisbonne. A présent elle est le premier état de l’Union qui se voit refuser son auto-détermination démocratique. J’avais parlé d’un coup d’Etat des financiers, en reprenant le vocabulaire des indignés de Madrid. Le rôle ubuesque des agences de notation comme agent d’exécution des diktats du système a été ensuite dix fois étalé au grand jour. Mais le rouleau compresseur a poursuivi sa route. La pente autoritaire en Europe est prise et déjà profondément enkystée. Le vocabulaire des commentateurs le montre assez. Papandréou est « invité à s’expliquer », Berlusconi est « convoqué » et ainsi de suite. Le président français joue le rôle de l’enthousiaste de service, passeur du plat allemand. Il a pourtant été sévèrement renvoyé dans ses cordes par les conclusions du précédent sommet européen totalement dominé par les pires conservateurs allemands entrés en campagne électorale. Jeudi, entre deux séances du G20 ce fut l’apothéose des brutalités. Ou bien Papandréou cédait ou bien il n’aurait pas d’argent. Il céda. En échange d’un blanc-seing de la droite de son pays. Deux mauvais coups en un de la part de ce néant ambulant du socialisme mondial. Le premier pour avoir avalisé la méthode des brutalités, le second pour avoir donné comme solution à la crise la coalition avec la droite.</p>
<p>Le référendum était sans doute une grande arnaque. Déjà les bons conseils n’avaient pas manqué pour la rédaction de la question. Les dirigeants socialistes français ne furent pas les derniers à proposer l’habituel dilemme qui tue. La question aurait été : « voulez-vous oui ou non l’Euro ». Avec l’alternative qui se déduit automatiquement : si vous voulez l’Euro, c’est l’austérité et le pillage du pays, si vous n’en voulez pas, c’est la catastrophe. Un vrai « débat » comme les aiment les increvables oui-ouistes, surtout en France.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de prendre la mesure du zèle qui s’est manifesté de la part de certains éditorialistes. Aussitôt a recommencé la musique sur le thème « qui n’aime pas l’austérité n’aime pas l’Europe », « est un nationaliste » et que sais-je encore, déballé à toute vitesse des cartons d’archives de 2005. Evidemment, tout en subtilité, l’injure a connu ses surenchère habituelles.</p>
<p>Dont le paroxysme est l’inépuisable amalgame de fin de banquet au « Nouvel Observateur » : la mise dans le même sac de Marine Le Pen et du Front de Gauche. Comme pas une personne n’y croit ni ne peut le croire, on comprend que le but est autre. Il s’agit une fois de plus de délimiter un « cercle des raisonnables » partisan de « la seule politique possible » en promettant à tous ceux qui en sortiraient le pire de ce que craignent Marie Chantal et Jean Patou : l’opprobre et la stigmatisation de la bonne société, celle qui tient les postes et les honneurs à distribuer.</p>
<p>Le plus caricatural en la matière est le sieur Reynié directeur de la fondation de l’UMP, repeint en « politologue spécialiste des populismes » lorsqu’il intervient dans les médias. Celui-là n’est pas arrêté par les mots. Il n’hésite donc pas à dire qu’on trouve « dans le même sac », littéralement, Mélenchon et Marine Le Pen. Cet amalgame nous indigne. Il faut y répondre chaque fois qu’on le peut. Expliquer sans relâche est notre méthode en toutes circonstances. Sans illusion : le mal sera fait de toute façon. Ayons cependant à l’œil que l’effet inverse fonctionne en notre faveur. Chaque heure de calomnie enfonce l’image qui montre tous ces gens d’accord entre eux, coalisés dans l’injure, de l’UMP aux cercles de la bien-pensance socialiste. Ils se seront eux-même attachés ensemble. Le moment venu ils couleront ensemble.</p>
<p>Mais l’événement c’est le retrait du référendum davantage que la proposition de Papandréou de le faire ou même la question piégée qu’il s’apprêtait à poser. Car c’est dorénavant un symbole immense qui tombe. Dans l’Union Européenne, la démocratie est un problème, pas une solution. Le peuple lui-même est un problème. Par conséquent, un peu plus tôt un peu plus tard, la suite est écrite dans la certitude. Une politique sans alternative, et, qui plus est, imposée de force fait nécessairement éclater le système qui la contient. Si rien ne bouge, cela est aussi certain que le défaut à venir de la Grèce. La seule inconnue est : où et quand le détonateur fonctionnera-t-il ?</p>
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		<title>Mouvement des indignés : vers un nouvel âge de la démocratie ?</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Nov 2011 04:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bastamag</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/mouvement-des-indignes-vers-un-nouvel-age-de-la-democratie/86090/indignes-2" rel="attachment wp-att-86091"><img class="alignnone size-full wp-image-86091" title="Indignés" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/11/Indign%C3%A9s.jpg" alt="" width="491" height="273" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par <a href="http://www.bastamag.net/auteur232.html">Thomas Coutrot</a> (3 novembre 2011)</p>
<div>
<p>La révolte des Indignés ne faiblit pas. Pour Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac, ce mouvement est appelé à durer, car il <em>« touche des ressorts profonds dans la conscience des citoyens du monde entier »</em>. Ce n’est pas un simple mouvement social. Il exprime l’aspiration à une démocratie réelle, c’est-à-dire le pouvoir du peuple et pas des oligarchies, la lutte contre la privatisation de l’État par la finance mais aussi par la classe politique. Sur nos places publiques s’inventent aujourd’hui de nouvelles pratiques et un nouvel âge de la démocratie.</p>
</div>
<div>
<p>Le mouvement des Indignés n’est pas un feu de paille. Son extension rapide dans le monde – entre la révolution tunisienne de décembre/janvier et l’occupation de Wall Street, il se passe moins d’un an – atteste qu’il touche des ressorts profonds dans la conscience des citoyens du monde entier. Les pouvoirs iranien ou chinois craignent eux aussi comme la peste une « révolution Twitter ».</p>
<p>Ce mouvement passera par des hauts et des bas. Il connaîtra des tentatives de récupération : M. Trichet qui <em>« interprète le message »</em> des Indignés et Mme Merkel qui les <em>« comprend »</em>&#8230; Il aura des points forts et des points faibles (comme la France en ce moment). Mais il est appelé à durer et à marquer profondément le climat politique mondial des années à venir.</p>
<p>La raison en est simple : la crise actuelle met à nu les mécanismes de confiscation du pouvoir et des richesses construits depuis trente ans par le néolibéralisme sous couvert de formes politiques démocratiques. La fusion des élites financières et étatiques – nulle part aussi institutionnalisée qu’aux États-Unis avec l’achat en toute transparence des hommes politiques par les lobbyistes des multinationales – éclate au grand jour avec les plans faramineux de sauvetage de la finance et leurs corollaires, les plans d’hyper-austérité imposés aux peuples.</p>
<p><strong>Le compromis entre capitalisme et démocratie est aujourd’hui épuisé</strong></p>
<p>Ces plans suscitent bien sûr des résistances sociales. Grèves, émeutes, manifestations syndicales se succèdent dans les pays les plus touchés. Mais le mouvement des Indignés n’est pas un simple mouvement social. Il n’exprime pas seulement le point de vue de catégories spécifiques de la population – jeunes, retraités, salariés, femmes… – touchées par des politiques régressives. Il n’agrège pas des individus appartenant à des groupes sociaux aux intérêts communs et qui chercheraient à faire pression sur les décideurs politiques pour infléchir leurs décisions en leur faveur. C’est avant tout un mouvement citoyen radicalement démocratique, dont le sens profond est clair : le compromis entre capitalisme et démocratie permis depuis deux siècles par le système représentatif est aujourd’hui épuisé.</p>
<p>Reprenons les trois principales critiques adressées au mouvement, pour montrer les incompréhensions qu’il suscite et, en creux, son caractère radicalement novateur.</p>
<p><em>« Ils n’ont pas de revendications ! »</em> Même si des assemblées populaires ont pu élaborer des listes de revendications très variées, le mouvement en lui-même ne porte aucune exigence positive fédératrice. Sa critique de la domination des banques et des politiciens ne s’accompagne pas de mots d’ordre simples qui définiraient des buts à atteindre. L’important n’est pas là : il est dans le refus par les simples citoyens que des représentants élus prennent des décisions contraires à la volonté populaire. Il est dans l’exigence que chacun-e puisse peser, contrôler, participer aux décisions. Il est dans l’exigence de la démocratie réelle.</p>
<p><em>« Ils n’ont pas de porte-parole ! »</em> Justement… Les Indignés expriment une critique radicale de la confiscation « démocratique » du pouvoir par des élites autoproclamées et (en général) confirmées par le vote. Ils ont compris le caractère antidémocratique de toute représentation, où les représentants, aristocratie légitimée par l’élection, s’érigent en pouvoir sur le peuple (ou, dans les syndicats ou associations, sur les adhérents…). Le refus de tout porte-parole permanent, le souci obsessionnel d’éviter qu’un ou plusieurs individus s’élèvent au-dessus du mouvement en prétendant – avec malheureusement son assentiment – le représenter reflètent une compréhension très profonde des mécanismes de la domination politique dans tout système représentatif.</p>
<p><em>« Ils rejettent la politique. »</em> Aberration suprême que cette accusation, qui revient souvent chez des militants d’extrême gauche déçus de voir qu’ils sont l’objet de la même méfiance que les politiciens sociaux-démocrates ou de droite. Ces militants sont indignés… que leurs tentatives de faire prévaloir la juste ligne dans les assemblées populaires se heurtent à la volonté farouche des citoyens de ne pas abdiquer leur libre-arbitre, au bénéfice d’un groupe politique constitué qui les instrumentaliserait dans sa conquête de places ou dans la compétition politique institutionnelle. Comme si le fait que des citoyens s’emparent des places publiques et y mettent en débat les affaires communes n’était pas une manifestation éclatante de leur passion de la politique au sens noble du terme !</p>
<p><strong>Le capitalisme parlementaire a dépouillé la démocratie de son contenu subversif</strong></p>
<p>C’est ainsi du moins que les Anciens voyaient la démocratie, et ce jusqu’aux révolutions bourgeoises du XVIIIe siècle. Les historiens de la démocratie (Pierre Manent, Yves Sintomer, et même Pierre Rosanvallon) ont montré comment les révolutionnaires avaient pour la plupart une peur bleue de la démocratie. Celle-ci signifiait pour eux pouvoir de la populace, rejet des hiérarchies sociales, fussent-elles basées sur la propriété ou le talent, exigence de participation directe de chacun aux affaires de tous. Ils ont montré le lent processus par lequel la bourgeoisie a fini par accepter le suffrage universel, après l’avoir dépouillé de presque tout caractère subversif. La participation directe des citoyens, le tirage au sort des titulaires de charges politiques pour éviter la confiscation du pouvoir par sa professionnalisation, qui étaient jusqu’en 1789 unanimement associés à l’idée originelle de démocratie [<a id="nh1" title="Montesquieu écrivait « le suffrage par le sort est de la nature de la (...)" href="http://www.bastamag.net/article1871.html#nb1" rel="footnote">1</a>], sont devenus des aberrations incompréhensibles pour des « Modernes » tout occupés à accumuler le capital et les jouissances matérielles. Le capitalisme parlementaire, ce deuxième âge de la démocratie, a largement dépouillé celle-ci de son contenu égalitaire et subversif.</p>
<p>Mais les Indignés rejettent les ersatz de démocratie. La crise sociale, la crise écologique, l’affaissement des imaginaires consumériste et productiviste intimement liés au capitalisme ne permettent plus la légitimation des notables, possédants ou experts, fussent-ils choisis par des électeurs formatés par des systèmes éducatif, productif et médiatique générateurs de résignation et de passivité sociales. Face à l’effondrement de ce monde confisqué par des élites qui montrent chaque jour davantage leur irresponsabilité, l’exigence qui monte chez les citoyens est celle d’imposer une démocratie réelle, c’est-à-dire le pouvoir du peuple et pas des oligarchies.</p>
<p><strong>L’invention d’un troisième âge de la démocratie</strong></p>
<p>Ce cadre d’interprétation définit alors des tâches assez précises pour les amis de l’émancipation. Les aspirations des Indignés ne peuvent se concrétiser que par l’introduction de réformes politiques fondamentales, qui abolissent la privatisation de l’État non seulement par la finance mais par la classe politique elle-même. L’impulsion pour imposer ces réformes ne peut naître que de la rue, mais leur concrétisation suppose une révolution institutionnelle. Les places publiques sont aujourd’hui les laboratoires où les citoyens-chercheurs construisent des pratiques radicalement démocratiques pour éviter la confiscation représentative : tirage au sort des animateurs d’AG ou des orateurs parmi des volontaires, rotation systématique des charges fonctionnelles, construction d’une pensée collective par l’écoute active et le refus de la dictature de l’urgence, préservation d’une structure horizontale d’organisation…</p>
<p>Ces pratiques s’ancrent dans des expériences historiques nombreuses, quoique souvent refoulées, en particulier dans la tradition libertaire et autogestionnaire du socialisme. Elles prolongent bien des innovations portées par le mouvement altermondialiste depuis dix ans. Elles ne visent pas la tâche, impossible dans des sociétés vastes et complexes comme les nôtres, d’éliminer toute représentation, de généraliser la démocratie directe pour toutes les décisions. Ces innovations doivent et peuvent déboucher, dans les années qui viennent, sur des innovations institutionnelles radicales qui arracheront l’État des mains des oligarchies. Sur l’invention d’un troisième âge de la démocratie, où la représentation serait enserrée dans l’étau du contrôle populaire.</p>
<p>Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac</p>
<p>Ce texte est également publié par <a href="http://www.mouvements.info/" rel="external" target="_blank">Mouvements.info</a></p>
</div>
<div>
<h4>Notes</h4>
<p>[<a id="nb1" title="Notes 1" href="http://www.bastamag.net/article1871.html#nh1" rev="footnote">1</a>] Montesquieu écrivait <em>« le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie »</em>.</p>
</div>
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