<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>CentPapiers &#187; Fin des journaux</title>
	<atom:link href="http://www.centpapiers.com/mot-cle/fin-des-journaux/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.centpapiers.com</link>
	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
	<lastBuildDate>Wed, 30 May 2012 15:50:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>«Fin des journaux, fin des nations?» NON!</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/%c2%abfin-des-journaux-fin-des-nations%c2%bb-non/8627</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/%c2%abfin-des-journaux-fin-des-nations%c2%bb-non/8627#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 14:43:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>-</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[PRESSE & INFORMATION]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Robitaille]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Jacques]]></category>
		<category><![CDATA[esprit national]]></category>
		<category><![CDATA[Fin des journaux]]></category>
		<category><![CDATA[fin des nations?]]></category>
		<category><![CDATA[fondation littéraire Fleur de Lys]]></category>
		<category><![CDATA[La Fatigue politique du Québec français]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=8627</guid>
		<description><![CDATA[La Fondation littéraire Fleur de Lys ne croit pas Internet responsable du déclin de l&#8217;idée de nation, contrairement aux déclarations des spécialistes interviewés par le journaliste Antoine Robitaille du quotidien montréalais LE DEVOIR dans le cadre de son dossier « Fin des journaux, fin des nations? » publié dans l&#8217;édition des 27 et 28 juin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-size: x-small;"></p>
<div id="attachment_8654" class="wp-caption alignnone" style="width: 385px"><img class="size-full wp-image-8654" title="398255973_94d637d2c448" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/06/398255973_94d637d2c448.jpg" alt="Photo : Flickr {eclaire}" width="375" height="500" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr {eclaire}</p></div>
<p>La Fondation  										littéraire Fleur de Lys ne croit pas  										Internet responsable du déclin de l&#8217;idée  										de nation, contrairement aux  										déclarations des spécialistes  										interviewés par le journaliste Antoine  										Robitaille du quotidien montréalais LE  										DEVOIR dans le cadre de son dossier «  										Fin des journaux, fin des nations? »  										publié dans l&#8217;édition des 27 et 28 juin  										2009. </span></strong></p>
<p><strong><span style="font-size: x-small;">Prière de lire le dossier sur le site quotidien LE DEVOIR  	avant de prendre connaissance de ce commentaire : «<a href="http://www.ledevoir.com/2009/06/27/256893.html" target="_blank">Fin  	des journaux, fin des nations?</a>»</span></strong></p>
<p>Est-ce que le déclin des journaux papier au profit  							d&#8217;internet, de la multiplication des chaînes de  							télévision spécialisée,&#8230;, bref l&#8217;éclatement des  							auditoires et de l&#8217;espace public, entraînera un  							déclin des nations? Pour répondre à cette question,  							il faut évidemment reconnaître que les journaux ont  							grandement contribué à l&#8217;émergence de la nation, de  							l&#8217;identité nationale au sein de la population. On  							parle ici des journaux comme d&#8217;un « espace public »  							rassembleur et identitaire. C&#8217;est vrai, ou plutôt,  							c&#8217;était vrai.</p>
<p>Depuis la fin des années 80, les journaux se sont  							éloignés de la nation, du peuple lui-même. Parties  							prenantes de la nation québécoise, les journaux ont  							progressivement perdu contact avec l&#8217;esprit national  							et, par conséquent, leur « espace public » a été  							déserté.</p>
<p>Il faut distinguer « la nation » de « l&#8217;esprit  							national ». Au Québec, le peuple ne s&#8217;identifie pas  							à la nation elle-même, mais d&#8217;abord et avant tout à  							« l&#8217;esprit » qui propulse la nation, qui la met en  							mouvement au quotidien. Il faut lire les journaux de  							la fin des années 50 jusqu&#8217;à la fin des années 80  							pour comprendre avec quelle facilité le peuple  							québécois se retrouvait au jour le jour dans  							l&#8217;espace public fourni par les journaux. Pendant  							cette période, les journaux étaient complices de  							l&#8217;esprit national, ils évoluaient avec le peuple,  							plus encore, ils faisaient eux-mêmes partie du  							peuple. Le meilleur exemple de cette complicité  							s&#8217;illustre dans l&#8217;accès des simples citoyens aux  							journaux. Il suffisait d&#8217;un article dans un journal  							pour lancer un projet, leur espace public étant très  							achalandé. Or, cet article était facile à obtenir,  							tant pour le simple citoyen que le politicien. Les  							journaux faisaient partie du lancement et du succès  							des projets de tout un chacun. Bref, les journaux se  							permettaient alors de donner une chance égale à  							chacun. Il y a avait donc de l&#8217;espoir dans l&#8217;air et  							il en résultait une unité nationale en perpétuel  							mouvement. Les lecteurs et les acteurs  							s&#8217;identifiaient l&#8217;un à l&#8217;autre dans un esprit  							national fortement soutenu par les journaux.</p>
<p>Puis, au début des années 90, on observe un  							changement de cap drastique au sein des journaux, un  							changement qui agira comme une douche d&#8217;eau froide  							sur l&#8217;esprit national. Soudainement, le simple  							citoyen ne profite plus d&#8217;un accès facile aux  							journaux pour lancer son projet. Les journaux  							deviennent élitistes et corporatistes. Le « Québec  							Inc. » est en place. La nation n&#8217;ayant pas d&#8217;autre  							espace public à fréquenter, elle se sentira peu à  							peu prisonnière des journaux. Ces derniers se posent  							désormais en chien de garde de ce qui a été bâti,  							des acquis, et ils s&#8217;élèvent au-dessus de la nation.  							L&#8217;espace public des journaux agresse de plus en plus  							l&#8217;esprit national qui a fait jusque-là le succès de  							la modernisation du Québec. On sent qu&#8217;on ne passera  							pas le flambeau comme par le passé. L&#8217;esprit  							national n&#8217;est plus une affaire collective. Des  							préjugés s&#8217;installent. Désormais, on surveille les  							journaux. On parle de développement du sens critique  							de la population face aux médias.</p>
<p>L&#8217;esprit national n&#8217;en peut plus de se contenir  							devant ce barrage du cours de la pensée par les  							journaux. On stagne. On se décourage. On se  							désintéresse. On ne vote plus. Puis arrive  							l&#8217;Internet domestique, une véritable planche de  							salut pour l&#8217;esprit national, un nouveau canal  							d&#8217;irrigation en contournement du barrage. On  							délaisse les journaux. Voilà ce qui se passe.  							L&#8217;internet n&#8217;y est pour rien dans le déclin des  							journaux. Seuls les journaux sont responsables de  							leur déclin. C&#8217;est le prix à payer quand on prend  							l&#8217;ascenseur pour le dernier étage, coupant ainsi ses  							racines avec sa base, ses lecteurs. Je ne sais pas  							par quel truchement du coeur et de l&#8217;esprit les  							journaux ont pensé que la nation les suivrait au  							sommet de la pyramide. Aujourd&#8217;hui, il faudrait  							empiler des milliers de journaux pour s&#8217;élever au  							niveau ne serait-ce que d&#8217;un simple journaliste.  							Même les ministres ont de la difficulté à attirer  							les journaux à leurs conférences de presse.</p>
<p>Le journaliste du quotidien LE DEVOIR rapporte en  							ces mots les propos de Daniel Jacques, philosophe,  							auteur de l&#8217;essai <span style="text-decoration: underline;">La Fatigue politique du Québec  							français</span> (Boréal, 2008) : « Le premier média de  							masse, le journal, fait-il remarquer spontanément,  							“est le lieu dans lequel on sort de sa bulle et on a  							accès à un monde commun”. Ces nouvelles toujours  							organisées en fonction d&#8217;un intérêt national  							tranchent avec Internet, univers global où c&#8217;est  							“chacun dans sa niche”; laquelle niche est le plus  							souvent transnationale. “On n&#8217;a pas besoin de  							fréquenter beaucoup l&#8217;univers d&#8217;Internet pour  							prendre conscience qu&#8217;il est complètement fragmenté.  							Il ne donne aucun sens d&#8217;unité”, note Daniel  							Jacques. »</p>
<p>Reprenons chacune des affirmations à commencer par :  							« Le premier média de masse, le journal est le lieu  							dans lequel on sort de sa bulle et on a accès à un  							monde commun ». Il n&#8217;était pas question de gens  							enfermés dans leurs bulles avant les années 90 au  							Québec. Chacun était parti prenant de la nation,  							même ceux qu&#8217;on appelle les « exclus » aujourd&#8217;hui.  							En fait, il n&#8217;y avait qu&#8217;une seule bulle pour tous  							les Québécois. Quand les journaux ont changé de cap  							au cours des années 90 en devenant élitistes et  							corporatistes, nous nous sommes soudainement  							retrouvés « seul dans la foule » sur les pavées de  							l&#8217;espace public des journaux.</p>
<p>Puis vient cette seconde affirmation : « Ces  							nouvelles toujours organisées en fonction d&#8217;un  							intérêt national tranchent avec Internet, univers  							global où c&#8217;est “chacun dans sa niche”; laquelle  							niche est le plus souvent transnationale. » S&#8217;il fut  							un temps où les nouvelles étaient organisées en  							fonction d&#8217;un intérêt national, ce n&#8217;est plus le cas  							depuis plusieurs années. Les nouvelles des journaux  							suivent davantage les intérêts des corporations,  							comme si on percevait ces dernières comme seules  							protectrices de la nation québécoise ou, pis encore,  							comme si la nation était elle-même devenue une  							corporation aux yeux des journaux.</p>
<p>En 2003, il était dans l&#8217;intérêt national de doter  							le Québec d&#8217;une première maison d&#8217;édition en ligne  							sur Internet avec un service d&#8217;impression à la  							demande, mais rares sont les journaux qui ont  							participé aux efforts de la Fondation littéraire  							Fleur de Lys. En 1982, il était aussi dans l&#8217;intérêt  							national de doter le Québec d&#8217;un premier organisme  							d&#8217;éducation aux médias et nombreux furent les  							journaux qui ont participé aux efforts du Club  							d&#8217;initiation aux médias. Il y a un peu plus de 20  							ans entre les deux projets et le seul constat  							possible est le désintéressement des journaux face à  							la nation.</p>
<p>Revenons maintenant sur ces mots : « (&#8230;) Internet,  							univers global où c&#8217;est “chacun dans sa niche”;  							laquelle niche est le plus souvent transnationale. »  							C&#8217;est vrai, l&#8217;Internet n&#8217;a pas de frontière.  							Heureusement, car si le premier éditeur libraire  							québécois en ligne sur Internet a pu naître, c&#8217;est  							grâce à la participation des Français, à défaut  							d&#8217;avoir eu le support des journaux d&#8217;ici pour  							informer les auteurs québécois du projet.  							Curieusement, si de nombreux auteurs français se  							sont joint à la Fondation littéraire Fleur de Lys au  							cours de ses premières années, c&#8217;est parce que les  							journaux français les avaient informés par de  							nombreux articles au sujet de l&#8217;édition en ligne et  							de l&#8217;impression à la demande. En rejoignant les  							rangs d&#8217;un cyberéditeur québécois, ils ne venaient  							pas occuper une niche « transnationale ». Ils  							s&#8217;associaient à la nation québécoise. La niche de la  							fondation a toujours été québécoise, ici et à  							l&#8217;étranger.</p>
<p>L&#8217;idée de « niche » est issue du vocabulaire du  							marketing. Elle est apparue à la fin des années 80  							pour connaître son heure de gloire dans les années  							90. À l&#8217;époque, on disait à nos clients que leur  							produit devait occuper une niche bien à lui pour  							survivre dans le marché. Et heureux était celui qui  							découvrait une nouvelle niche afin d&#8217;être le premier  							à l&#8217;occuper. Les journaux furent parmi les premiers  							à épouser le marketing de niches. Les chroniques se  							sont multipliées comme jamais auparavant, soi-disant  							pour rejoindre le plus grand nombre de niches. Les  							nouvelles d&#8217;intérêt national sont elles-mêmes  							devenues une niche, une niche comme les autres.  							Bref, les journaux ont eux-mêmes brisé l&#8217;unité et  							ainsi fragmenté leur lectorat respectif.</p>
<p>Il y a aussi cette affirmation à réviser : « On n&#8217;a  							pas besoin de fréquenter beaucoup l&#8217;univers  							d&#8217;Internet pour prendre conscience qu&#8217;il est  							complètement fragmenté. Il ne donne aucun sens  							d&#8217;unité », note Daniel Jacques. » Nous venons de  							voir que l&#8217;univers des journaux était fragmenté bien  							avant que l&#8217;Internet entre dans nos maisons avec,  							pour conséquence première, une nation fragmentée.  							L&#8217;Internet n&#8217;est qu&#8217;un outil technologique. Les  							internautes ne pouvaient pas faire ce qu&#8217;ils  							n&#8217;étaient pas. Il est donc tout à fait normal de les  							voir se regrouper sur le web suivant leurs intérêts.  							Mais attention, il est faux de prétendre que  							l&#8217;Internet ne donne aucun sens d&#8217;unité. Il suffit  							d&#8217;attaquer un internaute pour que l&#8217;ensemble de la  							communauté se mobilise, comme ce fut le cas avec la  							Fondation littéraire Fleur Lys lors de l&#8217;attaque de  							Manuscrit.com en France. La poursuite annoncée est  							tombée au fond du lac comme une roche grâce à la  							mobilisation spontanée des internautes québécois (<a href="http://manuscritdepot.com/nous/revue-presse-09.htm">Lire  							l&#8217;article de Bruno Guglielminetti à ce sujet</a>).</p>
<p>Au Québec, le sens d&#8217;unité donné par l&#8217;Internet est  							particulier. Il est né en grande partie du  							traitement négatif du web par les journaux. Après  							avoir hurlé aux lecteurs d&#8217;investir à plein régime  							dans les nouvelles technologies à la fin des années  							90, les journaux se sont mordu les lèvres lors de  							l&#8217;éclatement de la bulle boursière en 2000, à  							commencer par la dégringolade de Nortel. Les  							journaux ont alors confondu le contenant avec le  							contenu et condamné les deux à la fois. Aujourd&#8217;hui,  							le pire d&#8217;Internet occupe facilement l&#8217;espace public  							médiatique traditionnel. Or, la nation branchée  							s&#8217;est sentie abandonnée, voire trahie par les  							journaux papier. Internet est devenu non seulement  							un refuge national, mais aussi et surtout un nouvel  							espace public pour la nation québécoise.</p>
<p>Si les journaux avaient encouragé le développement  							d&#8217;un Internet national québécois, la nation leur  							serait reconnaissante aujourd&#8217;hui. Mais ce ne fut  							pas le cas. Il ne faut pas s&#8217;étonner que les  							journaux ne fassent plus partie des intérêts  							nationaux et que leur espace public se vide.</p>
<p>Enfin, quelle réponse donner à la question du  							journaliste Antoine Robitaille : « Bref : et si,  							dans les prochaines années, on avait de moins en  							moins le sentiment de former une nation parce que  							l&#8217;espace public ne cesse d&#8217;éclater, de se morceler?  							» Je ne crois pas que le sentiment de former une  							nation soit menacé par l&#8217;éclatement ou le  							morcellement de l&#8217;espace public. Ce n&#8217;est pas parce  							que les gens délaissent les journaux qu&#8217;ils  							éprouvent moins le sentiment de former une nation.  							En fait, c&#8217;est sûrement le contraire qui survient :  							les gens délaissent les journaux parce que ces  							derniers ne leur permettent plus d&#8217;éprouver le  							sentiment de former une nation, de s&#8217;identifier à la  							nation. La survie des journaux québécois passe avant  							tout par le retour à la base, et ce, avec toute  							l&#8217;humilité nécessaire pour se réinstaller au  							rez-de-chaussée et ainsi redevenir rassembleur et  							porteur de l&#8217;esprit national.</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify">Serge-André Guay, président éditeur</p>
<p style="margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt;" align="justify"><a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.279.htm" target="_blank">Fondation littéraire Fleur de Lys</a></p>
<p><strong><span style="font-size: x-small;"><br />
</span></strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/%c2%abfin-des-journaux-fin-des-nations%c2%bb-non/8627/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

