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Entreprises et religion – La croix et la bannière ?

Les revendications religieuses sont plus nombreuses dans les entreprises en 2014 qu’en 2013. Les attentats de janvier 2015 ne feraient qu’amplifier les situations conflictuelles à caractère religieux et les managers se disent deux fois plus confrontés qu’avant à des problèmes liés à la pratique religieuse. Concilier impératifs professionnelles et libertés religieuses ...

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Coca-Cola se sucre avec beaucoup d’eau et bientôt du lait

Lorsque les indiens du Chiaps au Mexique n’ont plus d’eau pour se désaltérer, les autochtones descendant des Mayas boivent de l’eau de pluie ou… du Coca-Cola. (Petite coupure publicitaire) Coca-Cola distribue par milliards de litres le délicieux soda sucré et pétillant aux Américains du nord. (Mais attention voici la facture) Le prix à payer peut aller jusqu’à l’assèchement ...

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Comment Google est devenu un empire – Première partie

Au milieu des années 90, internet est une vaste jungle, et la recherche d’informations une entreprise fastidieuse dont les résultats n’ont souvent aucun sens. À cette époque, Larry Page, étudiant à Stanford et futur co-fondateur de Google, utilise le moteur de recherche de référence AltaVista. En l’utilisant, il se rend ...

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Combien rapporte un salarié à son employeur ?

Dans aucune étude on ne trouve le coût du capital sur un produit fini. J’ai tapé sur Google : « combien rapporte un salarié à son employeur« , et je n’ai eu que des propositions sur le coût du travail ! Car en effet, il y a des milliers d’études, des centaines de rapports ...

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La crise économique systémique expliquée

Après lecture de ce texte, vous connaîtrez les causes de la crise économique systémique du capitalisme et les raisons pour lesquelles cette crise ne peut être résorbée, ni le capitalisme réformé. Vous saurez pourquoi il n’y a que deux choix, soit la crise, la guerre et la barbarie, face à une ...

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Les entreprises ne créent pas l’emploi

ROBERT GIL : La seule chose qu’on n’a pas essayée, c’est de faire confiance aux entreprises. » Ah ! la riche idée : faire confiance aux « entreprises »… Faire confiance au preneur d’otages en se jetant dans ses bras, persuadé sans doute que l’amour appelle invinciblement l’amour — et ...

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Le monde du travail est-il soluble dans la gauchitude?

Peut-on être dans la communication et de gauche?

Toro LocoC'est la question que m'a posée un de mes lecteurs par mail.
Il attend toujours la réponse.

Je ne compte plus le nombre considérable de fois où j'ai dû justifier de la neutralité politique de mon travail. D'expliquer que dans mon boulot, je fais la part des choses et ceci, cela. Que oui, il est possible de travailler avec moi dans la sérénité, que non, je ne me rends pas au boulot chaque matin avec un couteau entre les dents.

Sauf que cette fois-ci, j'ai décidé de ne pas me retrouver immédiatement sur la défensive, mais plutôt de prendre le temps de réfléchir tranquillement à la question. Longuement. Très longuement. À cette question et à ce qu'elle signifie. Au fait que je l'ai toujours trouvée tellement normale et évidente comme question que je ne me suis même jamais étonnée de la régularité avec laquelle elle m'est infligée. Au fait même que je la considère comme inéluctable, et qu'il m'arrive tout aussi régulièrement de m'interroger sur ma légitimité politique —et non pas professionnelle— à m'engager dans tel ou tel projet avec tels ou tels partenaire, client ou collaborateur.

Prenons le problème sous un autre angle. C'est toujours une bonne idée de que changer de point de vue sur une question. D'inverser les perspectives. De plonger dans la dystopie concrète.
Imaginons donc que je sois de droite.
Là, comme ça.
Froidement.

C'est tout de même une chose suffisamment commune, d'être de droite dans ce pays, pour qu'on se tape plus souvent un gouvernement de ce bord que de l'autre. On ne va même pas discuter de ce que signifie réellement, aujourd'hui, être de droite. Mis à part quelques mal câblés du ciboulot, je pense qu'il y a une belle unanimité à me qualifier spontanément de femme de gauche.

Donc, inversons la proposition.

Mon lecteur m'aurait-il posé la même question si j'étais identifiée de manière aussi évidente et récurrente comme personnalité intrinsèquement de droite ? La question n'est alors pas de se demander si la communication est une activité de droite, mais plutôt, est-ce que les gens de droite ont à rendre des comptes sur leur activité professionnelle ?
Ou, encore plus simplement, est-ce que les gens de droite se posent des questions quant à leur compatibilité professionnelle ?

Ce qui reviendrait à dire qu'être de gauche implique une éthique, une déontologie de chaque instant, un engagement, non seulement politique, mais aussi dans chaque acte de notre vie quotidienne, probablement jusqu'au fond des chiottes ou dans l'intimité feutrée de la chambre à coucher.

L'opinion politique est-elle une cosmologie ?

Dans l'absolu, oui, puisqu'il s'agit concrètement d'une vision du monde, d'un modèle de société. En réalité, non, puisque l'acte politique pour beaucoup de mes concitoyens, se limite à choisir de temps à autre entre la peste et le choléra, à glisser un nom dans l'urne et à râler quotidiennement devant son poste de télé, son journal, ses collègues, contre les impôts, la voirie, l'école, la Sécu, les fonctionnaires, les parasites, les rentiers, les vendus et les pourris tout en soulignant abondamment tous ces propos par de sempiternels :

Non, mais moi, je ne fais pas de politique. D'ailleurs ça ne m'intéresse pas.

Pourtant, plus un gars ne fait pas de politique et plus il a tendance à avoir un discours de droite. À croire qu'être de droite consiste essentiellement à ne pas se sentir concerné par la chose politique. Sauf que si c'était vraiment le cas, les gens de droite n'iraient pas jusqu'aux urnes et que nous passerions des temps forts intéressants à être exclusivement gouvernés par des gens vraiment intrinsèquement de gauche.
Ce qui n'est —vous en conviendrez aisément— absolument pas le cas.

À moins d'admettre que le simple acte de voter soit la quintessence de la démission démocratique, celui qui consiste à dire à la face du monde :

Vous m'avez déjà fait perdre assez de temps comme cela : maintenant gérez le merdier et ne venez surtout plus me casser les couilles avant la prochaine grande messe électorale, celle-là même qui me permet de jouer à la démocratie tout en n’en ayant absolument rien à secouer.

Ce qui nous éloigne terriblement de la question initiale qui est de savoir si je suis gaucho-compatible avec mon gagne-pain.

Ce que je trouve assez remarquable, en creusant quelque peu dans mes souvenirs professionnels, c'est que, oui, généralement, les gens de droite ont plutôt tendance à se trouver légitimes, quelle que soit leur fonction dans le système. Ils se trouvent d'autant plus légitimes qu'ils sont hauts dans la hiérarchie et dans la fourchette des salaires. En fait, l'aisance des gens de droite dans le monde professionnel contemporain aurait tendance à conforter l'idée que le système socioéconomique actuel leur convient parfaitement et qu'ils y sont comme des poissons dans l'eau.
Le gars de droite trouve ses convictions renforcées par ses réussites concomitantes matérielles et professionnelles quand le gauchiste éprouve toujours une certaine culpabilité à l'amélioration sensible de ses conditions de vie, un peu comme s'il lui avait fallu pactiser avec l'ennemi ou transiger avec ses convictions pour se couler dans un moule bien inconfortable pour ses idées.

Un peu comme si le système lui-même était profondément de droite.

Mais si nous transplantons le gars de droite dans un secteur socioéconomique profondément de gauche —des trucs improbables comme l'économie sociale et solidaire ou le milieu associatif— il est toujours étonnant de voir à quel point le gars de droite ne se pose jamais la question de sa légitimité professionnelle. Il arrive un peu comme un New-Yorkais de Manahattan tombant en panne au cœur des vertes collines bouseuses de Gascogne. Il observe ce qui est un évident décalage entre les pratiques concrètes de son nouveau milieu et les modèles implantés de longue date par la certitude de faire partie de ceux qui ont toujours raison. Et il arrive très rapidement à la conclusion que s'il y a bien dissonance entre lui et son boulot, cela vient forcément des autres. Et il met en œuvre ce qu'il appelle son esprit réformateur, son sens de la modernité et des réalités en bousillant absolument tout ce qui ne répond pas à des impératifs de rentabilité immédiate et de profitabilité maximum, à sa propre vision du monde du travail.

Autrement dit, le gars de droite n'est jamais dans une posture de remise en cause professionnelle, c'est le reste du monde qui doit s'adapter à sa cosmologie personnelle.
Et c'est probablement ce qui fait tout sa force, pendant les gauchistes continuent de s'autoflageller de n'être pas vraiment à la hauteur de leurs utopies.

Le gars de droite, c'est le Midas des temps modernes qui transforme en merde capitaliste absolument tout ce qu'il touche pendant que le gars de gauche se perd en circonvolutions métaphysiques ineptes, du genre :

Mais est-ce que je peux être dans la communication et de gauche ?

Un gars de droite dans une association à caractère social ou culturel ne va jamais se dire qu'il n'est pas du tout à sa place (ce qui est pourtant le cas). Non, il va juste peser de toute la force de sa conviction intime qu'il est le meilleur et qu'il a toujours raison pour faire d'une structure démocratique, fondée sur la coopération, l'échange et la solidarité, une bonne grosse machine de guerre économique, qui élimine les activités non rentables, compresse les couts (à commencer par les personnes) et augmente les profits en se focalisant sur les prestations à haute valeur ajoutée. Si, en plus, les politiques et gouvernants marchent dans la combine en étranglant financièrement tout ce qui est de l'ordre du non marchand, on voit alors avec quelle efficacité une pensée politique n'a absolument pas besoin de passer par le cirque médiatique et électoral pour s'imposer brutalement à tous.

Tout est politique, y compris et surtout, le champ professionnel!

Si l'on s'intéresse quelque peu au monde de la communication contemporaine, on y trouve effectivement une belle brochette d'affabulateurs dont le talent se résume souvent à prendre le reste du monde pour un ramassis de crétins auquel il convient de s'adresser en beuglant des insanités grotesques avec toute la puissance de conviction que seule la médiocrité d'esprit la plus profonde peut conférer aux fumistes flamboyants. La communication, coco, c'est l'univers de l'esbroufe, du clinquant, du mépris social et du mensonge institutionnalisé. C'est bien évidemment un repaire de tout ce qui pense à droite, vit à droite, respire à droite et n'a toujours pas compris la profonde différence entre l'information et la propagande.
À priori, c'est tout, sauf une profession compatible avec des idées de gauche.

Sauf que si on retourne la proposition, la communication, c'est avant tout ce que l'on en fait. On peut bien sûr laisser les coudées franches à toute cette mentalité réductrice et vaine que l'on combat chaque jour dans ses effets les plus pernicieux tout en se plaignant de perdre bataille sur bataille dans le domaine des représentations sociales que les médias aux ordres pondent chaque jour un peu plus dans la tête de nos concitoyens. En gros, on peut faire nos dégoutés, n'y toucher qu'avec des gants et une pince à linge plantée sur le nez, mais on peut aussi décider, à l'instar des petits Midas de l'entreprise, que la communication gagnerait beaucoup à évoluer vers une configuration déontologique plus conforme à notre confort intellectuel.

On peut juste estimer que communiquer, c'est rendre des informations visibles et intelligibles au plus grand nombre, c'est porter le message, l'amplifier, l'adapter sans jamais le faire mentir, sans jamais tenter de tromper le chaland, c'est participer à la petite musique des mots et à la symphonie des images, c'est créer du lien, bâtir des passerelles, construire des émulations, des coopérations là où il n'y avait que du vide, de l'incompréhension et des rodomontades.

Finalement chacun de nous porte la possibilité de ses choix, même les plus contraints, en ce qu'il peut toujours décider de tendre à vivre conformément à ce qu'il croit juste et nécessaire. Pourquoi seules les outres à vents réactionnaires et imbéciles pourraient-elles choisir de transformer le monde dans lequel elles évoluent ? Pourquoi devrait-on toujours jouer selon leurs règles, réécrites au fil de l'eau afin de toujours rester en leur faveur ? Pourquoi ne seraient-ce que leurs idées moisies qui ont le droit de citer dans cet implacable monde du travail qu'elles ont façonné à leur sinistre image étriquée du bulbe depuis tant d'années et avec le triste résultat que nous ne pouvons plus feindre d'ignorer ?

Nous avons depuis toujours la force du nombre avec nous. Il nous reste à remporter la bataille des convictions et la guerre des idées et cela commence ici et maintenant, au cœur même de la bête, dans chacune des activités dans lesquelles nous passons tant de notre temps de vie.

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40 citations pour pi?ger les p?dants

  On a tous ?t? confront?s, ici ou l?, et notamment dans notre vie professionnelle, ? des p?dants prompts ? mettre en avant leurs immenses connaissances. Impossible de les prendre en d?faut?: ils savent tout sur tout et rebondissent sur vos propos avec l?agilit? de bouquetins sur une paroi escarp?e. ...

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? l?heure o? les grands fauves vont boire

Conversation au coin du zinc un soir d’été ou comment prendre le pouls d’un monde à la con.

Pont levant Chaban-DelmasCela faisait un bail que je n’avais pas croisé Juju. Il faut dire que je ne fréquente pas tant que cela les abreuvoirs du bled, mais pendant que l’été resserre enfin son étreinte de feu sur la cambrousse, j’ai eu envie de me faire une petite mousse en terrasse.

— Comment va ?

— Pff, je viens de me faire lourder de mon taf !

— Arf, raconte, c’était quoi ?

Juju a toujours été comme ça, pas spécialement une grande gueule, mais quand même. Le genre de gars qui vit comme il en a envie et qui dit toujours strictement ce qu’il pense, même et surtout, si ça défrise les poils de cul de son interlocuteur. Il est parti, un moment, faire le tour d’Europe dans une camionnette de bric et de broc. Il voulait apprendre le métier, il l’a fait comme un compagnonnage, mais sans toutes les conneries qui vont avec et qui l’auraient fait chier : ni Dieu ni maitre. Un foutu anar libertaire, voilà ce qu’il est.

— Je suis sur le chantier de la médiathèque de l’autre bled.

— Ha bon, ils font une médiathèque ?

— Ouais, un gros caprice d’élu à 2 barres, le truc qui va servir à trois papys, qui va tomber en ruine dans 10 ans tellement que c’est mal branlé et qui va laisser une jolie petite dette à tous les habitants. Mais l’autre con aura son nom sur la plaque, et c’est tout ce qui compte, non ?

— Mais c’est bien, une médiathèque, non ?

— Oui, j’aime lire, j’ai rien contre, mais pour 10 fois moins cher, on pouvait faire un truc plus modeste, plus fonctionnel, plus en phase avec les besoins des gens et financer d’autres trucs qui sont toujours remis à plus tard et donc à jamais.

— Genre ?

— Tu savais que depuis La Libération, il n’y avait pratiquement pas une thune d’investie dans la réfection des écoles, que le lycée du bled, c’est un casernement nazi ?

— Non

— Ben voilà, on a les priorités qu’on peut, hein ! Des médiathèques vides, des fontaines pour faire joli... du pognon, y en a plein les caisses, plein. Pour les crèches, pour les vieux, pour les écoles, y a jamais de pognon. Mais pour la frime, t’inquiètes, il y en a des matelas comme ça... et je ne te raconte pas tout.
Là, les gars viennent sur le chantier tous les 36 du mois... je ne te parle même pas de la manière dont ils ont signé les plans, vite fait bien fait, juste pour boucler à temps pour chopper un financement européen... du coup, ils viennent et à chaque fois, on a le droit au caprice du jour : « on pourrait pas mettre plutôt ce revêtement par terre ou éclairer toutes les marches, une par une ? ». Le mec, il y connait rien, mais il a vu la même chose dans la mairie d’un copain, alors il veut pareil. « Ben non, ce n’est pas possible, parce que le carreleur a fini depuis un mois, que les peintres viennent de terminer et qu’il faudrait tout péter pour tirer du câble même pas prévu sur les plans. — Ce n’est pas grave, on peut payer des suppléments. — Ce chantier a déjà trois mois de retard, ce revêtement vieillit très mal et pour trois marches, je ne vois pas l’intérêt de tout refaire. » Alors, les gars, je les fais chier. Mais c’est mon boulot. Et ça m’énerve leurs caprices de gosses.

— C’est pour ça que tu t’es fait jeter ?

— Non, c’était pour le caprice de trop, mais c’est tout comme. L’autre jour, les revoilà, la brochette d’élus qui se pavanent, les conseillers de mes deux, tout l’aréopage. Déjà, la fois d’avant, ils m’avaient pété les couilles avec une idée de volets roulants électriques qu’ils ont sortis du nulle part.

— C’est pas grave.

— Toi, on voit que tu n’es pas du métier. Parce que tu vois, les volets roulants, c’est pas du wifi. Tu colles pas un bouton sur le mur et hop, tout descend par magie. Faut du câble, faut intégrer les caissons dans le bâti, bref, c’est typiquement le genre de truc auquel il faut penser bien avant la pose du placo, pas quand les peintres sont en train de bosser. Là aussi, faut tout péter et tout refaire, faut rallonger du pognon alors qu’il y en a déjà trop dans ce merdier et puis c’est n’importe quoi, fallait y penser au départ. Bref, le gus, il est frustré, il veut des volets, alors il appelle un type qui lui fait un système avec des clayettes en bois et tout. Je dis au mec : « on va juste en poser un pour voir ce que ça donne. » À la fin de la journée, c’était remballé, personne dans la boite ne comprenait comment ça marchait. Nous, on y arrivait, mais c’est parce qu’on s’était tapé les 6 pages du mode d’emploi.

— Ah ben cool, il ne restait plus qu’à facturer deux jours de formation volet au personnel !

— Oui, c’est vrai, après tout, ce n’est que le fric du contribuable. Je sais, c’est mon gagne-pain, je donne l’impression de cracher dans la soupe. Mais tu vois, j’oublie jamais que je suis aussi un citoyen et forcément, tout ce gaspillage, ça me fait chier. On pourrait tellement faire de choses plus utiles.

— Mais ce n’est pas l’affaire des volets qui a foutu la merde, c’est ça ?

— Non, pas plus que tout le reste. Moi, ça fait des mois que je me dis qu’on aurait pu vraiment faire un truc plus chouette que ce bâtiment de merde, en réhabilitant de l’existant qui tombe en ruine. Si tu voyais tout ce qui tombe en ruine dans le coin, au lieu de faire des trucs où tout le monde prend sa part et qui ne serviront presque pas. Tu vois, garder le fric pour les livres par exemple, rien que ça, plein de livres, du bon mobilier. J’ai travaillé sur un autre projet dans un autre département. Il y avait des super fauteuils design partout, c’était vraiment joli, de la lumière, des délires architecturaux et des poufs pour se vautrer dedans. Je me dis : « putain, je veux les mêmes », donc, je prends un livre et je me jette dedans, pour voir... putain, faut vraiment avoir l’envie de lire chevillée au corps pour tenir plus de 10 minutes sur ses merdes toutes dures. T’avais l’impression d’être sur une bosse en béton. Le mec qui a installé ça, je te le dis : il n’aime pas lire ! Bref, encore du fric foutu en l’air.

— Et ton histoire, alors ?

— Revoilà les gus pour le caprice du jour. On est là, on a presque fini, l’architecte se paluche sur son œuvre pendant que derrière nous, il y a la petite nana de la bibliothèque avec son charriot en train de bien consciencieusement remplir les rayonnages de bouquins. Ils sont là, très contents d’eux quand il y en a un qui sort comme ça : « Et si on faisait les montants de portes en merisier ? C’est joli le merisier ! »

— Oui, il a raison, c’est joli.

— Attends, on a déjà toutes les portes en chêne massif, là, il veut des montants en merisier. 15000€ par porte. Voilà, il parle de 15000€ la porte et derrière lui, il y a la petite nana en Emploi d’Avenir de mes couilles à 200€/mois plus le putain de complément des Assedics. Ben là, j’ai pété un plomb et je lui ai dit de dégager, qu’il n’avait aucune décence, ce mec, que de parler de mettre autant de pognon dans des conneries pour se faire mousser alors que derrière, il n’y a jamais, jamais une thune pour payer correctement les gens. Tu sais ce qu’il me répond, ce con ? « Ah, mais ce n’est pas de ma responsabilité ! » Et voilà ! Le type, il s’en foutait, ils s’en foutent tous. Ils ne l’avaient même pas vue, la petite nana qui va trimer pour que dalle dans leur joli caprice d’élus.
Alors, je l'ai envoyé chier, lui, son projet de merde et son petit système à la con. Parce que ça me fait chier à force. Parce que ça devrait tous nous faire chier puissamment !

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Un zoom sur l?impartition informatique

  Depuis le ralentissement ?conomique, on put garder une croissance. ? titre d?exemple la firme am?ricaine, Gartner, ?value le march? mondial des services d?impartition des technologies de l?information en 2012 ? 251,7 milliards de dollars. Le march? de l?impartition des applications pourrait produire plusieurs revenus soit de 40,7 milliards de ...

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Holy cars

Le concept qui tue
Ce que Peugeot a fait du précédent plan d'aide


La clé est dans l'obsolescence programmée de nos mémoires. L'idée centrale de tout le système actuel, c'est que le peuple est un ramassis d'hypocéphales abrutis à longueur de temps par les ombres hypnotiques de la boîte à cons. Du coup, ils ne se fatiguent même plus à inventer de nouvelles catastrophes, à monter des histoires plausibles, non, c'est la fin du storytelling à l'usage des entubeurs de foule. Maintenant, ils se contentent de se pointer au guichet et d'annoncer la couleur : envoyez la fraîche, tocards, ou on dégraisse quelques baltringues de votre acabit, façon équarrissage.

Prenons au hasard l'industrie automobile, ce fleuron de l'économie française, sous perfusion étatique depuis des années, à coup de primes à la noix qui sont autant d'incitation à gaspiller des véhicules en parfait état de marche à l'usage de consommateurs testostéronés du ciboulot qui, de toute manière, avaient déjà les moyens de conduire une voiture neuve à vie. Bref, un immonde gâchis de ressources précieuses, alors que tant de petits salariés peinent à maintenir en état leur poubelle à roulette pourtant indispensable pour se rendre à leurs miettes de boulot à l'heure où les transports en commun se font anémiques.
Je rappelle que les constructeurs automobiles ont déjà bénéficié d'une somptuaire rallonge de l'État, lequel s'est empressé de ne surtout rien leur demander en échange. Rien. Que dalle. Même pas une petite garantie de rien du tout. Même pas une clause de sauvegarde de l'emploi. Surtout pas un plan stratégique : l'État actionnaire, c'est sale ! Il est juste bon à allonger l'oseille et à regarder ailleurs une fois que c'est fait.

Et qu'est-ce qu'ils ont fait du pognon ? Ils ont arrosé les cadres dirigeants, les actionnaires et ont continué la même stratégie de développement de niche de voitures de prestige, de gadgets inutiles (qui a vraiment besoin d'un radar de recul en série ?). Et pendant ce temps-là, les petites japonaises compactes, économiques, sobres, modulables, fiables avec des garanties constructeur allant jusqu'à 7 ans ont conquis jusqu'au si chauvin marché français. Parce qu'il faut arrêter d'être bête aussi et de payer plus cher qu'ailleurs des voitures conçues pour rouler au siècle dernier. Surtout que, si on y réfléchit deux secondes, sachant que les constructeurs hexagonaux ont déjà délocalisé l'essentiel de leur production automobile, la meilleure façon d'acheter français, écologique et socialement responsable, c'est encore de se payer une Toyota Yaris ! Tout est dit, non ?

Bref, très logiquement, avec un modèle économique aussi débile que celui-là... ils ne se sont même pas cassé la gueule ! Non, non, non : la progression de la croissance de la filiale bagnoles se tasse un peu, mais je vous rassure, le pognon défiscalisé continue de couler à flots. C'est juste que dans leur plan stratégique, il y a comme condition indépassable de toujours moins payer le travail et pour cela tous les moyens sont bons : chantage à l'emploi, grasses subventions extorquées par la menace et bien sûr, délocalisation vers des pays où la vie est moins chère... enfin, surtout celle des ouvriers. Autrement dit, en plus des chauffes-nuques, on a dû grassement financer de nos deniers — ceux qui manquent toujours pour l'école, la santé, les retraites, etc. — la charrette en cours et le transfert des usines vers le tiers-monde.

Faut-il sauver le soldat Peugeot ?


La question se posera aussi pour le soldat Renault — lequel a eu comme stratégie industrielle de relancer la construction des Alpines, si, si... — , comme elle s'est déjà posée pour le poulet industriel de merde Doux.
Parce que si, au moins, on en avait eu pour notre argent, toute autre considération accessoire écartée ! Si, par exemple, l'automobile avait évolué ces dernières années, voire ces dernières décennies. Je parle d'évolution, pas d'inflation de gadgets rigolos, mais ne changeant pas intrinsèquement la nature de l'objet produit. Je ne parle même pas de voitures qui volent, le grand regret de ma vie, non juste de véhicules vraiment améliorés : système de propulsion, système énergétique, durabilité, ce genre de choses. Alors que nous savons collectivement depuis au moins 30 ans que la propulsion à combustion est condamnée, que le transport individuel est écologiquement trop coûteux, qu'il faut repenser nos mobilités, qu'est-ce que l'industrie automobile nous a proposé : que dalle !
Autrement dit, c'est un secteur obsolète qui devrait finir de s'effondrer sur lui-même faute d'avoir su s'adapter.

Mais que fait-on des gens qui vivaient de ce secteur, me direz-vous ? Il est vrai que 320 000 salariés rien que pour la France, ça ne se planque pas sous le tapis. Parlez-en aux pouvoirs publics de Detroit et vous comprendrez qu'on ne peut faire l'impasse sur un effort de reconversion national, voire planétaire. Mais déjà, avec les 6 milliards d'euros précédents, on pouvait dégager un joli petit pécule de formation de 18 750 € par salarié planté. Ce qui est bien mieux que ce qui est habituellement alloué en pseudo formations coaching beauté-CV. Sans compter qu'on le veuille ou non, l'effort financier, il va bien falloir de le faire, à moins de lancer une bonne petite guerre mondiale pour occuper et élaguer dans tous ces bras devenus inutiles à la grande machine à broyer des vies pour en faire cracher du pognon.

Quand j'y pense : plus les conditions de travail se dégradent et plus les salariés prêts à tout pour ne pas lâcher ce job pourri qui les nourrit à grand-peine, consomme leur vie et consume leurs forces. Leur peur du vide et du changement est telle qu'on a déjà vu des gens cacher des maladies professionnelles, des empoisonnements, taire des pratiques illégales ou mortifères, même si ça les touche directement, juste pour ne pas perdre leur foutu boulot. Et vous savez pourquoi? Parce qu'on a fait en sorte que leur vie après le travail sera encore pire que dans leur boîte où ils ne sont pourtant que des unités de production jetables. Parce que notre société ne fait en réalité aucun effort de conversion en masse du salariat vers les nouveaux secteurs économiques émergents ou nécessaires. Parce que nous consacrons toujours plus d'argent à des entreprises nuisibles, inutiles et ankylosées, à des parasites financiers, plutôt qu'aux besoins réels de la population qui, pourtant, en bout de course, finit toujours par régler l'ardoise.

Il y a aussi qu'au lieu de primes à la casse coûteuses et ciblées sur des gens qui n'en avaient pas besoin, de PPP aux conditions léonines pour construire encore des autoroutes tellement chères que personne ne roule dessus, au lieu de sacrifier encore et toujours plus de ressources, d'argent, de gens sur l'autel des très saintes bagnoles, on aurait pu avoir un vrai plan de transition économique vers le monde dans lequel nous allons devoir vivre, de gré ou de force. Voilà donc de l'argent qui eut été mieux employé pour soutenir le développement du photovoltaïque en France, coulé faute de subventions, les énergies alternatives, les mobilités émergentes, des circuits courts. De la même manière qu'au lieu de perfuser le poulet de batterie dégueulasse et mortifère et toutes les filières agricoles intensives qui polluent, dégradent notre habitat et produisent des trucs immondes à dangereux, nous pourrions favoriser le travail de ceux qui expérimentent de nouvelles techniques de production respectueuses de la nature et des gens, comme l'agroforesterie, les cultures raisonnées, bio, etc.

Bref, au lieu de réagir au coup par coup comme des poulets sans tête, il est peut-être temps de comprendre que c'est la force politique qui oriente la vie économique à travers ses choix stratégiques, simplement en décidant de ses priorités de financement. Nous devons marquer à la culotte chacun de nos élus, chacun de nos députés, sénateurs, conseillers, maires, présidents de trucmuches divers pour être bien certains que notre argent ira là où se trouve notre intérêt collectif, pas seulement dans l'immédiat, mais aussi pour nos enfants et toutes les générations futures.




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