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Tag Archives: confiscation démocratique

Schiste happens

Les plus confiants d’entre nous en étaient restés à l’idée rassurante et confortable que le nouveau président en exercice avait interdit pour toute la durée de son quinquennat l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique, ce qui nous laisserait largement le temps de voir si ce nouvel eldorado énergétique tenait vraiment toutes ses promesses dans les autres coins du monde où il tourne à plein régime.

C’était bien, cette idée que la mobilisation citoyenne fait reculer les hyènes capitalistes, celles qui ne s’encombrent d’aucune préoccupation annexe en dehors de se faire un maximum de fric, le plus vite possible. Cela dit, les collectifs citoyens sont restés vigilants et comme d’habitude, cette prudence s’est révélée fondée.
Assez rapidement, il s’est avéré que les permis d’exploration des gaz de schiste déjà accordés étaient toujours en cours de validité et surtout que de nouvelles demandes de permis sont régulièrement déposées par des compagnies minières et qu’à notre surprise générale, elles reçoivent régulièrement des réponses positives. Voilà qui contraste singulièrement avec la position officielle d’interdiction totale des conneries schisteuses.

Dans mon bled, c’est à dire là où vivent les pedzouilles de la République, autrement dit, des gens considérés comme suffisamment négligeables pour être passés prestement en pertes et profits, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas franchement l’impression d’être à l’abri des dommages collatéraux des gaz de schistes. Et la dernière grande charge médiatique des pro-schiste (qui ont généralement l’intéressante caractéristique d’habiter très loin des zones d’explorations, ce qui relativise grandement leurs discours lénifiants) n’est pas pour nous rassurer. Puisqu’il n’est pas possible de fracturer la roche, ce qui, vous en conviendrez, est assez barbare, ils se proposent doctement de la masser, ce qui est nettement plus avenant.

Donc, il faut bien comprendre que le lobby des profiteurs des gaz de schiste n’a jamais désarmé et s’est, très récemment, remis en bon ordre de marche propagandaire, à nous asséner que les gaz de schiste, c’est écolo, c’est beau, ça va résoudre tous nos problèmes d’un coup, à commencer par la Vilaine Crise qui nous sape le moral depuis 2008, comme une grosse dépression sibérienne qui stationnerait sur nos têtes depuis trop longtemps. En gros, les gaz de schiste, c’est notre anticyclone des Açores, mais en mieux !
Pour ceux qui pensent que j’exagère, on peut aussi se souvenir des discours lénifiants sur les nombreux avantages que nous tirerions de la diffusion massive des OGM. Souvenez-vous, Monsanto, en fait, c’était Mère Thérésa et tout ça, c’était juste pour éradiquer la faim dans le monde, rien que ça. Mais si cet exemple célèbre d’altruisme éhonté ne suffit pas, voici ce que les habitants du bled ont trouvé sur leur pare-brise ce week-end pascal (et accessoirement grande messe de la course automobile).

  

C’est beau, comme un démontage de MacDo par José Bové !
On admire la rhétorique fine et enlevée : les gaz de schiste vont nous sortir de la crise ! Rien que ça ! Moi qui croyais bêtement que c’était de la faute aux 35h ! Et puis, c’est propre, les gaz de schiste, même qu’il y a des autorités indépendantes et incontestables qui le clament ! Alors que les opposants, ce ne sont rien que des menteurs et des falsificateurs. On admire le style très dépouillé de la maquette, façon militants roulés sous aisselles, parce qu’il ne faudrait pas que ça fasse trop agence de com' grassement rémunérée qui tente un coup de marketing viral en tractant comme des gauchistes de l’ancien temps; parce qu’on est bien d’accord, pour toucher les bouseux, il faut tracter sur les parebrise, vu qu’on n’a pas encore découvert l’Internet dans nos contrées sauvages aux sous-sols affolants.
En tout cas, je suis bien d’accord avec ces braves gens : effrayer n’est pas informer ! Et quand on prétend lutter contre la désinformation, on commence par le faire à visage découvert et non pas avec un bout de papier même pas signé !

Et si, encore, les gaz de schiste n’étaient que la chronique d’une catastrophe écologique annoncée ! Mais non, même d’un point de vue purement économique, c’est une énorme impasse.
Bref, pour vous faire une bonne idée des enjeux et des réalités de la guerre des gaz de schiste, je ne peux que vous conseiller de lire et suivre assidûment la compilation Seenthis des gaz de schiste.

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Sarko, le justiciable

Qui va croire que Sarkozy est sérieusement menacé par la justice ?

La bulle médiatique apprend avec émoi que Nicolas Sarkozy est mis en examen pour abus de faiblesse. Youpi, la justice est juste et elle touche tout le monde; devant elle, il n’y a ni faibles ni puissants.

Maintenant, tu réfléchis deux secondes de plus : il est mis en examen et non inculpé, il y a bien des chance que l’instruction débouche directement sur un non-lieu. Et pour abus de faiblesse. On admet donc qu’il a palpé du dessous de table, qu’il a été corrompu, mais on retient de tout cela que c’était d’une vieille dame un peu gaga. Elle aurait été plus jeune, il aurait pu lui tirer tout le blé qu’il voulait...

Comme le dit plus bas Camille Bou Dicca, on est strictement dans le cadre du théâtre politique : il s’agit de mettre en scène l’opération de blanchiment de Sarko pour préparer son retour au barnum politique. Cela va donner l’impression que la justice n’est pas une justice de caste, que les politiques ne sont pas intouchables, mais dans les faits, l’essentiel du débat va être escamoté et il sera soit totalement innocenté, soit condamné à une peine symbolique pour n’avoir pas utilisé une taille d’enveloppes réglementaire.

Je vous laisse méditer cette phrase du vieux Sénèque : La vie, c’est une pièce de théâtre : ce qui compte ce n’est pas qu’elle soit longue, mais qu’elle soit bien jouée .
Version Shakespearienne (ma préf.) du Merchant of Venice : Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle .

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Le retour des bons Fran?ais

Ou quand le fond de l'air effraie.

SécheresseL'autre jour, nous fêtions dignement la fin du monde en bonne compagnie. Comme il se doit. Parce que la vie étant ce qu'elle est, particulièrement courte et aléatoire, il est important de ne fréquenter que des gens à côté desquels cela ne me dérangerait pas trop de mourir.

Juan — appelons-le Juan — fait partie de ces personnes dont je peux me faire assez facilement des amis. Il se définit lui-même comme une créature tropicale, venue tout droit d'un de ces pays éminemment exotiques où les couleurs dont se parent la faune et la flore défient l'étroitesse de nos roues chromatiques et où le plan grand froid se déclenche généralement autour de 12° C. Au-dessus de notre zéro. C'est un intellectuel, dans le bon sens du terme, quelqu'un qui raffole des joutes verbales jusqu'au milieu de la nuit, qui aime creuser ses questionnements internes, curieux de tout, très ouvert à la discussion et à la critique, qui prend un temps fou à choisir le bon mot pour exprimer le plus fidèlement possible ce que son esprit vient d'arracher frénétiquement au chaos de la pensée. C'est un exilé volontaire, quelqu'un qui vit en France par choix et non par défaut. Et c'est donc quelqu'un qui doute. Beaucoup.

L'autre jour, donc, alors qu'on torchait un Petit Chablis de bonne tenue, Juan nous raconte avec son petit accent traînant qu'il a croisé la voisine en descendant les poubelles. Certes, il faut avoir descendu pas mal de bouteilles de jaja pour embrayer sur le tri sélectif, mais la question n'était pas là. La voisine fait comme beaucoup de vieux du coin : elle n'y comprend rien à ces conneries de tri des déchets — elle n'a probablement pas très envie de comprendre non plus —, aussi balance-t-elle tout et n'importe quoi n'importe comment. Juan entreprend donc de la convertir aux joies du recyclage et au casse-tête quotidien de savoir pourquoi on peut mettre le pot de yaourt dans le bac jaune, mais pas le gobelet de la cafetière automatique. La vieille a coupé court à ses tentatives d'évangélisation par un très définitif :

— Je suis une bonne Française, moi.

Depuis, ces quelques mots hantent mes journées et mes pensées. Il y a, dans cette petite phrase, tout ce que j’exècre et que je redoute dans la nature humaine. C'est comme si une sorte de long malaise qui m'englue et m'obsède depuis des mois venait brusquement de prendre corps. J'ai eu honte, sur le coup. Honte de faire partie, de par ma seule naissance, de ce club très fermé des bons Français.

Les bons Français, les bons citoyens, les braves gens. Quelque chose de sombre et de rampant sous la surface des jours. Comme une béance qui nous tire vers le bas et englue nos pensées. Quelque chose qui n'a pas de nom, pas de visage, pas d'époque et qui est toujours là, attendant son heure.

Ce n'est pas juste une vieille crispée du ciboulot qui crache sa haine au visage de son jeune voisin qu'elle ne trouve pas assez BBR. C'est toute une ambiance qui me pèse depuis des mois et qui éclate froidement au détour d'un local à poubelles. Ça n'a l'air de rien et c'est tout en même temps.

Cela me raconte comment j'ai cessé d'argumenter. Comment j'ai cessé de discuter. Comment j'ai cessé de vouloir échanger. Comment j'ai cessé d'écrire. Comment les débats sont morts, noyés sous l'invective et l'anathème. Celui qui n'est pas d'accord avec nous, celui qui n'est pas comme nous, celui qui ne pense pas exactement comme nous, celui qui ne vit pas comme comme nous, celui qui n'aime pas les mêmes choses que nous, celui-là est contre nous. La dialectique du western du fond de la cour de récré. La récession de la pensée, la déflation des idées, la médiocrité des temps incertains.

Il y a quelques jours, CSP a décidé d'exclure tous ceux qui n'ont pas les bonnes lectures, les bonnes fréquentations, les bonnes idées. J'aime beaucoup CSP. Comme personne. Et comme penseur. Bien plus radical que moi depuis le début. Aux prises avec ses propres contradictions, ses propres démons. Comme nous tous. Nécessaire. Qui a aussi nourri mes réflexions, qui m'a poussée dans certains retranchements idéologiques, qui m'a permis d'ouvrir le champ de mes explorations politiques, sociales et humaines. Mais là est la limite. Je n'ai pas autorisé ma famille à choisir mes amis quand j'avais 13 ans, je n'autorise personne à me dire ce que je dois aimer, penser, apprécier, discuter, détester 30 ans plus tard.

Et puis voilà un papier sur Reflets au sujet des gourous politiques. Qui épingle quelques penseurs un peu douteux qui habillent un fond de commerce plutôt ancré du côté de La Marine des oripeaux de la mouvance antimondialiste. Et qui oublie d'autres absolutistes de la pensée. Peut-être plus légitimes parce que plus omnipotents dans les médias. Et voilà l'auteur qui se vautre dans des amalgames douteux et jette l'anathème sur un autre de mes potes, sous prétexte qu'il n'a pas les bonnes fréquentations.

Je connais suffisamment Étienne Chouard pour savoir qu'on ne peut le soupçonner de connivence de près ou de loin avec des remugles idéologiques moisis ancrés dans la xénophobie ou le fascisme. Étienne est profondément démocrate, profondément humain et il fait partie, comme moi et comme d'autres, de ce courant de pensée qui considère que la lumière naît du choc des esprits, qui ne néglige aucune piste, aucun apport, aucun échange, qui ne se complaît pas dans l'entre-soi et l'autocongratulation.

Il y a eu une époque où des ultralibéraux lisaient et commentaient mon blog. J'en avais même quelques-uns de plutôt fidèles qui ne pouvaient s'empêcher de mettre leur grain de sel à chacune de mes publications. Je trouvais ça très stimulant. Il s'agissait là de personnes avec lesquelles j'avais assez peu de choses en commun, à part, peut-être, un goût assez prononcé pour le débat contradictoire. Leurs commentaires argumentés étaient pour moi une petite gourmandise en ce qu'ils me poussaient dans mes retranchements intellectuels, me forçaient à justifier mes prises de position, à creuser mes démonstrations, à remettre en cause mes certitudes et donc, me permettaient d'évoluer, d'élargir mes horizons, d'agrandir ma pensée. Et puis, petit à petit, les positions ont commencé à se cristalliser, à s'enliser, le dialogue est devenu difficile, pesant, et les insultes et les jugements de valeur ont pris le pas sur le débat. De part et d'autre, on ne critiquait plus la pensée, mais les personnes. Tout s'est radicalisé. Et mes contradicteurs sont partis.

Je pense à présent que ce malaise est une sécrétion de notre époque, que les crispations économiques ont contaminé tout le corps social d'une colère et d'une frustration croissante qui ne trouvent pas à s'exprimer. C'est Le Yéti, encore de mes potes, qui a su enfin mettre un nom à mon long malaise : le temps de la chasse aux sorcières est revenu et il n'annonce rien de bon pour la suite.

Chacun est sommé de choisir son camp et de désigner les boucs émissaires sur lesquels la frustration des peuples trompés va pouvoir bientôt se déchaîner.

Choisir son camp. C'est toujours ce que l'on fait quand la guerre est déjà dans tous les esprits, dans tous les cœurs, comme une évidence indépassable. Non pas la guerre des classes (dont j'aimerais bien récupérer le livre homonyme que j'ai prêté) qui nous met tous à genoux, mais la guerre de tous contre tous, la guerre des gueux, organisée par et pour les puissants, afin qu'ils continuent tranquillement leurs petites affaires entre eux pendant que l'on se déchirera pour les miettes.
Le temps des brebis galeuses est revenu.
Et j'en suis.

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Le grand soir

Cela fait tellement de temps qu'on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d'avant.
Et pourtant, j'ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.


Lutte

  • Manière, c'est pas compliqué : dès que ça pète, je sors le manche de pioche !

Puis, il retourne tranquillement négocier sa vie somme toute assez plaisante entre le travail que l'on est bien content d'avoir gardé dans la tourmente et les petites compensations que l'on s'octroie régulièrement pour oublier combien les temps sont durs et l'horizon des jours nouveaux lointain et incertain.


C'est marrant, c'est exactement cette ambiance foutraque que le duo Délépine/kervern, les deux clowns les plus déprimés de l'histoire de la contestation sociale, a si bien décrite dans son film Le Grand Soir. La désespérance des déchus, des jamais soumis, des marginaux qui se heurte de plein fouet avec la résignation consumériste de ceux qui sont encore dans la matrice et s'offrent des indignations à bon compte avant d'aller s'acheter au prix du sang et de la sueur le dernier gadget à la pomme totalement hors de prix et de propos.


En fait, c'est en train de péter


Là, juste maintenant, sous nos yeux et partout. Les gouvernements aux ordres de la finance, des organisations commerciales, des multinationales tapent dur et fort sur les peuples du monde, sous des prétextes plus ou moins vaseux, dont le manque d'imagination et de crédibilité traduit manifestement un grand laissé-aller dans le carnaval pseudodémocratique. C'est gravement en train de péter de partout, les coups d'États financiers ouvrent la voie aux coups d'État parlementaires qui eux-mêmes s'assoient pesamment sur les Constitutions de plus en plus de pays et tout cela provoque partout et en ce moment la misère des peuples et la révolte des opprimés les plus désespérés dans l'indifférence polie du plus grand nombre. 


Sur tous les continents, les conditions de vie de plus en plus de personnes se dégradent significativement selon, toujours, les mêmes modalités : l’explosion de la bulle immobilière américaine a ravagé la classe moyenne laborieuse, avant de s'étendre à l'ensemble de la planète par de très astucieux jeux de contamination financière interbancaire, jusqu'à ce que tout le casino planétaire tremble sur ses fondations. À ce moment-là, les rois du bonneteau financier international ont fait un énorme tapis en réclamant l'aide inconditionnelle des finances publiques sous la menace d'un effondrement total de civilisation. Abondamment nourris et financés par ces géants de pognons aux pieds d'argile, les dirigeants des démocraties mondiales, censés représenter les intérêts des peuples qui les ont portés au pouvoir, ce sont empressé de vider les coffres des nations pour que les grandes lessiveuses à essorer la richesse collective ne ralentissent surtout pas le rythme. Et ensuite, ces mêmes instances financières sont venues chouiner que le braquage des peuples avait quelque peu compromis leur capacité à rembourser leurs dettes iniques nées pour la plupart du changement constant des règles budgétaires et monétaires et dont la ligne directrice depuis 40 ans pourrait se résumer ainsi : privatiser les gains et les ressources, socialiser les pertes ! Et les gouvernements corrompus se sont empressés de détourner leurs mandats prétendument démocratiques pour organiser la grande purge des populations au bénéfice d'une toute petite élite financière pourtant déjà gavé jusqu'à la glotte.


De serrages de ceinture permanents en reculs sociaux concertés, tout ce qui avait été plus ou moins mis en place dans le cadre du grand contrat social entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui font du gras en prélevant leur dîme indécente dessus, est en train d'être définitivement détruit. Là où la société exige le respect des règles et des contraintes de la vie collective, l'aliénation d'une part de nos libertés, en échange du bien-être et de la sécurité, il ne reste plus qu'une sorte d'immonde simulacre de la loi de la jungle. Et quand il n'y a plus rien à sacrifier, plus rien à quoi renoncer, quand on a déjà tout perdu, tout ce à quoi l'on croyait, tout ce à quoi on voulait nous faire croire, il ne reste plus alors que le désespoir, la mort ou la révolte. 


Partout, en ce moment, dans le monde, des gens se soulèvent. Ils dénoncent le grand hold-up du siècle. Ils ont pris conscience de l'ampleur du désastre et se retrouvent confrontés aux matraques de ceux qui étaient censés les protéger. Mais ce ne sont que quelques poignées d'enragés, quelques vagues de désespérés, rien qui n'agite encore les courants forts de la révolte sous la ligne de flottaison des foules placides.


On râle, on serre les boulons, on bricole, on traficote à droite et à gauche, on tente de tenir. Juste encore un peu.

En attendant quoi ? En attendant qui ? 

La cavalerie ? Le sauveur ? Le putain de grand soir ?


Le grand soir, c'est nous. 

Et pendant que je vois ces millions de petites fenêtres qui clignotent de publicités et de fausses nouvelles dans le jour déclinant, ces millions de petites histoires transies et honteuses qui s'imaginent vivre dans une autre époque révolue, ces millions de petites lueurs dispersées qui ne parviennent plus à faire reculer les ténèbres, je me dis que le grand soir s'est égaré quelque part au fond de la cinquième étagère de la travée 4 de l'Auchan ou de l'Ikéa du coin et que nous tous, on l'a bien profond dans le cul !

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Le grand soir

Cela fait tellement de temps qu'on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d'avant.
Et pourtant, j'ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.


Lutte

  • Manière, c'est pas compliqué : dès que ça pète, je sors le manche de pioche !

Puis, il retourne tranquillement négocier sa vie somme toute assez plaisante entre le travail que l'on est bien content d'avoir gardé dans la tourmente et les petites compensations que l'on s'octroie régulièrement pour oublier combien les temps sont durs et l'horizon des jours nouveaux lointain et incertain.


C'est marrant, c'est exactement cette ambiance foutraque que le duo Délépine/kervern, les deux clowns les plus déprimés de l'histoire de la contestation sociale, a si bien décrite dans son film Le Grand Soir. La désespérance des déchus, des jamais soumis, des marginaux qui se heurte de plein fouet avec la résignation consumériste de ceux qui sont encore dans la matrice et s'offrent des indignations à bon compte avant d'aller s'acheter au prix du sang et de la sueur le dernier gadget à la pomme totalement hors de prix et de propos.


En fait, c'est en train de péter


Là, juste maintenant, sous nos yeux et partout. Les gouvernements aux ordres de la finance, des organisations commerciales, des multinationales tapent dur et fort sur les peuples du monde, sous des prétextes plus ou moins vaseux, dont le manque d'imagination et de crédibilité traduit manifestement un grand laissé-aller dans le carnaval pseudodémocratique. C'est gravement en train de péter de partout, les coups d'États financiers ouvrent la voie aux coups d'État parlementaires qui eux-mêmes s'assoient pesamment sur les Constitutions de plus en plus de pays et tout cela provoque partout et en ce moment la misère des peuples et la révolte des opprimés les plus désespérés dans l'indifférence polie du plus grand nombre. 


Sur tous les continents, les conditions de vie de plus en plus de personnes se dégradent significativement selon, toujours, les mêmes modalités : l’explosion de la bulle immobilière américaine a ravagé la classe moyenne laborieuse, avant de s'étendre à l'ensemble de la planète par de très astucieux jeux de contamination financière interbancaire, jusqu'à ce que tout le casino planétaire tremble sur ses fondations. À ce moment-là, les rois du bonneteau financier international ont fait un énorme tapis en réclamant l'aide inconditionnelle des finances publiques sous la menace d'un effondrement total de civilisation. Abondamment nourris et financés par ces géants de pognons aux pieds d'argile, les dirigeants des démocraties mondiales, censés représenter les intérêts des peuples qui les ont portés au pouvoir, ce sont empressé de vider les coffres des nations pour que les grandes lessiveuses à essorer la richesse collective ne ralentissent surtout pas le rythme. Et ensuite, ces mêmes instances financières sont venues chouiner que le braquage des peuples avait quelque peu compromis leur capacité à rembourser leurs dettes iniques nées pour la plupart du changement constant des règles budgétaires et monétaires et dont la ligne directrice depuis 40 ans pourrait se résumer ainsi : privatiser les gains et les ressources, socialiser les pertes ! Et les gouvernements corrompus se sont empressés de détourner leurs mandats prétendument démocratiques pour organiser la grande purge des populations au bénéfice d'une toute petite élite financière pourtant déjà gavé jusqu'à la glotte.


De serrages de ceinture permanents en reculs sociaux concertés, tout ce qui avait été plus ou moins mis en place dans le cadre du grand contrat social entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui font du gras en prélevant leur dîme indécente dessus, est en train d'être définitivement détruit. Là où la société exige le respect des règles et des contraintes de la vie collective, l'aliénation d'une part de nos libertés, en échange du bien-être et de la sécurité, il ne reste plus qu'une sorte d'immonde simulacre de la loi de la jungle. Et quand il n'y a plus rien à sacrifier, plus rien à quoi renoncer, quand on a déjà tout perdu, tout ce à quoi l'on croyait, tout ce à quoi on voulait nous faire croire, il ne reste plus alors que le désespoir, la mort ou la révolte. 


Partout, en ce moment, dans le monde, des gens se soulèvent. Ils dénoncent le grand hold-up du siècle. Ils ont pris conscience de l'ampleur du désastre et se retrouvent confrontés aux matraques de ceux qui étaient censés les protéger. Mais ce ne sont que quelques poignées d'enragés, quelques vagues de désespérés, rien qui n'agite encore les courants forts de la révolte sous la ligne de flottaison des foules placides.


On râle, on serre les boulons, on bricole, on traficote à droite et à gauche, on tente de tenir. Juste encore un peu.

En attendant quoi ? En attendant qui ? 

La cavalerie ? Le sauveur ? Le putain de grand soir ?


Le grand soir, c'est nous. 

Et pendant que je vois ces millions de petites fenêtres qui clignotent de publicités et de fausses nouvelles dans le jour déclinant, ces millions de petites histoires transies et honteuses qui s'imaginent vivre dans une autre époque révolue, ces millions de petites lueurs dispersées qui ne parviennent plus à faire reculer les ténèbres, je me dis que le grand soir s'est égaré quelque part au fond de la cinquième étagère de la travée 4 de l'Auchan ou de l'Ikéa du coin et que nous tous, on l'a bien profond dans le cul !

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Cela fait tellement de temps qu'on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d'avant.
Et pourtant, j'ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.


Lutte

  • Manière, c'est pas compliqué : dès que ça pète, je sors le manche de pioche !

Puis, il retourne tranquillement négocier sa vie somme toute assez plaisante entre le travail que l'on est bien content d'avoir gardé dans la tourmente et les petites compensations que l'on s'octroie régulièrement pour oublier combien les temps sont durs et l'horizon des jours nouveaux lointain et incertain.


C'est marrant, c'est exactement cette ambiance foutraque que le duo Délépine/kervern, les deux clowns les plus déprimés de l'histoire de la contestation sociale, a si bien décrite dans son film Le Grand Soir. La désespérance des déchus, des jamais soumis, des marginaux qui se heurte de plein fouet avec la résignation consumériste de ceux qui sont encore dans la matrice et s'offrent des indignations à bon compte avant d'aller s'acheter au prix du sang et de la sueur le dernier gadget à la pomme totalement hors de prix et de propos.


En fait, c'est en train de péter


Là, juste maintenant, sous nos yeux et partout. Les gouvernements aux ordres de la finance, des organisations commerciales, des multinationales tapent dur et fort sur les peuples du monde, sous des prétextes plus ou moins vaseux, dont le manque d'imagination et de crédibilité traduit manifestement un grand laissé-aller dans le carnaval pseudodémocratique. C'est gravement en train de péter de partout, les coups d'États financiers ouvrent la voie aux coups d'État parlementaires qui eux-mêmes s'assoient pesamment sur les Constitutions de plus en plus de pays et tout cela provoque partout et en ce moment la misère des peuples et la révolte des opprimés les plus désespérés dans l'indifférence polie du plus grand nombre. 


Sur tous les continents, les conditions de vie de plus en plus de personnes se dégradent significativement selon, toujours, les mêmes modalités : l’explosion de la bulle immobilière américaine a ravagé la classe moyenne laborieuse, avant de s'étendre à l'ensemble de la planète par de très astucieux jeux de contamination financière interbancaire, jusqu'à ce que tout le casino planétaire tremble sur ses fondations. À ce moment-là, les rois du bonneteau financier international ont fait un énorme tapis en réclamant l'aide inconditionnelle des finances publiques sous la menace d'un effondrement total de civilisation. Abondamment nourris et financés par ces géants de pognons aux pieds d'argile, les dirigeants des démocraties mondiales, censés représenter les intérêts des peuples qui les ont portés au pouvoir, ce sont empressé de vider les coffres des nations pour que les grandes lessiveuses à essorer la richesse collective ne ralentissent surtout pas le rythme. Et ensuite, ces mêmes instances financières sont venues chouiner que le braquage des peuples avait quelque peu compromis leur capacité à rembourser leurs dettes iniques nées pour la plupart du changement constant des règles budgétaires et monétaires et dont la ligne directrice depuis 40 ans pourrait se résumer ainsi : privatiser les gains et les ressources, socialiser les pertes ! Et les gouvernements corrompus se sont empressés de détourner leurs mandats prétendument démocratiques pour organiser la grande purge des populations au bénéfice d'une toute petite élite financière pourtant déjà gavé jusqu'à la glotte.


De serrages de ceinture permanents en reculs sociaux concertés, tout ce qui avait été plus ou moins mis en place dans le cadre du grand contrat social entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui font du gras en prélevant leur dîme indécente dessus, est en train d'être définitivement détruit. Là où la société exige le respect des règles et des contraintes de la vie collective, l'aliénation d'une part de nos libertés, en échange du bien-être et de la sécurité, il ne reste plus qu'une sorte d'immonde simulacre de la loi de la jungle. Et quand il n'y a plus rien à sacrifier, plus rien à quoi renoncer, quand on a déjà tout perdu, tout ce à quoi l'on croyait, tout ce à quoi on voulait nous faire croire, il ne reste plus alors que le désespoir, la mort ou la révolte. 


Partout, en ce moment, dans le monde, des gens se soulèvent. Ils dénoncent le grand hold-up du siècle. Ils ont pris conscience de l'ampleur du désastre et se retrouvent confrontés aux matraques de ceux qui étaient censés les protéger. Mais ce ne sont que quelques poignées d'enragés, quelques vagues de désespérés, rien qui n'agite encore les courants forts de la révolte sous la ligne de flottaison des foules placides.


On râle, on serre les boulons, on bricole, on traficote à droite et à gauche, on tente de tenir. Juste encore un peu.

En attendant quoi ? En attendant qui ? 

La cavalerie ? Le sauveur ? Le putain de grand soir ?


Le grand soir, c'est nous. 

Et pendant que je vois ces millions de petites fenêtres qui clignotent de publicités et de fausses nouvelles dans le jour déclinant, ces millions de petites histoires transies et honteuses qui s'imaginent vivre dans une autre époque révolue, ces millions de petites lueurs dispersées qui ne parviennent plus à faire reculer les ténèbres, je me dis que le grand soir s'est égaré quelque part au fond de la cinquième étagère de la travée 4 de l'Auchan ou de l'Ikéa du coin et que nous tous, on l'a bien profond dans le cul !

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Le d?lire des grandeurs

Il y a quelque temps, quelqu'un m'avait envoyé La Grève de Ayn Rand pour que je lui donne mon avis.


Guns
Je n'avais absolument aucune idée de ce dont il s'agissait et afin de garder l'esprit ouvert et libre de toute influence, je m'étais abstenue de m'informer de quelque manière que ce soit de la genèse du bouquin. C'est donc sans aucun préjugé que j'ouvris ce fort réjouissant pavé de 1 170 pages, parce que, comme lectrice, j'ai tendance à apprécier particulièrement les gros pavés à caler les armoires normandes.

 

À cause du titre, je m'attendais tout de même un peu à un bon gros roman social, avec de la lutte des classes et tout, et des gens nobles et courageux, âpres à la tâche, durs sur les idéaux, qui à force de pugnacité et de révolte, gagnent forcément à la fin.

Quelque part — mais je dis bien « quelque part » —, c'était bien le sujet du bouquin, sauf qu'il vient d'un point de vue, pour le moins... différent.

 

Dès le départ, la manière partisane dont sont décrits les gens du peuple, les présentant comme de sales parasites qui se complaisent dans leur merde et n'ont d'autres buts que d'y entraîner les autres ; et les riches, a contrario, comme des êtres particulièrement grands, beaux, intelligents et, pour tout dire, supérieurs en tous points, me mit extrêmement mal à l'aise. Mais, je le répète, bien à l'abri de toute connaissance prémâchée quant au livre qui me pesait salement sur les biceps, je pensais qu'il s'agit là d'une intéressante manière de décrire l'état d'esprit de mes ennemis de classe en se collant dans la peau d'un narrateur qui verrait leur monde à travers leur regard dément. En gros, j'en arrive à croire que mon malaise est une manœuvre littéraire des plus subtiles de la part de l'auteur (dont j'ignore jusqu'au sexe) et que le retournement de situation final, quand le peuple méprisé va montrer à tous ces péteux imbus d'eux-mêmes qui crée vraiment les richesses, que ce retournement, va être un grand moment de joie féroce et de soulagement quand il arrivera.

 

Et ainsi s'écoulent des pages de plus en plus lourdes et douloureuses à lire, avec des envolées lyriques monstrueuses qui ne sont pas sans rappeler la propagande extatique du troisième Reich. Et forcément, au bout d'un moment, un doute affreux m'étreint : mais qu'est-ce donc que ce cadeau empoisonné que je lis avec une nausée de plus en plus persistante ? Pas besoin d'être sortie d'une grande école pour deviner à force que la révélation finale de ce pavé psychotique international sera que le monde s'effondrera si les riches se mettent en grève de tout leur génie sublime et incompris dont ils abreuvent en permanence la chienlit populaire dans leur grande mansuétude, ce ramassis d'hypocéphales dégueulasses et grotesques qui se vautrent dans la fange de leur infériorité génétique et sociale bien méritée. Et là, je commence à penser que je suis en train de perdre de bien belles heures de ma vie à me fader le délire paranoïaque et monstrueux d'un auteur manifestement sociopathe. Je balance le pavé à mi-course alors qu'il me tombe des mains sous l'effet d'une répulsion physique insurmontable et me demande s'il ne va pas me falloir quelques bonnes séances avec un praticien spécialisé pour réparer les dégâts probablement causés à mon psychisme pour avoir si longuement vu le monde à travers les yeux de personnes aussi tordues.

 

Évidemment, j'ai fini par demander à Google de bien vouloir m'explique ce sur quoi je venais de me putréfier l'esprit et je découvris avec une horreur non feinte que cet étron littéraire — parce que même le style est d'une lourdeur crasse et indigeste — est la bible, que dis-je ? le livre de chevet, la référence indépassable de tout ce que notre monde de merde compte de thuriféraires du Marché triomphant et de la Main invisible qui se gratte les couilles chaque matin en se foutant éperdument de la gueule de 99 % de la population humaine de cette planète.

 

 

Forcément, me voilà subitement mieux armée pour comprendre l'incroyable absurdité du monde tel qu'il a été pensé et mis en œuvre par les adorateurs de cette foutue psychopathe. 

 

Il existe donc une certaine quantité de personnes sur cette planète qui sont convaincues d'être, en quelque sorte, naturellement supérieures à toutes les autres, comme un don ou une élection divine. Il faut bien comprendre que non seulement ces gens existent, mais surtout qu'ils n'ont de cesse de prendre le pouvoir, tout le pouvoir, de toutes les manières possibles et imaginables, juste parce qu'ils pensent que leur supériorité le justifie et que cela suffit très largement à asseoir leur légitimité.

 

Bien sûr, le principal problème de ces gens, c'est l'énorme masse des autres. Les restes du monde. Cette foule gigantesque des médiocres qui sont trop stupides pour se rendre compte naturellement de la magnificence des élus, et de l'absolue nécessité qu'ils ont de leur laisser gérer à leur façon (forcément la meilleure, puisqu'ils sont excellents, c'est dans leur sang, dans leurs gènes !) les affaires de la planète.

 

Cette petite oligarchie autoproclamée préexiste à la « philosophie » de Ayn Rand et de ces potes zélateurs dont la liste serait bien trop longue, mais au nombre desquels figurent pas mal de gens assez peu recommandables comme les Hayek et Friedman et leur descendance idéologique tordue des Chicago Boys, mais aussi le gros de la brochette d'éditocrates bien de chez nous qui nous pourrissent le PAF depuis tellement longtemps que c'est à se demander s'ils ne se sont pas clonés pour pouvoir continuer à nous pondre dans la tête bien au-delà de ce que les limites biologiques de la vie humaine peuvent décemment leur permettre.

 

C'est ce ramassis de psychopathes — parce qu'il convient d'appeler les choses par leur nom pour bien comprendre de quoi l'on parle — qui construisent depuis des décennies des théories socio-économiques délirantes sur lesquelles sont fondées nos sociétés actuelles avec les succès que l'on connaît : crises perpétuelles, guerres sans fin, gaspillages colossaux, destruction accélérée de la biosphère, pillage des ressources naturelles, augmentation continue de la faim, de la pauvreté, de la misère et de l'exclusion dans un monde d'abondance où il n'y a jamais eu autant de richesses produites pour un aussi médiocre résultat. Et chaque fois que le doute étreint les peuples quant à la pertinence de ces choix de société, l'oligarchie autosatisfaite — car toujours servie en premier — ne cesse de répéter qu'il faut toujours aller plus loin dans son projet de société pour en voir les hypothétiques retombées bénéfiques pour le plus grand nombre et que ça ne marche pas aussi bien que cela ne le devrait, juste parce que nous sommes trop cons pour bien comprendre la beauté du dessein et que nous persistons à traîner des pieds alors que nous devrions foncer vers le précipice insondable de leur monde égoïste et mortifère vent debout sur l'accélérateur et en klaxonnant joyeusement l'hallali en prime, s'il vous plaît !

 

Voilà donc comment nous avons laissé une classe sociale minoritaire et terriblement égocentrique diriger la destinée humaine sous prétexte que ses membres étaient manifestement les meilleurs d'entre nous.

Voilà donc comment nous avons fini par croire comme les imbéciles qu'ils se plaisent à voir en nous que l'on pouvait construire une civilisation entière sur l'idée grotesque que de la somme des égoïsmes jaillirait naturellement le bien-être commun.

Voilà donc comment nous avons laissé chaque jour un peu plus la sphère économique partir en roue libre et dévaster chaque jour un peu plus notre seul bien commun : la planète que nous devons forcément partager.

 

Voilà comment s'est organisée l'impuissance du politique ou comment en privant les représentants des peuples de tout levier matériel de décision, nous avons laissé l'idéal démocratique se transformer en un immense spectacle clinquant dont l'unique objectif est de détourner notre attention de la confiscation économique que nous subissons tous, chaque jour un peu plus.

 

J'ai repensé à l'horrible bouquin de Ayn Rand ces derniers jours en contemplant, médusée, les folles sommes englouties par les grandes multinationales dans le show présidentiel américain, alors même que ceux que nous avons portés au pouvoir dans notre pays trahissaient sans vergogne tous leurs engagements politiques pour appliquer la politique des possédants, dans un abominable copié-collé réactionnaire.

 

J'ai trouvé effrayante la comparaison entre les deux événements, entre la grande parade pseudodémocratique financée par ceux-là mêmes qui comptent bien continuer à s'en affranchir et le simulacre de débat budgétaire français, où un gouvernement totalement aux ordres fait semblant de convoquer l'expertise d'un patron surtout célèbre pour son œuvre de déconstruction sociale pour faire passer la pilule d'une politique économique qui n'a jamais, je dis bien jamais, été pensée, conçue et appliquée avec l'assentiment des peuples qui la subissent.

 

Le système économique actuel échappe dans son intégralité à toute forme de contrôle démocratique. Il est le fait d'organisations non gouvernementales dont aucun des membres n'a jamais été élu par qui que ce soit. Et ce sont ces organismes internationaux qui, chaque jour et partout sur la planète, dictent aux gouvernements-spectacles la nature des décisions politiques et économiques qui doivent être appliquées à l'humanité.

 

Combien de temps, encore, allons-nous faire semblant de trouver cela normal.

Combien de temps, encore, allons-nous les laisser nous faire cela ?

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Le d?lire des grandeurs

Il y a quelque temps, quelqu'un m'avait envoyé La Grève de Ayn Rand pour que je lui donne mon avis.


Guns
Je n'avais absolument aucune idée de ce dont il s'agissait et afin de garder l'esprit ouvert et libre de toute influence, je m'étais abstenue de m'informer de quelque manière que ce soit de la genèse du bouquin. C'est donc sans aucun préjugé que j'ouvris ce fort réjouissant pavé de 1 170 pages, parce que, comme lectrice, j'ai tendance à apprécier particulièrement les gros pavés à caler les armoires normandes.

 

À cause du titre, je m'attendais tout de même un peu à un bon gros roman social, avec de la lutte des classes et tout, et des gens nobles et courageux, âpres à la tâche, durs sur les idéaux, qui à force de pugnacité et de révolte, gagnent forcément à la fin.

Quelque part — mais je dis bien « quelque part » —, c'était bien le sujet du bouquin, sauf qu'il vient d'un point de vue, pour le moins... différent.

 

Dès le départ, la manière partisane dont sont décrits les gens du peuple, les présentant comme de sales parasites qui se complaisent dans leur merde et n'ont d'autres buts que d'y entraîner les autres ; et les riches, a contrario, comme des êtres particulièrement grands, beaux, intelligents et, pour tout dire, supérieurs en tous points, me mit extrêmement mal à l'aise. Mais, je le répète, bien à l'abri de toute connaissance prémâchée quant au livre qui me pesait salement sur les biceps, je pensais qu'il s'agit là d'une intéressante manière de décrire l'état d'esprit de mes ennemis de classe en se collant dans la peau d'un narrateur qui verrait leur monde à travers leur regard dément. En gros, j'en arrive à croire que mon malaise est une manœuvre littéraire des plus subtiles de la part de l'auteur (dont j'ignore jusqu'au sexe) et que le retournement de situation final, quand le peuple méprisé va montrer à tous ces péteux imbus d'eux-mêmes qui crée vraiment les richesses, que ce retournement, va être un grand moment de joie féroce et de soulagement quand il arrivera.

 

Et ainsi s'écoulent des pages de plus en plus lourdes et douloureuses à lire, avec des envolées lyriques monstrueuses qui ne sont pas sans rappeler la propagande extatique du troisième Reich. Et forcément, au bout d'un moment, un doute affreux m'étreint : mais qu'est-ce donc que ce cadeau empoisonné que je lis avec une nausée de plus en plus persistante ? Pas besoin d'être sortie d'une grande école pour deviner à force que la révélation finale de ce pavé psychotique international sera que le monde s'effondrera si les riches se mettent en grève de tout leur génie sublime et incompris dont ils abreuvent en permanence la chienlit populaire dans leur grande mansuétude, ce ramassis d'hypocéphales dégueulasses et grotesques qui se vautrent dans la fange de leur infériorité génétique et sociale bien méritée. Et là, je commence à penser que je suis en train de perdre de bien belles heures de ma vie à me fader le délire paranoïaque et monstrueux d'un auteur manifestement sociopathe. Je balance le pavé à mi-course alors qu'il me tombe des mains sous l'effet d'une répulsion physique insurmontable et me demande s'il ne va pas me falloir quelques bonnes séances avec un praticien spécialisé pour réparer les dégâts probablement causés à mon psychisme pour avoir si longuement vu le monde à travers les yeux de personnes aussi tordues.

 

Évidemment, j'ai fini par demander à Google de bien vouloir m'explique ce sur quoi je venais de me putréfier l'esprit et je découvris avec une horreur non feinte que cet étron littéraire — parce que même le style est d'une lourdeur crasse et indigeste — est la bible, que dis-je ? le livre de chevet, la référence indépassable de tout ce que notre monde de merde compte de thuriféraires du Marché triomphant et de la Main invisible qui se gratte les couilles chaque matin en se foutant éperdument de la gueule de 99 % de la population humaine de cette planète.

 

 

Forcément, me voilà subitement mieux armée pour comprendre l'incroyable absurdité du monde tel qu'il a été pensé et mis en œuvre par les adorateurs de cette foutue psychopathe. 

 

Il existe donc une certaine quantité de personnes sur cette planète qui sont convaincues d'être, en quelque sorte, naturellement supérieures à toutes les autres, comme un don ou une élection divine. Il faut bien comprendre que non seulement ces gens existent, mais surtout qu'ils n'ont de cesse de prendre le pouvoir, tout le pouvoir, de toutes les manières possibles et imaginables, juste parce qu'ils pensent que leur supériorité le justifie et que cela suffit très largement à asseoir leur légitimité.

 

Bien sûr, le principal problème de ces gens, c'est l'énorme masse des autres. Les restes du monde. Cette foule gigantesque des médiocres qui sont trop stupides pour se rendre compte naturellement de la magnificence des élus, et de l'absolue nécessité qu'ils ont de leur laisser gérer à leur façon (forcément la meilleure, puisqu'ils sont excellents, c'est dans leur sang, dans leurs gènes !) les affaires de la planète.

 

Cette petite oligarchie autoproclamée préexiste à la « philosophie » de Ayn Rand et de ces potes zélateurs dont la liste serait bien trop longue, mais au nombre desquels figurent pas mal de gens assez peu recommandables comme les Hayek et Friedman et leur descendance idéologique tordue des Chicago Boys, mais aussi le gros de la brochette d'éditocrates bien de chez nous qui nous pourrissent le PAF depuis tellement longtemps que c'est à se demander s'ils ne se sont pas clonés pour pouvoir continuer à nous pondre dans la tête bien au-delà de ce que les limites biologiques de la vie humaine peuvent décemment leur permettre.

 

C'est ce ramassis de psychopathes — parce qu'il convient d'appeler les choses par leur nom pour bien comprendre de quoi l'on parle — qui construisent depuis des décennies des théories socio-économiques délirantes sur lesquelles sont fondées nos sociétés actuelles avec les succès que l'on connaît : crises perpétuelles, guerres sans fin, gaspillages colossaux, destruction accélérée de la biosphère, pillage des ressources naturelles, augmentation continue de la faim, de la pauvreté, de la misère et de l'exclusion dans un monde d'abondance où il n'y a jamais eu autant de richesses produites pour un aussi médiocre résultat. Et chaque fois que le doute étreint les peuples quant à la pertinence de ces choix de société, l'oligarchie autosatisfaite — car toujours servie en premier — ne cesse de répéter qu'il faut toujours aller plus loin dans son projet de société pour en voir les hypothétiques retombées bénéfiques pour le plus grand nombre et que ça ne marche pas aussi bien que cela ne le devrait, juste parce que nous sommes trop cons pour bien comprendre la beauté du dessein et que nous persistons à traîner des pieds alors que nous devrions foncer vers le précipice insondable de leur monde égoïste et mortifère vent debout sur l'accélérateur et en klaxonnant joyeusement l'hallali en prime, s'il vous plaît !

 

Voilà donc comment nous avons laissé une classe sociale minoritaire et terriblement égocentrique diriger la destinée humaine sous prétexte que ses membres étaient manifestement les meilleurs d'entre nous.

Voilà donc comment nous avons fini par croire comme les imbéciles qu'ils se plaisent à voir en nous que l'on pouvait construire une civilisation entière sur l'idée grotesque que de la somme des égoïsmes jaillirait naturellement le bien-être commun.

Voilà donc comment nous avons laissé chaque jour un peu plus la sphère économique partir en roue libre et dévaster chaque jour un peu plus notre seul bien commun : la planète que nous devons forcément partager.

 

Voilà comment s'est organisée l'impuissance du politique ou comment en privant les représentants des peuples de tout levier matériel de décision, nous avons laissé l'idéal démocratique se transformer en un immense spectacle clinquant dont l'unique objectif est de détourner notre attention de la confiscation économique que nous subissons tous, chaque jour un peu plus.

 

J'ai repensé à l'horrible bouquin de Ayn Rand ces derniers jours en contemplant, médusée, les folles sommes englouties par les grandes multinationales dans le show présidentiel américain, alors même que ceux que nous avons portés au pouvoir dans notre pays trahissaient sans vergogne tous leurs engagements politiques pour appliquer la politique des possédants, dans un abominable copié-collé réactionnaire.

 

J'ai trouvé effrayante la comparaison entre les deux événements, entre la grande parade pseudodémocratique financée par ceux-là mêmes qui comptent bien continuer à s'en affranchir et le simulacre de débat budgétaire français, où un gouvernement totalement aux ordres fait semblant de convoquer l'expertise d'un patron surtout célèbre pour son œuvre de déconstruction sociale pour faire passer la pilule d'une politique économique qui n'a jamais, je dis bien jamais, été pensée, conçue et appliquée avec l'assentiment des peuples qui la subissent.

 

Le système économique actuel échappe dans son intégralité à toute forme de contrôle démocratique. Il est le fait d'organisations non gouvernementales dont aucun des membres n'a jamais été élu par qui que ce soit. Et ce sont ces organismes internationaux qui, chaque jour et partout sur la planète, dictent aux gouvernements-spectacles la nature des décisions politiques et économiques qui doivent être appliquées à l'humanité.

 

Combien de temps, encore, allons-nous faire semblant de trouver cela normal.

Combien de temps, encore, allons-nous les laisser nous faire cela ?

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Le d?lire des grandeurs

Il y a quelque temps, quelqu'un m'avait envoyé La Grève de Ayn Rand pour que je lui donne mon avis.


Guns
Je n'avais absolument aucune idée de ce dont il s'agissait et afin de garder l'esprit ouvert et libre de toute influence, je m'étais abstenue de m'informer de quelque manière que ce soit de la genèse du bouquin. C'est donc sans aucun préjugé que j'ouvris ce fort réjouissant pavé de 1 170 pages, parce que, comme lectrice, j'ai tendance à apprécier particulièrement les gros pavés à caler les armoires normandes.

 

À cause du titre, je m'attendais tout de même un peu à un bon gros roman social, avec de la lutte des classes et tout, et des gens nobles et courageux, âpres à la tâche, durs sur les idéaux, qui à force de pugnacité et de révolte, gagnent forcément à la fin.

Quelque part — mais je dis bien « quelque part » —, c'était bien le sujet du bouquin, sauf qu'il vient d'un point de vue, pour le moins... différent.

 

Dès le départ, la manière partisane dont sont décrits les gens du peuple, les présentant comme de sales parasites qui se complaisent dans leur merde et n'ont d'autres buts que d'y entraîner les autres ; et les riches, a contrario, comme des êtres particulièrement grands, beaux, intelligents et, pour tout dire, supérieurs en tous points, me mit extrêmement mal à l'aise. Mais, je le répète, bien à l'abri de toute connaissance prémâchée quant au livre qui me pesait salement sur les biceps, je pensais qu'il s'agit là d'une intéressante manière de décrire l'état d'esprit de mes ennemis de classe en se collant dans la peau d'un narrateur qui verrait leur monde à travers leur regard dément. En gros, j'en arrive à croire que mon malaise est une manœuvre littéraire des plus subtiles de la part de l'auteur (dont j'ignore jusqu'au sexe) et que le retournement de situation final, quand le peuple méprisé va montrer à tous ces péteux imbus d'eux-mêmes qui crée vraiment les richesses, que ce retournement, va être un grand moment de joie féroce et de soulagement quand il arrivera.

 

Et ainsi s'écoulent des pages de plus en plus lourdes et douloureuses à lire, avec des envolées lyriques monstrueuses qui ne sont pas sans rappeler la propagande extatique du troisième Reich. Et forcément, au bout d'un moment, un doute affreux m'étreint : mais qu'est-ce donc que ce cadeau empoisonné que je lis avec une nausée de plus en plus persistante ? Pas besoin d'être sortie d'une grande école pour deviner à force que la révélation finale de ce pavé psychotique international sera que le monde s'effondrera si les riches se mettent en grève de tout leur génie sublime et incompris dont ils abreuvent en permanence la chienlit populaire dans leur grande mansuétude, ce ramassis d'hypocéphales dégueulasses et grotesques qui se vautrent dans la fange de leur infériorité génétique et sociale bien méritée. Et là, je commence à penser que je suis en train de perdre de bien belles heures de ma vie à me fader le délire paranoïaque et monstrueux d'un auteur manifestement sociopathe. Je balance le pavé à mi-course alors qu'il me tombe des mains sous l'effet d'une répulsion physique insurmontable et me demande s'il ne va pas me falloir quelques bonnes séances avec un praticien spécialisé pour réparer les dégâts probablement causés à mon psychisme pour avoir si longuement vu le monde à travers les yeux de personnes aussi tordues.

 

Évidemment, j'ai fini par demander à Google de bien vouloir m'explique ce sur quoi je venais de me putréfier l'esprit et je découvris avec une horreur non feinte que cet étron littéraire — parce que même le style est d'une lourdeur crasse et indigeste — est la bible, que dis-je ? le livre de chevet, la référence indépassable de tout ce que notre monde de merde compte de thuriféraires du Marché triomphant et de la Main invisible qui se gratte les couilles chaque matin en se foutant éperdument de la gueule de 99 % de la population humaine de cette planète.

 

 

Forcément, me voilà subitement mieux armée pour comprendre l'incroyable absurdité du monde tel qu'il a été pensé et mis en œuvre par les adorateurs de cette foutue psychopathe. 

 

Il existe donc une certaine quantité de personnes sur cette planète qui sont convaincues d'être, en quelque sorte, naturellement supérieures à toutes les autres, comme un don ou une élection divine. Il faut bien comprendre que non seulement ces gens existent, mais surtout qu'ils n'ont de cesse de prendre le pouvoir, tout le pouvoir, de toutes les manières possibles et imaginables, juste parce qu'ils pensent que leur supériorité le justifie et que cela suffit très largement à asseoir leur légitimité.

 

Bien sûr, le principal problème de ces gens, c'est l'énorme masse des autres. Les restes du monde. Cette foule gigantesque des médiocres qui sont trop stupides pour se rendre compte naturellement de la magnificence des élus, et de l'absolue nécessité qu'ils ont de leur laisser gérer à leur façon (forcément la meilleure, puisqu'ils sont excellents, c'est dans leur sang, dans leurs gènes !) les affaires de la planète.

 

Cette petite oligarchie autoproclamée préexiste à la « philosophie » de Ayn Rand et de ces potes zélateurs dont la liste serait bien trop longue, mais au nombre desquels figurent pas mal de gens assez peu recommandables comme les Hayek et Friedman et leur descendance idéologique tordue des Chicago Boys, mais aussi le gros de la brochette d'éditocrates bien de chez nous qui nous pourrissent le PAF depuis tellement longtemps que c'est à se demander s'ils ne se sont pas clonés pour pouvoir continuer à nous pondre dans la tête bien au-delà de ce que les limites biologiques de la vie humaine peuvent décemment leur permettre.

 

C'est ce ramassis de psychopathes — parce qu'il convient d'appeler les choses par leur nom pour bien comprendre de quoi l'on parle — qui construisent depuis des décennies des théories socio-économiques délirantes sur lesquelles sont fondées nos sociétés actuelles avec les succès que l'on connaît : crises perpétuelles, guerres sans fin, gaspillages colossaux, destruction accélérée de la biosphère, pillage des ressources naturelles, augmentation continue de la faim, de la pauvreté, de la misère et de l'exclusion dans un monde d'abondance où il n'y a jamais eu autant de richesses produites pour un aussi médiocre résultat. Et chaque fois que le doute étreint les peuples quant à la pertinence de ces choix de société, l'oligarchie autosatisfaite — car toujours servie en premier — ne cesse de répéter qu'il faut toujours aller plus loin dans son projet de société pour en voir les hypothétiques retombées bénéfiques pour le plus grand nombre et que ça ne marche pas aussi bien que cela ne le devrait, juste parce que nous sommes trop cons pour bien comprendre la beauté du dessein et que nous persistons à traîner des pieds alors que nous devrions foncer vers le précipice insondable de leur monde égoïste et mortifère vent debout sur l'accélérateur et en klaxonnant joyeusement l'hallali en prime, s'il vous plaît !

 

Voilà donc comment nous avons laissé une classe sociale minoritaire et terriblement égocentrique diriger la destinée humaine sous prétexte que ses membres étaient manifestement les meilleurs d'entre nous.

Voilà donc comment nous avons fini par croire comme les imbéciles qu'ils se plaisent à voir en nous que l'on pouvait construire une civilisation entière sur l'idée grotesque que de la somme des égoïsmes jaillirait naturellement le bien-être commun.

Voilà donc comment nous avons laissé chaque jour un peu plus la sphère économique partir en roue libre et dévaster chaque jour un peu plus notre seul bien commun : la planète que nous devons forcément partager.

 

Voilà comment s'est organisée l'impuissance du politique ou comment en privant les représentants des peuples de tout levier matériel de décision, nous avons laissé l'idéal démocratique se transformer en un immense spectacle clinquant dont l'unique objectif est de détourner notre attention de la confiscation économique que nous subissons tous, chaque jour un peu plus.

 

J'ai repensé à l'horrible bouquin de Ayn Rand ces derniers jours en contemplant, médusée, les folles sommes englouties par les grandes multinationales dans le show présidentiel américain, alors même que ceux que nous avons portés au pouvoir dans notre pays trahissaient sans vergogne tous leurs engagements politiques pour appliquer la politique des possédants, dans un abominable copié-collé réactionnaire.

 

J'ai trouvé effrayante la comparaison entre les deux événements, entre la grande parade pseudodémocratique financée par ceux-là mêmes qui comptent bien continuer à s'en affranchir et le simulacre de débat budgétaire français, où un gouvernement totalement aux ordres fait semblant de convoquer l'expertise d'un patron surtout célèbre pour son œuvre de déconstruction sociale pour faire passer la pilule d'une politique économique qui n'a jamais, je dis bien jamais, été pensée, conçue et appliquée avec l'assentiment des peuples qui la subissent.

 

Le système économique actuel échappe dans son intégralité à toute forme de contrôle démocratique. Il est le fait d'organisations non gouvernementales dont aucun des membres n'a jamais été élu par qui que ce soit. Et ce sont ces organismes internationaux qui, chaque jour et partout sur la planète, dictent aux gouvernements-spectacles la nature des décisions politiques et économiques qui doivent être appliquées à l'humanité.

 

Combien de temps, encore, allons-nous faire semblant de trouver cela normal.

Combien de temps, encore, allons-nous les laisser nous faire cela ?

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Ruptures d’an?vrisme

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