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Il était une fois une conversation sérieuse avec le passé

Alain Guillemoles : « Sur les traces du Yiddishland » Il est des phrases qui font écho, des aphorismes qui font mouche immédiatement, qui déchirent le voile de l’ignorance. C’est ce merveilleux propos qui m’est arrivé en pleine face : une conteuse, dans un cadre qui incite à la méditation, avant de se lancer ...

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L’autre coup de main de Poutine à Bachar

Poutine bombe le torse encore une fois.  C’est tout ce qu’il peut faire : son pays est exsangue.  Le PIB du pays n’est qu’aux 2/3 celui de la France.  L’économie actuelle de la Russie, c’est celle de l’Italie, pas davantage :  la chute du prix du pétrole la plombe irrémédiablement; et ...

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Comment le smartphone transmet votre vie aux services secrets (Bits of Freedom)

Comment votre smartphone transmet en toute innocence pratiquement toute votre vie aux services secrets (Bits of Freedom) Les services de renseignement collectent les métadonnées des communications de tous les citoyens. Les politiciens voudraient nous faire croire que ces informations ne sont pas si importantes. Un lecteur du De Correspondent a ...

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We need to talk about Fran?ois

Dans la vie, le plus difficile à gérer, c'est la déception. Et la plupart des déceptions naissent de grands malentendus.

Lors de l'appel Skype de bonne année, nous parlions cinéma avec mes Américains préférés. On cherchait quels étaient les films de 2013 qui nous avaient vraiment emballés et on en avait rapidement conclu que, finalement, on avait été majoritairement plutôt déçus par ce qu'on avait vu et même, d'autant plus déçus que pour certains, nous avions nourris de grandes espérances. Après avec pris une grosse baffe avec District 9, on pensait en prendre plein la gueule avec le suivant et l'on se retrouve juste déçus par Elysium, son scénario anémique et convenu, son propos politique niveau classe de CM1, alors que ça reste un honnête actionner de SF, tout à fait satisfaisant en tant que tel. Outre Atlantique, c'était World War Z qui s'en tirait le mieux, non pas que le film soit particulièrement bon, mais c'est surtout que nos Américians avaient vu exactement le genre de spectacle qu'on leur avait vendu, ni plus, ni moins.
Encore que Gravity nous avait tous plus ou moins choppés par surprise, avec une exploitation rarement égalée des possibilités concrètes offertes par la 3D en terme de récit immersif.
Malgré George Clooney...

En fait, nous avons tout faux : le cinéma de 2014 nous décevra au moins autant que celui de 2013, tout simplement parce que nous n'avons pas très bien intégré ce que l'on nous vendait (et très cher, d'ailleurs !) réellement. On attend des œuvres radicales, des points de vue d'auteurs assumés, des récits construits au cordeau. En face, c'est l'industrie du cinéma, une machine à produire du fric sans risque et non plus à produire du rêve. Il n'y a plus que des hordes de tacherons qui sont payés pour produire du popcorn movie au kilomètre avec comme seul et unique objectif, non pas de nous distraire et encore moins de nous faire réfléchir, mais de ne froisser absolument personne sur cette planète afin de pouvoir faire un max de blé en fourguant la cam' la plus standardisée possible, markétable et bankable à l'infini. Le cinéma grand public, c'est devenu le MacDo culturel : tu sais très exactement que tu vas y bouffer de la merde, mais tu sais aussi que tu ne seras jamais surpris. Et donc, jamais déçu.

C'est un peu comme François Hollande.

Si, si, vous allez comprendre !

Même chez ses plus ardents supporteurs, chez les archéosocialos qui ont le respect du parti et du chef chevillés au corps, on sent bien que l'heure est à la grosse, à la très grosse déception.

Vous avez entendu les vœux du président ? Avouez, rien de tel pour vous persuader aussitôt que de ce côté-là 2014 sera de nouveau une année de merde ! Étonnez-vous que le Medef soit le premier et quasiment le seul à s’empresser d’y répondre.

Décidément, ce type n’a rien compris. Il enfonce son pays en 2012 et 2013 avec un plan de reprise de chaussettes. Et il récidive en 2014 comme si de rien n’était.

Meilleurs vœux coups de pied au cul, Chronique du Yéti, 1er janvier 2014.

Oui, parce qu'il y a encore des gens qui ont du temps à perdre devant les vœux du président, des gens pour penser que la logorrhée politique, la propagande des petits matins, a encore une quelconque valeur, une quelconque utilité.

On retrouve un peu la même ambiance de franche amertume chez les camarades de la première heure, les indéfectibles piliers du PS, les irréductibles socialos de cœur et d'esprit :

Le 1er janvier 2014 va, hélas, se présenter comme un mauvais jour pour la gauche, pour notre parti, le parti socialiste et pour le gouvernement de la gauche. La TVA va augmenter de 19,6 % à 20 %. Ce, en dépit de tout ce qui a été défendu lors de la campagne présidentielle, et dans les tracts et affiche de notre parti socialiste en fin 2012. Nous proclamions alors que la hausse de la TVA serait « injuste » et une « faute économique ». Mais voilà que le gouvernement fait, hélas, maintenant, le contraire.

Le bilan social de l’année 2013 n’était déjà pas fameux.

Gérard Filoche, 28 décembre 2013

C'est acide comme une régurgitation de Coca-Cola un soir de réveillon.

Personnellement, François Hollande ne m'a pas du tout déçue. Pas un poil, rien, nada. Ce type est parfait de bout en bout. Il fait très exactement ce qu'attendaient de lui ceux qui l'on réellement mis au pouvoir... c'est-à-dire aucun de ces cons de cochons d'électeurs que nous sommes !

Franchement, comment être surpris par le blairisme revendiqué de l'ex de la nana qui a déclaré à l'issue d'une campagne présidentielle perdue qu'elle avait défendu des tas de trucs auxquels elle ne croyait pas un instant, comme l'augmentation du SMIC ? Parce que Ségolène Royale, ce n'était pas pendant la campagne qu'il fallait l'écouter, c'était juste après qu'elle ait été battue, au moment où, amère et déçue, elle s'était laissé aller à dire ce qu'il convient de ne jamais dévoiler en politique.

Ceux qui sont actuellement déçus par François Hollande sont surtout ceux qui pensaient que ce mec était de gauche ou même simplement socialiste. Il leur aurait pourtant fallu connaitre un peu le gus pour savoir que si Hollande est au PS, c'est uniquement parce que tous les arrivistes de sa génération ne pouvaient pas tous rallier l'UMP et qu'il en fallait bien quelques-uns qui se dévouent pour nous jouer encore un peu la comédie de l'alternance politique.

« Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent forcément être équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les effectifs de la police renforcés, la Défense nationale préservée, les entreprises modernisées, l’initiative libérée. »

C'est beau comme du Sarko, mais non, c'est du Hollande!
Et pas du Hollande de la dernière crise, non, du Hollande de 1985, dans un petit pensum cooécrit avec quatre copains de promo, un concentré de pensée 100 % libérale et cynique.

Les auteurs de La Gauche bouge assument le tournant néolibéral masqué sous le thème de la « rigueur » : « En réhabilitant, non sans opportunité, l’entreprise et la réussite, la gauche, avec l’ardeur du néophyte, retrouve des accents que la droite n’osait plus prononcer, depuis des lustres, de peur d’être ridicule. Mais prenons garde d’en faire trop : pour faire oublier nos frasques égalitaristes, ne gommons pas notre vocation sociale. » Et le cynisme continue : « Ce n’est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d’entamer le pouvoir d’achat des Français. C’est par lucidité. Refuser ces évolutions et c’en aurait été fait de la perspective d’une gestion régulière du pays par la gauche. » Finis les idéaux politiques, bienvenue à l’expertise et à la gestion avec les postes et les positions de pouvoir liés à une alternance entre la droite et la gauche en harmonie avec le néolibéralisme anglo-saxon, ses « démocrates » et ses « républicains » aux États-Unis, ses « travaillistes » et ses « conservateurs » au Royaume-Uni. « Depuis 1981, une redistribution des cartes s’opère sous nos yeux. Elle traduit l’aspiration croissante des Français à refuser les alternances brutales, et à voir se dégager entre deux grands projets de société, l’un conservateur, l’autre réformiste, les compromis nécessaires sur la gestion de l’économie comme du système de protection sociale, sur la construction européenne comme sur les grands axes de la politique internationale […]. Face à un Parti communiste qui se durcit et se marginalise dans une opposition radicale à la social-démocratie, le Parti socialiste retrouve les marges de manœuvre nécessaires pour s’affirmer comme le pôle essentiel de rassemblement des réformistes et des modernistes. » L’alternance doit désormais apparaître naturelle, normale et durable. « Il n’y a donc plus pour les socialistes de perspective concevable d’union avec le Parti communiste français note. » C’est tout naturellement que le club des cinq se revendique « libéral de gauche ».

Hollande 2014 joue l'étonné que la rigueur joue les prolongations ? Hollande 1985 devait chercher le prétexte pour appliquer de force la seule politique économique possible à ses yeux : la rigueur.

L’histoire bégaie. Les spéculateurs ont mis en péril la finance mondiale. Les travailleurs devront payer les pots cassés. La part des profits passe de 28 à 37 % dans le partage de la valeur ajoutée entre 1982 et 1989. Après Thatcher, ils ont eu Blair. Après Sarkozy, nous avons Hollande. Il va falloir que l’histoire parle clair.

François Hollande est, semble-t-il, conscient du préjudice que lui causerait la révélation de sa coopération à cette profession de foi néolibérale puisqu’il ne mentionne pas l’ouvrage La Gauche bouge parmi ses œuvres dans sa notice du Who’s Who de 2013.

Le tournant néolibéral du Parti socialiste en 1983 est ainsi confirmé par cet ouvrage particulièrement important à lire puisque François Hollande s’est fait élire président de la République en annonçant de faux combats contre les riches et contre la finance soi-disant sans visage. Il fallait en finir avec le « président des riches », et nous avons voté au second tour pour François Hollande, il est vrai sans beaucoup d’illusions. Mais nous avons été déçus objectivement tant le bilan est alourdi, avec la montée des licenciements boursiers, et aussi subjectivement, avec la perte de tout espoir et de tout crédit en la parole politique des socialistes.

La violence des riches, Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot, éditions Zones, septembre 2013.

François Hollande n'est pas sorti des urnes en 2012 par hasard, mais parce que ces copains les riches, les affairistes, les accapareurs de tous poils savaient que la pseudo-crise et Sarko avaient bien balisé le terrain pour pouvoir mettre la gomme sur la grande purge économique. Cette politique propagandaire qui consiste à appeler rigueur ce qui n'est jamais que la continuité et le durcissement du plus grand holdup de tous les temps, celui qui consiste à faire croire au populo que non seulement, c'est le merdier, mais qu'en plus, c'est entièrement de sa faute et que la seule solution, c'est de l'enfoncer chaque jour un peu plus dans la merde.

C'est tout.
Ce n'est que ça.
La justification idéologique de l'appauvrissement à marche forcée du plus grand nombre. Servi par le gars dont la posture politique lui permet d'aller plus loin et plus fort que n'aurait jamais pu le rêver la droite dure et le patronat réunis.

Forcément, de ce point de vue, je ne risquais pas d'être déçue, non ?

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Le monde du travail est-il soluble dans la gauchitude?

Peut-on être dans la communication et de gauche?

Toro LocoC'est la question que m'a posée un de mes lecteurs par mail.
Il attend toujours la réponse.

Je ne compte plus le nombre considérable de fois où j'ai dû justifier de la neutralité politique de mon travail. D'expliquer que dans mon boulot, je fais la part des choses et ceci, cela. Que oui, il est possible de travailler avec moi dans la sérénité, que non, je ne me rends pas au boulot chaque matin avec un couteau entre les dents.

Sauf que cette fois-ci, j'ai décidé de ne pas me retrouver immédiatement sur la défensive, mais plutôt de prendre le temps de réfléchir tranquillement à la question. Longuement. Très longuement. À cette question et à ce qu'elle signifie. Au fait que je l'ai toujours trouvée tellement normale et évidente comme question que je ne me suis même jamais étonnée de la régularité avec laquelle elle m'est infligée. Au fait même que je la considère comme inéluctable, et qu'il m'arrive tout aussi régulièrement de m'interroger sur ma légitimité politique —et non pas professionnelle— à m'engager dans tel ou tel projet avec tels ou tels partenaire, client ou collaborateur.

Prenons le problème sous un autre angle. C'est toujours une bonne idée de que changer de point de vue sur une question. D'inverser les perspectives. De plonger dans la dystopie concrète.
Imaginons donc que je sois de droite.
Là, comme ça.
Froidement.

C'est tout de même une chose suffisamment commune, d'être de droite dans ce pays, pour qu'on se tape plus souvent un gouvernement de ce bord que de l'autre. On ne va même pas discuter de ce que signifie réellement, aujourd'hui, être de droite. Mis à part quelques mal câblés du ciboulot, je pense qu'il y a une belle unanimité à me qualifier spontanément de femme de gauche.

Donc, inversons la proposition.

Mon lecteur m'aurait-il posé la même question si j'étais identifiée de manière aussi évidente et récurrente comme personnalité intrinsèquement de droite ? La question n'est alors pas de se demander si la communication est une activité de droite, mais plutôt, est-ce que les gens de droite ont à rendre des comptes sur leur activité professionnelle ?
Ou, encore plus simplement, est-ce que les gens de droite se posent des questions quant à leur compatibilité professionnelle ?

Ce qui reviendrait à dire qu'être de gauche implique une éthique, une déontologie de chaque instant, un engagement, non seulement politique, mais aussi dans chaque acte de notre vie quotidienne, probablement jusqu'au fond des chiottes ou dans l'intimité feutrée de la chambre à coucher.

L'opinion politique est-elle une cosmologie ?

Dans l'absolu, oui, puisqu'il s'agit concrètement d'une vision du monde, d'un modèle de société. En réalité, non, puisque l'acte politique pour beaucoup de mes concitoyens, se limite à choisir de temps à autre entre la peste et le choléra, à glisser un nom dans l'urne et à râler quotidiennement devant son poste de télé, son journal, ses collègues, contre les impôts, la voirie, l'école, la Sécu, les fonctionnaires, les parasites, les rentiers, les vendus et les pourris tout en soulignant abondamment tous ces propos par de sempiternels :

Non, mais moi, je ne fais pas de politique. D'ailleurs ça ne m'intéresse pas.

Pourtant, plus un gars ne fait pas de politique et plus il a tendance à avoir un discours de droite. À croire qu'être de droite consiste essentiellement à ne pas se sentir concerné par la chose politique. Sauf que si c'était vraiment le cas, les gens de droite n'iraient pas jusqu'aux urnes et que nous passerions des temps forts intéressants à être exclusivement gouvernés par des gens vraiment intrinsèquement de gauche.
Ce qui n'est —vous en conviendrez aisément— absolument pas le cas.

À moins d'admettre que le simple acte de voter soit la quintessence de la démission démocratique, celui qui consiste à dire à la face du monde :

Vous m'avez déjà fait perdre assez de temps comme cela : maintenant gérez le merdier et ne venez surtout plus me casser les couilles avant la prochaine grande messe électorale, celle-là même qui me permet de jouer à la démocratie tout en n’en ayant absolument rien à secouer.

Ce qui nous éloigne terriblement de la question initiale qui est de savoir si je suis gaucho-compatible avec mon gagne-pain.

Ce que je trouve assez remarquable, en creusant quelque peu dans mes souvenirs professionnels, c'est que, oui, généralement, les gens de droite ont plutôt tendance à se trouver légitimes, quelle que soit leur fonction dans le système. Ils se trouvent d'autant plus légitimes qu'ils sont hauts dans la hiérarchie et dans la fourchette des salaires. En fait, l'aisance des gens de droite dans le monde professionnel contemporain aurait tendance à conforter l'idée que le système socioéconomique actuel leur convient parfaitement et qu'ils y sont comme des poissons dans l'eau.
Le gars de droite trouve ses convictions renforcées par ses réussites concomitantes matérielles et professionnelles quand le gauchiste éprouve toujours une certaine culpabilité à l'amélioration sensible de ses conditions de vie, un peu comme s'il lui avait fallu pactiser avec l'ennemi ou transiger avec ses convictions pour se couler dans un moule bien inconfortable pour ses idées.

Un peu comme si le système lui-même était profondément de droite.

Mais si nous transplantons le gars de droite dans un secteur socioéconomique profondément de gauche —des trucs improbables comme l'économie sociale et solidaire ou le milieu associatif— il est toujours étonnant de voir à quel point le gars de droite ne se pose jamais la question de sa légitimité professionnelle. Il arrive un peu comme un New-Yorkais de Manahattan tombant en panne au cœur des vertes collines bouseuses de Gascogne. Il observe ce qui est un évident décalage entre les pratiques concrètes de son nouveau milieu et les modèles implantés de longue date par la certitude de faire partie de ceux qui ont toujours raison. Et il arrive très rapidement à la conclusion que s'il y a bien dissonance entre lui et son boulot, cela vient forcément des autres. Et il met en œuvre ce qu'il appelle son esprit réformateur, son sens de la modernité et des réalités en bousillant absolument tout ce qui ne répond pas à des impératifs de rentabilité immédiate et de profitabilité maximum, à sa propre vision du monde du travail.

Autrement dit, le gars de droite n'est jamais dans une posture de remise en cause professionnelle, c'est le reste du monde qui doit s'adapter à sa cosmologie personnelle.
Et c'est probablement ce qui fait tout sa force, pendant les gauchistes continuent de s'autoflageller de n'être pas vraiment à la hauteur de leurs utopies.

Le gars de droite, c'est le Midas des temps modernes qui transforme en merde capitaliste absolument tout ce qu'il touche pendant que le gars de gauche se perd en circonvolutions métaphysiques ineptes, du genre :

Mais est-ce que je peux être dans la communication et de gauche ?

Un gars de droite dans une association à caractère social ou culturel ne va jamais se dire qu'il n'est pas du tout à sa place (ce qui est pourtant le cas). Non, il va juste peser de toute la force de sa conviction intime qu'il est le meilleur et qu'il a toujours raison pour faire d'une structure démocratique, fondée sur la coopération, l'échange et la solidarité, une bonne grosse machine de guerre économique, qui élimine les activités non rentables, compresse les couts (à commencer par les personnes) et augmente les profits en se focalisant sur les prestations à haute valeur ajoutée. Si, en plus, les politiques et gouvernants marchent dans la combine en étranglant financièrement tout ce qui est de l'ordre du non marchand, on voit alors avec quelle efficacité une pensée politique n'a absolument pas besoin de passer par le cirque médiatique et électoral pour s'imposer brutalement à tous.

Tout est politique, y compris et surtout, le champ professionnel!

Si l'on s'intéresse quelque peu au monde de la communication contemporaine, on y trouve effectivement une belle brochette d'affabulateurs dont le talent se résume souvent à prendre le reste du monde pour un ramassis de crétins auquel il convient de s'adresser en beuglant des insanités grotesques avec toute la puissance de conviction que seule la médiocrité d'esprit la plus profonde peut conférer aux fumistes flamboyants. La communication, coco, c'est l'univers de l'esbroufe, du clinquant, du mépris social et du mensonge institutionnalisé. C'est bien évidemment un repaire de tout ce qui pense à droite, vit à droite, respire à droite et n'a toujours pas compris la profonde différence entre l'information et la propagande.
À priori, c'est tout, sauf une profession compatible avec des idées de gauche.

Sauf que si on retourne la proposition, la communication, c'est avant tout ce que l'on en fait. On peut bien sûr laisser les coudées franches à toute cette mentalité réductrice et vaine que l'on combat chaque jour dans ses effets les plus pernicieux tout en se plaignant de perdre bataille sur bataille dans le domaine des représentations sociales que les médias aux ordres pondent chaque jour un peu plus dans la tête de nos concitoyens. En gros, on peut faire nos dégoutés, n'y toucher qu'avec des gants et une pince à linge plantée sur le nez, mais on peut aussi décider, à l'instar des petits Midas de l'entreprise, que la communication gagnerait beaucoup à évoluer vers une configuration déontologique plus conforme à notre confort intellectuel.

On peut juste estimer que communiquer, c'est rendre des informations visibles et intelligibles au plus grand nombre, c'est porter le message, l'amplifier, l'adapter sans jamais le faire mentir, sans jamais tenter de tromper le chaland, c'est participer à la petite musique des mots et à la symphonie des images, c'est créer du lien, bâtir des passerelles, construire des émulations, des coopérations là où il n'y avait que du vide, de l'incompréhension et des rodomontades.

Finalement chacun de nous porte la possibilité de ses choix, même les plus contraints, en ce qu'il peut toujours décider de tendre à vivre conformément à ce qu'il croit juste et nécessaire. Pourquoi seules les outres à vents réactionnaires et imbéciles pourraient-elles choisir de transformer le monde dans lequel elles évoluent ? Pourquoi devrait-on toujours jouer selon leurs règles, réécrites au fil de l'eau afin de toujours rester en leur faveur ? Pourquoi ne seraient-ce que leurs idées moisies qui ont le droit de citer dans cet implacable monde du travail qu'elles ont façonné à leur sinistre image étriquée du bulbe depuis tant d'années et avec le triste résultat que nous ne pouvons plus feindre d'ignorer ?

Nous avons depuis toujours la force du nombre avec nous. Il nous reste à remporter la bataille des convictions et la guerre des idées et cela commence ici et maintenant, au cœur même de la bête, dans chacune des activités dans lesquelles nous passons tant de notre temps de vie.

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Partis sans laisser d?adresse

Il m’a fallu plusieurs semaines, entre autres activités, pour finir de nettoyer mes flux RSS.


La biche
En fait, tout cela, c’est de la faute à Google. Un peu comme, il y a 10 ans, c’était forcément de la faute de Microsoft. Parce que Google a pris une place énorme dans la vie de la plupart des connectés et que, comme je le prédisais à l’époque, il nous murmure à l’oreille et voit même à travers nos yeux.

Toujours est-il que Google offre plein de services réellement très utiles et que, quand la firme décide que l’un d’entre eux n’est plus rentable et le ferme, cela fout un peu la merde dans nos vies numériques et nous rappelle toujours à bon escient à quel point il est bon de ne pas toujours mettre tous nos œufs dans le même panier.

Ainsi donc, tout a commencé il y a un peu plus d’un mois. Voire deux, je ne sais plus, tellement le temps s’est accéléré. Google m’annonce qu’il va fermer l’agrégateur de flux RSS Google Reader.

C’est probablement la page Internet que je consultais le plus, chaque jour, depuis des années. C’est le premier site où je me connectais, chaque matin, en sirotant mon thé brûlant, la première réponse à cette question vitale : mais qu’est-ce qu’il s’est passé depuis hier soir dans ce monde où le soleil ne se couche jamais ?

Google Reader était ma mémoire du Net, plus de 800 sites référencés au fil du temps et dont je surveillais ainsi les nouvelles fraîches pratiquement tous les jours. Il y avait un peu de tout : des blogs de potes, beaucoup, des blogs intelligents, drôles, tragiques, bien écrits, des sites d’information d’ici et d’ailleurs, des portails scientifiques, des plateformes de publications de photos, de BD, des informations, des tas d’informations, de partout, sur tout, tout le temps, la substantifique moelle de mon rapport au monde, l’endroit où je m’abreuvais directement dans le flux, où je prenais des nouvelles, des uns et des autres, le maeltröm dont je triais la masse jusqu’à trouver ce petit fait insignifiant qui résumait le mieux l’état du monde.

Je ne pense pas que l’on puisse ressentir la puissance d’Internet si l’on pas déjà goûté à l’ivresse du flux RSS en continu, quelque chose d’encore plus énorme de Twitter et l’AFP réunis, parce que fabriqué sur mesure, au fil du temps, des navigations, des échanges de mails, des commentaires pertinents, de-ci, de-là. Un trésor de guerre que le géant de pixels se propose de définitivement enterrer.

Comme tous les autres nerds hyperconnectés, j’ai cherché un autre endroit où transférer cette mémoire vivante et d’export en migrations, j’ai fini par arriver sur theolreader  projet qui a pour ambition de remplacer le défunt service de Google. Rien que cela.

J’importe donc ma grosse base de flux, d’articles favoris et commentés et plaf, un clic intempestif réduit à néant tout le classement construit par les années.

Commence alors cette longue période que je viens juste de clore et où j’ai vérifié chacun de mes flux, un à un.
Regarder s’il y a eu une publication récente. Aller sur le site pour en vérifier l’identité. Vérifier que lors d’une mise à jour, le flux RSS n’a pas changé d’adresse. Comprendre pourquoi telle source n’a rien écrit depuis 2 ou 3 ou 4 ans. Trouver le nouveau site pour ceux qui ont bougé. Et pour mes préférés, à présent aux abonnés muets, écrire un mail directement pour savoir s’ils vont bien.

Deux mois de travail et la moitié des flux en moins. Quelques-uns écrivaient que les blogs étaient morts. Ils n’ont pas totalement tort. La grande prolifération de l’âge d’or d’Internet est derrière nous. Des blogs meurent et se créent chaque jour. Certains traversent le temps avec, toujours intacte, la petite flamme du début; beaucoup s’assèchent lentement, progressivement, jusqu’au grand silence final; d’autres, enfin, s’interrompent brutalement, faute de combattants.
Peut-être était-ce parce que je suivais beaucoup de monde de la Gauchosphère. Toujours est-il que l’élection de Hollande a coupé le sifflet à beaucoup d’entre eux. Se faire une tartine de Sarko, le matin, avant de se mettre en piste, avait tout de même, pour eux, une autre saveur que de se tirer dans le pied à énumérer les renoncements permanents de la GÔche au pouvoir.

Et puis, on a changé. On a grandi. On a des gosses. Un boulot. Ou plus assez de ressources pour continuer. Tiens, même moi, là, j’ai bonne mine à balancer sur les autres alors que je maintiens à peine assez de publications pour ne pas totalement disparaître. Plus le feu, plus le temps... même pas.
Il m’arrive souvent de me punir d’écriture pour me forcer à terminer un boulot pas évident : « tiens, tant que je n’aurais pas rendu le bousin, j’écris rien dans Le Monolecte. » Sauf que le temps passe, et qu’il y a toujours autre chose dans les tuyaux, pendant que les histoires que j’écris dans ma tête finissent immanquablement par se dissoudre dans le flux du temps. Et puis, bon, à force de croiser mes lecteurs dans la rue, en faisant mes courses ou même dans les petites bouffes entre potes, j’ai fini par me censurer. Bon, ça, je ne peux pas l’écrire, ça la foutrait mal par rapport à Machin. Et si Truc me lit, il se reconnaîtra tout de suite. Ça, c’est du lourd, mais si un client tombe dessus, pour le prochain contrat, je l’ai dans le cul...

Et sinon, il y a toujours tellement autre chose à faire : la famille, les potes, les courses, les impôts, le boulot ou même juste un peu de temps pour dormir.

S’il faut, c’est comme cela que meurent les blogs.

Mais rien n’est jamais tout à fait perdu. Car la discussion, la grande conversation, ne s’interrompt jamais. Elle continue juste ailleurs, autrement, un coup sur Facebook, un autre sur Twitter, ou Scoopit, ou Seenthis dans le flux partagé. Qui tomberont tous en désuétude, à leur tour. 

Mais la discussion continuera toujours.
Encore.
Ailleurs.
Parce que c’est dans notre nature.

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Melenchon doit modifier sa communication m changer sa conumication

FERGUS L’impression diffuse d’une communication inefficace du leader du Front de Gauche s’était installée au fil des mois. Les résultats du 1ertour de la législative partielle de Beauvais avaient accentué cette impression. Les chiffres d’un récent sondage Europe 1-Fiducial le … Lire la suite

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M?lenchon doit changer sa communication

  L?impression diffuse d?une communication inefficace du leader du Front de Gauche s??tait install?e au fil des mois. Les r?sultats du 1er tour de la l?gislative partielle de Beauvais avaient accentu? cette impression. Les chiffres d?un r?cent sondage Europe 1-Fiducial le confirment?: M?lenchon doit imp?rativement revoir sa copie?   Malgr? ...

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M?lenchon doit changer sa communication

FERGUS L’impression diffuse d’une communication inefficace du leader du Front de Gauche s’était installée au fil des mois. Les résultats du 1er tour de la législative partielle de Beauvais avaient accentué cette impression. Les chiffres du sondage Europe 1-Fiducial du jour … Lire la suite

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MOX et INTOX

Suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima débutée en mars 2011, le rouleau compresseur du village nucléaire a réalisé et réalise son implacable programme.

- décembre 2011 : déclaration « d’arrêt à froid » des 3 ex-réacteurs

- année 2012 : opération communication-intox pour marteler que tout est maîtrisé, qu’il y a zéro morts à Fukushima, qu’il n’y a pas de catastrophe sanitaire

- juillet 2012 : redémarrage de la centrale nucléaire d’Ohi, afin de combattre l’idée que vivre sans nucléaire est possible

- avril 2013 : redémarrage du commerce français du MOX avec le Japon, arrêté en 2011, pour continuer à faire de l’argent sur le dos de la santé des populations

Merci aux citoyens français qui se sont mobilisés le 17 avril 2013 à Cherbourg pour rendre visible l’inacceptable : le commerce outrancier et insultant d’une énergie policière et mortifère.

Qu’est-ce que le MOX ?

Le MOX est un combustible nucléaire fabriqué en France composé d’oxydes d’Uranium et de Plutonium. Le réacteur n° 3 de Fukushima Daiichi, qui a explosé le 14 mars 2011, avait été chargé au MOX.

MOX: 40 antinucléaires réunis près du port de Cherbourg sauvent l'honneur de la France au Japon

Partis ce mercredi à 0 h 20 de l'usine Areva de la Hague, les trois camions transportant le combustible nucléaire sont arrivés le 17 avril à 2 h 30 sur le port de Cherbourg. 40 antinucléaires ...

http://leblogdejeudi.fr/mox-40-antinucleaires-pacifistes-sauvent-lhonneur-de-la-france-au-japon/

En savoir plus grâce au Blog de Jeudi

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Plan am?ricain de d?stabilisation de la r?gion, de l?Irak au Liban en passant par le Syrie et la Jordanie

  Ce n?est pas exag?r? de dire que l?ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Maura Connelly, a donn? le coup d?envoi du nouveau plan am?ricain visant ? r?pandre le d?sordre s?curitaire et ? cr?er une ambiance de confrontation qui conduira au vide dans le pays ? l?occasion des ?lections l?gislatives. Une ...

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Killing Descartes

Je voudrais travailler à rendre les hommes plus profonds et meilleurs en les amenant à réfléchir sur eux-mêmes. Je suis en désaccord avec l'esprit de ce temps, parce qu'il est plein de mépris pour la pensée... L'homme moderne, surmené de travail, n'est plus capable de véritable recueillement, et il perd sa spiritualité dans tous les domaines... Or, la renonciation à la pensée est la faillite de l'esprit.

Albert Schweitzer, À l'orée de la forêt vierge, préface.

Bubbles girlsPetite cure de stimulation intellectuelle ce week-end, au Marathon des Sciences de Fleurance ou l'occasion incroyable de se goinfrer 12 heures de conférences scientifiques entrecoupées de pauses foie gras et autres œnogastronomies plus ou moins locales. L'occasion, surtout, de ne pas s'encroûter du ciboulot, de croiser des gens intéressants et de se rendre compte que cela fait un petit moment que je me laisse distraire, au propre comme au figuré, par de petites considérations futiles et sans importance.

De la distraction, oui, comme évidence technologique pendant que les orateurs défilent sur fond d'écran géant, devenant étrangement les commentaires vivants des vrais clous du spectacle, à savoir leurs foutus sliders PowerPoint. Cette constatation est d'autant plus vraie que la technologie, puisqu'il s'agissait bien du sujet de cette année, a plutôt tendance à prendre le pas sur l'homme de science, le slider s'agrémentant de musiques et de vidéos. Je commençais à me demander qui de la machine ou de l'homme fait le show, quand est arrivée la seule intervenante du jour, son iPad greffé au creux du coude. Je sais, par expérience assez directe, que tout le monde n'est pas à l'aise dans la communication orale et je me souviens des colloques organisés annuellement par mon ancien laboratoire de recherche, histoire, probablement, de nous préparer à ce genre d'épreuve qui fait partie de la vie normale et nécessaire du chercheur, apprenti ou confirmé.

Là, je sais tout de suite qu'elle souffre.
Et que son iPad est sa bouée, son pupitre, son pense-bête, tout. Elle lit son exposé sans parvenir à décoller du texte, elle peine à insuffler un rythme et puis, c'est le drame : la tablette se met en veille et la voilà obligée de se traîner ce poids mort coincé à son bras. Étrange démonstration par l'absurde de la dépendance technologique, celle que je fuis sans jamais pouvoir y échapper, celle que j'apprivoise, à laquelle je ne fais de concessions que parce que je m’astreins, par ailleurs, à cultiver mon autonomie technologique par tous les moyens.

La soirée est déjà bien avancée quand arrive l'homme seul. Il débarque sans ordi, sans pointeur laser et avec un sens assez consommé de la mise en scène, il s'installe ostensiblement seul dans un coin de l'immense scène à présent presque complètement plongée dans la pénombre. Il s'assied posément sur une chaise d'une outrageante banalité, chausse ses lorgnons de jeune vieillesse et pose ses notes de papier sur ses genoux croisés. Sa seule présence, sa seule installation sont la démonstration incorporée de l'autonomie de la machine humaine sur la distraction technologique. Pas d'effets, pas d'images, pas de son, pas de grands mouvements de scène, juste un homme sur une chaise qui déploie patiemment ses idées, qui inocule son propre rythme, qui peut choisir de digresser dans son discours ou de ne pas arriver où on l'attend. Et la lumière ne naît que de ses paroles, que de son processus intellectuel endogène. Il relègue la machine au rang d'accessoire ou de prothèse de l'humain et rejette, dans son seul comportement, notre indépassable soumission à l'ordre technologique. Et là, seulement équipé de ses lunettes et de ses feuilles de notes, il dessine à grands traits la dystopie de la transhumanité, transformant sa propre intervention en démonstration de son propos.

L'homme-machine de Descartes devient le machin de la prouesse technologique, pense qu'il est noble de chercher à repousser ses limites alors qu'il ne parvient même pas à suffisamment se penser lui-même pour parvenir à les tracer. Nous rêvons nous-mêmes de devenir des moutons électriques parce que nous avons renoncé à interroger notre propre humanité et que nous croyons sincèrement nous améliorer en l'aliénant à la technologie.

Je regarde cet homme assis tout seul sur sa grande estrade vide et je reviens toujours à la même question : qu'est-ce qui est vraiment important dans tout cet immonde foutoir qu'est notre monde ?

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