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Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours ? Partie 2

Texte int?gral publi? le 28 octobre 2013: http://centpapiers.com/histoire-spirituelle-et-intellectuelle-de-lhumanite-de-la-tradition-primordiale-a-nos-jours/ Premi?re partie publi?e le 9 novembre 2013: http://centpapiers.com/histoire-spirituelle-et-intellectuelle-de-lhumanite-de-la-tradition-primordiale-a-nos-jours-partie-1/   Deuxi?me partie: Histoire spirituelle et intellectuelle de l?humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours ??Les rois schismatiques amenaient avec eux une civilisation corrompue, la mollesse ionienne, le luxe de l?Asie, les moeurs ...

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Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours – Partie 1

Texte int?gral publi? le 28 octobre 2013: http://centpapiers.com/histoire-spirituelle-et-intellectuelle-de-lhumanite-de-la-tradition-primordiale-a-nos-jours/ Premi?re partie: Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours Ce texte est un essai, car c?est un sujet dont une d?monstration totalement rigoureuse n?est pas possible. Nous allons remonter trop loin dans le temps, sans m?me ...

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Histoire spirituelle et intellectuelle de l’humanit?, de la Tradition primordiale ? nos jours

Ce texte est un essai, car c?est un sujet dont une d?monstration totalement rigoureuse n?est pas possible. Nous allons remonter trop loin dans le temps, sans m?me en conna?tre les dates exactes. Cette th?se admet l?existence de cycles, elle part du d?but du cycle en cours afin d?observer la d?cadence ...

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L’? acculturation ? revendiqu?e ou le coefficient autor?ducteur

Par Youssef Girard Durant la p?riode coloniale, les peuples colonis?s ont lutt? contre les politiques de d?personnalisation et d’assimilation des puissances occupantes – singuli?rement les peuples ayant v?cu sous le joug de l’imp?rialisme fran?ais pass? ma?tre dans l’art de d?truire les cultures des peuples vivant sous sa domination. La r?sistance ...

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La d?mocratisation de la barbarie

    de Di?guez (Anthropologie Critique) 130907 Manuel de Di?guez L?imp?ritie politique la plus titanesque culmine toujours dans une m?connaissance colossale des fondements de l??thique internationale. Cette c?cit? cyclop?enne trouve de nos jours son expression la plus ?loquente dans l?immoralit? himalayenne sur laquelle une d?mocratie mondiale auto-messianis?e sous les aur?oles ...

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Au nom du p?re

La polémique autour du mariage pour tous a surtout été une belle occasion ratée d’avoir un vrai débat de fond sur la société au lieu d’un affrontement stérile autour d'une problématique d’un autre âge.

La rencontreCela dit, cette pénible surenchère a toujours eu le mérite, pour le pouvoir en place, de détourner l’attention de ce qu’il trame en coulisse et une belle occasion, pour les médias de remplir des colonnes et des éditoriaux à la truelle avec un fond de réflexion qui aurait largement pu tenir sur le recto d’un confetti.

Finalement, on a surtout eu le droit à une immense diversion : deux camps qui s’affrontent et à la fin, un qui gagne. Au milieu, même pas l’embryon d’un débat de société sur un sujet pourtant hautement fondamental : qu’est-ce qu’une famille aujourd’hui ?

Je n’évacue pas le bienfondé de la démarche des homosexuels quant à avoir accès aux mêmes droits fondamentaux que les autres familles, mais cela devait-il nécessairement passer par le renforcement du mariage comme acte fondateur d’une famille et de l’attachement de droits divers et vaguement égalitaires à cette seule construction ?
Tout ce bruit pour rien, pour quelques centaines de personnes par an, tout au plus, alors que des millions d’entre nous n’ont plus de place, ne se reconnaissent plus dans des structures sociales héritées de siècles de pouvoir patriarcal.

De quoi parle-t-on vraiment quand on parle de mariage ?

On parle de cet acte public qui consiste à poser le fondement d’une famille dans le sens le plus traditionnel et restrictif du terme : un homme qui donne son nom à une femme et qui par là même revendique la propriété de son ventre quant à toute la progéniture qui en sortira dorénavant. C’est un acte qui s’inscrit dans l’idée de la transmission du nom et de la propriété privée. C’est une démonstration politique de l’alliance au sens propre et figuré de deux familles et de leur patrimoine à travers leur descendance commune.
Voilà ce qu’est réellement le mariage et le fait que la Révolution française l’a rendu civil, c’est à dire a offert la possibilité de contracter cet engagement sans l’intervention de l’Église ne gâche en rien le fait que la mariée est là l’enjeu d’une transaction génétique et financière, que le père continue de la donner au mari, comme un bien qui s’échange, que dans la majorité des cas, l’identité des femmes continue à s’effacer au profit du patronyme qui sera automatiquement légué aux enfants de cette femme, à savoir la prédominance du nom du père. D’ailleurs, dans nos contrées, on continue toujours à désigner les familles par leur patronyme : voilà les Machins, c’est ici que vivent les Bidules, tiens, ce ne serait pas le petit Trucmuche ? Nombre de courriers administratifs et commerciaux continuent d’être adressés à « monsieur et madame prénom et nom de l’homme », la femme n’étant plus qu’une extension du mari, dépossédée jusque de son prénom.

Et c’est donc pour défendre l’extension de cette conception bien particulière et restrictive de la famille que des millions de laïcards, gays, lesbiennes, gauchistes et progressistes ont défilé, alors que fondamentalement, les défenseurs du mariage que pour leur gueule, dans le cadre de la famille rétrograde et figée dans le temps, avaient bien raison de défendre le caractère bourgeois et patriarcal d’une institution à travers laquelle ils continuent à s’assurer la perpétuation de valeurs (et de patrimoines, en passant) biens moisies.

Qu’est-ce qu’une famille?

En gros, depuis le code Napoléon, un concept qui n’a pas beaucoup bougé : le père, la mère, les gosses. L’essentiel de notre système social est construit autour de cette gentille image d’Épinal dont le pivot est encore et toujours l'inusable « chef de famille ».
Dans la vraie vie, ces dernières années, j’observe surtout que les exceptions sont en passe de devenir plus abondantes que la règle. Cette semaine encore, on rappelait que de plus en plus de nos compatriotes vivaient totalement seuls, des célibataires et donc pas des familles. J’observe aussi le nombre incroyable de mères célibataires qui jonglent comme elles le peuvent pour élever plus ou moins seules leurs enfants dans un monde où absolument rien n’est pensé pour leur faciliter un tant soit peu la tâche. Bien plus encore, la structure familiale est aujourd’hui une sorte de nébuleuse totalement éclatée, aux contours flous, et il n’est pas rare de retrouver jusqu’à 4 ou 5 patronymes différents sur la même boite aux lettres.

Quel cadre, quelles lois, quels droits pour ces très nombreuses familles recomposées au hasard de la vie, avec des parents en garde alternée, des coparents, plus ou moins présents, des enfants de plusieurs lits qui cohabitent avec les enfants en commun et ceux des pièces rapportées. À l’arrivée, voilà des foyers où le nombre de présents varie perpétuellement de 1 à 10 membres, selon les jours de la semaine ou les périodes de l’année.
Dites-moi de quelle manière notre système social intègre cette nouvelle réalité des liens flous, limités dans le temps et l’espace, en perpétuelle reconstruction et invention. Comment sont pris en compte les grands enfants qui reviennent chez l’un ou l’autre à la faveur d’une carrière en dents de scie, les vieux parents qui ne peuvent acquitter le double SMIC de la maison de retraite, le bébé éprouvette de la nouvelle copine de la mère de mon pote ou ce couple qui fonctionne mieux à trois ?
Comment distingue-t-on les couples sexués des colocations fluctuantes, des mobilités permanentes, des infidélités au long cours ? Pourquoi n’y a-t-il pas de statut de la maitresse quand bien même nous avons déjà eu un président de la République célèbre pour sa polygamie, même si personne n’a jamais osé prononcer le mot pour parler de sa deuxième vie, de sa deuxième famille ? Comment admettre que l’époux de la dernière heure ait plus de droits que le compagnon de toute une vie ? Pourquoi continue-t-on à déterminer les droits sociaux des femmes en fonction de leur statut sentimental et trouve-t-on normal que toute femme célibataire qui couche doive se faire entretenir par son compagnon ? Pourquoi ne soupçonne-t-on jamais deux colocataires de même sexe d’être un couple alors que l’inverse est systématique ? Pourquoi la plupart de nos droits sociaux, patrimoniaux ou fiscaux sont-ils encore liés à notre statut marital alors qu’il est aisé de voir à quel point cet ancrage est de plus en plus diffus, temporaire et mouvant ?

Voilà ce que j’aurais préféré que l’on porte sur la place publique plutôt qu’une polémique stérile sur l’extension d’une tradition patriarcale pour une infime minorité, au détriment de toutes les autres. Un débat sur la famille au XXIe siècle aurait probablement évité l’écueil de la stigmatisation des gays, alors que la question de l’égalité des droits dans notre société concerne tellement plus de gens.

Le mariage pour tous ou l’universalité des droits sociaux sans conditions discriminantes d’âge, de sexe, d’origine ou de mode de vie : ma religion est faite!

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Crise de l?innovation ou crise financi?re ?

Vous avez certainement remarquer, que j’évoque régulièrement. Le fait que le modèle économique ne plus adapté, à la réalité de notre civilisation actuelle. Car elle retarde l’évolution naturelle de l’humanité, au profit de quelques mécréants. Dirigeant le génie du cerveau collectif à leur intérêt propre, et la plupart des citoyens sont inconscients de la problématique. [...]

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Crise de l?innovation ou crise financi?re ?

Vous avez certainement remarquer, que j??voque r?guli?rement. Le fait que le mod?le ?conomique ne plus adapt?, ? la r?alit? de notre civilisation actuelle. Car elle retarde l??volution naturelle de l?humanit?, au profit de quelques m?cr?ants. Dirigeant le g?nie du cerveau collectif ? leur int?r?t propre, et la plupart des citoyens ...

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Du Lakota ? Gaza ? La profonde blessure de Wounded Knee

GAETAN PELLETIER Le 29 décembre est le 122ième anniversaire du massacre de Wounded Knee. C’est une catastrophe dont le souvenir est encore frais dans l’esprit des peuples autochtones d’Amérique. Chaque génération en perpétue le souvenir. En 1891, en faisant l’historique … Lire la suite

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La faim d’un monde

On a beau faire, cette apocalypse s'annonce bien mal emmanchée.

C'est l'heure de rentrer, même s'il est encore tôt...Déjà, ça manque cruellement de délit d'initiés, vous ne trouvez pas ? Une bonne fin du monde, ça se prévoit, certes, un peu à l'avance, mais surtout, il faut que la date soit bien confirmée avant de pouvoir commencer à songer à régler ses petites affaires en cours. Il y a bien eu des fuites, mais rien de très convaincant, en dehors de l'évasion soi-disant fiscale très suspecte et précipitée d'un gros mangeur vers la région de Néchin. Parce que franchement, en dehors d'une info de première main sur la possibilité de passer à travers les mailles du filet apocalyptique, comment expliquer autrement qu'un type échange un magnifique hôtel particulier avec piscine en plein cœur de Paris pour un pavillon Sam'suffit bien glauque dans un bled sinistre paumé au milieu de nulle part, et tout ça, en brûlant systématiquement tous ces vaisseaux ? Hein ? Juste pour une poignée de millions en plus ? À d'autres !


Bref, il faut des gens pour vendre la mèche, sinon, aller dire ses quatre vérités à quelques personnes bien triées sur le volet demain peut s'apparenter à un suicide social dès lundi prochain quand il faudra retourner au taff devant des collègues hilares et nettement plus prévoyants que vous. Parce que c'est ça, le truc bandant avec la fin du monde, c'est que ça commence par être la fin des conséquences. Un monde sans lendemain est un monde où on n'a pas à assumer ses erreurs, ses conneries, ses lâchetés, ses renoncements, ni même sa gueule de bois. C'est un monde sans règles, sans contraintes, sans sanctions, c'est probablement ce qui se rapproche le plus du paradis néolibéral, la triste réalité en moins. Dans la vraie vie, on peut effectivement se lobotomiser à grands coups de mauvaise foi jusqu'à nier superbement les conséquences sonnantes, trébuchantes et agonisantes de ses décisions égoïstes, mais dans un contexte de fin globale imminente, tout acte est égal à un autre, parce qu'il n'y aura plus personne pour présenter l'ardoise à la fin des festivités.

Le truc, c'est qu'on n'est sûrs de rien. Donc, impossible de flamber tout le PEL de la famille dans un aller simple sous les cocotiers, histoire d'avoir une vue imprenable sur le cataclysme, impossible de régler ses comptes, solder ses rancunes, se libérer de ses chaînes. On est condamné à faire comme d'habitude jusqu'à preuve du contraire et à s'imaginer, horrifiés, que la dernière chose que l'on verra du monde sera Ginette, du service comptable, en train de raconter une blague pas drôle devant la machine à café du deuxième étage. Ça, c'est plus déprimant que toutes les fins du monde réunies !
Pire ! Il y a des gens qui misent sur leur survie ! Des gens qui dépensent sans compter depuis des mois, voire des années, pour se bunkériser dans un placard à godasses avec un an de haricots Heinz sur les étagères et deux fois le stock d'armes des Men in Black dans le buffet pour s'assurer une bonne place dans le monde d'après.

Putain, rien qu'à l'idée que je pourrais survivre à la fin de la civilisation pour me retrouver sur la même planète que ces mecs-là, ça me file gravement le bourdon ! Ce serait comme maintenant, mais sans la douche chaude et Internet et avec plus que des killers pétomanes comme voisins ! Franchement, vous avez toujours envie de survivre ?
Parce que voilà, ce qui est bien, avec la fin du monde, c'est que c'est un peu comme la fin de soi (qui, elle, est totalement certaine et garantie !) sauf qu'on peut la mettre sur Google Agenda et qu'on est sûr de ne rien rater ensuite. Tout comme on est sûr que personne ne dira de conneries sur notre tombe et ça, c'est quand même vachement réconfortant.
Ce qui est aussi très réconfortant, mais à un point tellement inimaginable que cela doit bien expliquer en partie l'engouement pour ce genre de mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'existe absolument rien de plus démocratique et égalitaire qu'une bonne fin du monde rondement menée.
Franchement, n'est-il pas réjouissant de penser que Madame Merkel n'a rigoureusement pas plus d'avenir que les Grecs qu'elle a si méticuleusement conduits au bord du suicide collectif ? C'est un peu comme un remake géant des écuries d'Augias, sauf que les chevaux aussi vont y passer. Demain, on nettoie toute la merde, on atomise les blaireaux, les crétins, les profiteurs, les voleurs, les menteurs, les corrompus, les pollueurs, toute la bande d'incompétents qui nous mène tambour battant au bord du précipice dans le plus bel élan de saloperie collective de notre espèce qui n'est pourtant pas novice en la matière. Nettoyés les banquiers, les patrons, les petits-bras, les gros riches et les faméliques. Tout le monde est sur le même bateau et il n'y aura de canot de sauvetage pour personne.

Je pense que c'est cette idée qui rend cette fin du monde tellement populaire. Du passé, faire table rase. Une grande aspiration révolutionnaire de sans-couilles, puisque finalement, on attend tranquillement que la fatalité se charge du boulot à notre place. On attend la fin, comme on a attendu tout le reste, comme un gros troupeau de bovidés blasés et résignés. Une fin de règne animal, le suicide d'une espèce.

Donc, il va y avoir pas mal de déçus dans les jours qui viennent. Et c'est peut-être à partir de ce moment-là que les choses vont devenir nettement plus intéressantes. L'idée que notre univers n'en a rien à secouer de nous. Qu'il n'existe pas de Deus ex machina pour liquider le bordel à notre place. Pas plus qu'il n'y a eu d'homme providentiel jailli des urnes pour nous ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent.


Ni Dieux, ni maîtres, ni extra-terrestre, que dalle, bernique... juste nous !

Juste nous, nos vies, nos choix, nos renoncements et notre incapacité actuelle à prendre nos destins en main, à accepter l'idée que la vie, c'est agir et non subir.

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La faim d’un monde

On a beau faire, cette apocalypse s'annonce bien mal emmanchée.

C'est l'heure de rentrer, même s'il est encore tôt...Déjà, ça manque cruellement de délit d'initiés, vous ne trouvez pas ? Une bonne fin du monde, ça se prévoit, certes, un peu à l'avance, mais surtout, il faut que la date soit bien confirmée avant de pouvoir commencer à songer à régler ses petites affaires en cours. Il y a bien eu des fuites, mais rien de très convaincant, en dehors de l'évasion soi-disant fiscale très suspecte et précipitée d'un gros mangeur vers la région de Néchin. Parce que franchement, en dehors d'une info de première main sur la possibilité de passer à travers les mailles du filet apocalyptique, comment expliquer autrement qu'un type échange un magnifique hôtel particulier avec piscine en plein cœur de Paris pour un pavillon Sam'suffit bien glauque dans un bled sinistre paumé au milieu de nulle part, et tout ça, en brûlant systématiquement tous ces vaisseaux ? Hein ? Juste pour une poignée de millions en plus ? À d'autres !


Bref, il faut des gens pour vendre la mèche, sinon, aller dire ses quatre vérités à quelques personnes bien triées sur le volet demain peut s'apparenter à un suicide social dès lundi prochain quand il faudra retourner au taff devant des collègues hilares et nettement plus prévoyants que vous. Parce que c'est ça, le truc bandant avec la fin du monde, c'est que ça commence par être la fin des conséquences. Un monde sans lendemain est un monde où on n'a pas à assumer ses erreurs, ses conneries, ses lâchetés, ses renoncements, ni même sa gueule de bois. C'est un monde sans règles, sans contraintes, sans sanctions, c'est probablement ce qui se rapproche le plus du paradis néolibéral, la triste réalité en moins. Dans la vraie vie, on peut effectivement se lobotomiser à grands coups de mauvaise foi jusqu'à nier superbement les conséquences sonnantes, trébuchantes et agonisantes de ses décisions égoïstes, mais dans un contexte de fin globale imminente, tout acte est égal à un autre, parce qu'il n'y aura plus personne pour présenter l'ardoise à la fin des festivités.

Le truc, c'est qu'on n'est sûrs de rien. Donc, impossible de flamber tout le PEL de la famille dans un aller simple sous les cocotiers, histoire d'avoir une vue imprenable sur le cataclysme, impossible de régler ses comptes, solder ses rancunes, se libérer de ses chaînes. On est condamné à faire comme d'habitude jusqu'à preuve du contraire et à s'imaginer, horrifiés, que la dernière chose que l'on verra du monde sera Ginette, du service comptable, en train de raconter une blague pas drôle devant la machine à café du deuxième étage. Ça, c'est plus déprimant que toutes les fins du monde réunies !
Pire ! Il y a des gens qui misent sur leur survie ! Des gens qui dépensent sans compter depuis des mois, voire des années, pour se bunkériser dans un placard à godasses avec un an de haricots Heinz sur les étagères et deux fois le stock d'armes des Men in Black dans le buffet pour s'assurer une bonne place dans le monde d'après.

Putain, rien qu'à l'idée que je pourrais survivre à la fin de la civilisation pour me retrouver sur la même planète que ces mecs-là, ça me file gravement le bourdon ! Ce serait comme maintenant, mais sans la douche chaude et Internet et avec plus que des killers pétomanes comme voisins ! Franchement, vous avez toujours envie de survivre ?
Parce que voilà, ce qui est bien, avec la fin du monde, c'est que c'est un peu comme la fin de soi (qui, elle, est totalement certaine et garantie !) sauf qu'on peut la mettre sur Google Agenda et qu'on est sûr de ne rien rater ensuite. Tout comme on est sûr que personne ne dira de conneries sur notre tombe et ça, c'est quand même vachement réconfortant.
Ce qui est aussi très réconfortant, mais à un point tellement inimaginable que cela doit bien expliquer en partie l'engouement pour ce genre de mauvaise nouvelle, c'est qu'il n'existe absolument rien de plus démocratique et égalitaire qu'une bonne fin du monde rondement menée.
Franchement, n'est-il pas réjouissant de penser que Madame Merkel n'a rigoureusement pas plus d'avenir que les Grecs qu'elle a si méticuleusement conduits au bord du suicide collectif ? C'est un peu comme un remake géant des écuries d'Augias, sauf que les chevaux aussi vont y passer. Demain, on nettoie toute la merde, on atomise les blaireaux, les crétins, les profiteurs, les voleurs, les menteurs, les corrompus, les pollueurs, toute la bande d'incompétents qui nous mène tambour battant au bord du précipice dans le plus bel élan de saloperie collective de notre espèce qui n'est pourtant pas novice en la matière. Nettoyés les banquiers, les patrons, les petits-bras, les gros riches et les faméliques. Tout le monde est sur le même bateau et il n'y aura de canot de sauvetage pour personne.

Je pense que c'est cette idée qui rend cette fin du monde tellement populaire. Du passé, faire table rase. Une grande aspiration révolutionnaire de sans-couilles, puisque finalement, on attend tranquillement que la fatalité se charge du boulot à notre place. On attend la fin, comme on a attendu tout le reste, comme un gros troupeau de bovidés blasés et résignés. Une fin de règne animal, le suicide d'une espèce.

Donc, il va y avoir pas mal de déçus dans les jours qui viennent. Et c'est peut-être à partir de ce moment-là que les choses vont devenir nettement plus intéressantes. L'idée que notre univers n'en a rien à secouer de nous. Qu'il n'existe pas de Deus ex machina pour liquider le bordel à notre place. Pas plus qu'il n'y a eu d'homme providentiel jailli des urnes pour nous ouvrir la voie vers des lendemains qui chantent.


Ni Dieux, ni maîtres, ni extra-terrestre, que dalle, bernique... juste nous !

Juste nous, nos vies, nos choix, nos renoncements et notre incapacité actuelle à prendre nos destins en main, à accepter l'idée que la vie, c'est agir et non subir.

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