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Tag Archives: Chute

L?huile de l?Arbre

OLIVIER CABANEL L’olivier, cet arbre millénaire a beaucoup à nous apprendre, et un ancien funambule fildefériste devenu producteur d’olives en Sicile, nous ouvre le chemin de très belles découvertes. C’est dans l’émission d’Alain Kruger « on ne parle pas la bouche … Lire la suite

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Le crash test ?conomique chinois

Au mois d’octobre 2012, les importations chinoises ont lourdement chut? et sont m?me descendues sous la moyenne de 2011 (145 milliards de dollars). Les exportations ont aussi nettement baiss? apr?s le boum des commandes de No?l. Lian Ping, ?conomiste en … Lire la suite

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Quand la Chine tremblera, le dollar s?effondrera

La dette publique des USA atteint aujourd’hui 16 239 milliards de dollars. Source 😕US Debt Clock Avec un PIB, que j’?value ? environ 15 663 milliards de dollars (0,8% de progression du PIB par trimestre, voir?Blog), les USA ont donc atteint en d?cembre 2012,?103% de dette?par rapport au PIB. 3% ...

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L’huile de l’Arbre

L'olivier, cet arbre mill?naire a beaucoup ? nous apprendre, et un ancien funambule fildef?riste devenu producteur d'olives en Sicile, nous ouvre le chemin de tr?s belles d?couvertes. C'est dans l'?mission d'Alain Kruger ? on ne parle pas la bou...

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L’huile de l’arbre

OLIVIER CABANEL L?olivier, cet arbre mill?naire a beaucoup ? nous apprendre, et un ancien funambule fildef?riste devenu producteur d?olives en Sicile, nous ouvre le chemin de tr?s belles d?couvertes. C?est dans l??mission d?Alain Kruger???on ne parle pas la bouche pleine??, sur l?antenne de France culture, du?7 avril?2012?qu?on a pu d?couvrir ...

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Le grand soir

Cela fait tellement de temps qu'on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d'avant.
Et pourtant, j'ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.


Lutte

  • Manière, c'est pas compliqué : dès que ça pète, je sors le manche de pioche !

Puis, il retourne tranquillement négocier sa vie somme toute assez plaisante entre le travail que l'on est bien content d'avoir gardé dans la tourmente et les petites compensations que l'on s'octroie régulièrement pour oublier combien les temps sont durs et l'horizon des jours nouveaux lointain et incertain.


C'est marrant, c'est exactement cette ambiance foutraque que le duo Délépine/kervern, les deux clowns les plus déprimés de l'histoire de la contestation sociale, a si bien décrite dans son film Le Grand Soir. La désespérance des déchus, des jamais soumis, des marginaux qui se heurte de plein fouet avec la résignation consumériste de ceux qui sont encore dans la matrice et s'offrent des indignations à bon compte avant d'aller s'acheter au prix du sang et de la sueur le dernier gadget à la pomme totalement hors de prix et de propos.


En fait, c'est en train de péter


Là, juste maintenant, sous nos yeux et partout. Les gouvernements aux ordres de la finance, des organisations commerciales, des multinationales tapent dur et fort sur les peuples du monde, sous des prétextes plus ou moins vaseux, dont le manque d'imagination et de crédibilité traduit manifestement un grand laissé-aller dans le carnaval pseudodémocratique. C'est gravement en train de péter de partout, les coups d'États financiers ouvrent la voie aux coups d'État parlementaires qui eux-mêmes s'assoient pesamment sur les Constitutions de plus en plus de pays et tout cela provoque partout et en ce moment la misère des peuples et la révolte des opprimés les plus désespérés dans l'indifférence polie du plus grand nombre. 


Sur tous les continents, les conditions de vie de plus en plus de personnes se dégradent significativement selon, toujours, les mêmes modalités : l’explosion de la bulle immobilière américaine a ravagé la classe moyenne laborieuse, avant de s'étendre à l'ensemble de la planète par de très astucieux jeux de contamination financière interbancaire, jusqu'à ce que tout le casino planétaire tremble sur ses fondations. À ce moment-là, les rois du bonneteau financier international ont fait un énorme tapis en réclamant l'aide inconditionnelle des finances publiques sous la menace d'un effondrement total de civilisation. Abondamment nourris et financés par ces géants de pognons aux pieds d'argile, les dirigeants des démocraties mondiales, censés représenter les intérêts des peuples qui les ont portés au pouvoir, ce sont empressé de vider les coffres des nations pour que les grandes lessiveuses à essorer la richesse collective ne ralentissent surtout pas le rythme. Et ensuite, ces mêmes instances financières sont venues chouiner que le braquage des peuples avait quelque peu compromis leur capacité à rembourser leurs dettes iniques nées pour la plupart du changement constant des règles budgétaires et monétaires et dont la ligne directrice depuis 40 ans pourrait se résumer ainsi : privatiser les gains et les ressources, socialiser les pertes ! Et les gouvernements corrompus se sont empressés de détourner leurs mandats prétendument démocratiques pour organiser la grande purge des populations au bénéfice d'une toute petite élite financière pourtant déjà gavé jusqu'à la glotte.


De serrages de ceinture permanents en reculs sociaux concertés, tout ce qui avait été plus ou moins mis en place dans le cadre du grand contrat social entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui font du gras en prélevant leur dîme indécente dessus, est en train d'être définitivement détruit. Là où la société exige le respect des règles et des contraintes de la vie collective, l'aliénation d'une part de nos libertés, en échange du bien-être et de la sécurité, il ne reste plus qu'une sorte d'immonde simulacre de la loi de la jungle. Et quand il n'y a plus rien à sacrifier, plus rien à quoi renoncer, quand on a déjà tout perdu, tout ce à quoi l'on croyait, tout ce à quoi on voulait nous faire croire, il ne reste plus alors que le désespoir, la mort ou la révolte. 


Partout, en ce moment, dans le monde, des gens se soulèvent. Ils dénoncent le grand hold-up du siècle. Ils ont pris conscience de l'ampleur du désastre et se retrouvent confrontés aux matraques de ceux qui étaient censés les protéger. Mais ce ne sont que quelques poignées d'enragés, quelques vagues de désespérés, rien qui n'agite encore les courants forts de la révolte sous la ligne de flottaison des foules placides.


On râle, on serre les boulons, on bricole, on traficote à droite et à gauche, on tente de tenir. Juste encore un peu.

En attendant quoi ? En attendant qui ? 

La cavalerie ? Le sauveur ? Le putain de grand soir ?


Le grand soir, c'est nous. 

Et pendant que je vois ces millions de petites fenêtres qui clignotent de publicités et de fausses nouvelles dans le jour déclinant, ces millions de petites histoires transies et honteuses qui s'imaginent vivre dans une autre époque révolue, ces millions de petites lueurs dispersées qui ne parviennent plus à faire reculer les ténèbres, je me dis que le grand soir s'est égaré quelque part au fond de la cinquième étagère de la travée 4 de l'Auchan ou de l'Ikéa du coin et que nous tous, on l'a bien profond dans le cul !

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Le grand soir

Cela fait tellement de temps qu'on en a marre de tout ça, que je ne me souviens plus d'avant.
Et pourtant, j'ai toujours cette impression persistante de chute interminable et de fuite en avant.
Et pourtant, malgré toutes ces frustrations, ces colères et ces belles envolées lyriques, plus ça va mal et plus on ne fait rien.


Lutte

  • Manière, c'est pas compliqué : dès que ça pète, je sors le manche de pioche !

Puis, il retourne tranquillement négocier sa vie somme toute assez plaisante entre le travail que l'on est bien content d'avoir gardé dans la tourmente et les petites compensations que l'on s'octroie régulièrement pour oublier combien les temps sont durs et l'horizon des jours nouveaux lointain et incertain.


C'est marrant, c'est exactement cette ambiance foutraque que le duo Délépine/kervern, les deux clowns les plus déprimés de l'histoire de la contestation sociale, a si bien décrite dans son film Le Grand Soir. La désespérance des déchus, des jamais soumis, des marginaux qui se heurte de plein fouet avec la résignation consumériste de ceux qui sont encore dans la matrice et s'offrent des indignations à bon compte avant d'aller s'acheter au prix du sang et de la sueur le dernier gadget à la pomme totalement hors de prix et de propos.


En fait, c'est en train de péter


Là, juste maintenant, sous nos yeux et partout. Les gouvernements aux ordres de la finance, des organisations commerciales, des multinationales tapent dur et fort sur les peuples du monde, sous des prétextes plus ou moins vaseux, dont le manque d'imagination et de crédibilité traduit manifestement un grand laissé-aller dans le carnaval pseudodémocratique. C'est gravement en train de péter de partout, les coups d'États financiers ouvrent la voie aux coups d'État parlementaires qui eux-mêmes s'assoient pesamment sur les Constitutions de plus en plus de pays et tout cela provoque partout et en ce moment la misère des peuples et la révolte des opprimés les plus désespérés dans l'indifférence polie du plus grand nombre. 


Sur tous les continents, les conditions de vie de plus en plus de personnes se dégradent significativement selon, toujours, les mêmes modalités : l’explosion de la bulle immobilière américaine a ravagé la classe moyenne laborieuse, avant de s'étendre à l'ensemble de la planète par de très astucieux jeux de contamination financière interbancaire, jusqu'à ce que tout le casino planétaire tremble sur ses fondations. À ce moment-là, les rois du bonneteau financier international ont fait un énorme tapis en réclamant l'aide inconditionnelle des finances publiques sous la menace d'un effondrement total de civilisation. Abondamment nourris et financés par ces géants de pognons aux pieds d'argile, les dirigeants des démocraties mondiales, censés représenter les intérêts des peuples qui les ont portés au pouvoir, ce sont empressé de vider les coffres des nations pour que les grandes lessiveuses à essorer la richesse collective ne ralentissent surtout pas le rythme. Et ensuite, ces mêmes instances financières sont venues chouiner que le braquage des peuples avait quelque peu compromis leur capacité à rembourser leurs dettes iniques nées pour la plupart du changement constant des règles budgétaires et monétaires et dont la ligne directrice depuis 40 ans pourrait se résumer ainsi : privatiser les gains et les ressources, socialiser les pertes ! Et les gouvernements corrompus se sont empressés de détourner leurs mandats prétendument démocratiques pour organiser la grande purge des populations au bénéfice d'une toute petite élite financière pourtant déjà gavé jusqu'à la glotte.


De serrages de ceinture permanents en reculs sociaux concertés, tout ce qui avait été plus ou moins mis en place dans le cadre du grand contrat social entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui font du gras en prélevant leur dîme indécente dessus, est en train d'être définitivement détruit. Là où la société exige le respect des règles et des contraintes de la vie collective, l'aliénation d'une part de nos libertés, en échange du bien-être et de la sécurité, il ne reste plus qu'une sorte d'immonde simulacre de la loi de la jungle. Et quand il n'y a plus rien à sacrifier, plus rien à quoi renoncer, quand on a déjà tout perdu, tout ce à quoi l'on croyait, tout ce à quoi on voulait nous faire croire, il ne reste plus alors que le désespoir, la mort ou la révolte. 


Partout, en ce moment, dans le monde, des gens se soulèvent. Ils dénoncent le grand hold-up du siècle. Ils ont pris conscience de l'ampleur du désastre et se retrouvent confrontés aux matraques de ceux qui étaient censés les protéger. Mais ce ne sont que quelques poignées d'enragés, quelques vagues de désespérés, rien qui n'agite encore les courants forts de la révolte sous la ligne de flottaison des foules placides.


On râle, on serre les boulons, on bricole, on traficote à droite et à gauche, on tente de tenir. Juste encore un peu.

En attendant quoi ? En attendant qui ? 

La cavalerie ? Le sauveur ? Le putain de grand soir ?


Le grand soir, c'est nous. 

Et pendant que je vois ces millions de petites fenêtres qui clignotent de publicités et de fausses nouvelles dans le jour déclinant, ces millions de petites histoires transies et honteuses qui s'imaginent vivre dans une autre époque révolue, ces millions de petites lueurs dispersées qui ne parviennent plus à faire reculer les ténèbres, je me dis que le grand soir s'est égaré quelque part au fond de la cinquième étagère de la travée 4 de l'Auchan ou de l'Ikéa du coin et que nous tous, on l'a bien profond dans le cul !

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Dans chaque riche, il y a un chien qui mord

OLIVIER CABANEL ?Il y a loin de la coupe aux l?vres, et notre nouveau pr?sident, pour qui certains affirment que ??le changement c?est du flan??, doit sans cesse rajouter de l?eau dans son vin, provoquant une logique chute de popularit? … Lire la suite

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La bataille de l?euro

  ROBERT BIBEAU ? La gabegie des profits? La pr?sente crise de l?Euro et de l?Euroland r?sulte d?une bataille entre les ploutocrates europ?ens et leurs alli?s et concurrents ?tatsuniens pour le contr?le des march?s internationaux. Quelle sera la devise du … Lire la suite

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Dans chaque niche, il y a un chien qui mord !

Il y a loin de la coupe aux lèvres, et notre nouveau président, pour qui certains affirment que « le changement c'est du flan », doit sans cesse rajouter de l'eau dans son vin, provoquant une logique chute de popularité dans les sondages. La récente affaire des « pigeons », menée tambour battant par un bataillon médiatique de chefs d'entreprises, provoquant le recul gouvernemental, en est l'une des démonstrations. Comme l'écrit Jean-Christophe Cambadélis (...) - Economie / , , ,

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Le cimeti?re des ?l?phants

Mais où sont donc passés les socialistes ?

Été indienVendredi, c'était ma journée troisième âge. C'est un peu abrupt, dit comme cela et ce n'est pas un exact reflet de la réalité. Disons qu'en d'autres temps, j'avais promis à un ami de veiller sur ses parents qui habitent nettement plus près de chez moi que de chez lui. C'était un deal honorable. Puis notre amitié s'est dissoute dans un océan de non-dits et sont restés les parents et ma promesse. Je me suis posé la question un moment avant de décider qu'une promesse est quelque chose de bien trop sérieux pour en faire un aléa circonstanciel. Et puis aussi, je n'avais aucune raison objective de punir de petits vieux qui ont toujours été parfaitement adorables avec moi.

J'avais un peu relâché le service ces derniers temps. Ça, comme le reste : je fais rarement dans le détail. Pas envie de montrer ma face obscure. Et puis, plus de voiture, ça aide beaucoup à distendre les relations intervillages dans mon coin de planète de grande ruralité. Ce qui aboutit toujours à des arbitrages à la con : se chauffer ou se déplacer. Que la question se soit imposée à moi en plein mois d'août ne change rien à la logique du choix final. Quand j'aurais brûlé la dernière goutte de fuel de la cuve, non seulement j'aurais eu froid, mais en plus j'aurais toujours été à pied, ce qui aurait grandement compromis ma capacité à gagner l'argent de la cuve suivante. Tandis que là, je vais peut-être me peler le cul dès la fin de l'été indien, mais au moins je pourrai continuer à quadriller la cambrousse. En attendant de résoudre mes problèmes de baignoire à mazout, je fais donc le plein de chaleur humaine.

La première visite était pour une de ses amies hospitalisée, grand-mère d'un autre ami, toujours en service actif. C'est rassurant de voir qu'au fil du temps, mon quota de pertes reste acceptable.
Elle se remet doucement d'une chute et d'un AVC, je ne sais plus dans quel ordre, le duo gagnant. Ce dont elle se remet moins bien, c'est de la vieillesse et de son hideux corollaire de dépendances. En gros, plus que ses jambes et son bras qui l'ont lâchée, c'est d'avoir perdu sa liberté de mouvement qui la mine au point où elle préférerait être morte du premier coup. Je comprends. Mais je ne peux pas approuver. Je trouve juste étrange que notre monde hypermédicalisé ne prenne pas du tout en compte les dépressions du troisième âge. On les perfuse, on les masse, on les rafistole, on les maintient vaguement en fonctionnement, et on s'étonne ensuite de les voir pleurer leur déchéance physique et leur peur de la mort. C'est pourtant terriblement humain. Mais on préfère les gaver d'antidépresseurs, histoire de ne pas épouvanter les familles démoralisées par toutes ces larmes de désespoir qui ne parviennent même plus à s'écouler dans les canyons que le temps a creusés dans leurs visages.
Du coup, je repense à une émission vue sur Arte où des médecins un peu expérimentateurs testent des trips de LSD sur les cancéreux en phase terminale. Juste pour apprivoiser la mort et la peur qui rôdent et gâchent souvent leurs derniers instants. Ça lui ferait du bien, un bon trip de LSD, bien plus que mes petites phrases vides pour lui rappeler qu'il y a toujours quelques bons moments à grappiller, jusqu'au bout, mais bon, même sans hallucinogènes, j'arrive à lui arracher quelques maigres sourires et c'est toujours ça de gagné !

La deuxième grand-mère, je ne la connais pas. Elle vit encore chez elle, mais sur elle aussi, l'étreinte du temps se fait sentir. Le temps et la vie. La chienne de vie et ses coups de pute que tu ne souhaiterais même pas à ton pire ennemi. Elle, elle a morflé, question coups de pute, ça, je le savais avant de la voir. J'aime bien le bleu délavé de ses yeux un peu gonflés, de larmes ou de lassitude, je ne sais pas, probablement un peu des deux. Ses traits ont fondu sous les assauts du temps, mais j'entrevois, ici et là, les vestiges de la femme qu'elle a été : une arrête nasale encore vive, un menton pas encore complètement effacé et une vivacité d'esprit que rien n'a encore totalement fait sombrer. J'aimerais tellement la photographier, mais j'ai déjà eu quelques discussions malheureuses avec des femmes comme elles, qui ne se reconnaissent plus depuis longtemps dans le miroir et qui refusent de fixer sur une photo ce que la vie leur a fait subir. Je me contente de photographier son lierre automnal et la laisse papoter avec sa copine un peu perdue de vue. Comme trop souvent, à ces âges.

Je crois qu'elle a suivi le cours de mes pensées, parce qu'elle me dit, alors que je la raccompagne chez elle après notre tournée des vieilles popotes : Vous savez, Agnès, à l'intérieur de moi, je n'aurai jamais mon âge.
Ça aussi, je comprends.

C'est sur le chemin du retour que je suis assaillie par l'odeur reconnaissable entre toutes du métal trop chaud. Quiconque a roulé en guimbarde sait très exactement de quoi je parle, de ce fumet qui anticipe parfois de fort peu le chant du cygne de la voiture. Je vérifie mon frein à main : parfaitement desserré. L'odeur s'accentue. Il y a, à présent, une note d'huile brûlée qui prend le dessus. Je n'ai la Saxo que depuis trois semaines et elle tourne comme une horloge. Je pensais qu'elle me laisserait tranquille plus longtemps. Mon garagiste m'avait félicitée pour la pertinence de mon choix. Trois semaines du pur bonheur d'une voiture qui démarre au quart de tour, qui ronronne doucement, qui me conduit sans à-coup du point A au point B et tout ça avec la consommation d'un dromadaire de compétition. Toujours aucun voyant suspect, aucune sensation étrange de conduite et ça sent la friture de moteur à plein pif.
Et puis, je le vois. Le petit panache de fumée qui s'élève du train arrière... de la Clio devant moi. Papet se traîne sur la départementale, parce que Papet a oublié de desserrer son frein à main.

Première rafale de feux de croisement. Les gars en face le prennent pour eux.
Seconde rafale, pause rapide, je remets ça. Je n'aime pas klaxonner. Je ne sais jamais où est le couineur. Finalement la Clio rouge s'immobilise sur le bas-côté. Je sors à la rencontre du Papet.

  • Ça alors, Agnès ! Mais je ne t'aurais jamais reconnue. Mais quelle silhouette tu as, à présent !
Ça doit bien faire deux ans que je n'ai pas vu Le Basque. Bon marcheur. Grand dragueur. Ségoliniste impénitent. Je suis sur sa mailing-list politique, mais depuis la fin de la primaire socialiste, il a pris un petit coup de mou. Ça me fait juste un immense plaisir de le revoir.
  • Et ouais, tu as vu ça ? Ça ne rigole plus !
Et je lui fais la danse des Cachous Lajaunie pour rigoler.
  • Cela dit, je ne t'ai pas fait arrêter sur le bas-côté pour vanter mes nouvelles mensurations, mais bien pour te prévenir que tu es en train de cramer ton système de freinage.
  • De quoi ?
  • Tu as oublié de desserrer ton frein à main, tu fumes depuis Manciet.
  • Oh putain, tu as raison ! Ça ne m'est jamais arrivé ! Oh là là.
Ça fume de partout. Je ne suis pas certaine de l'avoir prévenu à temps. Mais ce n'est pas trop grave.
  • Tu sais quoi ? Ce serait sympa qu'on se refasse une course en montagne, très bientôt.
  • Ben là, mon dos me fait un peu des misères, mais sinon, c'est une bonne idée.

Finalement, la petite voiture roule toujours aussi bien. C'est peu et c'est déjà beaucoup. Il fera encore chaud demain. Et après, on verra bien.

Quant aux socialistes, ils ont voté pour une promesse et ils savent déjà qu'ils ont été trahis. Je le savais avant, mais comme le disait un pote : au moins, ils seront plus cool avec les étrangers.
Ben, même pas ça !
Les prolos et les bonnes âmes sont toujours les grands cocus du bal politique : il y a cinq ans, on leur promettait de gagner plus ; il y a cinq mois, on leur vendait du changement. Et au final, tout se passe exactement comme s'ils n'étaient que des figurants de leur propre vie. Je pense qu'au prochain cirque électoral, on pourra aussi bien voter pour une couille de hamster, vu l'état de notre démocratie, ça ne fera pas plus de différence qu'autre chose.

Alors quoi, où je voulais en venir avec mes histoires sans queue ni tête ?
Nulle part.
Exactement comme pour tout le reste : Nulle part !

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