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	<title>CentPapiers &#187; anarchisme</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Les impostures écologistes &#8211; Epilogue : comment peut on être anti-écologiste?</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 05:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christian laurut</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/les-impostures-ecologistes-epilogue-comment-peut-on-etre-anti-ecologiste/93387/impostures" rel="attachment wp-att-93414"><img class="alignnone size-full wp-image-93414" title="Impostures" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/Impostures.jpg" alt="" width="500" height="333" /></a></p>
<p>Auteur d’un ouvrage éponyme et d’une récente série de onze articles intitulés « Les impostures écologistes » j’ai pu constater la difficulté à faire admettre l’idée même du droit à l’existence d’une telle appellation. Si l’étiquette d’anti-capitaliste est globalement correcte, celle d’anti-faciste chaudement recommandée, celle d’anti-impérialiste très acceptable, celle d’anti-socialiste plus difficile à porter mais possible, celle d’anti-mondialiste très tendance, celle d’anti-écologiste, par contre, dispute l’innocent saugrenu au psychopathe dangereux dans sa traduction populaire.</p>
<p>L’écologisme ayant l’image consolidée du Bien Commun, il apparaît dès lors impensable d’aller contre cette évidence sacrée à moins d’être un personnage peu recommandable nourrissant par surcroit de noirs desseins nuisibles à l’humanité toute entière. Je ne reviendrai évidemment pas sur les onze chapitres énumérant autant de raisons d’être anti-écologiste sans pour autant déshonorer le genre humain, et je me contenterai ici de récapituler les lignes directrices d’une pensée alternative à cette pensée devenue unique qui masque nombre de réalités et détourne fâcheusement le public des vrais enjeux imminents.<br />
Vous êtes anti-écologiste si :</p>
<p>1.    vous considérez que l’écologie est une science humaine non exacte dont l’objet est l’étude des conditions d’existence des espèces vivantes en relation avec leur milieu naturel et de ses évolutions depuis la nuit des temps et non une doctrine qui décide que le bon équilibre est celui constaté à un moment T de l’histoire et qu’il convient de maintenir cet équilibre par la force de la loi coercitive sur tous les individus de façon durable et définitive</p>
<p>2.    vous jugez que les « écologues », scientifiques humbles et circonspects, n’ont rien de commun avec les charlatans autoproclamés « écologistes » qui prétendent être les dépositaires des fondements du bien commun pour les siècles à venir et user de leur prétendu « Savoir » environnemental pour déverser une avalanches de lois, taxes et décrets dans tous les domaines de la vie civile, économique et sociale de chaque individu.</p>
<p>3.    vous pensez que la fin prochaine des ressources fossiles et minérales et leur raréfaction imminente ne peut être compensée par rien de comparable et que, par voie de conséquence, le déclin de la civilisation industrielle est inéluctable à très court terme, et que, dans ces conditions, les assurances illusoires des baraquins écologistes pour un maintien durable du système sont fallacieuses, voire criminelles, face à une réalité toute autre nécessitant une adaptation rapide et douloureuse aux techniques de freinage en pente glissante.</p>
<p>4.    vous constatez une collusion coupable de ces bonimenteurs avec les exploiteurs capitalistes pour les aider à maintenir le peuple exploité dans la religion de la croissance qui seule peut l’inciter à travailler sans qu’il soit nécessaire de recourir à la force.</p>
<p>5.    vous contestez l’acharnement thérapeutique de ces médicastres sur une société en fin de vie avec des remèdes cacochymes,  tels leur volonté de mettre en place une planification généralisée de la vie des gens, sous la férule d’un Etat Tout Puissant, dirigé par des technocrates illuminés et suspicieux de la liberté individuelle.</p>
<p>Ainsi, vous vous opposez à cette honteuse mystification et osez affirmer que les profonds bouleversements qui vont survenir dans les prochaines années ne pourront être surmontés par une société arc-boutée sur une gestion toujours plus autoritaire des populations. L’autoritarisme comme mode d’organisation sociale, avec ses variantes et déclinaisons historiques tels le féodalisme, le monarchisme, le despotisme éclairé, l’étatisme républicain, le bureaucratisme, et, dernier en date, le capitalisme étatique a régenté la vie humaine depuis vingt siècles et l’a amené à un stade de gonflement exponentiel dont l’implosion est proche. Il paraît dès lors légitime de se demander si un système anti-autoritaire, où l’état sans être absent n’aurait aucun pouvoir autre que celui de remplir des fonctions organiques plus aisées à remplir collectivement qu’avec une somme d’efforts individuels, serait vidé de toute substance protectrice constituant prétexte à l’infantilisation du peuple et déchargé de toute mission salvatrice de la misère sous le couvert de laquelle il se repaît de broyer l’individu. Ainsi réduit à l’état utilitaire de serviteur docile, cette entité devenue supraconsciente à force d’histoire serait alors transformée en simple entité-objet par un processus révolutionnaire généré naturellement par la dérive civilisationnelle subie à venir.</p>
<p>Cette conception peut faire sourire les scientistes totalement convaincus de la permanence positive du sinus de l’angle de la croissance, qui ne peut tendre vers zéro, et définitivement confiants dans la suprématie planétaire du génie humain, qui ne saurait connaître la moindre défaillance historique. Aveuglés par leur vision cornucopienne de l’humanité ils considèrent qu’une société technologique avancée génère automatiquement une organisation sociale complexifiée qui ne peut se stabiliser qu’avec le recours à un Etat Tout Puissant, et que cette société a été mise en place aujourd’hui et pour toujours.</p>
<p>Mais la réalité est toute autre car l’avenir inéluctable est composé de régression économique, de frugalité technologique, de relocalisation des activités et de dissémination des efforts individuels. Il ouvre ainsi, et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité , le champ à la prise en main par l’individu de son destin, de son organisation autonome et de son épanouissement par le dépassement de la superstructure étatique devenue obsolète et sans objet. N’oublions pas que la Première Internationale qui se tint à Saint Imier en 1872 était anti-autoritaire avant que Engels, puis Marx n’infléchissent le cours de l’histoire quelques années plus tard. Cette « Internationale Anti-autoritaire » doit d’ailleurs renaître en août 2012, toujours à Saint Imier, et nul doute que ces options y seront débattues avec actualité, car les évènements à venir pourraient y prêter leur concours. Pour réfléchir dans cette direction, et pour les lecteurs qui le souhaitent, voyez « <a href="http://www.christianlaurut.com/manifeste.htm" target="_blank"><em><strong><span style="color: red;">Le Manifeste de l’Individu Responsable &#8211; Programme pour une société antiautoritaire</span></strong></em></a> ».</p>
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		<title>Lettre aux indignés du monde: ne nous laissons plus berner, il faut apprendre du passé</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 04:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Révolution Citoyenne</dc:creator>
				<category><![CDATA[A C T U A L I T É]]></category>
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		<description><![CDATA[Je viens de faire la lecture d&#8217;une lettre très intéressante, qui saura inspirer le cortex éveillé de ceux qui participeront aux événements du 15 octobre et autres événements de résistance civile de par le monde. J&#8217;a trouvé ce texte sur le blog &#171;&#160;Tribulations d&#8217;un Mouton Marron&#171;&#160;, bien qu&#8217;il ne soit pas originaire de son auteur. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/lettre-aux-indignes-du-monde-ne-nous-laissons-plus-berner-il-faut-apprendre-du-passe/84006/indignes-1" rel="attachment wp-att-84013"><img class="alignnone size-full wp-image-84013" title="Indignés 1" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/10/Indign%C3%A9s-1.jpg" alt="" width="300" height="195" /></a></p>
<p>Je viens de faire la lecture d&#8217;une lettre très intéressante, qui saura inspirer le cortex éveillé de ceux qui participeront aux événements du 15 octobre et autres événements de résistance civile de par le monde. J&#8217;a trouvé ce texte sur le blog &laquo;&nbsp;<a href="http://moutonmarron.blogspot.com/2011/10/chers-occupistes-actions-iii.html" target="_blank">Tribulations d&#8217;un Mouton Marron</a>&laquo;&nbsp;, bien qu&#8217;il ne soit pas originaire de son auteur.<strong></strong><br />
<strong><br />
</strong></p>
<p><strong>Une lettre de la part d&#8217;anarchistes.</strong></p>
<p>Appui et solidarité! Nous sommes inspiré-e-s par les occupations sur Wall Street et ailleurs au pays. Enfin, le peuple prend à nouveau la rue! Le momentum autour de ces actions peut potentiellement redonner de l&#8217;énergie à la protestation et à la résistance dans ce pays. Nous espérons que ces occupations vont augmenter en nombre et en substance, et nous ferons notre possible pour contribuer à ces objectifs.</p>
<p>Pourquoi devriez-vous nous écouter? Brièvement, parce que nous en sommes rendu-e-s au même point depuis longtemps déjà. Nous avons passé plusieurs décennies à lutter contre le capitalisme, à organiser des occupations, et à prendre des décisions par consensus. Si ce nouveau mouvement n&#8217;apprend pas des erreurs passées, nous risquons de répéter ces mêmes erreurs. Nous résumerons ici nos leçons apprises à la dure.</p>
<p>Occuper, c&#8217;est pas neuf. La terre sur laquelle nous vivons est déjà un territoire occupé. Les États-Unis tirent leurs fondation de l&#8217;extermination des peuples autochtones et de la colonisation de leurs terres ancestrales, sans oublier des siècles d&#8217;exploitation et d&#8217;esclavage. Pour qu&#8217;une contre-occupation (car c&#8217;est certainement cela dont il s&#8217;agit ici) soit autrement qu&#8217;insignifiante, elle doit se souvenir de cette histoire. Mieux encore, elle devrait embrasser des deux bras l&#8217;histoire de la résistance, à partir de l&#8217;autodéfense autochtone et des révoltes d&#8217;esclaves jusqu&#8217;aux mouvements pacifistes et altermondialistes.</p>
<p>Les 99%, c&#8217;est pas un corps social homogène: c&#8217;est beaucoup de monde. Quelques occupistes ont présenté un discours dans lequel le fameux &laquo;&nbsp;99%&nbsp;&raquo; représente une masse plus ou moins homogène. Le visage des &laquo;&nbsp;gens ordinaires&nbsp;&raquo;, qu&#8217;on nous présente souvent, est éminemment suspect: il appartient de manière prédominante à la race blanche et à la classe moyenne et de préférence solvable. C&#8217;est ce visage qui apparaît devant les caméras de télévision, même si malgré tout, cette frange de la population ne représente qu&#8217;une minorité.</p>
<p>C&#8217;est une erreur de passer outre notre diversité. Tout le monde ne s&#8217;éveille pas aux injustices du capitalisme pour la première fois: plusieurs populations sont ciblées par le pouvoir depuis longtemps. Les travailleurs et travailleuses de la classe moyenne qui sont en train de perdre leur confort social peuvent apprendre beaucoup de ceux qui ont été du mauvais côté de la balance de l&#8217;injustice depuis beaucoup plus longtemps.</p>
<p>Le problème ne réside pas que dans quelques pommes pourries. Cette crise n&#8217;est pas le résultat de la cupidité d&#8217;une minorité de banquiers; elle est l&#8217;inévitable conséquence d&#8217;un système économique qui récompense une compétition de requins dans toutes les composantes de notre société. Le capitalisme n&#8217;est pas un mode de vie statique mais un processus qui consume tout, transformant le monde entier en profit et, par la bande, en désastre. Et maintenant que tout s&#8217;en est allé nourrir l&#8217;incendie, le système s&#8217;effondre, laissant même ses bénéficiaires précédents sur le pavé. La solution n&#8217;est pas d&#8217;en revenir à des traditions capitalistes plus anciennes &#8211; revenir à l&#8217;étalon-or, par exemple &#8211; car non seulement c&#8217;est impossible, mais en plus, ce stade moins avancé du capitalisme n&#8217;a jamais davantage servi les intérêts du fameux 99%. Pour sortir de cet hostie de bordel[2], nous aurons à redécouvrir d&#8217;autres manières d&#8217;interagir.</p>
<p>La police n&#8217;est pas notre alliée. Illes sont peut-être des &laquo;&nbsp;travailleurs et travailleurs ordinaires&nbsp;&raquo;, mais leur emploi consiste à protéger les intérêts de la classe dirigeante. Tant qu&#8217;illes resteront policiers/ères, il est impossible de compter sur eux, peu importe avec quelle cordialité illes pourront agir. Les occupistes qui ne le savent pas déjà vont l&#8217;apprendre aussitôt qu&#8217;illes vont menacer l&#8217;ordre établi. Les gens qui insistent sur le fait que la police existe pour nous protéger et nous servir vivent probablement d&#8217;une vie confortable chez les privilégié-e-s, mais vivent surtout, sans aucun doute, d&#8217;une vie obéissante.</p>
<p>N’idolâtrez pas l&#8217;obéissance à la loi. Les lois servent à protéger les privilèges des riches et des puissant-e-s; leur obéir n&#8217;est pas nécessairement éthiquement correct; c&#8217;est parfois même immoral. L&#8217;esclavage a déjà été permis par les lois. Les Nazis avaient des lois aussi. Nous devons, en regard de tout ça, développer notre propre esprit critique, au-delà de ce que les lois peuvent recommander.</p>
<p>La diversité chez les participant-e-s ne se fait pas sans diversité des moyens d&#8217;action. C&#8217;est de la tyrannie intellectuelle que de prétendre savoir par quel moyen tout le monde devrait agir afin de construire un monde meilleur. Dénoncer autrui permet aux autorités de délégitimiser, diviser et détruire le mouvement en tant qu&#8217;entité. La critique et le débat propulsent un mouvement vers l&#8217;avant, mais la poigne du pouvoir le paralyse. Le but n&#8217;est pas de forcer tout le monde à adopter la même stratégie, mais bien de découvrir comment toutes les différentes approches peuvent devenir mutuellement bénéfiques.</p>
<p>N&#8217;allez pas prétendre que ceux et celles qui défient la police et les lois sont nécessairement des agents provocateurs. Beaucoup de gens ont de bonnes raisons d&#8217;être en colère. Ce n&#8217;est pas tout le monde qui veut se limiter au pacifisme légal; des gens se souviennent encore comment se défendre. La violence policière ne sert pas qu&#8217;à nous provoquer: elle sert aussi à nous terroriser et à nous blesser, jusqu&#8217;à ce que la peur nous condamne à l&#8217;inaction. Dans ce contexte, l&#8217;autodéfense est essentielle.</p>
<p>Croire que ceux et celles qui affrontent physiquement les autorités sont en quelque sorte des allié-e-s de ces mêmes autorités, c&#8217;est non seulement illogique, mais ça s&#8217;attaque également en substance à la contestation, tout en rejetant le courage de ceux et celles qui se préparent à participer à ce type d&#8217;action. Cette allégation est par ailleurs typique des privilégié-e-s à qui on a inculqué la foi dans l&#8217;autorité et le mépris de la désobéissance.</p>
<p>Aucun gouvernement ni institution de pouvoir centralisé ne mettra jamais les intérêts de la population devant ceux des puissant-e-s. Ce serait naïf de le croire. Le centre de gravité de ce mouvement devrait être notre liberté et notre autonomie, et l&#8217;aide mutuelle qui peut soutenir celles-ci. Certainement pas l&#8217;attente vaine de l&#8217;arrivée d&#8217;un pouvoir &laquo;&nbsp;imputable&nbsp;&raquo;. Un pouvoir &laquo;&nbsp;imputable&nbsp;&raquo;, ça n&#8217;a jamais existé.</p>
<p>Nous ne devrions pas, en conséquence, nous contenter de faire des demandes à nos gouvernant-e-s. Nous devrions créer les occasions de réaliser les demandes par nous-mêmes. Si nous le faisons, les puissant-e-s de ce monde devront prendre nos demandes au sérieux, au minimum afin de conserver notre allégeance et notre attention sur eux. Pour établir un meilleur équilibre, il faut développer notre propre force.</p>
<p>D&#8217;innombrables mouvements ont appris à la dure que le fait d&#8217;établir leur propre bureaucratie, qu&#8217;elle soit &laquo;&nbsp;démocratique&nbsp;&raquo; ou pas, a finalement saboté les objectifs originels de leur lutte. Nous ne devons pas confier l&#8217;autorité à de nouveaux chefs, ni même créer de nouvelles structures décisionnelles; nous devons trouver des moyens de défendre et d&#8217;augmenter notre liberté, tout en abolissant les inégalités dans lesquelles nous avons été plongé-e-s de force.</p>
<p>Les occupations vont bénéficier de nos actions. Nous se sommes pas ici seulement pour &laquo;&nbsp;chuchoter dans l&#8217;oreille du géant&nbsp;&raquo;. On aura beau parler, ça n&#8217;empêchera pas le pouvoir de rester sourd comme un pot. Il nous faut créer un espace pour les initiatives autonomes et pour organiser des actions directes qui affrontent la source de toutes les inégalités sociales et injustices.</p>
<p>Merci d&#8217;avoir lu ce message. Merci d&#8217;agir. Que vos rêves deviennent réalité.</p>
<p><a href="http://www.crimethinc.com/" target="_blank">http://www.crimethinc.com/</a></p>
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		<title>Demain, l&#8217;individu</title>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2011 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christian laurut</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-69730" href="http://www.centpapiers.com/demain-lindividu/69728/route-2"></a><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-69753" href="http://www.centpapiers.com/demain-lindividu/69728/route-510x277"><img class="alignnone size-full wp-image-69753" title="route-510x277" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/05/route-510x2771.jpg" alt="" width="498" height="274" /></a></p>
<p>L’« individualisme » a généralement mauvaise presse. Dans l’esprit commun il est synonyme d’égoïsme, terme qui définit, pour un individu, la posture consistant à ne pas tenir compte du sort ou du devenir des autres et à ne considérer, dans toutes ses actions, que le bénéfice qu’il peut en retirer pour lui même. Il peut également être assimilé à l’égocentrisme, travers qui amène un quidam à ignorer l’existence même des autres et à se considérer comme étant le seul à vivre sur terre.</p>
<p>Pourtant l’individualisme a fait l’objet de nombreuses déclinaisons sociales et morales sous forme de doctrines aussi dissemblables que le personnalisme chrétien et le libertarisme athée. Au plan politique, il peut être associé aussi bien au capitalisme qu’à l’anarchisme. Chrétiens, libertins, capitalistes, libéraux, anarchistes pourraient ainsi être réunis sous la bannière unique de l’« individualisme ». Et même les marxistes n’échapperaient pas à cette classification, le but ultime du communisme et sa phase supérieure, selon Marx, étant « à chacun selon ses besoins », idée confirmée par Lénine qui écrit dans <em>L&#8217;État et la Révolution </em>en 1917 « L&#8217;État pourra s&#8217;éteindre complètement quand la société aura réalisé ce principe ».</p>
<p>Donc tout le monde est individualiste, sauf peut être les socialistes, qui, en bons réformistes qu’ils sont, ont besoin, pour exister, d’une situation sociale dans laquelle l’individu de base reste durablement dominé par une superstructure, le principe de la « revendication permanente » remplaçant alors avantageusement celui de la « révolution permanente » et garantissant ainsi le maintien à long terme de leur fonds de commerce.</p>
<p>Si, comme nous le voyons, l’individualisme est partout, il n’a encore jamais fait l’objet d’une doctrine politique à part entière, se réclamant ouvertement et complètement de lui. L’individualisme des anarchistes, par exemple, ne se définit que par rapport au rejet de l’état et de toute forme d’autorité supérieure. Celui des libéraux, ne se justifie que dans le cadre d’une liberté totale de l’entreprise commerciale encadrée par un état réduit au rôle de gendarme.</p>
<p>L’idée d’un mode de vie qui place délibérément l’individu au centre des préoccupations mais qui ne rejette pas l’existence d’une organisation sociale utile à tous, n’a pas encore fleuri. Dans un tel système, les droits, les intérêts et la valeur des individus seraient  privilégiés par rapport à ceux du groupe, l’état n’existant que « par défaut », dans les seuls cas où il paraîtrait plus utile (pour les individus) de faire réaliser telle tâche par celui-ci plutôt que par une multitude d’efforts individuels. Car, en réalité, le véritable individualiste est celui qui considère l&#8217;intérêt de tous les individus, et non le sien uniquement.</p>
<p>Or, il se trouve qu’un bouleversement sociétal de grande ampleur s’approche de nous à grands pas et va ouvrir la donne politique comme rarement l’histoire nous a donné le loisir de le faire. Cette révolution ne sera pas provoqué par le réchauffement climatique, ni par la pollution de l’air, encore moins par je ne sais quelle « broutille » écologique, mais par la diminution régulière et inéluctable de l’offre énergétique fossile et le déclin consubstantiel de notre civilisation industrielle. Gageons que cette lame de fond emportera le capitalisme avec elle sans pour autant faire ressurgir les fantômes du collectivisme bureaucratique.</p>
<p>Afin de voir commence se présente le bébé, passons tout d’abord la maman à l’échographe politico–économique. Il en résulterait un diagnostic en 17 points :</p>
<p>1. Le système politique unique qui régit actuellement la totalité des pays de la planète est celui du « capitalisme étatique». A quelques variantes près, il est globalement caractérisé par l’alliance de personnes morales et physiques détentrices de capitaux importants avec des états tout-puissants intervenant dans chaque domaine de la vie des individus de base.</p>
<p>2. Le capitalisme est un système économique qui attribue un rôle prépondérant à l’argent qui, historiquement simple instrument d ‘échange, devient créateur de richesse par un processus de fiduciarisation introduisant le facteur « confiance » au sein d’un concept initialement « sonnant et trébuchant ». Il joue un rôle moteur dans l’économie mondiale depuis le milieu du 19ème siècle, soit depuis 160 ans seulement, et a consacré la domination d‘une classe &#8211; les patrons &#8211; sur une autre &#8211; les salariés. Ces deux classes sont néanmoins entrées en lutte historique pour l’obtention du pouvoir, c’est-à-dire le contrôle de l’Etat et, de 1917 à 1990, une expérience de gouvernement par les salariés, le communisme, a été menée dans certains pays, se soldant finalement par un échec.</p>
<p>3. Afin de faire accepter durablement le système capitaliste par les salariés, le patronat, avec le concours de l’Etat et sous la pression des ces derniers, a consenti de nombreux avantages sociaux et prises en charge. Citons la couverture maladie, la retraite, la couverture chômage, les allocations familiales, les congés payés, les indemnités journalières, les congés maternité, assortis d’un impressionnant dispositif d’aide aux populations en difficulté : revenu minimum, allocation handicapé, aide aux personnes dépendantes.</p>
<p>4. Grâce à ces avantages dénommés « acquis sociaux », le système capitaliste s’est constitué une immunité qui le préserve durablement contre toute remise en cause de sa légitimité. La preuve en est qu’aucun gouvernement, ni aucun parti politique dans le monde ne se prononce ouvertement pour une rupture avec lui.</p>
<p>5. L’Etat, pour sa part, exerce un double rôle de coercition et de sécurisation. Il intervient dans tous les domaines de la vie économique, sociale et civile : emploi, économie, métiers, éducation, aménagement du territoire, mœurs, justice,  successions, commerce, immobilier, etc… Bref, il n’existe pas un seul domaine de la vie quotidienne de l’individu qui ne soit encadré par un règlement, arrêté, loi ou décret. Il assure la gestion des grandes prises en charge, « achetant » ainsi la paix sociale pour le compte du capitalisme. Enfin il prélève par la force une multitude d’impôts et de taxes dont l&#8217;ensemble constitue pour lui un salaire libre de toute obligation de résultat. Cet état, toutefois, n’est pas despotique et, émanant du suffrage universel, nous pouvons considérer que son comportement est conforme aux désirs de la majorité.</p>
<p>6. Depuis quelques dizaines d’années les populations se sont émues des incidences possiblement néfastes de l’industrialisation capitaliste sur l’environnement, créant ainsi un courant d’opposition au système qui se démarque de la traditionnelle stigmatisation des inégalités sociales. Afin de faire face à cette agitation d’un nouveau genre et de tenter de la canaliser, le capitalisme a inventé une doctrine politico-sociale subjective et partiale, l’« écologisme », dont l’appellation usurpatrice crée volontairement une confusion avec l’ « écologie », science réelle et neutre étudiant les équilibres de la nature. Son objectif avoué est de convaincre le grand public que le capitalisme peut ne pas être néfaste pour l’environnement, ou du moins, que les nuisances générées par la société industrielle qu’il régit peuvent rester supportables.</p>
<p>7. Les principales revendications et inquiétudes des populations étant ainsi assouvies par les grandes prises en charge, les acquis sociaux et les (simili-)mesures écologistes, le capitalisme étatique règne sans partage sur le monde le plus opulent et le plus riche que l’histoire humaine ait jamais connu, les quelques insatisfactions anecdotiques étant facilement récupérés et phagocytés par le système. Toutes les revendications résiduelles dans le domaine économique, social ou environnemental apparaissent donc comme non fondées et marginales, émanant du taux incompressible de mécontentement statistiquement inévitable. Dans ces conditions, un changement radical de régime, fut-il localisé, ne paraît pas pertinent ni souhaitable à la quasi-totalité de la population, ce qui explique en partie l’indigence grandissante de la vie politique.</p>
<p>8. En dépit de cet état des lieux plutôt favorable pour lui, le capitalisme étatique est menacé par un danger vital car il va bientôt être privé des ressources naturelles fossiles que la dot terrestre lui fournit depuis 160 ans et qui constituent le carburant indispensable de sa croissance, comme la sève constitue celui des arbres et le sang celui du corps humain.</p>
<p>9. Malgré l’émergence d’un certain nombre de courants et de voix qui tentent d’alerter l’opinion sur la déchéance énergétique et la décroissance économique probable qui devrait en résulter, cette réalité inéluctable n’a pas de prise sur les populations qui restent très majoritairement convaincues que le développement capitaliste est « durable» et que d’ « autres » sources d’énergie vont venir prendre le relais du fossile, grâce au génie sans limite du cerveau humain.</p>
<p>10. Or le moment crucial où la demande mondiale journalière de pétrole, qui est en progression constante, deviendra supérieure à la capacité de production, qui est en stagnation et bientôt en régression, n’est plus très éloigné. Il apparaît donc opportun d’imaginer un nouveau système politique adapté à la gestion des transformations radicales de notre mode de vie imposées par la raréfaction cette énergie fossile, au cas où l&#8217;incommensurable génie de l&#8217;homme ne parviendrait pas à remplacer les 90 millions de barils journaliers utilisés par la société industrielle mondiale par autre chose d&#8217;aussi énergétique et d’aussi bon marché.</p>
<p>11. De nombreux prévisionnistes ont déjà décrit, parfois avec force détails, l’évolution des modes de vie liés à cette décroissance industrielle probable, mais aucun n’a encore proposé de système socio-politique susceptible de l’accompagner, une majorité jugeant même que le système actuel pourrait fort bien faire l’affaire, moyennant quelques aménagement dits « durables ». Cette vision paraît irréaliste car l’histoire a montré qu’un grand bouleversement civilisationnel, s’accompagne toujours d’une modification en profondeur du système politique.</p>
<p>12. Il serait souhaitable que le bouleversement énergétique des années à venir soit l’occasion de poser les bases d’une société nouvelle dans laquelle le capitalisme étatique serait éradiqué, la liberté individuelle renforcée, l&#8217;égalité des chances garantie et la responsabilité sociale rénovée. Les moyens d’action devraient être pacifiques, démocratiques et respecter les dispositifs électoraux.</p>
<p>13. La société post-fossile serait bien inspirée se débarrasser du système capitaliste par une modification en profondeur du droit des sociétés et du crédit. Ces mesures législatives devraient être techniques et non coercitives. Elles auraient pour objectif la disparition naturelle des multinationales et des grandes entreprises, au profit d&#8217;un tissu de petites entreprises individuelles, libres et localisées.</p>
<p>14. L’état deviendrait alors un simple outil au service des individus. Il pourrait lui être attribué des activités (secteur marchand) dans tous les domaines de l&#8217;économie où il apparaîtrait plus commode de faire gérer telle tâche par une structure centralisée plutôt que par une multitude de petites unités indépendantes. L&#8217;état tirerait ainsi ses seules ressources des bénéfices réalisés par la vente de ces produits et services, à l&#8217;exclusion de toute forme d&#8217;impôt ou taxe prélevés sur les individus. Avec les bénéfices ainsi réalisés dans son secteur marchand, et toutes charges inhérentes ayant été déduites, il financerait les services d&#8217;intérêt public gratuits (secteur non marchand) qui lui seraient attribués.</p>
<p>15. La liberté individuelle serait élargie plus fortement qu&#8217;elle ne l&#8217;a jamais été par le passé, les seules limites fixées étant le respect de l&#8217;intégrité des biens et des personnes.</p>
<p>16. Les conditions maximales de l&#8217;égalité des chances entre tous les individus seraient garanties grâce à une série de mesures visant à effacer tout handicap objectif relatif à la condition ou à l&#8217;origine sociale.</p>
<p>17. La responsabilité sociale serait assurée par la mise en place d&#8217;un système rationnel, simplifié et complet de prise en charge des populations en difficulté, entièrement financé par l&#8217;état dans le cadre de ses attributions non marchandes, à l&#8217;exclusion de tout impôt sur les individus actifs.</p>
<p>Ce projet politique complet serait celui d&#8217;une société alliant liberté et frugalité, rejetant les dérives tant capitalistes, que bureaucratiques ou collectivistes et optimisant les expériences du passé pour construire l&#8217;avenir.  Et surtout, enfin et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, miserait sur la réalité d’un individu responsable, plutôt que sur l’illusion d’un état vertueux.</p>
<p><em> </em></p>
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		<title>L’éducation comme arme contre le capitalisme sauvage</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 17:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Renart Léveillé</dc:creator>
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<p><img class="alignnone size-full wp-image-8665" title="398255973_94d637d2c4" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/07/398255973_94d637d2c4.jpg" alt="398255973_94d637d2c4" width="349" height="475" /></p>
<p>Sur le blogue de <a href="http://anarchopragmatisme.wordpress.com/">David Gendron</a>, je suis tombé sur le terme « PARECON », via un <a href="http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2009/06/17/retour-sur-le-merite-reponse-a-chantal-beaupre/#comment-5434">commentaire</a> de <a href="http://francoistremblay.wordpress.com/">François Tremblay</a>. J’ai cherché un peu et j’ai trouvé un texte sur <a href="http://www.zombiemedia.org/spip.php?article31">Zombie</a> qui en explique les grandes lignes. En gros, c’est un système économique basé sur des principes anarchistes (pas libertariens); « y sont bannis le marché (capitalisme), la planification centrale (social-démocratie, communisme centralisé, etc.), toute hiérarchie du travail (patron vs employé) et le profit. » C’est « un système décentralisé, démocratique, participatif et égalitaire. » Et c’est en fait une réponse aux critiques de la pensée anarchiste (du côté libertaire), question de donner du concret, de la chair autour de l’os.</p>
<p>À la suite de ce billet, il y a quelques commentaires. Un de ceux-là m’a beaucoup parlé :</p>
<blockquote><p><em><strong>Je trouve louable l’initiative PARECON, née d’une recherche d’équité dans un esprit anarchiste. Je n’y adhère pas pour 2 raisons : 1) cette construction idéologique va à l’encontre de la tendance naturelle humaine à systématiquement se laisser guider par ses instincts, lesquels nous poussent vers la facilité et l’individualisme. 2) L’individualisme débridé que nous connaissons aujourd’hui détruira peut-être le monde qui l’a vu naître, mais il ne sera jamais remplacé par un système intellectualisé trop complexe. Le résultat de la destruction du système actuel résulterait plutôt d’une copie neuve et identique de lui-même, condamné à se répéter tant qu’il n’aura pas appris à se transformer de l’intérieur. Le capitalisme n’est pas une création de l’intellect, mais bien une “herbe sauvage” qui ne veut que croître sans cesse, tel l’ogre affamé dont l’estomac à été remplacé par une pompe au mouvement perpétuel. Le capitalisme ne demande pas l’éradication, mais seulement d’être bridé et contre-balancé (sic) par une force d’opposition. La solution ? Instaurons un système d’éducation publique qui donnera la chance à chacun de développer son plein potentiel sans limite (sic) aucune, qui développera l’indépendance d’esprit et la critique constructive, et qui permettra à tous de devenir ce qu’ils veulent vraiment, à l’intérieur d’un cocon protecteur, à l’abri (sic) des interventions extérieures de la société jusqu’à, disons, 25 ans. N’essayons pas d’imposer nos vues sur la jeunesse, laissons là (sic) plutôt contrôler sont destin seule. Faites ça, et je vous garantis un monde meilleur en 2 générations. Ceux qui d’entre-nous (sic) valorisent l’appât du gain et l’amas de capitaux comme seuls moteurs de la vie quotidienne sont déjà trop atteints pour changer d’eux-mêmes. Et comme la nature s’opposera, et triomphera TOUJOURS des solutions forcées et compliquées, PARECON restera une autre belle idéologie condamnée à mort le jour même de sa naissance, et qui si elle se développe, le fera tel le cancer sur l’organisme qu’est la société, comme le communisme pur et dur avant elle.</strong></em></p></blockquote>
<p>Tout revient à ça, encore et toujours : l’éducation. Et qui dit éducation, dit évolution. Si on regarde en gros l’histoire, on remarque une lente évolution des systèmes qui régissent la société. La démocratie qui semble aujourd’hui prendre toujours de plus en plus d’ampleur était considérée par beaucoup de philosophes d’antan comme étant un des pires systèmes. Notre époque est propice à la démocratie, même si cet idéal est loin d’être atteint. Et pour ce qui est de l’anarchie, c’est du futurisme, ce vers quoi nous devons tendre.</p>
<p>Pour faire une comparaison simple avec la vie d’un humain, je crois que l’humanité est dans son adolescence. Elle est excitée par les gadgets, a encore besoin de se faire dire quoi faire par ses parents, et surtout, il lui manque encore un peu d’éducation pour s’affranchir. Donc, qui se demande encore quel devrait être le programme numéro un des anarchistes de toutes les tendances? Malheureusement, ce n’est pas demain la veille que l’État lâchera prise sur l’éducation.</p>
<p>Il faudra faire avec.</p></div>
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