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Monique Pin?on-Charlot : ? La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps ?

PAR?AGN?S ROUSSEAUX?5 NOVEMBRE 2013

Qui sont les riches aujourd?hui?? Quel impact ont-ils sur la soci?t? fran?aise?? Pour la sociologue Monique Pin?on-Charlot, les riches font subir au reste de la soci?t? une violence inou?e. Une violence banalis?e gr?ce ? un renversement du langage?: les riches seraient des victimes, menac?es par l?avidit? du peuple. Elle d?nonce un processus de d?shumanisation, une logique de pr?dation, une caste qui casse le reste de la soci?t?. Et invite ? organiser une ??vigilance oligarchique???: montrer aux puissants que leur pouvoir n?est pas ?ternel.

Basta?!?: Qu?est-ce qu?un riche, en France, aujourd?hui??

Monique Pin?on-Charlot?[1]?: Pr?s de 10 millions de Fran?ais vivent aujourd?hui en-dessous du seuil de pauvret?. Celui-ci est d?fini tr?s pr?cis?ment. Mais il n?existe pas de ??seuil de richesse??. C?est tr?s relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour ?tre dans les 10?% les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

Nous nous sommes int?ress?s aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme ??riche?? est un amalgame. Il m?lange des milieux tr?s diff?rents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers ?conomiques et sociaux?: grands patrons, financiers, hommes politiques, propri?taires de journaux, gens de lettres? Mais nous utilisons d?lib?r?ment ce terme. Car malgr? son h?t?rog?n?it?, ces ??riches?? sont une ??classe??, mobilis?e pour la d?fense de ses int?r?ts. Et nous voulons aujourd?hui contribuer ? cr?er une contre-offensive dans cette guerre des classes que m?nent les riches et qu?ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de d?finir cette classe??

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait tr?s justement de capital ? capital ?conomique, culturel, symbolique ?, c?est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A c?t? de la richesse ?conomique, il y a la richesse culturelle?: c?est le monde des mus?es, des ventes aux ench?res, des collectionneurs, des premi?res d?op?ra? Jean-Jacques Aillagon, pr?sident du comit? des Arts d?coratifs, vient d??tre remplac? par un associ?-g?rant de la banque Lazard. Dans l?association des amis de l?Op?ra, on retrouve Maryvonne Pinault (?pouse de Fran?ois Pinault, 6?me fortune de France), Ernest-Antoine Seilli?re (ancien pr?sident du Medef, 37?me fortune de France avec sa famille)?[2]?

A cela s?ajoute la richesse sociale, le ??portefeuille?? de relations sociales que l?on peut mobiliser. C?est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilit? mondaine est une sociabilit? de tous les instants?: d?jeuners, cocktails, vernissages, premi?res d?op?ra. C?est un v?ritable travail social, qui explique la solidarit? de classe. La quatri?me forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut ?tre le patronyme familial?: si vous vous appelez Rothschild, vous n?avez pas besoin d?en dire davantage? Cela peut ?tre aussi votre ch?teau class? monument historique, ou votre ?l?gance de classe.

Il existe aussi une grande disparit? entre les tr?s riches?

Bernard Arnault, propri?taire du groupe de luxe LVMH, est en t?te du palmar?s des grandes fortunes professionnelles de France, publi? chaque ann?e par la revueChallenges. Il poss?de 370 fois la fortune du 500?me de ce classement. Et le 501?me est encore tr?s riche?! Comparez?: le Smic ? 1120 euros, le revenu m?dian ? 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et m?me si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 ? 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l??tendue.

Malgr? l?h?t?rog?n?it? de cette classe sociale, les ??riches?? forment, selon vous, un cercle tr?s restreint.

On trouve partout les m?mes personnes dans une consanguinit? tout ? fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu?un indice boursier, c?est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d?administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d?entre eux d?tiennent au total 43?% des droits de vote?[3]?! Dans le conseil d?administration de GDF Suez, dont l??tat fran?ais poss?de 36?% du capital, il y a des repr?sentants des salari?s. Ceux-ci peuvent ?tre pr?sents dans divers comit?s ou commissions, sauf dans le comit? des r?mun?rations. Cela leur est interdit. Qui d?cide des r?mun?rations de G?rard Mestrallet, le PDG?? Jean-Louis Beffa, pr?sident de Saint-Gobain, notamment. C?est l?entre-soi oligarchique.

Cela semble si ?loign? qu?on peut avoir l?impression de riches vivant dans un monde parall?le, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez ? propos des riches de ??vrais casseurs??. Quel impact ont-ils sur nos vies??

Avec la financiarisation de l??conomie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s?acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l?Insee, les entreprises industrielles (non financi?res) ont vers? 196 milliards d?euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez ? quel niveau nous devons ?tre sept ans plus tard?! Notre livre s?ouvre sur une r?gion particuli?rement fracass?e des Ardennes, avec l?histoire d?une entreprise de m?tallurgie, qui ?tait le num?ro un mondial des p?les d?alternateur pour automobiles (les usines Thom?-G?not). Une petite entreprise familiale avec 400 salari?s, ? qui les banques ont arr?t? de pr?ter de l?argent, du jour au lendemain, et demand? des remboursements, parce que cette PME refusait de s?ouvrir ? des fonds d?investissement. L?entreprise a ?t? plac?e en redressement judiciaire. Un fonds de pension l?a r?cup?r? pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pill? tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis ferm? le site. 400 ouvriers se sont retrouv?s au ch?mage. C?est un exemple parmi tant d?autres?! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd?hui, c?est un d?cor de mort. Il n?y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers?: ??Vous ?tes hors-jeu, vous n??tes plus rien. On ne va m?me pas prendre la peine de d?molir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever.??

Comment s?exerce aujourd?hui ce que vous nommez ??la violence des riches????

C?est une violence inou?e. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fiert? du travail. ?tre premier dans les p?les d?alternateur pour automobiles, c?est faire un travail de pr?cision, c?est participer ? la construction des TGV, ? l?une des fiert?s fran?aises. Casser cela est une violence objective, qui n?est ni sournoise ni cach?e, mais qui n?est pas relay?e comme telle par les politiques, par les m?dias, par ces chiens de garde qui instillent le n?olib?ralisme dans les cerveaux des Fran?ais. Pour que ceux-ci acceptent que les int?r?ts sp?cifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l?int?r?t g?n?ral.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement??

C?est une forme d?esclavage dans la libert?. Chacun est persuad? qu?il est libre d?organiser son destin, d?acheter tel t?l?phone portable, d?emprunter ? la banque pendant 30 ans pour s?acheter un petit appartement, de regarder n?importe quelle ?mission stupide ? la t?l?vision. Nous essayons de montrer ? quel syst?me totalitaire cette violence aboutit. Un syst?me totalitaire qui n?appara?t pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la d?mocratie et des droits de l?homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les sp?culateurs, ait r?ussi ? faire passer la crise financi?re de 2008 ? une crise financi?re ? l??tat pur ? pour une crise globale.?Leur?crise, est devenue?la?crise. Ce n?est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est men?e actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple fran?ais, par l?interm?diaire de la gauche lib?rale, de payer. Et quand on dit aux gens?:???Ce n?est quand m?me pas ? nous de payer?!??, ils r?pondent?:???Ah, mais c?est la crise???

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles int?gr? cette domination??

C?est une domination dans les t?tes?: les gens sont travaill?s en profondeur dans leurs repr?sentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu?on se construit en int?riorisant le social. Ce que vous ?tes, ce que je suis, est le r?sultat de multiples int?riorisations, qui fait que je sais que j?occupe cette place-l? dans la soci?t?. Cette int?riorisation entra?ne une servitude involontaire, aggrav?e par la phase que nous vivons. Avec le n?olib?ralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicit?, via les m?dias, dont les plus importants appartiennent tous ? des patrons du CAC 40.

Sommes-nous pr?ts ? tout accepter?? Jusqu?o? peut aller cette domination??

Dans une chocolaterie qu?il poss?de en Italie, le groupe Nestl? a propos? aux salari?s de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail?[4], en ?change de l?embauche d?un de leurs enfants dans cette m?me entreprise. C?est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management n?olib?ral, qui est bas? sur le harc?lement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d?alerte face ? ce processus de d?shumanisation. On imagine souvent que l?humanit? est intemporelle, ?ternelle. Mais on ne pense pas ? la manipulation des cerveaux, ? la corruption du langage qui peut corrompre profond?ment la pens?e. Le gouvernement fran?ais pratique la novlangue?: ??flexi-s?curit? pour ne pas parler de pr?carisation, ??partenaires sociaux?? au lieu de syndicats ouvriers et patronat, ??solidarit? conflictuelle??. Le pouvoir socialiste pratique syst?matiquement une pens?e de type oxymorique, qui emp?che de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de ??surhommes?? sans qui il n?y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l?emploi??

Cette menace est compl?tement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s?en aillent?! Ils ne partiront pas avec les b?timents, les entreprises, les autoroutes, les a?roports? Quand ils disent que l?argent partira avec eux, c?est pareil. L?argent est d?j? parti?: il est dans les paradis fiscaux?! Cette fiction des surhommes fonctionne ? cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux t?l?vis?s, comme celui de David Pujadas, il n?y a pas de r?flexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augment? de 73?%?!

Certains se plaignent d?une stigmatisation des ???lites productives??. Les riches ont-ils eux aussi int?rioris? ce discours, cette repr?sentation??

Notre livre s?ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan?[5]?: ??Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est n?cessaire [? la bourgeoisie] de faire croire qu?elle travaille, qu?elle exploite, qu?elle massacre pour le bien final de l?humanit?. Elle doit faire croire qu?elle est juste. Et elle-m?me doit le croire. M.?Michelin doit faire croire qu?il ne fabrique des pneus que pour donner du travail ? des ouvriers qui mourraient sans lui??. C?est pour cela que cette classe est tout le temps mobilis?e?: les riches ont sans cesse besoin de l?gitimer leur fortune, l?arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n?est pas de tout repos?! Ils sont oblig?s de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau ? celui de victime, et y croit lui-m?me. C?est ce que fait l?oligarchie aujourd?hui, par un renversement du discours ?conomique?: les riches seraient menac?es par l?avidit? d?un peuple dont les co?ts (salaires, cotisations?) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les d?ficits et la dette sont li?s ? la baisse des imp?ts et ? l?optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu?est-ce qui a chang??? Y a-t-il eu des am?liorations concernant cette violence des riches que vous d?noncez??

On ne peut pas parler d?am?lioration?: nous sommes toujours dans un syst?me oligarchique. Nos dirigeants sont tous form?s dans les m?mes ?coles. Quelle diff?rence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy?? Je ne suis pas capable de vous le dire. L?histoire b?gaye. Un exemple?: le secr?taire g?n?ral adjoint de l??lys?e est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d?affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste ?tait occup? par Fran?ois P?rol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des minist?res?bis?[6]?et conseillent en permanence le ministre de l??conomie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d?investissement (BPI) a ?t? confi?e par le gouvernement ? la banque Lazard? Et la publicit? sur le cr?dit d?imp?t lanc? par le gouvernement a ?t? confi?e ? l?agence Publicis. Qui apr?s avoir conseill? Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous?!

Pierre Moscovici et Fran?ois Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons?[7]. Ils y ont renonc?. Pierre Moscovici a annonc?, sans rire, qu?il pr?f?rait ??l?autor?gulation exigeante??. Des exemples de renoncement, nous en avons ? la pelle?! Le taux de r?mun?ration du livret A est pass? de 1,75?% ? 1,25?%, le 1er ao?t. Le m?me jour, Henri Emmanuelli, pr?sident de la commission qui g?re les livrets A?[8], a c?d? au lobby bancaire, en donnant acc?s aux banques ? 30 milliards d?euros suppl?mentaires sur ces d?p?ts. Alors qu?elles ont d?j? re?u des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy?! Elles peuvent pr?ter ? la Gr?ce, au Portugal, avec un taux d?int?r?t de 8 ou 10?%? Avec le cr?dit d?imp?t pour la comp?titivit? et l?emploi (CICE), entr? en vigueur le 1er janvier 2013, c?est encore 20 milliards d?euros de recettes fiscales en moins chaque ann?e, offerts aux entreprises, et qui plombent le d?ficit public de fa?on absolument consid?rable.

Le Front national a un discours virulent contre les ???lites?? fran?aises. N?avez-vous pas peur que votre analyse soit r?cup?r?e par l?extr?me-droite??

Nous ne disons pas que les politiques sont ??tous pourris??, comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner ? voir des m?canismes sociaux. Nous cherchons ? d?voiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la soci?t?, dans une logique de pr?dation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National d?signe comme bouc ?missaire l?immigr? ou le Rom, donnant en p?ture ce qui est visible. Le Rom est d?ailleurs devenu un bouc ?missaire transversal ? l??chiquier politique, depuis la gauche lib?rale avec Manuel Valls jusqu?au Front National. Si on doit pointer pr?cis?ment un responsable ? la situation actuelle, c?est plut?t une classe sociale ? les riches ? et un syst?me ?conomique, le n?olib?ralisme. Puisqu?il faut des formules fortes?: le banquier plut?t que l?immigr??!

Vous parlez dans votre ouvrage d?une guerre des classes qui n?est pas sans visage. N?y a-t-il pas un enjeu justement ? ??donner des visages?? ? cette classe, comme vous le faites??

C?est une n?cessit? absolue. Il faut s?imposer d?acheter chaque ann?e ce bijou sociologique qu?est le palmar?s du magazine Challenges. Et s?efforcer d?incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie? C?est une curiosit? n?cessaire, les gens doivent ?tre ? l?aff?t de cette consanguinit?, de cette opacit?, de la d?linquance financi?re. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une ??vigilance oligarchique???: montrer aux puissants que leur pouvoir n?est pas ?ternel, emp?cher ce sentiment d?impunit? qu?ils ont aujourd?hui, car ils savent que personne n?ira mettre son nez dans leurs op?rations financi?res totalement opaques.

Nous avons aussi exp?riment? des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos ??timidit?s sociales??. Se promener dans les beaux quartiers, leurs cin?mas, leurs magasins, leurs caf?s, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l?humilit? pour accepter d??tre remis ? sa place, ne pas se sentir ? l?aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bi?re ? six euros. Mais c?est une exp?rience ?motionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de d?voilement de cette violence de classe.

Propos recueillis par Agn?s Rousseaux

(@AgnesRousseaux)

Photo de une?: complexe de Parais?polis, ? proximit? d?une favela, au sud de S?o Paulo (Br?sil) /?Tuca Vieira

A lire?:?Monique Pin?on-Charlot et Michel Pin?on,?La violence des riches, Chronique d?une immense casse sociale, ?ditions Zones / La d?couverte, 2013, 256 pages, 17 euros.

Notes

[1]?Monique Pin?on-Charlot est sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS. Elle a notamment publi? avec Michel Pin?on?Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie d?fend ses espaces?(Le Seuil, 2007), et?Le Pr?sident des riches. Enqu?te sur l?oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy?(Zones/La D?couverte, Paris, 2010).

[2]?Pour plus d?information sur ce sujet, voir?la liste des personnalit?s?qui si?gent dans les conseils d?administration des grands mus?es.

[3]?Chiffres ?tablis par le mensuel?Alternatives ?conomiques.

[4]?De quarante ? trente heures par semaine avec simultan?ment une baisse de salaire de 25?% ? 30?%.

[5]?Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932

[6]?Voir?Ces messieurs de Lazard, par Martine Orange, ?d. Albin Michel, 2006

[7]?Comme cela a ?t? fait pour les grands patrons du secteur public qui ne peuvent plus ?tre pay?s plus que 20 fois la moyenne des salaires de l?entreprise.

[8]?Commission de surveillance de la Caisse des d?p?ts et consignations

http://www.bastamag.net/article3432.html

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  1. avatar

    Les riches, la mort vivante !… Le front nazional, ses mercenaires !…