Mileva Maric

Voici mon « déclencheur » :

« T’est-il jamais venu à l’esprit, ne serait-ce qu’une seconde, que personne ne prêterait la moindre attention à tes salades… Quand une personne est quelqu’un de complètement insignifiant, il n’y a rien d’autre à dire à cette personne que de rester modeste et de se taire. C’est ce que je te conseille de faire.  »

J’avais décidé de ne pas revenir sur les rumeurs au sujet d’Albert Einstein, mais ayant rencontré la réponse, ci-haut, qu’il fit à son ex-femme en 1925, j’ai révisé ma décision et je veux en avoir le cœur net.

Cette réponse, pour le moins, dévalorisante et irrespectueuse qu’il adressa à son ex-épouse, fut liée au fait que Mileva Maric revendiquait certains de ses droits. On ne sait pas vraiment lesquels.

Par contre, la réponse même d’Einstein élimine la possibilité que ces « droits » fussent monétaires, puisqu’il n’y a aucun besoin de raconter des « salades » pour obtenir une pension alimentaire.  Alors de quels droits s’agissait-il?

Il me semble, tout à coup, important de revoir le parcours de ce cher génie que fut Albert Einstein.

Toutes mes recherches sont toujours structurées sur la « flèche du temps ». J’y installe les événements là où ils se doivent et cela m’a toujours, assez bien réussi. Je vais faire de même pour cette enquête et placer les faits sur un calendrier.

Calendrier

1875

19 décembre:

Naissance de Mileva Maric à Titel en actuelle Serbie, dans une famille assez riche. Son père était superviseur confidentiel à la cour royale de justice.

1879

14 mars

Naissance d’Albert Einstein à Ulm, en Allemagne. Il est le fils aîné de Pauline et Hermann Einstein. Pauline croit que son bébé est handicapé. À l’âge de 2 ans on l’appelle « le retardé » parce qu’il a de la difficulté à parler. Il éprouvera, jusqu’à l’âge de neuf ans, des difficultés pour s’exprimer. Ses professeurs le dépeindront comme un mauvais élément, indiscipliné et très étourdi.

1880

La famille Einstein déménage à Munich, où Herman fonde une entreprise industrielle en électricité.

1884

La mère d’Albert Einstein lui fait prendre des cours de violon. Il a maintenant 5 ans.

1885

Albert Einstein entre à l’école catholique.  Sa famille est juive, non pratiquante.

1886

Mileva Maric fréquente l’école à Novi Sad.  Elle a dix ans.

Albert Einstein fréquente l’école « Luitpold Gymnasium » jusqu’en 1895, à Munich. Il a sept ans.

1887

Mileva change d’école pour fréquenter l’école Sremska Mitrovica.

1890

Mileva Maric est acceptée à l’école royale Serbe de grammaire.  Ses notes en Maths et en physique sont excellentes. Elle a déjà appris l’allemand qu’elle parle couramment.  Elle joue de différents instruments de musique, dont le piano.

1891

Elle est acceptée, comme élève privée, au Royal Classical High School à Zagreb.  Son parcours et ses connaissances sont étonnantes pour une fille de l’époque. Elle a 15 ans.

Albert Einstein a 12 ans et dira plus tard qu’à cet âge il maîtrise déjà le calcul différentiel et intégral.

1892

Mileva Maric réussit l’examen d’entrée en 10e année.  Elle est âgée de 16 ans.

Février 1894

Mileva obtient la permission spéciale d’assister aux lectures de physique.

La famille Einstein fait face à des problèmes :  l’entreprise d’Herman Einstein doit fermer ses portes et la famille déménage en Italie.  Einstein, âgé de 15 ans, reste à Munich chez des parents pour terminer ses études, mais il est renvoyé de l’école un peu plus tard, malgré d’excellents résultats en mathématiques.  Le problème est au niveau de son indiscipline.

Septembre 1894

Mileva réussit ses examens, obtenant les meilleures notes de physique et de mathématiques de sa classe.  Elle tombe malade et déménage en Suisse pour y être soignée.  Guérie, elle fréquente alors le Höhere Töchterschule, une école de fille à Zurich. Elle a 18 ans.

Décembre 1894

Einstein rejoint sa famille à Pavia (Italie). Il étonne tout le monde en faisant des calculs pour la nouvelle invention de son oncle concernant la lumière.  Il ne réussit pas à passer l’examen qui le ferait accepter à la Polytechnique Fédérale de Suisse à Zurich.  Par contre ses notes de physiques et de maths sont exceptionnelles.  Il est âgé de 15 ans.

1895

Einstein fréquente alors l’école cantonale d’Argovie près de Zurich.  Il y obtient la meilleure note générale de sa classe avec les meilleures notes en Maths, Physique et Allemand.

1896

Mileva quitte son pays et réussit l’examen « Matura » pour être acceptée en Médecine à l’université de Zurich.  Mais à l’automne, elle choisit de transférer à la Polytechnique Fédérale Suisse de Zurich où elle passe l’examen d’entrée avec une note de 4.25 sur 6.  Elle s’enrôle pour un diplôme lui permettant d’enseigner la physique et les maths au niveau secondaire.  Elle est la seule jeune fille dans son groupe de six étudiants et est âgée de 20 ans.

Albert Einstein s’enrôle pour le même programme, la même année que Mileva Maric. Il réussit l’examen incluant une note parfaite de 6 sur 6 en Physique.  Il est âgé de 17 ans.

L’ayant remarquée, Einstein dira un peu plus tard à son sujet: « Mileva avait un esprit vif, était une musicienne talentueuse, une mathématicienne accomplie et une physicienne prometteuse. »

Une jeune femme, dans le monde de la Physique de cette époque, n’allait pas avoir la vie facile, mais Einstein n’y prend pas garde.  Il ne prend pas garde non plus du fait que Mileva est « boiteuse ».  Ou encore, peut-être a-t-il décidé de profiter de la situation, devant cette « physicienne prometteuse ».  De toute façon, ils devinrent des amis.

Au cours des années qui suivirent, Mileva et Einstein étudièrent ensemble, discutant à propos de livres de science ou de nouvelles données scientifiques hors des sujets de cours. Einstein se fit d’autres amis, dont Marcel Grossman qui l’aidera plus tard en géométrie non euclidienne.  En fait, Albert Einstein s’entourera toujours d’amis qui pouvaient lui servir.  Par exemple, à la Polytechnique, Grossman prenait méticuleusement des notes de cours auxquels Albert ne voulait pas assister, pour les lui remettre.

1897 Octobre

Mileva Maric suit un cours intensif de physique théorique à l’Université d’Heidelberg.  Ses sujets d’études sont alors la théorie des nombres, la mécanique analytique, les calculs différentiel et intégral, les fonctions elliptiques, la théorie de la chaleur et l‘électrodynamique.  Son professeur est le physicien Philipp Lenard (doctorat en 1886) qui obtiendra un prix Nobel en 1905 pour ses recherches sur les rayons cathodiques.  Il enseignera la physique théorique à cette université jusqu’en 1931.

Mileva est passionnée et excitée par les travaux de Lenard. Elle écrit à Einstein : « La lecture, hier, du prof Lenard était vraiment passionnante. Il a parlé de l’énergie cinétique des gaz chauffés » et continue l’explication durant le reste de la lettre.  Einstein est très intéressé et lui écrit en énumérant les expériences en cours à la Polytechnique Fédérale de Suisse où Mileva ne pouvait accéder que comme « spectatrice » sans pouvoir obtenir de crédits.

C’est quelque temps après cet événement que Mileva et Albert entreprendront une liaison. J’ai l’impression que Mileva accepte pour se donner la possibilité de participer au monde de la physique, tandis qu’Albert misait, quant à lui, sur la « vitesse » et la lucidité d’esprit de cette « physicienne prometteuse » qui risquait de lui apporter beaucoup.

1898

Avril

Mileva revient à la Polytechnique Fédérale de Suisse et Einstein lui demande tout ce qu’elle a pu glaner des lectures de Lenard, dans les moindres détails. Les études de Mileva portent maintenant sur les expérimentations, la physique théorique et appliquée, la mécanique et le calcul intégral, la description et projection géométrique, ainsi que l’astronomie. Tout ceci, ajouté à ce qu’elle avait appris l’année précédente, suffit pour justifier qu’Einstein et Mileva devinrent inséparables, et surtout qu’Einstein, ne voulait pas perdre une telle source d’information dans un « esprit aussi vif » (enfin, peut-être…).

En Octobre,

Einstein passe ses examens avec une note générale de 5.7 sur 6. Il est premier de sa classe. Le deuxième est son ami Marcel Grossman.

1899

Début de l’année :

Einstein écrit à Mileva lui disant qu’il apprécie travailler avec elle : « Je trouve notre collaboration excellente ». Dans cette lettre, Einstein ne s’attarde pas sur les matières enseignées à la Polytechnique, mais sur des matières « hors des cours ». Pourquoi des sujets qui n’ont pas d’intérêt pour leurs notes?  Sur quels sujets collaborent-ils et quel en est le but visé?

Vers la fin de l’année

Mileva tirant de l’arrière sur les autres à cause de sa période à l’Université d’Heidelberg, passe son examen de diplôme intermédiaire avec une note de 5.05 sur 6.  Elle est en cinquième place sur six élèves.  Par contre, elle obtient la même note qu’Einstein en physique, soit 5.5.  Ils sont aussi forts l’un que l’autre en cette matière, semble-t-il.  Mais on verra bientôt qu’il lui est plus difficile d’avoir les mêmes notes que les autres parce qu’elle est une fille.

En octobre,

Albert et Mileva deviennent amants.  Lorsque les parents de Mileva apprendront cette liaison ils s’y opposeront.  J’ai de la difficulté à accepter que seule la différence de classe sociale soit responsable de cette réaction.  D’ailleurs cette différence n’est pas énorme.  Je pense que la personnalité indisciplinée d’Albert Einstein y était pour beaucoup dans cette opinion des parents de Mileva.

1900

La période de 1900 à 1902 est marquée par la précarité de leur situation. Einstein postule à de nombreux emplois sans être accepté.  Sa misère préoccupe son père, qui tente en vain de lui trouver un poste.  Que signifie ce « en vain »?  Albert ne se présentait pas aux rendez-vous, ou est-ce son père qui ne parvenait pas à lui procurer ces rendez-vous?

Finalement, Albert se résignera à s’éloigner du milieu universitaire pour trouver un emploi dans l’administration.  On verra pourquoi.

Mars le 9

Mileva a choisi le sujet de sa dissertation de maîtrise. Elle écrit à son amie Helen Kaufler : « Le professeur Weber a accepté ma proposition pour mon diplôme et en est très satisfait. Je suis heureuse de la recherche qui m’attend devant moi ».  Malheureusement elle ne mentionne pas le sujet de sa recherche.  Ce que nous savons est que les sujets d’Einstein et de Mileva furent tous les deux acceptés.

Dans une lettre d’Helen Kaufler à sa mère, elle raconte : « Mlle Maric et M. Einstein  ont terminé leurs travaux écrits. Ils l’ont planifié ensemble, mais M. Einstein a laissé la plus grande partie dans les mains de Mlle Maric. Il sera « probablement » assistant de son professeur et demeurera sur place. Mlle Maric « a également reçu » un poste d’assistante à la Polytechnique ».  On remarque que Mileva a son poste assuré mais que celui d’Einstein ne l’a pas.  On remarque également qu’Helen constate qu’Einstein participe moins aux « travaux écrits » que Mileva.

Le professeur qui parrainait Mileva et Einstein pour leur thèse, est le physicien Heinrich Friedrich Weber (doctorat en 1865).

Einstein avait déjà dit plusieurs fois, publiquement, que les lectures de Weber étaient dépassée de 50 ans, parce qu’elles ne contenaient pas les équations de James Clerk Maxwell.  Heinrich Weber était au courant de ces paroles.

Le professeur Weber leur donna les deux plus basses notes de la classe pour leurs écrits, soit 4.5 pour Einstein et 4.0 pour Mileva.  Malgré cela, Einstein parvint à obtenir une note générale de 4.9, le plaçant 4e de la classe.  Mileva eut des bonnes notes en général sauf en mathématiques (Théorie des fonctions), où elle obtint 2.5 sur 6.  Une telle note aussi basse est tout à fait incompréhensible.

Einstein avait déjà écrit à Mileva qu’il la considérait comme son égal « …une créature qui est mon égal » avait-il écrit.  Je doute un peu que ce mot « créature » ait la même signification dans la bouche d’Einstein que celle qu’elle a dans la bouche du père Gédéon, au Québec, qui admirait les « créatures ».

À cette époque de la Polytechnique Fédérale de Suisse, la femme n’était pas considérée comme égale aux hommes, même s’il est vrai qu’elle était considérée comme une « créature ».  Ce ne fut qu’en 1964 qu’on accepta la première femme dans le cercle de cette société académique, avec l’élection d’Élisabeth Charlotte Welskopf, comme membre officiel.  Je doute qu’à ce moment-là, on employait le mot « créature » pour parler d’elle.

C’était le professeur Otto Wilhelm Fiedler, mathématicien (doctorat en 1859), qui donnait les cours sur la partie géométrique de la « théorie des fonctions » et c’est lui qui attribua cette note de 2.5 à Mileva.  Les autres étudiants de la classe, tous « mâles », eurent des notes supérieures à 5.5 sur 6.  Fiedler prit sa retraite en 1907.  Le même genre de traitement aux jeunes étudiantes se poursuivra encore pendant 60 ans.

Décembre le 13

Einstein soumet son premier article scientifique : « Conclusions tirées du phénomène de la capillarité » qui fut publiée en mars 1901.  C’était là l’article sur lequel les deux amants travaillaient en « collaboration ».

1901

Mileva intensifia ses études et visait son doctorat.  Pendant ce temps Einstein se cherchait toujours du boulot.  Personne ne voulait l’employer, quand tous les autres élèves avaient obtenu de bons emplois.  C’est à se demander s’il cherchait vraiment.  Les deux continuaient de « collaborer » pour publier d’autres articles scientifiques.

Mileva devint enceinte au début de l’année, ce qui risquait de perturber sa carrière académique déjà pleine d’embûches.  Elle aurait pu avorter, mais décida de garder l’enfant d’Einstein, même si celui-ci ne se disait pas prêt au mariage.  Elle plaçait sa confiance en lui, mais elle ne pouvait savoir, encore, qu’elle serait déçue.  Celle-ci ne sera que sa première déception.

Mars le 27

Dans une lettre, Einstein écrit à Mileva : « Combien heureux et fier, je serai, quand nous aurons, tous les deux, terminé notre travail sur le mouvement relativiste en une conclusion victorieuse! ».  Il est clair qu’ils « collaborent » toujours.

Dans un autre lettre, quelque temps plus tard, il écrit : «  Le prof Weber est très gentil envers moi et démontre de l’intérêt envers mes recherches.  Je lui ai remis notre article ».  Tout de même étonnant que Weber soit redevenu en bon terme avec Einstein qui l’avait ridiculisé publiquement.

Il est clair qu’Einstein et Mileva travaillaient ensemble sur le « mouvement relativiste » et qu’ils avaient écrit un article qu’Einstein avait présenté à Weber comme étant sa « recherche ».

Aux yeux de Mileva, cela ne portait pas à inquiétude, puisqu’elle n’avait pas le droit de présenter un article elle-même et devait obligatoirement se joindre à un homme pour le faire.  Il était donc normal qu’Einstein présente leurs travaux communs comme étant le sien propre.  Par contre, aux yeux d‘Einstein, il est évident qu’il bénéficiait du travail « d’un esprit vif » et d’une « physicienne prometteuse » à son propre profit.

C’était, d’ailleurs, ce qu’il faisait, depuis toujours, avec tous ses amis.  Il devait le faire d’autant plus avec sa « maîtresse » qui lui était amoureusement dévouée.

Avril le 4

Il écrit à Mileva : « Michel Besso (ingénieur mathématicien)  est très intéressé par nos recherches… le jour d’avant-hier, il est allé voir son oncle le Prof Jung en mon nom. C’est l’un des plus influents professeurs d’Italie auquel il a remis notre article ».

Michel Besso restera un ami fidèle du couple même après le divorce.

Dans une autre lettre, il écrit : « J’étudie, encore une fois, la théorie des gaz de Boltzmann. Je crois cependant qu’O.E Mayer possède suffisamment de matériel empirique pour notre recherche. Si tu vas à la librairie, tu peux vérifier tout ça ».  La réalité est qu’il dit, ici, qu’il va refaire une étude qu’il croit inutile et demande à Mileva d’aller vérifier à la bibliothèque, si O. E  Mayer possède assez de matériel empirique pour leur recherche.  Einstein sait comment déléguer sans froisser.  On peut, cependant, douter de l’intensité qu’il mettra dans l’étude de la théorie des gaz en question.

Plus loin dans la lettre, il ajoute : « Je suis très curieux de savoir si notre « force moléculaire de conservation » fera bonne figure pour les gaz également ».  Je ne sais pas s’il peut trouver la réponse à sa question, mais lui semble penser que Mileva en est capable, sinon pourquoi le lui mentionner ?

Juillet vendredi le 26

Enceinte de trois mois, Mileva s’attaque à sa deuxième tentative pour son diplôme final. Elle échoue à cause de la même matière que la fois précédente : la « théorie des fonctions ».  Ses notes en physique expérimentale et pratique furent moins bonnes qu’à l’examen précédant, également.  La correction avait été faite par le Professeur Weber qui connaissait sa liaison avec Einstein qu’il n’aimait pas du tout, malgré ce qu’Einstein prétendait.  Le fait d’être une femme ne devait pas l’avoir aidé non plus.  Elle laissa tomber sa dissertation qui devait servir comme thèse pour son doctorat.  Cette thèse était sous la supervision du professeur Heinrich Weber qui venait de la couler à l’examen. Weber connaissait donc le sujet de cette thèse.

Septembre le 6

Dans une lettre à Marcel Grossmann Einstein dit : « Au sujet de la recherche sur les mouvements relatifs des corps en rapport avec l’éther, une méthode beaucoup plus simple m’est venue à l’esprit, qui est basée sur les expériences ordinaire d’interférences, Si seulement le destin impitoyable me laissait la paix et le temps nécessaire!  Quand nous nous verrons, je t’en dirai plus sur le sujet ».

Et c’est alors qu’on apprend qu’il a envoyé plusieurs livres importants à Mileva pour qu’elle les lise.

Novembre

Mileva écrit à Einstein : « Quels bons livres que tu m’as envoyé… J’ai également lu celui de Forel.  Quand je l’aurai terminé, je t’en rendrai compte. As-tu lu celui de Planck?  Il semble très intéressant ».  Il est clair, même dans les lettres d’Einstein à Mileva, que celle-ci travaille consciencieusement sur leurs recherches et, en fait, semble plus intense qu’Einstein lui-même.  Ce qui est, on l’a vu déjà, dans ses habitudes de faire travailler les autres.

Il est également curieux que les lettres de Mileva à Einstein qui existent encore, sont exclusivement celles qui ne comportent aucune indication d’un travail scientifique conjoint.  Je repense tout à coup à ce qu’Einstein appelait « tes salades » en réponse à la revendication des droits de Mileva.

Décembre le 17

Il écrit à Mileva : « Je travaille actuellement sur « l’électrodynamisme des corps en mouvement » qui promet d’être un article capital. Je t’avais écrit que je doutais de l’exactitude de cette idée au sujet des mouvements relatifs. Mais mes doutes n’étaient basés que sur de simples erreurs mathématiques. Aujourd’hui, je crois en l’idée plus que jamais ».

Ce qui est étonnant ici, est qu’il indique ne pas avoir cru en cette idée. La question devient : « En cette idée présentée par… qui?  Certainement pas par lui, puisqu’il n’y croyait pas.  Il continue en disant que son opinion n’était basée que sur de simples erreurs mathématiques, quand toute sa vie il affirmera que les mathématiques n’étaient pas sa « force » principale.

Cette explication, plus que superficielle, semble plutôt être une présentation d’excuses envers une idée de Mileva, qu’il avait auparavant dénigrée.  D’ailleurs, lors d’une interview que donnera Hanz Albert en 1962, il dira que sa mère, Mileva aidait son père, Einstein, en élucidant les problèmes qu’il rencontrait en mathématiques, ce qui diminue grandement la valeur de l’excuse qu’Einstein présente dans cette lettre en sous-entendant avoir discerné des erreurs de math.

Décembre le 19

Einstein écrit à Mileva : « Aujourd’hui j’ai passé tout l’après-midi avec (Alfred) Kleiner à Zurich pour lui expliquer mes idées sur l’électro dynamisme d’objets en mouvement et nous avons parlé de toutes sortes de problèmes en physique ».  Einstein laissait tomber son mentor Heinrich Weber pour s’attacher à Alfred Kleiner.  Dans cette lettre, on se rend compte que peu à peu, il accapare, pour lui seul, des idées développées par leurs travaux communs.  Ce qui fait qu’on ne sait pas vraiment qui était l’auteur réel des fameuses idées. Est-ce qu’il changeait de mentor parce que Weber savait que Mileva collaborait à ses travaux ?

Dans la même lettre, il ajoute : «  J’écrirai certainement l’article dans les semaines qui viennent ».  Connaissant Einstein, Mileva a dû aiguiser ses crayons.

Par contre il n’écrivit rien du sujet dans cette lettre du 19 décembre 1901, avant 1905. Dans un lettre du 28 décembre, il dit : «  Je veux prendre le temps de travailler et étudier ce que Lorentz et Drude on écrit sur le mouvement des corps. Ehrat doit se procurer cette littérature pour moi ».  Il aurait donc gardé en réserve pendant 4 ans, les résultats obtenus.

Mileva, enceinte, commençait à perdre de l’intérêt pour leur travail en commun.  Peut-être commençait-elle à se douter qu’elle ne serait jamais reconnue pour son implication.

Einstein entend dire qu’un poste est libre comme commis au bureau des brevets à Berne. Il y fait application. Mais d’où venait donc l’argent pour vivre depuis plus d’un an? Probablement de Mileva.

1902

Fin janvier

Mileva donne naissance, chez ses parents en Serbie, à sa petite fille illégitime, Lieserl. Einstein ne se déplace pas pour voir son bébé.  Il ne voulait certainement pas que sa famille apprenne la nouvelle.  La petite vécut chez les parents de Mileva.  Elle fut donnée en adoption à l’âge de 19 mois.  Cette enfant ne fut connue du public que 30 ans plus tard.

Avril

Einstein publie son deuxième article « La théorie thermodynamique sur la différence en potentiels entre métaux et la complète dissolution de leurs sels et une méthode électrique pour investiguer leur force nucléaire ».  En 1907, Einstein dira que cet article et le précédent ne valaient rien et étaient hors de propos.  Ce qui donne de l’importance à ce qu’il organise à Pâques de 1902.

Pâques :

Formation du « think tank » l’Académie Olympia par Einstein et un groupe d’amis.  Les réunions se font chez Einstein et Mileva est présente, écoutant attentivement mais n’intervenant jamais.  Autrement dit, elle ne révélait aucune information sur les travaux en collaboration avec Einstein.

Par contre, elle prenait des notes de tout ce qui se disait.  C’était probablement demandé par Einstein qui les récupérait après la réunion.  Les attenants des réunions étaient principalement Conrad Habich et Maurice Solovine, plus, occasionnellement, Paul le frère d’Habich, Michel Besso, Marcel Grossmann et Lucien Chavan.  Tous avaient une spécialité différente.  Les travaux et écrits de Mileva n’ont jamais été retrouvés, tout comme ses lettres envoyées à Albert Einstein.

En juin

Einstein publie son troisième article : « Théorie cinétique dans un équilibre thermique et la deuxième loi the thermodynamique ».  Encore une fois, cet article contient des données retrouvées dans la correspondance entre Mileva et Einstein. Cependant, comme pour les articles précédents, seul le nom d’Einstein apparaît au bas du papier.

16 juin :

Einstein est engagé comme débutant au bureau des brevets.  Ce qui prouve que « faire application » est un bon moyen d’obtenir un emploi.  Ce travail apporta la sécurité dans le couple et permit de continuer les réunions de L’Académie Olympia.  Curieux tout de même que la création de l’Académie soit suivie rapidement d’un emploi pour Albert qui permettait d’entretenir la régularité des réunions.  Ce qui lui servirait tellement dans sa « production scientifique ».

Février le 8

Einstein écrit à Mileva, qui est toujours à Novi Sad : « J’expose actuellement à (Conrad) Habich l’article que j’ai présenté à Kleiner (son nouveau mentor).  Il est très enthousiasmé par mes bonnes idées et me pousse pour envoyer à (Ludwig) Boltzmann la partie qui se réfère à son livre ».  Il est maintenant le seul « propriétaire » des idées développées en « collaboration ».

Octobre le 10

Le père d’Einstein décède d’une insuffisance cardiaque.  Il était hostile au mariage de Mileva et Albert.

1903

La mère d’Einstein va habiter chez sa sœur, dont la fille Elsa deviendra la seconde épouse d’Einstein en 1919.

Le 6 janvier :

Mileva et Einstein se marient civilement.  Les seuls témoins et assistants sont Habich et Solovine.  Cet événement ressemble plutôt à une réunion de L’Académie Olympia plus qu’à un mariage.  Après un dîner en groupe dans un restaurant, le couple revint à l’appartement.  Les trois derniers parents du couple ne semblent pas d’accord avec cette union.

1904

Mai

Un premier fils naît au couple, à Berne.  Il l’appelle Hanz Albert.  La naissance de l’enfant ravive le mariage du couple.  Mileva semble avoir été dépressive avant cette naissance et le mariage n’était vieux que de 14 mois.  La cause de cette « dépression », qui existait certainement déjà avant le mariage, avait dû se préciser durant ce temps.

20 Septembre

Einstein reçoit une confirmation par lettre qu’il est promu « expert technique » de 3e classe au bureau des brevets fédéraux et que son salaire est augmenté à 3,900 francs à compter du premier septembre.

1905

Ce fut l’année « miraculeuse » d’Albert Einstein.

Malheureusement quand on me parle de « miracles » je dresse les oreilles.

En mars

Einstein soumet son sixième article dont le titre est : « Point de vue heuristique concernant la production et la transformation de la lumière ».  Ce fut cet article qui lui procura le Prix Nobel de 1922.  On sait que les études et le travail de Mileva avec le professeur Lenard, fait à l’université d’Heidelberg, fut la pierre angulaire de cet article d’Einstein qui lui permit de calculer la valeur fondamentale d’un photon.  À la lumière de ce que nous avons vu d’Albert Einstein jusqu’ici, on peut se demander quelle quantité de travail et de calcul il avait lui-même mis sur l’article.  On se rappellera, également, que c’est Mileva qui avait elle-même écrit les lettres à Max Planck au sujet de ces travaux sur la photoélectricité suite à la demande formulée par Einstein.

30 avril

Einstein soumet sa thèse complétée à Alfred Kleiner.  Le titre est : « Une nouvelle détermination de dimensions moléculaires ».  Ce travail était celui qui avait été discuté dans les lettres d’Einstein à Mileva.  De plus, certaines parties de la thèse était des sujets sur lesquels Mileva avait travaillé.  Il est fort possible que son sujet de thèse à elle ressemblait beaucoup à celui d’Einstein.  À moins que ce soit elle qui ait préparé la thèse.  Peu de temps après, Albert reçut son Doctorat de l’Université de Zurich.

leiner

En mai

Einstein soumet un septième article, intitulé « Sur les mouvements de petites particules suspendues dans un liquide stationnaire requis par la théorie cinétique moléculaire de la chaleur ».  Ceci concernait les « mouvements Browniens » qui étaient également des sujets dont Mileva et Einstein avaient traités dans leur correspondance, notamment dans la deuxième lettre du 4 avril où il parlait de «notre  force moléculaire ».

Einstein écrit à Habich : « Envoie-moi ta dissertation et je t’enverrai quatre articles en retour. Le premier dont je vais recevoir bientôt l’impression complémentaire, traite de radiation et des propriétés énergétiques de la lumière qui sont révolutionnaires comme tu le verras après m’avoir envoyé ton papier. Le deuxième traite de la grosseur des atomes d’après la diffusion et la viscosité de solutions diluées de substances neutres. Le troisième article traite du mouvement Brownien qui y est expliqué. Le quatrième n’est qu’un brouillon, pour l’instant, qui emploie la modification de la théorie de l’espace et du temps pour expliquer le mouvement électrodynamique des objets. La partie purement cinétique de cet article t’intéressera certainement. Ma femme et mon fils maintenant âgé de 1 an, te saluent. Envoie-moi ton article au plus tôt ».  Je serais curieux de connaître le sujet de la dissertation de Habich pour qu’Einstein insiste autant, tout en lui proposant autant d’articles.

Juin

A peine un mois après le septième article, Einstein fait publier un huitième article intitulé : « Sur l’électrodynamisme des corps en mouvement » qui n’était qu’un « brouillon » quelques semaines auparavant.  C’était là sa théorie de la « relativité restreinte ».  Il avait ajouté une note à la fin, mentionnant que son ami Besso l’avait soutenu dans sa démarche et avait fourni des suggestions valables.  C’était également le « notre mouvement relativiste » dont il parlait dans sa lettre du 27 mars 1901.  Aucune mention de Mileva et pourtant, les lettres prouvent qu’elle y avait travaillé avec lui.  Peut-être y avait-elle même travaillé plus que lui qui croyait que l’article n’était qu’un « brouillon » peu de temps auparavant.

De Juin à septembre

Juin le 30

Einstein écrit à Habich : « …Je ne suis pas occupé beaucoup ce temps-ci, les sujets de recherches ne sont pas très intéressants… Une conséquence de l’étude sur l’électrolyse m’a traversé l’esprit. Je veux dire le Principe de relativité (restreinte) en association avec les équations fondamentale de Maxwell qui demandent que la masse soit une quantité mesurable directe de l’énergie contenue dans un corps… la lumière transportant de la masse avec elle. Mais pour le peu que j’en sache, Dieu doit me mener par le bout du nez et rire de tout cela ». Il semble en rire lui-même, ce qui serait bien le cas, si c’était Mileva qui avait eu à travailler sur cette idée.

Personnellement, il me paraît impossible que l’auteur de la « relativité restreinte », reconnue depuis quelques années à cette date, soit dans une période « peu intéressante » de recherche.  La « relativité restreinte », ouvrant la porte sur une toute nouvelle vision de toute la physique, ne peut pas ne pas exciter la curiosité de son auteur.

À moins que cette personne n’en soit pas le véritable auteur et qu’elle se contente d’attendre des développements venant d’une autre personne, tout en parlant avec beaucoup d’ironie de ses idées.  Rappelons-nous qu’Einstein avait l’habitude de faire travailler les autres à ses projets.

Septembre

Malgré « le peu de sujets intéressant à travailler », selon ce qu’il avait dit à son ami Habich le 30 juin précédant, Einstein publie son neuvième article intitulé : « Est-ce que l’inertie d’un corps dépend de l’énergie qu’il contient? ».  C’est dans cet article qu’il démontre que la masse est équivalente à l’énergie et vice versa.  De là sera tirée l’équation E = Mc2.  C’est la porte ouverte sur la relativité générale qui fera de lui une icône de la physique en 1915.  Il n’avait pas démontré d’intérêt pour le sujet, mais s’en assurait les intérêts, semble-t-il.

Par contre, la révolution en physique prendra du temps à s’installer.  Il fallut attendre que des scientifiques comprennent le contenu de ses articles.

Fin 1905

Mileva avait finalement compris qu’elle ne tirerait aucune reconnaissance de son travail avec Albert Einstein.  Peut-être avait-elle commencé à prendre des dispositions pour assurer sa position, ce qui avait poussé Einstein à publier les quatre plus importants articles auxquels ils avaient travaillés conjointement, ainsi que la thèse qui lui avait donné son doctorat.  Il est quasi impossible qu’un chercheur, ayant travaillé divers sujets durant des années, arrive à leur conclusion et publie tous les résultats la même année, qu’elle soit « miraculeuse » ou pas.  Quelque chose avait poussé Einstein à étaler son jeu d’un seul coup pour s’en assurer la paternité.

À la fin de l’année Mileva cessa complètement de démontrer de l’intérêt pour les travaux de son mari, étant convaincue d’être à jamais exclue de la vie académique.  Elle restait tout de même passionnée par la physique, comme une lettre à son amie Helen l’aurait démontrée.

1906

Mars le 13

Einstein reçoit une lettre du Conseil Fédéral du bureau des brevets lui annonçant qu’il est promu Expert technique de deuxième classe, au salaire de 4,500 francs, à partir du 1er avril 1906.

1907

Einstein publie un article intitulé : « Du principe de relativité et des conséquences tirées de celui-ci » où il présente l’explication la plus proche de la version moderne. Il ne publiera plus sur le sujet de la gravitation avant 1911.  Il semblerait qu’il ait eu des difficultés à faire participer Mileva.

1908

Einstein dépose un brevet pour un voltmètre ultrasensible qui est un travail associé avec Paul Habich, le frère de son ami Habich.  On ne se pose plus la question sur celui qui a fait le travail.

Au cours des années, il déposera 40 brevets avec un autre « ami » physicien, appelé Leo Szilard.  C’est ce dernier qui, plus tard, enclenchera le mouvement du projet Manhattan, pour la création d’une bombe atomique, en demandant à Einstein d’écrire une lettre à Roosevelt.

L’année 1908 est celle où les grands de la physique, comme Max Planck et Wilhelm Wien, commencent à échanger avec Einstein.

À la fin  de l’année, il était reconnu et donnait des conférences à l’Université de Berne.

 

1909

Les relations entre Philipp Lenard et Einstein sont d’abord mutuellement respectueuses : celui-ci estime Lenard comme un expérimentateur de talent, et Lenard considère Einstein comme un grand théoricien, qualifiant dans une lettre de 1909 la théorie de l’effet photoélectrique comme « remarquable parmi ses théories ».

Mais ces relations prennent une autre tournure avec la Première Guerre mondiale. Einstein est pacifiste et pro-européen, alors que Lenard est nationaliste nazi.  Selon la fondation Nobel, Lenard ne pardonne pas à Einstein « d’avoir découvert et associé son propre nom à l’effet photoélectrique », ce qui n’est pas du tout ce que Lenard indique dans la lettre de 1909.

Einstein donne une conférence sur l’électrodynamisme et le principe de relativité à l’université de Zurich.  Alfred Kleiner le recommande alors comme professeur d’une nouvelle faculté de physique théorique.

C’est Mileva qui préparait les notes de conférences pour Einstein qui, lui, était beaucoup trop occupé, évidemment.  Elle écrivait même des lettres aux autres physiciens au nom d’Einstein.  Ce type commence à me les chauffer drôlement, mais je resterai le plus « objectif » possible.

1910

Mars

Einstein est invité par Hendrix Lorentz, prix Nobel de 1902, à venir le visiter dans la petite ville hollandaise de Leiden.  Il amène Mileva avec lui.  Ils restèrent quelque temps avec Lorentz et sa femme.  Mileva est comblée par cette incursion temporaire dans le monde académique.  Sa dévotion pour son époux reprend du poil de la bête.  On peut conclure qu’elle se remit à « collaborer ».

Juillet le 28

Un deuxième fils leur naît à Zurich.  On l’appela Eduard.  Je me demande tout à coup qui a dépensé le plus de « notre énergie » pour faire cet enfant.

Les soirées étaient consacrées à travailler pour préparer les conférences d’Einstein par les deux « associés » maritalement.  Probablement parce qu’Einstein voulait bien se préparer et éviter ainsi de dire des conneries.

1911

Einstein publie un article intitulé : « De l’influence de la gravitation sur la propagation de la lumière ».  Il est revenu à la gravitation après plus de quatre ans. Comment a-t-il pu mettre du temps sur ce sujet en se promenant partout en Europe et en préparant ses conférences?  C’est vraiment un « bourreau de travail » ce type!  Je retiens, ici, le mot « bourreau » et d’un seul coup je vois Mileva en train de reprendre sa « collaboration » sur les recherches depuis déjà plus d’un an.

Avril

Einstein devient un professeur agréé à l’université Charles Ferdinand de Prague.  Il obtient également la citoyenneté autrichienne.

Octobre

Einstein participe à la conférence de Solvay avec les grands de la physique.  Il était maintenant reconnu comme théoricien de marque et sa vie serait changée à jamais.

Einstein était devenu une sommité et voyageait partout en Europe.  Évidemment sa femme restait à la maison, à Prague, une ville qu’elle détestait.  Son rêve académique était disparu pour la deuxième fois.  De plus, Einstein commençait à en vouloir à sa femme à cause, officiellement, de ses demandes d’attention, mais fort plus probablement de ses demandes de « reconnaissance ».

1912

Avril

Durant un voyage à Berlin, pendant les vacances de Pâques, étant seul, il rencontra une cousine appelée Elsa Lowenthal.  Elle, comme Mileva, était plus âgée que lui, de trois ans. Certains prétendent que leur liaison commença à ce moment-là.

Juillet

Einstein réaménage à Zurich pour prendre le poste de professeur de physique à la Polytechnique Fédérale de Suisse.  Mileva est enthousiasmée, croyant que ce retour à Zurich sauvera son mariage tout autant que sa santé.  Les enfants sont heureux d’avoir quitté Prague.

Cependant la santé de Mileva commencera, bientôt, à vraiment décliner.  Le rhumatisme s’installe et la rend pratiquement paralysée certains jours d’hiver.  À la fin de l’année, elle n’a plus la force de « collaborer ».

Octobre :

À partir d’octobre 1912, Einstein se consacre presque exclusivement à la relativité générale et se débat plusieurs années avec les mathématiques nécessaires à l’unification de la gravitation et de la relativité restreinte.  Il se fait aider du mathématicien Marcel Grossmann (Mileva n’étant plus disponible), et il s’attaque à la compréhension de la géométrie différentielle afin de résoudre ses problèmes.

1914

Mileva et Einstein se séparent.  Elle en a assez et, de toute façon, elle ne peut plus servir à Einstein (Woops! Est-ce là une perte d’objectivité de ma part? Non, au contraire, c’est un maximum d’objectivité).

Lui déménage à Berlin comme professeur à l’université, où il restera jusqu’en 1932.

Milena reste à Zurich avec les enfants, l’un âgé de 10 ans, l’autre de 4 ans.  L’implication de Mileva dans les travaux d’Einstein est terminée.  Qu’à cela ne tienne, sa théorie de la « relativité générale » est pratiquement à point.  Il la publiera l’année suivante.

Août

La guerre éclate à l’été.  Mileva, étant en Suisse, n’aura pas de problèmes.  L’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août.

1915

Alors qu’Einstein et Grossmann n’arrivent pas à trouver une solution pleinement satisfaisante, Hilbert se prit de passion pour la physique.  Einstein lui fait plusieurs cours sur la relativité restreinte (par pur « altruisme » évidemment).  Peu de temps après, Einstein reprend tous ses calculs avec Grossmann.  Peu à peu ils réussirent à corriger les erreurs et à se débarrasser de la nécessité de recourir à un référentiel quelconque.

20 novembre

Hilbert, quant à lui, se penche sur les travaux et trouve la solution correcte en quelques semaines.  Plus rompu aux mathématiques, il ne suit pas le chemin parcouru par Einstein depuis quelques années, ponctué d’erreurs et d’essais, mais une route mathématique directe et élégante.  Il présente sa dérivation et la loi qui en résulte le 20 novembre 1915 à l’Académie royale des sciences de Göttingen.  En accord avec Hilbert, la loi de déformation porte le nom d’équation d’Einstein, plutôt que le nom d’Hilbert.

Novembre le 25

Einstein présente alors la forme définitive de sa loi de déformation à la session de l’Académie le 25 novembre 1915 (cinq jours après la solution trouvée par Hilbert).

Ni Einstein ni Poincaré n’ont revendiqué une quelconque paternité de la relativité restreinte.

Notons que la théorie de la relativité n’a été récompensée par aucun prix Nobel.

1918

Janvier le 31

Einstein écrit à Mileva pour lui offrir l’argent du prix Nobel qu’il doit recevoir bientôt, comme règlement pour le divorce.  Il lui propose : « L’argent serait placée en Suisse, en toute sécurité pour les enfants ».

Mileva accepte, mais Einstein ne tint pas parole.  Lorsqu’il reçut l’argent du Nobel, il n’en donna que la moitié, et cela, en deux versements.  Il ne lui versa jamais la deuxième moitié.

On peut se demander pourquoi Mileva avait accepté cette proposition au lieu d’une pension alimentaire, ce qui aurait été plus normal et plus sécuritaire.  La réponse me semble assez claire.  Mileva avait l’impression que ce montant d’argent lui revenait de droit.  Elle acceptait donc de lui laisser la partie des honneurs à lui seul, en échange de la partie pécuniaire.  Elle se fit rouler même à ce niveau, n’en ayant retiré que la moitié.

1919

Fin de l’année

Albert Einstein va chercher sa mère au sanatorium et l’amène vivre avec lui et sa nouvelle femme Elsa.  Elle décède le 20 février 1920.

1922

Einstein reçoit le prix Nobel de physique de 1921…en novembre 1922.  Einstein pour 1921 et Niels Bohr pour 1922.

L’attribution du prix Nobel de physique à Albert Einstein ne fait pas l’unanimité au sein de l’Académie royale des sciences, qui décide donc de reporter sa remise à l’année suivante, comme le permet le règlement dans une telle situation.  Le principal opposant est Allvar Gullstrand, prix Nobel de médecine en 1911.

C’est grâce à l’insistance du physicien français Marcel Brillouin qu’Einstein recevra finalement son prix Nobel en 1922 pour «sa contribution » à la physique théorique et plus particulièrement pour la découverte de « l’effet photoélectrique» (et non pour la théorie de la relativité).

1924

Einstein travaille avec Satyendranath Bose sur leur théorie Bose-Einstein qui s’applique aux bosons.  En fait, Bose avait, avant tout, effectué ses recherches sur les photons. Einstein les a ensuite appliquées aux atomes.

1927

Début des discussions entre Bohr et Einstein sur la théorie quantique qui durera jusqu’en 1935.

1932

Einstein apprend que sa maison de Berlin a été pillée par les Nazis.

1933

Octobre le 17

Albert Einstein émigre aux États-Unis

1939

Lettre d’Einstein à Roosevelt.

1940

Einstein devient Américain.

1948

Août le 4

Décès de Mileva Maric-Einstein âgée de 72 ans.

1955

Avril le 18

Décès d’Albert Einstein suite à une rupture d’anévrisme.  Il est âgé de 76 ans.

 

J’ai laissé entrevoir mon opinion sur Albert Einstein.  Je n’en dirai pas plus.

Il est clair, cependant, qu’après son divorce d’avec Mileva, il n’a rien produit qui aurait pu développer plus avant, sa théorie de la « Relativité Générale ».  Il s’est contenté simplement de « surfer » sur la vague de sa popularité, qu’on avait soin d’alimenter constamment chez la population des États-Unis, ce qui la gardait vivante à travers le monde.

Je suis convaincu que son mérite est beaucoup moindre que ce qu’on lui a attribué et je me demande en quoi, réellement, consistait la « force » de son génie.  Pour l’instant, je ne vois que cette aptitude assez extraordinaire de pouvoir déléguer le travail à faire.

 

André Lefebvre

 

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