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Centpapiers

  • Michel Chossudovsky: Wikileaks est un pretexte pour censurer l’internet

    6 janvier 2011 | 6 commentaire(s) | vu 1 548 fois

    Image Flickr par Abode of Chaos

    Le contrôle d’internet est l’un des objectifs de la « Guerre de l’Information » dans laquelle Wikileaks/ Julian Assange joue un rôle prépondérant mais aussi dans la « fabrique de la contestation » ce qu’analyse avec justesse et clairvoyance Michel Chossudovsky dans « Who is Behind Wikileaks ».

    Actuellement l’ONU fait l’objet de pressions de la part d’un certain nombre d’États membres pour créer en son sein un organisme pour « faire la police » sur internet. Ces pays évoquent les fuites de Wikileaks comme raison principale d’un contrôle plus strict d’internet.

    La demande vise à la création d’un « groupe de travail » exclusivement constitué de responsables gouvernementaux qui discuteraient entre eux comment établir un consensus dans leur « politique publique internationale » pour internet. En d’autres termes, les gouvernements seraient amenés à décider de ce qui serait effectivement publié sur internet.

    Alors… y a-t-il derrière tout le buzz médiatique des « fuites » de Wikileaks un plan visant à limiter la liberté de publication sur internet ? Le Pentagone a déjà qualifié Assange de « cyber-terroriste » ; on parle de poursuites contre lui aux USA pour « espionnage ».

    Alors… des « fuites » orchestrées sur internet pour justifier plus de contrôle et, à long terme, le monopole des médias de masse complices sur tous les contenus internet, de surcroît devenus payants ?

    Dans un article publié le 13/12/2010 sur Global Research intitulé « Who is Behind Wikileaks »— Qui est Derrière Wikileaks ? —Michel Chossudovsky fournit des informations clés sur cette organisation et en conclusion donne un avis clairvoyant sur ce processus de « fuites ».

    Ci-dessous traduction du paragraphe « Manufacturing Dissent ».

    … « Fabrique de la Contestation »

    Wikileaks présente les caractéristiques essentielles d’un processus de « contestation fabriquée ». Il cherche à exposer les mensonges du gouvernement. Il a publié d’importantes informations sur les crimes de guerre US. Mais une fois que le projet a été intégré dans le moule du journalisme de masse il est utilisé comme un instrument médiatique de désinformation.

    « C’est dans l’intérêt des élites et des multinationales d’accepter la contestation et les protestations comme un élément du système tant qu’elles ne menacent pas l’ordre social établi. L’objectif n’est pas d’interdire toute forme de contestation, mais au contraire de la façonner et de la modeler afin d’en établir les limites. Pour maintenir leur légitimité, les élites favorisent une opposition limitée sous des formes contrôlées… Cependant pour être efficace le processus de la « fabrique de la contestation » doit être prudemment régulé et contrôlé par ceux-là même qui sont visés par le « mouvement de protestation » »

    Voir Michel Chossudovsky « Manufacturing Dissent »: the Anti-globalization Movement is Funded by the Corporate Elites, September 2010

    Ce que l’examen de ce projet Wikileaks suggére aussi, c’est que les mécanismes de la propagande du Nouvel Ordre Mondial sont devenus de plus en plus sophistiqués, surtout en ce qui concerne son agenda militaire.

    Désormais, ils ne reposent plus sur une suppression directe des faits concernant les crimes de guerre des US-OTAN. Ils ne nécessitent plus, non plus, que les responsables gouvernementaux aux échelons les plus élevés, comme la secrétaire d’État, soient protégés ; ils peuvent être remplacés. Les politiciens du Nouvel Ordre Mondial sont d’une certaine façon « jetables » : on peut les remplacer. Ce qui doit être protégé et soutenu ce sont les intérêts des élites économiques qui contrôlent l’appareil politique dans les coulisses.

    Dans le cas de Wikileaks, les faits se trouvent dans une banque de données ; un grand nombre de ces faits, particulièrement ceux concernant les gouvernements étrangers, servent les intérêts de la politique étrangère US. D’autres faits ont tendance, d’un autre côté, à discréditer l’administration US. En ce qui concerne les informations financières, la publication de données concernant une banque en particulier, à l’instigation de Wikileaks, par une institution financière rivale, pourrait être potentiellement utilisée pour déclencher l’effondrement ou la banqueroute d’une institution financière ciblée.

    Tous les faits-wiki sont sélectivement expurgés, puis ils sont « analysés » et « interprétés » par des médias qui sont au service des élites économiques.

    Alors que les nombreuses informations contenues dans la banque de données Wikileaks sont accessibles à tous, le public dans son ensemble ne prendra pas la peine de les consulter. Il se contentera de lire les informations qui auront été sélectionnées et interprétées par les principaux organes de presse.

    Ce qui est présenté dans le spectacleest une vision partiale et biaisée. La version éditée et interprêtée par les médias officiels est acceptée par l’opinion publique parce qu’elle provient d’une source généralement considérée comme « fiable » ; alors qu’en fait, ce qui nous est livré est une distorsion soigneusement élaborée et compliquée de la vérité

    Des formes limitées de débat critique et de « transparence » sont tolérées, tandis qu’il s’agit de faire accepter par le public dans son ensemble la politique étrangère des USA, et en particulier leur « guerre contre le terrorisme ». Pour ce qui est d’une grande partie du mouvement anti-guerre US, cette stratégie semble avoir réussi : « nous sommes contre la guerre mais nous soutenons la guerre contre le terrorisme » !

    Cela signifie que la vérité dans les médias ne peut exister qu’à condition de démanteler l’appareil de propagande — i.e. Casser la légitimité des médias de masse, qui soutiennent les vastes intérêts des élites et les plans militaires mondiaux de l’Amérique.

    À notre tour nous devons nous assurer que la campagne contre Wikileaks aux US, se servant de la loi sur l’Espionnage de 1917, ne sera pas utilisée comme moyen de mener une campagne pour contrôler l’internet. C’est pour cela que nous devons aussi rester fermes pour empêcher les poursuites judiciaires contre Julian Assange aux Etats Unis.

    © Droits d’auteurs , Planète non violence, 2011

    L’adresse url de cet article est: www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22603

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  • 6 commentaires

    [...] This post was mentioned on Twitter by centpapiers. centpapiers said: Michel Chossudovsky: Wikileaks est un pretexte pour censurer l’internet: Mondialisation.ca, Planète non violence… http://bit.ly/hJ6pwg [...]

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    • SylvainGuillemette

    Bien dit, du vent tout ça, le gars des vues n’est pas loin comme on dit ici.

    En ce qui concerne les informations financières, la publication de données concernant une banque en particulier, à l’instigation de Wikileaks, par une institution financière rivale, pourrait être potentiellement utilisée pour déclencher l’effondrement ou la banqueroute d’une institution financière ciblée.

    C’est exactement l’opinion que j’ai émise avec quelques pistes en début décembre.


    résumé:

    Lors de la crise financière 2008 Bank of America a préféré sauver Merrill Lynch et pour cause; AIG devait 13 milliards à Merrill Lynch et l’administration BoA savait en août 2008 que la FED-Newyork renflourait AIG (85 milliars$ en septembre 2008 pour un total de 153 milliards$ fin 2009), le sauvetage le plus cher de la finance mondiale.

    Cerise sur le gâteau, en décembre 2008, 3,6 milliards de bonus ont été versés aux employés de Merrill Lynch. Sans compter le petit party de 443.343,71$ au St Regis de Monarch Beach que s’est offert l’administration AIG une semaine après leur sauvetage.

    Toute la lumière n’est pas faite au sujet de cette affaire et surtout celle du transfert de 29 milliards de dollars de pertes de Merrill Lynch US à sa filiale UK neutralisant tout impôt sur les sociétés dû au Royaume-Uni avant le naufrage.
    On en entendra parler lors des prochaines révélations de Wikileaks (l’objectif final de celui-ci), avant la grande censure internet. (les précédentes ‘révélations’ avait pour objectif de lui accorder une certaine crédibilité populaire médiatique pour la suite essentiellement financière).

    Avec la lecture du texte de M. Chossudovsky, je pense bien que ce sera le prétexte majeur (la grande crise financière) pour procéder au contrôle de tous les médias y compris, et surtout, internet.

    DG

    • avatar
    • Tankonalasanté

    Je viens de lire un article passionnant sur le Vénézuela de H. Chavez , les tentatives de destabilisation de Washington , et wikileaks :

    http://www.legrandsoir.info/Le-Venezuela-et-les-banques-Pourquoi-Washington-deteste-t-il-Chavez.html
    Cdt. Tk.

    avatar

    SylvainGuillemette a répondu:

    « »Au Venezuela, les USA soutiennent des groupes anti-Chavez depuis plus de huit ans, y compris ceux qui ont été les instigateurs du coup d’état d’avril 2002. Depuis, leur financement a augmenté substantiellement. Un rapport de mai 2010 de la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED : National Endowment for Democracy) qui évalue l’assistance étrangère à des groupes politiques du Venezuela a révélé que plus de 40 millions de dollars étasuniens est distribué chaque année à des groupes anti-Chavez, la majorité en provenance d’agences étasuniennes… »

    Et d’un autre côté, vous avez monsieur David, qui dit que le RLQ, le Tea Party québécois, n’a été financé que par 6 personnes, avec chacune, 500 piastres. C’est un menteur. En vérité, son ami Duhaime, à m’sieur David, a travaillé pour la NDI, satellite de la NED, en Irak, en coopération avec les occupants états-uniens.

    Le RLQ doit donc recevoir de larges sommes de ces groupes antidémocratiques, faisant putchs ici et là, au bonheur des amis de monsieur David, les bourgeois. D’ailleurs, a gang de m’sieur David dit que Chavez est un dictateur, alors qu’on sait tous qu’il a été élu démocratiquement.

    Les seules bonnes démocraties pour les types comme m’sieur David, sont celles qui se plient au diktat des bourgeois. Les autres sont des «dictatures» à renverser, d’où la nostalgie de monsieur Duhaime à l’endroit de Pinochet.

    Quelle équipe!

    • avatar
    • SylvainGuillemette

    «Le Venezuela se distingue comme le pays où la NED a le plus investi dans des groupes d’opposition en 2009 en distribuant 1 818 473 dollars étasuniens, soit plus du double de l’année précédente… Allen Weinstein, un des fondateurs initiaux de la NED a confié au Washington Post « ce que nous faisons aujourd’hui, la CIA l’a fait clandestinement il y a 25 ans… » … » (America’s Covert « Civil Society Operations » : US Interference in Venezuela Keeps Growing », Eva Golinger, Global Research)»

    Aux États-Unis d’Amérique, si vous recevez des sommes d’un État étranger pour faire la promotion d’un autre modèle que le capitalisme, vous êtes passible de la peine de mort. Comme quoi les standards ne sont pas les mêmes, selon le camp dont vous faites partie.

    Washington se donne le droit de préférer des candidats présidentiels dans les pays étrangers, en appuyant les oppositions de son choix, ou qu’elle forme elle-même, mais n’accepte pas l’inverse chez elle, et tuera tout opposant au système, qui sera financé par un État étranger, comme elle le fait pourtant.

    Éric Duhaime en ce sens, a reçu de l’argent pour participer à l’occupation de l’Irak, dans le but de la rendre la plus docile possible au diktat des bourgeois minoritaires et parasitaires. Mais si moi je fais ici, au Québec, une campagne en recevant des dons d’un État étranger opposés aux volontés du Canada, je serai taxé de traitre et serai accusé de haute trahison. Duhaime, lui, est dans les valeurs conservatrices, alors ça passe.

    Pas besoin d’aller au Venezuela pour voir de la magouille, y en a ici au Québec, à Québec entre autre, dans les torchons de Quebecor par exemple.

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