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MH370 : bienvenue en absurdie (1)

Il faut appeler un chat un chat:  les 500 pages du livre de Florence de Changy, cet enfilage de perles aéronautiques, conduisent à une thèse complotiste, dont le côté grotesque et ridicule est une véritable injure aux victimes et à leurs proches dont la douleur ne peut s’atténuer tant que l’on n’explique pas raisonnablement la fin de cet avion.  En ce ce sens, cet ouvrage, édité chez Les Arènes (1), est affligeant de manipulation, comme le sont les nombreuses interventions de l’auteure en radio ou à la télévision pour nous vendre ses livres concernant ses théories.  C’est à mes yeux une insulte à la mémoire des victimes.  Un enchaînement de racontars glanés ici et là chez des sources douteuses ne fait pas un livre sérieux.  En ces temps troublés par une désinformation qui nuit à une lutte efficace contre le fléau majeur qu’est la désinformation, il est temps de « debunker » ces assertions oiseuses qui ne sont pas du journalisme.  La profession est en péril, avec de pareils propos vendus comme vérités.

C’est bien là où le bât blesse, en effet, chez elle avec ses sources, qu’elle appelle des MHistes, les « spécialistes » de la catastrophe, terme qui désigne en fait…. les complotistes, dont on retrouve la liste et les noms sans problème en la lisant. Aucun témoignage retenu par elle n’est fiable, en plus de sa méconnaissance abyssale du milieu aéronautique.

La mémoire qui flanche 

Dedans, par exemple, on trouve des « témoignages » d’une fragilité ahurissante. L’un des plus légers dans le genre étant ce qui va suivre : « l’une des choses extraordinaires sur lesquelles De Changy écrit est le témoignage d’un citoyen canadien, Christian Courcelles, qui a travaillé pendant de nombreuses années dans l’industrie aéronautique, d’abord comme technicien en électricité chez Bombardier, puis avec l’Aviation royale canadienne. Dans la nuit du 8 mars 2014, raconte De Changy, Courcelles est tombé sur des photos d’une chaîne de télévision vietnamienne qui le hantent depuis lors. avion de recherche et de sauvetage au décollage. De Changy écrit: « Selon Courcelles: » La première chose que j’ai vue était le train avant. Il était à moitié submergé, juste allongé sur la plage. J’ai assez d’expérience pour savoir exactement ce que je regardais. Puis j’ai vu le stabilisateur vertical avec le logo Malaysia Airlines dessus étant tiré de la surface. « J’ai aussi vu deux personnes marchant à terre avec l’une des boîtes noires qui se trouvait dans une sorte de boîtier transparent rempli d’eau».  » De Changy dit que Courcelles lui a dit qu’il se soumettrait volontiers à un test de détecteur de mensonge, «mais pour l’instant, il ne pouvait que jurer sur la vie de ses enfants qu’il avait vu ce qu’il avait vu». Courcelles ne peut pas être le seul à avoir vu les images, dit De Changy. « Inutile de dire que, s’il est exact, son témoignage est crucial. Cela signifie que l’avion s’est écrasé dans les eaux vietnamiennes, près du rivage. opération a commencé sur place. « 

Le problème, c’est le souvenir plutôt évasif de l’individu : des vidéos de boîtes noires ramenées dans une boîte-aquarium, ce n’est pas ce qui manque depuis les catastrophes aériennes. On les a même un peu partout, vues dans l’eau. Le plus flagrant c’est plutôt la vidéo (fort récente) de la découverte des débris des Boeing 737-500 du vol Sriwijaya Air 182, qui s’est écrasé le 9 janvier dernier, où l’on aperçoit parmi les débris deux couleurs, du rouge et du bleu similaires aux couleurs malaisiennes… Tout y est : la boîte noire dans l’eau, deux personnes pour la tenir et… les deux couleurs similaires qui se retrouvent plutôt étonnantes ici. Est-ce que la mémoire du canadien aurait mélangé les époques et vu une vidéo montrée dans un reportage alors qu’elle serait bien antérieure à ces faits-là ? L’avion du jour possède trois coloris similaires, et les petits débris repêchés sont très semblables en effet logiquement.

On ne devrait pas tarder à voir l’une de ces photos utilisées par un complotiste venant affirmer que le B777 de la Malaysia Airlines est tombé au large de Djakarta !!! … Un petit montage photo à la sauvette à partir des images que je vous montre, et hop là, une nouvelle théorie peut être lancée…

En janvier 2015, quand on a retrouvé les boîtes noires du voAirAsia Flight 8501, c’est ainsi qu’on les a montrées aussi à la TV (un Airbus A320-200 qui s’était crashé le 28 décembre 2014, soit 9 mois avant). Mais lui était rouge et blanc seulement, et d’un rouge différent. Toutes les chaînes de TV mélangent sans hésiter les documents pour illustrer rapidement leur reportage : même en presse papier, c’est pareil : combien de fois sur les crashs d’avions de cocaïne ne tombe-on pas sur le bon mais plutôt sur une vieille photo antérieure pour illustrer l’événement ? L’avion « à moitié immergé » fait énormément penser au 737 (PK-LKS) de TransNusa-Lion Air, en 2013, (vol 904) qui avait plongé dans l’eau après avoir atterri trop long (sans faire de victimes)… sa photo (ici à gauche) avait servi partout à illustrer la catastrophe du Boeing Max de Lion Air, cinq ans après, le 29 octobre 2018, celui qui avait tué 189 personnes !!! Une confusion du fait du manque de connaissances en aviation des metteurs en page, qui doivent faire vite et puisent dans le stock de photos disponible sur le net… sans références précises (ici par exemple, pour illustrer une portion de débris retrouvée, The Sun met en ligne la photo du flaperon de test… neuf, refait pour l’occasion !!!).  Le 25 février 2019, cinq ans après le faits, le Daily Mail Australia, pour illustrer les délires du « détective » conspirationniste Noel O’Gara, montre comme « débris de l’avion suspect » un énorme bout de fusée de 3×2 mètres retrouvé couvert de barnacles à Nakhon Si Thammarat, au sud de la Thaïlande vers la péninsule Malaise, côté isthme de Krale. C’est un morceau d’une fusée H-2 japonaise, la partie entre deux étages (de l’engin ici à droite). La découverte originale n’est pas dure à trouver pourtant. Le même mois, dans la province de Tuyen Quang, au nord du Vietnam cette fois, un bout de 8 tonnes d’une fusée Zenit russe, lancée le 8 décembre, a été retrouvée selon le magazine spécialisé Spaceflight101 : le morceau était retombé le 2 janvier. Comment voulez-vous que les lecteurs s’y retrouvent dans ce mic-mac ?

Comme quoi, remarquez, il est bien tombé des trucs dans la zone préférée de De Changy. Mais ce sont des morceaux de fusée, et pas d’avion ! Parmi d’autres morceaux encore retrouvés à Tuyen Quang et à Yen Bai, au nord toujours, des sphères d’acier ou de titane de 45 kg : des réservoirs à hydrazine (c’est le classique B-Stoff  du Messerschmitt Me 163 !) ou pour mettre en pression le contenu du plus gros.  Ressemblant (mais en plus gros !) à une vielle découverte arrivée dès 2014 sur une plage des Maldives. Enfin là, au Vietnam, on est à peu près sûr que les américains n’y sont pour rien : les étages de fusée, faut bien que ça retombe quelque part… sans avoir été obligatoirement « abattus » !!!

Un  témoignage douteux, donc, qui n’empêche en rien l’auteure de tabler dessus : « j’ai bien sûr essayé d’avoir accès aux archives des deux chaînes vietnamiennes diffusées en Thaïlande, mais le Vietnam est à peu près aussi communicatif qu’une boîte noire perdue au fond de l’océan, et je ne suis arrivée à rien. Même si la chaîne n’a diffusé ce reportage qu’une seule fois et même si les images et le film montrant des débris du MH370 ont été détruits, Christian Courcelles n’est certainement pas le seul à les avoir vus. » Le problème c’est que si, à ce jour. Et qu’il a certainement tout mélangé dans sa tête, à l’évidence !!! On constate que d’emblée, elle déclare que ça a bien été diffusé, mais que ça aurait été par la suite « détruit » !!! Nécessairement.  Si ça, ce n’est pas une prise de position avec un à-priori complotiste… !! Un véritable journaliste aurait rejeté ce témoignage car pas assez fiable. Chez elle non, il étaye carrément une thèse !

Des « nettoyeurs » au Vietnam ?

Oh, ça ne suffit pas encore à faire baisser l’imagination fertile de notre complotiste en chef, dont tout le livre consiste à étaler la théorie de la chute de l’avion bien oui au nord et sur son trajet connu : « s’il est exact, son témoignage est décisif. Cela signifie que l’avion est tombé dans les eaux vietnamiennes, non loin du rivage. Et qu’une opération de nettoyage a commencé sur place le jour même de la disparition. » Une « opération de nettoyage » ??? On tombe des nues là : « le lieu de l’impact, apparemment dans les eaux vietnamiennes, étant connu avec précision (??? mais où est-elle donc allée chercher ça : aucun calcul n’a été fait, puisque l’on sait qu’il s’est détourné de son axe de vol ?), une opération de ramassage des débris a pu se mettre en place assez facilement, à condition que la presse locale et internationale soit tenue à l’écart et gavée d’absurdités distrayantes qui l’occupent et détournent son attention le plus longtemps possible. D’après le témoignage de Christian Courcelles. l’ancien employé de Bombardier, la collecte de débris a débuté le jour même. Il affirme avoir vu une (des deux) boîtes noires, portée comme il se doit dans un « aquarium », être débarquée à terre. Nous savons également que le Vietnam a autorisé l’accès à ces eaux territoriales à des navires chinois et américains. Le cas échéant, l’opération de nettoyage a dû être menée tambour battant. Il se peut même que l’USS Pinckney ait participé. Son commandant a dit combien il était « fier » du courage de son équipage et a parlé de « tragédie » quand le reste du monde attendait encore de savoir où était passé le MH 370… »

Ah, voici un navire américain qui se pointe. Parlons en : il n’était pas tout seul, ils étaient même deux (et pas le « jour même » en tout cas), de quoi renforcer l’anti-américanisme de bas étage qui nourrit tout l’ouvrage…. Parlons-en, donc de ces deux destroyers, car ce ne sont pas de petites bestioles navigantes ces engins-là : leur collègue plus imposant, l’USS Vincennes, un des premiers de l’espèce Ticonderoga, a fait un superbe carton sur un Airbus A300 iranien (vol Iran Air 655) le 3 juillet 1988, avec le tir de deux missiles RIM-66 Standard MR/SM-2… Score sans appel de l’époque : 290 victimes, dont 66 enfants. Et des américains qui n’ont jamais formulé d’excuses depuis, que ce soit Reagan ou les Bush. Ce que semble aussi avoir ignoré miss De Changy: s’il avait fallu abattre le B-777, ces deux-là étaient les premiers en lice pour le faire il me semble ! C’est l’arme rêvée pour faire ça, et elle a hélas montré son efficacité (à gauche c’est un de ces gigantesques radars de Lockheed-Martin que l’on distingue facilement de l’extérieur avec leur forme octogonale si reconnaissable). Des engins de la classe Arleigh Burke, cette fois, dotés du système de combat Aegis du Vincennes, de 9,5 m de tirant d’eau venus glaner des morceaux «  non loin du rivage » selon elle !!! On laisse tomber ici tout de suite l’idée du « partage » diplomatique délicat des morceaux ramassés, en ce cas, où ce qu’il devrait en être fait, entre les USA et la Chine… puisque la réflexion qui l’amène est idiote. Selon elle, lors d’un obscur appel téléphonique de la Chine à Obama fait le week-end rien que pour l’embêter (oui, c’est de ce niveau chez elle, hélas !) les deux dirigeants auraient parlé de la pluie et du beau temps mais pas du MH-370… Ce qu’elle est encore une fois incapable de prouver !!! On bousillerait ensemble et on ne viderait pas son sac ? Ça ne tient pas debout. Rien ne tient vraiment debout dans ce bouquin, de toute façon !

L’USS Pinckney a été mis en branle le 10 mars, trois jours après, pour être rejoint le lendemain par l’USS Kidd son alter-ego exact (son nom est celui de l’amiral commandant l’Arizona durant l’attaque de Pearl Harbor). Au-dessus d’eux, ce sont les Orion des Grey Knights  de la Patrol Squadron 46 (VP-46), venus de Subang Jaya, en Malaisie qui ont sillonné la région. Les deux destroyers étaient partis de San Diego en Californie le 7 janvier précédent : ils ne résident pas à demeure dans la zone indonésienne. Avec eux un accompagnateur, un ravitailleur de 200 mètres de long, l’USNS John Ericsson. Dès le 13, le Pinckney n’ayant rien trouvé repartait à Singapour pour maintenance. Le 14, le Kidd lui se voyait assigner de se diriger vers l’Océan Indien : on venait de découvrir la possibilité que l’avion y soit, avec l’évidence radar du changement de cap du B-777 disparu.

Et encore une fois, de Changy nous étale son incompétence aéronautique :  l’envoi par la VIIe Flotte d’un avion depuis le Japon pour participer aux recherches était sans doute un bon coup de com. Mais comme l’indiquent les données radar de Thaïlande dont j’ai eu connaissance, l’aviation américaine disposait déjà d’une large gamme d’avions sur zone. Pourquoi aller chercher un P-3 Orion au Japon quand on a déjà l’embarras du choix entre des dizaines d’appareils déployés à proximité immédiate, parmi lesquels plusieurs DC-10 et C-17, au moins un C-130 (Hercules), ainsi qu’un C-146A. un avion ravitailleur et nombre d’autres avions militaires ? Les Etats-Unis étaient-ils gênés d’avouer publiquement qu’ils étaient déjà sur place, en force qui plus est ? » . Rien qu’à cette lecture, on comprend le problème en effet de son incompétence aéronautique patente. Les « DC-10 » sont en fait des ravitailleurs « KC-10 Extender », et comme les C-17, des avions-cargo.  On ne les a jamais utilisés pour rechercher quoi que ce soit, et même chose pour le C146A Wolfhound, un Dornier 328 à l’allonge trop courte au-dessus de la mer (1,852 km), qui sert à transporter des commandos pour l’US Air Force et aux opérations secrètes (celles de Bancroft, notamment, lire ici).
Son seul intérêt étant de pouvoir faire ambulance, au cas où… bref, le seul valable du lot étant le C-130H et sa large cabine d’observation et ses 18 personnes à bord comme ici un appareil de la Republic of Singapore Air Force (le RSAF 122 Squadron), basé à Paya Lebar (c’est la pointe sud de la Malaisie), capable de voler pendant 10 h d’affilée à 150m au-dessus des flots en observant via les hublots ou les portes arrières toutes ouvertes (photos ci-dessus), ou de larguer des bouées (ici à gauche). Son objectif à lui ce jour là étant Kota Bahru, dans le Kelantan, dans le sud de la Mer de Chine. Il y détectera des traînées de pétrole qui seront attribuées à des navires (photo ci-dessus).

L’Orion, lui, on le rappelle, est équipé de bouées de marquage émettrices (au cas où il découvre quelque chose) et de bouées sonars (pour écouter les fonds marins, émettrices aussi) ce que les autres appareils n’emportent pas (ici à gauche). Il emporte onze aviateurs, dont trois navigants (pilote, co-pilote et navigateur), deux officiers de l’US Navy, deux mécaniciens de bord, trois opérateurs des systèmes embarqués et un technicien. Des Lockheed Orion sont aussi parfois disposés à Diego Garcia: ce sont eux qui étaient venus lancer des bouées dans les jours qui ont suivi la disparition de l’avion.  Et ce type d’appareil a un avantage certain sur les autres : la recherche!  C’est pour ça qu’il a été conçu dès le départ !! Les USA disposent d’un autre engin efficace : l’énorme drone Global Hawk (MQ-4C Triton) basé sur l’Andersen Air Force Base, à Guam. Aucun ne semble avoir servi à la détection du MH370. On le considère encore en développement (depuis 15 ans !). Le 18 septembre 2014, il a effectué un vol de 11 heures pour traverser les USA, allant de l’usine Northrop Grumman de Palmdale, à la base de la Naval Air Station Patuxent River dans le Maryland.

Forcément, les américains, aurait dit Marguerite… 

Ce n’est pas tout de dire que l’avion a été abattu. Faut aussi vérifier comment ou par qui il aurait pu l’être. Six nations au total sont en lice, sur mer (on laisse pour l’instant tomber l’aviation, on verra ça demain…) dans le cas du scénario à la Vincennes : la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie et l’Indonésie. à voir les participants à la réunion annuelle décrite (pour faire 6 faut en effet ajouter la Chine et les USA).  Son livre évoque une erreur, ou une intention, autant mettre tout le monde dans le même sac, comme le fait d’ailleurs De Changy avec son complot engageant plusieurs nations. Pour la Thaïlande, c’est vite réglé : ses frégates chinoises Naresuan n’ont été équipées qu’en 2016 de lanceurs verticaux MK 41 contenant des missiles anti-avions Sea Sparrow (ici à gauche). Ce ne peut pas être eux.  Pour le Vietnam, ses frégates Dinh Tien Hoang (HQ-011, en haut à gauche) ont bien un radar de recherche aérienne et de surface Cross Domedes missiles anti-navires Switchblade SS-N-25 et un canon qui ne servent à rien ici, mais aussi le système Kashtan russe devenu Palma chez eux (ici à droite), combinant canon et missiles façon Pantsir. Intéressant en effet. Mais le bidule est là plutôt pour se défendre contre un ennemi à basse altitude : le canon tire à 4 km maxi et les missiles dans un rayon restreint de 8 km à 10 km, pour une altitude comprise entre 3,5 km et 6 km seulement ! Exit les vietnamiens, eux aussi ! La Malaisie, elle, n’a pas encore reçu en 2014 ses frégates Maharaja Lela dotées de missiles Sylver VLS de la DCNS. française (des missiles Aster, comme ceux qui équipent le porte-avions Charles de Gaulle… pour se défendre lui aussi). C’est donc Singapour qui paraît le mieux équipé avec ses frégates de la classe Formidable au nom prédestiné (des dérivées de la classe La Fayette), avec à cette époque une mise à jour de ses missiles en Aster 30 qui ont été commandés en 2013 (elle ne les recevra qu’en 2018 en fait !), un système efficace, architecturé autour du radar AN/FPS-117, en fait le radar Sea Giraffe AMB suédois de chez Saab. Bref, à part les chinois, qui auraient bien en ce cas bousillé un avion contenant en majorité leurs propres ressortissants, l’ultime gaffe en quelque sorte, il ne reste plutôt comme candidat… que les USA. Forcément sublime, aurait dit Marguerite Duras si Libération lui avait confié l’enquête du fond de sa tombe… Le problème, on l’a vu, c’est que les deux meilleurs candidats en lice ne sont pas là !!

Broder (ou enfiler des perles), tout un art….

Comme le Pinckney n’a rien trouvé, pas plus que le Kidd, la voici marrie, alors il lui faut broder (c’est la reine dans le genre, elle pourrait s’attaquer à refaire intégralement la tapisserie de Bayeux) : « parmi les nombreux commentaires répandus sur les blogs et forums militaires et aéronautiques, un internaute, sous le pseudo de « Ron Black », s’étonne de « l’étrange comportement » de l’USS Pinckney et du silence imposé apparemment au personnel à bord« . En gros que le capitaine aurait interdit à ses matelots de parler à leur retour. Le vieux plan que voilà !!! Le gars qui sort le « Ron Black » de sa poche est vite cerné : il s’agit de Jeff Wise, qui le cite en référence (comme il cite régulièrement lui aussi Alex Siew et ce sont deux piliers connus de la désinformation sur le net)…  Voici ce que dit ce complotiste notoire (qui a fait tout une tartine provocatrice (2) sur l’atterrissage au Kazakhstan de l’avion concerné, à Baîkonour : c’est ici et c’est à se tordre de rire (3) !!): « je dirais que les Américains avaient tout compris et décidé de la dissimulation, au plus tard le 12 mars, heure américaine. Le 13 mars, Wolf Blitzer a tweeté qu’il avait été informé la veille que la 7e flotte américaine redéployerait 2 Destroyers américains, USS Kidd et USS Pinckney de la zone de recherche d’alors dans le golfe de Thaïlande et la mer de Chine méridionale. L’USS Kidd a été redéployé de l’autre côté de la Malaisie péninsulaire tandis que l’USS Pinckney a été envoyé à Singapour pour ce qui était dit être un «entretien» mais selon toute vraisemblance, un débriefing du renseignement. Ron Black a commenté dans son blog Google+ concernant le « comportement étrange » de l’USS Pinckney et le verrouillage apparent des communications imposé aux personnes à bord du navire. Les gens peuvent tirer leurs propres conclusions sur les raisons pour lesquelles les Américains ont dû recourir pour interdire aux personnes à bord de ce navire de parler à leurs familles ou à d’autres pendant cette période critique. »

Si on ajoute Bradley West (ici à droite), romancier-conspirateur forcené auteur de romans comme « Sea of Lies, The MH370 Conspiracy Thriller », (il explique son écriture ici), on obtient une bonne partie des sources avouées de De Changy. Des bobards complets, étayés par de faux messages comme celui du capitaine US à ses marins !!! Ou des versions romancées présentées comme réelles !!! Un dernier point à ajouter : vous pensez vraiment que si le américains avaient descendu l’appareil, ils se seraient embêtés à le faire avec un avion alors qu’ils ont des destroyers qui font ça très bien ? Et qu’après, ces pervers, ils auraient envoyé ces mêmes bateaux assassins rechercher des morceaux de leur propre victime ?

C’est de Jeff Wise aussi, appelé simplement « un bloggeur américain » dans son ouvrage (elle le cite en note 3 de la page), que provient la thèse soutenue (hélas) par Ghyslain Wattrelos sur le contrôle des données Immarsat de l’intérieur via l’antenne de fuselage du B-777 (« pirater le Satcom » selon lui (4)) : « j’ai toujours supposé que l’unité de données satellite, qui est située dans le toit de l’avion près des sorties de secours arrière et qui serait cruciale pour perpétrer une usurpation des données Inmarsat – quelque chose qui est au cœur de mon hypothèse – n’est pas accessible en vol. Gerry a écrit un article de blog fascinant sur son propre site Web dans lequel il a souligné que non seulement le SDU est accessible via une trappe déverrouillée, mais que cette trappe est située juste à l’arrière de l’endroit où les deux Ukrainiens étaient assis. Ce serait relativement facile, écrit Gerry, d’introduire de fausses données de localisation dans le SDU directement dans la cabine. »

A part que l’accès au toit est impossible, qu’il se situe à bonne hauteur (le diamètre du fuselage fait 5,87 m, 10 cm de plus qu’un DC-10, et le plafonnier – le compartiment bagages, ici en bleu – est très épais)… Pas la peine d’espérer y arriver avec un tournevis, même d’un bon mètre de long !!! C’est chez elle « d’un accès facile » … On peut en conclure qu’elle ne bricole pas souvent chez elle, surtout (5) !

Pour Jeff Wise aussi, la preuve du pilotage final est la remise en marche des données après leur interruption, selon lui un acte volontaire : or techniquement on a réussi à démontrer que le réacteur auxiliaire a été capable de se rallumer automatiquement, uniquement grâce au kérosène resté le long de sa canalisation, alors que les réacteurs s’étaient éteints. Plus personne ne pilotait l’avion à ce moment là, on le sait aujourd’hui. Bref, Jeff Wise, qui n’a cessé de communiquer sur la question, s’est beaucoup, beaucoup trompé !!!  Ce qui ne l’empêche pas de continuer à poster régulièrement ses « analyses »… hélas ! Il vient de se trouver un nouveau dada : l’étude du coronavirus.  On peut tout craindre, là (6), avec lui !!! Espérons que de De Changy se cantonne aux catastrophes aériennes !

La photo de passagers « manipulée »

A propos de ces deux iraniens accusés de pouvoir être des terroristes en puissance ayant détourné l’avion, une chose m’a fort surpris dans une déclaration de Ghyslain Wattrelos, bien trop tombé sous l’influence de Florence De Changy.  Il affirme en effet qu’une des photos a été « manipulée » car les jambes sont les mêmes sur les deux clichés. Sur l’une d’entre c’est donc un « montage », et donc, dans l’esprit tortueux d’une De Changy un acte délibéré dissimulant une arrière-pensée. Or si l’on regarde bien, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une simple erreur de photocopie : deux jeux de clichés ont été faits pour la presse, des homme en torse, pour agrandir le visage, et en pied. Et l’un des policiers malaisiens, faisant une photocopie, a laissé celle en pied sous celle en torse. Coup de chance (ou pour son malheur à lui) c’est presque raccord, haut du corps et jambes ! Le bas à bord blanc du premier torse se distingue très bien, même sur la photo tenue à bous de bras par le responsable de la police (ici à droite).    D’où l’idée que l’on a cherché à tromper les gens, alors qu’encore une fois, c’est de l’incompétence, de la maladresse, tout simplement. Le pays en prime était alors dirigé par un premier ministre magouilleur, Najib Razak, qui a détourné une somme considérable, et qui verrouillait toute l’info, par crainte que l’on vienne fouiller dans ses turpitudes,
ou les achats compulsifs de sa femme Rosmah Mansor (à gauche), qui a dilapidé la fortune détournée à l’Etat avec de véritables achats de midinette (6 millions de dollars d’achats à New-York, on saisira 72 cartons de bijoux et d’argent empilé chez elle, ici, à droite !!). C’était Dallas-sur-Kuala Lumpur, à la tête du pays, et tout était vérolé : alors pensez-bien, la communication de crise, dans cette atmosphère lourde n’a pu être qu’un désastre phénoménal !!

Les vietnamiens ont cherché, pourtant, et n’ont rien trouvé

Elle cite également le journal The Aviation Herald comme source qui avait annoncé la découverte d’un « champ de débris » au Viet-nam : ça se trouve toujours sur le net, en deux coups de cuillère à pot. Pas besoin de prendre l’avion pour cette enquête… faite dans un salon : c’est vrai, certes, mais ce journal a en fait empilé tout ce qu’il lui arrive à la queue leu leu, si bien qu’on trouve cela.. et sa remise en cause un peu plus loin. Tel ceci : « le 8 mars 2014, vers midi, heure locale, le personnel de recherche vietnamien a signalé avoir détecté un signal ELT (un bouton d’alerte express figurant sur le tableau de bord de l’avion) à environ 20 nm au sud de la côte de Ca Mau. Les responsables vietnamiens ont par la suite déclaré qu’ils n’avaient pas encore détecté le vol MH-370« . Le 8 mars, « l’amiral de la Navy vietnamienne avait annoncé que les débris de l’avion avaient été découverts à 130nm  au sud de l’île de Tho Chau » : dans la foulée, la même Navy déclarait que l’amiral avait confondu avec la dernière position radar de l’avion !!! Ou bien encore ceci : « dans la nuit du 9 mars 2014, le centre de contrôle de recherche et de sauvetage du Vietnam a publié une photo d’une pièce flottant dans le golfe de Thaïlande, qui, malgré l’obscurité, a été découverte par un avion Twin Otter de la garde côtière vietnamienne (ici à gauche équipé de flotteurs) à la position N8.792 E103.374 d’environ 31 nm au sud-ouest de Tho Chu (note éditoriale: 114 nm au nord de la dernière position de contact radar) et serait une partie de l’avion. Le centre de contrôle a déclaré que la pièce est définitivement en matériau composite. Les forces seront envoyées à la pièce après A l’aube du 10 mars 2014. Le Département malaisien de l’aviation civile a déclaré plus tard que cette pièce n’était pas liée au MH-370, elle n’avait pas été récupérée ».  Bref une succession de fausses annonces, répercutées les unes après les autres. Les moyens de détection des vietnamiens ne sont pas mirobolants, mais leur petite flotte de Twin Otter et de Casa 212, bien équipée de boules FLIR et de radar SLAR se retrouve fort capable… à proximité des côtes, là où selon elle l’avion serait tombé…  ! S’il y avait eu quelque chose qui flottait, ils l’auraient vue !

L’endroit décrit par un avion venu de Hong-Kong était situé au N9.72 et E.107.42 : c’est à 82 km exactement des côtes, juste devant Vũng Tàu. Chez elle, ça deviendra, on l’a vu, un crash « près du rivage…  » On est toujours dans l’approximatif, chez elle, à tous les niveaux !!! Remarquez, elle n’est pas la seule à avoir fait dans le flou  « la marine vietnamienne assure détenir une image radar montrant l’avion en train de chuter, explique Delphine Sureau, notre correspondante à Pékin. (à droite ici elle annonce « aimer » le livre de sa collègue !) : Ce qui voudrait donc dire que l’avion s’est abîmé en mer, entre la Malaisie et le Vietnam, mais les autorités malaisiennes refusent toujours de confirmer cette information » avait-on pu lire ici (plus tard elle parlera des deux faux passeports de deux occupants). Ceci sur BFM, peut-être pas non plus un gage de certitude, comme chaîne, avec leurs flèches habituelles comme intervenants …

 

(1) et plutôt spécialisé dans le domaine et la provocation :

Réagissant à la parution du Livre noir de la psychanalyse, la psychanalyste et historienne de la psychanalyse Élisabeth Roudinesco accuse les Arènes d’être « une maison spécialisée dans les dossiers noirs de tout » et vouée aux « thèmes conspirationnistes ». Laurent Beccaria, le directeur des éditions Les Arènes, a répondu publiquement, de même que l’un des auteurs, Jacques van Rillaer. Fait amusant, le premier bouquin édité par Beccaria (fils des créateurs -cathos- des Editions Bayard) sera celui de Florence Lacour sur les mensonges de la presse autour de l’affaire Grégory Wuillemin. « 80 % de ce qui a été écrit était faux ou erroné » avait-elle écrit. Je n’ai pas calculé le taux dans l’ouvrage de De Changy, mais on ne doit pas en être très loin…

(2) ce texte demeure en lui-même une énigme : l’homme a fait tous les plateaux TV à l’époque, il écrivait et continue à écrire pour de grands magazines (Popular Mechanics !) et son texte sur la piste de Baïkonour est ahurissant de bêtise crasse. Il s’en est lui-même moqué après coup, révélant qu’il avait cherché avant tout à faire un scoop. Ici il écrit qu’on n’a pas trouvé l’avion car les calculs ont été faussés en raison d’un pilotage final manuel : or on a prouvé que l’avion ne l’était pas lors de sa chute finale ! Il en aura brassé du vent !!! Il est aussi le producteur d’un documentaire sur les aventures de Jon McAfee… preuve de sa recherche de sensationnel à tout prix. Sa rubrique de MP s’intitulait il est vrai « J‘ai tout essayé« . Sur le crash du vol cargo Atlas Air Flight 3591, il avait raté le coche une nouvelle fois : le pilote avait en fait laissé le mode « go around » en marche (la remise à fond des gaz en approche) qui avait précipité la chute, avait déclaré l’enquête finale.

(3) c’est le sommet absolu je crois de la bêtise complotiste sur le sujet : «Baïkonour est loué au Kazakhstan par la Russie. Une longue piste appelée Yubileyniy a été construite pour une version russe de la navette spatiale. Soulignant le fait que la Russie ou les milices soutenues par la Russie ont également été soupçonnées d’avoir abattu le vol 17 en Malaisie en juillet, Wise écrit: «Que l’avion se soit rendu à Baïkonour ou ailleurs au Kazakhstan, mes soupçons sont tombés sur la Russie… Pourquoi exactement (Vladimir) Poutine veut voler un avion de passagers en Malaisie? Je n’en avais aucune idée. « Peut-être qu’il voulait démontrer aux États-Unis, qui avaient imposé la veille les premières sanctions punitives à la Russie, qu’il pouvait blesser l’Occident et ses alliés partout dans le monde. Peut-être que ce qu’il cherchait vraiment était les secrets de l’un des les passagers de l’avion. Peut-être qu’il y avait quelque chose de stratégiquement crucial dans la soute. Ou peut-être qu’il voulait que l’avion se présente de manière inattendue quelque part un jour, rempli d’explosifs.  » Il admet: « Il n’y a aucun moyen de le savoir. C’est le problème de l’élaboration de la théorie du MH370: il est difficile de trouver un motif plausible pour un acte qui n’a pas de bénéficiaires apparents. »  On dirait du… De Changy, comme « raisonnement » !

(4) Sont soupçonnés, par Naudin également, deux ukrainiens (ici selon Wise). Leur description par De Changy vaut également son pesant de cacahuètes : on n’est pas loin du délit de faciès : « ces deux Ukrainiens arrivent ensemble, dans les dernières minutes de rembarquement, nettement plus énergiques que leurs camarades de voyage. Avec leur physique de commandos marine, moulés dans des tee-shirts noirs, ils portent chacun un gros sac de cabine, qu’ils font valser sur le tapis roulant du scanner, d’un geste entraîné. J’ai découvert plus tard que leurs billets étaient les seuls que l’enquête de police avait été incapable de tracer. Impossible de savoir où ils avaient été achetés, par quelle agence de voyages, avec quel moyen de paiement… Une anomalie inexpliquée. Il se trouve que les deux hommes sont assis à la rangée 27, concrètement juste en dessous de l’antenne SatCom. Entre tous les passagers embarqués sur ce vol, s’il fallait tenter de désigner deux pirates de l’air, les Ukrainiens seraient les seuls à en présenter les attributs clichés : âge, condition physique, apparence, attitude… D’ailleurs, l’ensemble des pays dont des ressortissants ont emprunté ce vol les blanchira de toute velléité terroriste. Tous, sauf la Russie et l’Ukraine, qui ignoreront les demandes de la police malaisienne ». Ou comment reprendre… de lourds clichés ! Les pirates de l’air seraient donc tous les mêmes !!! Ah, eh bien voilà, qui va faciliter grandement la tâche des policiers !!!

(5) le livre, comme le premier (dont il est la réédition mise à jour) est bourré d’approximations, ce qu’avait relevé ici Franck Mée d’Aerostories en novembre 2016:  « elle n’est, en revanche, pas spécialiste des sujets aériens (voire des sujets techniques en général), et cela se sent tout autant. Le concept de « ping passif » (un ping est une émission radio, donc la définition même d’un signal actif) laisse dubitatif, de même que certaines erreurs grossières : on apprend ainsi que 7 000 milles nautiques carrés font 13 000 kilomètres carrés et que 35 000 pieds équivalent à 10 700 kilomètres. Quand, en page 146, la journaliste se permet de critiquer une confusion entre millisecondes et microsecondes, qui va lui dire qu’elle ne fait à plusieurs reprises pas mieux ? Ajoutons quelques termes impropres (« largeur » pour « envergure », « balise » pour « point de report », « rabat » pour « volet », et même « à la verticale » pour « au sud » !) et une erreur spectaculaire sur une simple question d’ordre alphabétique, et l’on comprendra que l’ouvrage n’est pas exempt de problèmes et aurait mérité une vraie relecture par quelqu’un de compétent. On trouve également çà et là des faiblesses dans la démarche journalistique même. De Changy a tendance à accepter les éléments qui soutiennent son point de vue sans leur demander le même niveau probant qu’à ceux avancés par les autorités. L’exemple typique se trouve dans les cas où sont acceptées comme des vérités des propos rapportés, avec comme justification que « je n’ai pas de raison de douter de leur parole ». Pourtant, si, il existe bien une raison profonde et incontournable de douter : c’est le principe même de l’enquête journalistique ».

(6) et effectivement : chez lui, ça donne ça : « vous appelez une ex, et elle accepte de vous rencontrer pour une promenade le long de la rivière. Vous espérez que le zeitgeist de la fin du monde suscitera une insouciance l’après-midi, mais le masque qu’elle porte tue l’ambiance. Aussi elle vous dit qu’elle a décidé d’emménager avec un gars qu’elle a rencontré à Landmark. Vous ne saviez même pas qu’elle aimait Landmark. Elle vous fait un câlin chaleureux en lui disant au revoir, et vous lui dites que c’était génial de la voir, mais vous partez dégonflé. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’une heure avant, vous êtes allé aux toilettes et vous avez négligé de vous laver les mains par la suite. Le frottis fécal invisible que vous laissez sur le bras de sa veste contient 893 405 particules de virus. Quarante-sept secondes après son retour à la maison, elle raccroche son manteau, puis gratte une démangeaison à la base de son nez juste avant de se laver les mains. À ce moment-là, 9 404 particules virales vont se transférer sur son visage. Dans cinq jours , une ambulance la conduira (a l’hôpital) au mont Sinaï ». Le bon goût ! La classe ! Quel tact !!

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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