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MH370 (7): la loi de Darwin appliquée au commerce des armes

L’endroit où le trafic organisé par les iraniens est le plus visible est manifestement sur les côtes somaliennes et yéménites, pour des armes légères destinées aux rebelles Houthis.  Des navires américains, australiens, mais aussi français ont intercepté des centaines d’armes de ce genre, sinon des milliers.  Les pirates somaliens étaient équipés des mêmes armes, avec parfois de belles surprises question munitions.  Mais des avions aussi ont participé à cette arrivée massive d’armes, et un en particulier, retrouvé abandonné à Berbera, a attiré notre attention, pour nous mener à un autre trafiquant, qui lui-même va révéler un lien inattendu avec un colonel américain à la retraite… qui a longtemps travaillé pour la CIA !  Une découverte qui nous amènera au Tchad, au passage…
Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici
L’évolution du commerce des armes selon… Darwin

Cette implication des iraniens dans la dissémination directe des armes notamment au Yemen, en direction des rebelles Houthis, combattus par… l’Arabie Saoudite aidée par les USA, on la trouve plus effective encore par mer.

C’est un document implacable qui le démontre sans ambages. Il s’intitule « Dispatch From The Field, Martime Interdictions of Weapons To Somalia and Yemen ».  Il est accablant pour l’Iran en effet, car on peut y voir ce qui  a été découvert en mars 2016 par le navire australien HMAS :  une frégate lance-missile de la classe Adelaide lors de l’arraisonnement d’un petit boutre, appelé le Al Mansoor, à 170 miles nautiques de la côte d’Oman.  Il n’est pas le seul navire de guerre à avoir fait la découverte : des soldats de l’UAE avaient découvert, dans une cache des rebelles Houthis dans la province de Taiz en novembre 2015, des missiles russes caractéristiques Kornet, des missiles anti-tank qui étaient le frère siamois de ceux que découvrira la frégate française FS Provence en mars 2016,  avec des numéros de série qui continuaient même les précédents !  A bord du petit bateau de bois
« Il y avait également 2 000 nouveaux fusils d’assaut AKM (nota : des Kalachnikov) avec des numéros de série séquentiels, « ce qui suggère que les fusils proviennent d’un stock national, plutôt que de sources non étatiques disparates. » Il y avait aussi des copies de Dragunov, le fusil de calibre .50 des tireurs d’élites, fabriqués aussi en Iran, avec des originaux russes à côté… (ici photo à droite):  …ont trouvé que le même numéro de série se séquençait, « ce qui suggère que le matériel provient du même envoi », ajoute le rapport. L’Australien HMAS Darwin a saisi plus de 2 000 armes, dont des fusils d’assaut et 100 lance-roquettes de fabrication iranienne (ici à gauche). La saisie française comprenait plus de 2 000 fusils d’assaut, 64 nouveaux fusils de précision de fabrication iranienne Hoshdar-M et neuf missiles antichars de fabrication russe. »  Bien qu’il n’y ait pas de lien direct entre le constructeur de navires et le CGR, Jonah Leff, directeur des opérations chez CAR, a déclaré: « Nous avons trouvé quelques anciens employés d’Al Mansoor et ils ont donné quelques informations, qui ont en quelque sorte gelé et disparu. « A noter que parmi les fusils d’assaut saisis figuraient des engins fabriqués aussi en Chine, estampillés de l’étoile caractéristique (ici à droite). Des armes légères venues de Chine, de Roumanie, de Bulgarie et de Corée du Nord ont également été récupérées dans certains des boutres, en effet.

Certains engins étaient très récents :  à gauche ici des tubes de Dehllavieh ATGW, un missile fabriqué en 2015 selon ses inscriptions.  Un missile dont les iraniens sont très fiers :  ils en ont même fait en 2012 une vidéo de propagande, avec dans le rôle principal l’ineffable ministre de la défense, le Brigadier General Ahmad Vahidi.  C’est celui qui s’était rendu célèbre en présentant le chasseur invisible en carton qui avait fait rire toute la planète…  Le Dehllavieh est en fait la copie iranienne du missile russe 9M133 Kornet !  « Le « pipeline d’armes » décrit dans le rapport circule depuis l’Iran vers un petit port de transbordement dans la région semi-autonome de la côte somalienne, à la pointe de la corne de l’Afrique. La région côtière est en grande partie non gouvernée par les autorités somaliennes, et un ancien ministre des Ports de Puntland a déclaré à Reuters que l’année dernière, 160 bateaux iraniens ont été déclarés illégalement dans les eaux somaliennes. M. Leff a déclaré que dans les ports somaliens, il a été rapporté que les armes venaient d’Iran qui arrivent à quai ou sont ancrées au large de la côte où de plus petits navires les amènent vers des ports somaliens. Les armes entrent alors dans le commerce de la région ou se rendent au Yémen, camouflées dans le lourd trafic maritime qui sillonne la région ».

Ci-dessous la carte des arrivées des boutres dessinée par CAR : on voit que les bateaux arrivent d’abord en Somalie (des porte-containers iraniens), et que leur chargement est ensuite dispatché par les fameux boutres vers le Yemen:


« Le port le plus visités étant
celui d’Ash Shihr au Yémen, à l’est de Mukalla, selon un enquêteur en Somalie de CAR (le « Conflict Armament Research », d’origine anglaise qui faisait un excellent travail).  Un autre navire, américain celui-là, le Sirocco, découvrira 1 500 Kalashnikov, 200 lance-roquettes RPG, et 21 fusils de calibre .50 à bord d’un second boutre. L’image des Kalachnikovs empilées dans une cale du Sirocco était en effet très impressionnante.  Ci-dessous, la saisie toute aussi impressionnante des RPG découvertes le 28 mars 2016 par le petit « coastal patrol ship », l’USS Sirocco  lancé en 1992 (PC 6), et transférées au destroyer USS Gravely (DDG 107).  Un autre cliché montre les Kalachnikovs étalées à bord de la frégate Provence (ci-dessous). Les français aussi ont pu constater de visu l’implication iranienne dans le conflit au Yemen !

Et comme ça ne semble jamais avoir de fin, on peut ajouter la découverte le 30 août dernier de «  plus de 1000 Kalachnikovs », selon les premières informations apparues, une saisie d’armées effectuée, dans le Golfe d’Aden, dissimulées encore une fois dans un petit bateau à voiles, appelé là-bas un « dhow », encore un boutre en fait. La prise a été faite lorsque les marins du destroyer à missiles guidés USS Jason Dunham (du nom d’un jeune Marines qui s’est sacrifié en Irak en 2004 en se jetant sur une grenade pour sauver ses camarades) ont observé au loin, à la jumelle, le boutre se délester discrètement de colis dans un skiff plus petit, à moteur.  Un hélicoptère était allé filmer la scène (ici à gauche, on peut la voir ici en action).  Après recomptage, les marins du Dunham ont comptabilisé  2521 armes… dissimulées dans des sachets plastiques verts (ici à droite).  Il en serait resté 500 dans l’esquif qui commençait à couler, et a donc été mitraillé.  Il semble que les modèles trouvés soient des AKMS, à crosse rabattable, en 7,62x39mm. Sortie en 1959, à boîtier de culasse embouti et fabriqués également en Hongrie (la disposition des rivets visible ici faisant pencher pour une type 56 chinoise (de Norinco avec une type 56-1, celle avec une crosse métallique se pliant sous l’arme comme on peut le voir ici). En tout cas, des armes provenant d’un lot ancien du temps de l’ère soviétique !!!  On distingue très bien le sélecteur de tir en tôle emboutie, qui permet le fonctionnement en automatique.  Selon NBCNews, les armes « provenaient d’Iran« . Dans l’article on précise bien qu’en même temps, dans le même secteur, le trafic de drogue a explosé : 32 300 livres d’héroïne (14,6 tonnes !) et 175 917 de haschich (79 tonnes) avaient été saisi(e) s depuis 2012, mais début 2018 ce sont 6 600 livres d’héroïne (près de 3 tonnes) et 66 000 de marijuana (30 tonnes) qui l’ont déjà été !  Ci -dessous les Kalachnikovs empilées extraites de leurs sachets :

Des pirates aussi armés par un loup ?

Ce n’était pas la première  fois pourtant : on s’était aperçu déjà de ces arrivés d’armes, mais d’une autre manière.  Ça tenait en une seule photo.  Celle d’un bête sac plastique montré par les marins de l’USS Kid, et saisi à des pirates somaliens qu’ils avaient arrêté dans le golfe d’Oman.  Dedans, des chargeurs de Kalachnikovs, mais aussi et surtout des balles séparées, encore pour certaines dans leurs boîtes d’origine… Et là surprise : en photo, en grand (ici à droite) , une marque de visible : Wolf.  Un distributeur de munitions américain très connu sur le marché, la marque commerciale grand public de Sporting Supplies International (SSI), dont les balles proviennent pour la plupart de… la Tula Cartridge Plant installée à…  Tula, dans le District du même nom, c’est à dire en… Russie !!! (la société produit aussi à l’Ulyanovsk Machinery Plant).

Pas vraiment une inconnue, qui nous ramène à toute une série d’articles sur la circulation des armes découvertes en Afghanistan, dans lesquels Wolf avait déjà été cité : ses balles avaient été découvertes côté taliban après un accrochage avec l’armée américaine.  Le New-York Times avait fait un très bon article à ce sujet.  Son enquête aboutira plus tard à la découverte du jeune fournisseur de Floride appelé Ephraïm Diveroli.  Les mêmes étaient de retour, donc … car en prime, lors de l’inspection du bateau des assaillants, une autre découverte étrange avait eu lieu : celle d’un SAR-80 démuni de sa crosse comme pistolet-mitrailleur, à la place des fameuses Kalachnikovs, dont une chinoise similaire à celles retrouvées à Marhah, en Afghanistan, et des yougoslaves, une arme datant des années 80 et produite à Singapour…

Une histoire étouffée, maquillée, et rapidement oubliée…
En Somalie, on vient de le voir, c’est la côte nord qui reçoit les arrivages.  L’aéroport qui pourrait aussi servir à ces transferts, pour doubler celui des porte-containers iraniens, pourrait donc bien être celui de Bosaso, également connu sous le nom du Bender Qassim International Airport, localisé en effet au 11 ° 16’32 « N 49 ° 9’0 » E et situé à la périphérie de la ville de Bosaso, qui est la capitale commerciale du Puntland, le pays des… trafiquants et des pirates, comme chacun sait.  Mais sa piste de 800 mètres en 2010 n’en fait pas un bon client pour de gros porteurs.  Là-bas même un LET a fini par rendre l’âme et on peut y voir un Dash 8 ou un Twin Otter plutôt.  Non, c’est plus à l’Ouest que se niche l’aéroport de Berbera qui dispose lui d’une piste e 4,140 m (13,582 ft), en fait une des plus longues pistes en Afrique.  Celle-ci fait plus que parfaitement l’affaire en effet !  Construite par l’Union Soviétique dans les années 70,  elle a été un temps louée par la NASA 40 millions de dollars par an pour servir de piste de secours de la Navette Spatiale, de 1980 à 1991, avant que ne tombe le gouvernement de Siad Barre.  Sur le bord de la piste géante, dans le sable gît une épave d’avion :
Vu comme ça, c’est davantage un gigantesque planeur… sans aucun moteur.  Des avions pour suppléer les bateaux, on s’en doute en effet.  Or un très étrange cas concernant un trafic d’armes très particulier semble avoir échappé à tout le monde depuis… huit ans.  L’événement (un procès aux USA) n’a fait que des entrefilets à l’époque dans la presse, et a été vite tassé.  L’affaire était en effet plus qu’étrange, car, comme l’a noté  d’Haaretz dans un excellent article paru le 1er juin 2010, et que je recommande de lire, il avait été cité comme lieu d’atterrissage d’avions chargés d’armes un endroit… qui n’existait pas : «  Banderal », avait-on écrit en effet.  Nageait-on en pleine féérie ?  Ou désirait-on plutôt cacher quelque chose de très, très embarrassant, plutôt ?  Voici ce qu’en avait dit Melman : « des sources européennes – le personnel de sécurité et d’assurance travaillant en Somalie, qui connaît bien la région – ont déclaré à Haaretz que les autorités peuvent dissimuler une autre histoire. Par exemple, l’acte d’accusation indiquait que les armes avaient été envoyées dans une ville appelée Banderal, dans le nord de la Somalie.  Mais un coup d’œil sur une carte de la Somalie révèle que ce nom est fictif:  aucun endroit de ce type n’existe en Somalie.  En outre, les documents d’expédition indiquaient que la cargaison était destinée au « Ministère de la défense de la République somalienne ». Mais le Somaliland ne se désigne pas comme la « République somalienne ».  Depuis le coup d’État militaire de 1969, le nom officiel est la République démocratique de Somalie.  Et surtout, il y a la question de pourquoi le gouvernement somalien, aurait eu recours à Hanoch Miller, un armurier israélien, alors que cela pourrait être fait à partir des États-Unis ou de l’Éthiopie, qui tous les deux le soutiennent. Il y a plusieurs réponses possibles… »  Mais on en en définitive, vous allez le voir, n’en trouver qu’une seule de plausible à la fin…
On nous cachait manifestement des choses
L’annonce signée Laura Rozen était parue ainsi dans Harper’s et dans Politico :  « Un grand jury fédéral à Miami, en Floride, a inculpé un consultant en défense israélien et un citoyen américain, lesquels ont conspiré pour transférer des centaines d’AK-47 dans le nord de la Somalie. (C) Hanoch Miller, un ingénieur aéronautique israélien (ici à droite) qui a déjà été cadre avec la société d’aviation Radom en Israël, a été mis en examen le 17 juin, 2010 sur sept chefs d’accusation de complot en vue d’exporter du matériel de défense à une nation frappée d’embargo, la Somalie, de blanchiment d’argent, en fournissant de faux certificats d’utilisateur final, et des charges connexes ». Une précision semblait manquer :  « le nom de son coaccusé est expurgé dans l’acte d’accusation mais est décrit comme un citoyen américain ».  Tout laissait croire que l’on avait affaire à un gros poisson américain, donc derrière !!! « à partir d’avril, selon l’acte d’accusation, « Miller a conspiré avec son coaccusé américain pour trouver un service de fret aérien pour faire voler des centaines de fusils AK-47 de la Bosnie (retenons l’endroit !) à la ville Somalienne du nord de Banderal, en utilisant de faux certificats d’utilisateur final du Tchad, en violation des lois US sur le contrôle des exportations d’armes. La Somalie est sous embargo des Nations Unies sur les armes. Mais la source des services de transport contactée s’est avérée être un informateur pour les États-Unis de l’Agence des douanes et de l’immigration (ICE), décrit l’acte d’accusation ». L’article est plus précis encore : « Le 15 Avril 2010, [le nom expurgé du co-défendeur] a envoyé un courriel à un informateur de l’Immigrations et des douanes et a demandé si un Antonov 12 ou d’un type similaire [d’avions] était disponible pour deux vols charters de Bosnie pour se rendre en Afrique pour soulever 12 tonnes par vol pendant deux vols aller-retour en atterrissant en Afrique « pour décharger des équipements militaires » et retourner en Bosnie pour un second voyage « , lit-on dans l’acte d’accusation. « Le 21 Avril 2010, [censuré] envoyé un courriel à l’accusé et a informé que la cargaison serait:  des boîtes d’AK-47s de 6 à 7,6 tonnes et qu’il pourrait choisir d’utiliser un AN26 ou un AN12 de Tuzla en Bosnie à Banderal, au nord de la Somalie et que le paiement serait en espèces, avant le départ. « « Le 21 avril 2010, [le nom est noirci] a envoyé à l’accusé qu’il avait suffisamment de fret pour 100 vols si le premier vol était réussi. » « Le 28 avril 2010, [nom effacé] a envoyé un e-mail au à Chanoch Miller et l’a informé qui était l’acheteur en Israël et qui signerait le contrat et qu’il avait accepté le prix au moins verbalement, mais qu’il espérait faire le premier vol fait plus tôt. «  Miller, par le biais du même informateur confidentiel, a acheté 700 AK-47, 200 aux États-Unis. et 500 au Panama, et les envoyer au Somaliland plus tôt ce mois-ci. Le 15 juin 2010, dans les documents d’accusation, Miller a câblés 116 000 dollars d’une banque israélienne à une branche du comté de Broward, en Florid , chez Wells Fargo de payer pour les services, y compris une commission de 2 000 dollars pour son coaccusé, dit l’acte d’accusation ». L’affaire contre Miller a été portée aux États-Unis par le district sud de Floride. Miller a été arrêté le 18 juin, montrent des documents judiciaires et devait être traduit en justice aujourd’hui. L’acte d’accusation de son coaccusé est scellé jusqu’à son jugement ou le 9 août 2010, selon la première éventualité ».  Tout y est donc, à part ce que le secret défense US et La CIA ont noirci sur les documents. L’avion était bien un Antonov 12, et il avait chargé ses armes en Bosnie ! Il  y a même la banque Wells Fargo (celle où Viktor Bout avait déposé deux grosses sommes pour racheter deux DC-8 !) en cause…
Quel était le nom sous les gros aplats de feutre noir ?
Evidemment, on cherche qui est celui dont le nom a été si consciencieusement noirci dans tous les documents de ce procès.  Et on finit par le trouver :  c’est Joseph Fitsanakis d’IntelNews.org qui le révèle le 6 juillet 2010 : « un colonel à la retraite US Air Force, qui a été accusé d‘armes de contrebande lors du scandale Iran-Contra dans les années 1980, a été mis en accusation à nouveau, cette fois pour essayer de faire de la contrebande d’armes automatiques en Somalie.  Les autorités fédérales américaines accusent Joseph O’Toole, maintenant âgé de 79 ans, d‘avoir comploté avec le citoyen israélien (C)hanoch Miller, ancien ingénieur aéronautique de la société de défense israélienne Radom Aviation, pour transporter près de 2000 AK-47s de la Bosnie à Banderal, en Somalie.  L’opération de contrebande, a employé de faux certificats d’utilisateur finaux émis au Tchad, violant ainsi les  réglementations américaines de contrôle des exportations (…) .  C’est la deuxième fois que O’Toole est accusé de conspirer pour faire passer des armes.  En 1989, il a été accusé d’avoir travaillé avec son compatriote américain, Richard Saint-François et l’israélien présumé ancien agent du Mossad, Ben-Ari Menashe (ici à droite), pour vendre plusieurs avions cargo C-130 au gouvernement iranien.  Fait remarquable, le gouvernement des États-Unis a abandonné toutes les accusations contre O’Toole en 1991 ».  L’article oublie une chose :  dans l’accusation, O’Toole avait aussi été nommé comme ayant tenté de vendre 712 missiles Stinger « à un inconnu ».  Or cette histoire de missiles Stinger, on la connait parfaitement :  ce sont ceux que les américains ont offert aux Talibans pour lutter contre les soviétiques et qu’ils ont ensuite rachetés à prix dorés une fois ces derniers partis, trop effrayés de voir les nouveaux vainqueurs afghans en retourner plus tard contre eux, ce qu’ils ne seront pas priés de faire (combien d’hélicoptères US abattus déclarés ayant eu un problème technique, on ne les compte plus.) Oublié aussi de dire à qui appartenaient les C-130 : « Ben-Menashe, O’Toole et St. Francis avaient été accusés de conspirer en 1989 pour vendre trois C-130 pour 12 millions de dollars chacun à l’Iran sans autorisation préalable.  Les avions cargos qui ont été des chevaux de trait pour les les militaires des États-Unis pendant des décennies, étaient la propriété du gouvernement israélien ».
Un colonel, un vendeur d’armes israélien… et la CIA !

« Mais le colonel de l’US Air Force semble avoir échoué à tirer des leçons de cette expérience.  Cette fois, la source que lui et Miller ont essayé d’enrôler pour transporter les AK-47s en Somalie était en fait un informateur de l’agence des douanes et de l’immigration, qui a dénoncé les deux.  Laura Rozen a contacté la femme d’O’Toole, qui a refusé de commenter l’acte d’accusation de son mari.  Mais l’affaire a incité Yossi Melman, correspondant de la presse israélienne pour le journal israélien Haaretz, à se demander pourquoi tant d’Israéliens sont arrêtés au sujet des transactions d’armes illégales dans le monde »… Selon Haaretz, « Miller était impliqué dans un contrat de 10 millions de dollars et Radom avec la République du Tchad, qui consistait à remettre en service les hélicoptères soviétiques Mi-17, ainsi que les avions suisses Pilatus, fabriqués pour la formation et combattre les rebelles de ce pays ».  Miller, après voir quitté Radom, a fondé ensuite Yehud, en Israël, une autre société indépendante spécialisée dans la guerre électronique et les équipements de vision nocturne, avait ajouté le journal.  Pour le Tchad, le travail qui l’attendait a pris une autre tournure le 15 août 2017, avec une très violente tornade qui avait détruit le hangar du Pilatus et des hélicoptères.  Trois des six AS350/AS550C Fennec avaient été très gravement endommagés  (voir ici le désastre) ainsi que deux Sukkhoi Su-25 et le Pilatus PC-12.  Le Tchad avait été abondamment fourni par l’Ukraine, auparavant :  « bien que le Tchad n’a pas été l’un des principaux bénéficiaires d’armes de l’Ukraine dans la période 2005-2009, l’Ukraine semble avoir été le principal fournisseur d’armes du Tchad au cours de cette période.  Selon les rapports annuels du Service d’Etat sur le contrôle des exportations, le Tchad a reçu une série d’articles militaires pendant cette période, y compris 119 véhicules  de combats d’infanterieBMP, 12 véhicules de combat d’infanterie BTR-3U, au moins 4 avions d’attaque au sol Su-25 (dont 1 Su-25UB), 6 hélicoptères de combat Mi-24, 31 000 fusils et carabines, 350 mitrailleuses légères, 500 lance-grenades portables, 1000 canons antichars portables et une quantité de munitions inconnue.  Il a été suggéré que l’unité d’exploitation tchadienne des Su-25 et Mi-24 et les Mi-17 hélicoptères a été mise sous le contrôle de l’Ukraine sous forme de personnels sous contrat. Il a également été dit que les pilotes Ukrainiens ont été impliqués dans une attaque impliquant des avions de combat Su-25  et un Mi-24, hélicoptère de combat, contre des insurgés tchadiens à la frontière entre le Tchad et la région du Darfour au Soudan en mai à 2009.  Et enfin qu’un Su-25 a également été utilisé lors d’une attaque en décembre 2009 contre des insurgés qui avaient attaqué une unité de l’armée tchadienne. » note le SIPRI.  D’autres Pilatus PC-9 tchadiens semblent plutôt ceux dont devait s’occuper O’Toole.  Les avions avaient été apportés par Habib Boukharouba , un franco-algérien, de chez Griffon Aerospace.  J’avais expliqué cette armée type « Système D » ici.  Et là également.  Et là pour conclure.  Trois épisodes pour trouver au milieu le dénommé Abakar Manany, retrouvé par le Canard Enchaîné :  « Manany faisait partie, avec Guéant et J.D. Levitte de la délégation française qui a pris langue avec Bachir Saleh, en 2007 à Syrte.  Sans doute pour parler des vertus du palmier-dattier.  Depuis des années, le gentil coursier a multiplié les allers-retours en jet privé entre le Bourget et Tripoli »… Aujourd’hui,  Boukharouba  vole sur le magnifique Magister F-AZXV/479/2-HB.  Ici au RIATT 201.  L’avion appartient à Sandrine Zandotti la liquidatrice de Griffon !  On la retrouve chez n Hawker Hunter T.68 biplace immatriculé en Afrique du Sud !!).  Lorsque Joseph O’Toole décède, le 4 septembre 2017,  le Washington Post titre à son propos sans hésiter « Joseph P. O’Toole, Air Force colonel and CIA employee »… Ah et bien voilà c’est dit, ils auront mis le temps !  Le colonel travaillait bien pour la CIA… main dans la main avec un ancien du mossad israélien !!!  Il décède le 13 octobre 2017 à 86 ans.  On ne trouve pas de photos de son procès, à part une très floue. :  il voulait, on le suppose, garder ses habitudes de discrétion.  Mais on a néanmoins pu le voir s’activer en 2013 dans une manifestation anti-immigrants, comme responsable républicain local (du » Mt. View Republican Club« , ou sur une page Facebook dédiée par ce club lors de sa disparition).  Dans son faire part de décès, aucune allusion à ce qu’il a réellement fait pendant des années.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    On sait où sont désormais les Kalachnikovs saisies par la Frégate française Provence : la France les a offertes à l’armée centrafricaine raconte ici le site Zone Militaire le 11 décembre (il y 2 jours):

    « La cession de ce stock a été rendue possible grâce à une exemption à l’embargo des Nations unis sur les livraisons d’armes à la Centrafrique. L’an passé, la Russie avait aussi obtenu une telle dérogation, ce qui lui a depuis permis de prendre pied dans ce pays, avec 170 « instructeurs militaires civils » (c’est à dire des employés de sociétés militaires privés, dont le nombre serait deux à trois fois plus élevés selon différentes sources), des « investissements » et des projets de développement. »

    l’intérêt ?
    « L’avantage est que leur entretien sera plus aisé, de même que l’approvisionnement en munitions [calibre 7,62 × 39 mm M43, ndlr]. »

    Certes, mais combien vont s’échapper dans la nature, c’est là toute la question, maintenant… car…
    « l’opposition entre la France et la Russie a fait que le mandat de la Misson multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la République centrafricaine [MINUSCA] n’a pas pu être prolongé comme il l’aurait dû par le Conseil de sécurité. Il fera l’objet d’un autre projet de résolution, qui sera discuté le 15 décembre. »

    rendez-vous dans deux jours, donc…

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