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MH370 (6) : le Syrian Express

Hier, j’ai évoqué le cas de la livraison des armes à Bachar el-Assad en indiquant déjà sa provenance iranienne et non pas seulement russe.  Des iraniens passés maîtres dans l’art de copier des missiles, sur le modèle des nord-coréens, de les fabriquer à un prix défiant toute concurrence et aussi de les livrer, via une noria de cargos aériens qui sillonnent le ciel (comme on a pu le constater durant le conflit syrien, où ils ont été vus à plusieurs reprises… certains trop voyants faisant l’objet d’une attaque de représailles israélienne, après des tirs de roquettes par le Hezbollah, lequel se fournit au même endroit).  Une intense activité que des logiciels permettent aujourd’hui de suivre, la circulation aérienne nécessitant d’être réglementée.  Oh, bien sûr, tous les vols ne sont pas indiqués ni déclarés, mais on retrouve avec un peu de patience les plus significatifs… et on arrive même à les comptabiliser.  Le résultat est plus qu’inquiétant…

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

 

La partie que j’ai enlevé à dessein de l’article de 2010 est celle-ci : « chez les iraniens, ces engins ont été depuis abondamment copiés et sont proposés aujourd’hui comme modèles natifs, exportables, notamment pour la copie du TOW sous le nom de Toophan (typhon), construits par AIOI (« Aerospace Industries Organization of Iran »). Le missile a évolué depuis en Toofan 5 et en Quaem, qui disposent du même lanceur simple et facilement déplorable« .  J’avais mis à l’époque déjà un poster publicitaire de ce matériel iranien:  le voici à nouveau tel quel à droite. Les iraniens aussi en ont produit en masse.  De là à trouver une filière pour les écouler… il faut se tourner vers des pays que ne desservent pas déjà les israéliens…. (cf notre épisode précédent)… ou aller livrer directement les meilleurs amis… on songe bien sûr à la Syrie…

Syrian Air mis à contribution

Les premiers avions aperçus effectuant des rotations, notamment à Lattaquié, par exemple, et susceptibles de transporter ces armes sont bien connus : ils arborent en effet les couleurs de Syrian Air, comme ici le YK-ATB.  Malgré son appellation civile, il appartient au 595eme Escadron de Transport, de la 29 ième Air Brigade de Damas, comme ces trois autres collègues, dont deux autres seulement fonctionnent :  les YK-ATA et YK-ATC.  Absents pendant des mois des cieux syriens, ils étaient tous trois revenus de refurbishing de Moscou, fraîchement repeints, les trois de la même façon (ici à droite).  Ils seront surpris par le satellite alimentant Google Earth, qui nous donnera la photo des appareils sagement rangés sur leur rampe d’accès à la piste principale de l’aéroport de la capitale (ici à gauche).  Avant de revenir de Moscou, en décembre, le YK-ATB avait testé ses réacteurs, il semble bien, en effectuant un circuit fermé ovale à plusieurs reprises autour dans la région :

Pour ce qui est de leur alimentation en armes, leurs trajets semblent assez évocateurs tel ce trajet de l’YK-ATB ayant décollé… de Téhéran :

Moscou étant aussi une destination courante, comme ici le YK-ATA, pour le trajet Damas- Moscou Ramenskoye, et retour, effectué encore tardivement, le 22 avril 2018. Il avait déjà été surpris à faire le même trajet le 28 août 2015. Mais les lourds Ill-76 de Syrian Air n’ont pas suffit, face aux offensives des rebelles, et Moscou a dû dépêcher plus gros encore pour venir en aide à Bachar el-Assad, dont on ne donnait plus cher de la survie en 2015, en regardant la progression de ses adversaires…  à savoir l’envoi de deux gros Antonov 124 Ruslan arrivés à Lattaquié le 7 septembre 2015:  le premier RFF8058 (82040) venu de Krymsk (Krasnodar) et le second RFF8056 (82039) de Mozdok, en  république d’Ossétie-du-Nord-Alanie (Poutine aime mettre à contribution ces satellites !).

D’autres encore, tel l’Illyushin Ill-76 de l’EMERCOM (pour « Russian Ministry for Emergency Situations ») immatriculé RA-76429: venu en contournant l’Ukraine et la Turquie, dans un vol peu rectiligne en effet :

 

Les compagnies iraniennes civiles pour livrer des armes à Bachar el Assad

L’Iran fournit effrontément le régime de Bachar el Assad en armes, je ne vous apprends donc rien.  Ce qu’il convient de savoir et de vérifier plutôt, c’est comment elle le fait.  On commence par une découverte fortuite en 2011 : «Une inspection turque en mars 2011 d’un vol de Yas Air à destination de la Syrie, qui répertoriait les« pièces détachées automobiles » sur son manifeste de cargaison, a trouvé des armes, dont des fusils d’assaut Kalachnikov AK-47, des mitrailleuses, près de 8 000 munitions un assortiment d’obus de mortier », déclare un communiqué du Trésor US.  « En conséquence, le Trésor a ajouté 117 avions exploités par Iran Air, Mahan Air et Yas Air à la liste des ressortissants de pays spécialement désignés (SDN) par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC). »  En 2012, une photo de surveillance satellite révélait un long 747 amarré quai d’embarquement de l’aéroport de Damas, soute arrière ouverte. On distinguait parfaitement, son logo : Mahan Air.  C’était un 747-300 :  elle en possède deux, le EP-MND (ex EK-74713) et le EK-74780 (ex F-GETB, un ancien appareil d’Air France).
Au Washington Institute, on n’a pas raté l’occasion bien entendu :  c’est un Think Tank créé par des proches de l’AIPAC, ce puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, qui a fait quelques recherches à propos de l’entreprise.  Et elles se montrent très fructueuses :  » Mahan Air, la deuxième plus grande compagnie aérienne iranienne, a été fondée en 1992 par la Mol-Al-Movaheddin Holding Co. de Kerman, en tant que petite entreprise exploitant quelques avions de fabrication russe. Après une période d’instabilité, la compagnie aérienne a confié à Hamid Arabnejad, ex-officier des CGR, la gestion des opérations en 1998.  Pendant la guerre Iran-Irak, Arabnejad avait servi comme commandant adjoint de l’une des unités de combat les plus actives du CRI, le 41ème Tharallah, Division opérationnelle, dirigée par le commandant actuel de la Force Qods, Qasem Soleimani.  Arabnejad a ensuite dirigé le bureau de reconstruction de l’Iran en Bosnie-Herzégovine, une position probablement associée aux opérations de la force Qods dans les Balkans. »  Les premiers vols de ce type de Mahan Air, entre l’Iran et Damas, ont été observés pour la première fois en 2011, à peu près à l’époque du déclenchement du conflit en Syrie, et ceux-ci sont devenus de plus en plus fréquents au cours des dernières années, vols auxquels ont été ajoutés ensuite ceux vers le Yémen. « Ensemble, la flotte actuelle de Mahan comprend plus de trente-sept appareils.  Ils assurent des liaisons nationales et internationales, y compris en Asie et en Europe.  En fait, 15% des vols internationaux de l’Iran sont effectués par Mahan, soit près du double de la part d’Iran Air (8,5%).  Les avions long-courriers iraniens ont été immobilisés ou éliminés avant la levée des sanctions nucléaires.  En octobre 2011, Mahan Air, qui fournissait un soutien financier, matériel et technologique à la Qods Force, a trouvé différents moyens de maintenir une flotte viable en service » ajoute l’Institut.  Mahan possède aussi pas moins de 7 Airbus A340-600, capables de très longues distances (des achats de 2015, réalisés par l’entremise de la société El Naser), l’une de ses destinations étant… Kuala Lumpur !  L’Arabie Saoudite n’avait pas davantage apprécié que les USA imposent une interdiction commerciale totale avec l’entreprise en avril 2016.  Derrière les transferts d’armes se dissimule la Behnam Shahriyari Trading Company, chargée de fabriquer les faux manifestes d’embarquement.  A l’autre bout, c’était l’entreprise syrienne Ajnihat al-Sham qui les recevait:  une société appartenant à Rami Makhlouf, le cousin (du côté de sa mère) du président Assad !   Il est à la tête de Syriatel, la plus grande compagnie de téléphones du pays et il détient la concession Mercedes exclusive dans le pays.  Un autre lobby en fait !
The Merced’ man

On estime sa fortune à 6 milliards de dollars, en grande partie stockée à la Qatar National Bank–Syria, et sur les champs de bataille syriens (les terribles « Volcanos » envoyant des charges de gaz chimiques sont souvent montés sur des camions Mercedes, comme ceux de l’armée !!! … comme l’est le système de missiles de type MRLS, le HM-20 Hadid 122mm basé sur un camion Mercedes-Benz 2628 (vu ici à droite vanté par RT)). Rami Makhlouf détient aussi Syrian Pearl Airlines, une compagnie intérieure dotée de 2 BAe 146-300, qui servent aussi à véhiculer les soldats de ville en ville, ce qui lui assure des revenus sans fin..  Toutes ses compagnies ont en effet été repérées par les Panama Papers chez Mossack Fonseca.  Elles sont localisées aux Seychelles et dans les Iles Vierges britanniques et on le trouve aussi cité personnellement dans les Swissleaks… Faire la guerre lui rapporte et l’enrichit tous les jours un peu plus.  Voilà un profiteur de guerre dans toute sa splendeur :  c’est lui, en prime, qui fournit le kérosène des hélicoptères de l’armée, lanceurs de fûts remplis de poudre et de boulons !!!

Teheran-Beyrouth, avec halte à Damas, pour Qeshm
Pour fournir des armes aux troupes syriennes, l’Iran y est allé plus directement encore. Récemment, début septembre, Fox News révélait deux vols « directs » de Téhéran vers Beyrouth, pour livrer des armes au Hezbollah. L’un des vols suspect a eu lieu le 9 juillet dernier, et il a fait une halte à Damas, en Syrie.  Un second, le 4 août, a eu lieu via une route bien plus au nord, survolant la Turquie, toujours pour joindre Téhéran à Beyrouth :
Les deux vols étaient ceux de gros porteurs, des 747 de Qeshm Fars Air.  Qeshm avait déjà été cité pour le transport d’armes à bord de ces Ill-76 (ici le Qeshm Air IL76 EP-TQJ vu à Sharjah en 2000)  Le 747 était de retour le 16 à Téhéran, provenant d’Almaty (en faisant donc un crochet par le Kazakhstan !). Le 22 novembre, on avait pu suivre le vol d’un Ill-76 syrien de chez Syrian Air venant lui aussi de Téhéran, direction Damas, par le vol SYR8882. Ici le YK-ATA, photographié en train de se poser sur l’aéroport Mehrabad Intl de Teheran, le 17 avril 2016. L’avion, il y a cinq mois, avait effectué le trajet de l’aéroport international de Damas à Alep. Le Fars Air Qeshm Boeing 747-200 avait déjà été suivi en vol de Damas à Téhéran sur Flight Radar le 22 avril 2018:
En avril, selon I24, et « selon le site de suivi de vol Flightradar24, le même avion  a effectué 11 vols aller-retour entre Téhéran et Damas depuis le 30 janvier, dont trois depuis qu’il a frappé la base aérienne T4 en Syrie. Le jet dessert occasionnellement Istanbul et la capitale kirghize Bishkek. Syrian Arab Airlines, communément appelé Syrian Air, est également hyperactif sur la route, sillonnant le ciel entre l’Iran et la Syrie 12 fois depuis la fin janvier. Les derniers jours ont été particulièrement pénibles pour son Ilyushin. Un avion cargo IL-76T, capable de transporter plus de 40 tonnes. Lundi, l’appareil de fabrication russe a décollé de Damas vers Téhéran, puis est retourné en Syrie et a été vu pour la dernière fois près des bases de la ville de Hama, y compris certaines utilisées par la Russie. »  Le fameux 747  EP-FAB a effectué le trajet Téhéran-Damas 37 fois en 2017.  A pleine charge, ce type de cargo fait 356 000 kilos !!!  Ici il était encore en train de le faire le 18 septembre 2018 :  on peut constater que sa route directe, ou presque, lui fait survoler une grande partie de l’Irak… allié des USA.  Au total, depuis 2016 la seule Iran Air a effectué 140 vols vers Damas, et Mahan en a réalisé… 400 !!  Derrière Mahan Air se profile le Major-Général Qassem Soleimani, celui qui dirige aussi les forces d’al-Quds.
Le 4 septembre, on relevait qu’une des expéditions de chasseurs israéliens avait été en cause dans la destruction d’un des avions de transport syriens.  Selon des spécialistes d’ ImageSat International, c’est bien un des fameux 747 qui aurait été visé par les chasseurs israéliens (en plus d’un dépôt et de l’immeuble « Glasshouse » du QG syrien) :
Dans cette guerre des nerfs, les USA ont mis en orbite de vol un Poseidon anti-sous-marins au large de Tartous le 4 septembre dernier et envoyé au dessus de la mer, là où le Il-20M « Coot-A » russe aurait été abattu, un autre avion, le Lockheed U-2S « Dragon Lady » 80-1076, parti d’Italie, signe qu’ils prennent l’affaire au sérieux, ou signe aussi qu’ils souhaitent jeter un œil sur les progrès des russes en matière de renflouage de débris…  Tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est bien un tir de S-200 de la défense syrienne un peu à cran qu’il l’a descendu…. au moment où les israéliens entraient pour bombarder Lattaquié (Latakia).  Ce serait le seul « Coot »   déployé sur place par les russes.
Les avions du Syrian Express
Ce système de livraison façon noria des avions du blocus de Berlin, très vite surnommé Syrian Express, voit régulièrement de nouvelles sociétés apparaître, étant donné l’interdiction de vol de certaines, ou en voit d’autres grossir à leur place.  « La principale compagnie aérienne exploitée par l’IRGC et sa compagnie Pars Aviation est Pouya Air. Ses prédécesseurs, Pars Air et Yas Air, ont été désignés comme entités terroristes en 2012 par les États-Unis, qui les ont accusés de transporter des armes au régime syrien ».  Et par un beau tour de passe-passe, Yas Air, l’interdite, est donc devenu Pourya Air, l’autorisée, en 2012 !!!  « Aujourd’hui, Pouya Air exploite six avions de transport de fabrication russe, prêtés par l’IRGC Aerospace Force.  Le CGR a également acheté récemment deux jets régionaux Embraer ERJ-145ER de fabrication brésilienne (numéros d’immatriculation EP-RAA et EP-RAD), d’une portée d’environ 3 000 kilomètres et pouvant transporter jusqu’à cinquante passagers.  Le premier de ces avions a été enregistré en Afrique du Sud par Hossein Hafez Amini, un homme d’affaires iranien basé à Istanbul, et livré à Pouya Air le 31 mars.  Les deux avions ont ensuite été aperçus à l’aéroport Mehrabad de Téhéran. livrée. Le CGR a des liens étroits avec cette dernière compagnie aérienne, apparemment une société anonyme avec un faux site Web créé il ya moins de deux ans. Les documents disponibles montrent que Rey a été incorporé en Afrique du Sud, mais son site Web montre une adresse à Istanbul. En plus des revenus générés par les vols de passagers, le CGRI peut également économiser de l’argent en utilisant ses appareils pour transporter du personnel et leurs familles. Plus important encore, le fait d’avoir sa propre flotte de fret et de passagers lui permet de transporter des agents ou des marchandises clandestines avec un minimum d’observation de la part des autorités de l’aviation civile. Qeshm Fars Air, une autre société contrôlée par l’IRGC, a récemment pris livraison d’un avion Boeing 747-200F en provenance de la compagnie afghane Kam Air à l’aide d’un intermédiaire arménien. On ne sait pas si les responsables afghans savaient où finiraient les avions. Le premier de ces avions, l’EP-FAA, a immédiatement participé à des vols quotidiens entre Téhéran et Damas (numéros de route QFZ9950 et QFZ9951). Le deuxième avion est en cours de maintenance au centre de réparation et de révision de maintenance de Farsco à Téhéran. Pour le moment, les Boeing nouvellement acquis seraient exploités par Mahan Air. » C’est l’ex Nippon Cargo Airlines, en 1990, Air Bridge CargoKam Air (en 2012) et South Airlines Armenia (en 2015).  C’est le 24576 LN:818, type 747-281FSCD. « SCD » signifiant « font and side cargo door » pour un avion cargo (son nez se lève, donc !).  Selon Ops Lens, « pour des transferts d’armes particulièrement sensibles, l’Iran utilise Pouya Air, une compagnie d’aviation sanctionnée par le Département du Trésor américain pour avoir été en partie détenue par le Corps des gardiens de la révolution d’Iran.  En avril 2017, Israël aurait bombardé une cargaison d’armes avancées destinées au Hezbollah dans un entrepôt près de l’aéroport international de Damas. Peu de temps après l’attaque, un officier de renseignement anonyme, présumé israélien, a déclaré à Reuters que les armes avaient été transportées dans un Pouya Air Il-76 qui avait atterri une demi-heure avant la frappe aérienne. »
Le pont aérien entre l’Iran et la Syrie a été particulièrement chargé récemment, avec des avions de plusieurs opérateurs civils et militaires effectuant le voyage: Mahan Air (Airbus A300 et A310), Iran Air (Airbus A300 et A320) Air (Boeing 747F et C-130), IRGC / Qeshm Fars Air / Pouya Air (Boeing 747 et Il-76), Syrian Air (Il-76) et Cham Wings (A320) (à droite la petite fête du lancement de Cham Wings entre Damas et Muscat en septembre 2015, les vols prévus étant vers Baghdad, Najaf, Beyrouth, Malmö et Istanbul). Cette dernière compagnie – une compagnie aérienne syrienne privée avec des vols réguliers entre Téhéran et Damas – a été ciblée par les sanctions américaines en 2016. La plupart des vols « Syrian Express » effectués par ces opérateurs sont programmés la nuit pour empêcher la surveillance par satellite.  Outre la route très fréquentée entre Téhéran et Damas, trois compagnies aériennes (Mahan, Iran Air et Syrian Air) visitent également l’aéroport d’Abadan par intermittence. Là-bas, des milices chiites irakiennes sont transportées par avion de Najaf et de Bassorah pour se rendre par avion à Damas ».  Quant à savoir à quoi peut aussi servir Cham Wings, c’est encore une fois Ops Lens qui nous le dit : «  l’exposé (nota : de l’agence Reuters) décrivait comment la Russie exploitait un pont aérien militaire secret qui envoyait des dizaines de milliers de mercenaires, de forces spéciales et d’armes en Syrie par le biais de Boeing 747 achetés et envoyés en Russie à travers un groupe de propriétaires de sociétés holding.  Les vols décollent de la ville russe de Rostov et sont exploités par Cham Wings, une compagnie aérienne syrienne qui avait été sanctionnée par les États-Unis en 2016 pour trafic d’armes au régime d’Al-Assad.  Les vols partent toujours la nuit et utilisent des numéros de vol pour éviter la détection.  À la différence de l’Iran, qui utilise des compagnies aériennes civiles principalement pour éviter les interférences d’Israël, on pense que la Russie utilise des systèmes de transport non militaires pour éviter de se faire prendre en Russie.  Le fait de déguiser ses cargaisons d’armes et de renforcer ses forces en Syrie, où le citoyen moyen ne comprend pas la raison de la présence militaire de la Russie, est essentiel à la poursuite de l’effort de guerre ».  A droite ici c’est le trajet d’un Ill-76 MD de l’armée russe du 223rd Flight Unit, parti de Moscou-Chkalovsky direction la base de Humaymim à Latakia, avec un arrêt à Mozdok, en république d’Ossétie-du-Nord-Alanie, une république autonome de Russie, si chère à Poutine, en traversant tout l’espace aérien turc.  A gauche ici le RA-78830 un Ill-76MD du régiment cité, pris en photo sur sa base de départ en août 2011 (photo Alexandr Sizov).  Cham a très probablement transporté dans ce cas les fameux mercenaires du groupe Wagner, si décriés.  Issam Shammout, le responsable de Cham Air, détient aussi Sky Blue Bird Aviation, qui prêtait régulièrement ses appareils à Mahan Air pour contourner les sanctions US :  résultat Sky Blue Bird y a eu droit aussi en 2015.  Cette année-là, avait aussi été sanctionnés Bahar Safwa General Trading, société derrière les avions irakiens d’Al-Naser Airlines (installé à Baghdad) et l’un de ses propriétaires, Ali Abdullah Al Hay, qui venait d’acheter deux Airbus (A320). pour Mahan Air. Neuf avions étaient alors passés discrètement de chez Al-Naser Airlines à Mahan Air… Même Sputnik en avait fait casen signalant qu’Al Naser est une des rares entreprises à faire voler l’A380 Cargo, apparu en 2011, c’est à noter.  « La portée de l’A380-800F est de 10 410 km, ce qui permet aux avions de voler sans escale de l’Europe vers l’Asie ou la côte ouest des États-Unis. L’avion transporte 150 tonnes de charge utile, comprenant 71 grandes palettes ou conteneurs de fret sur trois ponts. Airbus affirme que la capacité de charge utile est supérieure de 30% à celle du concurrent le plus proche ».  A peine si on avait remarqué  que l’Ali Abdullah Al Hay For Trading & Construction a son siège à Safwa City… en Arabie Saoudite !!!  Il faut bien du pétrole pour faire voler l’engin handicapé par ses deux ponts à charger :  chaque vol d’A-380 cargo sur  6 000 miles dévore 323 546 litres de kérosène, contre seulement 181 000 litres sur un maximum de 5,600 miles pour un B-777 …
Les faits :  187 vols répertoriés, côté Syrien !

Le bilan, impressionnant, est à faire de cette noria : « une attaque israélienne signalée a également frappé l’aéroport samedi soir et une image satellite fournie à i24NEWS par une société d’imagerie aérienne, Planet Labs, montre un avion correspondant au profil d’un 747 avec des marques de souffle apparentes sur la pister . Selon PlanetLabs, il est stationné dans une zone de l’aéroport utilisée par l’armée de l’air syrienne. Le même avion a effectué au moins 18 vols de Téhéran à Damas au cours de l’année dernière, selon l’analyse de Gerjon. Les données peuvent ne pas révéler la véritable étendue du transport aérien, car certains aéronefs ne peuvent pas être suivis pour des raisons techniques. Il n’inclut pas non plus les vols de passagers opérés par Mahan Air, accusés par le Trésor américain d’aider les combattants iraniens et téhéraniens à transporter des armes et des combattants en Syrie. Certains vols de fret atterrissent également dans des aéroports ou des bases aériennes syriennes non couverts par des sites Web accessibles au public. Bien que les vols soient étroitement surveillés aux États-Unis et en Israël, la guerre civile et les sanctions ont également gravement handicapé la capacité commerciale de la Syrie.  Certains vols peuvent donc également transporter des marchandises civiles, de l’aéroport Mehrabad de Téhéran, qui est également l’aérodrome militaire et IRGC de la ville. Les avions les plus actifs sur la route sont deux Ilyushin-76T de l’aviation syrienne, bien que peints aux couleurs de la compagnie aérienne syrienne Syrian Air. Capables de transporter 40 tonnes, ils volent également d’Abadan, une ville à majorité arabe du sud de l’Iran. Les avions appartenant à la compagnie aérienne iranienne Fars Air Qeshm sont également hyperactifs sur la route, effectuant 63 vols de Téhéran à Damas. Ses deux jumbos 747-200 sont capables de transporter des cargaisons équivalentes à 56 Cadillac.  Outre les avions cargo, quatre compagnies aériennes, principalement des passagers, circulent régulièrement entre l’Iran et Damas: Iran Air, Cham Wings Air, Mahan Air et Syrian Air. »

Mais il n’y a pas que cette noria aérienne, il y a aussi le transport maritime, via de petits cargos. Ce que nous allons commencer à défricher demain, si vous le voulez bien. Et ça, c’est aussi une grosse partie de l’iceberg immergé…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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MH370 (5) : livrer discrètement des armes, tout un art… israélien

 

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2 Commentaire

  1. avatar

    L’A380F n’existe pas….

  2. avatar

    « L’Iran fournit effrontément le régime de Bachar el Assad en armes, je ne vous apprends donc rien »

    Comment voulez vous qu’on poursuive la lecture de cette logorhée incontinente après un tel aveu de vassalité. Et ça prétend informer les gens…Tss morbak, retourne donc squatter la raie du cul de MBS!

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