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MH370 (5) : livrer discrètement des armes, tout un art… israélien

Il y a huit ans déjà, j’avais découvert ces transports illicites d’armes bien précises.  C’était lors d’une énorme enquête sur Viktor Bout, incarcéré après une arrestation rocambolesque à Bangkok, piégé paraît-il par des gens du FBI venus se proposer déguisés en acheteur de missiles (anti-tanks ?) destinés aux Farc colombien (1).  Là aussi une histoire invraisemblable, qui a vu la fin d’un transporteur d’armes qui a servi tout le monde, y compris l’ONU, ses avions repeints en blanc servant parfois au retour de transports  humanitaires.  Tout le monde se doutait pourtant de ce qu’il faisait à partir de son fief de Chisinau… en Moldavie (2) !  Lors de cette enquête, j’étais tombé sur une filière bien particulière, menant au final à un missile bien particulier lui aussi…

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

Le rôle de la famille Diveroli-Botach (3) avait été révélé et l’histoire tellement étonnante (le Pentagone avait signé un contrat d’armement de 300 millions de dollars avec un gamin de 19 ans !) que la question s’est vite posée d’une possible filière israélienne de ventes d’armes illégales, tant le pays en regorge et tant il en produit.  Vérification faite, il s’avère qu’elle existe bien et est même largement encouragée par le gouvernement du pays, qui utilise visiblement des moyens détournés pour vendre ses surplus, en prenant comme VIPs des anciens des services secrets, rompus aux déguisements les plus divers.  Résultat, fin septembre 2010, on dénombrait pas moins de sept agents israéliens en prison pour tentative de vente d’armes illicites.  Etat des lieux des preneurs d’ordre pour les avions de Viktor Bout… (4)

L’armement, tout le monde s’y intéresse, et davantage les pays qui consacrent une grande partie de leur budget à en fabriquer.  Les excédents créés ont tendance chez eux à se retrouver sur des marchés parallèles.  Et, paradoxalement aussi, ceux qui en produisent le plus sont aussi ceux qui en achètent le plus… voyez de qui je veux parler, là, à savoir, par exemple d’Israël, qui n’a pas raté le coche dans ses transferts douteux, ou cette circulation illicite.  Je vous en avait déjà parlé lors du conflit irako-iranien, où Israël et les Etats-Unis se sont entendus pour fournir le plus discrètement possible le grand ennemi du jour, à savoir l’Iran:  Les Etats-Unis en pensant recevoir de l’argent « discret » pour alimenter un autre conflit, en pensant aussi nuire à Saddam Hussein et à se placer comme fournisseurs en armement de l’Iran, ce qu’ils vont aussi s’empresser de faire en fournissant à l’Iran leur grande spécialité, la roquette Grad.  Celle des katiouchas russes que les israéliens ont constamment améliorés depuis 1967, date de leur usage intensif pendant la guerre des six jours (des deux côtés comme ici avec ce modèle russo-égyptien et ici en Syrie).  Ici, photographié à gauche à Bakou lors d’un défilé, un de ces engins. Ces boîtes de bois contenant ces longues roquettes, nous les avions retrouvées lors de l’affaire du Francop, manifestement un montage éhonté des israéliens réalisé avec leurs propres stocks, notamment ces fameuses roquettes destinées à l’Iran et non livrées après 1985.  Les numéros des containers, masqués avec précaution (ici sur le rebord droit de la porte du container) ou les feuilles d’envoi collées au nom d’un ministère n’existant plus (comme ici) révélaient la supercherie :  nous y reviendrons également plus en détail un jour où l’autre, tant les faits étaient probants (5).  Les services secrets israéliens, en masquant informatiquement les numéros des containers, avaient révélé leur traficotage… et leurs manipulations.
Lors du conflit iranien, les israéliens ont fourni leur stock de missiles Hughes Aircraft BGM-81 Tow et Raytheon MIM-23 Hawk, à la demande des USA, et ce sont les avions de Viktor Bout qui ont été affrétés pour ce faire, avec de faux papiers parlant de « chariots élévateurs » dans les caisses.  Les personnes concernées par cet affaire iran-contras furent Michael Ledeen côté USA, l’envoyé de Robert Mac Farlane, et le marchand d’armes iranien Manucher Ghorbanifar côté iranien, avec entre deux Yitzhak Rabin, alors ministre de la défense israélien, l’argent iranien servant à alimenter la lutte anti-guerilla au Nicaragua, via Olivier North et sa base de la Mena dont nous avons déjà parlé et dont nous reparlerons bientôt ailleurs (ce sera ici), alimentant le premier la pompe à versement. Un total de 2008 missiles Tow furent vendus aux iraniens, ainsi que 235 kits de mises à jour pour missiles Hawk. Le saoudien Adnan Khashoggi (longtemps résident de Marbella: il est décédé le 7 juin 2017, un peu avant son 82 eme anniversaire, richissime, c’est son yacht qui avait servi dans le film de James Bond en 1983 Never Say Never Again.  Ses frasques sont rappelées ici . A noter aussi qu’il était l’oncle d’un certain….  Jamal Khashoggi !!! A noter aussi qu’Adnan Khashoggi, en plus d’être l’oncle de Jamal, était aussi le cousin de Dodi Al-Fayed.
Comme appareil, c’est le Boeing 707-351C, numéro de série 18689, de Santa Lucia Airways enregistré J6-SLF (ancien G-WIND de Tradewinds, et ancien American Airlines N7555A), qui avait servi pour ces transferts discrets (6).  Des négociations, on retrouvera ces documents étonnants signés Oliver North : « Comme discuté avec vous hier, j’ai demandé à la CIA, au Département de la Défense et au Département de l’Etat de proposer une assistance pratique que les Israéliens pourraient offrir au Guatemala et au Salvador. » Un autre document de la même année, un fax adressé par Frederic Chapin, ambassadeur US au Guatemala, à Washington, explique qu’à un moment où les USA ne veulent pas apparaître comme fournissant une assistance directe au Guatemala, « nous avons des raisons de penser que nos bons amis les Israéliens s’apprêtent à offrir, ou ont déjà offert, des quantités substantielles d’équipement militaire au gouvernement du Guatemala à des conditions de crédit sur 20 ans ».  Ah, les fameux ambassadeurs US, et leurs liens avec les services secrets…
Dès les années 80, Israël concurrence donc déjà les USA, pourtant, où s’arrange pour dévorer avec lui une part du gigantesque gâteau. « En 1981, Yaacov Meridor, membre du gouvernement israélien chargé de la coordination économique, s’exprima de la façon suivante : « Nous allons dire aux Américains : “Ne nous faites pas concurrence en Afrique du Sud, ne nous faites pas concurrence dans les Caraïbes ou dans tout autre pays où vous ne pouvez pas opérer ouvertement.” Laissez-nous faire. J’utilise même l’expression : “Vous vendez les munitions et les équipements par procuration. Israël sera votre mandataire.” Et cela serait concrétisé sous forme d’un certain arrangement avec les USA où nous aurions certains marchés … qui seraient laissés pour nous. » Et le directeur du marketing de la société de Yair Klein (cf. Colombie) explique : « Les Américains ont le problème de l’opinion publique, de l’image internationale. Nous n’avons pas ce problème. »  En Amérique du Sud, le lobbying israélien d’armements se fera sentir en Colombie notamment avec la livraison de fusils Galils, qu’on retrouvera autant chez les forces de l’ordre que chez les narcos-trafiquants. Un général israélien résumera la situation ainsi : le général Peled Mattityahu déclarera en effet qu’« en Amérique centrale, Israël fait le« sale boulot » d’entrepreneur pour l’administration américaine. Israël agit en tant que complice et bras droit des États-Unis. « 
Il exporteront leurs Galils avant de les produire sur place  : « En Colombie on peut voir les fusils d’assaut noirs partout. Tant l’armée, appuyée par les Etats-Unis, que la police nationale, les utilisent. Ce ne sont pas, comme on pourrait se l’imaginer, des fusils M16 mais bien les fameux fusils d’assaut israéliens Galil, une imitation des séries russes Kalashnikov, mais commercialisées en Amérique latine avec un calibre plus petit et plus rapide (et destructeur) .223, le même que celui du M16. Le Galil est fabriqué par les usines militaires israéliennes depuis 1972 et est considéré comme un succès. Cependant, les israéliens n’utilisent pas beaucoup le Galil lors de leurs opérations internes (et externes) car ils obtiennent des M16 gratuitement des Etats-Unis. En Colombie cependant, les industries israéliennes n’installèrent pas une usine de munitions, mais bien une usine complète de fabrication des fusils d’assaut Galil à Bogota. Dans la version colombienne de l’arme, seul le canon est importé d’Israël. Qui paie cela ? La Colombie ? Cela mérite réflexion. Les fusils d’assaut sont payés par l’aide militaire américaine tant à Israël qu’à la Colombie. Ainsi, c’est une fois de plus l’inconscient contribuable américain qui assure le bain de sang en Colombie ».
 
Les israéliens, pour écouler leurs stocks d’invendus du conflit iranien, ont eux aussi leurs mafieux de service :  quand l’Iran ne représente plus un marché mais un ennemi, ils scrutent les marchés possibles et tombent comme tout le monde sur le Soudan, un conflit terrible dénoncé par tous, mais où tous se sont précipités en douce pour fournir les belligérants.  Les faux papiers d’envoi, l’âme même de tout bon transfert illicite d’armes, le sésame nécessaire pour tromper les douanes ou la police des frontières, doivent être fabriqués et ils le seront par un… israélien sans scrupules. En décembre 2004, la Jordanie arrête deux israéliens soupçonnés de trafic d’armes aux rebelles soudanais :  Amos Golan (directeur de « Corner Shot Holdings, LLC« ) et d’une société de sécurité, « Silver Shadow » souvent vue en Ouganda, et Shimon Naor, qui sortait juste de prison de Roumanie après avoir été incarcéré pour vente d’armes illicites au Dr. Jonas Savimbi, le chef nationaliste angolais anticommuniste, le leader de l’UNITA de sinistre mémoire.  Les faits remontant à 1999.  Les avions qui ont servi plus tard (en 2007) étaient siglés Goliaf Air ou Dallex Trade, notamment l’Antonov-28 S9-PSV (ex ER-AKO). « Le Sunday Times, au vu des rapports de renseignements occidentaux, a conclu que la société Dallex Trade enregistrée à São Tomé et son partenaire Goliaf Air sont en relation avec le marchand d’armes Victor Anatolievitch Bout. » Goliaf Air, ou Valan International Cargo Charter, Aeronord Group (souvents vus à Ostende), Grixona, Jet Line International, Jet Stream, Pecotox Air, Aeroportul International Marculesti, et Tiramavia serviront aux transferts vers l’Ouganda.  Toutes liées à Viktor Bout.  Goliaf Air faisant voler un Il-76 en Irak, immatriculé S9-DAE sous le logo de Skylink.  L’avion a été récemment (en 2010 !) scrappé à Fujairah.
Les deux individus arrêtés sont liés étroitement au Mossad ou à l’armée israélienne : Golan est un ancien de l’école de lutte urbaine de l’Israel Defense Forces et un ancien membre du groupe « fantôme » d’élite de Duvdevan, alors placé sous la direction de de Meir Dagan, l’actuel dirigeant du Mossad.   Naor (de son vrai nom Shimon Naor-Hershkovitz), alias Simen Herscovici, est un ancien amiral, qui est relié au Mossad par un troisième larron arrêté en même temps :  le fils de Danny Yatom, général et député à la Knesset, surnommé « le Prussien » (pour sa rigidité), mais aussi un ancien responsable du Mossad (pendant 21 mois seulement : Yatom avait quitté le Mossad après toute une série d’opérations fiascos qui lui avaient valu la réputation d’homme de « fashlas » (bourdes)). Le fils est devenu dirigeant d’une entreprise de sécurité israélienne.  Or son père avait choisi une voie bien particulière pour arrondir sa retraite d’espion :  il s’était associé à Lev Levaev (né Lév Avnerovich Leviev), un milliardaire juif originaire de Tachkent (en Ouzbékistan), qui a beaucoup collaboré avec le KGB/ FSB, pour s’occuper tous deux de diamants, ceux des mines de l’Angola.  (Levaev, un homme réputé pour son extrémisme de droite, devenu en 2003 propriétaire de la Minerais Corporation (Namco) namibienne, autre entreprise de diamants).  Depuis, Yatom continue à crier tous les jours à la Knesset au bombardement de l’Iran...
Quant aux autres anciens du Mossad, il est vrai aussi que leur recyclage tourne souvent à de bien étranges comportements, très souvent en relations avec les milieux de la drogue : l’ancien du Mossad, Mike Harari, deviendra le bras droit du général Noriega, à qui il facilitera la prise de pouvoir au Panama, Yaacov Ramon, au Mossad de 1978 à 1984, sera arrêté à Caracas en 1992 avec 74 kilos de cocaïne cachés dans la valise diplomatique israélienne… et Yaïr Klein, ancien des commandos spéciaux Harub, est allé entraîner les mercenaires pro-Uribe à à Tolemaïda, au nord de Bogota…
Un Klein noyé jusqu’au coup dans l’affaire des Contras, lui aussi ! Sans oublier : Israel Ziv, l’homme qui avait manigancé la libération de Bétancourt avec une équipe de la CIA et les équipements US mis à sa disposition. On peut ajouter à la liste Shmuel Avivi, de Telon, entreprise de Tel Aviv, Israel en liaison avec l’US SOCOM, via Taos, une société installée à Madison, Alabama, et son bureau de Belgrade.  Le « sionisme comme prestataire de services guerriers » note fort justement le site « histmove« . Exactement.
C’est en effet un phénomène historique indéniable : « Vers la fin des années 1970, l’industrie militaire israélienne satisfaisait 40 % des besoins militaires du pays (7). Cependant, dans le but d’élargir les débouchés, le gouvernement initia une campagne de promotion au niveau international. Le chiffre d’affaires s’accrût considérablement en passant de quelques 50 millions de dollars en 1972 à environ 1 milliard en 1980. A partir de 1982, Israël se trouve parmi les dix plus grands producteurs d’armes du monde. La part de l’armement dans les exportations du secteur industriel passa de 14 % en 1967 à 31 % en 1975 et se situait par la suite entre 30 et 40 %. Selon des chiffres concernant 1984, en Israël 14 % des salariés de l’industrie travaillaient dans le domaine militaire. Israël se situait alors au cinquième rang dans la liste des plus gros exportateurs d’armes du monde (septième en 1980). Il était à cette époque le principal fournisseur pour l’Afrique sub-saharienne et l’Amérique latine. En 2000, les exportations dans le secteur militaire s’élevaient à 2,5 milliards de dollars ; en 2001, selon le ministère israélien de la Défense, Israël fournissait 10 % des exportations militaires mondiales, en exportant 75 % de la production totale d’armement du pays »…
Il existe donc bien depuis une filière israélienne de vendeurs illicites d’armes dans le monde.  Au Guatemala, ce sont trois israéliens, Uri Zoller, Uzi Kislevitz-Shapira vivant au Guatemala, (et son associé Uzi Kisslevich, de la société « Grupo de Representaciones Internacionales Sociedad Anónima » -GIR S.A.-) et Shimon Yelnick, habitant au Panama, qui ont été arrêtés en 2003.  Tous trois vendeurs d’armes, pris dans un scénario très proche de celui de Efraïm Diveroli. Des centaines de Kalachnikovs pour une valeur totale de 5 millions de dollars devaient transiter du Nicaragua pour atterrir dans la police… mais elles avaient atterri dans les mains d’une faction d’extrême droite, en Colombie ! Or Zoller et Kislevitz-Shapira étaient aussi des représentants officiels de l’Israel Military Industries (IMI)… Tous disposaient de permis du Sibat, le papier estampillé du Foreign Defense Assistance and Defense Export Organization qui autorise les ventes d’armes à l’étranger.  Je reviendrai dans cette étude sur le  cas de Zoller, et ses activités plus récentes. En Israël, le service du Malmab (les relations extérieures des ventes d’armement) sera dirigé en 2004 par le Major General Amos Gilad, qui deviendra plus tard « Mr Sécurité » d’Israël…  Zoller, lui aussi, avait été introduit en haut lieu… et était proche des banquiers.  « Par la suite, Zoller et Yelinek s’accusèrent mutuellement.  On peut relever que le rapport mentionné, de l’OEA, publié début 2003, relève le fait que Zoller est un ami personnel du général Calderón.  Zoller est en outre gendre du propriétaire de la Banco Granai & Townson, la banque la plus importante du Guatemala.  Il fut ex-membre des forces spéciales de l’armée israélienne et du Mossad. L’avocat de Yelinek affirma qu’après que l’affaire fut connue, Zoller continuait à séjourner fréquemment au Panama, en étant reçu chaque fois à l’aéroport par Arthur Ventura, le délégué du service anti-drogue US pour l’Amérique centrale et le Panama. » 
En 2002, Israël découvrait encore qu’Avichai Weinstein de Netanya, le directeur de la société PIAD, avait vendu à l’Iran des chenilles pour bulldozers et des pneus pour transporteurs blindés, retrouvés en Allemagne et censés avoir été vendus à la Thaïlande et à la Malaisie. Les chenilles étaient à bord du cargo Zim Antwerp, et devaient partir pour Bandar e Abbas.  Dans la famille Weinstein, ce n’était pas la première tentative :  le beau-frère de Weinstein, Eli Cohen, en 1999 avait vendu des armes via la Belgique à l’Iran.  Enfin, en 1989, en pleine guerre Iran-Irak, Charles Caplan, un autre vendeur d’armes israélien associé à un Sud-Coréen, Juwhan Yun, avait essayé de vendre du gaz sarin aux iraniens et avait été arrêté juste avant la livraison.  Yun avait proposé aux agents fédéraux déguisés des missiles TOW missiles, des Stingers, de la technologie sur les missiles et les radars..  Yun avait également proposé de livrer 500 bombes de 250 kgs remplies de gaz sarin pour la somme de 50 000 dollars seulement comme dépôt de garantie…  Ici même, nous avons évoqué le rôle de la famille Diveroli et de son oncle Bar Kochba Botach, le fondateur d’une véritable dynastie de vendeurs d’armes juifs américains (voir le site Botach Tactical, qui vend des chargeurs transparents très « tendance » pour M-16 ou H&K 416 !). Le propriétaire de Botach Tactical et de KleyZion comme entreprises de ventes d’armes.  Toute la famille s’y est mis. « En Mars 2006, l’État d’Israël a accusé le frère de Botach et partenaire d’affaires à Los Angeles, Shlomo Botach, de « se faire aider par des blanchisseurs professionnels « pour transférer 860 000 dollars des États-Unis via la Suisse et les banques uruguayennes sur un compte en Israël, au nom de code « Ezra 26 ».  Le procès (en divorce du patriarche avec sa femme une maquilleuse d’Hollywood), se montant à des transferts totalisant 331 000 dollars ».  Le père d’Efraïm dirigeant lui Worldwide Tactical, LLC.  Les munitions de Diveroli ont volé grâce aux avions de Viktor Bout.
L’Afrique est particulièrement visée par les vendeurs d’armes.  « En 1985, en Sierra Leone, lorsque le général Joseph Saidu Momoh assuma la présidence, un certain Shabtai Kalmanovitch avait ouvert à Freetown une branche de sa société LIAT Finance and Construction.  Né en Russie, Kalmanovitch avait émigré en Israël et il est considéré comme avoir été au service autant du Mossad que du KGB. La société LIAT s’était enrichie auparavant sur la base de contrats de construction au Bophuthatswana et Kalmanovitch joua le rôle de conseiller auprès du président du Bantoustan, Kgosi Lucas Manyane Mangope. Il devint un partenaire finançant Joseph Saidu Momoh et obtint des concessions portant sur la majorité des régions de mines de diamant. En échange, LIAT s’engagea à évincer les négociants illicites et à instaurer un monopole privé lié directement au président ».  On le voit, le commerce des armes est toujours lié à des bakchichs, et JSM a été président de 1985 à 1992… avant d’être renversé par Valentine Strasser, qui se liera avec les mercenaires d’Afrique du Sud d’Executive Outcomes….  En Afrique du Sud, où Israël à négocié d’autres contrats d’armement dont nous avons parlé ici et ici.
Et il y en a encore d’autres encore :  Gidon Sarig, par exemple, condamné à sept ans de prison en Angleterre pour vente d’armes illégales au Vénézuela, au Pérou, au Senegal, au Nigeria, au Gabon et surtout au Sri Lanka.  Sarig avait promis 1 000 bombes venant d’Ukraine à l’armée Sri Lankaise en 2005 et avait livré 3 900 obus de 30 mm provenant des stocks de Serbie et du Montenegro entre février 2005 et mai 2006, toujours au Sri Lanka.  Les armes étaient au nom de MIA Trading et de l’associé anglais de Sarig, Freckleton, dirigeant Lyon Brandfield.  1 000 pistolets semi-automatiques devaient aussi être transférés de Turquie au Venezuela.
 
En Afrique toujours, le commerce des armes fait fonction de géopolitique, et le secteur des mines est particulièrement prisé. « Au Zaïre, en 1997 le président Mobutu Sese Seko fut renversé par l’Alliance des Forces Démocratiques de Libération (AFDL) coordonnée par Laurent Désiré Kabila (8) ; le pays se nomme depuis République démocratique du Congo.  L’AFDL avait été créée en 1996 dans la région du Sud Kivu (située à l’Est du pays, face au Rwanda).  Sur ce territoire est installée la société minière Russell Resources Group, à laquelle ont été attribuées des concessions de mines d’or qu’elle exploite en association avec le général Salim Saleh (demi-frère du président ougandais Museveni). Russell Resources Group, constitué en 1997, est dirigé par David Agmon, général israélien à la retraite, qui était intervenu dans le pays à la fin des années 1980 au titre de la coopération militaire israélienne à Kinshasa et avait été plus tard directeur de cabinet du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (novembre 1996-janvier 1997) ».  Cela sert, d’avoir été dans un cabinet ministériel pour vendre des armes (ce n’est pas Jean-Charles Marchiani qui me contredira).
Ou encore Ofer Pazaf, président d’une compagnie de Kfar Saba (en Israël), arrêté aux Etats-Unis, à Las Vegas, avec deux autres israéliens, et Yohanan Cohen de San Francisco, ou Haim Gary, de Miami, arrêtés en même temps que Pazaf.  Ou encore Hanoch Miller, ingénieur en aéronautique israélien, et sa firme Radom Aviation qui avait magouillé avec un retraité de l’Air Force, Joseph O’Toole, pour vendre 2 000 Kalashnikovs à des militants somaliens:  des armes qui auraient dû être envoyées par avion via le Panama et la Bosnie.  Pour vendre ses Kalachnikovs, Miller avait produit des faux documents indiquant que les armes étaient destinées au Tchad.  Des avions loués en Bosnie devaient servir à l’acheminement.  Sans nul doute, ceux de la sphère de Viktor Bout.  En 2001, ce sont ces avions qui avaient fait le trajet de Maribor en Slovénie vers le Soudan.   Farah et Brown notent que qu’un rapport des services secrets bosniaques affirmait queVictor Bout, en collaboration avec Hasan Cengic, transportait des armes vers la Tchétchénie » via une firme écran de Viktor Bout.  En 1989 déjà, Joseph O’Toole, un collègue américain, Richard St. Francis et un ex-agent du Mossad, Ari Ben-Menashe, avaient tenté d’envoyer plusieurs C-130 au gouvernement Iranien.  On retrouvera Menashe en 2008 en espion avec sa firme Dickens and Madson chez Mugabe au Zimbabwe, qu’il projetait d’assassiner au profit de Morgan Tsvangirai (9) !
Or, le fameux Cengic en a à raconter, selon Wikipedia : c’est « l’ancien vice-premier ministre et ministre de la Défense de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Un musulman.  Il a été condamné ainsi que le futur président Alija Izetbegovic par le régime communiste de Yougoslavie en 1983 et a fait 5 ans d’une peine de 10 années de prison. Il est membre d’un puissant clan dirigé par son père, Halid Čengić, expert en logistique dans l’armée bosniaque et un haut fonctionnaire, ses fils faisant partie de l’agence de renseignement (Agencija za Informacije je Dokumentaciju (AID)-. Hasan Čengić a voyagé fréquemment à Téhéran depuis 1983 et a été profondément impliqué dans les expéditions d’armes iraniennes vers la Bosnie.  Pendant la guerre de Bosnie, il a vécu entre Téhéran et Istanbul.  Selon la police autrichienne, Čengić était au conseil de surveillance de Third World Relief Agency (TWRA) une, une fausse organisation humanitaire basée au Soudan et une organisation liée à Oussama ben Laden et au réseau terroriste d’à Al-Qaïda.  La participation de Čengić a été confirmée par le directeur de TWRA, Elfatih Hassanein ».  Là encore, je reviendra un peu plus loin sur ce cas, qui demeure fondamental dans la naissance d’Al Qaida et pour les fournitures d’armes à Ben Laden..
Sans oublier l’odyssée du cargo Faina rançonné et ses chars, « attendu sur le quai à Mombasa le 12 février 2009.  Côte à côte, par Vadim Alperin, alias Vadim Oltrena, un ukraino-israélien représentant la société Tomax Team Inc et le chef des services secrets ukrainiens Mykola Malomuzh.  A bord du petit cargo de 13 870 tonnes « on dénombrait en effet également dans des containers 150 lance-roquettes RPG-7, des batteries anti-aériennes, des lance-roquettes multiples et 14 000 munitions de calibres divers. En tout pour 2 320 tonnes de matériel de guerre, dont près de 1400 tonnes rien que pour les chars ! S’ ajoutent à cela 6 ZPU, des canons anti-aériens sur roues et 6 camions « BM-21 sur camion Ural « , à savoir de redoutables lanceurs de roquettes dévastatrices » avais-je écrit en juillet 2009.  Des blogueurs malins, Lauren Gelfand et Allison Puccioni, de JDW Middle East et de Jane, avaient retrouvé les chars transportés, sagement rangés après avoir été débarqués…. au sud-soudan !  Une image de DigitalGlobe de mars 2009 montrait les 33 tanks rangés près de la caserne de Kahawa Barracks au nord de Nairobi !  Je reviendrai bientôt sur l’histoire du Faina, car elle dissimule une autre affaire encore plus tordue, comme vous allez bientôt l’apprendre, avec un peu de patience…
Au total, ce sont donc sept agents israéliens qui étaient sous les verrous en septembre 2010, tous liés à l’industrie nationale… ce qui questionne quand même certains : « Même si il est impossible que ceux en prison connaissent les autres, ils ont beaucoup en commun. Tous sont des hommes dans la cinquantaine ou la soixantaine. Tous l’ont fait après avoir fait la plupart de leur carrière dans les ventes d’armes internationales, ou à l’exportation de services de sécurité et d’équipements en provenance d’Israël. Ils ont servi dans le Forces de défense israéliennes et ont atteint les rangs de niveau intermédiaire (de capitaine à lieutenant-colonel), et quand ils ont été arrêtés, ils ont nié les accusations. Les amis qui leur sont venus en aide les ont décrits, naturellement, comme « le sel de la terre. Tous les sept sont des visages familiers dans les couloirs des établissements de défense, et en même temps ont reçu des permis d’exportation d’armes du ministère de la Défense. Tous ont cherché à « accélérer les procédures » en violation des locaux ou lois internationales », et l’ont fait par pure cupidité.  En raison de cette convoitise, ils sont également tombés dans des pièges et peuvent s’attendre à faire face à de nombreuses années en prison ».
 
Il n’empêche, grâce notamment à ces amitiés gouvernementales, que Shimon Naor a pu agir longtemps en toute impunité et a bénéficié d’une certaine chance à vrai dire et d’un excellent avocat. « Naor a bénéficié à plusieurs reprises de protections haut placées : « eh bien, en 1999, Naor a été arrêté et condamné à sept ans de prison par les tribunaux roumains pour son rôle dans le commerce illégal des armes. Le vice-ministre israélien de la défense de l’époque, Ephraïm Sneh, a bien essayé d’aider Naor, mais les roumains ont refusé de le libérer. En fin de compte, Naor a réussi à obtenir une libération sous caution et a alors fui en Israël.  En Roumanie il a été condamné à sept ans de prison par contumace et est toujours considéré comme un fugitif par la justice. Et devinez quoi ?  Naor est encore considéré comme étant dans la vente d’armes. »  Naor, condamné en fait à 11 ans de prison (plus un rajout de 6 ans en 2008 pour d’autres faits délictueux) et ayant réussi à s’échapper grâce à un artifice juridique découvert par sa défense… s’est fait à nouveau arrêter le 9 mai 2010, mais en France, à Paris, cette fois, et assez récemment donc.  Depuis, impossible de trouver des infos sur son extradition supposée vers la Roumanie, réclamée depuis par les autorités roumaines.  En novembre 2004, la France avait exprimé son vif désaccord avec les ventes d’armes d’Israël à la Côte d’Ivoire, qui mettaient en danger les troupes françaises là-bas.  De Naor, on a aucune trace à ce jour dans la presse française… et personne n’avait relevé une chose à son sujet :  en décembre 2004, Naor avait été arrêté en Jordanie, avait-on dit, pour trafic d’armes :  que faisait-il donc libre, en France, en 2010 ?
Voilà donc ce qui avait été écrit il y a huit ans déjà, à l’exception de quelques lignes que je vous propose de découvrir dans le prochain texte.  Nous ferons alors un tour chez le grand ennemi d’Israël, à savoir l’Iran, qui n’est pas resté les bras croisés depuis, on s’en doute, et qui est d’ailleurs, on va le verra, une des solutions possible à notre problème toujours pas résolu.  On l’a vu depuis plusieurs épisodes, la disparition de l’appareil est une affaire complexe mêlant plusieurs pays, dont ceux qui ont participé aux recherches, avec plus ou moins d’allant comme on a pu le voir, ou plus ou moins de dissimulation, comme on a déjà pu le montrer.  Car on cache quelque chose, et ce quelque chose ressemble de plus en plus à un trafic d’armes dissimulé, qui aurait mal tourné donc.  Ghyslain Wattrelos a raison de le clamer: derrière la disparition de 239 victimes, se profile une affaire mêlant des militaires… qui se sont passé le mot pour taire ce qu’ils savaient eux-mêmes de l’affaire.  Ce n’est déjà plus un secret d’état : c’est un secret partagé visiblement par plusieurs Etats, ce qui explique aussi son caractère inextricable.  Et la difficulté à la démêler. Il nous faudra une bonne paire d’épisodes pour démêler tout ça, et découvrir avec un certain effroi la circulation actuelle des armes dans le monde.  Un dossier… effrayant !
(1) Les missiles promis par Bout étaient des engins sol sol 9K111 et 9K111-B appelés  Fagot ou Spigot, à guidage  optique et thermique, par l’Otan. Une version portable (manda) existe, sous forme de long bazooka.  Bout aurait promis des missiles Igla sol-air bien plus redoutés.
(2) selon le journaliste Vincent Pauvret, ce sont « des hauts gradés du KGB ou du GRU qui, à la chute de l’URSS, auraient décidé de vendre pour leur propre compte une partie de l’arsenal de l’armée soviétique et qui, pour ce faire, auraient choisi Bout comme intermédiaire « …  Selon lui toujours « Le rapporteur onusien écrit qu’à l’époque Bout était le gendre d’un certain « Zuiguin » qui a « occupé une position élevée au KGB, peut-être même celle de directeur adjoint », et que cette alliance expliquerait sa fulgurante ascension. » « Le think tank américain Stratfor suggère que ce puissant protecteur ne serait autre que le bras droit de Poutine, celui qui partageait son bureau à la mairie de Saint-Pétersbourg au début des années 1990, un homme dont le « leader national » a fait son vice-Premier ministre et auquel il a confié la gestion de toute l’industrie du pétrole et une partie du commerce légal des armes : Igor Setchine, le mystérieux chef du clan des « siloviki » (les hommes à épaulettes) ».  Setchine étant aussi le directeur de la firme Rosneft.
(3) c’est une aurez longue histoire, qui avait eu comme point de départ l’explosion phénoménale du dépôt de munitions post-soviétique de Gerdec:  deux lascars s’y étaient approvisionné sans vergogne pour répondre à une offre du Pentagone pour fournir des millions de balles aux Kalachnikovs de l’armée afghane alors en cours de formation.  L’histoire, ahurissante, m’avait occupé une bonne paire d’épisodes. Au final c’est devenu un film hilarant, beaucoup plus proche de la réalité qu’on le pense :  Dog Wars, de Todd Phillips, sorti en 2016.  Efraim Diveroli est joué par un très convainquant Jonah Hill.
sur Diveroli et Gerdec on peut relire ceci :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cargos-de-nuit-vague-no-8-44660

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/en-afghanistan-les-americains-56392

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/viktor-bout-et-les-usa-ou-mickey-82917

(4) je pensais à l’époque que le Pentagone avait été vacciné par cette histoire rocambolesque… la suite va nous montrer que non, hélas !
(5) l’article est paru le 6 novembre 2009.
(5) son Yacht aux cheminées bien distinctes, appelé Nabila, est devenu la propriété de… Donald Trump après avoir été celle du Sultan de Brunei. Acheté 100 millions le yacht était parti à 29 millions seulement en 1987 pour devenir le Trump Princess. Il le revendra en 1991 20 millions au Prince al-Waleed bin Talal, après avoir dépensé 10 millions pour le redécorer. Il s’appelle désormais le  Kingdom 5KR. Lire ici le dossier sur ce fameux yacht.
(6 et 8) on retrouve à la manœuvre à Ostende pour Kabila le transporteur d’armes David Tokoph dont je serai amené à reparler très bientôt ici-même : « en mai 1996, le conseil d’administration d’Aero Zambia a décidé d’ouvrir une succursale à l’aéroport d’Ostende, mais a déménagé en août 2003 de l’aéroport au centre de transport d’Ostende où le marchand d’armes russe Victor Bout a commencé en 1995 affaires (voir plus loin). Officiellement, les activités de la section d’Ostende devaient rester confinées à la représentation de la société en vertu de la loi zambienne en Belgique et en Europe. C’est l’agence d’Ostende qui, fin mai 2000, avait reçu l’ordre de la firme bruxelloise Demavia d’organiser le transfert par avion des quatre hélicoptères à destination de Laurent Kabila ». David Tokoph, fervent partisan de George Bush Jr et actuel propriétaire du F-100 Super Saber Fighter, basé à El Paso, est toujours très actif dans le secteur aérien, puisqu’il a repris en août 1997 le siège de Johannesburg. société basée, Interair South Africa, avec son frère Gary installé en tant que vice-président de la société ».  Le Boeing de Santa Lucia avait comme assistant celui de Seagreen, société appartenant aussi à Tokoph.
(7) à gauche sur la photo c’est le développement d’un invention américaine, la roquette de type SLUFAE, qui deviendra plus tard l’arme reine en Syrie sous le nom de Volcano. Son histoire figure ici :
http://www.centpapiers.com/texte-paru-2014-a-lorigine-attaques-gaz-syrie-guerre-iran-irak-a/
http://www.centpapiers.com/texte-paru-2014-a-lorigine-attaques-gaz-syrie-guerre-iran-irak-b/
http://www.centpapiers.com/texte-paru-2014-a-lorigine-attaques-gaz-syrie-guerre-iran-irak-c/
voir ici les photos des attaques par Volcano
https://imgur.com/a/1nziC#IBMoG0v
(9) La firme, on l’a retrouvée depuis en Libye !!!  Faisant du lobbying pro-américain !   « La société de conseil basée à Montréal, Dickens & Madson, a divulgué auprès du ministère américain de la Justice de figurer sur la liste du gouvernement de Tobrouk-Libye en qualité de client.  Le document de la « Foreign Agents Registration Act -Loi sur l’enregistrement des agents étrangers » (FARA), récemment déposé, stipule qu’à la fin de 2015, la société a accepté un contrat de 6 millions de dollars pour agir au nom de la Chambre des représentants, du président Agilah Saleh Issa, d’Abdulrazek al-Nadhouri, de Khalifa Haftar, et de Murad AM Elshrif. Les services à fournir incluent les services de médias et de relations publiques, faisant pression sur le gouvernement américain. Elle a également reçu une aide de 500 millions de dollars en matériel de sécurité et en appui technique de la part de la Fédération de Russie. Dickens & Madson est la propriété de Ari Ben Menashe, d’origine iranienne, un ancien membre du renseignement militaire israélien. L’adresse de la société est répertoriée chez Traeger Resources and Logistics, une autre société contrôlée par Ben Menashe.  En 2014, Dickens & Madson a remporté un contrat 2 millions d’une compagnie « supervisée par le gouvernement de la Libye à Tripoli (GNC) » pour faire du lobbying en faveur des Etats-Unis et d’autres gouvernements pour soutenir le gouvernement libyen au dehors du GNC ».
sur les mercenaires, lire ceci
Supplément sur Naor :
Shimon Naor était un contre-amiral de la marine israélienne. « Il était lieutenant-colonel dans la flotte militaire israélienne et commandait 14 navires de guerre pendant 24 ans » note Wikipedia. Voici ce que j’en ai dit ailleurs : « La Roumanie donne également à Viktor Bout l’occasion d’ouvrir d’autres portes. Parmi les russes expatriés, beaucoup deviennent citoyens israéliens. Dans ces nébuleuses, les membres des mafias de l’ex-URSS, devenus ressortissants israéliens, sont de plus en plus nombreux. Shimon Naor est ainsi suspecté par la Roumanie, son pays d’origine, d’avoir frauduleusement alimenté en armes le Burkina Faso et le Togo entre 1996 et 1999” note Fanny Pigeaud de RFI. Israël, fort demandeur en armes de toutes sortes, a en effet déjà un pied dans la place : Un exemple en est l’activité de la société israélienne Romania Emtam, qui a tenté d’exporter en Israël plus de 3 000 lance-flammes adaptables sur armes automatiques qui avait été illégalement fabriqués en Roumanie. Afin d’obtenir la licence d’exportation, les lance-flammes avait été étiquetés comme pièces de tour industriel”.  Viktor Bout est évidemment à l’affût.  Son partenaire israélien en Roumanie, l’amiral Shimon Naor, un ami de l’ex-président roumain Emil Constantinescu, le fait entrer dans l’arsenal de Romtehnica, et les entreprises roumaines de Defense. Les cigarettes embarquées selon les papiers à bord de l’avion d’Air Sofia, seront en fait, des fusils et des munitions chargés à Bucarest-Otopeni pour une destination sous embargo en 1998 (la Sierra Leone). Qui est Naor Shimon ? Ou plutôt, qui est le lieutenant-colonel Shimon-Hershkovitz ? C’est Ha’aretz qui l’explique, dans le contexte des scandales de corruption au ministère de la Défense israeilien (…)… Après sa sortie des Forces de défense israéliennes, Naor Shimon est devenu un marchand d’armes pour plusieurs entreprises israéliennes. Il sera arrêté en Roumanie au mois d’août 1999 sur la suspicion de vendre des armes roumaines, au moyen de faux documents (ceux des certificats de l’utilisateur final, qui indiquent que les armes étaient à destination au Togo à la guérilla de Jonas Savimbi), violant ainsi les sanctions de l’ONU sur les ventes d’armes à l’Angola”. Naor, arrêté en Jordanie en 2004 et condamné en 2006 à 11 ans de prison recevra six années de plus pour activités criminelles. Mais il avait réussi à s’enfuir, grâce à l’imbroglio de la justice roumaine. Fuyard, la France l’a retrouvé en mai dernier : Bucarest a demandé samedi aux autorités françaises le transfert d’un ressortissant roumano-israélien condamné à onze ans de prison pour trafic d’armes et arrêté en France.  Selon les autorités roumaines, Shimon Naor, âgé de 60 ans et recherché depuis 2006, a falsifié plusieurs documents de transport” obtenant une licence d’exportation d’armement et de munitions dans des pays soumis à un embargo”.  Selon l’agence de presse Mediafax, les armes auraient été transportées au Nigeria et en Érythrée. M. Naor qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, avait été arrêté en août 1999 et libéré pour des raisons procédurales. Il avait aussitôt fui la Roumanie mais a été jugé par contumace (ROMÂNIA LIBERĂ)” nous apprend l’ambassade de France en Roumanie”.  Dans la presse, rien sur le personnage.  En mars 2007, Air Sofia avait été interdite de vol et s’était aussitôt mue en United International Airlines, une compagnie…serbe, disposant de 5 vieux Antonov 12 (YU-UIA. YU-UIB, YU-UIC, YU-UID, YU-UIE).  Le commentaire de la tout première photo est  « Un avion-cargo Antonov 12 décolle d’une piste en Afrique centrale. Ce type d’avion a souvent été utilisé pour livrer des armes à des zones de conflit faisant l’objet d’un embargo dans de nombreux endroits du monde. » (photo Guy Tillim).
et cela
référence :
https://www.amnesty.org/download/Documents/36000/act300152010fra.pdf
Dedans il y a une enquête menée contre la France et le transport d’armes via les avions d’Air France  (les passagers d’Air France ont aussi été pris en otage dans ce type de transport dangereux !): « D’après les documents de transport, la cargaison a été transportée à bord d’un vol passager régulier assuré par Air France (numéro de vol : AF2687), au départ de Sofia et à destination de l’aéroport Charles de Gaulle, à Paris. Elle a ensuite été acheminée jusqu’à Nairobi à bord du vol KQ 8002, le 24 septembre 2008. La destination finale indiquée sur les documents de transport était Kigali. La lettre de transport aérien mentionnait aussi comme responsable de la gestion de la cargaison une société sud-africaine. (Ci-contre la lettre de transport aérien Air France n° 057-10679933, en date du 19 septembre 2008, où apparaît le transport d’armes depuis Sofia vers Paris, la destination finale étant Kigali). Les informations dont on dispose tendent à prouver que les sociétés française, bulgare et sud- africaine ont agi dans le respect de la loi. Toutefois, les gouvernements bulgare, français et kenyan, qui ont autorisé l’exportation et le transit de cette cargaison via leur territoire se sont montrés incapables d’empêcher un transfert manifestement irresponsable d’armes. En ce qui concerne la France, les mécanismes institutionnels appropriés ne sont pas en place. La France, tout comme la Belgique, a joué un rôle de premier plan dans les efforts multilatéraux visant à incorporer les transporteurs dans les mécanismes d’octroi de licences pour les transferts d’armes. Sur l’initiative des autorités françaises et belges, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’Arrangement de Wassenaar, régime de contrôle des transferts d’armes auquel la France est partie, ont adopté en 2007 et en 2008 les « meilleures pratiques pour prévenir les transferts déstabilisants d’armes légères et de petit calibre par la voie du transport aérien »
On peut aussi se plonger dans ce rapport :
https://www.researchgate.net/profile/Sergio_Finardi/publication/260518753_The_Arms_Flyers_Commercial_Aviation_Human_Rights_and_the_Business_of_War_and_Arms/links/0c960531817c9defe6000000/The-Arms-Flyers-Commercial-Aviation-Human-Rights-and-the-Business-of-War-and-Arms.pdf

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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