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MH370 (42) : l’armée de Prince

Dans l’article précédent, on a vu qu’Erik Prince étendait son empire sur plusieurs pays d’Afrique, aidé par un groupuscule dans lequel s’activent pas mal d’africains du sud, des blancs nostalgiques d’une autre époque, il semble bien.  Sa flotte d’avion grandissante en étant l’apparence la plus évidente (j’y reviendrai avec quelques pièces mémorables truffées d’électronique).  Parmi celle-ci un avion fort particulier, prisé par les Emirats (sous la même forme mais un autre marque) : un ancien avion d’épandage devenu avion d’attaque au sol à bas coût.  Cela, mais aussi des armes plus conventionnelles, obtenues par des canaux tortueux et également une activité de services de sécurité fort particuliers, puisqu’on a pu les croiser en train de donner un coup de main à un dirigeant qui n’en était pas encore à ce moment-là à vouloir dépecer un opposant, mais qui souhaitait déjà s’imposer par la force en son royaume.  Des princes réputés pour leur plus grande ouverture d’esprit en avant fait les frais… rappelez-vous la séquence mémorable de ces milliardaires dormant à même le sol ou sur un vil matelas dans la salle d’entrée d’un palace…

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici.

 

Les moyens aériens supplémentaires, les sud-africains premiers arrivés

Les premiers arrivés pour prendre leur part de gâteau ayant été ceux de Sterling Corporate Services, avec une équipe de vieux briscards du mercenariat, des africains du Sud comme on en avait pu en voir autour de Kadhafi, le rapport de l’ONU S/2012/544 de montrer, à l’intérieur du fameux Beechcraft, la fine équipe de dirigeants, qui comprenait Lafras Luitingh, Nicolas “Nic” Van Der Bergh, François “Frans” Eugene Fourie, Lood Pepler et “Major” Botes:

Une photo aérienne du Camp de SCS Sterling Corporate Services/Saracen  montrait aussi l’arrivage de moyens neufs, autres que les simples Toyotas ou les camions russes : des moyens aériens, comprenant le fameux Beechcraft devenu tout blanc, mais aussi un Antonov AN-26 immatriculé EK-26878 et également un autre appareil inattendu : un Dakota BT-67 revu par Basler, le ZS-MFY, parqués tous les trois à côté de leur fameux camp. Le DC-3 venu de Pretoria détonait (bien que la CIA l’utilise toujours également, comme on a pu le voir en Libye, notamment, avec un résurgence étonnante d’Air America, mais c’est plutôt le nom de sa société qui avait surpris : il était inscrit chez « New Order Vehicle Sales » (en Afrique du Sud).  Selon le rapport, «cette société, établie en Afrique du Sud le 22 septembre 2009, est propriétaire du Douglas Aircraft Corporation DC-3T depuis le 11 mars 2010.  L’avion, immatriculé en Afrique du Sud et immatriculé ZS-MFY, est actuellement basé au camp SCS, à l’ouest de Bosaso. Selon les données du CACAS, cet avion est exploité par Khalid Air et a voyagé d’Entebbe à Bosaso le 6 mai 2012, puis a fait un vol aller-retour pour se rendre à Eyl et Bosaso le 11 mai 2012 ».

Mais il n’y avait pas que ces trois là d’arrivés sur place. Le navire océanographie Eaton avait apporté aussi autre chose sur son pont : deux hélicoptères « Alouette III », bien reconnaissables, immatriculés respectivement ZU-RFC et ZU-RFD (une Alouette sud-africaine, ex SAAF 645), photographiées ici le 4 mars 2011 à Port Victoria aux Seychelles , lors de leur voyage d’arrivée.

Les crops dusters d’attaque au sol d’Erik

Une prise de vue du 20 octobre 2014 de la base de la base de Bosaso, nous montre le vieux Dakota à turbines, mais aussi dans un hangar, dont le toit n’est pas entièrement recouvert (et ne l’est toujours pas), deux avions particuliers, des monomoteurs à ailes basses bien rectangulaires ressemblant à des « crop-dusters » bien connus : deux avions « made in Prince » : des clones du Iomax Archangel, avions d’attaque au sol basés sur le Thrush AT-802, mais cette fois au point par l’équipe de Prince en Autriche en mai 2014, sur la base du Thrush AT- 510G. Les deux autres firmes produisant un avion similaire étant Ayres (avec l’Ayres V-1-A Vigilante) et Air Tractor  avec son Block I Border Patrol Aircraft, devenu plus tard Iomax Archangel (les deux ayant été dessinés par Leland Snow, le nouvel avion étant un dérivé du Thrush S2R-660; visible ici). Depuis on peut ajouter le L3 Longsword dans la même niche d’avions « adaptés ».

Les avions ne sont pas gris foncé (comme les Iomax Archangels des Emirats), mais gris clair avec une bande noire anti-reflets bien visible sur Google Earth. Mis au point par un vieil associé de Prince, Christiaan “Serge” Durrant, avec l’aide de Kristof Nagl, le responsable financier d’Airborne Technologies (société dirigée par Wolfgang Grumeth), qui avait eu l’idée au départ de faire du Thrush une plateforme d’ISR (avec une « boule » L3 fixée à l’avant (ici à droite). Prince voulant lui faire du même avion un avion d’attaque au sol, comme l’Archangel. Pour le fabriquer, Prince et lui avaient créé une société écran Bulgare appelée LASA Engineering Ltd (pour Light Armed Surveillance Aircraft), l’idée étant d’en faire un produit rentable d’exportation.  Le nom de Prince pouvant faire hésiter la clientèle, il fallait les lancer sous un autre nom.  C’est un ancien associé de Viktor Bout, Peter Mirchev, un vendeur d’armes bulgare connu, de KAS Engineering (cité dans les Panama Papers), qui fera le lien avec l’usine Arsenal de Kazanlak où seraient effectuées certaines modifications sur les avions agricoles de départ, dont notamment des pylônes sous les ailes pour emporter des bombes, pour les transformer en armes redoutables (d’autres avaient eu la même idée comme on l’a vu, mais en les déclarant comme avions armés désormais ce que n’avait pas fait Prince). Auparavant, Mirchev, présenté comme proche de Viktor Bout, l’avait été surtout dû aux  articles de Nicholas Schmidle, celui qui a avait raconté partout la fine épique de Ben Laden avec forces renseignements douteux. Une liaison qu’un autre journaliste (George Mapp) a remis fortement en question ici.  Cependant, Mirchev est aussi cité brièvement dans  « Operation Relentless: The Hunt for the Richest, Deadliest Criminal in History » de Damien Lewis; à propos de ses liens avec Viktor Bout. Finalement les appareils le seront, modifiés, mais à Sofia même.  Les deux premiers Thrush 510G « crop duster » étaient venus d’Albany (en Georgie).

C’est à croire qu’Erik Prince ne sait s’entourer que de gens douteux. Comme supporter du projet auprès de Prince, on trouvera en effet également Zachary Botchev, de Rossylin Capital Partners, un businessman américain ayant fait fortune dans la tuile de céramique en Bulgarie (il est actionnaire du groupe KAI), et d’une compagnie appelée Aviotech (www.aviotec.eu/en-nachalo) qui fait dans la maintenance de petits avions légers (comme l’ULM Icarus C42) ainsi que dans Avio Delta Ltd à Sofia, qui propose des vols sur Cessna Citation CE-525 pour 2000 dollars de l’heure. Bref une société bien trop petite pour se lancer dans la production d’avions de guerre. En réalité, toute la piste bulgare était un vaste plan pour égarer les enquêteurs suivant de trop près les activités de Prince (ou celles de la CIA…). Bortchev étant lui-même un repris de justice en fait, aux USA : « Dans la note de service adressée à Prince dans laquelle il exposait le plan de création de LASA (pour Light Armed Surveillance Aircraft), il indiquait que Botchev fournirait des contacts locaux en Bulgarie pour les licences d’exportation et les «produits». Il avait également pour tâche de sélectionner le directeur général de LASA. C’est Botchev qui a organisé la visite de Prince dans l’usine d’armement en Bulgarie. Botchev est un criminel reconnu coupable avec un mandat d’arrêt pour son arrestation aux États-Unis, selon les dossiers du tribunal. Il a été reconnu coupable de cambriolage pour délit de vol de dossiers commerciaux par un employeur du Texas alors qu’il vivait à Dallas dans les années 1990. Botchev a violé les conditions de sa probation et a fui les États-Unis. Selon les documents déposés par LASA auprès du gouvernement bulgare, son adresse officielle et son numéro de téléphone sont les mêmes qu’une compagnie d’aviation bulgare, contrôlée par Botchev, qui revendique un «partenariat étroit» avec Airborne. Sur le site Web clairsemé de LASA, l’e-mail de contact est envoyé à une adresse de vente de la société Botchev. Les documents fondateurs de LASA et d’autres formulaires déposés auprès du gouvernement bulgare ne mentionnent pas les avions de Prince, d’Airborne, de FSG ou de Thrush. Sur le papier, LASA a été créée par un consortium d’entreprises liées à Botchev qui ont partagé une poignée d’adresses et de numéros de téléphone communs. Les associés de Botchev, qui peuplent un réseau trouble de sociétés bulgares, représentent 100% de la propriété et de la gestion de LASA. Parmi les adresses fournies au gouvernement bulgare par LASA et d’autres sociétés affiliées à Botchev, se trouvent un bâtiment recouvert de graffitis à Sofia et un bureau dans un centre commercial défraîchi. Dans ses dépôts, LASA a décrit ses activités en tant qu’ingénierie en Bulgarie et à l’étranger, obtenant des licences, le courtage en technologies, le commerce national et extérieur, «ainsi que toute autre activité commerciale non interdite par la loi». Il n’a pas été question d’armement ou de modification d’aéronefs (…) Selon ses rapports financiers de 2014 en Bulgarie, LASA a versé moins de 5 000 dollars en salaires. Un officier du FSG impliqué dans l’examen a déclaré que LASA ressemblait à une « société de papier ». Prince et ses adjoints étaient « délibérément vagues », a expliqué l’agent, expliquant la nature des modifications et des tests supplémentaires et expliquant la nécessité d’embaucher LASA ». Le premier avion modifié sera finalement envoyé directement en Somalie, en passant par Malte ou un spotter à l’affût ne l’avait pas raté : il portait une immatriculation faite à la va-vite avec du ruban collant en T7-SAW, sous le nom de société bidon  de « Global Geo Survey« …L’immatriculation en  » T7  » étant celle de la République de Saint-Marin !!! L’idée était aussi de le proposer ensuite au Sud-Soudan, pour l’envoyer à Juba, et le montrer à Salva Kiir, devenu président du pays, aussi dévot catholique que Prince peut l’être, et qui souhaitait alors monter un nouveau groupement armé, appelé Frontier Services Group (FSG) avec l’aide cette fois de chinois, une société créée en 2013 (ici à gauche son Antonov 26-100 UR-MDA; ex Meridian). Le projet soudanais s’appelait « Iron Fist » et il avait été évalué par Prince à 300 millions de dollars, pour être accompagné d’hélicoptères Mi-24 et MI-17, mais aussi d’un Antonov 26 de deux Augusta Bell 412 et d’un Cessna Caravan équipé de caméras, de 600 bombes, 3 500 roquettes, 7 500 mortiers, plus 30 millions de balles comme munitions, en plus des deux Thrush modifiés ; mais il ne se fera pas au final. Le contrat pas finalisé, les deux avions terminés d’Erik Prince, on les retrouvera dans un hangar… ougandais (ici à droite).  On remarquera à peine que chez FSG, une éminence de l’armée américaine faisait (discrètement) partie du conseil d’administration :  il s’agit de l’amiral à la retraite William J. Fallon, longtemps à la tête de l’U.S. Pacific Command, jugé conciliant alors avec… les chinois et ayant critiqué ouvertement Georges W.Bush, ce qui lui avait coûté son poste en fin de carrière.  Il est resté d’avril 2014 à avril 2016 chez FSG : encore un bel exemple de la redescente directe des milliaires de haut rang dans le marigot financier des fabricants de guerre civils. Je ne vous rappelle pas les photos d’un Colin Powell paradant en Corvette, vous les connaissez déjà…. cela paie, il semble, de balader de fausses fioles à l’ONU !

L’armée de mercenaires de l’émir 

L’armée secrète des saoudiens, forte de tous ces moyens terrestres ou aériens, était donc alors  prête.  C’est ainsi qu’on la présente : »Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a créé une armée spécialement formée appelée «Al-Saif Al-Ajrab», forte de 5 000 hommes, avec l’aide de la société de mercenaires américaine Blackwater, selon un rapport des sites d’informations saoudiens Sabq et Al-Marsad. La force, composée de 5 000 soldats, a été créée sous les ordres du roi Salman bin Abdulaziz, qui a accédé au trône en 2015. Les combattants de la force de Bin Salman sont triés sur le volet après avoir suivi un entraînement militaire de haut niveau et relèvent directement du prince héritier. La brigade, qui joue le rôle d’armée privée de Salman, tire son nom de l’épée utilisée par le fondateur du second royaume, Turky bin Abdullah bin Muhammed al-Saud. L’arabe Al-Saif al-Ajrab se traduit grossièrement par «l’épée rouillée de sang». Après que le roi Salman bin Abdulaziz a accédé au trône en 2015, une étroite coopération s’est instaurée entre Riyad et les Émirats arabes unis et une force spéciale composée de mercenaires a été créée ».

L’appui d’un bien jeune et étrange fournisseur

Un groupe armé qui est allé se fournir en armement chez un bien étrange personnage. « La force, créée avec l’aide d’Eric Prince, fondateur de la société de mercenaires Blackwater, joue un rôle actif au Yémen. On dit que la création d’une force spéciale directement liée au prince héritier saoudien a été lancée à la suite d’une rencontre entre Mohammed bin Salman et son ami proche, le prince Zayed, des Émirats arabes unis ». L’article ajoutant que  « Mr. Prince travaille depuis des années avec un ancien agent du FBI, Ricky Chambers, connu sous les initiales C. T. C’est avec lui qu’il a entrepris de débaucher discrètement des mercenaires américains opérant en Afghanistan, en Irak et dans d’autres points chauds, en leur faisant miroiter des rémunérations dépassant parfois les 200 000 dollars [136 000 euros] par an. En quête de soldats, ils ont également fait appel à Thor Global Enterprises (www.thorgdg.com), une société basée sur l’île caribéenne de Tortola et spécialisée dans “l’affectation de combattants dans des équipes de sécurité privées à l’étranger”. Cette autre société mérite qu’on s’y arrête un peu.  Elle est présidée par le bien jeune Larry R. Knesek, ici  à droite et avec une publicité de lui ici à gauche – qui officie aussi sous son propre nom, KGI-  Elle fabrique aussi des armes, tel le M408 de calibre.50, le « ultimate in long range precision »,  vendu 14 600 dollars pièce (?) ou le M308 un autre fusil de Sniper) . « En quelques mois, de vastes aires ont été aplanies au bulldozer dans le désert des Emirats et des baraquements y ont été édifiés. Les Emirats devaient procurer armes et équipements aux mercenaires, des fusils M-16 jusqu’aux mortiers, des poignards Leatherman aux Land Rovers. Ils ont également accepté d’acheter des parachutes, des motos, des sacs à dos – et 24 000 paires de chaussettes » (arrivées par les fameux Antonov comme on l’a vu). Thor Global Défense Group (Thor GDG) est une société passionnante, il n’y a pas :  elle affirme posséder en effet une division russe, Thor Russia ! Dans une publicité sans vergogne, le (très) jeune patron annonce ici à droite qu’il vient d’obtenir des munitions russes par caisses entières, dont il montre la photo, en 7,62x39ou 67, 62×54… ainsi qu’une « nouvelle ligne de fusils TR-16 »… Bref, un autre Diveroli encore !!!  Incroyable !!!  Un Diveroli fort semblable : dans cet échange de mails d’un client mécontent, on découvre qu’il se présentait aussi comme président de « NWA Tactical » comme société… « He is a known shady person » pouvait-on lire, avec ici aussi sa description comme « Knesek Gun Shell company« . La firme vent également des caméras FLIR pour le marché civil !!!  Et son patron adore se filmer en train de tirer au très gris calibre à grande distance, exactement comme Efraïm Diveroli le faisait avec les armes qu’il vendait… (ici à droite).  Mais le 2 mai 2018, la société Thor va faire en revanche la une des journaux pour une autre chose, avec un raid de masse décidé sur le site de Van Buren par le Homeland Security, pour, selon le peu d’informations qui a fuité , « vérifier les papiers » de ceux qui y travaillaient. Cherchaient-ils à savoir les méthodes d’approvisionnement (russes ?) tant vantées par Knesek ?

Drôle de fournisseur et étrange demande

Le raid de Van Buren allait s’expliquer quelques jours plus tard : selon le reporter de Buzzfeed, Aram Roston, la société aurait cherché à obtenir des stocks en quantité importante de napalm !!! « livrables tous les deux mois, » selon ses courriels ! « Roston dit également que Thor a fourni des armes à feu à la CIA et à des forces spéciales de l’armée américaine, bien que l’article ne fournisse aucune preuve directe de cette relation. Davis ne dit pas non plus si la CIA était le client de la tentative d’achat de Thor pour le napalm. Davis a déclaré que l’avocat de Little Rock, Graham Catlett, représentait la société. Lorsque Catlett a joint le téléphone, il ne pouvait commenter aucune affaire concernant ses clients, ni confirmer qu’il représentait ou ne représentait aucune société en particulier ». A qui donc pouvait être destiné ce napalm ??? Etait-ce une demande de la CIA ? La dernière fois que l’on en avait entendu parler c’était en 2012 et 2013… en Syrie, à Alep, via un reportage terrifiant de la BBC. En 2018 encore, on citait ces bombardements incendiaires. Mais selon le New-York Times lui-même, les USA en Syrie auraient aussi bombardé au phosphore blanc et au napalm les terroristes de Daesh.  Mais aussi au Yemen, où des vidéos de bombardements de l’UAE montraient son usage (ici à gauche). Les bombes bannies trouvent toujours acheteur, à ce que qu’on peut voir, hélas !

Autre responsabilité des hommes de Prince

Les mercenaires d’Erik Prince ont joué récemment un tout autre rôle.  Souvenez-vous, les photos ahurissantes d’émirs flamboyants posant jadis dans leur trône à bord d’Airbus 380 (ici à gauche) réduits à l’état de campeurs désargentés sur des matelas à même le sol, prisonniers dans un hôtel somptueux, le Ritz Carlton de Riyad, retenus par un héritier impulsif (1) dont on vient de comprendre tardivement les méthodes violentes avec lesquelles il envisage de prendre désormais les rênes du pays. « Des responsables saoudiens ont engagé des sociétés de sécurité privées américaines des Émirats arabes unis pour interroger et torturer des princes et des hommes d’affaires milliardaires arrêtés lors d’une purge plus tôt en novembre, a rapporté jeudi le Daily Mail. Selon le rapport en ligne, qui cite une source saoudienne, les interrogatoires menés par les « mercenaires américains » incluaient notamment des coups, des tortures, des insultes de plus d’une douzaine de princes, ministres et hommes d’affaires saoudiens. L’un des prisonniers torturés serait le milliardaire Prince, le prince Alwaleed bin Talal, qui a été suspendu pour « envoyer un message » après avoir été convoqué à une réunion avec le prince héritier. Classé parmi les hommes les plus riches du monde (il pèse en effet 18,7 milliards de dollars !), Al-Waleed est le deuxième actionnaire de Twitter. «  En dehors des hôtels où ils sont détenus, vous voyez les véhicules blindés des forces spéciales saoudiennes. Mais à l’intérieur, c’est une entreprise de sécurité privée ». La source a déclaré que le prince héritier menait lui-même certains des interrogatoires, en traitant les personnes détenues « gentiment  » (ici à droite les deux princes sont ensemble les meilleurs amis du monde). « Puis il quitte la pièce et les mercenaires entrent. Les prisonniers sont giflés, insultés, suspendus, torturés. » Le sous-traitant militaire controversé Blackwater a été désigné comme la société impliquée dans les interrogatoires menés, non seulement par la source mais également par les médias sociaux arabes et le président libanais Michel Aoun »... A savoir « qu’en décembre 2015, il s’en était vivement pris à M. Trump pour avoir proposé, alors qu’il était en campagne pour les primaires républicaines, d’interdire aux musulmans d’entrer aux Etats-Unis. « @realDonaldTrump Vous êtes une honte, non seulement pour le GOP (parti républicain), mais aussi pour toute l’Amérique », avait écrit le neveu de l’actuel roi Salmane. « Le stupide prince @Alwaleed_Talal veut contrôler nos hommes politiques américains avec l’argent de son papa », avait rétorqué M. Trump ». J’ai comme avis que Trump n’a toujours pas digéré le rachat de son yacht par ce même prince… (à droite, les gros bras entrevus à l’hôtel, ceux formés, justement, par Erik Prince).

Erik Prince, ou l’art de rebondir au Mozambique, bien aidé par des… français 

Erik Prince, défait dans ses ambitions en Somalie, avait déjà gardé une autre carte dans sa poche. Discrètement, il avait approché dès 2013 António Carlos do Rosário, le haut responsable des services secrets mozambicains du Servicio de Informaticos and Segurança do do Estado (SISE), qui fort étrangement s’était retrouvé bombardé juste après PDG, des sociétés liées à la mer : ProIndicus  Empresa, Mumbai State Fishing, et Mozambique Asset Gestion, cette dernière étant une société de réparation et de maintenance de navires. Derrière ces sociétés dédiées, à la promotion de la pêche au thon, se cachait une énième armée, une armada navale cette fois. Des bateaux rapides, désarmés, commandés en même temps que des navires de pêche mais qui en un tournemain, comme Prince l’avait fait avec ses avions agricoles, pouvaient devenir des vaisseaux armés jusqu’aux dents. Le Mozambique avait bien achetés des thoniers (ici à droite), mais à court d’argent, il n’avait pu rembourser ses chantiers créanciers, dont un chantier français. Le pays avait en effet contacté a un emprunt de 850 millions de dollars pour l’achat de 24 nouveaux navires de pêche au thon, plus les équipements de défense souhaités par Prince et achetés par ProdIndicus, société à capital privé.  On découvrira plus tard que l’emprunt portait en fait sur 2 milliards de dollars au total !  Dans cet arrangement fort particulier, des français étaient intervenus indique Spiked News:  « Bien que les prêts aient été signés en 2013, le Wall Street Journal a rapporté qu’Iskandar Safa (ici à gauche en costume), un sous-traitant de la défense libano-français, avait fait pression sur le Crédit Suisse pour que le Mozambique accorde des prêts au pays, Privinvest, propriétaire de Construction Mécanique de Normandie, un chantier naval français (ici le rapport d’audit désastreux pour Privinvest). Selon un officier de la marine sud-africaine récemment retraité, Construction Mécanique de Normandie est « à peine connue pour ses navires de pêche. Je pense que les chalutiers mozambicains doivent être les premiers bateaux de pêche qu’ils ont construits depuis de nombreuses années. » L’homme est fort mal renseigné : CMN appartient à Safa depuis 1992 et il construit des choses telles que la Combattante, un intercepteur rapide puissamment armé, qui vient de rafler un marché important pour la marine allemande, avec la MKS 180, grâce aux German Naval Yards de Kiel (de Prinvinvest) associé à BAE System, à la barbe des chantiers du pays, pourtant réputé mais dont la dernière production, la frégate F-125, s’est montrée défaillante. Sur son site, Privinvest se présente en effet comme un « world leader » en matière de construction navale…. en ventant le « Sailing Yacht A” comme modèle, mais en en montrant un autre (le voilier est le plus grand du monde, construit par Nobiskrug GmbH, une filiale de Privinvest Group (www.privintest.com). Son patron, Ikander Safa, est un libanais, un chrétien maronite, ancien leader nationaliste de la milice chrétienne des Gardiens des Cèdres, très lié au sulfureux Jean-Charles Marchiani (et il ont été tous deux été cités dans l’Angolagate).  Aujourd’hui, il est aussi détenteur de Valeurs actuelles, le très droitier magazine d’Yves de Kerdrel (évincé en mai 2017). » Selon Intellligence Online, c’est Safa qui était à l’initiative des prêts  : « par le biais de Privinvest, Safa offre actuellement à différents pays africains des prêts internationaux qui leur permettent de restructurer leurs dettes et d’acheter des navires construits dans ses chantiers. Un premier contrat a été conclu avec le Mozambique et des négociations ont été entamées avec l’Angola et le Congo-Brazzaville. Le développement de son entreprise, qui s’est jusqu’à présent bien déroulé, a toutefois rencontré ses premières difficultés juridiques, qui entravent les activités de financement du groupe. Les activités africaines du « seigneur des mers Safa » ont été examinées ces derniers mois par la Securities & Exchange Commission (SEC). Parallèlement, depuis décembre 2016, il est impliqué dans une procédure d’arbitrage devant la Chambre de commerce internationale (CCI) pour ses activités en Grèce ». Une fois l’argent consenti par les banques, la construction des bateaux pouvait être lancée. « Quoi qu’il en soit, avec le prêt consenti, le chantier de CMN a été embauché pour construire les navires de guerre et 24 navires de pêche. Les bateaux de pêche et les navires de patrouille à grande vitesse sont dûment arrivés à Maputo. Cependant, les prêts étaient si importants qu’il ne restait plus d’argent pour exploiter les navires de pêche, qui sont au port de Maputo depuis des années » . On arrive à un comble, là, car depuis les navires de pêche mozambiquais, arrivés neufs, rouillent effectivement sur place, inutilisés, faute d’argent pour les faire naviguer !

 

Le flop financier du pays entier, et une armada à saisir

L’affaire douteuse (le parlement n’avait pas été consulté pour ces achats) à conduit à un désastre sans précédent pour le pays. « En mars 2016, le Mozambique a fait défaut sur sa dette envers le Credit Suisse et les investisseurs que ce dernier avait recrutés pour le prêt d’emprunt mozambicain pour la pêche au thon au motif que le défaut était que le Mozambique avait déjà emprunté 2 milliards de dollars et non 800 millions de dollars US. la mise à niveau de la flotte de pêche au thon. Le Fonds monétaire international a immédiatement cessé l’aide au Mozambique et de nombreux investisseurs se sont retirés du pays. En quelques semaines, la valeur de la devise mozambicaine, a perdu 40%, ce qui rend encore moins probable le remboursement des prêts. Les négociations entre le gouvernement et les prêteurs ont commencé dans le but de trouver une solution à la crise massive de la dette. Mais le Mozambique n’avait tout simplement pas l’argent nécessaire pour rembourser sa dette. Tout au long de 2016 et 2017, le pays n’a payé que pour couvrir les intérêts. Outre le FMI, de nombreux organismes de bienfaisance et donateurs se sont retirés du Mozambique, laissant le pays dans une situation financière difficile » . Une flotte inutilisée et inutilisable, mais dans laquelle il. y avait de très bons navires de guerre récents. L’occasion était trop belle, pour Erik Prince. A condition de trouver 2 milliards de dollars, un terrain d’entente avec le gouvernement exsangue du Mozambique… « C’est à ce moment-là que Erik Prince et son groupe Frontier Services Group sont venus à la rescousse pour recapitaliser le projet de thon mozambicain et s’occuper de 2 milliards de dollars américains. Les détails exacts de l’accord ne sont pas connus, mais il semble que Prince soit devenu le propriétaire majoritaire de la flotte de thon mozambicaine ainsi que d’une marine prête à l’emploi. L’accord a été signé en décembre 2017, un mois après que le FBI a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’accord avec le Mozambique. BNP Paribas, Credit Suisse et VTB Bank of Russia, le groupe américain Le ministère de la Justice a annoncé que le Mozambique envisageait de financer la transaction de 2 milliards de dollars US de 2013 » (à droite l’énorme trimaran CMN Ocean Eagle d’Ematum, Fabriqué en résine Sicomin, en France).

L’argent provenait de trois sources bancaires, dont une était donc russe, et la même qui s’était occupé d’un autre projet, immobilier cette fois :  « La VTB Bank aurait également négocié avec Donald Trump pour le financement de la construction d’une tour Trump à Moscou. Les négociations entre Trump et VTB ont eu lieu en 2016 – près de deux ans après que le VTB ait été ajouté à une liste d’entreprises russes financées par le gouvernement américain (depuis, Prince a avoué avoir « coopéré » avec Mueller, ce qui risque de coûter gros à Trump, dont Erik Prince a été le grand supporter durant la campagne (2), car ce faisant il a dû obligatoirement citer George Nader, ami sulfureux de MBS, un pédophile confirmé et condamné« Bien qu’Erik Prince ait été signé en décembre 2017, ce n’est que mi-avril 2018 que le Premier ministre du Mozambique, Carlos Agostinho do Rosario, a signé un accord avec le prince du groupe Frontier Services Group pour la recapitalisation a flotte de pêche thonière et reprendrait également la flotte de ProIndicus. A la suite de cet accord, la flotte de pêche thonière appartenant à l’État, anciennement EMATUM, serait renommée TunaMar. Ironiquement, les navires de guerre, bien que beaucoup plus petits que le Les frégates de classe Meko de la marine sud-africaine rendraient probablement le Mozambique plus efficace que l’Afrique du Sud dans la lutte contre la piraterie. Les médias rapportent qu’aucun des trois sous-marins achetés dans le cadre de l’accord d’armes controversé conclu en 1999 avec l’Afrique du Sud n’est opérationnel, alors que deux des quatre frégates achetées en 1999 sont également à quai en attente de réparation. Les navires mozambicains – trois catamarans à grande vitesse armés de tirs mitrailleuses et canons; trois trimarans, armés de mitrailleuses lourdes et de canons; et des drones qui pourraient être armés – équipés de radars de surveillance de niveau militaire et de bateaux pneumatiques semi-rigides ultra-rapides pouvant être utilisés pour lancer des commandos et des groupes d’arraisonnement à partir de navires plus grands. Prince, qui n’est pas connu pour sa pêche au thon, a signé l’accord à un moment où le Mozambique fait face à une aggravation de la rébellion islamiste dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays ». Et voilà comment « le prince Erik » a hérité d’une flotte de guerre d’un pays en faillite. Sans davantage s’occuper des thoniers, dont il n’a cure. Il n’est pas là pour nourrir le pays, mais plutôt pour l’affamer ! (nota : le passage du cyclone Idai en mars dernier ne devant certes pas améliorer la situation ni ce constat).

L’autre ami français particulier d’Erik Prince

Dans l’affaire mozambicaine, un autre personnage était apparu. Celui-là, fervent catholique avait tout eu pour plaire à Prince (2) , l’homme de guerre qui cite la Bible à tout moment dans ses discours ou ses interviews (en photo on a ici de gauche à droite, debout, Erik Prince, et Betsy DeVos (née Prince), et les parents Elsa, et Edgar Prince qui a créé une florissante usine de pièces détachées automobiles à Holland, dans le Michigan, ; et à droite Helen et Richard DeVos avec debout Dick DeVos, le fondateur de cette société par vente pyramidale appelée Amway (dont j’ai parlé ici (3)). Un autre drôle de faiseur de paix, un énième profiteur de guerre en fait. C’est un entrefilet qui nous l’a appris, après que l’on ait su qui était la nouvelle société de Prince, ENH à Hong Kong, en fait une société chinoise en étroite relation avec  Frontier Services group (FSG), d’Erik Prince, ENH appartenant de fait à un groupe d’investisseurs chinois appelé Citic. Un groupe qui s’est rapproché d’un français bien spécial : « ENH Logistics (filiale de ENH, pour Empresa Nacional de Hidrocarbonetos) a récemment fait équipe avec la société franco-américaine Technip-FMC en tant que partenaire minoritaire (49%) par l’intermédiaire de sa filiale Technip Middle East Fzco. La société résultante est ENHL Technip-Fmc Mozambique, qui prévoit de fournir des services d’ingénierie et de gestion de projets à l’industrie pétrolière et gazière (études de faisabilité, conception et services connexes). Une autre entreprise commune a été créée en juin sous le nom de ENHL Bourbon, en partenariat avec Bourbon Offshore Mmi, une société basée à Dubaï, qui exploite une flotte de navires en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Inde. de la société éponyme basée à Marseille et dirigée par un Français basé à La Réunion, Jacques de Chateauvieux. ENHL Bourbon entend fournir des services dans les secteurs du transport maritime et des ports, ainsi que la commercialisation et la gestion des navires, des péniches de débarquement et des plates-formes offshore ». Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer en effet ;  je vous ai retrouvé une affiche du déjà fameux héritier des productions de canne à sucre de Saint-Denis-de-la-Réunion venu raconter sa foi catholique en conférence (lire ici la saga Bourbon) à l’église St-Gervais, le 8 avril 2011. D’armer Erik Prince, ravageur de l’Afrique (4), ne semble pas contraire à cette foi si lourdement affichée. Un catholique pur jus qui parle « d’humanisme chrétien dans la mondialisation » et qui, a trop ne voir que par les voix du Seigneur, semble avoir perdu la foi commerciale ; lui aussi est désormais endetté jusqu’au cou.  A lui de faire la quête le dimanche, désormais…  En bon catholique, il a déjà trouvé une solution, remarquez : celle de « numériser ses navires vieillissants » :  à savoir y mettre à bord encore moins de personnel. Pas vraiment le bon samaritain, le gars, malgré ce qu’on a pu dire de lui :  « Marié et père de six enfants, l’homme ne fait pas mystère de sa foi catholique, pas plus qu’il ne cache son appartenance à l’Opus Dei. Convaincu qu’il a le devoir de « faire fructifier les dons et talents » que Dieu lui a « donnés personnellement », il entend promouvoir un capitalisme à visage humain. »  Il  y a des jours, comme ça, où les mots paraissent bien creux et la foi bien dissimulatrice.  Prince, lui, demeurant un «un agent de la CIA à part entière » selon la presse. Lui, ça fait en effet longtemps qu’il se croit en Croisade… il  y a onze ans, j’en parlais déjà. Le patron de Bourbon n’aime pas du tout que l’on évoque cette fameuse foi :  un article critique des Echos, intitulé «  Patron précaire, mais foi éternelle » paru le 23 novembre 2018, affiche désormais « erreur 404″… pas vraiment le genre à tendre l’autre joue, ce disciple du Christ… qui à la place de son demi-dieu multiplie non pas les pains mais… les pertes. Il ne semble pas non plus savoir marcher sur l’eau mais se « noyer dans la corruption » comme l’a écrit ici Capital (à sa décharge c’est Marc Cherqui qui est visé : celui-ci a été pincé le 19 octobre 2012 à à l’aéroport de Marignane avec des liasses entières de billets en arrivant du Nigeria).  Selon Capital « A tout le moins, ces interrogations sur la loyauté du directeur fiscal attestent de la légèreté avec laquelle le groupe l’aurait laissé agir… » voir ce qui est élégamment dit non ? Le 18 mars 2019, c’est pourtant bien toute la société Bourbon qui devait être jugée à Marseille pour « corruption d’agents publics » dans trois pays d’Afrique, et pas simplement Cherqui ! « Il est reproché au groupe et à ses dirigeants d’avoir, en 2011 et en 2012, fait verser par ses filiales à l’étranger des pots-de-vin avoisinant un total de 3 millions d’euros : 150 000 euros au profit de deux inspecteurs fiscaux au Cameroun pour échapper totalement à un redressement fiscal de 11 millions d’euros ; 400 000 euros à un intermédiaire en Guinée équatoriale, pour ramener un redressement initial de 8 millions d’euros à 44 849 euros et, au Nigeria, 2,7 millions de dollars déboursés au profit de fonctionnaires pour ne payer que 4,5 millions de dollars sur le redressement de deux filiales, au départ fixé à 227 millions de dollars » selon Le Monde.  Mais le procès à peine ouvert, a été reporté : aujourd’hui les avocats comptent plus que les disciples !

(1) Un autre épisode illustre l’impulsivité de MBS, coutumier du fait du prince. « En 2016, Salman a acheté sur un coup de tête un yacht d’occasion pour 550 millions de dollars (500 millions d’euros) : En vacances dans le sud de la France, le prince bin Salman a repéré un yacht de 440 pieds flottant au large de la côte. Il a envoyé un assistant pour acheter le navire, le Serene, qui était la propriété de Yuri Shefler, un magnat russe de la vodka. L’accord a été conclu en quelques heures, au prix d’environ 500 millions d’euros (environ 550 millions de dollars aujourd’hui), selon un collaborateur de M. Shefler et un proche saoudien de la famille royale. Le russe a quitté le yacht le même jour. Le bateau avait été construit en 2007 et lancé en 2011. Son prix était alors de 330 millions de dollars (300 millions d’euros). Le méga-yacht de 330 millions de dollars, dont on sait qu’il appartient an géant russe de la vodka, Yuri Scheffler, a été vu au large de la côte de Venise, en Californie. Après cinq ans de bons et loyaux services, il valait sans doute les deux tiers du prix initial. MbS a payé 250% de sa valeur réelle parce qu’il voulait le bateau tout de suite et parce qu’il en avait les moyens. Un homme de trente ans, qui n’a jamais travaillé pour gagner sa vie, a gaspillé 330 millions de dollars pour un achat impulsif. De l’argent qui appartenait légitimement aux peuples de la péninsule arabe. Et c’est ce type-là qui prétend aujourd’hui vouloir combattre la « corruption » !  Un gigantesque yacht acheté à un marchand d’alcool

(2) « Erik Prince donc, pour en revenir à nos activistes anti-marriage gay, et sa sœur… Betsy DeVos, la femme de l’héritier DeVos. L’homme qui aura réussi la prouesse de dépenser une fortune pour arriver à ne pas se faire élire gouverneur ! Une militante républicaine qui un jour a déclaré ceci  : « ma famille est le plus gros contributeur individuel d’argent mou au parti républicain national … J’ai toutefois décidé de ne plus m’offusquer de la suggestion selon laquelle nous achetons de l’influence. Maintenant, je concède simplement le point. Nous nous attendons à promouvoir une philosophie de gouvernement conservatrice consistant en un gouvernement limité et en un respect des vertus américaines traditionnelles. Nous nous attendons à un retour sur notre investissement; nous nous attendons à un gouvernement bon et honnête. De plus, nous attendons du parti républicain qu’il utilise l’argent pour promouvoir ces politiques et qu’il remporte effectivement des élections.. » Le « retour sur investissements » attendu du gouvernement grassement soudoyé, pour promouvoir son entreprise : Amway, et son image internet Quixtar ou Alticor (Amivo en Europe). Des firmes accusées d’avoir dissimulé des revenus au… Canada, où les Chevaliers sont très actifs. Et toutes des firmes à fonctionnement … pyramidal, comme l’est le fonctionnement de nos preux chevaliers ! Comme par hasard ! Chez Amway on se coopte, comme on le fait chez nos fameux hommes à la toge ! Quand on vend bien, chez Amway, on devient des « Platinum »… comme lorsqu’on est bien docile chez nos adeptes des cérémonies déguisées, où l’on peut espérer un jour devenir « Officier du 4ème degré », dit « patriotique »….. Le « Chevalier Suprême » étant réservé à celui… en haut de la pyramide !!! En l’occurrence en ce moment Carl A. Anderson. Or ce dernier a des états de service intéressants : « de 1983 à 1987, M. Anderson a occupé divers postes au sein du Cabinet du président des États-Unis, notamment assistant spécial du président et directeur par intérim du Bureau de la liaison publique de la Maison Blanche. » nous dit sa biographie officielle. Ne cherchez pas sous quel président : c’était sous Ronald Reagan, pas vraiment un gauchiste… sous son règne était déjà en place un dénommé Rumsfeld, qui à l’époque serrait de drôles de mains… « 

(3) Amway décrit ici pour ses méthodes:  « Et ce n’est pas fini côté famille : la propre sœur de Prince, Betsy Devos, est elle aussi une activiste républicaine prônant les mêmes idées réactionnaires, c’est la dirigeante du Michigan Republican Party, et elle est mariée à Dick Devos, un des hommes les plus riches du monde. Devenu richissime avec un procédé de vente assez sidérant. Le directeur d’Alticor, maison mère d’Amway (et de Quixtar, la réincarnation d’Amway, ou d’Amivo, son nom en Europe) société de vente directe présente en France. Allez donc voir leur histoire, façon maison, sur leur site français, c’est entre Microsoft et les évangélistes, tout simplement. Tout en anglais, aucun effort de traduction, même pas pour les slogans simplistes assénés. On a du mal à y croire, mais non ça existe encore ce type de société. Leur idée de base est toujours la même : faire croire que le distributeur qu’ils souhaitent engager va devenir riche en vendant des matériels de nettoyage ».

Dans un schéma pyramidal classique (ou « multi-level marketing » et donc « MLM ») , c’est la maison mère qui en bénéficie le plus, car c’est elle qui vend d’abord au distributeur, obligé d’acheter par contrat, qu’il vende ou pas au particulier. Le procédé est connu et répertorié comme escroquerie à la vente, si le système purement pyramidal est démontré. Vu de l’autre côté… cela peut devenir très différent : derrière le rêve de devenir riche se cache un véritable endoctrinement vers « l’argent facile » et « l’enrichissement personnel ».  Selon tous les organismes de consommateur , « un système pyramidal peut ne pas subsister dans le temps sans imploser, c’est pour cela l’entreprise de fondation récente est douteuse ». Or, chez Amway, on a l’art de changer régulièrement de nom d’entreprises, ce qui montrerait par l’exemple que le procédé est bel et bien pyramidal  (ici en schéma vidéo)!
 

Le reportage visible a de quoi effrayer en effet…. et on est bien sur les mêmes méthodes que les évangélistes ! Effrayant, très, TRÈS effrayant !!!  Finalement, à regarder ces images incroyables   (nota : le reportage  a été viré depuis par Amway et remplacé par celui-ci, à leur gloire !) de manipulation des esprits, on se dit qu’il n’y a que très peu de différences entre les mercenaires de Blackwater et les franchisés d’Amway, appelés assez cyniquement des « volontaires ». Un véritable scandale de manipulation des esprits ! Il y a bien une unité « familiale » disons, chez les Prince : celui de la décérébration de leurs employés. Notez bien la technique pour faire y arriver chez Amway : bruits, musique, pleurs, émotions, mouvements de foule, cassettes à enfourner et à apprendre par cœur, travail 24H sur 24, rabaissement psychologique des adeptes mauvais vendeurs, et pour faire signer à la convention de recrutement : la privation de sommeil… !!! Leurs produits sont des produits d’entretien, avec la lessive en poudre comme produit phare.  C’est bien le principe de la secte: « Quand j’étais enfant, au début des années 60, mes parents étaient des «distributeurs» d’Amway. « Mes parents étaient également baptistes du Sud et j’ai été frappé par la similitude entre les fêtes à la maison d’Amway et les réunions de réveil de notre église » peut-on lire ici « Ce n’était pas vraiment une surprise pour moi. Ma mère travaillait très dur pour peu de retour depuis aussi longtemps que je me souvienne. Elle avait des piles de produits Amway dans notre garage, mais ne semblait pas vendre autant. Il s’agissait de recruter de nouveaux «distributeurs». Préoccupé et curieux, je suis allé à la bibliothèque pour obtenir des réponses (des décennies avant Internet) et j’ai commencé à faire des recherches sur Amway. C’est à la bibliothèque que j’ai trouvé l’un des livres les plus influents de ma vie. « The Compleat Swindler » par Ralph Hancock et Henry Chafetz. J’ai vite développé une passion pour les escrocs et les escroqueries et j’ai même tenté ma chance contre les inconvénients du changement (je ne pouvais pas supporter de prendre de l’argent aux gens de confiance). Mais malgré ma nouvelle éducation et la corroboration, Amway – une entreprise de marché à plusieurs niveaux – était comme Robert Carroll, du Skeptic’s Dictionary, l’a déclaré un «système juridique pyramidal» et que «la société utilise le dévouement quasi religieux de ses filiales pour dissimuler les mauvais résultats des distributeurs» – je ne pourrais jamais convaincre ma mère (ou ses associés) qu’il s’agissait d’une fraude.Et malheureusement, j’en viens à admettre qu’il est presque impossible de changer l’esprit des gens qui craignent pour ces stratagèmes..; » On rappelle que ça fait longtemps que ça dure : ici en France à l’époque du Minitel, Amway était déjà décrit comme un système pyramidal (appelé aussi vente multiniveauxou « La commercialisation à paliers multiples  » comme ici avec Quixtar, autre création d’Amway).. L’autre ouvrage fondamental à lire étant  « Merchants of Deception: An Insider’s Chilling Look at the Worldwide, Multi Billion dollar Conspiracy of lies that is Amway and its Motivational Organizations » d’Eric Scheilbeler (2009). Mais on peut lire aussi  « Amway: The Cult of Free Enterprise » de Stephen Butterfield. Lire aussi ceci. Résumé ici en un seul graphique : ici sur 20 959 participants en Angleterre, 1 seul gagne plus de 50 000 livres, en dessous 3 avec 15 000 livres; 45 en gagnent 7000 et 9069 zéro livre ! Rien du tout !!! Lire ceci aussi, plein de renseignements, ou lire cette BD de Julie Doucet.

 

 

(4) Un Erik Prince que les contradictions de bon chrétien ne troublent pas ; ici il affirme une chose étonnante, quand on sait qui l’a financé pendant des années (les saoudiens) : « Comme je l’ai déjà dit, si Franklin Roosevelt a pu travailler avec Joseph Staline pour vaincre le fascisme allemand, le fascisme nazi et le fascisme socialiste national, alors Donald Trump peut certainement collaborer avec Poutine pour vaincre le fascisme islamique. Et je pense qu’un bon sens politique pourrait même commencer à creuser un fossé entre la politique russe et la politique iranienne, car nous pouvons être en désaccord avec véhémence sur leur politique en Ukraine, mais nous n’avons pas besoin d’être leur ennemi au Moyen-Orient ». En résumé, pour le petit esprit de Prince, l’ennemi idéologique est certes chiite, mais surtout pas sunnite !!! Et Poutine pour lui un gars plutôt sympa ! C’est affligeant comme pseudo-analyse !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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