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MH370 (36) : des tueries de masse aux USA aux tueurs de Daesh, les mêmes fournisseurs

Les armes destinées aux opposants à Bachar el Assad ne sont pas toutes arrivées à la bonne destination.  Sans même parler d’erreurs de parachutages, on est forcé de constater que Daesh s’est retrouvé avec des stocks incommensurables de munitions et d’armes, sinon on aurait difficilement pu expliquer ses rapides succès militaires et son expansion territoriale sans précédent.  Dans sa progression en Syrie, le groupe islamiste extrémiste a bénéficié du contenu des entrepôts conquis à l’armée syrienne, des stocks échappés des hangars ouverts en Libye, après la chute de Kadhafi, mais aussi à partir de 2012, des armes détournées de l’aide américaine et des Emirats à des groupes d’opposition jugés « modérés », accumulant ainsi des moyens de tenir un conflit davantage qu’il ne l’espérait possiblement au départ.  Un situation due à une dissémination des stocks d’armes irakiens également, une situation qui n’est pas sans rappeler celle aperçue voici dix ans maintenant à Bagdad…

Nota :  à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

Le document de CAR (Conflict Armament Research, des chercheurs indépendants anglais), résultat d’une longue enquête méticuleuse sur l’armement de Daesh, débute par un constat affligeant : « certaines armes achetées par l’armée américaine en 2015 se sont retrouvées entre les mains de combattants de l’État islamique dans les deux mois qui ont suivi, selon un rapport publié jeudi. Les conclusions de Conflict Armament Research (RCA), une organisation indépendante de traçage des armes, reposent sur trois années de documentation méticuleuse des armes récupérées auprès de l’Etat islamique sur les champs de bataille de l’Irak et de la Syrie. »  Deux mois à peine après leur livraison !!!  Voilà qui est un peu rapide semble-t-il !!!  Destinées aux opposants à Bachar el Assad, les fameuses factions « modérées », elle n’auraient mis que moins de 60 jours pour tomber dans les mains des extrémistes coupeurs de tête !  De là à dire qu’on les aurait aidés à le faire, ou que les USA ont armé – indirectement Daesh, il n’y a qu’un pas en effet !!!  Par incompétence ou par inorganisation totale, le résultat est là, en tout cas flagrant, et rappelle une situation déjà observée en Irak il y a plus de 10 ans !!

La continuation d’une vieille histoire de dissémination non contrôlée

Car comment comprendre cet aussi court délai ?  Les découvertes de CAR (qui a analysé pas moins de 40 000 armes diverses retrouvées aux mains de Daesh entre 2014 et 2017) sont de deux grands types : d’une part, la résurgence ou la réapparition sur le terrain des stocks d’origine post-soviétiques ou chinoises, ceux déjà vus lors de l’affaire de Gerdec, en somme ce serait alors une histoire qui se serait continuée, celle que l’on a vu ici déjà, leur part étant d’environ 90% du total et, de l’autre côté, des armes et de munitions beaucoup plus récentes, provenant en grande partie de Roumanie,  la plus forte proportion de Hongrie, de Bulgarie et de Serbie, et achetées, c’est ça le pire, bons de commande à l’appui, directement par l’armée américaine et censées atterrir au départ entre les mains de la police irakienne pour laquelle, on l’a vu, des milliards ont été dépensés… en vain (la Roumanie et la Bulgarie ayant fourni 7 251 armes sur la totalité recensée, soit 83% de celles venues d’Europe).  Côté munitions, idem pour l’origine mais on monte à 15% de balles en moyenne fabriquées après 2010 dans le lot retrouvé, fournies en forte majorité cette fois par la Russie et la Roumanie. L’Irak représente un cas à part, avec la Roumanie pour 32%, les USA directement pour 19% (à droite des balles d’ATK provenant de la Lake City Army Ammunition Plant, dans le Missouri), la Russie pour 18% et la Bulgarie à 11%.  Au final l’Iran, incriminée de tous les maux par les services américains au nom de Trump, ne représente que quelques infimes pourcentages, dans le lot.  Comme exemple frappant de ce qui a été découvert, cette vieille boîte ici gauche, qu’aurait très bien pu tenter de fourguer Efraïm Diveroli en l’empruntant au dépôt de Gerdec …. et ainsi libellée dans le rapport : « le 29 juin 2016, les unités du commandement des forces terrestres irakiennes ont récupéré deux boîtes contenant des munitions incendiaires roumaines de 12,7 x 108 mm provenant d’un convoi de l’Etat islamique près de Falloujah. La Roumanie a confirmé que les munitions avaient été autorisées pour exportation vers le département de l’armée des États-Unis avec une EUC et qu’elles avaient été livrées le 24 novembre 2014. Les États-Unis n’ont pas encore répondu à une demande de traçabilité de la CAR auprès de ce produit ».  Comment-a-t-on pu acheter pareille sorte de munition ?  Dans un tel état ?  Ne serait-ce pas encore une fois les mêmes réseaux d’approvisionnement ?  Et comment-a-t-on fait pour qu’elles tombent aussi rapidement aux mains de l’adversaire ???

La même vieille histoire qui recommence

Cela rappelle des choses déjà vues, en effet. On se souvient en effet que pas mal d’empêtrants étaint venus se greffer sur cette manne de contrats signés par le Pentagone pour tenter de mettre sur pied une armée et une police dignes de ce nom en Irak comme en Afghanistan. Pour les besoins des armées, je vous avais déjà conté l’histoire des chars T-72, initialement donnés à l’Irak par le gouvernement de la Hongrie, et… revendus par des brokers sans foi ni loi, dans lesquels figurait un grand pourfendeur de l’Etat US, le sénateur d’extrême droite Wayne Curtis »Curt » Weldon, dont le propre neveu était disparu dans un avion de la CIA.  Associé à Tim Ringgold, le PDG de Defense Solution, et tous deux amis de Slobodan Milosevic, mais aussi aidés par Solutions North America, société de lobbying fondée par la propre fille de Weldon, ils avaient largement bénéficié du deal foireux ainsi constitué pour revendre à prix d’or les mêmes chars « gratuits et à peine repeints (ici à droite ) finalement… à Kadhafi ! (les afghans recevront les mêmes, qui perdront leur première bataille face à des talibans, dépourvus pourtant  d’engins blindés) !  En Libye, le deal montera à 2,16 milliards de dollars pour les 77 chars  requinqués… gratuits au départ !!!  Plus tard, l’équipe tentera même de refourguer des « BTR-4 « pour les armées et la police du monde entier », un véhicule « construit en Ukraine » et « assemblé en Macédoine »… !!!  D’autres avaient également profité de l’argent versé à flots dans la formation de la police afghane :  on se souvient du cas pendable de Bernard Kerik, le policier préféré de Rudolf Guliani (et d’autres), venu apporter toute sa science d’ex taulard devenu flic… celui-là a fini en prison pour corruption en 2007 !!!  L’Irak, comme l’Afghanistan ont été littéralement offerts à la cupidité des mercenaires privés, venus ponctionner encore un peu plus des pays exsangues, au nom d’un profit rapide à se constituer.  L’appât du gain avant tout, l’idée du « cash » mensuel à profusion permettant en deux ans de présence sur place de repartir assuré d’une retraite tranquille aux USA !!!

Exactement comme en 2007 !!!

Dans un document implacable d’Amnesty, intitulé « Les transferts d’armes qui alimentent les crimes de guerre » consultable ici, publié en 2016, l’impression d’une redite d’événements déjà arrivés précédemment rejaillit.  J’avais en effet fait paraître le 29 novembre 2007 un article expliquant la fuite considérable d’armes autour des dépôts d’armes irakiennes, constitués à la chute de Saddam Hussein et placés sous la responsabilité de l’armée américaine, ou plutôt sous son irresponsabilité totale.  En août 2007, le Washington Post venait en effet de révéler que 110 000 AK-47 et 80 000 pistolets Glocks avaient été volés dans ces entrepôts.  L’enquête était cette fois due au New-York Times qui citait l’armurier sélectionné par l’armée américaine, Kassim Al-Saffar, le pigeon de service pris la main dans le carton, qui avait avoué avoir revendu une partie de ce qu’il devait garder à « des militaires irakiens, des gardes de sécurité d’Afrique du Sud «  ou à des « contractants américains ».  Un autre soldat alaskan, Ted Nordgaarden, gardien du dépôt principal de munition, et adjoint du responsable des policiers irakiens, avait avoué que «  la plupart des camions quittaient l’armurerie sous escorte de l’armée ».  Pour une direction indéterminée !  La société mise en cause, avais-je alors écrit, s’appelait « American Logistics Services, devenue depuis Lee Dynamics International, qui a touché un contrat de 11 millions de dollars pour construire 5 entrepôts d’armement en Irak, en béton, et les gérer. Depuis, l’armée américaine a suspendu leur contrat. À l’arrière même des entrepôts, on trouvait de simples containers de bateaux appartenant à Al-Assan, qui y faisait là son commerce à ciel ouvert d’armes détournées. « Plein de camions sortaient sans aucune autorisation », note un responsable local de l’approvisionnement de la police irakienne.  On y rencontrait dès 8 heures chaque matin Levonda Joey Selph, de l’armée américaine. Venue pour prendre le thé, sans doute, les Irakiens étant les maîtres en la matière. La dame est aujourd’hui ciblée par une enquête de l’armée sur ces activités délictueuses.  Le hic, c’est que c’est une adjointe directe du général Petraeus, le grand responsable des armées en Irak, chargé de veiller au bon fonctionnement de la nouvelle armée irakienne.  Cette armée nouvelle d’Irak s’entraîne à Kirkuk, grâce à un contrat de 48 millions de dollars du Pentagone emporté par Grumman, l’avionneur (?) dont le dirigeant est.. Donald Rumsfeld lui-même.  « L’homme qui a privatisé la guerre ». Parmi les « entraîneurs », on retrouve en 2005 une figure bien connue des médias américains :  Bernard Kerik, reconverti dans le métier après être resté quelques mois responsable du Homeland Security de W. Bush ».  Levonda Joey Selph, en 2007 avait été incapable de pouvoir citer le nombre d’armes qu’elle devait garder.  Depuis elle a écrit un livre expliquant qu’elle avait été bernée par… Petraeus et qu’elle a sauté à sa place « Caught in the Crossfire », évoquant une obscure « dark force » au sein de l’armée US.  Elle a participé à énormément de signatures de son ouvrage lors de conventions du Tea Party qui la soutenait.  Elle écrit en exergue de son livre avoir été « utilisée comme un pion pour aider à abattre quelqu’un que le gouvernement voulait écraser », « abandonnée par le pays même pour lequel elle a risqué sa vie si loyalement, lancée sous le bus par des bureaucrates sans visage avec un agenda sans cœur et obligée de surmonter des circonstances extrêmes et de reprendre sa vie en main ou entraînée à surmonter des peurs inimaginables qui auraient brisé la plupart des gens »… Ça c’est pour la façade, la réalité avait été nettement moins glorieuse pour elle :  elle a été condamnée par le juge Reggie B. Walton à une peine ferme d’emprisonnement, plus trois ans de mise en liberté surveillée, ainsi qu’à une amende de 5 000 dollars et à une restitution de 9 000 dollars.  Elle avait reconnu avoir présidé un jury de sélection pour un contrat de 12 millions de dollars portant sur la construction et l’exploitation de plusieurs entrepôts du Département de la défense en Irak.  Selph (ici à gauche lors d’une réunion du Tea Party du 6 avril 2011) avait accepté les pots-de-vins de ceux qui avaient rencontré le contrat (c’était « American Logistics Services ») : elle avait par exemple eu des vacances tous frais payés en Thaïlande et des objets de valeur pour un total d’environ 9 000 dollars.  Des gens étaient morts pour qu’elle puisse se dorer la pilule en vacances !!!  Kassim Al-Saffar, ne gardait lui aucun registre précis du stock qu’il écoulait journellement à la bonne franquette !!!  L’enquête de 2015, cette fois, huit ans plus tard donc, porte sur des champs de bataille situés dans le nord et le centre de l’Irak de juin 2014 à novembre 2016 et concerne au départ les abus comme des exécutions sommaires effectuées par des militants chiites dans la région, à l’encontre notamment des sunnites.  Mais au détour du dossier, surgit l’origine des armes disséminées puis utilisées et détournées par Daesh. « De graves problèmes subsistent quant à la capacité et à la volonté des autorités irakiennes de sécuriser et de gérer les stocks militaires entrants. Une mauvaise gestion des stocks accroît le risque de détournement des stocks de l’armée irakienne.  Selon un rapport de 2015 de l’inspecteur général du département de la Défense des États-Unis évaluant ITEF, les autorités irakiennes ne disposent même pas de processus de base pour la gestion des stocks. Le rapport a révélé que le personnel américain du dépôt national de Taji (il servait déjà à Saddam Hussein !) «n’avait pas une connaissance précise du contenu des entrepôts d’approvisionnement individuels sous contrôle irakien à cet endroit ou dans d’autres endroits de l’Iraq (en 2009, l’armée US, comme ici à gauche avait montré avec ostentation des photos censées prouver qu’elle s’occupait à Taji avec précaution des armes saisies aux talibans).  « Dans certains cas, même l’IA [l’armée irakienne] ne savait pas quelles fournitures étaient présentes. »  C’est bien le même problème qui s’est reproduit !  « Le rapport a révélé que l’armée irakienne était revenue à un système d’inventaire manuel papier impossible à rechercher pour le suivi des équipements, ce qui signifiait que « la recherche de tels articles dans le complexe d’entrepôts dépendait des connaissances et de la mémoire des ouvriers d’entrepôts ».  Ils étaient inventoriés et stockés à l’air libre dans des conteneurs d’expédition.  Au 1er juin 2015, 32 millions de cartouches de munitions pour fusils et mitrailleuses avaient été livrées, et 105 millions de cartouches supplémentaires étaient en attente d’approbation définitive. Pourtant, les unités irakiennes présentes sur les sites d’entraînement de la coalition ont fait état d’une pénurie de munitions.  S’agissant des armes fournies aux milices du PMU (c’est le Popular Mobilization Units, devenu en 2018 l’Iraqi Republican Guard, avec comme commandant en chef Haider al-Abadid, proche des iraniens), le rapport conclut qu’ils  sont armés / approvisionnés avec le matériel des entrepôts dont l’Armée irakienne  a besoin. »  Bref, dix ans plus tard c’est la même gabegie et les mêmes fuites organisées ou tolérées par une corruption rampante exponentielle, les armes étant revendues au plus offrant !  De l’incompétence mortelle, en quelque sorte.  La visite ici du marché noir parallèle de Bagdad (à Sadr City) de ventes d’armes est assez saisissante (ici à droite)…  «La plupart des armes proviennent de magasins militaires, en particulier ceux situés près du front», a déclaré Zamel à NIQASH.  «On ne demande pas pourquoi les soldats perdent leurs armes au cours des combats.  Si un soldat meurt en combattant, les armes perdues sont enregistrées à son nom.  Donc, beaucoup des armes perdues sont enregistrées au nom des soldats morts. Et ces armes vont aux marchands d’armes.  En raison des problèmes en Irak et du fait que de nombreux Iraquiens voulant quitter le pays, souvent de manière illégale, de nombreux soldats et autres membres des forces de sécurité de l’État ont vendu leurs armes dans le cadre d’une campagne visant à recueillir des fonds pour leur voyage, a déclaré Zamel.  De plus, certains soldats ne font que compléter leurs revenus en enregistrant leurs armes comme étant perdues, puis en les vendant »…

Un seul pour l’avoir dénoncé :  il en est mort

Le Colonel Theodore S. Westhusing n’avait pas, lui,  résisté à ce scandale :  il s’est suicidé le 5 juin 2005, à Camp Dublin près de Baghdad, après avoir découvert l’étendue de la corruption laissant filer les armes à l’extérieur des dépôts, entre autres. Il avait observé des détournements flagrants de la part USIS, une partie du  Carlyle Group, qui avait obtenu un contrat de 79 millions de dollars pour entraîner l’armée irakienne.  Il avait remarqué  la disparition notamment de radios sophistiquées valant 4000 dollars pièce.  Il avait mis en cause nommément le général Petraeus avec qui il avait eu une réunion fort houleuse quelques heures auparavant.  Sa lettre d’adieu en disait long sur ce qu’il avait découvert :  elle figure (raturée par l’armée qui a effacé des noms) dans l’article de Robert Bryce, publié dans le Texas Observer le 8 mars 2007, selon Wikipedia :  « Merci de me dire que c’était une bonne journée lorsque nous nous sommes rencontrés (le nom est expurgé, mais c’est celui, obligatoirement de Petraeus).  Vous n’êtes uniquement intéressé que par votre carrière et ne fournissez aucun soutien à votre personnel – aucun soutien en msn [mission] et vous ne vous en souciez pas.  Je ne peux pas soutenir une mission qui mène à la corruption, aux violations des droits de l’homme et aux menteurs.  Je suis souillé – rien d’autre.  Je ne me suis pas porté volontaire pour soutenir des entrepreneurs corrompus, qui essayaient d’arracher de l’argent, ni travailler pour des commandants uniquement intéressés par eux-mêmes.  Je suis venu servir honorablement et je me sens déshonoré.  Je n’ai confiance en aucun irakien.  Je ne peux pas vivre comme ça.  Tout mon amour à ma famille, ma femme et mes précieux enfants.  Je les aime et je leur fait confiance à eux seuls.  C’est la mort, avant d’être déshonoré davantage.  La confiance est essentielle – je ne sais plus en qui j’ai confiance.  Pourquoi servir quand vous ne pouvez pas accomplir la mission, quand vous ne croyez plus en la cause, lorsque tous vos efforts et votre souffle pour réussir rencontrent mensonges, manque de soutien et égoïsme?  C’est fini. Réévaluez-vous, cdrs [commandants]. Vous n’êtes pas ce que vous pensez être et je le sais… »  Avant d’arriver à Bagdad, Westhusing, ce lettré qui parlait le russe et l’italien, avait présenté un mémoire de doctorat de philosophie à l’Emory University in Atlanta.  Le sujet en était l’éthique durant la guerre. Evidemment.  Petraeus a eu après sa quatrième étoile, et Westhusing, ce patriote, épris de justice, a hérité lui d’une tombe.  Sa mère, Terry Clark, avec qui il correspondait régulièrement, n’était toujours pas persuadée en 2008 par la version du suicide, commise par un tir sous l’oreille le jour de son propre anniversaire (les jours précédents son garde du corps avait été mis en congé !).  En 2003 et 2004, la réserve fédérale US avait envoyé 4 milliards de billets de banque à Bagdad sur des palettes amenées dans des C-17 (ci-dessus à droite).  Ça représentait 363 tonnes de numéraire !!!  L’argent avait été saisi sur les comptes gelés de Saddam Hussein. En janvier 2005, 5 mois avant le suicide de Westhusing on s’apercevait que 8,8 millards destinés aux ministères irakiens avaient disparu…  En avril 2017, on apprenait qu’un broker anglais (Nick Mead) d’une société appelée Tanks-A-Lot, ayant acheté un vieux char irakien aux enchères, avait eu la surprise de sa vie en en démontant le réservoir. Il contenait de longs lingots d’or pour une valeur de 2,4 millions de dollars…

Tout, ou presque, est passé aux mains des talibans… et de Daesh 

Cette dissémination, gravissime de conséquences, touche tous les matériels.  La photo (ici à gauche), révélée récemment, est là et elle est… scandaleuse.  On y voit des talibans, en Afghanistan, à Ghorak, en Afghanistan, porter des lunettes de vision nocturne  américaines pour préparer une attaque.  C’est un des exemples du coulage de matériel auquel on assiste là-bas depuis des années, au point d’inquiéter ici le très sérieux Military Times :  « l’armement fourni à l’armée afghane au cours des 16 dernières années s’est lentement répercuté sur les talibans à travers la corruption et les pertes sur les champs de bataille.  Les véhicules blindés, les appareils de vision nocturne, les M-4, les projecteurs laser et les optiques optiques ont tous trouvé le chemin entre les mains des talibans au fil des ans.  Et parfois, les États-Unis ont été forcés de combattre leurs propres véhicules blindés et leurs propres armes.  Par exemple, les Humvees blindés montés aux États-Unis sont utilisés comme engins explosifs improvisés, ou SVBIED (ici à droite un exemplaire qui n’a pas explosé).  Cette tactique a également été un favori des combattants de l’Etat islamique en Irak et à Mossoul, obligeant les forces de la coalition à fournir des armes antichars pour vaincre les bombes mobiles fortement blindées.  Selon le major Kendra Motz, porte-parole de la Force opérationnelle du Sud-Ouest, forte de 300 personnes, l’unité des Marines a lancé des «frappes» pour détruire les Humvees volées, afin d’empêcher la menace des Talibans de les utiliser comme SVBIED.  «Des talibans dotés de capacités de vision nocturne ont été rapportés», a déclaré Motz à Military Times.  Un haut responsable afghan de la défense a également confirmé que certains combattants talibans avaient des capacités de vision nocturne ».  D’autres disséminations étant davantage encore craintes.  Le 2 septembre dernier un hélicoptère moldave (?) immatriculé  ER-MHR de Valan International Cargo Charter s’est écrasé à Mazar Al Skharif.  Il était plein de munitions, tuant 14 personnes toutes carbonisées dans les explosions à l’impact, rendant leur identification impossible.  Il y a trois ans, un hélicoptère avec trois moldaves à bord avait été capturé par les Talibans à Kunduz. Pas un mot sur ce que fait Valan sur place, où sur des hélicos civils volant chargés à bloc d’armes.  Valan avait fait la une des journaux à  Ouagadougou, le 14 septembre 2017, avec l’An-26-100 de 42 ans, immatriculé ER-AVB.  En tentant d’atterrir par fort vent de travers, l’avion avait impacté l’eau.  Quatre soldats français étaient à bord, blessés, dans le cadre de l’opération Barkhane.  Il y avait eu 4 morts, le pilote, le co-pilote et deux mécaniciens moldaves.  Mais le 16 mars 2018, c’est un HH-60 Pave Hawk américain qui s’écrasait en Irak, près de la ville d’al-Qaim, dans la province d’al-Anbar, près de la frontière avec la Syrie, avec des militaires américains « en route vers la Syrie », justement, provoquant sept morts. 

Le peu de communication de l’armée US à leur propos laissant entendre autre chose qu’un simple accident, et l’usage tant redouté de ManPad  (le missile anti-avions fort redouté se tirant à l’épaule, la version russe du Stinger US) chez les talibans…  La photo d’un membre du  front sunnite Ansar al-Islam tenant en mains un SA-7 Strela-2 ne devant pas être pour rassurer.  En 2012, une importante cache de l’armée de Kadhafi, contenant des 9K38 Igla-S (Otan SA-24 Grinch) et de 9K32 Strela-2 (SA-7 Grail), avait été découverte à la frontière algérienne.  Le groupe aurait été aussi fourni en BGM-71 TOW.  Le 2 juin 2015, l’article « Missing Missiles – The Proliferation of Man-portable Air Defence Systems in North Africa » du Mal Arms Survey n’était guère plus rassurant.  Au centre au-dessus un lot de ManPad trouvé dans un dépôt militaire libyen.  A gauche un lot de tubes de Strela saisis à Ansar al-Sharia, à Benghazi, en 2014.  Selon Business Insider, dès 2012, Obama avait décidé de délivrer aussi des missiles SA-7.  Il rappelait que le 6 Septembre 2012, « un bateau libyen avait amené 400 tonnes  d’armes aux rebelles syriens en accostant en Turquie.  Le capitaine du navire étant un  « Libyen de Benghazi » travaillant pour le nouveau gouvernement, via l’homme du Tripoli Military Council, Abdelhakim Belhad qui travaillait alors directement avec l’ambassadeur Stevens durant la révolution ».  Les armateurs auraient été deux libyiens vivant en Arabie Saoudite. Les turcs ont fait passer des armes en 2013 et 2014 par camions aux rebelles syriens (cf ici à droite). Les deux journalistes du Cumhuriyet qui l’avaient révélé ont été jetés en prison par Erdogan.  Le 28 avril 2012, les libanais avaient intercepté le cargo Lutfallah II battant pavillon égyptien alors qu’enregistré au Sierra Leone, devant le port de Selaata à 50 kilometres de Beyrouth.  A bord des douze containers, des caisses d’armes à profusion (ici à gauche).  En octobre 2012, on citait aussi l’Al Entisar, (cela signifie La Victoire !) battant pavillon Libyen de 400 tonnes (ici à droite), arrivé le 6 septembre dans le port d’Iskenderun, apportant aussi, paraît-il, des armes destinées au rebelles syriens.  Une opération pour beaucoup suivie de près par la CIA, selon des sources.  Relâché, le vieux bateau de pêche sera accueilli en libérateur en Libye (cf à gauche)… ci-dessous un impressionnant entrepôt à ciel ouvert découvert en Libye :

Le retour des balles signées Wolf

Question munitions découvertes chez Daesh, c’est Wolf, dont j’avais déjà parlé en juin 2009 (1), que l’on a retrouvé comme la plus répandue : « les munitions Wolf, y compris celles de l’usine de cartouches de Barnaul (Russie, ici à droite), l’usine de cartouches de Tula (Russie) et l’usine de cartouches de Lougansk (Ukraine). Sporting Supplies International a d’abord commercialisé cette munition sur le marché civil aux États-Unis. Les munitions Wolf des trois usines sont également présentes dans la région de l’Afrique subsaharienne. Depuis juin 2014, elles sont régulièrement enregistré dans les calibres 7,62 x 39 mm et 7,62 x 54R mm. Celle des usines russes sont fabriquées selon les lots répertoriés par CAR, comme datant de 2007, 2008 et 2010 ». Des munitions récentes, fabriquées en Russie mais provenant des USA : en ce sens (commercial) aucun problème idéologique en effet !!!

Des munitions venues des USA destinées à équiper les irakiens : « bien que la Russie n’ait pas encore répondu aux demandes de recherches de la RCA concernant ces articles, la CAR estime qu’ils proviennent des stocks de l’État irakien. Le 28 juin 2007, le département américain de l’armée a lancé une demande de proposition (RFP) W52P1J07R0104 pour divers types de munitions non standard destinées à la République islamique d’Afghanistan, aux Forces de sécurité nationales afghanes et au gouvernement iraquien. Pour des Cartouches de 54 mm de long en grandes quantités. La société américaine GSS, de Las Vegas (Nevada), a obtenu l’exigence «B» du contrat pour l’Irak au prix de 25 977 161,23 USD (25 millions de dollars d’investis !!!). « GSS est une filiale de Sporting Supplies International, propriétaire de la marque Wolf Performance Munitions. La CAR a documenté des munitions Wolf de 7,62 x 39 mm produites en Russie en 2008 avec le numéro de lot P277 récupéré des forces de l’Etat islamique à Jaza (en Syrie) en septembre 2014, à Kobane (Syrie) en janvier 2015, à Al Hasakah (Syrie) en mai 2015, à Mossoul (Irak) en octobre 2016 et Keramlais (Irak) en octobre 2016. D’après la présence de munitions Wolf portant le même numéro de lot à ces endroits, la CAR a utilisé des corrélations de numéro de lot pour identifier les corridors par lesquels les forces de l’EI les ont détournées. »  A droite un policier irakien ouvre des boîtes de munition sur la base de Qayyarah à 60 kilomètres au sud de Mossoul, le 16 octobre 2016.

Le cas de Kiesler, et ses balles pour Kalachnikov 

La deuxième firme découverte en nombre étant celle de Kiessler. « Kiesler Police Supply a été créée dans l’État d’Indiana aux États-Unis en 1975 sous le nom de Kiesler Hardware & Supply. La société a changé son nom pour Kiesler Police Supply en 1980 afin de commencer à traiter principalement des armes à feu et des munitions.  Sur son site Web, Kiesler Police Supply se présente uniquement comme fournisseur d’équipements aux autorités répressives américaines. Toutefois, par le passé, la société avait été chargée de fournir des armes à l’Irak. En 2004, Kiesler Police a reçu un contrat de plusieurs millions » (à droite l’arrivée des munitions en Irak en 2016, idem ci-dessous).

« Le 4 octobre 2016, la CAR a appelé Kiesler Police Supply pour lui demander des informations complémentaires sur les transferts d’armes multiples décrits dans le présent rapport. La société a refusé de commenter. Le 20 octobre 2016, la CAR a envoyé par courrier électronique et par télécopie une demande d’informations concernant tous les articles ayant trait aux fournitures pour la police de Kiesler.  A droite, retrouvées par CAR, deux munitions de 7,62  courtes (39mm, dites « russian short », la munition de l‘AKM-74 et ses chargeurs en bakélite, apparue pendant la première guerre afghane, et produite en Russie, Bulgarie, Allemagne de l’Est et Corée du Nord) provenant de Barnaul et Tula (à gauche la Wolf de Barnaul découverte à Tanooria en Syrie et à droite à Majid Younis en Irak, toutes deux en décembre 2014).

La Bulgarie mise en cause

« L’entreprise n’a pas encore répondu à la demande d’informations de CAR ».  Le pays d’origine des commandes de roquettes de Kiesler ? La Bulgarie : « en mai 2015, les forces syriennes des YPG ont récupéré une roquette 7 T 40 mm des forces de l’Etat islamique près d’Al Hasaka (Hassaké), en Syrie, et CAR en a pris connaissance le 20 mai 2015 (ici à droite). Le gouvernement bulgare a confirmé qu’il avait exporté l’article au département américain de l’armée par l’intermédiaire de la société américaine Kiesler Police Supply. La demande de licence d’exportation était accompagnée de l’EUC originale délivrée par le Département américain de l’armée (avec une clause de non-réexportation) ainsi qu’un certificat de vérification de livraison. L’article a été exporté le 23 juin 2014. La police fédérale irakienne a retrouvé un autre PG-7T, une roquette de 40 mm des forces de l’EI pendant la bataille de Ramadi (ici à gauche vue à Mossoul). Elle portait le même numéro de lot, documenté par une équipe d’enquête sur le terrain de CAR le 20 février 2016. Comme pour l’article documenté en mai 2015, la Bulgarie a confirmé qu’elle avait également exporté cette fusée le 23 juin 2014 vers le département américain de l’Armée de terre par l’intermédiaire de Kiesler Police. CAR n’a toujours pas reçu de réponse à une demande de traçage envoyée aux États-Unis concernant ces roquettes.  Le 4 mai 2017, la RCA a découvert trois autres roquettes PG-7T de 40 mm identiques à Bagdad, retrouvant de nouvelles preuves du détournement de ce matériel ».  A droite les PG-7T de 40 mm trouvées à Bagdad en mai 2017 aux mains de Daesh et dont les numéros de fabrication correspondent à une commande américaine du 23 juin 2014.  A gauche la publicité pour le lance-roquette DRTG-73 de chez VMZ.  Ci-dessous un modèle Roumain de PG-9 de 73 mm, un bazooka muni d’une roquette en deux parties avec accélérateur à droite et charge à gauche, ailettes repliées, un engin retrouvé aussi à Mossoul en septembre 2017.  Ci-dessous, le principe du SPG-9, l’ancêtre du DRTG-73, selon un vieille documentation russe.  L’engin était tiré d’un canon sans recul et non d’un bazooka.  On distingue la charge, le corps, les ailettes et à droite l’accélérateur de lancement, l’engin étant en fait une sorte de roquette à deux étages :

On retrouve VMZ de cité, encore une fois en Syrie, avec une arme décrite ici dès octobre 2012 par un spécialiste US, « The Rogue Adventurer« , qui précise que celle-ci est une « PG-7VM « HEAT » (à gauche, sur la photo) et qu’elle a été développée en Union soviétique en 1969, bien que cet exemple particulier ait été produit par Vazovski Mashinostroitelni Zavodi Co. (VMZ; usine de fabrication de machines Vazov) à Sopot, en Bulgarie, en 1986. C’est une version améliorée de la cartouche PG-7V HEAT précédente (le «M» signifie Modernizirovanii, ou «modernisée»), la PG-7VM est capable de vaincre 300 mm de blindage RHA (pour « rolled homogenous armour ») tout en pesant 1,9 kg, soit 270 g de moins que son prédécesseur. Elle est 52 mm plus longue que le PG-7V et possède un cône de nez lisse, plutôt que cannelé. Il s’agit également d’une conception plus étroite, d’un diamètre de 70 mm, qui permet de transporter davantage de projectiles dans les sacs à dos de type «carquois» parfois utilisés pour transporter des cartouches RPG et de rendre le projectile un peu moins vulnérable aux vents latéraux ».

Mais d’autres engins encore ont été fournis, dont le célèbre 9M111 Fagot, un missile filoguidé contemporain du TOW américain, lui aussi filoguidé.  Des caisses avaient été retrouvées par l’armée de Bachar el Assad et montrées chez RT Russia par la journaliste bulgare controversée Dilyana Gaytandzhieva (ici à gauche, cf notre épisode 12).  La Direction du renseignement militaire irakien a retrouvé les objets au sud de Bagdad en juin 2016 ». Buzffed s’appropriant le dossier précisant « qu’en 2014, la CIA a signé un contrat visant à obtenir 600 missiles de ce type auprès de la police de Kiesler, selon deux sources.  Kiesler est une petite société de l’Indiana qui a souvent passé des contrats avec la CIA, selon des experts du commerce des armes.  Selon le rapport de la RCA, le contrat pour le missile qui aurait été confié à ISIS (Daesh)  aurait été géré par Kiesler ». L’origine étant bien de l’Est :  « la société de l’Indiana a acquis ces missiles auprès d’une société bulgare appelée SAGE Consulting, ont indiqué à BuzzFeed News des sources proches de la transaction ».

« La Bulgarie est une source majeure d’armes utilisées par les États-Unis et d’autres puissances pour armer des armées de clients ». »  SAGE, un courtier bien connu de la capitale bulgare, Sofia, a décliné toute demande d’interviews avec BuzzFeed News.  Mais deux marchands d’armes bulgares affirment que SAGE fabrique effectivement le missile 9M111 (ci-dessus dans sa boîte) dans une usine appelée VMZ, pour le gouvernement américain. «Ils ne les fabriquent que pour les Américains», ont-ils déclaré » (à droite la publicité de VMZ pour le modèle précédent appelé Fagot : pour mémoire, c’est pour avoir proposé ce modèle-là à deux agents déguisés du FBI que Viktor Bout a été arrêté, ce qui, aujourd’hui, ne manque pas de sel !  Des Bulgares, ravis de l’aubaine financière, qui révèlent sans s’en rendre compte ce que l’observation des transporteurs aériens ou maritimes a démontré : « en 2014, les exportations d’armes s’élevaient à moins d’un million d’euros, mais les autorités bulgares ont délivré des certificats d’exportation d’un montant de 39 millions d’euros.  L’Iraq reste le principal client des entreprises d’armement bulgares.  Bagdad a acheté des armes pour un montant de 159,6 millions d’euros en 2015, soit deux fois plus qu’en 2014. L’Arabie saoudite a été le deuxième client. Elle a acheté des armes pour 92,4 millions d’euros.  Israël, le Qatar et les Émirats arabes unis étaient également de gros acheteurs d’armes bulgares. L’Afghanistan était la quatrième destination des exportations d’armes bulgares avec des achats s’élevant à 57,4 millions d’euros en 2015, contre 42,7 millions d’euros en 2014 ».  Nous y sommes donc, avec cet aveu… qui ménage les américains, qui ont fait acheter leurs armes par les pays cités (Irak, Afghanistan, Israel, Qatar et Emirats Arabes Unis !).  A gauche les ouvrières de VMZ vérifiant le déploiement des ailettes des missiles PG-7VM, bien reconnaissables.  VMZ produit aussi le ROG-22, un lance-roquette à fragmentation, croisé en Ukraine. »

Des roquettes GRAD également 
On retrouve encore VMZ dans une vidéo montrant la mise en place de roquettes Grad sur un camion lanceur ainsi que sur un affût orientable monté sur un 4×4 type Toyota en janvier et juin 2017.  Comme le note l’étude de Nemrod « VMZ Sopot, étude sur la présence d’armes bulgares en Syrie » visible ici :  « L’armement produit par VMZ est facilement identifiable étant donné que l’entreprise commercialise des armes de taille intermédiaire, plus faciles à tracer que les armes légères. Le chargement des roquettes Grad rend les marquages bien visibles, et il semblerait que la majorité des roquettes que possède Jaych al-Nasr aient été produites par VMZ. La provenance des roquettes de plus petit calibre est probablement la même, quoi qu’elle soit plus difficile à déterminer sur les sources vidéo et photo.  Le Pentagone a reconnu consacrer des fonds importants à l’entraînement et l’équipement des rebelles syriens.   C’est probablement dans ce cadre que les acteurs d’Europe Centrale comme VMZ font office d’intermédiaire pour les livraisons. La Bulgarie est un fournisseur privilégié, le pays fait figure de partenaire fiable, et il dispose des savoirs-faire pour la production de matériel militaire. Les sources pro-Kremlin ont été promptes à analyser ces livraisons d’armes comme la preuve du soutien américain à l’EI et aux terroristes en associant toute force d’opposition aux terroristes. En réalité, le matériel est livré à des factions jugées modérées, et l’armement utilisé par Jaych al-Nasr est caractéristique de cette aide, par son volume et sa provenance.  Le groupe bénéficie aussi, pour s’équiper, de sa proximité avec la Turquie ».  Nemrod indique que le « Le groupe dispose d’un nombre important de fusils tchèques VZ 58, récemment diffusés dans la région ».  Or il ne faut pas oublier que l’armée de Bachar el Assad a été la première cliente, pendant longtemps, de la Tchécoslovaquie qui fabrique le modèle particulier de Kalachnikov.  Pour l’armement des 50 dernières années du régime syriens le dossier de Jan Adamec de CAIRN fait office de référence.  On retrouvera aussi des CZ-25 ((Sa vz. 23) elles aussi tchèques et fournies à l’armée syrienne dans les années 50-60 (l’arme qui tire une cartouche 9mm Parabellum date de 1948 et elle a été copiée dans les années 70 par les africains du sud, des VZ 23/25 ont aussi été livrés par la Libye à l’IRA !).  Elle a été vue dans un documentaire de ViceNews (portée par l’homme juché sur la portière de la Range Rover).

Le dossier accablant de Nemrod

Nemrod ECDS sur la présente d’armes bulgares venant de VMZ Sopot ajoutant ici des précisions sur l’arrivée sur place des missiles : « La production de VMZ se base sur les systèmes d’armes aux standards soviétiques, avec parfois des développements récents comme les roquettes à charge multiple pour RPG-7. VMZ a su évoluer depuis les années 1990 : l’usine est désormais certifiée aux normes ISO 9001 et AQAP:2110, un gage de qualité pour les clients à l’export. Contrairement à des usines comme Arsenal en Bulgarie ou Zastava en Serbie qui produisent des modèles locaux de Kalashnikov, et autres armes individuelles, VMZ s’est surtout spécialisé dans les matériels plus lourds et les roquettes ».  Pour s’assurer que les livraisons proviennent bien de VMZ, le moyen le plus fiable est de se fonder sur les marquages de série.  Les marquages bulgares sont caractéristiques, avec un numéro d’usine à deux chiffres entouré d’un double cercle (à droite, une variante PK et un lanceur RPG-7) utilisés à Alep (selon les syriens de l’armée officielle ayant retrouvé les armes).  Le numéro permet d’identifier l’usine avec précision :

  • Arsenal – Kazanlak
  • VMZ Sopot
  • Sredetz – Sofia
  • et 27 NITI Kazanlak
  • ELOVITZA – Gabrovo

25 Optiko Elektron – Panagiurishte

33 et 20 ARCUS – Lyaskovetz

46 DUNARIT – Ruse

61 MECHANICS & ASSEMBLY – Sevlievo

233 TEREM – Kostenetz

Des armes bulgares transportées par avion ou par bateau

« Après avoir passé commande, les Etats-Unis ont recours à des intermédiaires comme Chemring et Orbital ATK, habitués au commerce des armes et aux contrats à l’export.  Ces sociétés délèguent à des sous-traitants les différentes étapes de la livraison.  Depuis la Bulgarie, les envois se font par voie aérienne et maritime.
Le port de Burgas et l’aéroport de Sofia servent de plateformes pour les envois de matériel.  Sofia a vu une forte
augmentation du nombre de vols à destination du Moyen-Orient ces dernières années (à droite un 747 saoudien pris en flagrant délit à Sofia le 4 novembre 2014)

Pour les livraisons par voie maritime, la compagnie H. Folmer & Sons a affrété les navires Marianne Danica, Hanne Danica et Karina Danica vers l’Arabie Saoudite pour plusieurs rotations en 2017. Le navire MV Norfolk (de 166 mètres de long et 15 549 tonnes, construit en 2010 battant pavillon américain) aurait aussi été utilisé pour les livraisons américaines » (ci-dessous à droite(2)) . 

« Les navires transitent par la mer Noire, le Bosphore, la Méditerranée, Suez et la Mer Rouge pour atteindre Jeddah en Arabie Saoudite (cf carte ici à gauche).  La Jordanie, la Turquie et les Émirats Arabes Unis participent aussi à ces livraisons. » Dès 2012 des clichés attestent de la présence de roquettes PG-7VM de production ancienne (1986).  « Les roquettes ont pu arriver au Moyen-Orient avant les commandes américaines à destination de la Syrie.  Il semble que jusqu’à juin 2015 les commandes d’armes bulgares concernaient du matériel ancien, ce qui a amené les autorités américaines à annuler certaines livraisons trop vétustes.  Ces matériels anciens ont causé la mort de Francis Norwillo, employé par un sous-traitant américain, et décédé en manipulant une grenade fabriquée en 1984.  Après 2015 les commandes de matériel neuf progressent, ce qui explique le regain d’activité dans les usines bulgares.  Une fois que les armes sont en Syrie, il est plus difficile de les tracer avec précision, mais l’étude de l’équipement des groupes peut être instructif. La présence chez Jaych al-Nasr (« l’Armée de la Victoire ») de matériel étranger peu courant en Syrie laisse penser que le groupe bénéficie de livraisons de matériel, en particulier des armes bulgares en quantités importantes, parfois de fabrication récente.  Jaych al-Nasr (JaN) est fondé dans la région d’Hama en 2015, et regroupe initialement 16 factions rebelles modérés qui mènent des opérations communes.  La même année JaN évolue avec la fusion de trois groupes en son sein (Faucons d’al-Ghab, Front du Salut et Régiment 111). En février 2017 ils subissent de lourdes pertes en affrontant Jund al-Aqsa, et fin 2017 les défections affaiblissent encore le groupe. JaN est proche de la Turquie et opérerait à Afrin depuis février 2018″.

Un trafic énoncé par Amnesty

Le 5 janvier 2017, Amnesty, excédé, demandait « d’arrêter les envois irresponsables alimentant les crimes de guerre des milices » en précisant que « des recherches sur le terrain et des analyses spécialisées approfondies d’éléments photographiques et vidéo montrés depuis juin 2014 ont révélé que ces milices paramilitaires avaient bénéficié de transferts d’armes fabriquées dans au moins 16 pays, notamment des chars et de l’artillerie, ainsi qu’un large éventail d’armes légères. Les milices majoritairement chiites ont utilisé ces armes pour faciliter la disparition forcée et l’enlèvement de milliers d’hommes et de garçons principalement sunnites, la torture et les exécutions extrajudiciaires, ainsi que la destruction aveugle de biens. «Les fournisseurs d’armes internationaux, y compris les États-Unis, les pays européens, la Russie et l’Iran, doivent prendre conscience du fait que tous les transferts d’armes à destination de l’Irak risquent réellement de se retrouver entre les mains de groupes de milices accusés depuis longtemps de violations des droits de l’homme», a déclaré Patrick Wilcken, chercheur en contrôle des armements et des droits humains à Amnesty International ».

Des chiffres sidérants, le rôle des lobbys dans la vie politique US

Les chiffres finaux sont en effet faramineux.  En 2015, 79 compagnies différentes ont bénéficié de contras selon Military.com.  Dix d’entre elles ont absorbé à elles seules 65% des sommes accordées par le ministère de la défense US.  Et sur les 20 milliards dépensés en septembre 2015, 13 l’étaient pour des munitions, 4 milliards pour des liens avec les armes légères et 3 pour les armes proprement dites !!!

Comble de la crétinerie de dépenses faramineuses, on relevait que « l’Inspecteur général du Département de la Défense a déclaré dans un rapport publié en juin que l’armée avait ajusté 2,8 milliards de dollars d’ajustements dans les écritures comptables au cours du seul trimestre de 2015 et de 6,5 milliards de dollars pour l’année.  Pourtant, l’armée manquait de reçus et de factures pour justifier ces chiffres ou les avait simplement inventés. »  En conséquence, les états financiers de l’Armée de terre pour 2015 étaient «matériellement inexacts», conclut le rapport.  Les ajustements «forcés» ont rendu les déclarations inutiles, car «les responsables du DoD et de l’Armée ne pouvaient pas compter sur les données de leurs systèmes comptables pour prendre des décisions en matière de gestion et de ressources. »  Incapables de justifier 6,5 milliards de dépenses ???

Voici les chiffres de septembre 2015 :  à noter que des contrats ont été régulièrement signés à des entreprises n’ayant pourtant pas respecté la teneur des précédents, autre aberration flagrante du système des attributions d’armements.

  • Alliant Techsystems (ATK, aussi Orbital ATK) – 21 977 118, 613 dollars (pour 101 contrats, c’est le premier fournisseur de munitions au monde).  Sa filiale Thiokol fournit en carburant à poudre les fusées US.  Elle est intégrée désormais dans Northrop Grumman Innovation Systems. Un seul contrat précédent de 210 millions regroupait les munitions de calibre .50, 5.56mm et 7.62mm…  A noter que la firme a dû régler 46,5 millions de pénalités pour ne pas avoir respecté ses contrats depuis 1995… un contrat de 2010 qui portait notamment sur des munitions défectueuses pour le Department of Homeland Security lui avait valu 2,35 millions de pénalités !
  • DRS Technologies Inc. – 3 251 224, 478 dollars (8 contrats); elle s’appelle aussi Leonardo, c’est l’ex Finmeccanica, et elle produit des avions tels l’Alenai Aermacchi  M345, associé à Raytheon, devenu T-100. C’est lui-même l’ancien… Yak 130 russe, négocié avec les italiens à la chute de l’URSS.  Il  a volé pour la première fois en 1996 !  En 2006, elle avait reçu… 396 millions de dollars… spécialisée dans l’électronique.  Elle aussi n’avait pourtant pas respecté son contrat à 6 reprises, avec à la clé à chaque fois plus de 130 millions de dollars de pénalités à plusieurs reprises des condamnations, pratiquement chaque année, pour… racisme envers son recrutement !  La firme versera 200 000 dollars pour la campagne de réélection du démocrate John Murtha (mort en 2010), un vétéran du Viet-Nam, mêlé à un scandale de lobbyisme flagrant : il avait obtenu 14,7 millions de dollars sous forme de fonds destinés au Congrès, connus sous le nom de « ressources propres » pour la firme Kuchera Defence Systems, qui lui avait versé 60 000 dollars en retour lors de sa campagne.  La Navy avait suspendu Kuchera pour « fraude présumée, notamment de multiples incidents de surcoût, de tarification défectueuse et d’infractions éthiques ».  Le sénateur avait monté tout un système fort efficace (pour lui) : « Murtha a affecté 78 millions de dollars à des clients d’une société de lobbying basée dans la région de Washington, PMA, la deuxième entreprise récemment attaquée par le FBI. Paul Magliocchetti, un ancien membre du sous-comité de Murtha, a quitté Capitol Hill pour fonder la société de lobbying en 1989, l’année même où Murtha est devenu président du sous-comité.  Entre 2005 et 2007, plus d’un dollar sur cinq que Murtha a collecté en contributions de campagne provenait de lobbyistes de la PMA ou de leurs clients. »  Ce qui n’a aucunement empêché la Navy de donner son nom à l’USS John P. Murtha (LPD-26), le dixième navire de transport amphibie lancé en 2011 !  Murtah avait pourtant aussi puisé de façon scandaleuse dans une association appelée « Pennsylvania Association for Individuals with Disabilities », autrement dit « PAID », ce qui prouve par défaut une forme de cynisme bien particulier (son assistante, Carmen Scialabba de KSA Consulting, avait tout pompé en salaires) !  Il était très organisé, son lobbying, « découvert » seulement après sa mort : « le réseau de John Murtha comprenait quatre anciens membres du personnel: Carmen Scialabba de KSA Consulting Inc., Colette Marchesini Pollock de GSP Consulting Corp., Scott Harshman de Harshman Consulting LLC et Gabrielle Carruth, qui travaille directement pour l’entrepreneur en défense Argon ST Inc. – représentant six défenseurs. les entrepreneurs. Ces sous-traitants – Advanced Acoustic Concepts (associé depuis à Leonardo, son Captas Variable Sonar est ici à droite, c’est aussi une division de Thales), Argon ST, Coherent Systems, KDH Defence System Inc., Nokomis Inc (ci-contre à droite). et Sabeus Sensor Systems – ont reçu un total de huit crédits d’affaires, d’une valeur totale de 18 millions de dollars, pour des éléments tels que le système de détection d’improvisations improvisées, dispositifs explosifs, détection des menaces sur les voies navigables et systèmes informatiques pour les petits navires de combat. Murtha et sa majorité PAC ont reçu 51 100 dollars de leurs PAC d’entreprise, 111 600 dollars des principaux dirigeants d’entreprise, 2 500 dollars de GSP Consulting et 26 900 dollars des chéquiers personnels des lobbyistes, soit 192 100 dollars. La trésorière de la société PAC d’Argon ST est la même Gabrielle Carruth. David Herbener, président de KDH, a affirmé dans un courriel que Scialabba n’avait jamais représenté sa société, bien que KSA Consulting ait déposé plus d’une douzaine de formulaires de divulgation publique depuis 2003 déclarant le travail de lobbying de Scialabba pour KDH. »
  • BAE Systems Inc. – 2 761 670, 581 dollars (8 contrats, c’est la firme aéronautique anglaise bien connue);
  • Knight’s Armament Co. – 1 782 974, 456 dollars (15 contrats); c’est la société créée autour du  Rail Interface System (RIS) et du Rail Adapter System (RAS), qui produit, sans surprise non plus, des variantes d’AR-15 vendues sur le marché civil… Elle produit le Knight’s Armament Company LMG, ici à droite, en réalité le fusil d’assaut créé par Stoner, l’inventeur de l’AR-15. Ici, deux « intellos » le présentent en relevant l’origine nazie de l’objet. Des intellectuels, car ils ont besoin d’un stylo pour le démonter : le seul moment où ils en utilisent un, certainement…
  • General Dynamics – 1 626 048, 701 dollars (36 contrats).
  • Colt’s Manufacturing Company – 1 372 567, 795 dollars
  • FN Herstal – 995 194, 319 dollars : c’est bien la société belge, en effet !
  • Insight Technologies Inc. – 790 071, 945 dollars : elle aussi condamnée à verser 1 million de dollars à l’état pour faux contrat…
  • Olin Corp –  612 415, 840 dollars la firme est aussi un firme chimique, productrice de chlore et de soude caustique.  Son développement est exponentiel depuis 2004, et ses ventes en Irak et en Afghanistan… Elle fournit depuis toujours les munitions pour Winchester.
  • American Ordnance LLC. – 483 022, 354 dollars
  • Le plus gros contrat du DOD a concerné en fait la modernisation de l’usine du Lake City Army Ammunition Plant, créé par Remington en 1941, où 8 480 000 dollars ont été engloutis.  En avril 2017 un employé y est mort dans une explosion accidentelle: il travaillait pour… Orbital ATK. Logique, c’est là qu’ATK fabrique toutes ses balles.  L’usine a produit à ce jour 15 milliards de cartouches !!!

 

(1) « Des munitions d’origine diverses, mais aussi stupeur : certaines cartouches étaient marquées WOLF, 7.62 x 39 : douze des trente chargeurs récents saisis provenaient en effet d’une entreprise américaine qui a pignon sur rue et site internet actif (woolfammo.com/index.php). Avec ses slogans d’enfer  : « Cheaper than Dirt »… Enfin, quand on dit américaine, c’est un plus compliqué que ça : la firme est russe d’origine, fabrique ses cartouches à Tula et possède une antenne aux USA, à Placentia. (c’est en Californie).  Une firme qui fournit en priorité Tactical Response, une société fondée en 1996 et dirigée par James Yeager qui était il n’y a pas si longtemps à Bagdad le responsable des huit commissaires américains chargés de surveiller les élections.  Un mercenaire, dans toute sa splendeur. Auparavant, dans les années 90, il avait travaillé pour les services des narcotiques, devenant une véritable… barbouze : « De janvier 1992 à mai 1996, James Yeager a collaboré avec diverses unités de la Task Force sur les drogues, ainsi que de nombreux groupes de stupéfiants des départements locaux, achetant et vendant des stupéfiants illégaux en qualité d’infiltré. Il s’est spécialisé dans les opérations de couverture profonde, a utilisé des noms fictifs et a déménagé fréquemment. (…) Il a effectué des centaines d’achats et de ventes de stupéfiants au cours de cette période et continue de travailler dans des opérations de courte durée selon les besoins.  » A noter que l’homme se vante d’avoir vendu un jour de la drogue… Il est un de ces nombreux mercenaires ayant déjà eu des liens avec la CIA envoyés à Bagdad pour se remplir les poches, et revenir aux Etats-Unis pour continuer à le faire.  Sur un des clichés de son site, il pose fièrement devant l’entrée de Bagdad immortalisée par les deux gigantesques sabres, pistolet à main.  L’homme a oublié un détail dans son propre panégyrique : le 20 avril 2005, par son comportement, il a été à l’origine d’une tuerie à Bagdad. » En 2013 il refaisait des siennes Nashville, au point de se voir retirer son port d’arme.  Cet homme est en fait dangereux.  Aujourd’hui, omniprésent sur le net, il écrit ‘Every MINUTE Trump is President we take back another inch of our National Pride »  ce qui n’est pas non plus en surprise…

(2) selon l’OCCRP et son dossier  « The Black Sea Route to Syria »:  Les dizaines de vastes conteneurs métalliques chargés sur le MV Norfolk se sont à peine démarqués dans l’agitation du port le plus actif de Bulgarie sur la mer Noire le 22 septembre 2016.  Mais les panneaux d’avertissement d’explosifs orange sur chaque caisse ont été soigneusement manipulés depuis le quai des quais de Burgas suggérés l’envoi était loin de la routine. Le cargo commercial avait été commandé par le commandement des opérations spéciales du Pentagone (SOCOM) pour transporter 1 600 tonnes de munitions vers les voisins syriens, la Turquie et la Jordanie, puis vers des rebelles soutenus par les États-Unis combattant l’Etat islamique. L’expédition de septembre, la quatrième du genre en moins de 12 mois, a transporté quelque 6 300 tonnes d’armes et de munitions du Bloc de l’Est des ports de Constanta en Roumanie et de Burgas en Bulgarie aux ports militaires d’Aqaba (Jordanie) et d’Aqualar (Turquie).  Selon les documents d’achat, les données de suivi des navires et deux listes de cargaisons obtenues par le Réseau de compte rendu d’enquêtes des Balkans (BIRN) et le Projet de compte rendu sur la criminalité organisée et la corruption (OCCRP). Un seul navire – à partir de mars 2016 – a transporté 13 millions de balles, 35 000 roquettes et 6 000 armes. Les armes et les munitions ont été livrées aux ports d’Europe centrale et orientale, principalement par camion. L’opération de transport fait partie de l’un des plus importants achats d’armes de style soviétique du Pentagone – jusqu’à 2,2 milliards de dollars d’ici à 2022 – pour armer les rebelles syriens combattant l’État islamique. »

Toute la série expliquant les déboires en fournitures de mauvais matériel à l’armée afghane et les magouilles attenantes et lisible ici :  comme vous pouvez le constater, il y a une dizaine d’années que c’est exactement la même chose.  Les américains sont décidément fort répétitifs !
sources
http://www.smallarmssurvey.org/fileadmin/docs/F-Working-papers/SAS-WP18-Syria-Headstamp-Trail.pdf
Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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