Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / MH370 (27) : de drôles de relations

MH370 (27) : de drôles de relations

Nota :  à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

L’incroyable deuxième liaison 

Mais son arrestation en Russie n’aura pas été la seule déception d’Elena (si tant est que sa relation ait été amoureuse).  Elle aurait dû davantage se douter d’avoir des rivales, dont une plutôt inattendue, très inattendue même.  Début 2018, une vidéo « chaude » a émergé d’abord en Belgique, procurée très certainement par les services secrets kazakhs, trop ravis de l’aubaine, montrant Ablyazov en très proche compagnie, disons, dans  une chambre de motel, pour rester sobre, avec  Lyudmyla Kozlovska, la responsable ukrainienne de l’ONG « Open Dialog Foundation », fondée en Pologne, qu’il avait lui-même recrutée pour se refaire une nouvelle réputation de défenseur des droits de l’homme… Aucun doute sur la prise de vue, aucun montage ou traficotage.  Ce sont bien les deux personnes dont on parle. Le doute sur l’ONG existait avant cet événement surprenant.  Les fonds alimentant l’ONG étaient plus que flous, une bonne partie provenant de versements du millionnaire kazakh (ou de la propre société de Kozlovska, Silk Road Biuro Analiz i Informacji, ce que d’aucuns avaient déjà reproché à l’ukrainienne:  Silk Road Biuro Analiz i Informacji, une société liée à Scottish company Stoppard Consulting LLP, dont des souscripteurs ont été mêlé à des détournements en Moldavie, réalisées par le moldave Veaceslav Platon, inventeur du «  Russian Laundromat » et marié  à une reine de beauté ukrainienne, un homme, qui, curieux hasard, possède aussi la citoyenneté russe ! C’est cela que lui avait reproché avant et noir sur blanc tout la Pologne :  l’origine des fonds de son ONG, évoquant une influence… russe.   Dès 2014,  le site tvp.info avait révélé que le demande de licence d’armes avait été acceptée par Piotr Pytel, l’ancien chef du Military Counterintelligence Service (SKW) polonais, devenu plus tard l’objet de soupçons de collaboration avec le Federal Security Service russe (le fameux FSB, le successeur du KGB).  L’accord passé avait été révoqué lors du changement de gouvernement de 2015,  soit le ministre de l’intérieur, Mariusz Błaszczak du parti Law and Justice (PiS) arrivé au pouvoir.  Selon la presse,  l’ONG était proche du Civic Platform (PO), alors au pouvoir et tombé depuis dans l’opposition.  Cette histoire de licence d’armes n’était donc pas une invention !!!  Le 6 décembre 2017,  Piotr Pytel a été arrêté par la police militaire, accusé de » transgression » et de « manquement à ses obligations » en tant que chef du SKW.  C’est sa chute qui a entraîné celle de l’ONG en Pologne, pas les déclarations incendiaires du mari !

 Selon d’autres encore « outre l’argent contaminé d’Ablyazov, ODF reçoit environ 80% de ses fonds des relations professionnelles et familiales de Petro Kozlovskiy, dont le siège est en Crimée, à Sébastopol, annexée illégalement, où se trouve être par hasard le frère de la présidente de la Fondation, Lyudmila Kozlovska ».  L’activité ‘principale’ de Petro Kozlovski est « Sevastopolsky Majak », une société qui fabrique des équipements pour la marine russe ».  Bien entendu, connaissant la traque systématique du gouvernement kazakh, on se doute d’où viennent ces informations qui dénigrent tant l’ONG.  Mais il  n’empêche, avec elle, on entrait dans une autre catégorie, mais qui rejoint aussi la mise en liberté de la précédente, comme on va le voir :  celle d’un téléguidage extérieur, dans lequel la Russie n’aurait pas été anodine, et celle d’Ablyazov, dont se méfiaient aussi les polonais.  Car la militante d’ONG, mariée elle aussi (avec le polonais Bartosz Kramek), avait posté un peu partout auparavant des textes frondeurs sur Interpol et ses abus, selon elle, de « l’usage des fiches rouges », sujet qui prend une toute autre dimension maintenant que sa relation a été révélée (à droite une image un peu plus décente de leur rencontre) !!! Expulsée du territoire de Schengen à la demande de la Pologne pour « atteintes à la sécurité« , elle avait remué ciel et terre (et même Radio Free Liberty, la radio pro-US, tombée dans le panneau !)  pour clamer son innocence et évoquer une « injustice ».  Bref, elle remuait beaucoup d’air…  Trop, va-t-on dire.  Et posait bien souvent en compagnie d’Ablyazov (comme ici encore à gauche) !

Un permis d’exportation d’armes pour une pacifiste ? 

Une injustice ?  Pas vraiment.  Car entre-temps on avait appris (ici) avec grande surprise que  « L’ONG, dont Kozlovska est la présidente, avait déjà obtenu une licence d’exportation qui prévoyait notamment le droit de fournir du matériel militaire à l’Ukraine orientale sous contrôle russe.  Le gouvernement polonais l’a rapidement révoqué et le fonctionnaire qui l’a publié a été interrogé avec prudence sur ses liens avec le FSB, le redoutable successeur du KGB.  De plus, l’ONG aurait reçu des fonds d’une entreprise qui aurait fourni du matériel militaire au gouvernement russe – et qui entretiendrait des liens étroits avec le frère de Kozlovska. »  L’amour est décidément aveugle ou mène à tout !  A transformer une ONG se présentant comme pacifique en marchand d’armes pro-Poutine, par exemple !!!  Sidérant !  Selon Antikor (site ukrainien, rappelons-le, mais aussi anti-Poutine) derrière Lyudmyla Kozlovska, pourtant ancienne militante de la Révolution Orange, au départ, il y aurait bien en effet désormais un agent qualifié de « dormant » de la Russie !  Elle serait en ce cas dans la droite ligne de la Guerre Froide !!!

D’autres sulfureuses liaisons

La troisième amourachée du lot (un tombeur, je vous dis !) étant Botagoz Jardemalie, l’ancienne directrice de la banque BTA, exilée en Belgique depuis et elle aussi soupçonnée de « grande proximité » avec son patron.  En novembre 2017, son frère Iskander Yerimbetov a été arrêté au Kazakhstan et y a été torturé, selon son avocat :  les opposants au pouvoir kazakh sont effectivement durement pourchassés, on ne peut le nier.  Ce même Yerimbetov ayant fait fortune avec des sociétés de téléphonie revendues en Russie, mais aussi une entreprise sucrière à Karagandy, achetée en décembre 2013 grâce à un versement de 5.4 millions de dollars venus d’Ablyazov, alors que ce dernier était en prison en France, versement qu’il nie aujourd’hui  avoir reçu !!!  Yerimbetov, on avait surtout retrouvé son nom au sein des Panama Papers, détenant une entreprise offshore appelée Dadino (4), liée elle-même à d’autres et enregistrée dans les Iles Vierges.  Selon le site déjà cité, le lien avec Botagoz conduit surtout à Alexander Potkin, un russe nationaliste (ici à droite, il a été condamné à sept ans et demi de détention en 2016 en Russie pour « extrémisme » : au pays de Poutine imaginez donc ce que ça peur être ! Lire ici le « côté sombre » de son parti).  C’est l’ancien responsable du Movement Against Illegal Immigration (DPNI) et lui aussi bénéficiaire des détournements de la BTA Bank :  l’ONG défenseur des droits de l’homme, Kozlovska se satisfaisait donc visiblement de la proximité du créateur avec un fascisant notoire, et un autre militant nationaliste russe, Dmitry Demushkin, du parti nationaliste « Les Russes » !!!  Dans une de ses manifestations, en 2011, on avait pu y croiser un membre du « Renouveau français », venu avec une centaine de parisiens clamer leur haine des populations  « non européennes », ou entendre les slogans  « Pas de mosquée à Moscou »,  «  A Moscou les Moscovites, en Russie, les Russes ».  Potkin, qui est aussi raciste, a aussi changé de nom pour s’appeler désormais Alexandr Belov, qui signifie en fait « blanc » en russe !!!  Parmi leurs supporters, des hommes en armes retrouvés ici en photo à gauche (le logo est nazifiant), dans cet effrayant reportage sur la guerre en Ukraine…. côté partisans des russes : à ceux-là, il faut bien apporter des armes, en effet !  Depuis, Botagoz Jardemalie,  qui était venue s’installer à Schaerbeek, et son mari sont partis s’installer à Dubaï, où l’on sait que les loyers se payent une misère, c’est bien connu (rendant ainsi probable une somme détournée annoncée à plusieurs millions de dollars, en ce qui la concerne) !!!  Elle avait pourtant bénéficié de l’aide de l’OID (International Observatory for Lawyers in Danger) qui évoquait la traque sans fin du régime kazakh à son encontre, critiquant eux aussi sa propre mise en fiche rouge sur Interpol.

Un kidnapping raté et un mari pétrolier qui fore à côté 

Le journal le Vif avait relevé une traque bien particulière à son encontre :  une tentative d’enlèvement ratée, qui a fait l’objet d’une enquête par le procureur général de Bruxelles.  Selon le magazine, en effet, ce seraient deux ex-agents de l’ex-Stasi, déguisés en officiers de police, qui auraient fait le coup en même temps qu’aller fouiller dans les boîtes aux lettres d’autres avocats.  Un troisième larron, journaliste de Deutsche Welle, la radio et télévision publique internationale allemande (sorte de RFI), aurait participé à l’action (ce qui semble plutôt surprenant).  Les deux premiers auraient été arrêtés en Allemagne en 2o15 mais auraient été relâchés, selon le Vif, qui ne cite pas ses sources.. « Des écoutes téléphoniques et des perquisitions effectuées dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, menée à l’initiative du juge d’instruction bruxellois Frédéric De Visscher, laissent planer peu de doutes sur les intentions des trois affidés, qui ont eu recours à des ficelles parfois grossières.  Courant 2014, les deux espions se sont présentés aux bureaux des avocats belges de l’opposante, déguisés en policiers, pour tenter d’obtenir son adresse.  En vain. Ils ont alors essayé de corrompre, moyennant 5 000 euros, l’un des membres du cabinet, Lexial.  Celui-ci a été victime d’hammeçonnage et de piratage des boîtes mail » a-t-on pu lire ici.  L’un des deux faux policiers, repéré et arrêté plus tard à Belgrade, aurait bien été extradé vers la Belgique, mais il aurait encore une fois été libéré…  ce qui laisse fortement entendre l’action de services secrets !  Ou d’un montage complet, tant l’histoire semble tordue, destinée à faire obtenir le statut de réfugié à protéger (oui, mais dans ce cas quid des attaques de boîtes mails, ou de la tentative de soudoyer ?).

Mais regardons plutôt ce qu’il y a à ses côtés.  Son mari, c’est Peter Sztyk, ancien propriétaire du groupe New World Oil & Gas avec son frère George, tous deux affairés en 2012 à vouloir attirer des investisseurs pour forer du pétrole au Belize (dans le Blue Creek Production Sharing Agreement), ce qui ne semble pas convaincre grand monde.   « En août 2013, après que NWOG eut obtenu des résultats de forage décevants, une société appelée Niel Petroleum, dont le directeur et l’actionnaire principal étaient les anciens partenaires commerciaux de Khrapunov, Nicolas Bourg et Laurent Foucher, ont proposé de racheter NWOG. Moteur de nombreux projets douteux en Afrique centrale, le groupe Niel est désigné comme une « entité contrôlée par Ablyazov-Khrapunov » sur des documents juridiques. Il a finalement été contraint par le conseil d’administration de NWOG après avoir été limogé par Bourg en 2016 en tant que blanchisseur d’argent ».  Ah tiens, voici deux français de cités…  Ne manquait plus que cela ! Des français liés à l’histoire (on va y revenir !).  Depuis, les Sztyk ont quitté la société qui est inscrite désormais à Jersey.  On notera en ce cas que c’est à nouveau Ablyazov qui rachetait un bidule dont il avait été à l’origine au départ, via l’épouse de Sztyk, chez BTA !!  Toujours le même procédé !

Les « Sztyk brothers » étaient repartis avec de belles casseroles derrière eux, donc.  En 2015, New World & Gas a refait la une des journaux avec un histoire incroyable d’achats de parts par un trader de 38 ans inconscient ayant pris le contrôle sans s’en rendre compte, obligeant sa mère à rembourser les autres investisseurs. Qui pouvait bénéficier d’un telle manœuvre, sinon ces derniers ?  Du travail d’artiste, à ce stade !  Avec surprise, on retrouve le même Peter Sztyk (le mari de Botagoz Jardemalie, on le rappelle) à une conférence à Madrid en compagnie de… Lyudmyla Kozlovska, se présentant alors comme Secrétaire du Comité des Droits de l’Homme de l’UWC (Ukrainian World Congress) un mouvement non gouvernemental chargé de la diaspora ukrainienne en Europe.  Une autre ONG.  Le 3 août dernier, le mouvement était allé rencontrer Mike Pompeo pour plaider la cause de la reconnaissance de l’occupation de la Crimée par Moscou et demander son arrêt.  Etrange croisement d’intérêts… : l’un demande la paix, sa voisine fournit les armes !!!  Peter Sztyk, on le retrouve aussi ici lors de la signature d’un accord en 2017 avec le pétrolier koweitien,  Al Maraam (en fait Al Maraam Al-Ahliya Company for General Trading and Contracting LLC), dans lequel  Nicolas Bourg, Laurent Foucher  apparaissent (de Niel Petroleum).  Ils ont investi à trois 5 millions d’euros, disent-ils.  Au temps de New World Oil and Gas, Muaaz Alfahaid avait déjà investi dans 20% de Niel Petroleum.  New World Oil and Gas, par son nouveau directeur, Chris Einchcomb, avait lui cessé toute relation avec Niel le 21 août 2013.  En somme, on a rien trouvé au Belize, mais c’est sûr, on va le faire au Koweit…  Sur la photo, Sztyk est à gauche, mais c’est l’homme de droite dont on va retenir le cas…  Et celui-là aussi mérite également le détour… par l’Afrique cette fois !

Un sous-Mr Afrique ?

Ce même Foucher, l’homme à droite sur la photo, remplit le net d’articles dithyrambiques à son égard (la prose le concernant  est proche de l’encensement présidentiel en Corée du Nord : « Le révolutionnaire qui change le paysage d’Afrique », « Laurent Foucher, un homme de bonne personnalité », « Laurent Foucher – chef de file dans l’industrie des télécommunications « , « Laurent FOUCHER distingué comme « Homme de l’année » par la Fondation BAMARA » «  Un vrai visionnaire d’au-delà du temps », «  Telecel l’une des plus grandes entreprises de télécommunications d’Afrique est dirigé par Laurent Foucher » ou le sommet ici : « Le plus grand leader commercial vivant Laurent Foucher ».  Qu’est-ce ce que sera quand il sera mort… Non, ne rigolez pas, c’est ce qu’on trouve comme titre des proses dédiées à son action en Afrique et rédigés par ses propres clients obséquieux :  c’est le Kim Jong II Fouchet, en quelque sorte !!!  Il y a aussi la flagornerie, comme dans cet interview qui débute par une citation… cireuse de pompes.  C’est aussi de façon surprenante un « ambassadeur de la Centrafrique à Genève auprès de l’ONU (ça rappelle ici quelqu’un) et c’est avant tout un proche de…  Claude Guéant.  Ouh là, se dit-on, avec cette proximité on va avoir droit à tout… et en effet.  « En 2013, le site Mediapart, dans un article intitulé « Bal des prédateurs à Bangui », évoque son déplacement à Bangui, en compagnie de l’ancien ministre Claude Guéant et du gendre de ce dernier, Jean-Charles Charki (c’est l’ex-associé de Jean-Marie Messier !!!).  Laurent Foucher est aujourd’hui très proche de la présidente de transition Catherine Samba-Panza ».  Son empire africain des télécoms, il ne l’a pas bâti mais il l’a racheté aux… russes :  Telecel Centrafrique faisait en effet partie du groupe Orascom Telecom/Vimpelcom, le géant russe de la téléphonie.  Il n’a repris que la filiale centrafricaine. La société couvrait déjà avant lui 52 autres villes du pays et représentait 50% de part de marché de téléphonie mobile avec près de 500 000 abonnés. Problème, le 20 octobre 2014, voici ce qu’on avait pu lire chez Reuters : « l‘année dernière, Vimpelcom avait accepté de vendre les deux entreprises à une autre société – Neil Telecom, une entreprise de télécommunication émergente axée sur le marché et dirigée par l’investisseur africain Laurent Fouchers (sic), avaient déjà déclaré des sources bancaires.  L’accord a été annulé car l’acheteur n’a pas réussi à conclure le contrat, Vimpelcom, basé à Amsterdam et détenu majoritairement par le groupe russe Alfa et le norvégien Telenor ».  C’est au final Econet Wireless Global qui a empoché le contrat.  Ah tiens, voici un propriétaire qui ne l’était donc pas ?  Un proprio ayant pourtant attiré un dénommé Hugues Mulliez… (pas vraiment adroit côté numérique, pourtantvenu déclarer que « L’Afrique est merveilleuse par sa tribalité positive et sa richesse culturelle renaissante »… « tribalité positive », on aura décidément tout entendu !!!  En les entendant, on croit voir l’incroyable film-réalité The Ambassador de Mads Bruügger, comme le dit ici à gauche Yann Thomas, le short colonel en moins !!!

Un problème de communications ?

Sur ce, l’homme avait en fait été arrêté biévement en juin dernier au Burundi sur plainte pour escroquerie en fait une quittance pas réglée en temps il semble et la pression d’un autocrate local (et pasteur !), il semble bien, fort lié à la présidence.  Rien de bien compromettant ni de répréhensif donc, en apparence  : « « Accusation fantaisiste », selon son avocat, Fabien Segawa, qui expliquait que « les quatre hommes étaient venus au Burundi au nom de la société de télécoms ITS, basée à  Hong-Kong, pour prendre le contrôle d’une société burundaise rachetée en avril.  Ces sources affirment que cette société burundaise, dirigée par un proche du président Pierre Nkurunziza, n’a jamais versé de bénéfices à sa maison-mère depuis sa création en 2015.  Le but du nouveau propriétaire était donc d’y installer un gérant de confiance.  Cette société burundaise avait été créée en 2015 pour contrôler les appels internationaux en vue de prélever une taxe de 0,32 dollar par minute introduite à cette époque par le gouvernement ».  Problème et autre son de cloche ici :  ITS est l’entreprise qui a obtenu tous les droits de communication au Burundi, sur les réseaux entrants et sortants (et là également) : « Emmanuel Sinzohagera, un pseudo-pasteur qui jongle entre la bible et le chéquier et ex-commissaire chargé des Finances du parti au pouvoir est le véritable patron de ITS Burundi, une filiale 100% de ITS Hong Kong (il est impliqué ailleurs).  Le bureau de cette société se trouve dans un carré le plus sécurisé de Bujumbura: entre l’État-major Général et le Service National de Renseignement.  Un staff d’à peu près 5 personnes sont à la manette de ce business et est composé presque exclusivement par la famille de ce pasteur cynique et médisant ».  Parmi les quatre autres arrêtés, Jean Christophe Viguier d’ITS hong-Kong , Sébastien Vacher, l’ancien Directeur de Développement de Monaco Télécom et surtout Abdallah En Khabdani, ancien administrateur de BBS Burundi, la société mixte grâce à laquelle le Burindi est relié au monde des télécoms avec sa dorsale nationale à fibre optique, et son assistant, Donatien Ndayishimiye ancien d’Atos, LexMark, Air France et Thales Group mais aussi l’ancien responsable du renseignement burundais !!!  Du beau linge !!!  Le nouveau président du Burundi faisant pire, visiblement que la présidente intérimaire précédente…

Ok, donc, mais voilà qui est quand même à suivre chez ce Mr Afrique déclaré :  il a été dans l’ombre de Jean-Christophe Mitterrand pendant des années, et le conseiller Afrique de la société pétrolière française Maurel & Prom, il devrait être un bon cas d’étude se dit-on.  C’est lui qui était le directeur de la pêcherie mauritanienne « Iwik » qui a valu à Mitterrand fils d’être condamné pour abus de bien sociaux, c’est lui qui avait été cité lors du procès de Pierre Falcone avec qui il entretenait d’excellentes relations !!!  Pour preuve cet extrait :  « le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire ‘contre x’ le 17 mars 2004 pour ‘blanchiment’ à propos du financement d’une société de pêche en Mauritanie portant le nom d’Iwik.  Auparavant, le 9 mars, le juge Philipe Courroye avait entendu Olivier Collonge sur les transactions financières liées à la mise en place de cette pêcherie.  Laurent Fouchet a été condamné en octobre 2003, par un tribunal départemental de Nouakchott, à payer 935 000 euros à Olivier Collonge, mais ses avocats ont introduit un pourvoi en cassation devant la cour suprême contre cette condamnation.  Le jugement a été mis en délibéré le 19 mai 2004 et, le 16 juin 2004 la cour suprême de Mauritanie a envoyé au 21 juillet 2004 son jugement dans un litige financier opposant Laurent Fouchet, nouveau PDG d’Iwik et un ex- associé de monsieur Mitterrand, Olivier Collonge ». On ne va  donc pas être déçu…  Sa société selon le Monde avait bénéficié de contrats juteux en Centrafrique, à Bangui, notamment, alors miné par les milices :  « une formation avait été dispensée par la société française Gallice pour « Un peu moins d’un million d’euros pour former et rééquiper en partie environ 280 policiers et gendarmes ».  Pilotée par Mr Gallois, un ancien commandant du GIGN reconverti dans la sécurité privée, l’action avait été financée par Niel Telecom, propriété de Laurent Foucher, un homme d’affaires proche de Claude Guéant.  Niel Telecom est aujourd’hui actionnaire dans Telecel Centrafrique. » 

30 millions de dollars ?

L’article le révélant commençait par « le sulfureux homme d’affaires français, Laurent Foucher, ami des oligarques du Kazakhstan et de Claude Guéant ».  Surprise de lire ceci et… Bingo, en effet :  un article saisissant d’Afrique News Info en date du 17 octobre 2015  nous explique ce lien kazakh pour le moins inattendu « le mois dernier, Mondafrique révélait que le Français Laurent Foucher avait été nommé ambassadeur de la République centrafricaine à Genève par la présidente Catherine Samba-Panza (l’ancienne présidente, qui n’a pas vraiment laissé un bon souvenir, et qui adorait surtout voyager en jet privé…).  Cet homme d’affaires, actif dans les secteurs des mines, du pétrole et des télécoms en Afrique, est un proche de Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, devenu avocat.  Mettant son jet privé à sa disposition, Laurent Foucher l’avait accompagné à Bangui en juin 2013, en compagnie d’entrepreneurs français.  Malgré de multiples appels téléphoniques à la mission centrafricaine, installée au Grand Saconnex, une commune du canton de Genève (qui empiète sur l’aéroport de Genève !), nous n’avons jamais réussi à joindre cet homme d’affaires apparemment très occupé.  A la tête d’une multitude de sociétés, notamment Neil Finances et Services, Neil Petroleum, Neil Telecom, et notamment Neil Consulting SA, domiciliée sur la prestigieuse rue du Mont-Blanc à Genève, Laurent Foucher entretient des relations suivies avec deux dissidents kazakhs. Viktor Khrapounov, l’ancien maire d’Alma-Ata, établi à Genève avec sa famille depuis sa brouille en 2007 avec le président Noursoultan Nazarbaïev.  Sa fortune est estimée à près de 300 millions d’euros.  Et surtout Moukhtar Ablyazov, ancien ministre de l’Energie, et ancien patron de la banque BTA » .  Franchement je ne pensais même pas retomber sur ça, en regardant la fiche de l’installateur de télécom africain !  Dans un article sur lui, de novembre 2015, dans le Point, on le cite en expliquant une des plaies de l’Afrique actuelle, qui ne sont pas les sauterelles, mais les invasion de faux passeports diplomatiques, en prenant comme exemple (ici à droite) celui de… l’épouse de Moukhtar Abliazov !!!  Chez la Nouvelle Centrafique, on écrit qu’elle n’est pas la seule a avoir bénéficié de cet avantage :  « un Français, Laurent Foucher, à été l’un des bénéficiaires de ces faux passeports ».  Tout cela commence à bien s’imbriquer, là, il semble !  et voilà aussi qui rappelle le même quelqu’un de tout à l’heure, roi des faux passeports du Vanuatu….  « Selon Jeune Afrique, cette fraude porterait sur 8 000 passeports ordinaires et 900 passeports diplomatiques !  Ils « se revendent encore 10 000 euros sur le marché informel à Paris », écrit la publication.  En effet, il s’agit de vrais-faux, en d’autres termes de vrais passeports vierges, fabriqués à Bangui, distribués contre des sommes d’argent.  Ils permettent ensuite aux heureux bénéficiaires de ne pas payer d’impôts et d’échapper éventuellement à des poursuites judiciaires ».

Selon Centrafrique Libre, la décision de le nommer ambassadeur de pacotille n’était pas fortuite : « d’après nos investigations la présidente controversée de la transition centrafricaine a nommé Laurent Foucher pour lui permettre de bénéficier d’une immunité diplomatique.  Laurent Foucher est actuellement recherché par les instances judiciaires de Paris, Luxembourg et Génève pour escroquerie, abus de confiance, détournements et faillite frauduleuse de son groupe Niel.  Ce dernier, pour éviter de respecter les termes d’un contrat de prêt de 30 millions de dollars américains signé le 12 avril 2012 entre United Entreprises Limited et l’entreprise Befort Central Inc dont il est le représentant, va transférer les fonds sur un autre compte bancaire ouvert au sein de  l’Union Bancaire Privée S.A. rue de Rhône (c’est à Genève, où réside Foucher).  Il a présenté ses fonds comme étant les siens et provenant de sa fortune, alors qu’il s’agissait en réalité du montant versé par Befort Central Inc.,au titre de prêt pour le Groupe de sociétés qu’il représente » (à noter que c’est le procédé employé par le Kazakh…).  « Vous vous souvenez que le président François Bozizé avait utilisé la même procédure pour aider son ami, le tristement célèbre escroc Indo-pakistanais Saifee Durbar.  Condamné par la justice française, ce dernier avait été nommé par Bozizé Ministre Conseiller en charge du département de la Coopération internationale pour bénéficier d’une immunité diplomatique.  Autres éléments à apporter à ce triste dossier, le rachat opaque de Télécel une entreprise de téléphonie de droit centrafricain dans une totale opacité par Laurent Foucher. Selon nos informations Niel Telecom qui est le principal actionnaire de Télecel Centrafrique n’a pas respecté le cahier de charges imposé par l’Agence de la Régulation des télécommunications. »

La « Khrapunov connection » qui mène à … Ablyazov !

Nicolas Bourg, du groupe Neil c’est aussi l’ancien directeur de Triadou SPV S. A .  Selon Stefen M-Bland dans son remarquable article de The Diplomat, de juillet dernier seulement, c’est aussi un société qui mérite d’être étudiée de plus près:  « en 2016, Nicolas Bourg, ancien directeur de Triadou SPV SA, a témoigné que Khrapunov lui avait ordonné de retirer de l’argent des États-Unis à la suite d’un procès en Californie. « Triadou est une entité coquille  de SDG et n’a pas de société distincte de SDG », a-t-il déclaré devant le tribunal du district sud de New York.  « Des réunions mensuelles ont eu lieu à Genève entre Ilyas Khrapunov, Peter Sztyk (conseiller d’Ilyas) et, parfois, mon partenaire de longue date, Laurent Foucher.  L’implication de l’argent de la famille Ablyazov-Khrapunov (c’est-à-dire non seulement de l’argent investi par SDG ou Triadou).  Lors de ces réunions, j’ai souvent reçu des instructions d’Ilyas sur diverses entreprises, notamment Triadou et d’autres, l’argent de la famille Ablyazov-Khrapunov était impliqué.  Bourg a ensuite témoigné que les Khrapunov avaient réuni des fonds aux États-Unis pour traiter avec Mukhtar Ablyazov, kleptocrate et ancien ministre de l’énergie du Kazakhstan.  Ablyazov est accusé d’avoir détourné jusqu’à 10 milliards de dollars, en grande partie de BTA, la banque kazakhe à laquelle il était auparavant dirigé, sous le coup d’une ordonnance de gel des avoirs de 4,9 milliards de dollars uniquement devant les tribunaux britanniques. Ilyas Khrapunov est marié à Madina, la fille d’Ablyazov, et des jugements le jugent responsable d’une partie des affaires financières de son beau-père. »  Tout le monde aura noté le « Peter Sztyk (conseiller d’Ilyas) » -, a savoir notre « pétrolier des droits de l’homme », également conseiller du fils de l’ancien maire détourneur de fonds !  Bien entendu, derrière cela il y a le régime Kazakh, qui a engagé un homme de poids pour coincer les Khrapunov, réfugiés eux en Suisse :  Thomas Borer et l’étude Homburger qui ont fait pression par un intense lobbying sur le député Christian Miesch (UDC/BL), le secrétaire du groupe parlementaire Suisse-Kazakhstan, qui a fini par déposer en octobre 2014 une question au gouvernement ainsi libellée «Détournement présumé de fonds publics de la République du Kazakhstan. Que fait la Suisse?».  Pour l’instant, rien, il faut bien le constater :  mais la Suisse a d’autres horloges que les nôtres quand il s’agit d’ouvrir ses coffres, on le sait bien….Il y a sa femme faisant exactement comme Fouchet, quel hasard, en obtenant des passeports diplomatiques représentant la République centrafricaine, à l’ONU, dans sa mission de Genève !!!  Les anglais, eux, frappaient fort le 24 septembre 2018 en réclamant 500 millions de livres sterlings à Ilyas Khrapunov, pour avoir aidé Moukhtar Ablyazov (on rappelle que Moukhtar est son beau-père, Ilyas ayant épousé sa fille, Madina Ablyazova !!!)

La filière belge, ou d’un golfeur à un autre

Un autre personnage a beaucoup perdu, lui aussi et ce n’est pas Ablyazov, qui en a encore sous le matelas. Celui-ci est belge, et beaucoup plus discret, c’est un entrepreneur qui a démarré sa carrière en 1989 à Shanghai, où il a travaillé dans une banque, une succursale de la Generale Bank belge. Il devient ensuite responsable d’une succursale à Istanbul et habite un temps en Turquie et développe des projets au Kazakhstan, au Turkménistan, en Biélorussie et en Russie.  Il s’était fait surtout remarquer en faisant construire l’énorme projet immobilier Sterea, situé près de Bruxelles, en fait  l’ancien hippodrome de Sterrebeek réaménagé, dont on retient surtout le Club de Golf National, un projet fou à 125 millions d’Euros d’investissements.  Le golf de 18 trous est en effet accompagné de 127 appartements, un hôtel de 120 chambres et 7 autres villas de luxe.  L’homme avait eu du flair, car il avait aussi racheté en 2004 une drôle d’entreprise, une petite raffinerie de pétrole kazakhe, appelée alors Zhaikmunai, créée en 1997, et rebaptisée Nostrum Oil & Gas.  L’entreprise (il avait participé à d’autres, une vraie toile d’araignée ses participations, ici à droite) avait annoncé un peu avant tout le monde, il y a plus de 20 ans déjà, vouloir « explorer, produire et vendre des hydrocarbures au Kazakhstan au nord-ouest, dans la partie nord du bassin de pré-Caspienne riche en pétrole », selon son site Web.  L’homme était bien sûr l’actionnaire principal de Nostrum, via  deux sociétés ad-hoc, appelées Claremont Holdings Limited et Claremont Holdings C.V.  Jusqu’en 2017, tout baignait dans le naphte, donc, pour Frank Monstrey, c’est son nom (un flamand) :  depuis six ans il avait même réussi à placer Nostrum Oil & Gas au London Stock Exchange, en Bourse si vous préférez (ici à droite lors de la cérémonie de réception).  Pour faire grossir l’entreprise, il a réussi à lever 1,2 milliards de dollars par le biais d’augmentations de capital et d’obligations.  Elle culmine à 1 000 employés et produit 3 000 barils par jour.  Bref, du beau boulot.  Tout baignait, il contrôlait environ encore un quart de la société et celle-ci continuait à apporter des revenus substantiels :  un site belge parle de « vraie vache à lait » comme entreprise.  Confiant, Monstrey distribuait environ 20% du bénéfice aux actionnaires chaque année:  tout le monde était ravi !  Mais soudain, le 20 mars 2017, le rêve s’effondre pour lui, apparemment : Claremont Holdings Limited et Claremont Holdings C.V. reçoivent ce jour-là une injonction provenant de la High Court de Londres interdisant d’en utiliser les actifs, y compris les actions :  tout se retrouve bloqué, la Banque BTA, immiscée dans le groupe, s’étant retourné contre Ablyazov !!!  Le voilà sans aucune liberté de mouvement, il ne peut pas les revendre, ni échanger ses propres actions.  Le voici qu’il démissionne avec fracas le 20 avril (un mois à peine après), ce qui surprend tout le monde !!!). Tout proviendrait au départ de 3,76 petits pour cents acquis auparavant par la BTA Bank d’Ablyazov, chez Claremont Holdings, 9,44% devant être acquis un peu plus tard dans l’accord.  Claremont renonçant donc à toutes ses actions dans Nosrtrum, pour aussi peu de parts lui échappant ?  Ce qui est plutôt incompréhensible, car Claremont était officiellement toujours majoitairement contrôlé par Frank Monstrey !  D’où le doute, sur les marchés qui soupçonnaient une entourloupe :  BTA Bank, pour beaucoup contrôlait déjà l’intégralité de Nostrum, et Monstrey n’était donc déjà plus que son homme de paille.  D’où l’injonction en forme de torpillage de la Haute Cour.

Où ça se complique, c’est lorsque l’on apprend que, en  2009, Monstrey avait aussi discrètement vendu des participations à KazStroyService (KSS), contrôlé par Timur Kulibayev, le beau-fils du président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev (le premier ministre qui a démarré dans le pétrole chez Zhaikneft Enterprises, et de l’homme d’affaires indien Arvind Tiku. Lakshmi Mittal, fondateur du sidérurgiste Arcelor Mittal, qui détient lui aussi une participation dans KSS.  La société Zhaikmunay LLP a été créée en 1997 au même moment où Nurlan Balgimbayev devenait président de Kazakhoil NC, qui englobait Zhaikneft.  Or Moukhtar Ablyazov faisait encore partie du gouvernement de Balgimbayev, à ce moment là…  Ablyazov n’est donc pas le seul responsable des déboires de Monstrey en ce cas :  en 2010, 27% des actions de Zhaikmunay avaient déjà été vendues à KazStroyService Group, contrôlé par Timur Kulibayev, le beau-fils de Nursultan Nazarbayev…. Bien entendu, sur ces parts, c’est silence radio depuis, comme on peut le lire ici.  Comme on peut le lire, en effet, et comme il l’a dit à Bloomberg en 2012, Monstrey a déclaré que, même si « ils (les gens de  Kulibayev ) ne sont pas impliqués dans la prise des décisions opérationnelles, ils vous aident toujours à naviguer dans le paysage local »… une façon polie de dire que le gouvernement kazakh fourrait son nez partout !!!  Et qu’en ce cas, Ablyazov n’est que l’héritier de tout un système de prévarication à l’ échelle du pays en entier !!!

Pour l’instant on en restait là, car depuis  Monstrey n’a plus voulu donner plus de détails sur le portefeuille Claremont, dont la structure véritable était située offshore… sur l’île de Man, endroit dont on connait le silence… financier. Or l’enquête sur Ilyas Khrapunov a depuis parlé et les documents saisis, accablants, ont montré que la totalité des 440 millions de dollars qui ont financé le réseau offshore d’Ilyas, le beau-fils, provenait de deux sociétés basées dans des ports britanniques appartenant à Monstrey… qui s’est depuis retrouvé logiquement dans le dossier britannique d’Alyazov !!! Selon l’OCCRP en effet,  l’argent est passé directement de l’lle de Man aux Seychelles :  « Les documents montrent que les sociétés Sartfield et Claremont ont versé cet argent en 2011 et 2012 à Northern Seas Waterage, une société enregistrée aux Seychelles sous le contrôle ultime d’Ilyas. Aggarwal, son conseiller financier, a ensuite filtré à travers le réseau, dont une partie aux États-Unis. « Les avocats de BTA ont réussi à convaincre un tribunal britannique des actions de la société Monstrey dans Nostrum Oil & Gas. Un mois à peine après l’accord du gel, Monstrey a démissionné de son poste de président de Nostrum. Au milieu de l’année, il avait passé un accord à l’amiable avec BTA pour vendre ses actions de la société à la banque. Dans ses réponses écrites aux questions envoyées par le CIPRP et ses partenaires, Monstrey a fermement démenti avoir agi en tant que chef de file des intérêts commerciaux d’Ablyazov.  Quand on lui a parlé des 440 millions de dollars, Monstrey a répondu qu’il s’agissait du remboursement d’un emprunt qu’il avait contracté il y a des années d’un partenaire commercial du Kazakhstan. La dette avait ensuite été reprise par Ablyazov après le décès du partenaire. « Je n’ai jamais été un mandataire pour ou un agent d’Ablyazov ou ceux que je connais maintenant comme ayant été associés à lui », a déclaré Monstrey. « J’ai involontairement et innocemment été victime d’une bataille entre BTA et Ablyazov / Khrapunov. »  Mouais.  Mieux vaut aller faire une partie de golf, comme le fait si bien Trump, au lieu d’entendre ça.  Trump, celui à qui a fini par arriver une partie de l’argent via son ami Sater ( l’homme « qu’il ne reconnaîtrait même pas », tellement il l’a si peu rencontré, cf ici à gauche ) pour permettre à Elvira Kudryashova, belle fille de Khrapunov, d’acheter trois appartements dans le complexe du Trump SoHo, construits par Bayrock  !!!  Une transaction à 3 millions de dollars, selon les mails retrouvés.  A droite, le texte du New York City Department of Finance montrant qu‘Elvira Kudryashova est bien la propriétaire du  SoHo 3311 LLC, à l’intérieur du Trump SoHo building.  On comprend aujourd’hui beaucoup mieux depuis pourquoi le discret financier flamand se tait… ou parle déjà d’autre chose ; en 2018, le voici à évoquer actif le secteur des énergies renouvelables en Belgique.  Il vient de fonder la société Tenerga, spécialisée dans le domaine géothermique, ce qui s’appelle déjà… rebondir !  « Frank Monstrey aime jouer au golf pendant son temps libre. Il lit aussi beaucoup et se rend régulièrement à un concert tel qu’un opéra. Il se passionne également pour la pêche à la mouche et aime voyager dans le sud de l’Europe » peut-on lire ici…

Intouchables, version 2 ?

Le mot de la fin de ce véritable vaudeville revenant à EU anti-corruption (5):  « La chose la plus troublante à propos des scandales ODF / Ablyazov n’est pas que les criminels du monde aient mis en place des opérations de relations publiques sophistiquées, se faisant passer pour des ONG, des groupes de réflexion et des journalistes d’intérêt public.  Tout cela est à attendre d’hommes qui ont des milliards de dollars dans la poche de la guerre.  Ce qui est encore plus préoccupant, c’est la mesure dans laquelle des éléments de l’appareil de l’UE ont été intégrés et deviennent parfois complices de l’une des entreprises criminelles les plus complexes du siècle à ce jour ». 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

 

MH370 (26) : d’un cargo pleins de chars à une escroquerie monumentale

 

 

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Des expositions et une BD pour tout savoir sur la pire « serial killeuse » de France

Combien de femmes, d’hommes, d’enfants, et même de curés, Hélène Jégado a-t-elle fait passer de ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.