Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / MH370 (2) : le drone de trop

MH370 (2) : le drone de trop

Parmi les débris retrouvés aux Maldives, il en est plusieurs qui, mélangés aux autres, n’étaient manifestement pas des morceaux de Boeing. Mais leur nature semble avoir manifestement échappé à beaucoup d’observateurs. Et pourtant, ils étaient bien reconnaissables… et ouvrent une porte qui mérite d’être poussée, puisqu’ils vont nous mener bien plus loin que prévu.  Mais cette fois pas géographiquement, mais… militairement.  Sinon plus loin encore, comme on va le voir…

La corde à piano révélatrice

Un des débris apparus sur une des plages paradisiaques de cet îlot (en décembre, deux mois après, c’est le cosmonaute Buzz Aldrin qui nous faisait visiter les lieux… sur invitation au Best Hotel in the World selon TripAdvisor), est nettement plus intéressant en effet.  On a en effet trouvé en réalité d’abord deux, de morceaux, qui, puisqu’ils n’étaient visiblement pas des morceaux du Boeing, ont nettement moins intéressé la presse, semble-t-il (il y en aura même trois, au final)…

Or, il aurait fallu être plus attentif en effet à ce qui venait de s’échouer… car aujourd’hui, on peut s’en mordre les doigts, et moi le premier, à ne pas voir noté ce qui était flagrant devant notre nez.  Et pour ajouter à la chose, on a effet découvert un troisième morceau de la même bête à Vilamendhoo autre lieu paradisiaque (c’est aux Maldives également).  Preuve qu’elle avait bien existé, cette bête, avant de finir elle aussi en pièces détachées… comme le Boeing 777. Revenons à la première donc:  un bout d’aile, à laquelle est encore attachée son aileron (ici à droite), les deux reliés de manière un peu surprenante par une liaison en charnière à piano.  La matière est voisine des flans ou des stabilisateurs du 777:  c’est du composite avec un substrat de nid d’abeilles en dessous.

On retrouve vite quel est l’engin qui relie ensemble ces éléments avec ce procédé peu commun (grâce à la photo d’un armurier positionnant une bombe guidée sous l’aile droite de l’engin, comme ci-dessus à gauche) :  c’est une pièce de MQ-9 Reaper, oui, le fameux drone… « tueur »,  le successeur armé du non moins fameux Predator  !!!  Avouez que pour une surprise, c’en est une en effet !

On a a même confirmation avec un autre débris retrouvé, lui couvert de bernacles (ici attachées à un bouée), un aileron dont le bras actionneur de l’aile (sous son cache aérodynamique) se fiche dans le support visible avec son trou de fixation (ici à droite). Idem pour le troisième morceau découvert bien équipé lui aussi en bernacles, et dont on peut apercevoir trois lettres d’identification de type militaire. 

Et on a confirmation avec la photo détaillée de son numéro de référence, bien visible sur un troisième débris; ici à droite:  on peut y lire distinctement  UHK97000-12, ce qui est en effet le numéro de fabrication d’un Reaper… enregistré à la FAA sous une immatriculation classique, N308HK et qui n’était pas très vieux puisque qu’ayant obtenu son droit de voler le 26 décembre 2013 seulement.  L’engin était le N° FC308 de fabrication.  La pièce est celle de la quille fixe arrière, portant un gouvernail mobile, pour protéger l’hélice arrière lors des décollages notamment cf ici à gauche).  Un autre cliché, présenté incliné à 90°, nous le montre (je le redresse ici pour mieux distinguer les inscriptions).  Ce sont bien des éléments de drone Reaper, donc.  Un RQ-9 appelé « Predator B » dans sa version « civile », précise même le Pentagone.  Oui, le Pentagone déborde aussi dans le monde civil... En recyclage, dirons-nous.  Ci-dessous un de ces engins munis de deux gros pods radars, aperçu en Afghanistan en septembre 2014 (d’autres modèles ont été vus depuis, un peu partout):

Le rapport de recherches et ses conclusions sonores

Dans le fameux rapport de recherches, une partie qui a été complètement ignorée dans le rapport final des autorités malaisiennes, avait ajouté aux doutes émanant de l’étude des bernacles « trop jeunes » pour être venues de loin.  L’étude pourtant, visible à partir de la page 57 sous le nom de «  l’Appendix H – Analysis of Low Frequency Underwater Acoustic Signals Possibly Related to the Loss of Malaysian Airlines Flight MH370 », réalisée par le Centre for Marine Science and Technology (CMST) australien, résumait la chose (1) en pointant vers un lieu probable, selon elle, de contact avec l’eau par l’appareil, entendu par les sonars sous-marins disposés depuis des décennies au fond de l’eau par les américains pour détecter le passage des sous-marins (alors russes).  Les anciens détecteurs de la Guerre Froide servent aujourd’hui à faire des études sur les baleines (2).  La révélation de la détection de ce bruit intriguant avait fait la une des journaux TV, pourtant.  Le schéma se résume à une zone en deux traits étirés par les deux bouts, dont la zone la plus large contient le son principal perçu.  Or, la flèche blanche qui pointe vers cet endroit hypothétique de crash (situé au dessus du Chagos-Laccadive Ridge, au cordonnées 2.3°S, 73.7°E), est au sud… des Maldives, vers  les îles Salomon, avant d’en arriver à Diego Garcia !

Un engin venu des Seychelles

Reste à savoir d’où il aurait pu venir, ce fameux drone.  Pas de Diego Garcia, où il n’y en a pas.  Le plus proche endroit auquel on songe est bien entendu la base des Seychelles, celle qui a provoqué la polémique, comme j’avais pu aussi vous l’expliquer sur le net.  Sur une carte, j’ai reproduit ici le rayon d’action de l’engin (qui fait 1850 km pour sa version de base, il peut faire bien davantage aujourd’hui).

Le lien que j’avais alors donné mérite aussi davantage d’intérêt aujourd’hui.  Voici en effet comment l’auteur décrivait le fameux Reaper aperçu là-bas dès 2009 (photo à l’appui) : « les drones Reaper qui opèrent aux Seychelles n’ont pas le droit de décoller de Mahé armés, quoiqu’ils en aient la capacité.  Mais ils mettent en oeuvre une configuration que je n’avais pas vu jusqu’à maintenant, avec un conteneur bardé d’antennes-lame (une configuration ELINT typique) en emport sous l’aile gauche, et un bidon percé d’un orifice en son avant et son arrière, sous l’aile droite.  Pas forcément l’orifice de caméra, mais peut-être de quoi ventiler le contenu d’un pod électronique, par exemple. Peut-être hébergeant un radar, un drone n’ayant pas beaucoup de chances de trouver, sans aide (s), les vilains pirates dans l’infini de l’océan Indien.  Le premier vol opérationnel a eu lieu le 25 octobre, a reconnu aujourd’hui Africom, le commandement géographique leader sur cette opération qui mobilise aux Seychelles 70 américains, militaires et civils sous contrat de General Atomics, le fabriquant du Reaper.  Selon la même source, trois drones sont déployés sur place. »  Précision supplémentaire:  le deux engins déployés aux Seychelles auraient disposé d’une autonomie ahurissante : « Les Reaper déployés aux Seychelles disposent d’un rayon d’action de 3.200 nautiques (5 926 km ???), pour une vitesse de croisière de 200 kts (360 km/h) ».  Le fameux Pod aperçu sera amélioré en 2013, sous la forme du « Lynx Block 20A multimode radar » appelé maintenant  “VideoSAR” : « selon Linden Blue, président du groupe de systèmes de reconnaissance de GA-ASI, le VideoSAR fournit des images au format haute définition 1080p, permettant aux utilisateurs de voir les véhicules au repos, ou de se déplacer rapidement et tout le reste.  Le nouveau mode active également l’indication GMTI (indication de cible en mouvement) avec une vitesse minimale détectable et une précision de géolocalisation du SAR, selon la société.  Le système prototype a été installé sur un Beechcraft King Air 200 qui a volé fin mars dernier. Il est maintenant « renforcé » pour le transport sur les drones de l’entreprise, y compris le Predator-C à propulsion par réaction. »  Le site Défense Update résume ici parfaitement ses formidables capacités : « le VideoSAR transforme les images radar en vidéo installée » (full-motion).  L’engin dont on a retrouvé les morceaux, arrivés au milieu des débris du MH-370, et donc peut-être bien tombé en même temps que lui, était un espion capable d’envoyer des images extrêmement précises du sol (ou de la mer ?) à distance, via satellite.  Sur mer, son radar hyper-précis sert à détecter… des périscopes de sous-marins.  D’ailleurs aujourd’hui il est devenu en effet assistant naval à plein temps (ici sur le N188HK)…  Le Reaper n’aurait donc pas été armé, mais équipé d’un engin fort convoité par d’autres nations, disons pour simplifier. Eloignons donc l’idée du drone-tueur, ayant attaqué par méprise l’avion civil, car ses armes habituelles, s’il était armé, devaient être des missiles HellFire (qui sont des engins air-sol) mais revenons plutôt sur sa disparition … (ci-dessous le 8 août 2007, un MQ-9 Reaper – en version armée-  sur la base de Creech Air Force Base à Indian Springs).

Pourquoi donc surveiller l’Ocean Indien ?

Bien entendu, les américains ont très vite expliqué la raison de la présence de drones à cet endroit du monde.  « Pour lutter contre les pirates » avaient-ils dit… très certainement et pour sûr, mais la raison véritable est toute autre, et elle est géostratégique.  On s’y attendait également et celle-là nous semble plus que plausible.  Ce qu’ils surveillent, ce sont désormais les… militaires Chinois, très présents à cet endroit comme l’explique ici Global Public Policy Institute en juin 2018 : « en fait, la marine chinoise augmente sa présence dans l’océan Indien depuis 2008, d’abord avec des patrouilles anti-piratage, puis avec des déploiements de sous-marins nucléaires et conventionnels.  Sa première base militaire à l’étranger à Djibouti, qui est importante et sophistiquée, démontre la montée en puissance de la Chine en tant que puissance maritime et son utilisation de la puissance navale pour protéger les intérêts étrangers dans l’océan Indien.  À la fin du mois de janvier 2018, un «groupe d’action de surface» chinois, comprenant un navire amphibie destiné aux troupes pour effectuer un débarquement de la mer, a traversé l’océan Indien par le détroit de Sunda, en Indonésie.  Des pays comme l’Inde, l’Indonésie et d’autres ont exprimé des inquiétudes quant aux motivations de ces exercices amphibies. Qui plus est, le premier exercice naval conjoint russo-chinois en mer Baltique montre la portée croissante de la marine de l’APL dans les mers proches de l’Europe. La Chine met également en place des projets portuaires sur des SLOC («  sea lines of communication ») vitales dans le cadre de la route de la soie maritime, dont une longue section traverse l’océan Indien.  Des projets sont en cours au Sri Lanka, au Bangladesh, au Myanmar, au Pakistan, à Djibouti, au Kenya et en Tanzanie.  La «double utilisation» de ces ports à des fins commerciales et militaires est une tendance émergente dans l’océan Indien.  Par exemple, Colombo, Gwadar et Djibouti ont été utilisés pour ravitailler ou installer des navires de la marine du PLA (de l’armée chinoise).  L’installation inopinée d’un sous-marin et d’un navire de guerre dans le cadre du projet commercial de Colombo Port City a immédiatement déclenché une alarme en Inde.  Les analystes affirment que l’acquisition par la Chine de ports en eau profonde stratégiquement situés au Myanmar, au Pakistan, au Sri Lanka et aux Maldives pourrait éventuellement servir à des fins militaires (…) des projets économiquement non viables comme Hambantota ont contribué à l’effondrement du dernier gouvernement sri-lankais.  Fait important, ils constituent également un piège de la dette.  Des études récentes montrent que les investissements chinois ont laissé huit pays de la région – dont Djibouti, le Pakistan, les Maldives – financièrement vulnérables.  Beaucoup de ces dettes sont converties en capitaux propres par la Chine.  Par exemple, la Chine contrôle désormais la majorité du port de Hambantota sur un bail de 99 ans. Le Pakistan est considéré comme «à haut risque» par un piège de la dette.  Alors que Pékin investit davantage dans ces pays, elle sera obligée, de gré ou de force, d’intervenir dans ses affaires intérieures.  Les Maldives, par exemple, doivent plus de 70% de leur débit étranger actuel à la Chine. Les Maldives sont un pays petit mais stratégiquement important, situé à proximité de certaines des voies maritimes les plus importantes au monde.  Comme un expert l’a dit, les pièges de la dette chinoise et les acquisitions de terres aux Maldives «auront des ramifications de sécurité évidentes».  En outre, les Maldives traversent une crise démocratique depuis le mois de février (2018).  Elles ont le soutien du gouvernement chinois, qui a fait beaucoup d’investissements dans le pays et doit maintenant les protéger.  Les investissements économiques de la Chine ailleurs pourraient également donner un nouveau souffle aux gouvernements non démocratiques, faibles et corrompus. »  Notre drone et notre avion commercial seraient-ils venus se fourrer ensemble dans ce guêpier ?  De voir débouler un appareil aussi gros qui ne répond à aucune injonction aurait-il pu provoquer un désastre comme celui de l’Airbus iranien (le vol 655 d’Iran Air abattu le  par une volée de missiles partis de l’USS Vincennes (3) )?  Il y avait eu 290 victimes, dont 66 enfants… Sans en arriver là, regardons ce qu’il en était exactement du fameux drone repêché en miettes…  En photo, on a la mauvaise surprise découverte en janvier 2017 sur Google Earth par les indiens d’un sous-marin chinois réfugié dans le port pakistanais de Karachi, protégé par sa corvette d’accompagnement.  Et ici l’annonce du souhait de l’Inde d’acheter des Reapers US pour surveiller… les sous-marins chinois (preuve flagrante que la vraie mission des Reapers est bien celle-là !!!).

Pas d’armes, hein, à bord, c’est sûr ?

Aux Seychelles, le président du pays (James Michel, parti depuis sur fond de corruption) avait eu de longues discussions avec les américains avant d’autoriser l’usage du seul aéroport disponible pour l’implantation des Reapers.  Wikileaks avait fait fuiter les discussions. Il avait insisté sur l’absence d’armes à leur bord et le fait de garder le secret sur l’opération.  La crainte d’en voir un se crasher au milieu du trafic des charters semblait l’avoir moins préoccupé.  Mais il aurait dû aussi, car un drone de ce type, voulant rentrer à sa base, avait raté son coup en 2011 et était tombé à l’eau.. pas loin de l’aéroport civil.. aux Seychelles.  C’est chaud, parfois, la circulation autour de cet aéroport trop petit.  Pour le drone tombé à l’eau la cause en aurait été « une panne mécanique », officiellement.  Les vols de drone, les gens sur place ont fini par s’y habituer : « l’armée américaine aurait seulement une poignée de Reapers aux Seychelles, basés dans un hangar situé à environ 400 mètres du principal terminal des passagers de l’aéroport. La nation insulaire de 85 000 personnes a accueilli les drones depuis septembre 2009.  Des responsables américains et seychellois ont déclaré que la principale mission des Reapers était de traquer les pirates dans les eaux régionales, mais aussi de mener des missions de surveillance en Somalie.  La base aux Seychelles fait partie d’une constellation de bases de drones que le gouvernement américain a élargi dans la région pour surveiller ou attaquer les affiliés d’Al-Qaïda.  Henrie (Gervais Henrie, l’éditeur du journal local Le Seychellois Hebdo) a déclaré que les Seychellois voyaient souvent les Reapers voler au-dessus d’eux et qu’ils devaient les accepter comme une partie de la vie quotidienne dans les îles » (…). Pour la République des Seychelles, l’accueil des drones américains est un signe supplémentaire de la volonté de lutter contre les pirates, responsable d’une chute de 30% du trafic du port de Mahé, et qui représente une mauvaise publicité pour la plaisance et les croisières, dans la région. »

Car la carrière post-mortem de notre exemplaire révèle davantage que sa fin elle-même.  Les drones sont de engins capricieux, et leur gestion une vraie gabegie. Leur fiabilité n’est pas exemplaire (notre bidule a aussi pu tomber tout seul en effet), comme le montre cette ahurissante vidéo de Reaper filmant lui-même sa propre, fin, son moteur en feu.  Là en l’occurrence c’était un Predator, le modèle précédent à moteur thermique Rotax… tombé au dessus de l’Irak le 17 août 2004. Un site et même plusieurs répertorient ces engins qui tombent régulièrement :  ici celui s’arrêtant à mars 2016.  Il ne distingue pas dans la période du crash de drone tombé dans l’Océan Indien. Il n’y en a même aucun de noté pour tout le mois de mars 2014.  S’ajoutent à cela, les craintes justifiées de la FAA de les voir voler dans des endroits où ils pourraient croiser des avions, ce qui au-dessus de l’Océan Indien est plus fréquent qu’on ne le pense dans les « couloirs » aériens prévus pour les appareils, entre Madagascar et les Maldives notamment (cf ici à gauche).  Or l’engin n’a donc été répertorié nul part comme « perdu ».
On songe à ceux dont la mission était donc « classified » comme ils disent si bien. En mission secrète, tellement secrète qu’il n’est pas compté parmi les engins déclarés morts !  Un peu comme le supercopter « Stealth » des Navy Seals allant trucider Ben Laden, si vous voulez.  Mieux encore, quand on constate que l’engin est déjà sorti de ses cendres tel un Phoenix… pour se balader à nouveau dans les cieux US avant de s’afficher aujourd’hui comme étant… japonais.  La nouvelle version portant la même immatriculation (N308HK) signifie que le précédent a bien été rayé des listes par la FAA : il n’existe plus !!!  Mais nulle part sa mort n’a été officiellement indiquée !  A l’occasion on peut à nouveau s’interroger sur la FAA, mais ça c’est un autre problème… pourquoi donc avoir aussi vite souhaité faire une croix sur le précédent en donnant à un autre la même immatriculation, sinon pour empêcher les recherches sur ce qu’il est advenu réellement à son prédécesseur ou ce à quoi il servait exactement, ou bien d’où il avait pu décoller avant d’être réduit en charpie ?  Parmi les raisons aux multiples crashs de drones, le facteur humain jour un rôle déterminant, au même titre que les défaillances techniques.  Le drone en maraude, piloté d’une main lâche, aurait très bien pu croiser la route du Boeing devenu fou…  la vitesse du dos porteur suffirait à provoquer des dégâts irréversibles alors que le drone ne pèse que 4,5 tonnes maxi malgré ses 20 mètres d’envergure (1/3 de celle du 777).  Mais le facteur probabilité exclut plutôt cette rencontre du second type (le premier étant celui de deux avions commerciaux entre eux, phénomène fort rare, heureusement).  Non, ce qui est flagrant, c’est que l’on bien escamoté le drone « abattu » comme on a escamoté l’extincteur comme étant le tout premier débris trouvé !  C’est cette double dissimulation qui est aujourd’hui… gênante !

Les bouées larguées aux Maldives

Alors, évidemment on se dit que cette histoire mystérieuse de drone ajoute une couche supplémentaire au secret (militaire ?) qui semble entourer toute cette affaire, même si on est incapable de découvrir lequel, un secret dénoncé avec force par un parent de victimes proches, Ghyslain Wattrelos, que ce texte pourra peut-être aider, qui sait, à démêler une histoire qui ne peut se limiter à un pilote dépressif ou une tentative de détournement. Non, il se passait déjà quelque chose à l’endroit au-dessus duquel il est passé, cet avion, et c’est peut-être bien ça qui est à l’origine non pas de sa disparition, mais de l’incroyable omerta qui a suivi, un silence émanant de plusieurs pays, dont les USA.  Dans le concert de choses annoncées après coup, pour se disculper il semble bien, j’ai aussi relevé cette incroyable explication donnée par la presse US à propos de l’avion qui aurait été aperçu volant au-dessus des îlots où l’on a retrouvé en particulier la bouteille d’extincteur… une thèse qu’a bien retenu l’écrivain Marc Dugain que je salue ici au passage (il semble en effet avoir lu avec attention lui aussi ce que j’avais écrit à l’époque, il faudrait l’encourager à s’occuper aussi du Bugaled Breizh, avec le talent qu’il possède !!!). L’étonnant texte, le voici : « En août 2014, l’Autorité de l’aviation civile des Maldives a signalé que des avions de Diego Garcia avaient effectué deux vols consécutifs à basse altitude au-dessus de l’atoll d’Huvadhoo, larguant des bouées récupérées par la suite par le MNDF. Le matin du 8 mars 2014, les observations ont peut-être porté sur un avion de transport ou de surveillance militaire américain retournant à Diego Garcia plutôt que sur le MH370. » Un Lockheed Orion (quadrimoteur à hélices lui aussi capable d’emporter des radars en pods, comme le montre la photo ci-dessus à droite montrant un P-3 Orion portant un radar à ouverture synthétique Ku-Band à 15 GHz) ou un tout nouveau « renifleur des mers Poseidon P-8, qui lui est un biréacteur.. serait venu « jeter des bouées » (c’est pour détecter des sous-marins). L’engin avait été mis en service en novembre 2013, quelques mois auparavant seulement.  Tout est bon pour le vendre, aujourd’hui. De là à s’appuyer sur des cas particuliers montés en épingle pour en faire des prouesses de technologie , il n’y a qu’un pas. En juillet dernier, par exemple, un Poseidon, du Patrol Squadron 45 (VP-45) des  “Pelicans” basé au départ à la Naval Air Station de Jacksonville en Floride s’est rendu jusqu’au Naval Support Facility de Diego Garcia pour participer au sauvetage d’un petit bateau perdu au large du Sri Lanka.  Et la Navy d’en faire tout un plat, bien entendu. Allez pourquoi, pas, tant qu’on y est des vantardises enfilées les unes après les autres :  mais va falloir m’expliquer alors pourquoi les américains les avaient sagement coloriés comme des avions des Malaysian Airlines, ces fameux lanceurs de bouées, puisque les pêcheurs locaux avaient nettement aperçu et clairement décrits les couleurs bien reconnaissables de ce qui les avait survolé à très basse altitude…( » J’ai vu un avion énorme nous survoler à basse altitude. Il faisait beaucoup de bruit. Il a fait un virage au sud-sud-est et il a continué à la même altitude. J’ai vu des stries rouges et bleues sur une couleur blanche. » ). Pourquoi avoir sorti cette bourde supplémentaire, celle d’un avion plus petit et tout gris, visiblement passé APRES la catastrophe, sinon pour dissimuler quelque chose et prendre les gens pour des imbéciles, une nouvelle fois ?  Qui tente le plus de dissimuler ???  Et ce d’autant plus que lors des recherches, on était tombé sur ce site expliquant que les fameuses bouées sont aussi un moyen pour retrouver quelque chose tombé à l’eau, et qui émet… comme le font justement les enregistreurs de vol pendant plusieurs semaines !!!  (ici la photo avec comme légende « Les Sonogbuoys sont en préparation pour un déploiement sur un avion Orion P-3 ». Comme le temps est compté et que la zone de recherche a considérablement diminué, 1008 sondes sonores ont été achetées pour la recherche. Celles-ci sont principalement déployées à partir d’aéronefs et elles parachutent à la surface où elles flottent. Un hydrophone descend ensuite de la base de la bouée sur un fil. Les données collectées sont transmises via un signal radio. Avec un grand nombre de ces dispositifs déployés, même si quelques-uns entendent clairement la balise, ils iront loin pour obtenir une solution sur les enregistreurs de données et l’épave. L’inconvénient n’est pas aussi proche du fond que le réseau d’hydrophones remorqués. L’avantage est que si vous en avez des milliers, vous pouvez augmenter considérablement les chances d’entendre la balise de localisation. Ce sont des sonobuoys de la série AN / SSQ-53 DIFAR (enregistrement par analyse de fréquence de détection (4). Bien qu’elles ne se déploient pas à de grandes profondeurs, elles sont capables de déterminer la direction du signal en provenance s’ils l’entendent. Les bouées acoustiques ont été vendues à la marine australienne par Sonobuoy TechSystems et fabriqués par Sparton Electronics conjointement en Floride avec Undersea Sensor Systems Inc » (à gauche le remplissage des tubes de bouées par l’extérieur, sur les Orion P-3, ici plus de renseignements sur les bouées sonores en général).  « Les hydrophones ont été modifiés spécifiquement pour entendre la balise de localisation de fréquence 37.5kHz. L’un de ces sonobuoys largués d’un avion australien Orion P-3 a déjà entendu un signal possible, mais il s’est avéré que ce n’était pas la balise après analyse » (à droite, un Lockheed Orion P-3 pris en photo aux Seychelles en septembre 2012, à proximité de la tente abritant les Reapers). Pourquoi en avoir largué autour des Maldives, alors, de ces bouées ???  A droit ici une bouée lancée à la main d’un Hercules C-130 par les australiens, à l’autre bout de l’océan.  Non, décidément, il se passait bien des choses mystérieuses à cet endroit, puisqu’on est venu à nouveau tenter de dissimuler ce qui s’était passé.  Et c’est certainement dans ce secteur, ou pas loin, qu’il faut chercher, et pas là où on a envoyé à deux reprises toute une expédition hyper-équipée (dont je vais aussi vous parler bientôt… car la seconde entreprise ayant effectué les recherches exerce un tout autre type d’activité).  Pour à la fin ne rien trouver, ce qu’on avait peut-être bien décidé de faire depuis le début : « tant qu’ils cherchent là-bas, on est tranquille »

Un dernier volet espionnage

Je n’y avais pas prêté attention non plus, mais un événement supplémentaire est venu s’ajouter à cette suspicion. Le 29 avril 2014, alors que le Boeing a disparu depuis le 8 mars précédent, on retrouve deux hommes morts dans un cargo.  C’est le Maersk Alabama, un cargo qui avait fait la une des journaux 5 ans avant avec le célèbre capitaine Phillips, devenu héros hollywoodien, qui est alors amarré… aux Seychelles. Deux hommes, deux américains, Jeffrey Reynolds, 44 ans, et Mark Kennedy, 43 ans (ci-dessous à gauche), ont été déclarés morts par suffocation (et crise cardiaque consécutives), retrouvés dans la même cabine, avec consommation excessive d’alcool dans un premier temps lors des premières constatations faites par les policiers. C’est leur personnalité qui intrigue : les deux costauds sont d’anciens Navy Seals : ils ont rejoint le Trident Group, basé en Virginie, qui recrute surtout chez les anciens militaires, et dans lequel beaucoup voient aussi autre chose :  » Trident semble être la seule entreprise d’intelligence économique basée aux États-Unis, lancée et gérée par d’anciens agents soviétiques.  Le fondateur (Yuri) Koshkin (ici à gauche), qui a accepté d’être interviewé par BusinessWeek mais a refusé de fournir beaucoup de détails sur les opérations actuelles de Trident, est né en 1958 dans un clan de Moscou et décrit la « famille typique de l’intelligentsia russe ».  En 1975, dit-il, je me suis inscrit à l’Institut militaire du ministère de la Défense soviétique »…  Après avoir obtenu son diplôme en 1980, Koshkin a été conseiller militaire auprès des forces tanzaniennes en Afrique. Plus tard, il rédigea une thèse sur la rivalité inter-services au sein de l’armée américaine alors qu’il étudiait à l’Institut soviétique des Etats-Unis et du Canada. Koshkin dit qu’il est arrivé aux États-Unis pour la première fois en tant que soldat russe participant à un groupe de travail mixte américano-soviétique au Pentagone destiné à prévenir les affrontements accidentels et potentiellement catastrophiques entre les militaires des deux superpuissances ». Etrange parcours en effet de ce qui été aussi décrit comme « a mini-CIA vs mini-KGB ».  Ses employés ont donc connu, hélas pour eux, moins de réussite que lui !!!  Trident via Yevhen Lauer, a été mêlé récemment à la fausse histoire de l’assassinat de l’opposant ukrainien  Arkady Babchenko, ne l’oublions pas !!!  Kennedy a été auparavant « combat medic » et leurs proches doutent de ce qui leur est arrivé, car on leur annonce en même temps qu’ils avaient fait venir des prostituées pour faire la fête et l’un d’entre eux avait été retrouvé avec une seringue d’opium encore dans le bras.  L’autopsie confirme en effet l’overdose des deux.  Chez certains observateurs, on se rappelle que des espions ayant obtenu ce qu’ils voulaient savent se débarrasser des gens questionnés de cette façon.  Ni vu ni connu dans ce cas !  On songe alors la raison des deux meurtres supposés.  Maersk aurait-il aussi acheminé des drones « civils » dans ces containers et aurait-on voulu savoir lequel ou lesquels ?  Aurait-on pris ce risque chez le transporteur ? Les unités de contrôle sont au format de containers, déjà.  Car que faisaient ces deux responsables de sécurité dans un tel bateau sinon en protéger la cargaison provenant, dit-on, de Salalah, dans le golfe d’Oman ?  Les Seychelles sont aussi un hub pour le passage de la drogue, on le sait.  Les drones « civils » surveillaient-ils aussi ce trafic ?  Tout est possible, même ceci… un autre type désastre, une autre façon d’attaquer… en injectant autre chose que de la drogue !

Bref, les questions se sont accumulées avec cette découverte passée inaperçue. Il nous reste encore bien des choses à expliquer : par exemple la mise en scène des recherches, surtout la seconde, effectuée avec un navire fort particulier… comme on va le voir ! Nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

PS : question drones, certains risquent gros avec leurs jouets : c’est ce que montre cette ahurissante vision d’un Boeing filmé par l’un d’entre eux aux dessus de l’île Maurice, alors qu’il était en plein phase d’ascension après son décollage. Le bloggeur qui le dénonce ici a aussi posté cette découverte, celle d’un avion pris en plein vol par le satellite de Google Earth, au 0°59’56.3″S 100°19’29.7″se dirigeant vers Pantai Air Maris et l’aéroport de Minangkabau, en passant au-dessus d’une petite île (celle de Pulau Pisang).  Une image bien sûr vite utilisée par les trolls pour affirmer que l’on « avait filmé en vol le MH370″, ce qui était faux bien sûr. L’avion est visiblement un Boeing 737.  L’arrière de l’avion évoque fort en effet un appareil de type Boeing 737-500 de chez Garuda Indonesia comme le PK-GGF.

 

 

(1) Connue en juin, la théorie se faisait tacher dès le 14 septembre par un article qui affirmait que c’était une erreur car il s’agissait d’un tremblement de terre, plutôt.  C’était selon le très réputé magazine américain Nature et d’après les indications données par son découvreur initial, Alec Duncan, de la Curtin University.  A-t-il subi entre temps des pressions, on l’ignore…

(2) j’ai aussi traité le sujet ici du système SOSUS :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-146347

(3) dans le domaine, la Malaisie dispose de corvettes de 675 tonnes destinées au départ pour l’Irak, des modèles Assad, de classe Laksamana munies de missiles MBDA Albatros, un engin anti-avion, drones ou hélicoptères de 3,7 m de long et 0,23 de diamètre emportant une charge de 35 kilos appelé aussi Aspide, missile « Surface-to-Air » similaire au AIM-7 Sparrow américain. Il serait très intéressant de savoir où étaient ses corvettes le jour de l’accident du MH-370. Elles sont au nombre de quatre, et s’appellent Hang Nadim, Tun Abdul Jamil, Muhammed Amin et Tan Pusmah.

(4) chacune est vendue entre 800 et 1,240 dollars. 1000 ont été commandées pour la recherche du MH-370. En somme, la dépense en bouées a tourné autour du million de dollars.

 

Documents :

Analyse officielle des débris

http://www.mh370.gov.my/phocadownload/3rd_IS/Debris%20Examination%20300417.pdf

Sur les drones on peut relire ceci:

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/zone-51-cia-l-invention-du-141088

sur leur pilotage stressant :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-blues-du-pilote-de-drone-tueur-128467

NOTE:  Vous noterez que je n’aurais pas dû utiliser la première photo de l’article qui est un FAKE : le lancement est un collage de photos réalisé par un metteur en pages zélé qui, ne disposant pas de photo de ce type, en avait récupéré une chez le talentueux dessinateur 3D Michael Hahn. Il s’en est expliqué plus tard, heureusement. Il n’empêche, c’est une des plus répandues aujourd’hui. Le montage avait été détecté par un journaliste suspicieux de The Atlantic, Alexix C.Madrinal : le drone portait le numéro 85-566 sur la photo. Or les deux premières lettres sont toujours celles de l’entrée en service dans l’USAF, et il n’y avait pas de Reaper en 1985 !

sur leur présence en Afrique et Océan indien

U.S. Drone and Surveillance Flight Bases in Africa Map and Photos

Sur le P-8 Poseidon

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/aviation-14-non-le-poseidon-n-est-149584

sur le MH-370 cela:

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vol-mh370-une-decouverte-etonnante-151088

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-boeing-disparu-apercu-en-vol-en-152818

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/boeing-777-l-hypothese-d-un-crash-152893

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

Article précédent:

MH370 (1) : étranges débris

 

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Destruction des radars et « prix du sang »

  Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, est très en colère. ...

2 Commentaire

  1. avatar

    vous semblez très intéressé en effet..

    http://plus.lefigaro.fr/page/rene-pierre-jacquet

    et je vous promets d’en dire plus, en effet…

  2. avatar

    vous pourriez expliquer votre phrase là dans ce débat :

    « Quelque chose ou quelqu’un ne devait pas arriver à Beijing. Tout, par la suite, ne fut qu’enfumage! »

    merci à l’avance d’évoquer votre réflexion sur le sujet….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.