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MH370 (19) : Century Arms, plusieurs rendez-vous avec l’histoire, le second et le troisième, à Paris

L’histoire de l’arme disparue, puis retrouvée trente ans plus tard pour un procès ayant marqué l’histoire du pays, nous a mené à un bien étrange firme US, importatrice d’armes des anciens pays soviétiques et dispatchées à nouveau un peu partout dans le monde grâce à l’aide d’une CIA fort intéressée par ces entreprises privées capables de lui servir de paravent.  Mais avant même d’alimenter l’Amérique du Sud ou Centrale, pour effectuer des coups tordus, la même société a été étroitement mêlée à une autre page importante de l’histoire contemporaine américaine, dans des circonstances où il devient difficile d’invoquer aujourd’hui le seul hasard… il est temps en effet de dévoiler le « jeu » derrière lequel se cache le « pion » Century Arms…. (cf Bob Dylan, voir l’épisode précédent).  Ce jeu sinistre mène aussi en effet et hélas, aussi, à… Paris.

Nota :  à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

Vous avez bien sûr retenu de l’épisode précédent que Empire Wholesale Sporting Goods LTD, l’entreprise canadienne des débuts de Sucher, avait elle aussi importé tout un lot de carabines « italiennes », dont la très connue Mannlicher-Carcano M91/38. Mais pas celle portant le numéro C2766, impliquée dans l’assassinat de John Kennedy en 1963 à Dallas.  Si vous avez suivi ma série sur Kennedy ici-même, vous savez tout ça déjà.  Cette carabine, je le rappelle, avait été vendue 12,78 dollars (21,95  dollars au total avec la lunette et le prix du port d’envoi) à un dénommé Alek Hidell, en fait le pseudonyme utilisé par Oswald pour le commander chez Klein’s Sporting Goods, le 18 juin 1962.  Une commande passée après la vision par Oswald d’une publicité dans le magazine spécialisé « Gun and Ammo » (ici l’exemplaire de septembre 1963). L’entreprise Klein en avait acheté 400 elle-même en janvier 1962 à Crescent Firearms, dirigée par Louis Feldsott, pour les revendre ensuite.  Cela, on en a facilement retrouvé la trace.  Le FBI aurait retrouvé la commande d’Oswald sur le microfilm de sauvegarde de Klein, mais certains en doutent fort.  Les recherches ont eu lieu des mois après, pendant la mise en place de la Commission Warren, qui ne peut aujourd’hui encore que laisser sceptique.  A noter aussi que l’agenda de Ruth Paine avait inscrit « LHO purchase of rifle » à la date du 20 mars (à part ça, elle ne le surveillait donc pas, elle et son mari de la CIA !).  Le FBI dans son rapport notera le prix de vente annoncé par Klein dans sa publicité comme étant le prix d’achat port d’envoi compris :  une erreur de sa part, montrant que ces éléments ont bien pu être fabriqués après coup.

Selon Sucher, plusieurs Carcano peuvent avoir la même référence

Etrangement, Williams Sucher va apparaître pour sévèrement critiquer la Commission Warren, en qualité « d’expert », lui reprochant d’avoir écrit que la carabine saisie en haut de la Bibliothèque de Dallas était «  unique ».  Selon lui, en effet, il pouvait très bien en exister des doublons.  Il parlait en connaissance de cause, ayant lui-même participé au trafic de fusils italiens démobilisés.  Des Carcano, on en a produit en effet entre 2 063 750, et  3 000 000 tous modèles confondus entre 1890 et 1945 !!!  Certain de sa démonstration, il l’avait même écrit à Edgar Hoover pour le convaincre.  C’est ce qu’on trouve en effet dans le livre de Vincent Bugliosi, page 340 dans les notes de » Reclaiming History », un écrivain pourtant pas favorable à un complot, il est en effet indiqué ceci :  « William Sucher,  propriétaire de l’International Firearms Company de Montréal, a informé le FBI le 12 mars 1964, dans une lettre de J. Edgar Hoover à la Commission Warren du 22 avril 1964, que «dans les années 1930, Mussolini avait ordonné la création d’usines d’armes pour fabriquer le fusil Mannlicher-Carcano. Étant donné que de nombreuses entreprises fabriquaient la même arme, le même numéro de série apparaît sur les armes fabriquées par plusieurs entreprises. Certains portent un préfixe et d’autres pas »(CE 2562, 25 H 808). Cependant, aucun autre Mannlicher-Carcano portant le numéro de série C2766 n’a jamais fait surface, bien que celui portant le numéro de série 2766 sans préfixe l’ait fait. …. »  Une mise au point qui ruinait la thèse d’un fusil qui était obligatoirement celui acheté par Oswald, et dont l’arrivée dans le bâtiment, expliquée dans la laborieuse thèse des « tringles à rideaux », restait aussi fort douteuse (son démontage en fait un engin trop long pour être tenu sous le bras).  Car si un autre Carcano possédant un numéro semblable était dans la nature, la possibilité d’une fabrication de scène de crime devenait alors possible.  Le pigeon Oswald se faisant piéger par des « preuves » déposées sans qu’il en ait pu être responsable.  Or ce même Sucher avait fait l’objet d’une enquête du FBI sur le munitions mêmes utilisées par Oswald, sa société ayant été accusée de trafic illicite de cartouches Winchester, comme celles utilisées par l’assassin présumé de Kennedy.  Cela figure aussi dans un document du Bureau du contrôle des munitions du département d’Etat.  Avait-il essayé d’établir un contre-feu en attaquant ainsi les conclusions d’une commission qui, aujourd’hui encore, n’a convaincu personne ?  Et pourquoi donc agir ainsi ?  Sinon jeter le trouble ?  Hoover avait en effet commenté par écrit que « deux Carcano avaient retenu l’attention de la commission« , dont l’un d’entre eux ne possédait pas d’indicatif « C » devant les chiffres de production.  Si on ajoute le fait que ce même Carcano n’était pas une arme de précision et que son réarmement à chaque coup obligeait à quitter sa ligne de tir, on en était facilement venu à la conclusion d’un deuxième tireur au moins obligatoire, à Dallas.  Pour ajouter à cela, il faut noter que la commission Warren avait royalement ignoré la lettre du Dr. John K. Lattimer qui avait écrit qu’il avait lui aussi en sa possession une carabine Carcano « C2766 :  « In 1974 and1975, my sons and I had conducted a series of experiments using a 6.5 mm Mannlicher-Carcano carbine, model 91-38, serial number C2766, equipped with an Ordinance Optics Company four power telescope exactly like Oswald’s » avait-il écrit noir sur blanc !!!   En avril 2004, son éditeur affirmera que le chiffre donné par Lattimer avait été « mal interprété » et « qu’ il avait été trop tard pour rectifier avant l’impression »… L’engin « unique » ne l’a pas toujours été !!!

Responsabilité dans la vente du revolver d’Oswald

Si Sucher était intervenu dans le débat, c’est aussi pour une autre raison étonnante :  Oswald possédait aussi un revolver.  Or celui-ci présente une histoire beaucoup plus dérangeante pour la société montréalaise.  Le 19 octobre 1962, George Rose & Company (alias Seaport Traders), situé 1221 S. Grand Avenue, à Los Angeles, avait passé une commande de 500 pistolets de calibre .38 auprès d’Empire Wholesale Sporting Goods LTD, la société de Sucher.  Les armes avaient donc ensuite été envoyées de Montréal à Century Arms, Inc. à St Albans, dans le Vermont Vermont, puis réexpédiés chez George Rose & Company à Los Angeles le 3 janvier 1963.  Le 27, un des pistolets à canon très court (snub-nosed) vendu 29,95 dollars était commandé par le dénommé Hiddel et envoyé à la boîte postale de… Lee Harvey Oswald.  Or ce pistolet a une importance cruciale comme le fusil Carcano pour inculper Oswald et en faite à tout prix l’auteur de l’assassinat de Kennedy.  C’est en effet l’arme avec laquelle avait été tué l’officier J.D. Tipitt lors de la fuite d’Oswald, avant que celui-ci ne se réfugie avec l’arme sur lui dans un cinéma (le Texas Theatre), selon la version officielle des faits.  Le pistolet à canon court étant réputé pour pouvoir plus facilement être dissimulé dans les vêtements et être sorti rapidement sans les accrocher.  Le pistolet porte le N°510 220.  Or selon Selon Newcomb et Adams, du sous-comité du Sénat de 1964 chargé d’examiner le trafic d’armes à feu par correspondance, Seaport Traders n’a jamais expédié de revolvers de calibre .38 à Dallas en mars 1963 Newcomb et Adams avaient conclu en effet de façon fort surprenante que « l’arme d’Oswald, en réalité, n’existait pas » !!!   Pour ce site, c’est le contraire, les bons de commande et de retrait postal ont tous été retrouvés et authentifiés.  En dehors de la polémique, il reste une chose :  c’est bien la firme de Sucher qui, au départ, avait fourni l’une des armes d’Oswald !!!  Pour ce qui est de la mort de Tipitt, on attend toujours qu’on explique pourquoi sur le lieu du crime on a trouvé 2 types de cartouches tirées :  3  balles de type Remington-Peters et une de type Western-Winchester.  Récupérées par un policier qui avait eu la présence d’esprit de faire des marques dessus.  Elles seront montrées à la commission Warren sans aucune trace !!!  Dans le corps de Tipitt, on en avait retrouvé 4 (ici la N°602). Dans la poche d’Oswald, il y en avait cinq.  Quant à Bugliosi, qui réfute la thèse du complot, il s’est aussi trompé à plusieurs reprises, notamment sur les analyses acoustiques de la scène du meurtre de Kennedy... L’apparition du nom de Century dans les deux arme liées à Lee Harvey Oswald résonnent bizarrement après coup, quand on sait ce que va faire plus tard l’entreprise, aux mains désormais de Manny Weigensberg (à la mort de Sucher dès 1976, d’une crise cardiaque) qui n’avait en rien été poursuivie pour avoir fourni des balles illégalement à cette époque.  Par deux fois le nom de l’entreprise était apparu dans l’enquête sur Kennedy !!!  Et elle ira bien plus loin après, en collaborant nettement et ouvertement avec… la CIA, comme on va le voir.

Le « fusil d’Oswald », à nouveau  ?

Je vous ai parlé aussi dans l’épisode précédent d’un dénommé Alfred Pinisch, tué dans le premier magasin montréalais de Willliam Sucher.  Dans un livre,  « The Making of the October Crisis: Canada’s Long Nightmare of Terrorism at the hands of the FLQ« …  de D’Arcy Jenish, on apprend que le vol du magasin n’avait été que le début d’une longue  période terroriste au Canada.  L’histoire est fort intrigante à vrai dire.  Elle est fort bien résumée ici : « Il est temps de se souvenir de Leslie McWilliams » (nota : alors vice-président de International Firearms, société familiale) « et Alfred Pinisch, décédés lors d’un événement insensé il y a 50 ans aujourd’hui, à cause de l’assassinat de François Schirm, décédé plus tôt ce mois-ci à l’âge de 82 ans. Schirm était arrivé au Canada en 1956 en provenance de Hongrie après s’être battu pour la légion étrangère française au Vietnam et en Algérie. Le traducteur André D’Allemagne et le chimiste Marcel Chaput lui ont demandé de rejoindre le précurseur du RQ, en 1960. Schirm forma le bras militaire du FLQ au début avec Pierre Tousignant et Gilles Turcot.  Le 29 août 1964, Schirm, alors âgé de 32 ans, a tenté de cambrioler une armurerie à Lower Bleury. International Firearms appartenait à Willliam Sucher, qui avait une activité florissante et avait même vendu, par correspondance, le fusil de guerre italien qui avait tué Kennedy (étonnant propos : c’était le broker Klein, qui l’avait fait selon toutes les enquêtes menées :  D’Arcy Jenish aurait-il écrit un peu trop rapidement sans vérifier ses sources ?).

« Schirm espérait obtenir des armes du magasin, probablement pour de futures attaques armées du FLQ.  Il est entré et a demandé un fusil comme s’il s’agissait d’un client normal. Pinisch lui a demandé de retirer le clip qu’il portait, ce qui est une procédure normale.  Mais ensuite, Schirm a pris une autre balle de sa poche, l’a placée dans l’arme à feu et a exigé des armes.  McWilliams n’était pas au courant de ce qui se passait, il a donc alors dit à Schirm de ne pas pointer le fusil.  Schirm l’a alors tué sur le coup, « comme un chien », selon un policier. »  Dans la poursuite qui avait suivi,  » Schirm a reçu une balle dans la cuisse, et a été transporté à l’hôpital.  Guenette a commandé un taxi et a ordonné au chauffeur de l’emmener à Frontenac et Bélanger, ce qui n’a aucun sens car les rues ne se croisent pas.  Schirm s’est défendu devant le tribunal en prononçant un discours de 180 minutes, ce qui a été infructueux car Schirm et Guenette ont été condamnés à la peine capitale en octobre 1965.  Ils ont brandi un signe V provocant en apprenant le verdict.  La peine a été commuée et purgée en dix ans seulement.  En 1974, le Canada tenta sans succès d’expulser Schirm vers la Hongrie. Malheureusement, Schirm est resté impassible.  Schirm a fait 14 ans de prison et a écrit un livre ou deux.  Il est devenu chauffeur de camion, mais a lancé une pétition en 1985 afin d’obtenir un traitement plus doux pour les membres du FLQ »…  En fait, il existe toute une thèse d’un Oswald présent a Montréal, mais elle a surtout été fomentée par le FLQ lui-même, il faut le savoir… histoire de se donner un plus grande importance, à l’évidence.  International Firearms, lui, pouvait après ça afficher « closed ».  Momentanément. Avant de s’expatrier aux USA, à Boca Raton d’abord… puis dans le Vermont.  Pas très loin du Canada !!!

Une déstabilisation de plus ?
Le FLQ, groupuscule idéaliste extrémiste raciste, mené par Pierre Vallières, qui avait écrit « Nègres Blancs d’Amérique », s’était caractérisé par des attenants à la bombe  (95 au total !) dans des boites postales, notamment.  Une des bombes avait déchiqueté William Victor O’Neil, âgé de 65 ans, qui devait très bientôt prendre sa retraite.  Il avait eu tort de s’être adossé au local de la Canadian Army Recruiting Station où avait été posée l’une des bombes.  Or la mère du décédé, née Duguay, était française :  pour des indépendantistes devenus aussi meurtriers, c’était une mort démontrant leur ineptie fondamentale.  Le mouvement sera à l’origine au Canada de la célèbre « Crise d’Octobre », dans laquelle l’armée canadienne déboulera dans les rues, pour rassurer la population, du jamais vu dans le pays (ici à droite l’étonnement de la population découvrant ses propres soldats en patrouille).  Le FLQ venait alors d’annoncer qu’il avait exécuté son otage Pierre Laporte.  En décembre, le FLQ relâchera vivant en revanche le British Trade Commissioner James Cross, retenu 62 jours.  L’auteur du rapt,  Jacques Lanctôt est aussi l’auteur du manifeste du groupuscule, chef-d’œuvre de prose militante gauchisante à souhait :  lors de la libération de James Cross, il sera reconduit en échange à … Cuba, en avion militaire canadien !!!  Il reviendra ensuite en France, de 1974 à 1979 avant de revenir au Québec pour purger une peine de trois ans de prison.  Aujourd’hui il travaille à la pige chez Canoe.ca.  En juin de la même année, on découvrira tout un arsenal dans la petite ville de Prévost, au nord de Montréal dans les Laurentides, un des fiefs du mouvement.  Le 28 décembre, la police découvre la cellule du FLQ appelée « Chenier » et arrête Paul et Jacques Rose, ainsi que Francis Simard, dissimulés dans un tunnel de 6 mètres de long.  Ils seront inculpés du meurtre de Pierre Laporte.  A noter encore que le KGB avait sauté sur l’occasion pour clamer que l’opération était un coup monté de la CIA, ce qu’aurait démontré des documents trouvés après 1989 en Russie.  A l’origine il y avait eu ce qui semblait en effet un faux grossier, une photocopie d’un prétendu « document de la CIA » envoyé au Montreal Star en septembre 1971. Le sujet divise encore, sur la véracité ou non du document.  Plus gênant en fait est l’apparition d’un autre non connu dans le dossier..

Le FLQ qui mène aussi à Dallas ?

Plus gênante en effet est la découverte d’un autre lien selon l’incontournable Wayne Madsen bien sûr : Madsen est ce qu’il est, je suis loin de partager ses opinions, mais il a l’art, il faut le reconnaître, de proposer des faits troublants à la réflexion.  Selon lui, l’agitation d’octobre 70 au Canada n’était pas apparue comme un cheveu sur la soupe.  Madsen met en effet l’accent sur l’arsenal patiemment collectionné par le FLQ.  Lui aussi n’est pas tombé du ciel… « La répression répétée du FLQ au Québec est directement liée aux activités de la CIA.  Un agent de la CIA nommé Jules « Ricco » Kimble aurait infiltré le FLQ dans les années 1960, mais aurait maintenu la station de la CIA dans le quartier du Mont Royal. En 1964, lorsque le FLQ était connu sous le nom d’Armée de libération du Québec, des équipes de professionnels réussirent à voler une importante cache d’armes, y compris des fusils, des munitions, des obus de mortier et des grenades de deux hangars militaires canadiens situés au cœur de Montréal, au manège militaire du Mont Fusiliers Royal et dans un bâtiment de commandement militaire à Trois-Rivières ».  Ce que raconte Madsen est totalement vrai : « les Felquistes avaient alors subtilisé une « soixantaine de carabines semi-automatiques, 34 mitraillettes, trois lance-roquettes et 15 appareils émetteurs-récepteurs. Le tout est d’une valeur de 22 000 dollars » peut-on lire dans un journal de l’époque.  « La même année, des milliers de caisses de dynamite ont été découvertes entre les mains de l’Armée de libération du Québec, dissimulées dans des camions d’Hydro-Québec sur le chantier de construction d’Expo 67 à Montréal ».  Là encore c’est exact : « Le 20 février 1964, l’Armée de libération du Québec frappe à Shawinigan et s’attaque au 62e Régiment d’artillerie de campagne. À 7h45 du matin.  Ils arrivent à la caserne et en repartent trois heures et demie plus tard avec deux camions chargés de matériel.  Un vol audacieux commis en plein jour dans une caserne occupée. Trois personnes sont ligotées par les voleurs soient le commissionnaire Octave Heppel, le capitaine Jacques Joinville et l’adjudant Claude Barbier. Les voleurs s’emparent de 33 fusils-mitrailleurs, de pistolets, de 12 appareils émetteurs-récepteurs, d’uniformes de combats, de balles et même de casques bleus utilisés pour les missions de l’ONU.  La valeur des biens volés est estimée à 25 000$.  De plus, les felquistes ont entièrement saboté le poste de communication.  Le vol a été facilité grâce à Robert Hudon, un jeune électricien de 20 ans et membre fondateur du commando de l’Armée de libération du Québec, qui s’était fait engager comme instructeur à la caserne de Shawinigan une semaine avant le vol. »  Selon Madsen , « d’autres armes qui se sont retrouvées entre les mains de l’Armée de libération du Québec, puis du FLQ, ont été envoyées par la CIA à Québec pour être utilisées par des sous-traitants de la CIA contre des cibles cubaines à Montréal.  Le 4 avril 1972, une bombe a explosé au consulat de Cuba à Montréal.  La police a en fait arrêté le personnel diplomatique cubain et autorisé le personnel de la GRC et de la CIA à effectuer une fouille des lieux.  La CIA a pris possession de documents classifiés du gouvernement cubain, de matériel et d’équipements de cryptage des communications.  Kimble a déclaré avoir commis deux meurtres attribués au FLQ, bien qu’on ne sache pas si l’un d’entre eux était l’assassinat de Laporte.  Kimble aurait également été le point de contact à Montréal de Clay Shaw, un homme d’affaires de la Nouvelle-Orléans.  L’avocat général de la Nouvelle-Orléans, Jim Garrison, a accusé Shaw d’être impliqué dans l’assassinat du président John F. Kennedy en 1963 à Dallas. » « Aurait été«  , c’est bien du Madsen, en effet, et ça ne suffit pas, hélas, mais c’est troublant quand on connaît comment des caches d’armes avaient été de la même façon entretenues en Louisiane, à destination des exilés cubains anti-castristes.  Notamment le groupe d’Interpen et celui de Gerry Hemming.  On reste dans la même vision anti-communiste primaire, le credo de la CIA de l’époque.  C’est en 1991, lors du tournage d’un documentaire sur l’assassinat du pasteur américain Martin Luther King, que Kimble, emprisonné alors en Oklahoma, avait déclaré avoir effectivement rencontré Clay Shaw à Montréal.  Plus encore, puisqu’il avait aussi ajouté avoir aidé l’assassin présumé de Martin Luther King, James Earl Ray, à quitter le continent via Montréal, en 1967…  Si les dépositions de Kimble semblent décousues, et lui atteint d’une pathologie narcissique, on peut retenir l’idée de Garrisson qui avait ainsi conclu dans son propos que « chaque déclaration que Kimble m’a donnée s’est révélée être vraie, sans exception – la seule information inexacte est celle qu’il avait été planifié à l’époque de la fin de son service par la CIA « .  Selon Garrison, la CIA avait laissé croire à Kimble qu’il avait travaillé pour le Ku Klux Klan – l’un des rares faits sur sa biographie qui ait été vérifié.  Garrison a affirmé qu’il s’agissait « d’une procédure opérationnelle standard pour les agences de renseignement avant qu’elles ne renvoient quelqu’un » (« Inside Story: who killed Martin Luther King?« ).

Manipulation… or not ?

Pour « preuve » de ce qu’il avance, Madsen rappelle « qu’en 1991, un ancien ministre du Québec, qui a parlé anonymement, a confirmé le statut de Kimble en tant qu’agent de la CIA. L’ancien ministre a déclaré:  « J’ai entendu parler de cet endroit sur le mont Royal et de son travail avec la CIA. »  Bon d’accord, ce n’est pas très fiable non plus, et c’est bien mince en effet.  Ce qui le semble davantage, c’est la suite : « Le chef du contre-espionnage du Service de sécurité de la GRC, Leslie J. Bennett (2) , a confirmé en 1973 que Montréal avait été infiltrée par un certain nombre d’agents de la CIA lors de la crise d’octobre 1970.  Peu après cette déclaration, Bennett a été faussement accusé par la GRC comme étant une taupe soviétique du KGB et il a été contraint de s’exiler en Australie.  Ce n’est qu’en 1993 que le gouvernement canadien a admis que ses accusations contre Bennett en tant qu’agent double soviétique étaient une fabrication.  L’avocat général canadien a exonéré Bennett et a reçu un paiement de 100 000 dollars.  L’ancien ministre canadien de la Défense, Paul Hellyer, et le journaliste Peter Worthington ont laissé entendre qu’en 1977, la GRC avait autorisé la publication d’un texte, une nouvelle soviétique connue uniquement sous le nom de « S », qui avait atteint les échelons supérieurs de la GRC.  Ils ont affirmé que la GRC avait allégué que « S » était Bennett.  Les responsables du KGB, y compris le général Oleg Kalugin, ont par la suite déclaré que, même s’ils avaient une taupe à la GRC, ce n’était pas Bennett.  Bennett a été pris pour cible dans la campagne perverse organisée par la GRC et ses collègues de la CIA pour contrecarrer leurs caricatures sur l’implication de la CIA dans des actes terroristes au Québec. »  L’autre référence de Madsen est aussi mal choisie :  Paul Hellyer, est en effet plutôt étrange qu’autre chose...  La chose plus dérangeante au sujet d’une possible manipulation, c’est plutôt de constater que les première expériences de MK-Ultra sur l’usage du LSD notamment avaient eu lieu au Canada, à la McGill University, effectuées par le Dr. Ewan Cameron; avec l’argent… fourni par la CIA.  La série récente Stranger Things avait rappelé le procédé.  Quant à l’utilisation par la CIA de mercenaires français… avec Schirm, ce n’aurait pas été non plus une première.  Lucien Conein est là pour le rappeler (lui aussi à été cité dans l’attentat de Dallas).

Un cas particulier en France
Si les conclusions de Madsen sont discutables, des faits sont là qui semblent monter en tout cas que la déstabilisation du Québec avait fait peur, mais pas qu’aux populations il semble bien.  Le 29 mars 1971, à St-Ouen, près de Paris, et en France donc, on retrouve un cadavre, chez lui, au 46, rue Eugène Lumeau, tombé face contre terre, « dans une mare de sang« .  Il a deux balles de calibre 22 logées dans la tête.  La police française, après une enquête balistique, a conclu que l’arme qui a servi à le tuer était « de fabrication américaine ».  Sur place c’est du travail de pro : aucune douille n’a été retrouvée.  L’homme abattu s’appelle Mario Bachand, un ancien du FLQ et même un des tous premiers.  Or deux semaines avant son décès, la GRC (la Gendarmerie Royale du Canada), qui le suivait avait demandé aux policiers français de le surveiller davantage, en leur communiquant la fameuse adresse.  Bachand, un peu comme Lanctrôt, après avoir été condamné à Montréal à quatre ans et demi de prison pour une série d’attentats à la bombe, notamment celui de Westmount, était parti à  Cuba en 1969, mais il s’était ravisé pour s’installer clandestinement en France l’année suivante.  La police française, au courant de son passé, émet des rapports sur lui, qui continue un activisme certain sur place, le jugeant « mythomane «   ou le considérant même comme « un élément dangereux » comme le précise l’excellent article de l’Actualité (lactualite.com) .  Les circonstances de son élimination demeurent aujourd’hui encore non élucidées :  « c’était du travail de professionnel.  À l’époque, les services secrets occidentaux privilégient les pistolets de calibre 22.  Ils font relativement peu de bruit – l’équivalent d’un bouchon de champagne – et n’ont donc pas besoin de silencieux.  Les tueurs apprennent à appuyer deux fois d’affilée sur la gâchette en une seconde pour empêcher la main de bouger entre les deux coups.  On vise la tête, car on veut tuer.  (Le journaliste canadien George Jonas, auteur de « engeance », publié chez Robert Laffont, a obtenu ces précisions d’un agent du Mossad chargé d’abattre le commando qui avait tué les athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich, en 1972.) » La police a une piste sérieuse  pourtant : « Après l’assassinat, la police française s’intéresse à un couple de Québécois qui a rendu visite à Bachand le jour de sa mort. Selon une note adressée au directeur de la police judiciaire, ces deux Québécois se présentent chez lui et demandent « François », un de ses pseudonymes.  Bachand ne veut pas engager la conversation devant son colocataire.  Le trio se rend donc dans un café près du métro Garibaldi.  La tenancière et la caissière confirmeront que des clients « à l’accent canadien » étaient sur place de 12 h 30 à 13 h 30.  Bachand ramène ses visiteurs chez lui pour le déjeuner.  Ce mystérieux couple, qui vient d’arriver à Paris, lui demande de l’aider à s’installer en France.  Mais la discussion ne va pas beaucoup plus loin.  Son colocataire et sa copine sont là… « La conversation, tenue en français mais émaillée d’expressions québécoises, ne devait porter que sur des sujets anodins », résume la même note adressée au directeur de la police judiciaire.  Dans un télégramme pour « diffusion générale d’extrême urgence », on demande aux policiers, surtout aux agents en poste aux frontières, de rechercher un « couple de Canadiens français témoins importants dans cette affaire ».  L’un et l’autre sont âgés d’environ 25 ans, l’un et l’autre portaient un jean et un caban bleu foncé.  C’est peine perdue ».  Mais ça n’ira pas plus loin.  CIA encore ou GRC ?  C’est peut-être plus compliqué encore, avec un GRC « déguisé » : « Qui a tué Bachand ?  Dans une enquête consacrée à ce sujet en 1997, l’émission Enjeux, de Radio-Canada, montrait du doigt des felquistes qui avaient fui en Algérie et n’auraient pas supporté de voir Bachand se présenter comme chef du FLQ.  L’un d’eux était aux ordres de la GRC, a renchéri le journaliste canadien Michael McLoughlin dans Last Stop, Paris (Viking Press), livre publié l’année suivante et qui n’a jamais été traduit ».  Pour Jacques Larue-Langlois, l’autre est un « Un fabulateur audacieux et imprécis qui réécrit une page de l’histoire du FLQ ».  Autre hypothèse :  et si Bachand avait su qui armait les gens du FLQ ?  Ou, en qualité de précurseur, qui les avait contactés pour leur donner un coup de pouce armé ?  Ou qui donc avait incité à vouloir les transformer en mouvement aussi violent ???  Franchement, un doute subsiste… quel service secret aurait-il pu être embarrassé par ces possibles révélations ? 

Century au service de la CIA

Oublions le Québec, revenons aux Etats-Unis.  La collaboration ouverte d’International Firearms, désormais installé aux USA, avec la CIA:  on l’apprendra lors de la découverte de l’affaire Iran-Contras. En 1987 en effet, un employé de l’entreprise John Rugg avait longuement raconté dans sa déposition au U.S. Senate Committee qu’il avait effectivement importé à profusion des roquettes et des grenades aux Contras nicaraguayens dans les années 80. « Lors de son témoignage Rugg affirma que la compagnie était en relation avec Richard Secord, le major général dans l’Air Force (ici à gauche) qui avait travaillé avec la CIA lors des bombardements secrets et illégaux contre le Pathet Lao pendant la guerre du Vietnam.  Secord a démissionné de l’armée en 1983 après des allégations de transactions irrégulières avec l’ancien agent de la CIA Edwin P. Wilson. Il est ensuite devenu impliqué dans le transfert d’armes aux Contras avec le lieutenant-colonel Oliver North.  Lors de son procès en 1989, North a admis que l’Opération Tipped Kettle a fourni des armes aux Contras-en violation de l’amendement Boland et que l’opération avait été commandée par le directeur de la CIA William Casey et le secrétaire à la Défense Caspar Weinberger ». Boland était alors le « chairman of the House Intelligence Committee » et le congrès était démocrate (le Sénat étant républicain) il bloquait les espoirs de Reagan de n’en faire qu’à sa tête.

Les brokers mercenaires de Reagan

L’ère Reaganienne a remis en marche une guerre froide déguisée, dans laquelle les russes étaient redevenus les ennemis héréditaires du capitalisme.  Pour lutter contre leur influence à déstabiliser l’Amérique du Sud, qui était fort tentée d’essayer le communisme, Reagan avait mis les bouchées doubles, en créant notamment la GMT (Geomilitech), qui a marqué en réalité le début des ventes d’armes des États-Unis à l’Iran via Israël et la Corée.  Un groupe dans lequel 3 organisations émergent : celle du major général à la retraite John K. Singlaub (ancien de l’OSS et un des fondateurs de la CIA !),  celle de l’Air Force, Richard V. Secord, lui aussi retraité (ici à droite en uniforme), et Ronald J. Martin, un broker d’armes de Miami et vétéran dans la fonction (voir ici), à la tête de R. M. Equipment Co, un quatrième pouvant consister en l’aide d’israéliens, eux aussi retraités, mais plutôt des services secrets.  L’idée est de recourir en masse au privé, pour contourner les lois américaines qui empêchent la fourniture d’armes sans contrôle à l’étranger.  Le pouvoir de Reagan se met lui-même hors-la-loi !  Parmi les privés, outre Century Arms ou « TWA », il y a aussi la Tamiami Gunshop de Miami où l’on trouve un dénommé Don Martin.  « Le trafic illicite de ventes d’armes a été facilité par des sociétés israéliennes utilisées comme intermédiaires.  Nombre de ces ventes ont été approuvées par la CIA et l’administration Ronald Reagan.  Le motif politique par lequel Israël avait vendu des armes au régime islamique iranien était de faire en sorte que la guerre Iran-Irak soit aussi longue et destructrice que possible ».

« Au-delà de la recherche du profit, la motivation des responsables américains impliqués était moins claire mais visait probablement à obtenir un effet de levier pour demander la libération des citoyens américains capturés par les Shitan au Liban et retenus en otages. Toutefois, plusieurs universitaires estiment que ces ventes d’armes aux États-Unis ont précédé les prises d’otages au Liban, qui ont ensuite été revendiquées par des responsables américains comme étant le motif principal des ventes d’armes à l’Iran ».  Le credo est clair en tout cas: créons ou entretenons le chaos, en disséminant des armes partout, de manière à ce qu’on s’entre-tue et qu’on en vienne à demander l’aide des USA et de ses mercenaires rebaptisés de l’euphémisme « combattants de la liberté ».  Mais il n’y a pas que des hommes à fournir, or il y a aussi des armes, et Reagan se retrouve coincé par un Sénat et un Congrès qui se refuseront, il le sait, à armer des états étrangers.  Il faut donc biaiser.  Et aller se servir là où il y en a le plus. Dans les anciennes possessions soviétiques qui ont acquis leur indépendance, où les stocks d’armes légères ou individuelles sont tout simplement faramineux.  Si Cummings est toujours l’un des plus importants brokers US, comme sous Kennedy, un de ses anciens agents allemand, Werner Glatt (1), est celui qui monte aux yeux des militaires US grâce à ses exploits pour fournir l’armée Croate, bien aidés par les retraités comme le général Galvin, Peter Galbraight et Charles Redman. A Glatt, le NYT ajoutera le 4 décerne 1986  le nom de Michael Kokin, dirigeant de Sherwood International Export Corporation, « avec des bureaux à Los Angeles, Miami, Londres and Washington« …

34 containers chargés à Ashdod

Selon Amir Owen, examinant des rapports déclassifiés de la CIA, Israël avait même fait cadeau de l’emballage en container des armes demandées par la CIA pour les envoyer en Iran, un transfert organisé par « l’Entreprise », la société écran crée par North (à droite l’extrait du rapport du Congrès la condamnant)  :  « Weinberger a rapporté qu ‘ »une équipe d’enquête commune du DoD et de la CIA s’est rendue en Israël. On lui a montré environ 300 tonnes métriques d’armes capturées et de munitions adaptées à leurs besoins. Peu de temps après que l’Ambassadeur Arens soit devenu le nouveau MOD israélien, le DoD a été informé que ces armes seraient fournies aux États-Unis à un faible pourcentage de leur valeur marchande. Ces frais, qui, selon moi, seront financés, ne concerneraient que l’emballage et la manutention et devraient se situer autour de 100 000 dollars. Mes collaborateurs sont en train d’organiser le transfert de ces armes vers les États-Unis. Elles devront être transportées par voie de surface en raison de leur poids et de leur volume. Elles ne seront disponibles qu’en mai / juin. «  Le même jour, la marine américaine a été chargée de fournir un moyen de transport pour « des articles militaires … qui seront expédiés du port israélien d’Ashdod … à la côte est des États-Unis ». Weinberger a mis au courant Casey: « L’envoi sera disponible pour le ramassage par la CIA » et « restera dans les 34 conteneurs Terre / Mer jusqu’à leur destination. Les conteneurs terre / mer sont la propriété du gouvernement israélien et devront être… rendus à Israël. «  La cargaison comprenait 20 000 fusils et mitraillettes, 1 000 mitrailleuses, 90 fusils sans recul, 110 obus de mortier, 1 000 grenades à main et une grande quantité de munitions. « Le ministre israélien de la Défense, alors nouvellement nommé, Moshe Arens, a pris la décision finale selon laquelle ces armes devaient être fournies gratuitement au DoD. C’était l’une des premières actions du MOD Arens (…) et témoignait clairement de sa volonté d’améliorer les relations américano-israéliennes « , selon les documents du Pentagone. »  Un « cadeau » sans trop de perte au passage, note Owen : « Israël, avec une générosité ponctuelle et bien calculée, n’a pas perdu beaucoup d’argent ici: dans les années 1980, des marchands d’armes privés ont vendu des fusils Kalachnikov similaires, fabriqués en Yougoslavie, au prix de 210 dollars chacune. La valeur marchande de toutes les Kalachnikovs de la cargaison en question ne représentait que 4 millions de dollars environ; les mortiers de 60 mm ont été vendus pour environ 1 500 dollars et 81 mm. mortiers pour environ 5 000 $. »`

Le sérieux coup de main pour « L’Entreprise « 

 

Dans « Private Warriors » De Ken Silverstein et Daniel Burton-Rose, on trouve cette assertion : si Glatt était un important fournisseur d’armes pour les «combattants de la liberté» de Reagan, il était plus important encore pour la sécurisation des armes russes dans le cadre du programme d’acquisition de matériel étranger. Hormis quelques excellentes histoires dans le Washington Post – qui ne mentionnent pas le nom de Glatt ou de tout autre revendeur d’armes ayant fourni le Pentagone -, l’histoire du programme est pratiquement inconnue. Le Pentagone a estimé que le programme était extrêmement important, car c’était le seul moyen de tester ses armes contre celles de ses adversaires américains. La DIA et les forces armées ont dressé leurs propres listes d’achats, mais un petit groupe de sociétés étroitement liées aux services de renseignement s’est chargé de l’acquisition de l’armement: BDM, dirigé par l’ancien secrétaire à la Défense Frank Carlucci; Vector Microwave Research Corp., dont les dirigeants comprenaient Leonard Perroots, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA); et Electronic Warfare Associates, dont le conseil d’administration comprenait, jusqu’à son décès en 1997, l’ancien directeur de la CIA, William E. Colby. Les sociétés américaines ont à leur tour fait appel à une bande de courtiers en armes basés en Europe pour acheter les biens souhaités dans le bloc de l’Est, une stratégie permettant de contourner le Foreign Corrupt Practices Act, qui interdit aux Américains de corrompre les fonctionnaires étrangers. En plus de Glatt, ces concessionnaires comprenaient Heinz Baumann; un Allemand nommé Gunther Leinhauser; Manny Weigensberg (et bien le voilà cité en effet !), un Canadien qui a aidé «The Firm» à organiser le premier envoi d’armes aux contras; et Johannesson, qui après sa scission avec Glatt a développé d’excellents contacts avec la Stasi est-allemande. (Le contrat le plus important conclu par Johannesson avec les FMA avait été conclu en 1987 lorsqu’il avait décidé, par des sources est-allemandes et tchèques, d’acheter une douzaine de chars T-72 pour la CIA. Les chars avaient été expédiés au Qatar. Les Allemands de l’Est avaient appris que l’acheteur était de la garde présidentielle dans ce pays, où ils sont restés pendant trois jours avant d’être envoyés aux États-Unis.  Avec ses revenus du Pentagone, Johannesson a acheté une maison à la Barbade, des vignobles dans le sud de la France et un domaine de la côte est du Maryland ayant appartenu auparavant à un membre de la famille Dupont). 

Des profits personnels au passage 

En 1987, le New-York Times, après une longue enquête, annonçait ce que l’enquête menée par le Sénat US allait plus tard confirmer (3).  Le commerce des armes s’était aussi révélé une activité rentable pour les petites entreprises enrôlées par la CIA ou pour l’Entreprise elle-même, l’entité créée par Oliver North pour regrouper les achats et dispatcher les ventes (4).  En fait, on travaillait entre amis et on partageait les bénéfices : « l’un d’entre eux était avec le colonel de l’armée à la retraite, James P. Atwood, de Savannah, en Géorgie, qui a réussi à négocier l’achat de la CIA auprès de l’Enterprise après l’échec de la tentative d’un autre intermédiaire. À l’époque, les enquêteurs ont découvert qu’Atwood participait à la création d’une entreprise d’armes privée pour le fils d’un responsable des achats secrets de la CIA, qui avait approuvé la transaction. »  Selon le Times, en effet, c’était aussi fort lucratif et ils s’arrosaient aussi copieusement entre eux :  « les partenaires privés de l’Entreprise – Secord, Hakim et Clines – ont été tellement convaincus qu’ils se sont payés plus de 860 000 dollars en commissions sur l’avance en exploitant les bénéfices cumulés des ventes d’armes iraniennes, selon les comités du Congrès Iran-Contra ». Pour sécuriser les échanges entre complotistes des iran-contras, ils n’hésitent pas à utiliser un matériel de communication complexe écrivent Fabrizio Calvi et Olivier Schmidt  dans « Intelligences secrètes:  Annales de l’espionnage » : « outre cette flottille, Secord n’hésite pas à louer les services d’un transporteur apprécié par l’Agence, la Southern Air Transport, qui lui sert aussi bien à acheminer des missiles américains en Iran que des fusils-mitrailleurs soviétiques au Salvador ou au Honduras. Afin d’assurer la sûreté des communications entre le général et ses hommes, le colonel North leur remet un lot d’une dizaine de machines à coder les conversations téléphoniques (KL-43) provenant de la National Security Agency (NSA) qui sont aussitôt réparties entre le quartier général de l’organisation aux États-Unis et différentes bases au Salvador et au Costa Rica. »  C’est alors qu’est arrivée l’affaire de l’Erria et son échec retentissant.  Ce petit cargo danois de 163 pieds seulement (et 996 tonnes en lourd) avait réussi plusieurs missions en 1984 et 1985 dans le golfe Persique, au Nigeria et en Amérique Centrale.

Il avait aussi transporté  500 tonnes d’armes, apparemment destinées aux contras, d’un port de Pologne à un point de transbordement en France.  C’était le 15 septembre 1986, ) Cherbourg, où le Erria avait transféré son chargement sur un autre cargo danois, l’Iceland Saga de 1 304 tonnes DWT (devenu Sea Rose depuis, il est ici à droite).  Au Honduras, l’Erria avait apporté  des fusils et des munitions portugaises de fabrication soviétique directement aux insurgés du Nicaragua.  Une autre fois, selon le NYT toujours ; « il s’était retrouvé au large des côtes de Chypre pour aller chercher un courrier contenant 1 million de dollars en espèces du millionnaire texan H. Ross Perot, des fonds censés être utilisés comme rançon pour les otages américains du Nord, qui devaient être libérés par leur ravisseurs au Liban ». L’idée avait germé à la CIA d’acheter carrément le cargo efficace pour 312 000 dollars, en gardant son discret capitaine Arne Herup, à qui on avait proposé de devenir propriétaire du navire… gratuitement, s’il pouvait encore aller chercher 268 tonnes d’armes en Pologne et au Portugal pour les amener aux contras Nicaraguayens.  La cargo de S.A Shipping, ancien MV Delfin et ex MS Sunnanhav basé à Copenhague, avait alors été acheté discrètement par Dolmy Business Corporation, une entité de la CIA basée elle au Panama.  Elle même liée à une société suisse appelée CSF, qui gérait les paiements des armes fournies à l’Iran.. Officiellement, il appartenait ainsi à Albert Hakim, un iranien expatrié, créateur de la Stanford Technology Corporation, dirigeant alors pour la circonstance une autre entité de North appelée  “Amalgamated Commercial Enterprise Inc” (ACE).  Les armes polonaises avaient pu être achetées par  l’intermédiaire de Manzer Kassar, un broker basé en Europe et proche de l’Organisation de libération de la Palestine.  L’associé également du terroriste Abou Nidal, l’auteur des massacres de Noël de 1985 à Rome et à Vienne.  Cela n’avait pas semblé ébranler la conviction de North d’obtenir son chargement.  Mais le deal d’armes n’aboutissant pas, au final : les sanctions levées, les armes de contrebande n’en étaient plus !  Le voici parti pour une autre mission vers le port israélien d’Haïfa, (avec son nom alors changé en « Ria ») pour récupérer un container d’armes du bloc de l’Est que North espérait échanger en Iran contre deux chars T-72 neufs capturés chez Saddam Hussein pendant le conflit.  Cela paraît disproportionné :  pas pour la CIA, car le T-72 souhaité par le Pentagone était d’un nouveau type de blindage et emportait un illuminateur de cible au laser d’un nouveau modèle . « Mais après avoir attendu deux mois, les Iraniens n’ont pas apporté leurs chars« , indique le NYT.  Et c’est alors qu’est apparu notre broker canadien, toujours à l’affût et tenté de reprendre le chargement invendu à bas prix, car selon le NYT,  « alors que l’Erria gagnait du temps en simulant des dysfonctionnements mécaniques à Lisbonne, Emmanuel (Manny) Weigensberg, l’armurier de Montréal, associé à Secord qui avait négocié certaines des premières livraisons secrètes d’armes au Contras, a approché la CIA pour susciter son intérêt.  Mais des responsables ont déclaré que la CIA avait rejeté l’offre et que des responsables de la passation de marchés secrets avaient ensuite expliqué aux enquêteurs qu’ils ne faisaient pas confiance à Weigensberg.  Selon les autorités portuaires portugaises, l’équipage de l’Erria a simulé davantage de dysfonctionnements, allant même jusqu’à saboter certaines des machines du navire.  Les opérateurs du navire à Copenhague se sont portés volontaires pour décharger la cargaison dans l’Atlantique » (que fallait-il entendre par là ? La déposer au Cap-Vert ou au Portugal) ?  L’histoire des contras c’est aussi toute une série d’échecs de ce genre.  Car l’intérêt n’était en rien d’armer une quelconque faction, mais bien de se faire de l’argent avant tout !!!  North agissait comme un broker en armement et rien d’autre !!!  « Les responsables ont déclaré que les enquêteurs du Congrès ne pouvaient pas établir avec certitude que Casey ou d’autres officiers supérieurs de la CIA seraient intervenus pour forcer l’achat de la cargaison d’armes.  Une source informée a toutefois fait remarquer qu’à un moment donné, même North avait tenté de «  colporter les armes à la CIA ».  En outre, une série de dépositions au Congrès d’employés de la CIA et d’autres personnes ont révélé qu’Atwood avait déjà séduit les responsables de la passation des marchés publics de la CIA avec des cadeaux personnels allant des montres et des seaux de crevettes aux rares fusils chinois AK-47 à canon chromé. Atwood, qui s’est vu accorder l’immunité de témoigner sous serment aux enquêteurs du Congrès, a finalement reçu 180 000 dollars et 3 millions de cartouches de munitions à titre de commission apparente pour la transaction. Il a refusé d’être interviewé par le Times ». Dans le dossier, un nom à consonance française était apparu : Patrice Gentil de la Sagne, de « Star Production Geneva », habitant en Suisse bien sûr.  Dans le dossier on le voit coordonner l’envoi d’un navire vers le Pérou et le Salvador avec des camions mais aussi des armes, qui avait été saisis par le général Noriega au Panama.  Le cargo était parti de Rostok, en Allemagne de l’Est !!!  En fait à bord il y avait 32 camions, 1,500 AK-47 et 1,500 roquettes anti-tanks.  On cite avec lui un « partenaire » appelé David Duncan, de Miami. L’entreprise écran des envois était la NAPCO. Le cargo s’appelait le Pia Vesta;  c’était la propriété de Duncan !  Noriega, visiblement vexé, laissera filer au Miami Herald des cassettes contenant les conversations enregistrées entre le marchand d’armes Miami, David Duncan, et les autorités panaméennes. On pouvait entendre Duncan enregistrer sur ces cassettes en déclarant que les armes du Pia Vesta étaient bien destinées au Salvador, qui devait ensuite les amener aux « Contras ».

Tom Cash, un ancien agent spécial chargé des opérations en Floride et dans les Caraïbes des administrations de répression du trafic de drogue, a déclaré qu’il devrait être possible aux autorités de retrouver qui a acheté les armes. « Mais l’acheteur peut être n’importe qui », avait-t-il déclaré, car il n’y a aucune restriction quant à qui peut obtenir une telle licence.  William Hartung, analyste des politiques au Centre pour les politiques internationales à New York, convient que « rien ne garantit que l’arme ne tombera pas entre de mauvaises mains, même si elle a été achetée par un acheteur agréé.  « Parfois, une personne ayant un droit légal l’achète puis le vend ou le perd », a-t-il déclaré. « Il y a eu des exemples de cela. »  Marc Adler, président d’Allan Adler, une société de conseil spécialisée dans les armes à feu de Boca Raton, a déclaré que « le fait de sortir une arme de poing du pays impliquait des tonnes de paperasse et l’approbation des agences fédérales ».

La décision de Reagan

« Le 4 mars 1981, Reagan signe un « finding » autorisant la CIA à soutenir des éléments salvadoriens pour lutter contre l’afflux d’armes du Nicaragua vers les guérillas salvadoriennes.  Le 1er décembre 1981, Reagan signe un finding permettant la première assistance secrète aux Contras, destinée à gêner le soutien sandiniste aux guérillas du Salvador.  Cette opération secrète est dévoilée par le Washington Post trois mois plus tard.  Craignant que les Contras parviennent au pouvoir, le Congrès passe l’amendement Boland le 8 décembre 1982 qui interdit une assistance ayant pour but de renverser le gouvernement du Nicaragua. Le 20 septembre 1983, un nouveau finding définit les buts de l’opération comme étant de forcer le Nicaragua à négocier avec ses voisins et empêcher les livraisons d’armes au Salvador. En octobre 1983, des équipes de Latino-Américains employés unilatéralement par la CIA mènent des attaques en vedettes rapides contre les installations pétrolières de ports nicaraguayens. En décembre 1983, le Congrès autorise un financement de 24 millions de dollars pour les Contras.  Mais en avril 1984, il est révélé que la CIA a directement menée une opération de minage de ports du Nicaragua, et le Congrès arrête le financement des Contras »…

 

(1)  Selon l’article « Licensed To Kill » de Ken Silverstein, du Harper’s Magazine, Glatt était un homme dangereux. «  « Ce que j’ai découvert à propos de Glatt n’en est pas moins une histoire remarquable et révélatrice.  Ses entreprises comprennent des usines, des fermes et des biens immobiliers répartis en Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis.  En plus de Black Eagle, il possède trois chalets suisses, un appartement à Londres, à deux rues de Harrods, un domaine en Autriche, et un autre au Luxembourg, sa résidence principale.  Son exploitation la plus somptueuse est un vaste domaine forestier proche d’Édimbourg, acheté au début des années 1980 à un ancien maire de Londres. Glatt, passionné d’équitation, a construit un énorme anneau d’entraînement intérieur afin que le temps écossais ne l’empêche pas de monter.  Ses amis et ses collègues sont tout aussi baroques et diversifiés – il comprend des aristocrates européens, des responsables du Moyen-Orient et des ministres de la Défense du tiers-monde – et ses liens avec l’armée américaine sont profondément ancrés – il a aidé à financer la Haute frontière, la « Star Wars « .  Le lobby est dirigé, jusqu’à sa mort, par le grand ami Daniel Graham, ami proche de Glatt.  Combiné à sa coupe militaire à la brosse, à ses costumes sur mesure et à son duel, le commerce et l’appétit de luxe de Glatt lui permettent de le décrire comme le genre de méchant ténébreux qui incarne le genre James Bond.  Mais la vérité qui dérange, c’est que Glatt et ses semblables sont à la fois 007 et Ernst Stavro Blofeld, de SPECTRE, agissant à la fois comme agents du gouvernement et mercenaires avec pour seul but le « motif pur du profit pur ». « Voulez-vous qu’il soit un héros ou un serpent? » demanda un jour un ancien officier du renseignement, « parce qu’il est en fait les deux. » Les films de James Bond sont bien sûr une version apaisante de la guerre froide ».

(2) Benett pose un autre problème sérieux le reliant à un des hommes liés à l’assassinat de Kennedy : « selon l’Encyclopédie de la Guerre froide, Espionnage, Espions et Opérations secrètes, en 1962, le chef du contre-espionnage de la Central Intelligence Agency, James Jesus Angleton, avait fait confiance à Bennett pour interroger un transfuge clé, Anatol Golitsyn. Cependant, Angleton, connu pour être très méfiant, a commencé à soupçonner que Bennett pourrait être lui-même une taupe. Angleton a ouvert le dossier sur Bennett en 1967. En 1970, ses soupçons grandissaient au point que la GRC devait mener une enquête sur Bennett.  Ils l’ont mis sous surveillance, ont écouté son téléphone et visité sa maison, y compris sa chambre à coucher.  Cette opération, baptisée « Opération Gridiron », a abouti à emmener Bennett dans un lieu sûr pour un interrogatoire humiliant de cinq jours.  Au cours de son interrogatoire, ses interrogateurs ont posé à Bennett des questions personnelles embarrassantes sur sa vie sexuelle sur la base de commentaires capturés par le micro posé dans sa chambre. L’enquête n’a pas permis de déceler la preuve que Bennett était un agent double, mais son autorisation d’avoir accès à des informations très secrètes a été retirée pour répondre aux préoccupations des Américains. Selon l’Encyclopédie de la Guerre froide, Espionnage, Espions et Opérations secrètes, il n’est jamais apparu qu’Angleton l’avait démis de ses fonctions en 1974, car il n’avait découvert aucune preuve réelle que Bennett avait été déloyal.  Après son départ de la GRC, son épouse l’a quitté et est retournée en Australie avec ses deux filles. L’Encyclopédie de l’espionnage, des espions et des opérations secrètes de la guerre froide affirmait qu’il ne pouvait plus obtenir qu’un travail subalterne ».

A voir, le documentaire de Johan Grimponprez « Shadow World » , à partir du livre d’Andrew Feinstein, auteur de « The Shadow World: Inside the Global Arms Trade »

« Ernst Werner Glatt, l’un des marchands d’armes les plus notoires, a été courtisé à la fois par la CIA et les services de renseignements de l’armée. Les renseignements de l’armée ont été gagnants et, en 1986, avec Reagan à la Maison Blanche, le Pentagone a organisé une fête d’anniversaire de Glatt au Georgetown Club de Washington, un club privé fréquenté par les initiés du gouvernement. Glatt a été récompensé pour sa virulente droite et cela signifiait qu’il ne traiterait pas avec les Russes, selon le colonel Ryan qui a assisté à la fête d’anniversaire. Glatt a acheté judicieusement « des mines antipersonnel, des grenades, des fusils, des mitraillettes et des armes légères » à l’ENZIN, l’agence nationale polonaise des armements. Aucune empreinte digitale américaine. Les armes ont ensuite été acheminées vers la CIA, qui les a acheminées vers les dépôts que la CIA avait installés au Pakistan. De là, l’ISI a envoyé les armes en Afghanistan pour les fournir au Muhajeddin.  L’industrie de l’armement a de longues tentacules et les activités de Glatt ont même été liées à l’effondrement de «l’épargne et des prêts».  Un banquier a nommé Louis Petrillo, alors que le président de la Bayshore Bank de Miami avait consenti un prêt non autorisé de 2 millions de dollars à Geomi Tech Consultants Corp – la société de Glatt.  Le prêt n’a jamais été remboursé et la banque Bayshore a fait faillite. Petrillo a été condamné à un an de prison en 1994 pour fraude bancaire et a été condamné à rembourser les 2 millions de dollars. Bien que le juge ait ordonné que des mesures soient prises contre GMT, aucune mesure de ce type n’a été prise. Ses services auprès de l’administration Reagan ont sans aucun doute joué un rôle dans cette inaction juridique. »

(3) c’est lisible à cette adresse : http://dl.ystc.ir/hvb/1395/Irangate/Senate/B24%20Senate%20Report%20Iran Contra%20Investigation.pdf

C’est un document fondamental, qui cite nommément Century comme partie prenante des opérations clandestines décidées par Reagan.  Il a été rédigé du 6 janvier au 22 décembre 1987.

 

autres documents à consulter :

https://www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP90-00965R000504760002-1.pdf

 

http://ipisresearch.be/wp-content/uploads/2012/07/20120706_ROUGH_SEAS.pdf

 

(4) www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP90-00965R000504760002-1.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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MH370 (18) : Century Arms, plusieurs rendez-vous avec l’histoire, ici le premier

 

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