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MH370 (13) : les avions qui enfument la Suisse

Cette fois, c’est en Suisse que nous allons nous déplacer pour notre enquête.  Avec une simple question posée par une députée, à propos du survol de sa maison et de celles de ses administrés par de gros avions faisant beaucoup de bruit et de fumée : de vieux Antonov 12, âgés de plus de 50 ans pour la plupart. Des avions à la livrée bien reconnaissable et faisant régulièrement le même trajet. C’est le début de la découverte de livraisons d’armes, documents à l’appui, ces avions ayant été aussi aperçus à plusieurs reprises aux USA, à savoir qu’ils avaient aussi l’habitude des trajets transatlantiques !!!
Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici
Les étranges vols de Kavoc Air qui ont mis la puce à l’oreille
Des vols qui intriguent, en effet. Et notamment en Europe, où le bruit et la fumée des gros porteurs à hélices d’un autre âge inquiètent certains. Une député suisse, Barbara Keller-Inheleder du Groupe de l’Union Démocratique du Centre a ainsi posé le 15 mars 2018 cette question saugrenue au parlement : « depuis octobre 2016, des citoyens inquiets s’adressent à moi, en ma qualité de membre de la Commission de la politique de sécurité du Conseil National, pour me poser des questions sur les lourds appareils à hélices très bruyants (c’est l’UR-KDM) qui survolent à présent régulièrement notre pays tard le soir ou au milieu de la nuit en faisant vibrer maisons et balustrades. On peut suivre ces appareils sur Flightradar24: il s’agit d’avions de transport du type Antonov 12B/12BK/12BP de Cavok Air, la compagnie aérienne cargo ukrainienne. Les Antonov décollent par exemple de Leipzig ou Paris pour atterrir régulièrement au Sahara, à Ghardaïa en Algérie – ou ils disparaissent brusquement du radar. Il y a lieu de se demander ce qu’on peut bien transporter régulièrement et si souvent de Leipzig au Sahara, et du Sahara à Leipzig, Tanger, Marseille ou Paris ».
Le 6 novembre dernier, l’UR-CKL était toujours à effectuer des vols vers Ghardaïa, ici en direction de… Marseille. Le 4, il avait un aller-retour Leipzig-Ghardaïa.  Son collègue l’UR-CNN faisant le même jour Brno-Sofia, après avoir fait le 31 octobre Ghardaia-Bucarest…
1. Ces survols nocturnes nécessitent-ils une autorisation?

2. Combien de ces survols nocturnes ont-ils eu lieu depuis octobre 2016?

3. Des autorisations ont-elles été accordées depuis octobre 2016 pour ces survols nocturnes? Dans l’affirmative, combien?

4. Qu’est-ce qui a été transporté?

5. Des marchandises dangereuses ou des biens militaires, voire les deux, ont-ils été transportés? Dans l’affirmative, lesquels?

6. Des réfugiés ou des requérants d’asile ont-ils été transportés?

7. Comment procède l’OFAC s’il a connaissance de mouvements aériens illégaux?

8. Comment se passe en l’occurrence la collaboration avec le DDPS?

9. Pourquoi de tels transports – avec ou sans autorisation – sont-ils effectués de nuit? »

On lui avait répondu « qu’entre octobre 2016 et février 2018, Skyguide a recensé 602 passages d’avions de type Antonov An-12 sur la Suisse, dont 412 étaient le fait de Cavok Air. Cavok Air est une compagnie aérienne cargo ukrainienne dont la flotte est exclusivement composée d’appareils de type Antonov An-12 » et que « Les Antonov An-12 de Cavok Air effectuent en général des liaisons entre Leipzig ou Cologne et Milan ou Bergame et volent à 23 000 pieds (environ 7000 mètres d’altitude). Suivant les conditions météorologiques, le vrombissement sourd de leurs hélices est bien audible, et enfin que « tous les avions qui volent en Suisse selon les règles de vol aux instruments (IFR) sont suivis par Skyguide (prestataire suisse de services de navigation aérienne). Skyguide contrôle le respect des règles de l’air et alerte immédiatement les Forces aériennes en cas de violation présumée de l’espace aérien suisse ou d’infraction grave aux règles de l’air ». Bref du vent : on parlait de Ghardaïa (un foyer d’extrêmisme aux rudes affrontements réguliers), on a répondu « Bergame »… et rien sur le contenu des avions.  Mais que transportent donc de si mystérieux les avions de Cavok Air ???  L’Algérie fournirait-elle la Libye ?  Ou se fournirait-elles en armes brésiliennes anti-émeutes au cas où ?  La proximité libyenne, expliquée ici dans le rapport de Jalel Harchaoui, du Small Ars Survey, n’est pas rassurante :  la frontière, en plein désert est une vraie passoire.  L’Algérie n’a pas cherché à empêcher les États du Golfe d’envoyer des armes à la rébellion anti-Kadhafi de 2011 et le phénomène pourrait donc se poursuivre.  Mais l’Algérie avait craint aussi l’effondrement de la Libye, davantage que les européens, selon Harchaoui.  Là encore, il y avait eu prolifération :  « des responsables libyens anti-Kadhafi ont observé qu’entre avril et septembre 2011, le Qatar avait expédié en Libye 20 000 tonnes de fusils d’assaut, de lance-grenades, de munitions, d’uniformes militaires et de véhicules (Dagher, Levinson et Coker, 2011). Le fait qu’aucune ventilation détaillée des cargaisons du Qatar n’ait été rendue publique, l’importance de cette assistance est illustrée par le fait que si la moitié du tonnage allégué était constitué d’armes légères, il s’agirait de 178 000 fusils de type Kalachnikov et de 3 000 cartouches par arme. Plusieurs autres États membres de la coalition euro-arabe, dont la France et les Émirats arabes unis, ont également envoyé une aide meurtrière, bien que dans une moindre mesure que le Qatar. Les forces militaires égyptiennes et soudanaises ont aidé l’opposition (Levinson et Rosenberg, 2011; ElHag, 2012).  Après 2011, le flux d’armes en provenance des puissances du Moyen-Orient (telles que les Émirats arabes unis) vers la Libye s’est poursuivi (CSNU, 2016, par. 140 à 43). La Turquie a rapidement commencé à expédier des armes illicites en Libye également, en violation du droit international (CSNU, 2016, par. 151 à 59) ».  En septembre 2015, la marine grecque interceptait le petit cargo de 1400 tonnes Haddad 1, qui allait en direction de Misrata (battant pavillon Bolivien !).  A son bord, plus de 5000 fusils et des munitions.  Il était parti du port de d’Iskenderun, à 50km à peine de la frontière Syrienne.  Des photos et des vidéos montraient des paquets de cartouches neuves, estampillées Yavex USA, compagnie de Floride, à Fort Myers et travaillant pour Yavascalar AS en Turquie.  L’extrême-droite avait aussitôt transformé l’envoi en armement destinés aux immigrés en Europe !!!  Au pays des fakes-news, ça ose tout !

Les documents fort compromettants

On allait le découvrir sans trop d’étonnement, à vrai dire, ce que contenaient ces avions ukrainiens.  Le 13 janvier 2018 un des appareils Antonov AN-12B de Cavok Air (UR-CEZ) est surpris « en train de procéder au chargement de cargaisons dangereuses au terminal d’exportation de RIO Galeo, (Rio de Janeiro-Galeão baptisé Antônio-Carlos-Jobim  au Brésil) à la suite d’un voyage directement venu du Honduras.  La curiosité de cette opération concernait précisément la catégorie de la cargaison, qui portait sur les matières explosives, exigeant de la part de toutes les personnes concernées une attention et un soin maximum. La cargaison totalisait 21 palettes et 10,4 tonnes qui étaient correctement emballées dans l’avion pour que le vol puisse se dérouler en toute sécurité à l’intérieur du cargo ». Le Brésil est réputé pour la fabrication de ses grenades anti-émeutes, ou ses obus et ses roquettes de type Grad, on le sait.  Le 6 novembre, l’avion faisait à nouveau un trajet Leipzig- Ghardaïa… Plus étrange encore, concernant les avions de Kavoc, l’autorisation de vol découverte via une demande officielle aux autorités officielles américaines, en date du 28 août 2018 (et valable jusqu’au 31 décembre 2018), demande faite à la très sérieuse et officielle « Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration » dans laquelle Kavoc Air (à son adresse Kavok Eir, TOV, Obolonska naberezhna 3  04210 Kyiv, Kiev – Ukraine) est représentée par son agent américain, The Wicks Group PLLC de Washington, DC.  La demande porte en effet sur des « Projectiles with bursting charge » et des « Rockets with inert head ».  On ne peut pas être plus clair ! Pour un vol bien particulier.  L’avion (de type indéterminé) devrait en effet partir du Lanseria International Airport, en Afrique du Sud, haut lieu de trafics divers dont celui des armes (dont l’Afrique du Sud est productrice, et de la cocaïne) direction Phoenix, Arizona, mais en passant auparavant par… Luanda (en Angola) et Accra (au Ghana), avant de s’orienter vers le Capt Vert (et Sao), de traverser l’Atlantique vers le Grantley Adams International Airport (à la Barbade), puis par un saut de puce se poser à Nassau… pour arriver enfin à Phoenix.  Le candidat de Cavok Air à la traversée ayant pu être le vieil Antonov Antonov An-12BK immatriculé UR-CBG (6343705), photographié à Lanseria par le spotter Timothy Brandt, justement, le 19 août 2018, soit 8 jours avant la date requise pour s’envoler plein d’armes vers Phoenix… le temps de préparer les papiers !  L’ex Aerovis, aperçu à Kaboul le 3 septembre 2006, décoré de la même façon… et encore plus sale !  Il a démarré sa carrière dans l’armée soviétique, en …1966, soit il y  plus de 50 ans !  Bref, un avion amorti depuis des lustres, et qui ne coûte plus que le kérosène et les (maigres) salaires de son équipage !!!  Le 5 août 2018, il avait déjà été filmé en train d’atterrir à Nassau, aux Bahamas... son redécollage se faisant de façon… fort charbonneuse (quelle fumée, et quel boucan) !!!  Il est vu ici à Châlons-Vatry le 4 janvier 2012.  Ukraine Air est aussi une habitué des traversées Atlantique : ici son Antonov UR-CNT bleu-violet brillant décollant de Saint-Martin en décembre 2017.

Et ce n’était pas la première fois, en fait, pour Kavoc Air : le 11 juillet 2017, une autre demande au même organisme demandait  « To authorize the  transportation in commerce of certain explosives which are forbidden for transport by cargo only aircraft »…  la même autorisation étant octroyée par le même document à Kalitta Air !!!  Kalitta Air obtenant une autorisation supplémentaire le même jour, «  to authorize the  transportation commerce of anhydrous ammonia »  (de l’ammoniac anhydre, composant essentiel de la fabrication des explosifs !) «  by cargo aircraft, which is forbidden in the regulation » ; le troisième larron étant autorisé à transporter aussi des explosifs.  Son nom : Ukraine Air Alliance !!!  Ici à droite l’Antonov An-12BK Kavoc UR-CNN (7345004) aperçu de nuit au Houston George Bush Intercontinental le 4 février 2017, en partance pour Lima, venu de La Aurora International Airport de Guatemala City !!!
A droite, c’est l’Ukraine Alliance UR-CAH (ex ER-AXX, 8345604) qui se pose au même endroit le 29 octobre dernier… ses deux documents prouvent que les Etats-Unis entretiennent des vols douteux par cargos aériens, tels que Kalitta, dont on va bien sûr étudier ici les vols en détail, mais aussi carrément avec des avions ukrainiens, autorisés à se poser aux USA bourrés d’explosifs (1).
Ramstein aussi mis en cause comme plaque tournante

Dans ce circuit l’Europe aussi a été mise à contribution (à gauche les looks différents des modèles Kavoc Air).  Ostende, Francfort, Vatry, Aviano, Stansted, Luton, ont largement servi à ces transferts, pistés par des  activistes et des spotters qui ont permis d’en tracer le tableau et de corroborer les dires de l’affligeant rapport.  La plupart du temps, les transports massifs d’armes ont été effectués en dehors des lois du pays concerné. « L »armée étatsunienne aurait livré des armes et des munitions d’Europe de l’Est aux rebelles syriens via sa base de Ramstein, en Rhénanie-Palatinat. Comme le gouvernement allemand n’avait pas les autorisations nécessaires, les Etats-Unis ont peut-être enfreint la loi allemande (à droite le C-130 vieil habitué des coups tordus vu à Ramstein le 12 septembre 2012 : le Lynden Air N402LC, avion de la CIA !). C’est le résultat de plusieurs mois de recherches menées par la Süddeutsche Zeitung et les réseaux de journalistes Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et Balkan Investigative Reporting Network (BIRN). Le gouvernement allemand affirme qu’il ne sait rien des livraisons d’armes à la Syrie via le territoire allemand, bien que des signes indiquent depuis un certain temps que les Etatsuniens se livrent à cette activité douteuse. Le gouvernement étatsunien a soutenu les rebelles syriens en leur fournissant de la formation et des armes dans le cadre de plusieurs programmes différents. L’Armée syrienne libre (ASL) et d’autres groupes, auparavant considérés comme politiquement inoffensifs, ont été entraînés et armés pour la lutte contre le président Bachar al-Assad par un programme du service de renseignement étranger de la CIA sous le nom de code Timber Sycamore. Le président Barack Obama a approuvé le programme en 2013 après de longues discussions au sein du gouvernement, réagissant au déploiement d’armes chimiques dans la région de la Ghouta engendrant des centaines de morts que le gouvernement étatsunien a considéré comme de la responsabilité du régime syrien. Le successeur d’Obama, Donald Trump, a mis fin à ce programme début juillet sur recommandation de la CIA ».  Autrement dit, la CIA a arrêté ce qu’elle avait elle-même initié : voilà un président bien crétin et bien manipulé sans qu’il ne se s’en rende compte, lui si prompt à critiquer Brennan, l’ancien responsable de la CIA, qui tombait à pic, pour elle :  c’est bien Ross et Wise qui avaient raison (2) : aux Etats-Unis, le président quel qu’il soit n’est que sa marionnette !  A gauche, le fameux Antonov 12 de Kavoc décollant le 19 juillet 2018 de Phoenix, Arizona, direction Montréal avant de s’apprêter à retraverser l’Atlantique (photo Dave Turpie)…

Achat d’armes par des prestataires de services militaires privés

Au final, deux organismes inspecteurs indépendants, le BIRN (le Balkan Initiative Reporting Networ et l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project), concluent « qu’un programme du Département de la Défense des Etats-Unis est cependant toujours en cours pour former et équiper les rebelles à la lutte contre la milice terroriste de l’Etat islamique (EI). Les djihadistes avaient conquis de vastes zones en Syrie et dans l’Irak voisin à l’été 2014. Au printemps 2015, le Pentagone a d’abord tenté de mettre sur pied une unité rebelle en Jordanie. Après cet échec lamentable, le Pentagone a commencé à soutenir les groupes existants. Dans le nord de la Syrie, il s’agit des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de milices kurdes du YPG et de forces arabo-sunnites et assyriennes qui combattent actuellement pour la capitale de l’EI, Raqqqa. Dans le sud-est, les groupes islamiques laïcs et modérés censés lutter contre l’EI dans la vallée de l’Euphrate en bénéficieront. Les fournisseurs privés de services militaires étatsuniens ont acheté pour des centaines de millions de dollars d’armes et de munitions fabriquées par la Russie pour les programmes en Europe de l’Est et dans les Balkans, ce qui facilite le refus de l’aide de la CIA en matière d’armement. De plus, les rebelles sont rompus au maniement de la Kalachnikov ». (à droite le cockpit de l’Antonov UR-CGW d’Ukraine Air Alliance : pas vraiment un avion neuf…., il venait de faire Burgas-Chateauroux le 6 novembre dernier, au moment même où je rédigeais ce texte. Le lendemain, après avoir relié Liège, il s’envolait vers Santa-Maria dans les Açores : la traversée devrait suivre…).

« Les journalistes du BIRN et de l’OCCRP, qui bénéficient du soutien financier du Département d’État et du développement des États-Unis et de Google, entre autres, ont maintenant réussi à suivre l’itinéraire du trajet des armes. Cet itinéraire mène des usines en Serbie, en Bosnie, en République tchèque et au Kazakhstan à la Turquie et à la Jordanie, où les États-Unis et leurs alliés ont chacun un centre de commandement, où les officiers et les officiers du renseignement ont coordonné l’appui. Cette région a reçu les armes par des cargaisons qui ont transité par les ports roumains et bulgares – ou par l’aérodrome militaire étatsunien de 1400 hectares à Ramstein, en Allemagne. »  A droite, en haut des chapitre, c’est l’UR-CBG décollant de Luton en Angleterre, photographié par Burmarrad (Mark) Camenzuli le 24 octobre 2015. On l’a souvent comparé à une vieille locomotive anglaise…

Bilan : la même opération que pour l’Afghanistan, et la même gabegie !

Au final, ces envois massifs se sont avérés… catastrophiques.  On avait vu que lors de l’affaire de Gerdec, de larges quantités d’armes achetées à des brokers sans scrupules dans les dépôts sans fond de l’ex-Empire soviétique étaient arrivées par « mégarde » entre les malins des talibans.  Je mets par mégarde entre parenthèses, car des scènes pendables dont celle d’un avion de Viktor Bout commençant à décharger un Ill-76 plein de Kalachnikovs alors que l’avion n’y était pas attendu avaient laissé entendre que les saoudiens, trésoriers-payeurs des opération discrètes de la CIA, en la circonstance (on apprendra bientôt que  tout cela a commencé bien avant, dès les années 60 en réalité !), avaient « diverti » comme disent les anglo-saxons des lots entiers pour soutenir les islamistes.  On croyait donc les Etats-Unis vaccinés, et décidés notamment à tenir un meilleur registre de leurs stocks d’armes que le général Petraeus n’avait pu le faire en Afghanistan.  Peine perdue : Newsweek, le 14 décembre 2017, c’est à dire bien tardivement, hélas, dénonçait la même gabegie… organisée.  Ou le même coulage, si vous préférez : disséminer les armes partout et entretenir le conflit, plutôt que de vouloir véritablement le faire cesser…. le schéma de distribution des armes était la copie parfaite de ce qui a été fait en Afghanistan, avec fort peu de contrôles finaux sur les réceptionnistes véritables (à droite le dépôt de munitions d’Ayyash tombé aux mains de Daesh à Deir ez-Zor.  Beaucoup de caisses d’obus 85mm UBR-365P AP de l’ère soviétique, comme pour le second cliché ici à gauche. Pas des livraisons, donc, attention à ne pas confondre, mais la saisie de stocks – d’origine Tchèque – pour la plupart appartenant au départ à l’armée syrienne !  Des camions encore pleins avaient été aussi découverts – image à droite ci-dessous, et à gauche d’autres caisses encore. Bachar el Assad avait aussi un stock faramineux de munitions) . Du Petraeus, mais en pire, avec Daesh au bout ! En ce sens, le texte de Newseek est sans appel et c’est une condamnation pure et simple d’une pratique illégale :  Obama rejoignant Reagan, voilà qui la fiche mal pour celui qui avait obtenu le prix Nobel de la Paix, ce qui en avait surpris beaucoup . « On a découvert que 90% des armes et des munitions d’ISIS provenaient de Russie, de Chine et d’États d’Europe de l’Est. Les jihadistes ont pu obtenir une grande partie de cet arsenal grâce au soutien de l’ancien président Barack Obama aux rebelles en Syrie, a rapporté le site britannique Conflict Armament Research après avoir analysé 40 000 objets récupérés par ses enquêteurs le long des lignes de front de l’Etat islamique entre juillet 2014 et novembre 2017.  En achetant un « grand nombre » d’armes et de munitions européennes et en les détournant vers des acteurs non étatiques en Syrie sans en avertir les vendeurs, les Etats-Unis auraient « violé les conditions de vente et d’exportation convenues entre les exportateurs et les destinataires d’armes ».  «Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont fourni l’essentiel de ce matériel sans autorisation, apparemment aux forces de l’opposition syrienne.  Ce matériel détourné, récupéré des forces de l’Is, comprend exclusivement des armes et des munitions de calibre Pacte de Varsovie, achetées par les États-Unis et l’Arabie saoudite auprès des États membres de l’Union européenne (UE) d’Europe de l’Est « , indique le rapport, en utilisant un autre acronyme pour ISIS. . «La fourniture de matériel dans le conflit syrien par des parties étrangères, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, a indirectement permis à l’EI d’obtenir des quantités substantielles de munitions anti-blindés», a-t-il ajouté. »  On aurait voulu le faire exprès qu’on ne s’y serait pas pris autrement en effet. Exactement comme Petraeus s’y était pris en Afghanistan !  Les leçons du passé ne servent à rien, côté américain :  c’est une volonté délibérée d’entretenir et de faire perdurer une guerre, car c’est vital pour l’économie du pays, qui ne repose, au final, que sur cela.  La production, la dissémination d’armes à tous les niveaux…

Les photos des armements proviennent du blog Oryx, datées de mars 2017. A côté des stocks de l’armée syrienne, des parachutages ratés de l’Us Air Force (et même des russes), tombés en secteur détenu par Daesh au lieu de fournir les populations locales, ici en essence (ci-dessus).

 

(1) des avions aussi anciens bourrés d’explosifs provoqueront un jour ou l’autre une catastrophe sur un aéroport civil. Le 9 août 2013, un des vieux Antonov d’Ukraine Air, l’UR-CAG venu de Leipzig direction Mineralny Vody en Russie, (un ex Silk Road Airlines et Meridian, ancien CCCP-13341 de l’armée russe et Komsomolsk on Amur Air Enterprise) chargé cette fois de 49 000 poulets vivants. Ils ont fini plus vite que prévu à la rôtisserie.  L’avion a pris feu et a entièrement été détruit.  C’est son APU qui avait été à l’origine de l’incendie. L’équipage avait juste eu le temps de fuir.  On découvrira après que la vérification du moteur auxiliaire, qui aurait dû être menée en 2007, n’avait même pas été faite ! Ici l’UR-CGV d’Ukraine Air Alliance se posant à Deauville en juillet dernier. L’avion est très actif : le 7 novembre il effectuait un Paris-Tripoli après un Ljubljana (Slovénie)-Paris le 5 novembre…

(2) David Wise est décédé à 88 ans le 9 octobre dernier. Il mérite amplement d’être relu.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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