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MH370 (12) : Le retour de l’épisode Diveroli ?

Bachar el Assad s’est fait fournir en masse, on le sait et on l’a vu.  Mais de l’autre côté aussi les rebelles syriens ont reçu des armes à profusion.  Obama a longtemps nié l’avoir décidé.  Son ambassadeur en Syrie, Robert Ford, avait plaidé en vain leur envoi à plusieurs reprises et de plus en plus expressément dès 2012, ce que la CIA avait fait discrètement alors.  Mais en juin 2014, la décision avait été prise, face à la noria russe, d’établir un pendant de l’autre côté du front (1).  Par bateaux, par cargos, par avions gros porteurs, les armes ont alors afflué.  Et on a à nouveau vu, quel hasard, de vieux stocks des ex-pays de l’Est atterrir entre les mains des factions islamiques, les américains ayant recommencé un type de distribution comme celui aperçu en Afghanistan et censé armer l’armée régulière, à savoir sans trop de discernement, sans compter véritablement, dans une sorte d’improvisation urgente massive.  Une partie, à ce jeu là, s’est évidemment retrouvée aux mains de Daech, qui n’en demandait pas tant…

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

Je reviendrai un peu plus loin sur l’origine de la bombe médiatique tombée dans les rédactions en août dernier.  C’est une journaliste bulgare, employée par Trud Newspaper, journal bulgare, qui fait la une alors, avec l’exposition de caisses d’armes, estampillées de façon fort visible, révélées par les forces syriennes pro-bachar et destinées selon eux aux rebelles.  Si l’ostentation est de mise, avec des vidéos de déballage de caisses en présence de militaire syriens gradés, le dossier qu’elle montre va beaucoup plus loin en faisant le détail de vols réguliers de de gros porteurs vers l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et la Turquie, exposant ainsi tout un circuit attribué à la CIA de fournitures d’armes aux rebelles ou plutôt aux nombreuses factions de rebelles qui parfois s’écharpent entre elles avec ces armes. Mais tout de suite, la présence de militaires pro-Assad pour l’entourer et lui fournir les exemples probants laisse planer un doute tenace sur la véracité  de sa découverte.  Les étiquettes trop propres des boîtes, leur descriptive collée à l’intérieur pour faciliter la description au micro devant les caméras, les caisses poussiéreuses, mais les étiquettes immaculées, tout sent la mise en scène.  Mais les fiches de vols, ayant paraît-il apporté ces caisses,  qu’elle a obtenues d’une autre source dont elle ne veut pas rendre compte, sont plus intéressantes. Des vols au partir de l’Azerbaïdjan pour la plupart, décrits dans des mémos ayant fuité semble-t-il d’officiers bulgares, ou d’officines opposées à ces transferts d’armes ayant une taupe au sein du gouvernement.  Une sorte de Snowden bulgare, pour simplifier. Bref, autant le déballage paraît fabriqué, autant le reste représente une vraie mine à exploiter…
Un coup monté par les syriens  ou un masquage façon CIA  ?
… un coup monté par les syriens, c’est ce que l’on pense en effet, en raison des craintes sur la journaliste, que l’on retrouvera plus tard embarquée dans d’autres affirmations plus que douteuses portant sur l’usage de la chimie chez les syriens ou encore plus sidérant le fait, selon elle, que les deux anglais empoisonnés par le GRU l’auraient été par le labo anglais de Porton Down.… Bref, une personne absolument pas vraiment fiable !!!  Que disait donc cette pro-Bachar apparente Dilyana Gaytandzhieva ? Qu’elle aurait « obtenu d’une source indéterminée du Ministère bulgare des affaires étrangères et de l’ambassade d’Azerbaïdjan en Bulgarie des documents », toute une masse de photocopies accablantes, détaillant l’achat et le transport de tonnes d’armes à destination et en provenance des pays d’Europe et du Moyen-Orient. Toutes transportées par la compagnie aérienne azerbaïjanaise Silk Way Airlines, comme on va le voir plus en détail un peu plus loin, « des transports faits sous couverture diplomatique » afin d’éviter l’inspection.  Comme exemple, elle cite 14 vols en décembre 2015 de Silk Way avec 40 tonnes d’armes à bord de chaque avion, partis de la base aérienne de Nasosnaya en Azerbaïdjan pour se rendre à Ostrava en République tchèque et effectuer le retour à Nasosnaya (à gauche le Ill-76 4K-78129 photographié en 2012 à Nasosnaya : l’avion, depuis est entré dans l’armée indienne – KW-3553 un avion radar « Mainstay » ).  Fait notable, sur le chemin du retour de la République tchèque, tous les avions avaient atterri sur la base militaire d’Ovda, dans le sud d’Israël et y étaient restés pendant plusieurs heures avant de retourner en Azerbaïdjan…  Elle précise aussi qu’il y a  eu également cinq vols de Serbie vers l’Azerbaïdjan via Israël (l’accusation contre Israël laissant évidemment supposer une manipulation des syriens !).  Plus précisément encore, chaque vol transportait 44 tonnes d’armes, y compris, et c’est fort surprenant, de vieux systèmes de lance-roquettes RM-70/85 de fabrication tchécoslovaque (ici à droite) datant des années 1970.  Le vendeur était MSM Martin en Serbie et l’acheteur était Elbit Systems, en Israël. Chaque système pèse environ 33 tonnes et rempli à lui seul la soute d’un Ill-76. L’étonnant étant ce chargement aujourd’hui complètement dépassé :  c’est en effet un lourd engin basé sur l’ancien BM-21 Grad, un « multiple rocket launcher »; c’est-à-dire un Katioucha bien classique, fort peu éloigné des « orgues de Staline » qui avaient joué un drôle d’air à Hitler, en leur temps. Or le  problème de cet accaparement de documents par quelqu’un choisi très certainement pour les discréditer est que par recoupements, ils s’avéreront… vrais, pour la majeure partie, disons.  Aurait-on eu affaire à un drôle de coup tordu, genre billard à deux bandes :  mis au courant de faits gênants, ou qui sortiraient de façon inéluctable (une version Anonymous est vite sortie en effet comme on l’a dit) un organisme d’état manipulateur comme peut-être une agence de renseignements aurait très bien pu en effet choisir les laisser fuite via cette journaliste peu fiable, pour les discréditer par la même occasion… On songe bien sûr à la CIA, qui aurait eu beaucoup plus de mal à assumer si les documents avaient été révélés via une procédure de demande d’information citoyenne, qui lui aurait causé un tort immense !!!  Une journaliste jouant après les martyrs du journalisme « libre » pourrait se répandre bien plus encore que dans le seul Trud.  Car le fond demeure en gros exact, et ce n’est en plus qu’une partie de l’iceberg qui a émergé :  pour les chargements les plus lourds, le Socom a aussi eu recours à la voie océanique et à des porte-containers, tel le MV Norfolk, chargé ici (à gauche) au port de Burgas en Bulgarie, le 22 septembre 2016, avant de partir vers la Jordanie (arrivé via la Mer Rouge et l’Arabie Saoudite) et ensuite la Syrie.  Non, vraiment, l’impression qui reste, au final c’est qu’on a ostensiblement placé dans les mains d’une personne peu recommandable un dossier trop brûlant pour apparaître dans des conditions irréfutables… car ce dossier est gênant, très gênant, pour les anti-Bachar !!!  Il ruine des années de communication contre lui, il lui offre un tapis rouge incommensurable, ce qu’il ne pouvait plus espérer (lui et son allié Poutine, ou plutôt l’inverse) !!!  Bref, la révélation de ce dossier est avant tout un énorme fiasco… pour la CIA !  Un de plus (à moins qu’ils ne soit aussi une fuite initiée par la CIA, ce qui reste plausible : cernée par les inévitables révélations, elle aurait très bien pu choisir de prendre les devants en effet, car à partir de novembre 2016, en particulier, et comme on va devoir plus loin, elle ne peut plus dissimuler sa présence en Syrie).
Un cargo récidiviste des envois d’armes 
Pour ce qui est des bateaux, le dossier que je résume indique comme exemple parlant: celui du cargo Marianne Danica, un navire de 2200 tonnes et 71,5 mètres de long, battant pavillon danois, parti de Bourgas le 28 mars 2017 chargé de tonnes d’armes livrées à Djeddah, et le navire retourne ensuite à Bourgas.
Les traces laissées par le Marianne Danica figurent sur Marinetraffic.com, indique la journaliste.  Il a quitté le 7 mars Burgad, chargé d’armes bulgares et est arrivé à Djedda le 17 mars.  Après un séjour de 12 heures pour le déchargement, il est retourné à Burgas le 28 mars à 9 heures.  Il a alors été rechargé une nouvelle fois et est reparti neuf heures plus tard. Il a donc fait deux allers-retours entre la Bulgarie et l’Arabie saoudite, transportant des armes bulgares ».  « Le propriétaire du navire, H. Folmer & Co., a également refusé de commenter. Notre enquête s’est révélée être la première fois que le navire avait été utilisé pour transporter des armes dans des régions à problèmes.  Amnesty International a en effet accusé le Marianne Danica d’avoir fourni des gaz lacrymogènes à l’Égypte pour le régime de Hosni Moubarak, le 26 novembre 2011, pendant le printemps arabe, lorsque des centaines de manifestants ont été tués sur la place Tahrir au Caire« . Et là aussi, l’info s’avère exacte :  c’est la société Combined Systems, basée à Jamestown, en Pennsylvanie, qui a fourni aux forces de l’ordre égyptiennes du gaz lacrymogène. « Amnesty a déclaré que nombre des cartouches et des grenades ramassées par les manifestants sur la place Tahrir au Caire – qui est devenue le cœur des manifestations – portaient la marque de l’entreprise » (son catalogue parle pour lui-même).  A gauche une de ces cartouches de gaz lacrymogène ramassée à Bethlehem en Palestine lors d’une manifestation le 29 novembre 2013, tirée par la police israélienne.  « Pendant ce temps, une cargaison est arrivée le mois dernier à bord du navire danois Marianne Danica, organisée par la société de logistique de défense Nico Shipping, transportant également des informations de transport suivies par le groupe de défense des droits ». 
Des véhicules blindés fournis aussi
Le Marianne Danica a été doublé par un autre navire de Danish H.Folmer & Co, c’est le Hanne Danica, son sister ship, suivi ici par Eurasia Daily. Le navire a a été pris en photo par deux bloggers turcs, Turkish bloggers Yörük Işık et Alper Beler, qui ont réussi à montrer son chargement bien spécial monté sur son pont.  A bord également des « grenades antichars et les lance-roquettes Grad. Les djihadistes de «l’opposition modérée», les groupes syriens Al-Qaïda et «État islamique» (organisations interdites en Russie) ont été repérés à maintes reprises avec des munitions VMZ ».  La nouveauté étant en effet ce véhicule blindé sur le pont qui laisse aussi en entrevoir d’autres à fond de cale, tels les lanceurs GRAD.  « Les photos ne laissent aucun doute sur ce que les navires danois embarquent. Auparavant, les cargaisons étaient expédiées uniquement dans des conteneurs et leur contenu ne pouvait être appris que dans la description de la catégorie de cargaison spéciale «Danger A», ce qui signifie que des cargaisons très explosives, telles que des lance-roquettes multiples Grad, sont à bord.  Par ailleurs, le Marianne Danica avait déjà été impliqué dans des incidents scandaleux, tels que des livraisons d’armes au Moyen-Orient, par exemple, en Égypte.  Le client était le même – Chemring, aux États-Unis.  C’est maintenant le fournisseur officiel d’armes non standard (non-OTAN) fournies à des alliés américains au Moyen-Orient, plus précisément au Yémen et en Syrie, dans le cadre de programmes d’État. En Bulgarie, Chemring est l’un des principaux clients de Vazovski Machine Building Factory (VMZ), fabricant d’une vaste gamme de produits allant des pistolets et balles d’armes jusqu’aux lance-roquettes Grad.  Le blogueur Alper Beler dit que l’un des véhicules blindés s’appelle l’OT-64 SKOT. La République tchèque et la Pologne ont lancé la production de ces véhicules blindés lourds dans les années 1960. Les utilisateurs de Twitter laissent des commentaires sous les photos indiquant que le matériel militaire est fourni par la Roumanie.  Cependant, nous n’avons trouvé aucun modèle OT-64 sur les sites Web des producteurs roumains. Dans le même temps, Tatra Defence Industrial Ltd., de la République tchèque, produit de tels véhicules. Le véhicule de transport de troupes blindé OT-64 SKOT 8х8, pesant 12 tonnes, a une vitesse maximale de 95 km / h (9 km / h dans l’eau). Il est équipé de mitrailleuses de gros calibre, dispose d’un équipage de deux personnes et peut accueillir 18 soldats entièrement équipés ».  Sur place en Syrie on retrouvera les missiles GRAD et leur camion, dans une vidéo citée par un groupe d’observateur des transferts d’armes.  Et on verra aussi le transporteur blindé fraîchement débarqué circulant sur une route, dans un secteur contrôlé par le Jaysh Khalid ibn al-Waleed à Daraa (ici à droite).  Ci-dessous le trajet par le Bosphore du Hanne Danica :
Drôle de « pelle colorée » : c’est du Diveroli bis qui recommence !
Car ils en contiennent effectivement des informations, ces piles de photocopies de contrats ou ces manifestes de chargement. Des indications qui ont pu être confirmées facilement. Une minuscule firme US apparaît par exemple dedans, appelée de façon surprenante Purple Shovel LLC (« La pelle pourpre« ), qui, n’ayant pas vraiment su répondre au départ à la commande du Pentagone, a fini par acheter les modèles des années 1980 de RPGs fabriquées en Bulgarie. Pas toujours de très bonne qualité, donc… comme l’étaient les munitions fournies par Diveroli ! On l’avait appris lors du décès d’un des formateurs de Purple Shovel, tué lors de l’explosion d’une roquette dans un champ de tir en Bulgarie le 6 juin 2015; lors d’un test (comme celui figurant ici à droite où l’on aperçoit la victime, Francis Norwillo.  Sa veuve se bat depuis pour qu’on lui reconnaisse un statut autre que celui de mercenaire sans aucune garantie : il a signé une décharge en cas de problèmes durant son activité (2) !).  Une firme aussi petite, contractante d’armes en nombre important, cela évoque bien sûr les aventures d’Ephraim Diveroli.  Les contrats sont passés avec des sociétés qui ne fabriquent rien elles-mêmes, mais qui promettent de trouver le matériel à un prix défiant toute concu
rrence :  à elles de se débrouiller, le Pentagone s’en lavant les mains, son nom n’apparaissant que le moins possible dans les négociations d’achat !!!  Purple Shovel est une société récente, déposée au nom de « Ben Worrell ».  Elle a été créée en 2010 seulement …. dans le Delaware on s’en serait douté.  Une boite postale comme aime tant en créer… la CIA.  Elle est décrite de façon surprenante comme étant une « SDVOSB – Service Disabled Veteran-Owned Small Business », qui aurait donc réussi à décrocher en 2014 ces deux contrats du SOCOM pour 50 millions de dollars !  Plus étrangement encore, on retrouve la même firme à se vanter d’être la seule autorisée à vendre… la « Kalachnikov AK-47 made in USA », fabriquée par cet émigrant allemand appelé Ulrich Wiegand, qui est aussi le second patron de Purple Shovel. Il en produirait 2500 par mois, selon lui (à droite c’est une roumaine).  Selon l’article, c’est le Special Operations Command, de la MacDill Air Force Base à Tampa qui aurait passé commande des armes envoyées en Syrie !!!  Nous ne sommes pas loin d’un nid de tripatouilleurs déjà rencontrés derrière l’ineffable général Petraeus, celui qui avait « subtilisé » un contrat de livraison de chars des pays de l’Est à un mercenaire retrouvé en dentelles après le mitraillage de son SUV, juste après sa rencontre avec lui !!!  Et que trouve-ton comme personnes intéressées à la fin de l’article ? C’est simple à deviner : « Wiegand a récemment assisté à la conférence IDEX sur l’industrie de la défense mondiale aux Émirats arabes unis, l’un des événements les plus importants du calendrier des contrats de défense. La conférence s’est avérée être une excellente vitrine pour les AK-47 d’Inter-Ordonance, a-t-il ajouté. « Ils ont regardé nos armes et les ont vraiment aimées », a déclaré Wiegand. « Nous avons vu un besoin énorme de produits américains dans le monde arabe. Ils ont regardé la qualité de ce que nous faisions et nous avons été époustouflés par le fait que nous ayons fabriqué l’AK aux Etats-Unis (cf ici à gauche). » Wiegand a déclaré que les Saoudiens, les Jordaniens, les Egyptiens, les Koweïtiens et les Emirats étaient parmi ceux qui manifestaient un vif intérêt pour son arme ».  En réalité, il n’est pas non plus tombé de la dernière pluie, le patron de Purple Shovel : Benjamin David Worrell a été membre de l’US Army Counter Intelligence pendant 8 ans, de 1993 à 2001.  Il n’a jamais été envoyé à l’extérieur en revanche.  Purple Shovel, pas trop doué pour fournir des bazookas RPG, avait en revanche réussi à trouver et fournir, façon Diveroli, 700 missiles Konkurs (alias AT-5 Spandrel pour l’Otan) conçus autrefois (dans les années 75 !!!) par les Russes et destinés aux rebelles syriens.  Des roquettes antichars guidées par fil dégotées en… Biélorussie, un fidèle allié de la Russie, normalement placé sur une liste d’interdiction du Département d’Etat américain concernant le trafic international d’armes.  Le Pentagone achetant à un pays avec lequel les USA interdisent de commercer, avouez que c’est… grotesque !!!  Nous sommes à nouveau retombés dans l’épisode Diveroli (nous reviendrons je pense sur les deux frères Wiegand un peu plus loin, tant ils méritent le détour avec ce passé… tumultueux) !
Ce type de lance-missile avait été photographié chez les kurdes de YPG  pendant la bataille d’Afrin, par exemple (ici à gauche).  Mais on avait aussi pu en voir dans des vidéos de propagande de Daech en Irak, comme ici à gauche.. on avait retrouvé un lot de lance-missiles hétéroclite mêlant Konkurs, Fagot, et même du MILAN français dans une cache du groupe Jaish Islam, membre du Front islamique depuis le à Douma en mai  dernier.  Le groupe, salafiste, on le sait, « à reçu plusieurs millions de dollars de financement en armement et entraînement militaire par l’Arabie Saoudite », selon Wikipedia.  Particularité, le groupe « est hostile à l’Iran, mais aussi à l’État islamique », et il est aussi en conflit avec le groupe al-Nosra !!!  Divisons pour régner, donnons leur des armes pour qu’il s’entre-tuent ? Chez Purple Shovel, c’est surtout le symptôme Diveroli qui est réapparu, avec les mêmes déboires de livraisons : « la SOCOM a refusé les grenades fabriquées en Bulgarie après avoir appris qu’elles avaient été fabriquées en 1984, ce qui les rend dangereuses et peu fiables » explique ici Business Insider.  Les balles chinoises fournies par Diveroli, qui dataient des années 60 pour certaines, avaient fait exploser les kalachnikovs des policiers afghans qui avaient tenté de les essayer !  C’est donc bien le même grotesque cirque reproduit une fois encore !!!  On croit encore rêver en regardant leur site, vantant les mérites de leurs talents logistiques…. énorme faute d’orthographe à l’appui, en bandeau de présentation !!! « Purple Shovel », et les frères Wiegand, c’est le retour de Jonah Hill dans Ward Dogs !!!  On croît rêver !!! (lire cette excellente comparaison ente les faits et le scénario du film, un excellent travail).
Les saoudiens comme envoyeurs
 
Le témoignage recueilli par Georges Malbrunot, apparu dès le 28 juin 2012 dans Le Figaro, est en ce sens affligeant : « Depuis des mois, Nasser le répétait à ses amis occidentaux ou arabes. Mi-mai, cet opposant en exil affichait donc le sourire lorsqu’une quarantaine de dirigeants des conseils militaires de la révolution se sont discrètement rendus en Turquie pour recevoir un précieux arsenal. «Nous avons surtout récupéré des roquettes RPG 9 puisées sur les stocks de l’armée saoudienne», confiait-il lors d’un récent passage à Paris. «Elles ont été acheminées par avion, jusqu’à l’aéroport d’Adana, où la sécurité turque a surveillé les déchargements avant de savoir à qui ces roquettes allaient être destinées.» Pour rassurer ses hôtes, Nasser garantit que leur utilisation allait être supervisée par «des leaders traditionnels proches des insurgés, histoire d’éviter les dérives mafieuses».  Les roquettes ont été convoyées à Duma et Harasta, dans la banlieue de Damas, al-Zabadany sur la route du Liban, Deraa au sud, et dans la région d’Idlib, frontalière de la Turquie.  Nasser n’en parle pas, mais, en coulisses, les agents de la CIA veillent à ce que ces nouvelles armes qui parviennent en plus grand nombre aux activistes ne tombent entre les mains de djihadistes, infiltrés en Syrie.  Le New York Times va même jusqu’à affirmer que les localisations des dépôts et leurs destinataires sont déterminés en coordination avec les espions américains.  Pour les Occidentaux, qui ont beaucoup hésité avant d’accepter l’armement des insurgés, l’organisation de ces filières est une priorité: «Nous discutons même avec les Turcs de cibles à frapper, poursuit Nasser.  Et nous comptons maintenant hors de Syrie des représentants des conseils militaires qui ont chacun un relais dans une ville de l’intérieur.»  Les hommes à la tête de la manœuvre (les financiers de l’opération) étant les saoudiens, avec une idée derrière la tête : « ces rivaux islamistes liés aux Frères musulmans disposent eux aussi de leurs propres canaux d’approvisionnements. Et eux militent pour que ces armes aillent à leurs seuls partisans, afin d’être les grands vainqueurs de l’après-el-Assad. Pour les monarchies du Golfe, principaux fournisseurs en armes des rebelles, ces livraisons doivent rééquilibrer le rapport de forces sur le terrain, pour forcer el-Assad à accepter un compromis sur le modèle yéménite. «Les diplomates saoudiens nous répètent que tant que Bachar gardera une nette supériorité militaire sur ses ennemis, il n’aura aucun intérêt à négocier son départ», confie un diplomate français, qui rappelle que l’ex-président «Saleh, au Yémen, a discuté de sa sortie uniquement parce que l’opposition et ses partisans faisaient à peu près jeu égal».  L’intervention opportune de Poutine ayant tout fait échouer comme on le sait…
L’implication de la Turquie
A Adana, en Turquie, ont été vus en effet des avions transporteurs d’armes : ceux de Silkway notamment. Or, on trouve dans un dépliant turc de la société Ram Foreign Trade une image surprenante.  Ram Trade, derrière laquelle se dissimule le poids lourd de l’économie turque, à savoir Koç Holding, fondée en 1963 par le tycoon turc Vehbi Koç (mort le , au départ lancé dans le le négoce des matériaux de construction et des engins de chantier puis la production de lampes électriques avec la General Electric Company, puis l’industrie automobile avec des tracteurs tout d’abord et la Türk Traktör d’Arçelik, puis avec l’Anadol, la première voiture turque et en 1971, réalisée  avec l’aide de Ford Motor Company avec qui il créera (Ford) Otosan et avec ensuite Tofaş et la première « Murat » (grâce à Fiat), avant de faire dans la production de tomate en tube (sous la marque Tat)… ou l’industrie de l’acier plat, fondamentale en automobile (aujourd’hui le groupe touche à tout ou presque : agro-alimentaire, grande distribution, finance, énergie, automobile, tourisme et bien sûr nouvelles technologies).  Ce que l’on trouve, tout simplement, c’est l’image d’un 747 de dernière génération, celui de SilkWay, avec ce commentaire : « en 2016, Ram Foreign Trade a rempli avec succès sa mission d’assistance aux sociétés du Groupe sur les marchés émergents. Ram a poursuivi le processus central d’approvisionnement pour les produits en acier plat. Environ 319 000 tonnes de fournitures ont été achetées avec des avantages considérables pour le Groupe et ses filiales. La société a continué de représenter Boeing dans le secteur de l’aviation et a livré deux installations de transport de 787 cargos à Uzbek Airlines, un avion de transport de fret 747 à Azerbaijan Airlines et un centre de transport de 737 cargos à Turkmenistan Airlines ». Silkway, alias Azerbaijan Airlines (AZAL), devant ses premiers 747-400F a un arrangement avec Cargolux, on le rappelle ici. Ici l’arrivée de son N5016R un 747-8 dernier cri, et pas encore peint à Portland, ici vu en 2016 près de Seattle au Paine Field (aussi connu comme le Snohomish County Airport).  C’est en effet le Cargolux LX-VCN (38076).  Le 17 août 2015, arrivait à Bakou le 3eme 747-8 de Silkway, trois engins ayant été acquis dans un contrat à 1,1 milliard de dollars signé avec Boeing.  Il avait fait le trajet Portland-Seattle, Komatsu, au Japon, puis Singapour pour arriver à Bakou. Deux autres étaient attendus pour 2016.  Elle en possède aujourd’hui cinq : les VQ-BVBVQ-BVCVQ-BWYVQ-BBH et VQ-BBM. Le N5016R, immatriculation provisoire de transfert étant le VQ-BBH. Le deux premiers (VQ-BVB et VQ-BVC) sont loués à Cargolux, le troisième arrivé est bien le VQ-BWY.  A noter l’existence de SW Italia, filiale de Silkway avec deux cargos 747-400F, les I-SWIA et I-SWIB. La société est aux mains de Francesco Rebaudo (ici avec son fils Lorenzo), elle se divise en Cargo Invest Ltd  pour 57% et 43% pour Silkway Azerbaijan.  Le patron et fondateur est en fait le sicilien Ignazio Coraci, d’ASC Cargo Limited (marié à Jamila Askarova).  On le retrouve invité ici à une soirée organisée par Leyla Aliyeva (l’aînée du premier ministre Ilham Aliyev). Le premier vol vers Hong-Kong de son 747 à partir de Brescia-Montichiar… via Bakou a eu lieu le 22 mars 2017, en fait un accord passé avec STO Express, grand distributeur express chinois.  Le premier aéroport européen pressenti avait été Prague, mais les chinois ont préféré Brescia. Rebaudo est un vieux loup du milieu, ayant été comptable chez Leali, qui avait repris les routes cargo abandonnées par Alitalia, il s’était heurté en 2015 à… Cargolux Italia, qui bénéficiait d’aides importantes du Luxembourg (et de Jean Claude Juncker).. Silway s’était cru obligée récemment de nier toute implication dans la fourniture illicite d’armes en Syrie, expliquant sur son site que tous ses vols avaient été légaux. Le I-SWIB de SW Italia est en fait l’ancien…Silkway 4K-SW888 et ancien… Cargolux LX-NCV (cf ici à droite) !!!  Quant à savoir pourquoi avoir plutôt choisi Brescia que Prague…
 
Le hub de Bakou à pleins tubes, les profiteurs de guerre à l’affût
Une autre firme US, « Orbital ATK », a également transféré des armes en Afghanistan sur les vols diplomatiques en juillet et août 2015 note le dossier.  Les vols passant par l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine et l’Afghanistan. Dans les contrats lisibles ayant fuités, Orbital ATK était le «vendeur» des armes bosniaques et la «police afghane était l’acheteur». Lorsque les avions Silk Way n’étaient pas disponibles, des avions de la Force Aérienne Azéri gouvernementale ont été utilisés. Par exemple, le 12 mai 2015, un avion azéri a transporté 18 tonnes de RPG de Bulgarie en Azerbaïdjan.  Le «vendeur» officiel des armes était encore une fois le petit entrepreneur américain Purple Shovel. L’acheteur officiel des armes était le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan.  En Bulgarie c’était l’usine militaire VMZ qui les produisait. Deux autres sociétés apparaissent dans le dossier.  L’US Department of Defense a en effet commissionné  ″Culmen International LLC″ basée à Alexandria, et ″Chemring Military Products″ basée elle à Perry, en Floride. A la tête anglaise de Chemrig, on l’a vu dans l’épisode précédent, on trouve Eric Thomet, cité dans le fiasco de Gerdec.  C’est bien la même histoire qui recommence !  A droite, Dan Berkon l’ambitieux PDG de Culmen International, fondé en 2004. Le 24 septembre 2018, Culmen a hérité d’un contrat de 150 millions de dollars du gouvernement Trump., au nom du  » Cooperative Threat Reduction Program : un comble !!!  Sans surprise, Berkon est aussi en cheville avec le slovaque Bohuslav  Lipovsky, qui entre deux équipements de démolition, fournit  « un système clé en main complet » de déminage télécommandé, à drôle d’allure (ici  à gauche), testé en Jordanie.  Un détournement de mini-bulldozer de chantier en fait (de marque Bozena).
 
La filière serbe et l’implication jordanienne
Si la journaliste elle-même ne semble pas sûre (elle s’est vite répandue sur un peu tout et rien et elle est surtout vite devenue l’égérie de RT Russia, et, puisqu’elle accuse ouvertement les USA, elle trouve facilement des oreilles toutes prêtes à l’écouter), son dossier est… ahurissant, et ses documents authentiques, semble-t-il bien.  Or tout cela part, étrangement, d’une phrase que j’avais déjà citée il y a 8 ans celle des « 350 vols diplomatiques ayant servi de couverture à des transports d’armes ». Si ce n’était qu’elle, on aurait pu encore en douter, mais un autre site, bien plus sérieux, Balkan Arms Trade, lui emboîte le pas de Belgrade pour dire la même chose, photos aussi à l’appui, des éléments qui ne font que continuer ce que j’avais déjà soupçonné en 2010.  C’est un circuit ancien qui avait été réactivé, en fait. L’article débute ainsi : « Alors que Belgrade dormait dans la nuit du 28 novembre 2015, les turboréacteurs géants d’un avion cargo biélorusse Ruby Star Ilyushin II-76 ont pris vie, sa coque étant chargée d’armes destinées à des conflits de grande envergure. S’élevant du tarmac de l’aéroport Nikola Tesla, l’avion a percé la brume serbe pour se rendre à Jeddah, en Arabie saoudite. C’est l’un des 68 vols au moins qui, en seulement 13 mois, ont transporté des armes et des munitions vers les pays du Moyen-Orient et la Turquie, entraînant des guerres civiles brutales en Syrie et au Yémen,  ce qu’a révélé le BIRN et la Organized Crime and Corruption Reporting Project, OCCRP,  Les vols ne représentent qu’une petite partie des 1,2 milliard d’euros de ventes d’armes entre les pays depuis 2012, lorsque certaines parties du printemps arabe ont dégénéré en conflit armé ».
La Biélorussie de retour dans le grand cirque
L’avion était l’Ill-76 EW-395TH de chez Ruby Star, compagnie biélorusse installée à Minsk, (MSN: 0093499986), photographié ici le 23 Novembre 2015 en train de se poser à Belgrade. Il était reparti le 28 effectivement.  Ici l’ahurissante liste de vols de 2016 entre Belgrade et Jeddah en Arabie Saoudite… en photo le cliché « discret » pris à l’aéroport Nikola Tesla à Belgrade, dans la nuit du 28 Novembre, 2015, où l’on voit l’ Ilyushin II-76 de Ruby Star en plein chargement de nuit des armes pour Jeddah, en Arabie Saoudite.  L’un des 68 vols sur moins de 13 mois qui transportait des armes et des munitions pour les États du Moyen-Orient et la Turquie, qui à leur tour les ont acheminées vers la Syrie et le Yémen !!!  Sur les 68 vols identifiés, 50 ont officiellement confirmé avoir transporté des armes et des munitions:  « La Direction  de l’Aviation civile de la Serbie a confirmé que 49 vols en partance ou en passant par la Serbie ont transportédes armes et des munitions à partir du 1er juin 2015 au 4 juillet 2016.  La confirmation arrive après des semaines de refus de commenter des raisons de confidentialité et après BIRN et OCCRP présenté STI y compris des photographies montrant des caisses militaires chargées dans des avions à l’aéroport Nikola Tesla de Belgrade à quatre occasions différentes. Un responsable de l’Agence nationale des douanes bulgare a confirmé un vol, exploité par le transporteur cargo bélarusse Ruby Star Airways transportait des armes de l’aéroport bulgare de Gorna Oryahovitsa à distance à l’aéroport de Brno, en République tchèque, et à Aqaba, en Jordanie. Dix-huit autres vols ont été identifiés (ici un atterrissage filmé et présenté ici en photo à gauche) comme très susceptibles d’avoir transporté des armes et des munitions selon l’une des trois variables suivantes: l’historique des livraisons d’armes par la compagnie de fret aérien; liaisons avec des vols d’armes antérieurs; ou une destination d’un aéroport militaire:  ces vols ont été effectués vers la base aérienne de Prince Sultan à Al Kharj (Arabie saoudite) et la base aérienne d’Al Dhafra à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), indiquant la présence probable d’armes ou de munitions. En outre, 14 vols à destination des bases aériennes de Prince Sultan et d’Al Dhafra ont été confirmés comme ayant transporté des armes pendant la même période par la Direction de l’aviation civile de Serbie. Il y a eu sept vols à partir de la Slovaquie et de la Bulgarie exploités par Jordan International Air Cargo, une partie de la Royal Jordanian Air Force, qui ont révélé avoir des armes transportées et des munitions de la Croatie en Jordanie à l’hiver 2012. »  Je reviendrai dans quelques épisodes sur cette implication jordanienne…

Le revenant Biélorusse, ancien appareil de … Viktor Bout !
« Le colonel bulgare à la retraite et expert à l’OMS de la lutte contre le terrorisme Slavcho Velkov, qui entretient des rapports étroits avec les militaires, a déclaré au BIRN et à l’OCCRP que les vols Sofia-Amman transportaient des armes à l’Arabie saoudite, la plupart du temps pour le conflit syrien. « de plus, un autre vol opéré par cette compagnie est confirmé comme ayant accompli des transports d’armes pendant la même période par la Direction de l’aviation civile de Serbie. Un vol a été opéré par un transporteur biélorusse, TransAVIAexport Airlines, qui transporte des armes depuis longtemps (ah tiens, un revenant : Transavia la biélorusse, qui a acheté le 22 juin 2015, les affaires aidant, un B747-200(F), EW-445TQ (N°24399), ancien Arménien Veteran Avia -VTF, Yerevan- sous le numéro EK-74799 ici à droite aux couleurs des Saudi Arabian Airlines (il finira Air Georgia 4L-GNK, totalement blanc. C’est son seul Boeing parmi ses treize Il-76, dont onze IL-76TD et ses deux IL-76MD !) « En 2014, la compagnie aérienne a été embauchée par un marchand d’armes serbe, Slobodan Tesic, pour transporter des armes et des munitions serbes et biélorusses à des bases aériennes en Libye contrôlées par divers groupes militants.  Selon un rapport de 2015 des Nations Unies, le Comité des Nations Unies, des Nations Unies et le Comité des sanctions ont enquêté sur les violations potentielles des sanctions de l’ONU.  En outre, il a été confirmé que cinq vols exploités par cette compagnie aérienne avaient transporté des armes pendant la même période par la Direction de l’aviation civile de Serbie ». 
L’implication inquiétante de la Biélorussie
C’est tout un système qui a été ainsi révélé en Biélorussie, restée proche des vœux géopolitiques de Poutine, comme le précise ici cet excellent article de Belsat TV : »Belvneshpromservice a été créé peu de temps après l’arrivée au pouvoir de Loukachenko.  Il a pris les ventes d’armes sous son contrôle strict.  Selon l’analyste militaire Alyaksandr Alesin, les exportations militaires officielles du Belarus dépassent 800 millions de dollars par an.  « Tout d’abord, il s’agit de la guerre électronique, des radars, des systèmes de communication sécurisés, des dispositifs d’aéronefs sans pilote, des systèmes de commande et de contrôle automatisés et des systèmes opto-électroniques », a déclaré Alesin.  Mais avec la centralisation des exportations militaires.  En 1996, des inspecteurs de l’ONU ont trouvé des armes à feu d’artillerie biélorusses en Irak.  En 2004, les pilotes biélorusses des avions Su-25 achetés en Biélorussie ont bombardé l’opposition en Côte d’Ivoire « (je reviendrai dans une autre série sur l’événement, car elle implique le broker US David Tokoph, lié à la CIA lui aussi). « À présent, le groupe d’experts de l’ONU soupçonne les compagnies aériennes biélorusses « Rubystar » et « Transaviaexport » de fournir des armes légères à divers groupes militants en Libye.  Selon l’ex-député Syarhei Antonchyk, elle exécute parfois les instructions géopolitiques de la Russie, lorsque celle-ci ne souhaite pas intervenir directement. « Quand il dit qu’il est un pays neutre, il ment. Nous sommes complètement dans le contexte géopolitique de la Russie « , a déclaré Syarhei Antonchyk, député du Conseil suprême de Biélorussie (1990-1995). La Biélorussie est un concurrent de la Russie dans la course aux armements. Selon l’ex-député, le blanchiment d’argent constitue une autre motivation probable de ces transactions. Par exemple, l’auteur du célèbre rapport anti-corruption écrit que les intermédiaires dans l’exportation d’armes de Biélorussie sont souvent des sociétés privées, telles que « Beltechexport », contrôlée par l’homme d’affaires Uladzimir Peftsiyeu (Vladimir Peftiev ici à droite), proche de Loukachenko. En général, résume Atonchyk, les exportations d’armes grises et le transfert d’armes à des régimes illégaux enrichissent le cercle étroit des représentants du gouvernement biélorusse et des hommes d’affaires qui leur sont proches »… Le rapport du Balkans Arms Trade montrait l’arrière d’un appareil en train d’être chargé de caisses d’armes, le 10 janvier 2016 sur l’aéroport de Belgrade (ci-dessus à droite). L’historique des appareils de Ruby Star nous donne lequel avait effectué un des 68 vols pendant une période de 13 mois entre la Turquie et le Moyen-Orient. La plupart des appareils étant des Ilyushin II-76 – « qui peuvent emporter 50 tonnes de chargement ce qui représente 16 000 AK-47 Kalashnikov ou 3 millions de balles ».  L’avion surpris était en fait l’EW-448TH, l’Ilyushin Il 76TD de Ruby Star, qui est effectivement intégralement blanc… il est vu ici à Lanseria en Afrique du Sud le 6 février 2016, certainement pas venu pour faire du tourisme ou un safari…
A gauche les vestiges d’un des avions de TransAvia abattu en 2007 en Somalie: en fait il avait réussi à atterrir mais touché par des tirs il avait pris feu, avec les 2 véhicules blindés BMP offerts par l’Algérie, qui étaient encore plein de munitions mais qui n’avaient pas explosé.  Une fois sortis et l‘avion réparé, c’est en redécollant qu’il a été de nouveau atteint par un missile qui avait séparé l’une de ses ailes, l’avion s’écrasant aussitôt, faisant 11 morts. Dans ces deux enquêtes, les  journalistes ont mis en cause les autorités responsables de nombreux pays (la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, Israël, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Turquie, ainsi que les militaires de l’Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, les forces militaires de l’Allemagne et du Danemark en Afghanistan et de la Suède en Irak, sans oublier l’US Special Operations Command (USSOCOM) qui selon eux « ont fermé les yeux et ont permis vols diplomatiques pour le transport de tonnes d’armes, effectués par des avions civils, pour les besoins militaires » ). On peut y ajouter le rôle de hub tenu par l’Azebaïdjan ! « Beaucoup de ces vols ont fait un arrêt supplémentaire en Europe centrale et orientale, ce qui signifie qu’ils ont probablement ramassé plus d’armes et de munitions avant de se rendre à leur destination finale. Les statistiques de vol de l’UE fournissent des preuves supplémentaires de l’ampleur des opérations. Ils révèlent que les avions venant de Bulgarie et de Slovaquie ont livré 2 268 tonnes de fret – soit 44 vols avec les avions les plus utilisés – des Ilyushin II-76 – de l’été 2014 aux mêmes bases militaires en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis identifiées par le BIRN et l’OCCRP ». Plus de 2000 tonnes d’armes !!!  A gauche, une image qui en dit long : à Talinn, le 1er octobre 2016, le Ruby Star EW-383TH devant le 747 Cargo de Transavia Export… Chez Ruby Star, on a pu assister à quelques manipulations étranges, comme celle qui a touché son Antonov 12 EW-338TI. Enregistré chez Jet Air, à Londres.  Le voici venu de Adolfo Suárez Madrid-Barajas, où il était en juillet, blanc avec un filet bleu foncé, qui débarque le 18 octobre 2012 à Dunford arborant un bien étrange numéro de l’USAF, en 06-987, code RS, en y mêlant des logos Ruby Star sur la queue !!!  Il est repeint le 02 juin 2013, en bleu sombre et gris acier puis en juillet après avoir été poussé contre le B737 EW-283PA de Belavia par une tempête, et le voici parqué sur l’aéroport de Minsk pour servir de pièces détachées . Il sera aperçu entre le 21 juillet et le 17 septembre 2017 stocké sur place, des moteurs manquants.  Fin de partie pour lui.  A Newcastle, on l’avait pris en photo le 4 juillet 2015 avec trois de ses collègues (l’UR-CKC, l’Antonov An-74TK-100 de Kavoc Air, qui s’est écrasé depuis à Sao Tomé en voulant se rendre à Stavenger, en Norvège, le 29 juillet 2017, en ayant heurté des oiseaux, l’UR-CGW d’Ukraine Air Alliance, pilier des transports aériens, et l’UR-CJN lui aussi de Kavoc Air). Les « Kavoc » servaient à quelque chose, mais on ignorait encore à quoi exactement à ce moment-là)… Rassurez-vous, on va appendre dès demain ce à quoi elles servaient, ces vieilles machines fumantes de Kavoc Air…

(1) sur la valse hésitation d’Obama, la timeline d’à partir juin 2014 répercutée ici par l’excellent Foreign Policy est pleine d’enseignements. Plus tard on prouvera que les frappes aériennes décidées n’avaient eu aucun effet probant… de l’esbroufe, celle qui passe si bien aux journaux télévisés avec les vues de destruction par bombardement aérien filmé en vidéo… parmi les exemples, celui-ci :  « un deuxième groupe est envoyé le 20 septembre 2015 et, deux jours plus tard à peine, il remet 25% de ses armes fournies par les États-Unis au Front al-Nusra, une organisation terroriste étrangère désignée par les États-Unis, pour qu’il puisse circuler en toute sécurité tout en déplaçant son siège. dans une ville du nord de la Syrie. »

 

(2) sur le travail du contractant décédé on peut lire ceci extrait saisissant de l’enquête de BuzzFeed :  « Dougherty (cf le second contractant  blessé lors de l’accident sur le pas de tir) était à la maison dans le Tennessee à partir de la mi-mai 2015 avec SkyBridge.  Il travaillait sur un contrat gouvernemental. Était-il disponible immédiatement pour un contrat de courte durée, environ 78 jours?  On lui a dit que le salaire était de plus de 600 dollars par jour.  Lorsque Skybridge a appelé Parker, le béret vert à la retraite, il venait de rentrer d’un groupe du 3e groupe des forces spéciales, et avait une nouvelle fille nommée Rebel Rose. Toute sa retraite de 1 800 dollars par mois ne devait pas pouvoir payer les factures, se souvint-il.  « Il a dit à ma femme, c’est nul, mais voici un travail ».  Norwillo (ici à gauche testant une arme indéterminée) a également récemment quitté un poste de contractant civil en Afghanistan. L’argent que SkyBridge offrait était très bon, il était donc excité à ce sujet. Malgré tout, elle a dit qu’elle était nerveuse à propos de la mission. Elle pensait qu’il ne reviendrait pas. « J’ai eu un sentiment étrange », a-t-elle dit. Lui sur le chemin de l’aéroport, je lui ai dit, « Que se passera-t-il si tu ne reviens pas? » Selon Dougherty et Parker, les hommes ont été dérangés par le fait qu’ils ne s’étaient pas habitués à travailler dans un champ de tir militaire américain.  Ma principale préoccupation était la protection, a déclaré Parker: «La protection corporelle et le casque étaient des accessoires».  Alors elle a dit qu’il avait poussé SkyBridge à se procurer une protection corporelle et un équipement de protection. «Ils ont dit non. Il l’a rappelé plusieurs fois.  SkyBridge n’a pas répondu au commentaire et l’avocat de la société a refusé de commenter.  Une semaine après leur appel, ils ont pris l’avion pour Sofia, en Bulgarie. Tout a été pressé, chose que Parker a dite. “Un super endroit où séjourner avait-il dit”.  Ils ont en fait tout précipité, dit Dougherty.  Il a dit qu’ils n’avaient pas reçu de soins médicaux. En Bulgarie, ils ont rapidement rencontré Alexander Dimitrov.  Sa société, Alguns, leur fournirait une gamme complète d’armes, qui auraient servi à une immense compagnie d’armes bulgare, propriété de l’État.  Il conduisait une Maserati noire ainsi qu’une Land Rover noire. Dimitrov n’a pas répondu aux commentaires, mais il avait déjà indiqué à BuzzFeed News qu’il n’avait pas fourni les roquettes. Dimitrov entretient des liens depuis la Bulgarie avec des personnalités importantes, tel Boyan Petrakiev Borisov, surnommé le baron, dont le casier judiciaire remonte au moins à 1977, d’après les autorités répressives bulgares. Dimitrov est proche de la mafia depuis des années. Mais Dougherty et les deux autres Américains ne savaient rien à ce sujet.  Du moins pas au début. Dougherty a déclaré que des employés d’hôtel sympathiques lui avaient dit que Dimitrov avait la réputation d’être proche du crime organisé. « Les gens à l’hôtel », a déclaré Dougherty, « on fait référence à la mafia russe ».

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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