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MH 370 (9): le dossier compromettant

Nous avons abordé hier le rôle de l’Ukraine dans la dissémination des armes légères dans le monde.  Un rapport sidérant décrit l’arsenal dont avait hérité le pays après la chute de l’URSS.  Près des 2/7 de ces stocks ont atterri selon lui en Afrique !
L’une des sociétés de transport aérien parmi les plus concernées était Aerocom, qui nous ramène aujourd’hui à une très étrange histoire de mercenaire américain (un « contractor ») retrouvé criblé de balles dans son SUV au sortir d’une réunion avec David Petraeus…  Rappel des faits et découverte d’un autre pays fournisseur :  la Bulgarie. 
 Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici
Un retour en arrière édifiant : on savait déjà tout depuis 2004 !
Aerocom ? mais voilà qui nous rappelle plein de choses ! L’incroyable histoire de faux talibans à gros bras (et bronzage apparent, ici à gauche) venus faire une conférence vidéo pour annoncer la mort d’un mercenaire américain qu’ils auraient assassiné car il faisait de la contrebande d’armes… (voir ici laquelle).  J’ai raconté cette histoire sinistre ici, c’est celle de Dale Stoffel, qui s’était fait souffler un mirobolant contrat de chars, juste après avoir été reçu par l’ineffable général Petraeus, celui qui a été incapable de comptabiliser les armes saisies à Saddam Hussein et qui les a laissées partir dans la nature !!!  Nous sommes alors en pleine guerre afghane, et les américains en proie aux attaques de Talibans très bien armés.  Le site le Yorshire Yanter découvre alors une chose incroyable (les mêmes avions servant au transport de la cocaïne et aux armes !), je le laisse ici le raconter : « les États-Unis ont acheté des forces de sécurité irakiennes des stocks de guerre bosniaques restants.  Des agents du BiH ont quitté le pays par Aerocom en quatre voyages avec l’Ilyushin 76 ER-IBV, no. 3423699.  Mais où ils ont été livrés reste un mystère, et il est à craindre que les armes sont effectivement allées aux insurgés.  Tout cela a eu lieu en août 2004, immédiatement après que la compagnie Aerocom soit interdite de vol et son Antonov-24 ER-AFH moldave ait été saisi au Belize pour le trafic de cocaïne (ici à droite, il était resté embourbé en fait en se posant sur un chemin trop étroit, à droite il est déjà en train de dépérir en 2009 !!!). « Maintenant, plusieurs personnes m’ont suggéré que des armes pourraient atteindre les insurgés irakiens directement par l’aéroport de Bagdad. Carlos pour l’un, et « Minnesota » dans les commentaires.  J’étais sceptique à ce sujet – ça ne pouvait pas être ça »…   « Vous ne pouvez compter voir apparaître cet Antonov 24 à Bagdad, il est vrai (à gauche l’An-24 resté bloqué en 2006).  L’appel du deal a été mis en place par toute une ménagerie bizarre de hustlers, de marchands, de courtiers, d’intermédiaires et de parasites généraux, y compris des miliciens kurdes, des marchands d’armes israéliens, des marchands d’armes suisses et une société britannique d’un business douteux (à gauche le An-24 ER-AWR d’Aerocom photographié à Bagdad le 6 mai 2005) Alternativement, ils ont eu une offre qu’ils ne pouvaient pas refuser, dans la phrase classique.  Ce qui est arrivé à Dale Stoffel, qui bizarrement était toujours en contrat avec le ministère irakien de la Défense lorsqu’il a été assassiné près de Taji, au nord de Bagdad, après avoir enquêté sur le détournement des fonds à un intermédiaire libanais.  Son propre contrat a été signé trois jours avant le début des vols Aerocom.  Le 8 décembre 2005, Stoffel s’est rendu à la base militaire de Taji, à l’extérieur de Bagdad, pour examiner les stocks d’armes et d’équipements iraquiens.  Taji aurait été l’un des sites où l’équipement nouvellement arrivé fourni par des entrepreneurs américains était également entreposé ».  Lors de son retour de la base vers Bagdad, Stoffel avait été pris en embuscade par un groupe inconnu auparavant se décrivant comme les « Brigades du Jihad islamique ».  À la suite de son assassinat, Wye Oak Technologies a perdu son contrat avec le ministère irakien de la Défense et le droit de vendre les surplus militaires irakiens. Ce qui est arrivé au surplus de l’Irak, et si l’un d’entre eux a été détourné ou vendu à l’étranger, est inconnu.  Les données des douanes des Nations Unies indiquent qu’une quantité de véhicules blindés d’une valeur de 752 854 dollars a été exportée d’Irak en Ouganda en 2004, à un moment où les autorités politiques et militaires (rapports des Nations Unies) critiquaient les ougandais d’aider les groupes armés dans le district de l’Ituri de la RDC. Vous vous rappelez peut-être qu’en janvier 2005, j’ai signalé ceci : et, plus loin, il est rapporté que mystérieux Antonov 12 visite l’aérodrome d’Entebbe au Congo oriental de l’Ouganda en route vers Dubaï.  Cet aérodrome est actuellement utilisé par les forces armées ougandaises et l’ONU.  Apparemment, les vols n’étaient pas autorisés, mais l’officier de liaison de l’armée (le capitaine Kazungu) à l’aéroport avait obtenu 300 dollars pour chaque mouvement non signalé à la CAA ougandaise. L’armée ougandaise a tout nié. Les événements sont apparus après la chute d’un Antonov 12, tuant six pilotes russes. La liste des noms fait une lecture intéressante – Air Service et Service Air sont là, comme Volga-Atlantic et Showa. Dans le passé, de tels vols à destination ou en provenance de l’armée ougandaise au Congo ont été acheminés par Kigali pour fournir un déni plausible. Il y a quelque chose d’incroyable dans une zone de guerre qui exporte réellement des armes à feu. Et curieusement, il y avait aussi des vols, opérés par Aerocom / JLI avec des appareils Ilyushin-76, qui ont quitté Tuzla pour le Rwanda… »
Tout était déjà là en 2004…
Tout était déjà en place en 2004 : Tuzla comme origine des armes, et des vieux Antonov pour les amener… en Afrique !!!  Les américains pouvaient-ils ignorer que les avions d’Aerocom appartenaient à Viktor Bout, cela semble… impossible :  ils n’avaient même pas le droit de voler. « En 2004, Aerocom n’avait pas de licence d’exploitant aérien valide après avoir été impliqué dans un accord particulièrement complexe il y a un an seulement auparavant. En 2003, l’ONU a signalé qu’Aerocom avait fourni à Charles Taylor des tonnes d’armes légères et de munitions.  Selon le rapport, l’entreprise avait été engagée par Temex Industries pour la livraison d’armes de Serbie à Monrovia en violation de l’embargo de l’ONU sur les armes toujours en vigueur dans le pays.  Aerocom était également liée à Viktor Bout. Les enregistrements ont montré que Aerocom et Jet Line – une partie de l’empire de livraison de Viktor Bout – avaient souvent loué des avions ou utilisé les licences des uns et des autres pour effectuer des livraisons » note Andrew Feinstein dans son livre The Shadow World, Inside The Globo Arms Trade ».
Trafic d’armes direct Transnitrie-Al Quaida ?
Un trafic d’armes gigantesque existe donc, avais-je écrit, et on en découvre des bribes à l’occasion d’événements inopinés. Le 9 janvier 2007, un bon vieil Antonov 26B moldave, immatriculé ER-26068 s’écrase sur la base de Balad, en Irak. L’avion venait d’Adana en Turquie, et était affrété par une compagnie, AerianTur-M, basée à Chisinau. L’avion est en miettes.  Les débris sont tellement éparpillés que l’on évoque une explosion en l’air plutôt qu’au moment de l’atterrissage.  Un témoin raconte sa version :  Mais j’ai d’autres informations sur le crash!  J’étais à Balad AB quelques semaines après l’accident et j’ai parlé avec beaucoup de gens qui ont vu l’accident de leurs propres yeux!  Il y avait beaucoup de témoins.  Ils m’ont dit, à moi et aux autres responsables turcs, que l’avion se trouvait au-dessus de l’hôpital de la base aérienne de Balad, où est installé le système de défense aérienne.  L’avion a survolé l’hôpital en-dessous de l’altitude admissible ».  Bourde, erreur, bavure, on ne sait.  Le pilote, habitué des arrivées… »discrètes » a-t-il volé effectivement trop bas ? Résultat, 34 morts, les travailleurs étrangers venus construire un nouvel hangar sur la base. La scène du crash sera nettoyée en quatre jours, par l’armée, pendant lesquels personne n’aura le droit d’être présent.  Mais une autre inquiétude à propos du crash provient de Turquie, qui n’est pas autorisée à se rendre sur les lieux de l’accident malgré ses victimes… « malgré le fait d’avoir perdu le plus de victimes dans l’incident, des experts turcs n’ont pas eu le droit de rejoindre le groupe des professionnels américains, irakiens et moldaves décryptant les enregistreurs de vol. Or, ils ont bien été retrouvés, ces enregistreurs.  Mais on ne les a pas rendu publics.
Pour le ministère turc, il n’y a pas d’autre version possible : c’était un des avions qui transportait aussi des armes, provenant de Transnitrie, et destinées… à Al-Quaida. . « Cinq années de pipeline aérien  » ? Des avions qui se posent tout ce qu’il y a de plus officiellement sur les bases américaines pour aboutir chez Al-Qaida ? Impossible ? Et pourtant, l’étau se resserre, selon le même journal :  « Une déclaration précédente de l’aéroport de Balad : Abdulkadir Akyüz, le seul passager à avoir survécu à l’accident d’avion et hospitalisé à Ankara, a été retrouvé, M. Yıldırım a ajouté qu’il se rendrait bientôt à Akyüz. « On dit que les troupes américaines expriment le plus grand doute au sujet du flux constant d’avions cargo moldaves vers l’Irak, transportant un flot continu d’armes.  Selon le Tiraspol Times, il n’y a aucun doute: « Un véritable pipeline d’armes en provenance de Bosnie et de Moldavie a afflué régulièrement pour alimenter le Jihad en Irak et 26 avions cargo au centre du réseau de trafiquants «  ».  Selon lui, les 200 000 armes manquantes étaient déjà dans les mains des insurgés : « Le Guardian, dans un reportage d’enquête publié le 12 mai 2006, a montré comment ces armes » avaient disparu « en Irak. Deux analystes du renseignement canadiens estiment que derrière l’accord d’armement se trouvaient de puissants intérêts islamiques liés à la Bosnie et au gouvernement moldave et que les 200 000 fusils d’assaut Kalachnikov avaient toujours été destinés aux insurgés d’Irak. « Cinq ans que ça dure, donc, pendant lesquels les avions de Victor Bout, ceux d’Aerocom ou de JetLine (ici à gauche leur ER-AZF) ont été vus tous les jours ou presque à Balad Air Base ?  Mais de qui se moque-t-on ?  Sur Balad Air Base, avec ses hamburgers, son self, (Hallliburton), sa piscine, ses Antonov 124,..ses concerts, et son large trafic ?
Plongeon révélateur d’un Iliouchine dans le grand lac
Le 23 mars 2005 on avait déjà pu se faire une idée de ce qui se passait véritablement avec un crash, celui de l’Ill-76 en plein lac Victoria en Afrique. « Quatre jours après un B-707 de Johnsons Air (Cargo Plus), 9G-IRL, un avion s’est écrasé sur le lac Victoria le 23 mars (1). Les 8 membres de l’équipage n’ont pas survécu à l’accident. L’Ilyushin-76, ER-IBR, avait décollé à l’aéroport de Mwanza avec 50 tonnes de poisson pour la Croatie (il est vu ici en janvier 2005 faisant dans l’humanitaire à Cologne). L’avion était exploité par Moldavian Airline Transport, fondée en 2001. Airline Transport ne se distingue pas beaucoup en termes de fiabilité, mais beaucoup plus en cas d’incidents. Le 30 décembre 2004 l’un de ses Iljushins-76, ER-IBM s’est posé trop « hard », de sorte que son train d’atterrissage s’est replié, l’avion a été radié car déclaré comme irrécouvrable pour Douchanbé (capitale du Tadjikistan).  Un peu avant cela, le 11 décembre, une porte s’est soudainement ouverte depuis l’Iljushin-76, ER-IBW.  Un membre de l’équipage a été aspiré hors de l’avion.  Les ER-IBM et ER-IBW ont tous deux visité Ostende en 2004 et ont été remarqués pour avoir facturé des «cargaisons hors normes».  Ici à droite, effectivement, le 24 septembre 2004 l’ER-IBM est photographié -de nuit- à Ostende.  Airline Transport sur l’aéroport d’Ostende est plus connu parce que son Antonov-12 en 2004, ER-AXZ  a émis un bail-location chez Air Charter Service, et il est devenu maintenant l’An-12, ER-AXY loué à l’Aerocom moldave (ici à gauche à.. Ostende, le 18 décembre 2004, arborant sur son fuselage le nom de « www.asterias.com.ua »).  Cette dernière société a été privée de sa licence en août 2004, alors que la société était déjà trop présente dans les nouvelles avec des livraisons d’armes à des pays sous embargo de l’ONU.  Aerocom, par exemple, a participé à des livraisons illicites d’armes au Libéria en 2002, en collaboration avec Ducal World Airlines de Duane Egli, connue à Ostende.  Aerocom a depuis été transféré à la société grecque Asterias Commercial basée en Ukraine ».  Ici un bon résumé du personnage : « ce ressortissant américain dont les activités sont basées aux Pays-Bas, a été placé sur la liste des Nations Unies des personnes interdites de visa du 4 octobre 2004 pour avoir illégalement livré des armes au Libéria en août 2002, en association avec des hommes d’affaires serbes et russes.  Plus récemment, la compagnie de transport aérien que possède Egli aurait été impliquée dans des ventes d’armes à la République Démocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. »  Ici encore, l’adresse belge de Duane Egli :  il habitait près de Tournai, à Esplechin (adresse aussi repérée par le forum PPrune, qui avait indiqué que si on lui téléphonait, une dame répondait que « Mr. Egli est parti à l’étranger ») !!!  Il était indiqué à son propos sur son CV « flight instuctor, must wear corrective classes », comme quoi on peut être marchand d’armes et myope…
En relation aussi avec Moscou
Autre point à noter, les liens avec… Moscou selon notre vedette Valentin :  « Times Online mentionne un lien entre Bout et le gouvernement roumain dans la période allant de 1996 à 1999 en la personne du colonel Gigel Bratiloveanu.  Ce colonel travaille actuellement comme conseiller économique pour l’Ambassade de Roumanie à Moscou, de sorte que le gouvernement roumain ne doit pas être très loin de ses activités.  Après tout, l’ambassade se trouve à Moscou, pas en Sibérie. » L’homme cité aurait eu un rôle dans les événements qui ont conduit Bout en prison : « Maintenant, M. Bratiloveanu est chargé en tant que représentant commercial de l’ambassade de Roumanie à Moscou.  C’est lui qui a donné la clé USB à Viktor Bout avec dedans le prix roumain des systèmes de missiles sol-air pour la guérilla des FARC »... Ouch… ça mène loin.  A l’arrestation de Bout, à Bangkok, en effet.
L’Antonov caméléon d’Air Sofia

Tous ces avions avaient l’art de changer de look ou d’opérateurs :  or souvent c’étaient les mêmes, qui ne cessaient de créer des sociétés différentes, à chaque fois, surtout dès que l’une d’entre elles entrait dans le collimateur de la justice.  Le LZ-SFA, ex YU-AIC de la Yugoslavie Air Force, par exemple, est présent ici à droite sous 6 décorations différentes. D’Air Sofia en 1992 il deviendra Mandala Airlines, puis Air Mark (Turquie)Dynami Aviation, tout en gardant son immatriculation pour devenir YU-UIA chez United International Airlines en 2007, UP-AN201 chez Miras et finir UP-AN201 chez Mach Air Cargo en 2009.  Air Sofia avait à nouveau été en ligne de mire en 2008. « En 2008, suite à une mission par les fonctionnaires de l’UE pour évaluer la conformité de la Serbie avec les normes de l’AESA sur la sécurité aérienne, les autorités serbes de l’aviation civile ont retiré le titre AOCS de deux autres entreprises, United Airlines International (UIA) et Kosmas Air. UIA détenait des appareils en Serbie, suite à la fermeture d’Air Sofia, une compagnie de fret aérien enregistrée en Bulgarie qui avait perdu son autorisation bulgare AOC à la suite d’une mission de l’UE d’inspection technique à Sofia. Air Sofia a alors transféré ses avions en Serbie où la société a été inscrite comme UIA (son LZ-SFA est ainsi devenu YU-UIA, cf ici à droite, tout en bas).  Air Sofia a été citée en de nombreuses occasions dans des vols d’armes illicites.  Kosmas Air a été nommé dans un rapport du Comité des sanctions de l’ONU qui alléguait que leur avion avait été « évoqué dans le contexte de transfert illicite d’armes au Libéria », ainsi que « la fourniture d’armes au Rwanda ».  L’opération porte le nom d’Operation Oyster« .

L’avion de Kosmas Air utilisé était l’Ilyushin Il-76TD unique immatriculé YU-AMI en juillet 2004.  On le verra charger à Tel-Aviv en juin 2005.  Kosmas Air fermera en 2008. Air Sofia sera aussi retrouvé mêlé à d’autres trafics.  On retrouvera en effet Air Sofia en 2008 dans un rapport d’Amnesty : « Air Sofia, certains cas l’indiquent et, le rapport d’Amnesty le met en lumière, a été décrite comme ayant transporté des bombes à fragmentation chargées sur des navires immatriculés au Royaume-Uni et l’Allemagne et livrées à l’armée pakistanaise via la Corée du Sud entre mars 2008 et février 2010.  Les livraisons ont eu lieu malgré les engagements pris par la Grande-Bretagne et l’Allemagne de l’interdiction complète sur le transfert et l’utilisation de munitions de type cluster, a déclaré Amnesty ». Il voyageait beaucoup, le LZ-SFS d’Air Sofia : on l’a photographié décollant de London – Stansted, le 25 mars 1995.  On l’a vu aussi à Maastricht, et en France, à Marseille (ici à droite le 7 août 2007)… mais aussi au Sri-Lanka, à Bahrain, à Porto (arborant le logo « Dynami »), et bien entendu à Ostende !  Et quand on connaît le nombre de bombes de type cluster déversées par Israël en 2006 au Liban, on est en droit de se poser la question de la visite de juin 2005 du YU-AMI à Tel Aviv (pris en photo ci-dessus).

Chez la voisine, la Bulgarie, fournisseuse également
On passe à la Bulgarie voisine.  Là-bas, c’est le charmant village historique de d’Iganovo en plein centre du pays qui nous permet de faire du tourisme industriel et de très vite retomber sur l’usine VMZ Sopot, dont on peut voit ici des employées vérifiant les munitions pour les lance-roquettes antichar RPG-7 (puis un peu plus loin). Vestige de l’économie soviétique axée sur l’armement, la Bulgarie a en effet aussi gardé pas mal d’usines de ce genre.  Fort heureusement, en Bulgarie, les citoyens ont aussi leur Michael Moore, il paraît.  Il s’appelle Tosho Toshev et il dirigeait il y a quelque temps encore le journal Trud, qu’il avait fondé, tombé depuis aux mains de ses adversaires médiatiques :  la Bulgarie est divisée en effet depuis en deux groupes majors de presse, Presa (celui de Toshev) et Waz, avec à sa tête deux « tycoons  »,  Lyubomir Pavlov et Ognyan Donev, à la tête notamment de « 24 Chassa » (24 Heures).  Toshev, grand secoueur de cocotier provocateur, a formé toute un génération de fouineurs véritables, prêts à sortir des informations même si elles ne sont pas très agréables à entendre.  Mais il a aussi fabriqué des provocateurs, comme il a pu l’être lui-même par le passé.  Parmi ses journalistes restés à Trud, figure Dilyana Gaytandzhieva, qui, le 2 juillet 2017, publie une vraie bombe en attaquant de front le clan de la famille Aliyev, en Azerbaïdjan, accusant le pays d’avoir fourni des armes aux rebelles syriens. S’attirant immédiatement les foudres de la Sécurité Nationale Bulgare, et clamant aussitôt s’être fait renvoyer de son journal sans explication (selon elle sous la pression de l’Azerbaïdjan, bien entendu, or le rédacteur en chef avait nié l’avoir virée !).  Des divulgations faites par ce qui semble être devenue un véritable pasionaria du régime de Bachar el Assad, pro-Poutine à souhaits… et donc pas vraiment une journaliste impartiale !  Chez VMZ Sopot, en tout cas, on n’hésite pas à faire un… clip pour vanter la production de l’entreprise.  Surprise, quant on découvre au milieu des images choisies un lancement de missile de type Grad, ceux qui servent aux syriens pour fabriquer des missiles comme celui vanté ici par le site pro-Poutine et Pro-Bachar de l’ami de Serge Ayoub (et de David Duke, ancien chef du KKK, et même d’Alex Jones, j’ai nommé… l’ineffable Alexandre Dugin :
Un Dugin qui vient candidement nous dire que les Volcanos copiés sur les iraniens sont bien ceux de l’armée syrienne régulière, et fabriqués à partir de roquettes GRAD « de 107 ou 122 mm« … « en Syrie, trois itérations du Volcan seraient actuellement produites, divisées en plusieurs sous-variantes. Variantes à base de 107 mm et 122 mm, bien qu’il existe également une variante à base de 220 mm. Les fusées sont extrêmement courantes en Syrie et les fusées de 220 mm sont très répandues en Syrie même ».  Un bel aveu pour une fois !

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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