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MH-370 : (38) armes et cocaïne

Nota :  à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici
Des surplus détournés et revendus ?
Les transferts d’armes dans la région ont été fréquents. L’un des plus intriguants cas en 2009 aura été celui du vieux cargo MV Captain Ufuk (ici en 2007, encore présentable), un cargo de 96 mètres de long d’un tonnage de 2348 GT, battant pavillon Panamanéen qui devait rejoindre le Port de Mariveles (au bout de la presqu’île de Baatan, 14°26′ N 120°29′ E) aux Philippines.  A bord du navire, 13 marins géorgiens et jordaniens, commandés par un capitaine sud-africain… et quatre caisses, contenant au total 54 fusils d’assaut, présentés comme des Galils israéliens mais  « fabriqués en Indonésie » selon le commissaire Fernandino Tuason, des Customs Intelligence and Investigation Service (CIIS) les ayant examinés (il se trompait comme on va le voir)Visiblement ce n’était qu’une parie du chargement initial.  « Il a ajouté qu’il avait également appris qu’un yacht avait été vu en train de transporter «quelque chose du navire» quelques heures avant l’attaque du navire par des agents du Bureau des douanes et des garde-côtes des Philippines vers 16 heures.  Jeudi. « Nous collaborons étroitement avec la Garde côtière alors que nous essayons de récupérer le yacht qui a été vu en train de charger des cargaisons du navire », a-t-il déclaré ».  Le récit qui suit, dévoilé ici par EagleSpeak, est très riche d’enseignements : «  Quelque part à Bataan – Le capitaine britannique en fuite, d’un cargo, saisi la semaine dernière par des autorités pour la contrebande de fusils d’assaut dans le pays, a demandé la protection du gouvernement, affirmant que le syndicat responsable du chargement d’armes le menaçait, lui et sa famille. Bruce Jones, 49 ans, a déclaré qu’il était prêt à révéler ce qu’il savait au sujet de la contrebande d’armes lors d’un entretien avec le Bulletin de Manille dans des zones boisées entre Zambales et Bataan. « Je ne suis pas un terroriste et je ne suis pas capable de le faire », a-t-il déclaré.  Marié à une Philippine et résidant dans le pays depuis 14 ans, M. Jones a déclaré avoir été victime de l’incident, ajoutant qu’il disposait de documents attestant que les armes à feu avaient été légalement acquises de P.T. Pindad avec adresse à JI. Jend. Gatot Subroto, 517 Bandung, Indonésie.  «En fait, lorsqu’ils ont chargé les 20 caisses en bois contenant des armes à feu sur mon navire, elles étaient même surveillées et gardées par une cinquantaine de policiers ou de soldats indonésiens.  J’ai donc supposé que tout était acquis légalement », a-t-il déclaré.  Il a ajouté que son employeur lui avait demandé de remettre les armes à feu à La Plata Trading, Inc. avec l’adresse du bureau situé au 14e étage du bâtiment BDO, dans le Paseo de Roxas, dans la ville de Makatiy. Il avait également appris que le chargement avait été dédouané par la police nationale des Philippines.  Selon Jones, un total de 20 caisses en bois remplies d’armes à feu ont été chargées à bord du navire en provenance d’Indonésie. Il a ajouté que 19 des boîtes contenaient des fusils d’assaut et qu’une seule boîte contenait des pistolets de 9 mm.  Les autorités ont identifié les fusils comme étant des Galils de fabrication israélienne. Cependant, un chèque du Bulletin a montré qu’il s’agissait bien de Pindad SSI-VI, fabriqué en Indonésie par un titulaire de licence de la Fabrique National de Belgique.  Les armes sont également d’un calibre différent de Galil. Lorsque les autorités ont saisi le cargo, seules cinq caisses en bois étaient intactes et les 15 boîtes d’armes à feu avaient été retirées par le syndicat, a-t-il déclaré. Il a rappelé que, en haute mer, le propriétaire non identifié du navire lui avait demandé à plusieurs reprises de ralentir et de retarder son heure d’arrivée dans le port de Batangas pour des raisons inconnues.  «J’avais alors senti que quelque chose d’inhabituel se passait. Pire encore, trois de nos réservoirs, contenant chacun 37 tonnes, avaient été remplis d’eau. J’ai alors suggéré à mon patron de prévoir une cale sèche à Subic », a déclaré Jones. »  En fait de « Galils », les armes étaient des SSI-VI Pindad, fabriqués en Indonésie sous licence de la Fabrique Nationale belge (à Herstal) sous le nom de FN FNC !  A gauche le président Susilo Bambang Yudhoyono avec un modèle en mains : dans les années 90, il était militaire et commandait les forces indonésiennes de l’ONU en Bosnie-Herzégovine !  Il a depuis 2014 été remplacé par Joko Widodo). Encore un descendant pas si lointain de l’AR-15 (visible ici dans l’infographie citant le M16 et son inventeur, Stoner) !
Le récit montrait surtout que quelqu’un dans l’armée ou la police avait « sorti » un lot d’armes pour les revendre, et qu’un yacht intermédiaire était venue accoster le cargo pour les emporter. Le capitaine du navire recruté pour l’occasion décrivant ce qui ressemble bien à un réseau international de revente d’armes.
En juillet 2016, le cargo qui avait été saisi coulait en baie de Manille ! « Plusieurs médias locaux ont fait état de doutes sur l’origine réelle de ce naufrage : simple manque d’entretien, tout à fait probable eu égard à l’âge du navire, ou affaire plus complexe sur fond de corruption. » selon Mer et Marine. Le bateau avait été mis en vente (et vendu 300 000 euros), mais personne n’en avait voulu : Ingrédient Management Asia Inc qui l’avait acheté n’étant même pas venu le chercher !!!
Découverte du commanditaire : une figure de la coke !
Le réseau dont on n’avait aperçu qu’un petit morceau, avec ce cargo abandonné, était en réalité celui du rodhésien Paul Calder Le Roux.  Ce dernier, arrivé en Australie, avait débuté une carrière informatique en créant dès 1998 un logiciel bien particulier, E4M (Encryption for the Masses), avant de partir s’installer à Hong-Kong puis en Hollande.  Il crée ensuite en 2004 TrueCrypt, tout en continuant à s’investir dans des activités de jeux d’argent sur Internet puis de en s’orientant vers la vente lucrative de diverses drogues sur le net, dont le Viagra, via une société appelée RX Limited.  A noter que les deux logiciels ont été fort prisés ces dernières années par… Daesh.  Associé à des israéliens, il s’installe alors aux Philipines, avant de partir dans une croisade particulière, celle de réinvestir des terres « blanches » au Zimbawe (il est en fait profondément raciste), poussé par le trafiquant et lobbyste Ari Ben-Menashe.  Touche à tout intéressé par le profil avant tout, il suivra à nouveau Ben-Menashe pour aller investir au Vanuatu pour développer des plantations d’arbres koari (fréquents en Nouvelle-Zélande):  « Tout a été public et tous les fonds ont été signalés», avait déclaré Menashe (en fait dès le contrat signé, Le Roux avait disparu !).  L’ancien employé israélien de RX Limited conteste cette version: « Menashe travaillait avec Le Roux à mettre en place des sociétés fictives et faux comptes de traitement de carte de crédit, » il déclare.  En étant confronté à cette allégation, Menashe a commencé à rire , en déclarant « Le Roux a assez de sociétés-coquilles sans mon aide ! »  Beaucoup y ont vu une excuse pour obtenir autre chose sur place, y compris un très intéressant passeport, comme celui de notre fameux voleur de Phocéa… finalement il en obtiendra un venant du Congo, où il avait investi dans des mines d’or, devenant alors « Paul Solotshi Calder Le Roux, né le 24 décembre 1982 » (il se fera aussi appeler Bernard John Bowlins ou John Smith).  Le voici alors à Rio de Janeiro… mais en 2014 on le trouve mêlé à un envoi de système de guidage de missiles à l’Iran, car la vente d’armes est l’aboutissement naturel de sa vie d’intrigues. C’est ainsi qu’il se lance dans la foulée dans la fourniture d’armes à la Somalie, en passant par les Malvides, où il complote au passage.  C’est donc logiquement en tant que marchand d’armes qu’on le retrouve derrière l’affaire du cargo philippin :  « selon ses propres notes, Bruce Smith aurait été embauché par Dave Smith en 2008 pour acheter un navire en Turquie et le faire ensuite rejoindre les Philippines via l’Indonésie, la société La Plata Trading (une des sociétés de Le Roux) pouvant fournir l’équipage. Jones a finalisé l’achat du Captain Ufuk (ex Gratia, ex Abdul Razaak Sanusi
et ex Fione) et s’est rendu à Jakarta, en Indonésie. Là, il récupéra une cargaison d’armes appartenant à une société appelée PT Pindad, à destination de Red White and Blue Arms Inc., basée à Manille, et a poursuivi son voyage vers les Philippines.  Jones avait reçu un certificat d’utilisateur final, selon lequel les armes à feu étaient destinées au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile du Mali (???) et le chargement était gardé par la police et des soldats indonésiens.  Jones a ensuite affirmé qu’il croyait que l’envoi était légitime.   Le journaliste Evan Ratliff, citant un document divulgué, affirme que le ministère indonésien de la Défense avait approuvé la vente.  En réalité, toutefois, les armes à feu devaient être livrées à La Plata Trading, puis vendues à des rebelles du sud du pays, notamment au groupe terroriste islamiste Abou Sayyaf.  Alors que Jones approchait de sa destination finale, ses employeurs lui avaient ordonné de retarder l’arrivée du navire au port. Le navire est resté ancré pendant plusieurs jours près de la côte de Mariveles, à Bataan, à trois heures à l’ouest de Manille. Le 19 août 2008, Jones a annoncé à son patron qu’il souhaitait se rendre sur la terre ferme car sa femme était enceinte et devait accoucher.  Ses employeurs ont envoyé un yacht, le Mou Man Tai, avec Smith, le capitaine remplaçant, Lawrence Burne, et un bateau à moteur en caoutchouc à bord.  16 boîtes de fusils ont été transférés sur le yacht, accompagnés par Hunter, qui était à bord du capitaine Ufuk.  Jones est retourné à Subic Bay dans le plus petit bateau.  Au cours de la journée, un pêcheur local s’est méfié du navire et a alerté les autorités. Le lendemain, les garde-côtes philippins et les agents des douanes se sont rendus en voiture chez le capitaine Ufuk et ont découvert 20 caisses en bois non marquées, pour lesquelles le capitaine n’a pas été en mesure de produire un manifeste de chargement.  Les responsables ont découvert les armes à feu dans les caisses, notamment des fusils d’assaut Pindad SS1.  Le capitaine de remplacement Burne a été arrêté mais a été libéré sous caution. Plus tard, en décembre 2014, il a été condamné par contumace à huit ans d’emprisonnement pour fraude fiscale liée à l’envoi. Il était toujours en fuite début 2016. Les membres de l’équipage, tous citoyens géorgiens, ont été arrêtés et mis en accusation en 2010. Ils ont finalement été déportés en Géorgie ». Voilà le fin mot de l’histoire, mais qui a une conséquence plus sordide.  « La presse avait impliqué Jones dans sa couverture de l’affaire. Jones s’est caché et s’est rendu début septembre aux autorités. Il a accepté de coopérer, à condition d’être inscrit à un programme de protection des témoins. Il a reçu de nombreuses menaces de mort et a observé des personnes apparemment le surveillant. Il n’a jamais reçu la protection de témoin demandée par son avocat. Un an après l’incident, il a commencé à être convaincu que ses anciens employeurs ne le poursuivaient plus. Le 21 septembre, lui, son épouse et son fils ont rencontré un ami, connu sous le nom de John Nash, et son épouse pour déjeuner dans un centre commercial à Angeles City, au nord de Manille. De retour du centre commercial, Jones a été abattu par deux assassins à moto.  Sa femme a été touchée par une balle mais a survécu. L’assassinat a eu lieu à proximité d’un champ de tir, qui offrait une couverture idéale. Le Roux n’a jamais été officiellement accusé de la mort de Jones, bien qu’il aurait admis avoir ordonné l’assassinat dans le cadre d’une conversation privée. L’affaire a été archivée entre 2012 et 2013 et n’a toujours pas été résolue en octobre 2015, aucun suspect n’ayant jamais été arrêté à ce sujet…. »  Il ne fait jamais bon travailler pour un dealer tel que LeRoux.  « Hunter avait déclaré que son premier job avec Le Roux consistait à se procurer et à faire passer en contrebande de l’or au Mali et en RDC (République démocratique du Congo).  Quand l’un de ses supérieurs a essayé de voler 2 millions de dollars d’or enterré sous une baignoire, le boss s’en est aperçu et le voleur a fini entre quatre planches. »
Le Roux et la DEA
La personnalité plus que douteuse de LeRoux avait alerté beaucoup de monde depuis longtemps… et pourtant. Un article de Vice du 20 avril 2016 nous révèle l’incroyable suite de ce qu’on vient de lire.  A Phuket, une bande de mercenaires recrutés par un américain dénommé Joseph Hunter, surnommé « Rambo », ancien sergent de l’armée, avait été formée pour assurer la sécurité du transfert de 300 kilos de cocaïne colombienne des Bahamas à New York… et ils avaient tous comme responsable…  LeRoux. Hunter a un passé trouble, celui d’agent ayant participé à des missions secrètes en Amérique latine, non divulguées lors de l’enquête, mais on sait qu’il a travaillé pour DynCorp et Triple Canopy, dont la réputation n’est plus à faire il me semble.  Le hic, c’est que Le Roux, avait alors déjà été arrêté et que, très certainement pour sauver sa peau, il avait choisi de tout révéler auparavant, dont… le meurtre prévu d’un agent de la DEA (plus un capitaine de bateau, à savoir Jones, qui finira par être descendu !). Tout aussi inquiétant était le fait que « la chute d’Hunter n’est pas la seule que Le Roux a orchestrée avec ses nouveaux collaborateurs de la DEA.  Deux tueurs à gage ont été arrêtés en Caroline du Nord pour des meurtres rémunérés réalisés dans les Philippines ; un important chargement de méthamphétamine ultra-pure fabriquée en Corée du Nord a été intercepté et un businessman israélien est tombé (nota : il s’agît de Moran Oz), accusé de vendre illégalement des médicaments aux consommateurs américains via une plateforme digitale ». Au passage, Vice site un autre cas de transfert de coke dont j’ai déjà parlé ailleurs.  Celui d’un voilier de 13 mètres retrouvé échoué sur un récif des Tonga avec un cadavre à l’intérieur (celui de Milan Rindzak, 35 ans), dernier gardien d’une cargaison de 120 millions de dollars de cocaïne retrouvée abandonnée !  Le bateau battait toujours pavillon français, son ancien propriétaire étant de Bayonne !
Une armée véritable à mettre en place, comme Erik Prince

 « Les activités de Le Roux dans la corne de l’Afrique ont été documentées en juillet 2011 dans un rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unies et réalisé par le Groupe de Surveillance sur la Somalie et l’Érythrée.  D’après le rapport, Le Roux a secrètement soutenu une entreprise de sécurité privée basée à Hong Kong intitulée Southern Ace.  Cette firme a commencé à travailler en janvier 2009 avec un homme d’affaires somalien dans la région du Mudug en Somalie. Début 2009, la compagnie de Le Roux « a recruté et fait fonctionner une milice bien équipée de 220 hommes, » qui était « supervisée par une dizaine de Zimbabwéens et trois Occidentaux. »  L’entreprise aurait alors fait importer des générateurs, des serres, des outils de jardinage, des herbicides, des fertilisants, un bulldozer, et d’autres matériaux nécessaires pour faire pousser des substances illicites. Vers la fin du mois de mars en 2010, « Le Roux avait prévu d’importer par avion une importante quantité d’armes lourdes, notamment 75 kilos de C4, 200 mines terrestres antipersonnel, un million de munitions de 7,62 mm, et cinq missiles anti-chars AT-3 « Sagger » (ici à droite le même retrouvé en 2015 chez Daesh).. »  Le rapport de l’ONU indique que Southern Ace a cessé d’opérer en Somalie en un claquement de doigt au début de l’année 2011.  Le rapport estime que « Le Roux et ses associés ont dépensé environ 3 millions de dollars en Somalie, dont 1 million dans le salaire des miliciens, et près de 150 000 dollars en armes et munitions. » LeRoux n’avait pas été le seul cité par le câble de Wikileaks du 31 août 2011 qui décrivait sa présence. Une autre n’était pas loin :  « Le rapport critiquait également fortement l’implication d’un autre pays du Sud Saracen International, une entreprise liée au continent africain dans le pays, affirmant que ses opérations constituaient une « violation grave des droits généraux et l’embargo sur les armes en Somalie et constituaient une menace pour la paix et la Sécurité ».  Soutenu par le fondateur notoire de Blackwater, Erik Prince (ici à gauche) et les fonctionnaires d’Abu Dhabi, Saracen a pris pied dans le Puntland semi-autonome dans le nord de la Somalie et à former une force marine anti-piraterie. Parmi les personnalités à Saracen figurait Bill Pelser, un ancien sud-africain soldat des forces spéciales et Lafras Luitingh, un ancien agent dans le bureau de la coopération civile notoire du gouvernement de l’apartheid, et un fondateur membre de la défunte entreprise de mercenaires Executive Outcomes. »  A droite les Ford 350 blindées et munies de tourelles de Saracen.

« Il existe un autre dossier extraordinaire dans lequel Le Roux est impliqué. En novembre 2013, un mois après l’arrestation d’Hunter en Thaïlande, des agents de la DEA ont arrêté cinq hommes en Thaïlande qui s’apprêtaient à faire rentrer 100 kilos de meth à New York en passant par les Philippines. La meth était extraordinairement pure, et aurait été fabriquée en Corée du Nord.  Le nom d’Hunter n’a jamais été cité dans les documents juridiques de ce dossier, mais VICE News a précédemment détaillé les liens entre ces deux affaires.  Elles se sont toutes deux déroulées au même moment en Thaïlande et concernent d’importants trafics de drogue. « Il apparaît désormais que Le Roux — et non Hunter — était l’homme clé derrière ces deux affaires. Comme dans le dossier d’Hunter, il est fait référence à une source confidentielle dans le dossier de la meth nord-coréenne.  L’un des suspects, un certain Adrian Valkovic — qui a depuis plaidé coupable pour trafic de meth et a été condamné à 9 ans de prison — a été identifié comme étant le sergent d’armes du « Outlaw Motorcycle Club » en Thaïlande. « C’est le deal de Le Roux aussi [qui a permis cela], » assure Friedberg. « Il est un intermédiaire entre les trafiquants et l’Outlaw Motorcycle Club qui sont les distributeurs. »  Un autre larron, l’anglais Scott Stammers, ancien garde privé chez Guardforce Limited, puis chez ASA Group, une compagnie d’aviation VIP (il avait été cité ici en exemple dans la société, employé « directing operations in Singapore’) sera condamné à 15 ans de prison pour avoir fait partie de façon active dans le réseau.  Asa avait bien sûr nié toute connivence avec Stammers.

Sont-ils intouchables pour autant ?  On peut le penser :  le 6 mars 2017, un juge de St. Paul, Susan Richard Nelson décidait que Oz et son associé McConnell, un canadien tous deux employés de RX Limited, pouvaient être libérés.  Les deux ayant affirmé avoir constamment travaillé sous des menaces de mort que LeRoux avait mené à bien avec d’autres…  Le 31 mai 2016, « Rambo » avait hérité lui de 20 ans de prison, par un juge de Manhattan (c’est le procureur Preet Bharara qui avait suivi l’affaire, en affirmant qu’en la menant « il croyait lire du Tom Clancy »).  Nous reviendons un peu plus loin sur Prince, rassurez-vous.

Une dernière entreprise retrouvée… et un dernier scandale sordide

Parmi toutes les sociétés d’aviation « historiquement » douteuses, j’en ai retrouvé une fort particulière … elle s’appelait, tiens, ça tombe bien, Air Maldives.  Une surprenante compagnie, car elle servait de façade à un mouvement politique particulier, celui de Yasser Arafat (*) !!!  « Maldives Airways était la première compagnie aérienne des Maldives à posséder de gros équipements. Elle a en effet possédé trois DC-8-51 un F27-100 (devenu plus tard Air Bissau) ». En fait, derrière elle se profilait… l’OLP !!!  « C’était l’une des nombreuses possessions de l’OLP pour des activités secrètes, comme la contrebande d’armes et de drogues pour l’OLP. Ce fut un coup de pouce au niveau local car à cette époque, le seul avion aux Maldives était un short Air Maldives SD7 Skyvan qui volait entre Malé et l’île de Gan. En tout cas, après deux ans, elle a été fermée en 1986 (son unique DC-8-55 a été vendu à Connie Kalitta Services-USA).  Maldives Airways était dirigée par Ibrahim Nasir et assurait des vols réguliers vers Colombo, Madras, Singapour, Dubaï, Abu Dhabi, Bahreïn et le Koweït et vers le Gan local, mais une seule liaison à destination de Dubaï Bien sûr, elle a aussi fait voler beaucoup de charters, de passagers et de «fret».  Comme avions, avant les DC-8, elle avait commencé avec des Convair 440 achetés à Caribbean United Airlines, appelé « Flying Fish I » (8Q-AM101) pour le premier et « Flying Fish II » (8Q-AM102) pour le second.  Deux Dornier 228 les remplaceront dans les années 1980.  « L’OLP achetait des partenariats dans des compagnies aériennes d’Afrique, d’Amérique latine et d’autres pays du tiers monde au milieu des années 80, avec beaucoup de soutien de la part de la Libye et de certains pays arabes. En 1979, l’OLP a utilisé un B-727, de la compagnie aérienne nationale du Nicaragua, Aeronica, et a pris une participation de 25% et s’est associée à Nigeria Airways, Air Zimbabwe et même Kenya Airways pour former Maldives Airways et Caledonian Airlines (Liban). L’OLP a investi dans des compagnies aériennes et des boutiques hors taxes, car cela facilitait le déplacement des armes et des personnes à la discrétion ».

Découverte horrible 

Mieux encore quand on apprend qu’en 1990, Air Maldives s’est fait contrôler à 49% par un investisseur appelé Naluri Berhad.  Or croyez-le ou pas, c’est aussi le principal investisseur de la Malaysia Airlines !!! En 2000, Air Maldives a mis la clé sous la porte, une bonne partie de ses bénéfices passées dans les poches de Tajudin Ramli, un ancien officier de la Malaysia Airlines… les pertes approchant les 69,2 millions de dollars.  Son Airbus A310-324 (N°674), immatriculé F-OIHS, ne sera utilisé que 3 mois !  Tajudin était l’ancien président de MAS (Malaysian Airlines) de 1994 à 2001 et le fondateur de Celcom, la première entreprise de téléphonie mobile en Malaisie.  Une seule personne avait rappelé son existence en la mêlant au drame du vol MH370, et c’est ici : «Les tâtonnements ont révélé une élite qui n’a jamais eu à faire face à des interrogations de la part de son peuple, peu importe le reste du monde. Le pays n’a besoin de rien de moins qu’une révolution politique », a déclaré Pesek (c’est William Pesek, un éminent éditorialiste de Bloomberg). « Et je suis d’accord. Rien ne changera tant que l’élite politique actuelle ne sera pas amenée à payer pour son inaptitude, son incompétence et ses comportements malveillants de la part des électeurs malaisiens. Au niveau international, nos dirigeants politiques devront en assumer la responsabilité. Au niveau national, nous sommes confrontés à une crise où nos institutions publiques sont dirigées non seulement par des personnes médiocres et incompétentes, mais aussi par des personnages qui sont carrément malhonnêtes et qui abusent du système en toute impunité – des escrocs au gouvernement ». L’auteur re-balançant au passage l’affaire sordide d’Altantuya Shariibu, la jeune et jolie mongole (ici à droite), ayant un temps vécu en France, qui était la maîtresse du premier ministre et avait participé aux négociations secrètes sur les sous-marins Scorpène (français).  Elle connaissait donc le montant des dessous de table reçus par le premier ministre Abdul Razak.  Selon certaines sources,  la société française Armaris, lui aurait versé des commissions de l’ordre de 114 millions d’euros  (pour l’achat de trois sous-marins totalisant 4,7 milliards d’euros).  Ne cherchez pas plus loin pourquoi l’enquête sur le MH-370 pourrait elle aussi bloquer en France… en apprenant cela.

La pauvre Altantuya Shariibu:  on avait retrouvé ses restes dans une forêt… des restes, car elle aurait été tuée d’abord au pistolet et ensuite volatilisée par une explosion de C4, un explosif militaire qui avait été lié autour de son corps. Un tel déchaînement laisse présager de lourds secrets, je n’explique pas autrement cela (l’affaire récente de l’infortuné Khashoggi est là pour nous le rappeler).  Deux lampistes avaient été déclarés responsables du meurtre :  deux membres la Unit Tindakan Khas (les forces spéciales anti-terroristes) mais qui étaient aussi des gardes du corps de Najib Abdul Razak (on songe à nouveau à Khashoggi !).  Ce dernier avait été acquitté le 31 octobre 2008, les deux autres condamnés à mort… puis acquittés eux aussi en appel en 2014 !!!  Une sordide histoire, mais nécessaire à rappeler pour décrite la personnalité d’un homme venu dire aux familles éplorées du vol MH370 que tout serait mis en œuvre pour le retrouver.  Bénéficiaire de pots de vins de ventes d’armes, il semblait mal placé pour parler d’un avion qui pouvait très certainement en transporter…

Les amis d’Abdul  

Le yacht Equanimity inscrit aux îles Caïmans (91,5 mètres de long, 3000 tonnes, 250 millions de dollars, capable d’héberger 58 personnes à bord) a été saisi en février à la demande des autorités  des États-Unis, dans le cadre d’une enquête sur la corruption de plusieurs milliards de dollars lancée par le ministère de la Justice (DOJ) concernant « Malaysia Development Berhad » (1MDB). En avril, un tribunal indonésien a déclaré que le bateau avait été illégalement saisi et devrait être remis à ses propriétaires, mais la police indonésienne a de nouveau saisi le bateau en juillet à la suite d’une demande officielle d’assistance juridique des Etats-Unis.  Son propriétaire,  Low Taek Jho est en fuite... sans trop de surprise, sa biographie indique que « le réseautage avisé de M. Low et ses liens d’amitié avec des membres des familles royales d’Arabie Saoudite, du Koweït et d’Abu Dhabi, à Wharton, lui auraient permis de tisser des liens étroits avec les plus hauts niveaux du pouvoir en Malaisie. Il est connu qu’il a réussi à obtenir une réunion de 11 heures avec le Premier ministre koweïtien pour l’ancien Premier ministre Najib, qui rentrait chez lui après une visite officielle en France »… son Bombardier Global 5000 devis être aussi saisi, il était resté sagement sur l’aéroport de Singapour. Abandonné… fini les fêtes et les jéroboam de champagne, fini de danser avec les grandes spécialistes de la futilité. L’avion avait été acheté neuf 35,4 millions de dollars en 2009, trois mois à peine après que 700 millions de dollars aient été retirés du fond 1MDB

Un dernier cas étonnant 

Celui-là est un cas encore plus à part, tant ce qui a en a été dit défie l’entendement.  Aux Etats-Unis, on trouve des armes partout, on l’a vu, et cela n’étonne donc plus personne.  Mais lorsqu’on en trouve plus de 6 tonnes d’un coup, dans un garage, quand même, on s’inquiète un peu. L’amoncellement a été trouvé au 1770 Pacific Palisades Drive, un quartier huppé de Los Angeles.  Les policiers y sont arrivés après un coup de fil donné par le célèbre avocat Harland Braun, qui a Steven Seagal comme client, Dennis Rodman, Roman Polanski, ou qui a défendu un des policiers ayant battu Rodney King.  Selon lui, l’une de ses clientes, appelée Catherine Nebron, l’avait averti qu’un SUV dans la rue en face du garage contenait un cadavre.  Effectivement, quand ils arrivent, ils le découvrent dans un état de décomposition plus qu’avancée.  Selon Nebron, la fiancée de l’homme décédé et Dawn VadBunker, son employée, l’ont abandonné là après qu’il se soit senti faible, avant de s’envoler vers l’Oregon, le croyant seulement malade (étrange comportement).  Revenues sur place, elles pensaient le revoir vivant, sorti de sa voiture. VadBunker venant de subitement quitter son mari, Jim Curry, après un an à peine mariage (après avoir déjà été marié à un dentiste, Phillip Gorin), son entourage craignait alors pour sa santé mentale, n’ayant pas donné signe de vie après les faits.  Le cadavre était celui de Jeffrey Alan Lash, alias “Bob Smith” ou  » Jeff Henderson » (et d’autres encore). L’avocat raconte sérieusement aux policiers que selon ses informations l’homme « aurait travaillé pour la CIA », qu’il serait « décédé de gaz innervants » et qu’il serait même une espèce « hybride », expérimentale, sortie des labos de la CIA. En fait d’hybride, c’était surtout un paranoïaque complet, dragueur invétéré ayant dupé des dizaines de femmes et ayant un temps étudié la microbiologie, en clamant partout qu’il travaillait pour les services secrets (comme si ça se clamait !) et qui possédait surtout un garage contenant pas mois de 6,5 tonnes d’armes diverses (891 répertoriées au total), beaucoup retrouvées avec leurs étiquettes de prix encore attachées (dont pas mal de Kalchnikovs).  La thèse de l’hybridité étant celle développée par l’homme lui-même pour masquer une vie amoureuse tumultueuse, mais elle a été depuis abondamment reprise par des sites d’OVNIs ou d’autres fariboles qui n’ont pas toujours un si beau cas d’espèce sous la main pour nourrir leurs candides lecteurs.  En réalité, pas de traces probantes de commerce derrière (ou alors c’était plus dissimulé encore qu’on ne pense !) et encore moins d’activité secrète :  il vivait en fait aux crochets des femmes qu’il séduisait, plusieurs en même temps, dont il évitait qu’elles se croisent !  Il y a avait aussi dans ses garages tout un lot de voitures (14 au total), dont même un Toyota SUV modifiée pour rouler dans une hauteur d’eau conséquente !  Il  y en avait pour 5 millions de dollars et chez lui, on avait trouvé 230 000 dollars en billets (il ne payait qu’avec cela, et sans jamais de carte de crédit !).  Dans son bric à brac d’acheteur compulsif, la police trouvera en plus 50 000 CD de musique et 1 000 Palm Pilots obsolètes !!!  Le prétendu « alien » était avant tout à l’évidence un collectionneur invétéré d’armes, toutes achetées légalement !  Conclusion affligeante de ce phénomène à part : on peut donc acheter plus de 6 tonnes d’armes aux USA sans jamais éveiller les soupçons !!!

Sur Le Roux, Saracen, Erik Prince, le dossier du Conseil de Sécurité de l’ONU lisible ici est une vraie mine de renseignements.

https://www.yumpu.com/user/somaliareport.com

https://www.yumpu.com/en/document/view/6027569/report-of-the-somalia-and-eritrea-monitoring-group-federation-of-

Le dossier du 27 juin 2012  sur la Somalie et l’Erythrée est le dossier fondamental.

Le dossier S/2011/433 est aussi à consulter.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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  1. avatar

    Qu’est ce qui vous fait dire ça ?

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