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MH-370 (22) : « ce bon vieux Jim »

Ce sont les catastrophes aériennes qui nous ont beaucoup appris, en fait, en révélant le contenu surprenant de certains avions tombés au sol.  Notamment ceux à répétition d’une entreprise américaine appelée Kalitta, dont un 747 avait failli provoquer une catastrophe majeure en 2008 à Bruxelles.  Mais aussi d’autres, dont celles dirigées par Jim et Sunny Neff, vétérans de la CIA et de Southern Air (revendue en 2007), ou de Flying Tigers et Air Cal à la tête également de Global Air et de  Nordic Global Airlines (et auparavant de Western Global Airlines).  C’est un de ces vieux MD 11 qui va nous intéresser, celui aperçu fort discret sur l’aérodrome de Rijeka, le troisième port pour le trafic en Croatie.  Nous ramenant une nouvelle fois à la fourniture balkanique des armes légères, celle que l’on redécouvre constamment sans savoir l’empêcher semble-t-il.  Ou sans vouloir vraiment l’en empêcher… aux dernières nouvelles, il traînerait toujours entre 3 et 6 millions d’armes dans la région !

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic.  La série a débuté ici

Remonter la filière d’origine des armes après un massacre est plein d’enseignements.  Les attentats de Paris nous on fait retrouver la filière de Zastava des Kalachnikov.  Les pistolets Tokarev M57 de 7,62 venus de Serbie ont aussi été importés aux USA par Century Arms International, comme leurs collègues M70 en calibre 9 mm.  Des Tokarev qui ont atterri ensuite chez Koulibaly, fournis par Claude Hermant, comme on le sait.  Les armes provenaient chez lui de Slovaquie, et Hermant les re-militarisait en un tournemain.  Un marseillais arrêté en 2013 avait fait de même… pour approvisionner les quartiers Nord de la ville…  Dans le cas de Zastava, et des armes de la société retrouvées en Syrie, un homme pose problème :  il s’appelle Marc Morales, et le 29 janvier 2015, par vantardise ou totale imbécilité, il avait mis en ligne des photos de lui en train de sortir des Kalachnikov d’une caisse de bois, dans l’enceinte même de l’usine de Zastava de Kragujevac, en Serbie.  Idiot, même, lorsqu’il avait carrément affirmé en 2008 à un « agent infiltré du FBI », qu’il « fallait être plus intelligent que le gouvernement ».  Un gouvernement qui l’avait en tout cas laissé faire… sept ans sans broncher !!!
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a bien été aidé par cette négligence coupable !!!  Car le même avait réussi à décrocher des contrats « à la Diveroli » signés désormais par l’arsenal de Picatinny, du Pentagone, installé sur la base militaire du New Jersey par le commandement des opérations spéciales du Pentagone, la SOCOM. Cétait en effet un des 13 sous-traitants qu’avaient retenu les militaires US pour livrer discrètement des armes aux rebelles syriens, des contrats phénoménaux se montant au total à 2,2 milliards de dollars US, qui devaient courir jusque 2022 !!!  Avec Vose Technical Services et Purple Shovel, la société de Marc Morales, appelée Global Ordnance, avait en effet obtenu le contrat malgré un passé… plus que douteux.  Et en effet : « en 2010, Morales figurait parmi les 22 responsables de l’armement inculpés par le ministère de la Justice américain pour avoir tenté de corrompre le ministre de la Défense du Gabon afin d’obtenir un contrat de vente d’armes de 15 millions de dollars. L’accord conclu avec le Gabon était en réalité une œuvre de fiction du FBI, créée pour extirper les pots-de-vin de fonctionnaires étrangers de l’industrie de l’armement. Deux agents secrets du FBI se sont présentés en tant que représentants du ministère de la Défense du Gabon et ont expliqué à Morales et à son partenaire, John Gregory Godsey, qu’ils augmenteraient le prix de 20% et l’appelleraient une « commission ». La moitié de cette somme devait aller au ministre de la Défense, et l’autre moitié devait être partagée entre les intermédiaires, selon les dossiers du tribunal ».  A la suite de cette divulgation, Morales avait été logiquement inculpé avec 21 autres personnes « pour avoir corrompu un fonctionnaire étranger », mais son procès aux USA avait tourné court en 2011, le jury n’ayant pas été convaincu de sa culpabilité (à mois qu’il n’ait trouvé encore une fois les méthodes du FBI douteuses, ce qui ne serait pas la première fois).  La société Vose Technical Systems, c’est aussi VTS Aviation, dirigée par Jeff Stayton, et elle est installé à Tacoma.  Or il faut le signaler aussi, a eu son responsable condamné en 2008 à cinq ans de prison pour fraude et obstruction de la justice dans l’achat d’hélicoptères russes (avec William Childree , un autre contractant qui avait soudoyé Stayton).  Jeff Stayton (ici à gauche est un ancien pilote de Bell UH-1 Huey au Viet-Nam), c’est lui dont il s’agit, devenu après guerre directeur de l’Army’s Test and Evaluation Command.  Bref, une ancienne pointure des voilures tournantes, recyclée dans le « black market », ou les sociétés civiles se mettent au service des milliaires comme « contractors ».

Selon Vice, le transporteur aérien des armes aussi avait été repéré : c’était sans trop de surprise l’azerbaïdjanais Silk Way, « impliqué dans six livraisons de grenades propulsées par des avions géants Ilyushin-76 de Bulgarie vers la base turque du SOCOM à Incirlik en mai 2015. Purple Shovel a été nommée expéditeur principal pour les deux suivantes » (…) Alguns a effectué trois autres livraisons en mars 2016 à Incirlik et à une autre base de l’OTAN en Turquie, à Konya, en dépit des liens des entreprises basées à Sofia avec l’explosion meurtrière qui avait eu lieu précédemment. Aucun contractant américain important n’est nommé dans ces documents de fret aérien ».  On a même effectivement retrouvé les papiers d’expédition, citant parfaitement l’immatriculation de l’avion (4K-78131, ici à gauche) son type (Un Ill-76) son pilote (Pic Umbatov) et son trajet, de « UBBI »  (la désormais « classique » Nasosnaya Air Base d’Azerbaijan) à « LTAG »  (Adana-Incilik, en Turquie). Le journal Aaretz avait surpris un de ses vols en 2016, vers… Israël, pour un vol retour de Tel Aviv à Bakou…

Le contenu du chargement étant sans aucun ambiguïté : 40 tonnes de PG-9, des roquettes « Heat », des engins similaires au Dynamit Nobel/Rafael RGW/Matador (aperçu ici à Mosoul tombée aux mains de l’Etat Islamique !), un extrait est visible ci-dessous.  Ici encore, le document listant les vols des Il-76 de Silkway avec comme aérodrome de chargement Rijeka, en Croatie.  Endroit donc où se sont faits les chargements d’armes.

La même histoire qui recommence !

Vice ajoutant que dans le lot des sous-traitants était aussi revenu Heinrich Thomet, dissimulé derrière UK Defence Chemring, l’un de ses sous-traitants anglais.  Voilà qui nous ramène en effet à d’autres épisodes de fournitures d’armes en Afghanistan, dont celle de Telon, société israélienne dirigée par le major Shmuel Avivi, ancien attaché militaire au Danemark et en Suède, des ventes marquées par des morts retentissantes comme celle de Kosta Trebicka, le malheureux intermédiaire d’Ephraim Diveroli, retrouvé mort, le 12 septembre 2008, éjecté de son 4×4, piégé sur une route d’Albanie (cf ici à droite).  Thomet lui, ici au milieu sur la photo prise à Gerdec de sinistre mémoire (ici à gauche), avait eu d’autres ennuis début 2018 : la plus grande usine d’armes du Monténégro, Tara Aerospace, située dans la ville de Mojkovac (dans le Montenegro), dont il est propriétaire, en partie, avait été temporairement fermée après une explosion qui avait grièvement blessé deux travailleurs. La quatrième, de l’ancienne usine d’État, depuis la privatisation de l’entreprise en 2014 !!!

C’est toujours la même histoire qui recommence !!!  On ne peut être qu’envahi par une impression d’extrême lassitude, à le constater encore une fois.  Dix ans après !!!  C’est le même scénario qui se déroule sous nos yeux !  A part que cette fois, les transporteurs militaires US sont aussi venus chercher directement leurs commandes sur place :  le 16 décembre 2015, c’était carrément un C-17 de l’US Air Force qui s’était posé sur l’aéroport Konstantin Veliki Airport à Nis, en Serbie du Sud.  Pour assurer son contrat sur place à Sofia, un des contractants appelé Regulus Global, dont le patron n’est que le jeune Lee Tolleson, un des 22 inculpés dans l’affaire Gabonaise, avait contacté Alguns Ltd (Tolleson s’est séparé depuis de son coéquipier pour garder ARK Defense, ARK Medical and Badgerwerx).  Or comme le fait aussi remarquer le journal du net Vice, son patron, Alexander Dimitrov, est lié au colosse Boyan Petrakiev Borisov, qui est surnommé là-bas « le baron« .   C’est une «figure bien établie du monde criminel» qui roule ostensiblement en Maserati…  Un document, publié en 2010, « indique ensuite que Petrakiev a été condamné à dix reprises pour des infractions non identifiées et qu’il a dû faire face à huit autres affaires pour un large éventail d’infractions ». Les armes ont toujours été plus ou moins aux mains d’une mafia, ce n’est guère non plus une surprise.  Les mafias pouvant être d’Etat (on songe à la Moldavie ou à la Transnitrie, par exemple… quand on ne regarde pas du côté de Moscou).

Le gros avion blanc sur l’île

« Parmi ceux-ci, il y avait le vol de voitures, le hooliganisme, le viol, la possession illégale d’armes et de drogues et la participation à un groupe criminel organisé. En 2009, Petrakiev a été reconnu coupable d’avoir dirigé un groupe criminel impliqué dans le vol de cartes de crédit dans huit pays, indique le rapport. En 2012, il a été arrêté et emprisonné pour avoir dirigé un casino illégal ». En photo à droite un des avions, un vieux triréacteur, sans aucun marquage de visible, posé sur l’aéroport de Rijeka le 22 septembre 2015, alors en partance pour le Qatar.  L’aéroport est fort discret, il est en fait situé sur l’île de Krk, a Omisalj, à environ 30 km de Rijeka, où ne sont aperçus habituellement que des courts-courriers ou des avions régionaux comme des petits  Saab ou des Fokkers, malgré une piste de plus de 2,5 km de long (on y voit aussi des charters d’Airbus A320 et des B-737 (ceux de RyanAir), où l’on y voyait le long McDonnell Douglas MD-82 (DC-9-82) et le de FlyNordic, (ou le DC-9 9A-CBG, démantelé depuis) mais rarement au-delà comme taille d’appareil.

On ne peut plus discret en effet !!!  En réalité celui vu à Zagreb c’est le N546JN, et c’est un MD-11, reconnaissable à ces winglets et non DC-10 comme on pouvait le penser au départ.  C’est celui de Western Global, aperçu aussi le 20 janvier 2018 sur le même aéroport.  Western Gobal, société fondée relativement « récemment », le 6 mars 2013, par Jim Neff et Randall P. Fiorenza (de Tiger Aircraft).  Le premier étant un vétéran… de la CIA, puisqu’il était à la tête auparavant de Southern Air, l’alliée préférée pendant des décennies de la CIA !!!  A gauche, c’est toujours le MD-11F N546JN de Western Global, avec des agents de piste en train d’inspecter l’entrée d’air du réacteur central sur la piste de Rijeka, le 17 septembre 2017 (photo Boran Pivcic).  Ce qui donne aussi une idée de la taille de l’engin, dont l’espace cargo en soute (immense) est visible ici sur la photo de droite.

Ce bon vieux « Jim »

Jim Neff dirige aussi Nordic Global Airlines (NGA), basé à Helsinki et Neff Air LLC, qui fait dans le leasing.  En février 2016 un de ces MD-11 le N545JN s’était posé à Harare alors qu’il devait rejoindre Durban en ayant décollé de Munich.  Sur ses flancs, de larges traces de sang.  En ouvrant une porte cargo, un corps ensanglanté était tombé : un passager clandestin qui avait été coincé par la fermeture de la porte.  L’avion en réalité était en train d’apporter un monceau de rands sud-africains en billets : il y en avait 67 tonnes à bord !!!  Que faisait cette somme colossale à bord et pourquoi donc est-ce Western Global qui avait été sélectionnée pour la transporter demeure mystérieux.  Offrant du pain béni à Daniel Hopsicker !!!  A gauche le MD-11F N415JN après s’être posé en plein déluge à Miami le 21 novembre 2014 (photo Donal Morrissey).  De ressortir ainsi les avions gros porteurs « blancs » de Jim Neff, en plus de ceux de Silkway, comme on a pu le voir déjà et des gros C-17 de l’armée US, est vraiment symptomatique, en tout cas, de vieilles habitudes qui perdurent… au Pentagone !!!  Et des besoins énormes en quantité pour couvrir le conflit syrien ou yéménite, avec d’aussi gros porteurs !

Le « tout droit » révélateur de Kalitta Air

Selon Balkans Arms Trade, « 14 vols avaient été vus en 6 mois à Rejika« . Un vrai pont aérien !  Dans la liste donnée, on remarque  qu’une autre vieille connaissance d’avions travaillant pour la CIA a été aperçue aussi à Kejira : ceux de Kalitta Air, pour deux vols en juillet et août 2017 !  Et ceux-là nous permettent de mettre encore davantage au clair comment ce pont aérien véritable s’est mis en place, car tout est en fait parti… de la même base aérienne américaine !  L’image (cf ci-dessous) est saisissante en effet: c’est un trait tout droit traversant l’Atlantique et évitant la Méditerranée, et traverser le sud de la France, à 823 km/h de moyenne pendant 8h 45m de vol couvrant 7 202km. Le trajet effectué il y a cinq mois à peine par le N539BC, un grand et gros oiseau tout blanc lui aussi (vu ici le 4 avril 2018 en  Turquie, à Istanbul).


Un énorme Boeing 747-400, qui, il y a à peine deux ans encore, était parqué au « cimetière » du Pinal Air Park à Marana (la photo ici a été prise le 15 June 2015 !). L’ancien Korean Air Lines sortie en 1992.  Le 31 août dernier il était passé par Zaventem. L’annonce du retour du 747-400F (32809 a été faite par le magazine spécialisé Cargo Facts le 4 septembre 2018, qui affirmait que l’avion était parqué depuis février 2017, après avoir été retiré d’exploitation par Kalitta en novembre 2016 : sa remise en service rapide laisse augurer d’une demande à remplir rapidement, que d’autres avions de Kalitta (ou d’autres contractants) ne pouvaient pas honorer.  Un tout droit transatlantique pour une livraison urgente !!! L’avion visiteur de Rejika a de la bouteille, à voir comment sa robe blanche est maculée de graisse et d’huile : il est en effet âgé de 26 ans.  C’est un des 25 Boeing 747 de la compagnie, et celui-là est répertorié clairement comme « leased from (hidden) until sep 2018 ».  Autrement dit loué à une entreprise qui ne veut pas divulguer qui elle est.  Depuis, d’ailleurs, il a repris une immatriculation différente, celle du N707CK.  Celle aussi d’un autre avion qui la portait déjà en 2010 chez Kalitta … et qui provenait lui-même de la liquidation de Kitty Hawk Liquidation Trust LLC, une des sociétés précédentes crée par Conrad Kalitta, ou rien ne semble simple à vrai dire (ici le B747-269 N° 21541 immatriculé N801KH portant les anciennes couleurs de la compagnie, qui avait débuté « American International Airways » ou AIA).  Kittyhawk, il faut le rappeler, s’était arrêté en 2000… (avec une faillite sous le si pratique Chapitre 11) avant de renaître sept mois plus tard sous le nom de Kalitta Air.

Parti d’une ancienne base de B-52

Ce trajet en ligne droite directe vers Rijeka est quand même plutôt étonnant.  Mais il s’explique très facilement : son point de départ est en effet Oscoda, selon son plan de vol.  Or Oscoda, c’est aussi une ancienne base aérienne du SAC, celle de Wurtsmith, utilisée jadis par des B-52 de l’USAF qui volaient 24h sur 24 aux Etats-Unis (il faudra qu’on mesure un jour le bilan carbone de cette folie !). Elle avait été créée en 1943, avec le schéma en croix traditionnel de l’époque. La base est donc vaste, et elle n’héberge pas que Kalitta (1) … mais aussi les hangars de… Western Global !!!  Tout est bien imbriqué !  En fait on s’en est aperçu par hasard, en apprenant qu’un des MD-11 de Western avait failli brûler dans son hangar… d’Oscoda, le 18 septembre 2015.  La localisation donnée était celle du hangar de maintenance de Kalitta, justement : le second bâtiment identique au premier a été construit et inauguré en 2013.

Une nouvelle installation favorisée bien sûr par les contrats militaires de Kalitta, qui au passage a raflé du Michigan Economic Development Corporation (MEDC), un sérieux coup de pouce de 2 millions de dollars d’aides pour son bâtiment à  9.7 millions.  La guerre, ce sont aussi des emplois pour les profiteurs de guerre, comme on le sait… (ici le tour du propriétaire l’occasion de voir un 747 Triple Seven (le P4-FSH).  L’avion privé du pasteur Ernest Angley et ses Ministries, de retour de sermons à Soweto… parfois, en effet, il y a pire encore que la guerre… bien pire en effet.  A un point... scandaleux !  Heureusement que lorsqu’il n’est pas à bord, le monstre, ses pilotes s’amusent un peu… avec son 747 bien lourd) !

Le lourd passé d’accidents à répétition de Kalitta
De retomber aussi sur Kalitta n’est pas non plus une surprise.  J’avais ailleurs expliqué ce qu’était la compagnie aérienne Kalitta, créée par un véritable fan de voitures d’une catégorie bien américaine. Le fondateur de Kalitta n’est autre qu’un champion de dragsters, Conrad « Connie » Kalitta.  Nikki Lauda avait investi dans les avions civils, Conrad Kalitta a fait dans le douteux, entre militaire déguisé et civil touchant une solde.  En flairant très vite le bon coup : servir de transporteur privé à l’armée américaine en mal d’avions de transport (à l’époque ses « Galaxy » sont bien malades). »En 1990 et 1991, l’AIA a effectué 600 missions au soutien de Desert Shield / Desert Storm. Elles sont finalement devenues l’une des 25 plus grandes compagnies aériennes du monde. »  La guerre, ça vous propulse en tête une compagnie aérienne en moins de deux, surtout si on a oublié de se charger de l’intendance côté militaire (les Français avaient fait de même).  L’homme avait su se placer, visiblement.  Et il avait dû s’attirer quelques réprimandes ou de bonnes jalousies, avec ces avions jamais à l’heure ou jamais satisfaisants… ou pour les pertes de marchandises faute de crash inopiné.  (…) Scott Kalitta, dirigeant lui aussi de l’entreprise, est en effet mort le 21 juin 2008, dans un stupide et effroyable accident de… dragster lors des derniers Lucas Oil NHRA SuperNationals à l’Old Bridge Township Raceway Park, à bord de sa Toyota Solara Funny Car.  L’homme a été volatilisé avec sa voiture, partie en morceaux à plus de 482 km à l’heure…

La réputation de Kalitta n’a jamais été très bonne (1) :  il y a eu trop d’accident chez elle. La faute à l’âge des avions et à une maintenance qui laissait à désirer que tente de rattraper depuis l’atelier ouvert dans le premier  hangar décrit ici .  Comme le confirme en effet cette très étrange nouvelle du 7 juillet 2008 où avait eu lieu un nouveau crash de 747-200F impliquant un appareil de Kalitta Airways (le N714CK).  Oui, cette compagnie dont un autre exemplaire s’était vautré le 25 mai précédent en bout de piste à Bruxelles, suscitant beaucoup d’interrogations sur ses « voitures blindées » destinées à l’ambassade irakienne (il partait en réalité pour Bahrain tout d’abord).  L’engin de Colombie, qui était affrété par Centurion Air Cargo, avait eu une panne au décollage des deux réacteurs extérieurs en même temps, un incident rarissime, et n’avait pas réussi à s’élever après le roulage sur la piste 31R de l’aéroport de Bogota (situé à 2 600 m d’altitude). Il est retombé sur une maison voisine, située à Madrid, ville située a 20 km à l’ouest de Bogota, en tuant trois personnes et en blessant ses huit membres d’équipage. De vrais miraculés, ceux-là à voir l’état de l’avion… d’où ne subsiste que le cockpit comme seule pièce reconnaissable et entière (ici à gauche).  Autour du crash, sur les photos, on note beaucoup de cartons cubiques et non en longueur (pour les fleurs), très bien ficelés par des liens de nylon. L’avion avait décollé à 3 h 30 du matin, ce que tout le monde trouve inhabituel, même à Bogota.  A noter aussi pour les fans du 9/11 que les quatre réacteurs assez monstrueux, avec leurs immenses soufflantes, sont quasiment intacts malgré un impact et un incendie qui a dévoré toute la carlingue.  Comme quoi tout ne disparaît pas, même dans un incendie très violent après un crash.  De méchantes langues affirment en effet que la coke ou l’héro brûlent beaucoup mieux que les fleurs… L’avion détruit avait 27 ans d’âge, 74 101 heures de vol au compteur, pour 18 740 cycles de décollage/atterrissage et avait appartenu auparavant à China AL Cargo.  C’était un ex-avion de passagers  (B-1886) transformé en cargo en janvier 1999, et resté dans le désert à cet endroit, à Mojave, sous cocon, pendant des années…(une habitude d’achat chez Kalitta ?).  Le cargo était donc censé contenir des fleurs cette fois… sachant la principale production du pays et l’heure fort avancée du décollage, on a beaucoup de mal à le croire.  On pense automatiquement comme fleur au pavot, plutôt qu’aux roses.  La coca a fait depuis plusieurs années place au pavot, encore plus rentable.  Centurion Air Cargo, société de Floride, a défrayé récemment la chronique en obtenant un marché de transport de marchandises revenant au départ à UPS, marché dans lequel tous les observateurs ont vu la main de la CIA.  Un job qui nécessite de sérieux investissements en bâtiments à Miami, plaque tournante américaine de tous les trafics. Centurion Air Cargo avait déjà perdu un de ses appareils à l’atterrissage en 2004  à Bogota, c’était un DC-10, numéroté N189AX.  Signalons aussi qu’en 2004 un 747 de Kalitta avait perdu en vol un de ses réacteurs (ici à droite et à gauche) au-dessus du lac Michigan, les mécanos non certifiés n’ayant pas aligné à l’intérieur les deux compresseurs internes (« Le moteur numéro un s’est séparé de l’avion pendant la montée en raison de la séparation non confinée d’une partie de la jante du disque de turbine du deuxième étage après que les aubes de la turbine du deuxième étage soient entrées en contact avec le disque. Les aubes de turbine du deuxième étage ont été en contact avec le disque de turbine du deuxième étage en raison de l’inspection inadéquate du module de turbine à haute pression par l’opérateur et de la réparation incorrecte du module par un personnel de maintenance inconnu … «  avait précisé le rapport du crash).  Un jardin de particulier avait fait les frais de leur inconscience.

Kalitta Air, nous n’en avons pas fini avec elle : demain nous étudierons plus en détail ses voyages les plus récents.

 

(1) on peut rappeler ici l’accident des Boeing de Kalitta à  Bruxelles.

https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/downloads/AA-8-5.pdf
Mais aussi celui de Madrid en Colombie, avec un avion prétendu chargé de fleurs…
https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/a-bogota-il-pleut-toujours-des-42635

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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