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MH-370 (15) : de la Bosnie aux cartels mexicains, en passant par… Roubaix

C’est un document implacable paru il y a vingt ans ou un peu plus (le 16 janvier 1997) qui le dit :  il est signé de Larry E.Craig (1) et Jade West, du Republican Police Committee et il en dit bien davantage sur le rôle trouble de Bill Clinton que ce qu’on aura retenu de ce président qui semblait davantage s’intéresser aux secrétaires ou aux saxophone qu’à la politique.  Le document, précis, démontre les sources mêmes d’un islamisme extrémiste que les Etats-Unis vont armer à profusion, sans se soucier des conséquents historiques que cela impliquera dans les décennies suivantes.  Dans ce domaine, l’irresponsabilité de Bill Clinton est totale, et les faucons qui le suivront n’auront plus qu’à développer l’idée en se servant ensuite de leur ancien allié Ben Laden comme parfait repoussoir.  Car le monstre qu’ils ont ainsi créé va se retourner contre eux, comme on a pu le voir.  Les américains, dit clairement le rapport, on en fait facilité l’installation des iraniens en Bosnie.  Les USA ont nourri les «  moudjahidines »,  comme ils les appellent alors, c’est un fait, désormais indéniable, avec ce document qui décrit en détail ce qui a été fait en Bosnie.

Nota : à ceux qui pourraient penser récupérateur l’association de la catastrophe du vol MH-370 dans le titre de cette longue série, je rappelle qu’à l’origine il y a la forte suspicion émise par l’un des parents de victimes françaises sur la possibilité que le Boeing 777 incriminé ait pu avoir eu affaire à un trafic de ce genre, ou à une bavure militaire liée à ce trafic. La série a débuté ici

Le réseau Ben Laden déjà cité en 1996

D’emblée les deux rapporteurs avaient mis le doigt sur un point essentiel : des liens entre des personnages-clés qui connaîtront plus tard (en 2001) la lumière des médias :  « pour comprendre comment le feu vert Clinton conduirait à ce degré d’influence iranienne, il est nécessaire de rappeler que la politique a été adoptée dans le contexte d’une activité islamique radicale étendue et croissante en Bosnie. C’est-à-dire que les Iraniens et d’autres musulmans étaient actifs depuis longtemps en Bosnie; le feu vert des États-Unis était un signal politique important adressé à Sarajevo et aux militants lui faisant savoir que les États-Unis étaient incapables ou peu disposés à présenter un obstacle à ces activités – et souhaitaient, dans une certaine mesure, coopérer avec eux ». A gauche, pour illustrer cette aide, un des C-130 en route vers Tuzla, avec à gauche le copilote; le capitaine  John Wood en train de vérifier la descente (une photo prise par le Ssgt John E. Lasky du 1st Combat Camera Charleston AFB SC).  D’autres clichés sont visibles ici sur le site de l’Otan.  A gauche sur la photo ici, c’est le pilote, le capitaine Brian Greer du  50th Airlift Squadron. « En bref, la politique de l’administration Clinton visant à faciliter la livraison d’armes aux musulmans de Bosnie en a fait la de facto partenaire d’un réseau international permanent de gouvernements et d’organisations poursuivant leur propre agenda en Bosnie:  la promotion de la révolution islamique en Europe.  Ce réseau concerne non seulement l’Iran, mais aussi le Brunei, la Malaisie, le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Soudan (un allié clé de l’Iran) et la Turquie, ainsi que des groupes de front censés mener des activités humanitaires et culturelles.  Par exemple, un groupe de ce type sur lequel des détails ont été révélés est celui du Third World Relief Agency (TWRA), une organisation humanitaire fictive basée au Soudan qui a un lien important dans le pipeline d’armes en Bosnie ».  A droite le chargement de palettes à bord d’un C-130 du 50eme Airlift Squadron à Ramstein, en Allemagne, à destination de Tuzla.

(comme sources, voir « How Bosnia’s Muslims Dodged Arms Embargo: Relief Agency Brokered Aid From Nations, Radical Groups, » Washington Post 9/22/96  (2) ; voir aussi « Saudis Funded Weapons For Bosnia, Official Says: $300 Million Program Had U.S. ‘Stealth Cooperation’ (3), » Washington Post  2/2/96) On pense que TWRA est lié à des événements du réseau terroriste islamique tels que Cheik Omar Abdel Rahman (le cerveau reconnu coupable de l’attentat du World Trade Center en 1993) et Osama Bin Laden, un émigré saoudien fortuné, qui aurait financé de nombreux groupes militants. (WP, 9/22/96] (Cheik Rahman, originaire d’Égypte, est actuellement en prison aux États-Unis.  Des lettres piégées adressées à des cibles à Washington et à Londres, apparemment d’Alexandrie, en Egypte, seraient liés à son cas.  Ben Laden résidait à Khartoum, Soudan, jusqu’à l’année dernière; il est maintenant soupçonné d’être en Afghanistan, où il a publié des déclarations appelant à des attaques contre les forces américaines dans le golfe Persique. « [WP, 22/09/96].  En résumé, deux membres républicains, ayant fait un bon travail de recherches avant, ont démontré par l’exemple que les Etats-Unis avaient favorisé les débuts de Ben Laden en armant ses troupes bosniaques !  Cinq ans avant le World Trade Center !!!  A droite, la visite de Clinton à Tuzla et le discours prononcé devant le C-17 avec  lequel il était arrivé.  L’appareil est le C-17A AMC 80266 437AW basé à Charleston.

Des vols secrets embarrassants

Les vols étaient gardés secrets, ce qui ne manquait pas de poser quelques problèmes aux alliés sur place, parfois.  Dans le livre Unholy Terror, son auteur,  John R. Schindler, décrit la scène étonnante suivante : « que fait donc un C-130 ici ?  Telle était la question qui préoccupait le capitaine Ivan Moldestad, un pilote d’hélicoptère norvégien affecté aux forces de l’ONU à la base aérienne de Tuzla, dans le nord-est de la Bosnie. Tard dans l’après-midi du 17 février 1995, plusieurs soldats de la paix de l’ONU ont été témoins d’un spectacle inattendu.  Un grand avion – Moldestad et d’autres Norvégiens à Tuzla l’ont immédiatement identifié comme un C-130 Hercules, le cheval de bataille de longue date du transport aérien militaire occidental – est arrivé à la base aérienne escortée de deux chasseurs.  Comme il faisait déjà nuit, Moldestad ne pouvait pas distinguer l’insigne de l’avion cargo ni des chasseurs.  Suivant la procédure, Molestad a signalé ce vol mystérieux au Centre d’opérations aériennes combinées de l’OTAN à Vicenza (Italie), chargé de coordonner les activités aériennes occidentales visant à faire respecter la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Bosnie. Mais le capitaine norvégien a été informé qu’il n’y avait pas de vol près de Tuzla cette nuit-là et s’est fait dire qu’il devait se tromper.  Lorsque Moldestad a persisté, le CAOC a raccroché.  Des soldats des forces de maintien de la paix de l’ONU ont souvent repéré des vols mystérieux dans des zones de Bosnie contrôlées par les Musulmans. Les rumeurs abondaient sur le fait que les C-130 étaient américains et que Washington armait secrètement les musulmans.  De tels récits ont été murmurés parmi les troupes de l’ONU, en particulier chez le personnel des services de renseignement et des opérations spéciales, avec une fréquence de plus en plus grande, et les soupçons sur ce que les Américains préparaient n’étaient pas encouragés, du fait que les responsables américains avaient voulu maintenir les « blacks  flights» sous le manteau.  Le capitaine Moldestad a découvert à quel point Washington s’intéressait à la question lorsqu’il a rencontré trois officiers américains lors d’une visite à Zagreb. Contrarié par le reportage de Molestad sur les C-130 de Tuzla, les autres officiers de l’OTAN ont emmené le Norvégien sur le balcon d’une chambre d’hôtel au cinquième étage et lui ont dit de manière menaçante que s’il restait fidèle à son récit, «les choses pourraient devenir désordonnées».  Ivan Moldestad n’était pas le seul responsable de l’ONU à avoir des ennuis avec Washington parce qu’il avait remarqué des choses en Bosnie qu’il n’était pas censé avoir vues. »

Jouer avec le feu… en Europe

Le rapport ne parle pas uniquement des Etats-Unis, mais aussi d’autres pays, dont certains déjà confrontés au terrorisme islamique, tel que la France qui vient alors de subir une série d’attentats horribles en 1995.  « Les cibles visées du réseau moudjahidine en Bosnie ne sont pas limités à ce pays mais s’étendent à l’Europe occidentale. Par exemple, en août 1995, selon le quotidien conservateur parisien Le Figaro, les services de sécurité français estiment que « les fondamentalistes islamiques algériens ont mis en place un réseau de sécurité à travers l’Europe avec des combattants formés dans les camps de la guerrilla Afghane et dans le sud de la France, tandis que certains ont été testés en Bosnie. » [(London) Daily Telegraph, 8/17/95] En avril 1996 également, la sécurité belge a arrêté un certain nombre de militants islamistes, dont deux Bosniaques originaires du pays, pour trafic d’armes (Paris, 5/9/96 (No. 287). Et aussi en avril 1996, un meeting avec des radicaux alignés sur le Hezbollah ( Intelligence Newsletter).  Le (« Parti de Dieu »), un groupe pro-iranien basé au Liban, a défini des plans pour intensifier les attaques contre les avoirs américains sur tous les continents. Parmi les participants, il y avait un Egyptien, Ayman al-Zawahiri, qui « dirige les opérations terroristes islamistes en Bosnie-Herzégovine depuis un quartier général spécial à Sofia, en Bulgarie.  Ses forces sont déjà déployées dans toute la Bosnie, prêtes à attaquer les Etats-Unis et d’autres États. [ » State-Sponsored Terrorism and The Riseof the HizbAllah International, » Defense and Foreign Affairs and Strategic Policy, London, 8/31/96] .  Enfin, en décembre 1996, les forces de sécurité françaises et belges ont arrêté plusieurs terroristes présumés formés dans des camps en Bosnie gérés par des iraniens. (« Terrorisme: la filière bosniaque Par Chabrun Laurent, publié le 26/12/1996).

Et en effet, car cet article proposé en exemple par les sénateurs US décrit un lien flagrant entre les auteurs des attentats, dont ceux du gang de Roubaix avec la Bosnie : « L’affaire débute avec l’interpellation à Tourcoing, le 1er août dernier, d’un certain Hocine Bendaoui. Les enquêteurs ont retrouvé sa trace en épluchant les carnets d’adresses codées découverts sur les «islamo-braqueurs» tués à Roubaix (quatre morts et deux policiers du Raid blessés). Interrogé, Bendaoui déclare qu’il a convoyé vers la Belgique une partie des fonds récoltés lors des braquages du commando roubaisien.  Ce butin aurait ensuite pris le chemin de la Yougoslavie. Bendaoui raconte ensuite aux policiers comment l’un des membres de ce réseau roubaisien, Lionel Dumont, un Français converti, a réussi à échapper aux filets lancés par la police. Dumont se serait tout d’abord réfugié à Nice, puis aurait gagné Paris, où il serait entré en possession de faux papiers que lui aurait procurés un certain «Salah».  Il aurait ainsi pu filer en Turquie, puis en Bosnie ».  C’est au cours d’une réunion de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) que les policiers ont pu identifier ce «Salah».  Il s’agit en fait de Salah Achour, hébergé par un complice à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), déjà placé sous étroite surveillance par les Renseignements généraux de la préfecture de police. Agissant sur commission rogatoire du juge Jean-Louis Bruguière, les hommes de la 6e division de la Direction centrale de la police judiciaire ont donc interpellé, le 19 décembre, dix personnes, dont Salah Achour, mais aussi Fabrice Farid Pinson, un Français converti.  Les enquêteurs ont également arrêté Rachid Mezzou, de nationalité française, qui a combattu en Bosnie.  Blessé durant ce conflit, Mezzou a été soigné par Christophe Caze, étudiant en médecine, l’un des Français convertis à l’islam, tué en Belgique alors qu’il prenait la fuite à la suite de la fusillade de Roubaix.  Ce coup de chalut ramène aussi un certain Abdelaziz Mohamed, dont le passeport avait été retrouvé sur un ressortissant marocain interpellé le 29 juillet 1995 à la frontière entre l’Italie et la Yougoslavie.  Ce dernier, qui venait de Zagreb, était alors en possession de disquettes informatiques édifiantes: elles indiquaient la procédure à suivre pour fabriquer des engins explosifs et contenaient des «recettes» pour empoisonner les aliments ou les réserves d’eau… « J’ai expliqué ici ces liens avec les terroristes roubaisiens et tracé le portrait de  « Lionel Dumont, autre tête brûlée, ancien militaire du 4e Rima de Fréjus, lui, échappera à la capture à Roubaix.  On le retrouvera en Bosnie, à Zenica, où il sera pris le 9 mars 1997 pour s’échapper de la prison de Sarajevo deux ans plus tard.  Après avoir changé de nom, il atterrira à Francfort, en Allemagne, où il sera arrêté et extradé en 2004.  En décembre 2005, la cour d’assises de Douai le condamnera à 30 ans de prison.  Une peine ramenée en appel à 25 ans en 2007 ».  En fait, dès 1997, on a déjà cerné tous ceux que l’on retrouvera en 2001 :  les allemands de Hambourg, la cellule fort active de Bruxelles, les liens avec la Serbie et la préfiguration d’Al Qaida, tout y est.  La France sera à nouveau victime de l’armement des islamistes, comme on va le voir… hélas !

Et c’était loin d’être terminé…

Ces liens ne se sont pas taris du jours au lendemain.  Le 14 décembre 2009, une alerte Wikileaks informe de la fourniture d’armes à nouveau provenant de Serbie au gouvernement du Yemen.  « Une société écran pour un trafiquant d’armes serbe Slobodan Tesic (alt. Tezic), Moon Storm Enterprises Ltd., a signé un contrat d’armement de 78 millions de dollars avec le gouvernement yéménite et son Ministère de la Défense début octobre 2009, à fournir au plus tard le début janvier 2010, selon l’ambassade de Bulgarie à Sana’a.  Le contrat de 34 pages, dont une copie présumée a été fournie à EconOff par le conseiller commercial bulgare le 7 décembre,  puis transmis à l’État NEA / ARP et aux analystes de Washington, détaille un paquet d’armes légères, des munitions, munitions d’artillerie lourde, des fusils de tireur d’élite, du matériel de démolition, des canons antiaériens et des obusiers.  L’ambassade de Bulgarie affirme que Moon Storm Enterprises et son directeur exécutif, Goran Andric, tous deux nommés dans le contrat, sont liés à Slobodan Tesic (ici à droite), un ressortissant serbe figurant sur la liste du l’annexe sur l’interdiction de voyager à la résolution 1521 du CSNU (dirigeant de Bosniaspecexport et de Melvale et Moon Storm , enregistrées aux Seychelles et à Chypre).  Rappelons-nous plus tôt que le nom de Slobodan Tešić a été mentionné pour la première fois dans les médias américains en 2002, lorsque le Washington Post a annoncé que sa société Temex était impliquée dans la création de missiles de croisière pour l’Irak, afin de découvrir par la suite la vente de fusils automatiques, de grenades à main et de mines au Libéria.  Afin d’éviter des contrôles internationaux stricts et de dissimuler une véritable identité, Tešić a temporairement supprimé Temex en 2005 et a fondé une nouvelle société offshore, Melvale, basée à Belgrade et aux Seychelles en 2005.  Cependant, à en juger par les documents confidentiels du département d’Etat publiés sur Wikileaks début décembre, les services de sécurité américains ont rapidement retracé leurs tentatives de vente d’armes et de munitions de Tešić au gouvernement yéménite pour un montant de 78 millions de dollars. « Tesic a fait de fréquents voyages au Yémen au cours de la dernière année en lien avec ce contrat, selon l’ambassade de Bulgarie. (Remarque: Les rapports sensibles USG corroborent l’affirmation selon laquelle Moon Storm Enterprises est une société écran de Tesic. Note de fin.). Le conseiller commercial bulgare a déclaré à EconOff qu’il transmettait les informations sur le prochain transfert d’armes, obtenues grâce à uns source yéménite au ministère de la Défense de ROYG, dans l’espoir que le gouvernement américain arrête la vente et fournisse ainsi des opportunités pour les fabricants d’armes bulgares en équipement similaire à la ROYG.  L’adresse enregistrée de Chypre pour Moon Storm Enterprises figurant sur le contrat est de 210 Makarios Avenue, 3030 Limassol, P.O. Box 54279 Chypre ».  C’est l’adresse actuelle d’un cabinet d’avocats appelé Neocleous & Co LLC.  Les armes roumaines provenaient du plus grand fabricant du pays, ancien membre du groupe industriel Malaxa en 1938. « La société nationale Romarm SA, le plus grand fabricant d’armements roumain (extrait de son catalogue actuel ici à droite), détenue à 100% par l’État roumain et subordonnée au ministère de l’Économie, a conclu au moins un contrat avec une société offshore chypriote contrôlée par un célèbre marchand d’armes international, un citoyen serbe mis sous embargo de l’ambassade de l’ONU, Slobodan Tesic.  Entre Romarm et la société offshore Moonstorm Enterprises Ltd., enregistrée à Chypre, il existe au moins un contrat. Avec ce contrat et avec d’autres, Romarm a aidé en 2011 un prêt de BRD. Les informations sont contenues dans un document officiel de l’État roumain, qui se trouve dans les archives électroniques de Real Securities Guarantees. Le lien entre le citoyen serbe Slobodan Tesic, embarqué dans une ambassade de l’ONU sur le trafic d’armes de 2004 à 2013, et Moonstorm Enterprises Ltd. est confirmé par un télégramme secret de la diplomatie américaine, document révélé par Wikileaks ».  La spécialité de Roarm, c’est aussi la roquette de 122, les obus éclairants ou classiques de 122 mm.  Elle fabrique aussi une munition de 152mm « dual-purpose improved conventional munition (DPICM) », les  CG-540 et CG-540ER, en fait une bombe cluster interdite partout contenant des sous-munitions GAA-001 d’Aeroteh SA, fabriqués en joint venture avec.. Israel Military Industries.  Ci-dessous, toute une série de fusils d’assauts Romarm saisis dans une cache appartenant à l’Etat Islamique… on reconnaît très bien le modèle « Light Machine Gun » calibre 5,45 mm, figurant au catalogue de l’entreprise.  (On notera aussi que chaque fusil était fourni avec une dose d’amphétamine pour doper leurs utilisateurs)  :

En moins de deux mois, des armes vendues aux USA se sont retrouvées en Irak chez l’adversaire 

Car la porosité des lignes de front en Syrie ont rendu le jeu des fournitures à un camp plutôt qu’à un autre très aléatoire :  des armes envoyées à ceux décidés à renverser Bachar el Assad se sont retrouvées en très peu de temps dans les mains de l’Etat Islamique.  « Dans un cas, des roquettes PG-9 de 73 mm, vendues par les fabricants d’armes roumains à l’armée  américaine en 2013 et 2014 se sont retrouvées éparpillés sur les deux champs de bataille » note ici le Seattle Times. «  :  Des conteneurs avec des numéros de lots correspondants ont été trouvés dans l’est de la Syrie et récupérés d’un convoi de l’Etat islamique à Falloujah, indique le rapport. Les roquettes, adaptées par le groupe pour être utilisées dans leurs lanceurs, donnaient aux combattants une arme puissante contre les chars et les blindés Humvees fournis par les États-Unis. Les documents obtenus par CAR auprès de responsables roumains comprennent des accords indiquant que les États-Unis ne réexporteraient pas ces armes et d’autres, dans le cadre d’un effort visant à réduire le trafic d’armes.  L’Arabie saoudite est une autre source de transferts d’armes non autorisés vers la Syrie, indique le rapport.  Le rapport de la RCA dit les États-Unis le gouvernement n’a pas répondu aux demandes de traçage de cette arme et des autres armes documentées par ses chercheurs.  Il n’a fallu que quelques semaines à ISIS (Daesh) pour mettre la main sur les missiles antichars des États-Unis.  Le 12 décembre 2015, la Bulgarie a exporté des tubes lance-missiles antichars aux États-Unis à l’Armée de terre par l’intermédiaire d’une société basée dans l’Indiana appelée Kiesler Police Supply.  Cinquante-neuf jours plus tard, la police fédérale irakienne a capturé les restes d’une de ces armes après une bataille à Ramadi, en Irak, indique le rapport.  Dans un autre cas, un groupe rebelle soutenu par les États-Unis en Syrie a été photographié à l’aide d’un tube de lanceur portant le même numéro, indiquant qu’il provenait probablement du même lot, indique le rapport ».  Encore une fois, les Etats-Unis ont acheté et distribué, violant les propres lois qu’ils avaient mises en place pour limiter la circulation des armes légères dans le monde.  Les USA, c’est évident, la favorisent plutôt (je reviendrai plus loin sur ces armes tombées aux mains de Daesh) !!!

Pour aboutir aujourd’hui aux cartels mexicains…

Romarm produit la PM md. 63/65n un succèdanné de l’AKM, la et PM md. 90, version raccourcie.  Des engins modifiés pour accepter les chargeurs de munitions US sont les plus prisés actuellement… des trafiquants de drogue au Mexique !  Comme le montre cette photo d’armes saisies à Sinaloa au cartel de Beltran-Leyva le 26 mai 2008.  L’engin décrit par la photo de détail étant une ROMARM/CUGIR modèle GP WASR 10/63  de calibre 7.62 serial number SBH-4629-85 — une arme achetée par Camron Galloway le 30 janvier précédent pour sa petite société de Phoenix X Caliber qui a été arrêté pour vente d’armes non déclarées.

« Mais l’AK roumain se démarque, à la fois par la popularité des cartels et par la route empruntée par les États-Unis pour aller de la Roumanie au Mexique – un voyage effectué légalement même si, depuis des années, il était illégal d’importer des armes semi-automatiques motorisées qui n’ont pas une «vocation sportive» aux États-Unis. Les lois américaines sur les armes à feu ont été interprétées par les régulateurs fédéraux de manière à permettre aux importateurs de contourner l’interdiction. Les armes étrangères telles que les AK roumaines sont expédiées aux États-Unis dépouillées de leurs caractéristiques militaires pour pouvoir être traitées comme des armes à feu sportives.

Les armes sont ensuite modifiées par un importateur avec quelques pièces fabriquées aux États-Unis, déclarées de fabrication américaine et expédiées par des grossistes aux armuriers locaux pour être vendues avec des chargeurs grande capacité, des baïonnettes et les autres accessoires d’une arme d’attaque. Les AK roumaines – vendues par la société WASR-10, basée en Floride, sous le nom de WASR-10 – sont devenues les armes les plus courantes achetées aux États-Unis depuis 2006 et attribuées à des crimes au Mexique, selon une étude du Center for Public Integrity, InSight, l’atelier de compte rendu d’investigation organisé par l’American University School of Communication, Frontline de PBS et le Centre roumain pour le journalisme d’enquête ».  Le vrai nom de la société étant Wassenaar Arrangement Semi-automatic Rifles qui n’hésite pas à vanter ses modèles avec des poses sexy de mannequin comme ici à gauche.  Les armes de Wasr-10 proviennent de la société roumaine  de la Cugir Arms Factory.

« Des rapports du Bureau de la justice, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) du ministère de la Justice montrent qu’au cours des quatre dernières années, plus de 500 WASR-10 importés aux États-Unis par Century ont été récupérés au Mexique après avoir été achetés au Mexique. États Unis.

C’est le plus grand nombre de carabines ou pistolets achetés, récupérés et retrouvés au cours de cette période de quatre ans, représentant plus de 17% du total des armes récupérées, selon les rapports. Alors que Century vend une version non modifiée de la WASR-10 aux États-Unis, la plupart de ses armes à feu apparaissant dans les affaires de contrebande ont été améliorées pour inclure des magazines de grande capacité et d’autres éléments militaires, selon des responsables de l’application de la loi, des documents d’enquête et des tribunaux. enregistrements.

La même arme a été vue au main de « contractors » en Irak, en train de s’exercer au tir, sur une photo (ici à gauche ) balancée sur Facebook  par un dénommé Nathaniel Myers, un fana des armes appelé FalGrunt sur le net.  Mieux que cela car c’est aussi un broker, sous le nom de Myers Arms LLC, installé à Medina dans l’Ohio.  Dans l’une de ses publicités, effectivement, Atlantic Fire Arms montre une image de soldat irakien en train d’apprendre à tirer au Camp Habbaniyah avec un « RPK light machine gun » lors de l’Iraqi Small Arms Weapons Instructor Course » enseignée par les Marines du 2nd Marine Division Training Center » :

Marché noir à Nashville

D’ou proviennent ces armes ?  Parfois de reventes sauvages de matériels détournés.  Le 30 août 2017, c’est le site Stars and Stripes qui découvre effaré à Nashville un gigantesque marché noir des armes de l’armée revendues sur e-Bay.  Le trafic était devenu tellement important que pas moins de cinq magasins autour de la base vendaient désormais du matériel militaire détourné !!!   « Plus d’un million de dollars d’armes et de matériel militaire sensible ont été volés à Fort Campbell, dans le Kentucky, et vendus sur un vaste marché noir, en partie à des acheteurs étrangers par le biais d’eBay, selon un témoignage lors d’un procès fédéral cette semaine.  L’équipement – dont une partie a été revendue à des acheteurs en Russie, en Chine, au Mexique, à Hong Kong, au Kazakhstan et en Ukraine – comprenait des pièces de mitraillette et de fusils, des gilets pare-balles, des casques, des viseurs, des générateurs, du matériel médical et plus encore. John Roberts, de Clarksville, dans le Tennessee, fait actuellement l’objet d’un procès à Nashville pour fraude et complot en vue de voler et de vendre des biens appartenant au gouvernement et pour violation de la Loi sur le contrôle des exportations d’armes.  Six soldats et leur associé civil ont passé des accords de plaidoyer en échange de leurs témoignages ».  En photo le genre d’équipement revendu.  Selon le site, c’est une affaire classique de détournement qui se serait emballée :  « Michael Barlow et l’ancien sergent du peloton du Fort Campbell qui ont plaidé coupables de vol de biens appartenant au gouvernement et de conspiration, ont déclaré qu’ils avaient commencé modestement, mais qu’ils avaient finalement dégénéré en camions de matériel militaire.  Il a ajouté que Roberts lui avait même donné une « liste de Noël » d’articles qu’il souhaitait que les soldats volent en Afghanistan et rapportent aux États-Unis.  « Ils en voulaient de plus en plus, principalement des pièces d’armes », a déclaré Barlow. Barlow a déclaré que sa société rentrait chez elle avec cinq grands conteneurs de fret remplis d’équipement des troupes militaires et des bases fermées en Afghanistan.  Barlow a déclaré que lui et d’autres soldats recevaient parfois entre 1 000 et 2 000 dollars par camion ».  On finit par trouver aussi quel est le motif des soldats qui faisaient ça :  « Les soldats étaient souvent jeunes et avaient besoin d’argent pour acheter de la drogue, a déclaré Wilson, alors « il y avait beaucoup d’objets à faire et beaucoup d’argent à faire »… Pour améliorer son cas, en janvier 2016, Kyle Thomas Heade, un des six à détourner d’armes, a été accusé de tentative d’homicide sur un parking d’un quartier de Clarksville.  Fuyard depuis, il avait été arrété dans l’Oregon.

Ça a duré, en effet…

Et cela a duré, sinon dure encore.  En 2010, on trouvera encore au même endroit… un naturalisé américain, Edis Bosnic, dont on retrouve la trace jusqu’à l’Islamic Center of Northeast Florida, à Jacksonville, en 2004 (ici à gauche). L’homme, selon la télévision bosniaque, était en relation avec Adis Medunjanin, l’homme du Queens arrêté aux États-Unis sur des soupçons de prendre part à un attentat à la bombe dans le métro de New-York dirigé par un ressortissant afghan, Najibullah Zazi, qui avait été arrêté en 2009…  En somme, les américains choyaient toujours un foyer de fabricants d’attentats, plus de 10 ans après…. dans l’acte d’accusation de Zazi, pas un mot sur… Bocinja Donja.  Au moment de sa « découverte » on clamera quelle aurait été facilitée par PRISM, le programme de surveillance de la NSA. « Un programme de renseignement américain secret pour recueillir des emails qui est au cœur d’un scandale sur la surveillance du gouvernement a aidé à débusquer le complot d’un militant islamiste pour bombarder le système de métro de New York en 2009, ont déclaré des sources du gouvernement américain ce vendredi.  Selon les sources, a déclaré le représentant Mike Rogers, le président House of Representatives Intelligence Committee parlait alors d’un complot ourdi par Najibullah Zazi, un résident américain né afghan.  C’est cette surveillance qui a contribué à déjouer des complots terroristes au cours des dernières années significatives ».  Que ne ferait-on pas pour vendre un matériel de surveillance… ou dissimuler un foyer de manipulation évidente….  En 2014 encore, on retombe toujours sur le même creuset  : le 14 octobre 2014, encore, la presse indique en effet « qu’une semaine après que les frappes aériennes dirigées par les Américains à l’intérieur de la Syrie aient commencé, il a été signalé que deux femmes en provenance des Balkans, Dora Bilic (ici à droite) et Fatima Mahmutovic, avaient été touchées en ar-Raqqa, et que Mme Mahmutović avait été tuée.  Mlle. Bilic, né en Irlande, convertie à l’islam il y a deux ans avait déménagé à Gornja Maoca (Bocinja Donja.) au nord-ouest de la Bosnie, qui est en fait une commune wahhabite, où elle a rencontré son mari, avec qui elle se est rendue en Syrie pour le djihad.  Mlle Mahmutović provient d’un village de Bosnie non loin de l’infâme Srebrenica, d’où elle s’était elle-même déplacée avec son jeune fils jusqu’en Syrie à la fin de l’année dernière.  Comme ce est souvent le cas, il semble que les services de renseignement français étaient au courant pour Mme Bilic, mais avait fait peu de cas à ce sujet.  Moins surprenant était le rapport de suivi comme quoi Mme Bilic avait été radicalisée à Londres »… 

Les mêmes qui reviennent

Et c’était loin d’être terminé :  au procès de Mevlida Jasarevic, accusé d’une attaque terroriste contre l’ambassade américaine à Sarajevo le 28 Octobre 2011, le nom d’Edis Bosnic était à nouveau réapparu, sur un compte Skype avec lequel conversait Jasarevic.  Ce dernier (ici à droite) avait carrément attaqué au fusil automatique durant 50 minutes en tirant 105 balles dans le bâtiment de l’ambassade !  A cette occasion, il avait blessé l’un des membres de la direction de la coordination de la police Mirsad Velic qui travaillait à la protection extérieure de l’ambassade américaine à Sarajevo.  Quatorze ans après l’article du « Post » décrivant un véritable nid d’islamistes dangereux, le foyer existe toujours et continue à fournir en chair à kamikazes alors que des responsables de Washington avaient affirmé voici une décennie et demie « qu’ils s’en occupaient » ??? 

Des preuves flagrantes, pourtant

On s’est aperçu à plusieurs reprises, pourtant, de l’étendue du trafic d’armes issu des dépôts soviétiques et ré-injectés dans le circuit des guerres récentes par la CIA.  Une première fois en Irak même, en août 2007, avec la disparition de plus de 110 000 Kalachnikovs et 80 000 pistolets Glock, placés sous la surveillance d’une société privée :  American Logistics Services, devenu depuis Lee Dynamics International, qui avait touché un contrat de 11 millions de dollars pour construire 5 entrepôts d’armement en Irak, en béton, et les gérer. « Plein de camions sortaient sans aucune autorisation », avait noté un responsable local de l’approvisionnement de la police irakienne.  On y rencontrait pourtant dès 8 heures chaque matin le colonel Levonda Joey Selph, de l’armée américaine, adjoint direct du général Petraeus qui sera ciblé par une enquête de l’armée sur ces activités délictueuses.  Selph plaidera coupable à son procès tenu en 2008.  Dégradée, elle fait depuis le tour de conférences en criant à l’injustice… (ici dans une conférence pour le Tea Party) en vendant son livre de mémoires « Caught in Crossfire« .  Selon elle, elle avait été « jetée sous le bus » à la place d’autres :  à savoir ses supérieurs, dont David Petraeus.  Puis le le 15 mars 2008, avec l’affaire Diveroli, et la terrible explosion de Gerdec, alors géré par Southern Ammunition Company Inc. (SAC) de Loris, dans la Caroline du Sud:  Une terrible explosion tombée à pic qui avait surtout permis d’effacer les traces visibles du trafic ‘voir ici notre épisode N°11). Une troisième fois encore, plus tardivement en 2009, avec la découverte de munitions américaines de marque Wolf tirées par des talibans sur des soldats américains.  La société Wolf est certes russe d’origine:  elle fabrique ses cartouches à Tula, mais elle possède une antenne aux USA, à Placentia ( c’est en Californie).  Une firme qui fournit en priorité Tactical Response, une société fondée en 1996 et dirigée par James Yeager, qui était aussi à Bagdad le responsable des huit commissaires américains chargés de surveiller les élections !  Un mercenaire, dans toute sa splendeur.  En 2006, le calibre 7.62×39, celui de la Kalachnikov, étant devenu rarissime aux USA, les prix des cartouches avaient doublé et Wolf USA s’était retrouvé au bord de la faillite.  Mais les Etats-Unis avaient sauvé l’entreprise en commandant pour 298 millions de dollars de cartouches pour la police afghane, incluant des balles Wolf.  Celles qui avaient tué des soldats américains (on trouvera aussi des cartouches d’Alliant Techsystems ou ATK, firme du Missouri, chez les talibans, comme ci-dessous) !

Défaut de livraison des avions, ou revente des policiers afghans aux Talibans ?  Car ce sont bien les avions de Viktor Bout qui effectuaient la navette régulière Rinas (l’aéroport de Tirana)- Bagdad, chargés des munitions du dépôt de Gerdec.  En 2004, on relève sur place 142 remplissage de kérosène pour un montant total de 534 383 dollars pour ses appareils Air Cargo, Air Bas ou San Air General Trading, Jetline ou Aerocom, Bout multipliant à plaisir le nom de ses compagnies, au gré de ses… interdictions de vol.  Pour le paiement du kérosène, au Defence Energy Support Centre de la Base de Balad, on ne s’embarrassait pas trop ; à croire qu’il en avait à revendre.  Voici ce qu’avait entendu sur place Igor Zhuravylov un responsable du BGIA : « en décembre 2003, dit-il, il a surpris une conversation avec un des camionneurs de kérosène sur la base de Balad.  Zhuravylov raconte que le soldat lui a donné une feuille à remplir, vide, en lui conseillant de la remplir et de l’envoyer aux responsables militaires officiels ». On lui demande de remplir un papier et le renvoyer. Et un peu plus tard : « en avril, à ma grande surprise, j’ai reçu une carte de crédit en plastique pour chaque avion devant être ravitaillé par les militaires, dit Zhuravylov.  Le business du Golfe allait bondir. »  Mais mieux encore, rien de ce qu’il avait rempli n’avait été vérifié ou inspecté :  “c’était vraiment bien fait” ajoute Zhuravylov. “Tout par mail.  Pas d’inspecteurs, rien de ça. Juste écrire une lettre, envoyer le formulaire, et obtenir la carte” On se croirait dans « Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? », avec la scène du paiement de kérosène par carte bleue directement dans le cockpit !

Ben Laden vivait de cette rente, comme l’armée américaine et la CIA.  Le conflit d’intérêt devenu trop flagrant, il fallait se décider à faire quelque chose.  Mais le temps de prendre la décision et le principal intéressé disparaissait, dans les conditions que l’on a vues.  Ou plutôt pas vues, tant sa fin est restée dans le flou le plus total…

(1) Craig, sénateur de l’Idaho sera éjecté de son poste après un scandale retentissant survenu le 11 juin  2007 après son arrestation pour « conduite indécente » dans un hôtel du Minneapolis–St. Paul International Airport, où il avait invité deux jeunes hommes pour une relation sexuelle gay.  Jusqu’ici c’était un des plus fervents opposants à l’homosexualité, ayant fait voter des lois répressives à ce sujet.  Le parti républicain, avec à sa tête John McCain, avait insisté pour qu’il démissionne.  A l’époque, l’ American Civil Liberties Union (ACLU) avait déclaré que le raid dans l’hôtel de la police n’avait pas être « correctement conduit.  On y ajoutant quelques charges de détournement de fonds de campagne, sa carrière aurait dû être enterrée :  il faudra attendre pourtant le 4 mars 2016, pour qu’en appel il perde à nouveau et se retrouve forcé de régler 242 533 dollars au United States Treasury Department.  Or il est pourtant resté en poste, arguant qu’il n’aurait pas dû signer un document le déclarant coupable.  Pour Minneapolis, l’arrestation rocambolesque de Craig ressemblait fort à un piégeage en règle, ou à un règlement de comptes politique  : on possédait un dossier sur lui depuis 1982 mêlant cocaïne et homosexualité.  Il était surtout un de ceux qui avaient le plus condamné le comportement de Clinton durant l’affaire Lewinsky. Il n’avait en fait pas démissionné de son mandat après son arrestation, malgré les pressions de toute part.  Etrangeté de l’affaire, l’endroit où il avait donné rendez-vous pour sa relation, un « salle de repos » a été depuis détruit.  Jade West, sénatrice très active, s’attaquera a démantibuler le « health care » promu par Hillary Clinton.

(2)  « Un haut diplomate occidental de la région a déclaré que l’administration Clinton était au courant de l’existence de la Third World Relief Agency et de ses activités à partir de 1993. Les États-Unis n’ont toutefois pris aucune mesure pour mettre un terme à leurs collectes de fonds ou leurs achats d’armes, en grande partie à cause de la sympathie de l’administration. pour le gouvernement musulman et l’ambivalence sur le maintien de l’embargo sur les armes. « Washington nous a dit de les regarder mais de ne pas intervenir », a déclaré le diplomate. « La Bosnie essayait de se procurer des armes de qui que ce soit, et nous ne l’aidions pas beaucoup. Le moins que nous puissions faire est de reculer. Nous avons donc reculé. » Il a reconnu que le gouvernement Clinton, maintenant qu’il tente de rétablir la paix en Bosnie, est troublé par l’influence acquise par les extrémistes musulmans de Bosnie dans le cadre de leur collaboration avec l’agence. « C’est un inconvénient majeur », a-t-il déclaré ».

(3)  « Les envois d’armes, qui s’ajoutaient aux 500 millions de dollars d’aide humanitaire saoudienne, violaient directement l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies à l’ex-Yougoslavie et que Washington s’était engagé à appliquer. Le programme bosniaque a été inspiré à certains égards de l’expérience de l’Afghanistan dans les années 1980, lorsque l’Arabie saoudite avait contribué à financer l’armement clandestin de combattants musulmans anti-soviétiques dans le cadre d’une opération soutenue par une équipe similaire d’anciens membres du personnel et des services de renseignement américains. Un responsable saoudien, qui a parlé à la condition qu’il demeure inconnu. La différence essentielle réside dans le fait que les États-Unis n’ont pas fourni de fonds de contrepartie pour l’effort de contrebande d’armes de la Bosnie, contrairement à l’opération afghane. Le responsable saoudien a également déclaré que son pays était prêt à contribuer au financement d’un effort dirigé par les États-Unis visant à amener l’armée du gouvernement bosniaque au niveau de son ennemi serbe de Bosnie à la suite de la levée de l’embargo sur les armes imposé aux États-Unis à la suite de l’accord de paix dans les Balkans. Il a ajouté que les négociations sur le financement du programme se poursuivaient mais que l’Arabie saoudite était prête à donner « jusqu’à 50 millions de dollars », soit entre 15 et 25% du coût total. Le responsable saoudien a minimisé le rôle de l’Iran en Bosnie, affirmant que Téhéran avait « la bouche la plus forte » mais n’avait pas contribué à peu près autant d’argent à la cause musulmane à Riyad. Selon des responsables occidentaux, la contribution iranienne était importante et comprenait des centaines de volontaires, des armes légères, des grenades propulsées par fusée et du matériel de secours humanitaire. Des responsables américains et des diplomates occidentaux ont repéré au moins un avion cargo Boeing 747 iranien rempli d’armes garé à l’aéroport de Zagreb en 1994 ». Les iraniens disposant d’un drôle de 747 cargo, en fait le seul appareil au monde de ce type transformé en avion ravitailleur !!!  » Le responsable saoudien a déclaré que la plus grande partie de l’aide saoudienne aux musulmans de Bosnie avait été acheminée par la Croatie, qui contrôle l’accès de la Bosnie à la mer et à l’Europe occidentale, et a procédé à une réduction de 50% de toutes les livraisons d’armes. Certaines livraisons d’urgence ont été effectuées sous forme de vols nocturnes secrets à destination de Tuzla et d’autres aéroports sous le contrôle des autorités bosniaques ».  Des vols dont avaient eu vent les militaire français :  « Les responsables du ministère français de la Défense ont insisté à plusieurs reprises sur le fait que les États-Unis avaient facilité une série de vols mystérieux à destination de Tuzla pendant la guerre, à bord d’avions de transport américains C-130, qui avaient été témoins des observateurs américains. Les autorités américaines ont nié toute implication dans l’organisation des vols et ont laissé entendre que la Turquie pouvait en être responsable ».

 

Pour ce qui est des armes fournies par les Russes aux pro-Assad, on peut relie ceci

Les mensonges de Poutine (3) ses mercenaires et leurs cargos à légumes

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

 

MH-370 (14) : c’est en Bosnie que ça a commencé

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