Accueil / T Y P E S / Articles / MH-370 (14) : c’est en Bosnie que ça a commencé

MH-370 (14) : c’est en Bosnie que ça a commencé

Bosnie, Hassan Cengic, Visoko, Aerocom, Tuzla, munitions Wolf… c’est fou comme ces noms sonnent comme un article que j’avais rédigé en décembre 2014, à propos d’un personnage particulier appelé Abu Zubeidah, qui avait été pendant des années présenté abusivement comme pratiquemment l’adjoint d’un Ben Laden jouant les filles de l’air.  Car tous ces noms réapparus récemment dans les dossiers d’envois d’armes au islamistes anti-Bachar, je les avais tous déjà cités. En expliquant comment la CIA avait choyé une enclave serbe particulière, pour en faire son relais auprès des extrémistes musulmans. Tout y était, comme vous pouvez le lire ci-dessous.  Les matériels emportés, les avions utilisés, les destinations : tout, absolument tout avait été décrit en effet… quatre ans avant que d’autres ne le redécouvrent.

L’homme important s’appelle Ahmed Said Khadr : c’est à partir de lui, cet égyptien avant vécu un temps au Canada, et de son organisme charitable afghan né après l’invasion soviétique, que vont prospérer les bases de ce qui va devenie Al-Qaida, qui va reprendre le principe de la collecte des dons pour entretenir son mouvement.  Le sien, installé au Pakistan à Peshawar, étant l’extension  de la Lajnat al Dawa, un mouvement humanitaire Koweitien.  C’est là qu’il aurait rencontré Ayman al-Zawahiri et c’est là qu’il fonde son mouvement Human Concern International Society, qui soutirera de l’aide au World Food Program.  Revenu un temps au Canada après avoir été blessé par une explosion (une mine ?), il part se réinstaller à Hayatabad, au Pakistan, en 1993.  L’année suivante, on le croisera en visite au camp de Khalden, le fief de Ben Laden géré par le fameux Zubeidah. Devenu plus radical, il est alors plus engagé désormais dans les combats que dans l’humanitaire, fournissant notamment les attaquants de l’ambassade égyptienne au Pakistan (survenue le 19 novembre 1995).  Ses deux fils seront capturés lors de l’invasion et envoyés à Guantanamo, et lui meurt en 2003 lors d’un échange de tirs avec des gardes frontière pakistanais.

Même les avions de l’ONU participeront au trafic

Kadhr et son association caritative qui fait écran :  en 1998, on verra Ahmed Said Khadr poser devant un avion affrété par l’ONU pour apporter de l’aide humanitaire au Pakistan, à Faizabad (entre Islamabad et Rawapindi), le fief taliban ravagé par un terrible tremblement de terre survenu le 30 mai 1998 et ayant fait 5 000 morts dans le nord-est du pays (juste après un premier au même endroit en le 4 février ayant déjà fait 2000 victimes).  L’appareil (sur la photo à gauche) devant lequel Ahmed Said Khadr pose est très intéressant : siglé 4K-66759, c’est un Antonov 32.  L’appareil cité date de 1989, c’est l’ancien CCCP-66759 devenu propriété de l’ONU de 1991 jusqu’en 1993, date de son rachat par Avia Trend, société enregistrée en Azerbaijan.  Aviatrend, appartenant à Valery Cherny un courtier en armement russe, qui avait négocié l’achat d’armes pour la Côte-d’Ivoire et était alors un partenaire de Leonid Efimovich Minin de nationalité israélienne.  Un mafieux !  L’avion lui sera détruit le 14 septembre 1998, à Lokichoggio au Kenya, après qu’un incendie se soit déclaré dans un de ses moteurs après l’ingestion d’oiseaux juste après le décollage.

Le financier Kadhr…

Tout est réuni au Pakistan, déjà, pour fomenter des actions terroristes bien au chaud au fond des villas cossues des trafiquants d’opium talibans.  « Bref, au seuil de l’année 2000, aux alentours de Peshawar réside la crème du mouvement taliban, qui a alors repris Kaboul, en 1996, que dirige sur place le Mollah Omar. L’ancien président communiste Mohammed Nadjibullah est froidement assassiné et les seuls à s’opposer à eux sont les afghans de l’Alliance du Nord, avec leur chef charismatique Ahmad Shah Massoud, qui leur fait grand ombrage. Mais les Etats-Unis ont décidé de ne pas l’aider, lui préférant ouvertement… les Talibans, jugés beaucoup plus malléables que Massoud, qui a le tort d’avoir des soutiens en Europe, et notamment en France  » On connait la suite pour Massoud, éliminé par quelqu’un dont l’organisation remonte en Belgique et en Allemagne… dans la cellule d’Hambourg de Mohammed Atta, qui n’en est pas encore à prendre des leçons de pilotage en Floride »…Ahmed Saïd Khadr sera tué le 2 octobre 2003 des suites d’une longue bataille qui opposera l’armée pakistanaise à un groupe de terroristes réputés être liés paraît-il au réseau al-Quaïda.  A rappeler que huit ans auparavant, en 1995, les autorités pakistanaises avaient déjà arrêté ce même Ahmed Saïd Khadr, pour avoir financé l’attaque à la bombe de l’ambassade égyptienne à Islamabad.  Il avait cependant été libéré suite à une intervention du Premier ministre canadien de l’époque, Jean Chrétien (Kadk était canadien de nationalité !) !  Dans la famille Kadhr, l’un des fils Abdurahman, détenu pendant près d’un an à Guantanamo sous le titre de « combattant ennemi », a été relâché sans procès aucun et vit depuis 2004 à Toronto.  Il avait été capturé à 19 ans en 2001par l’Alliance du Nord. Or ce fils a raconté de bien étranges accord passés avec la CIA, à Guantanamo même.

…et son fils, devenu informateur de la CIA

 Abdurahman Kadr affirmera en effet, une fois relâché, qu’il était devenu un espion de la CIA, dès 2002.  « Khadr dit qu’on lui a donné plus tard un faux passeport et qu’il est monté à bord d’un jet Gulfstream appartenant au directeur de la CIA George Tenet (ici le N379P qui deviendra le N8068V eh photo ici à Genève, avant de devenir le N126CH). Il dit qu’après une escale au Portugal, il a atterri en Bosnie, où on lui a demandé de procéder à une opération d’espionnage dans les mosquées de Sarajevo.  Il téléphoné à sa grand-mère Fatmah el-Samnah de Sarajevo et lui a demandé d’aller dans les médias canadiens et leur dire qu’il avait été forcé et qu’on lui refusait l’entrée de retour au Canada.  Il a fini par solliciter l’admission à l’ambassade du Canada en Bosnie et a été rapatrié au Canada le 30 novembre 2003″. Encore une fois, la manipulation, cette fois de détenus de Guantanamo était évidente.  Qui était-il aller espionner en Bosnie, on pouvait s’en douter depuis les années 2000 en fait…

Le nid terroriste bosniaque, particulièrement choyé

Car plus étrange encore, cette autre incroyable découverte… au fin fond de la Bosnie (on y revient !).  Celle d’un petit village devenu une planque idéale…pour jihadistes. « Dans le sillage de la recherche de cellules liées au projet échoué du millénaire, des enquêteurs américains que vont découvrir un certain nombre de suspects dans ces cellules ont des connexions avec un obscur village en Bosnie nommé Bocinja Donja (ici décrit par un patrouilleur de l’Otan). À la fin de la guerre de Bosnie, à la fin de 1995, le président bosniaque Alija Izetbegovic avait chassé les Serbes vivant dans ce petite village situé à 60 miles au nord de la capitale de Sarajevo et donné leur maisons à environ une centaine de moudjahidines qui avaient combattu en Bosnie. La plupart d’entre eux avaient épousé des femmes de la région, leur permettant de rester en dépit d’un traité obligeant tous les combattants étrangers de quitter la Bosnie. Contrairement au reste de la Bosnie, le village était régi par une stricte loi islamique » écrit, un peu sidéré, le Washington Post, le 11 février 2000.  Et qui retrouve-t-on au milieu de la centaine de moudjahidines sur les 600 habitants du village ?  Khalil Deek, justement !  Il travaillait alors sur place pour l’organisation IARA, qui fournissait armes et combattants en Bosnie (on verra un peu plus loin où ça mènera).  On trouve aussi au même endroit Hamid Aich, qui lui est lié à Ahmed Ressam, qui lui, on le sait, avait des liens avec les membres du gang de Roubaix !

Une protection évidente de la part de l’Otan

Pour le moins, la réponse des autorités américaines sur cette véritable enclave terroriste, ou ce nid de comploteurs, avait été plus que vague :  « nous sommes préoccupés par cette communauté depuis des années », a déclaré un haut responsable américain à Washington, entretenu par téléphone et demandant à ne pas être nommé.  Nous avons débusqué beaucoup d’entre eux (après la fin de la guerre).  La Bosnie ne doit pas devenir le carrefour de terroristes.  Nous trouvons que l’ensemble du groupe est une menace, et nous voulons les faire déguerpir de là. « Atmani, par exemple, a obtenu son premier passeport bosniaque en 1995, en utilisant une fausse adresse à Sarajevo (à gauche, un soldat de la SFOR à Bocinga).  Après avoir été expulsé par le Canada en octobre 1998 et escorté à Sarajevo, il a été autorisé à rester sans un passeport valide. Il a obtenu un nouveau passeport en juin dernier à Zenica (ici à droite), à 35 miles au nord-ouest de Sarajevo (où on retrouvera Lionel Dumont notamment).  Il est allé à Istanbul, puis est retourné à Sarajevo à la fin de décembre avant de tomber hors de vue de notre surveillance ».  Un « responsable » de Washington qui avouait alors deux choses : en premier qu’il savait la dangerosité des personnes présentes… et qu’en second elle lui était connue depuis longtemps… une bien étrange enclave, donc.  Le journaliste du Washington Post désireux d’interviewer un dénommé Abu Hamza, un des leaders sur place, se verra demander 60 000 dolllars pour en faire l’interview !!!  Voilà des islamistes bien américanisés semblait-il !

Les autorités bosniaques et Ben Laden

Car, comme je vous l’ai déjà dit ici-même, il y a un autre volet à la carrière du leader d’Al-Qaida :  un volet « Balkans ».  « Ben Laden a lui-même personnellement visité le président bosniaque Alija Izetbegovic (ici à gauche), qui lui donna un passeport bosniaque (certains journalistes étrangers qui étaient des témoins oculaires de ces visites en ont témoigné au cours du procès Milosevic). Ben Laden a offert au président Izetbegovic de grandes quantités d’argent pour acheter des armes à travers ses organismes de bienfaisance, en particulier la Third World Relief Agency, et a fourni à la Bosnie musulmane des combattants moudjahidines venus du monde entier. Les avions appartenaient à l’une des sociétés de Victor Bout.  À la fin de 1994, les États-Unis, avec Hasan Cengic (ici à droite) et son père Halid Cengic, termineront le travail sur une piste à Visoko, en Bosnie, où les livraisons d’armes ont été transportées par des Casques bleus canadiens qui ont affirmé qu’ils croyaient que les vols étaient ceux de C-130 américains, a dit l’Observer.  En janvier 1993, des navires pakistanais ont été capturés dans les bras de l’Adriatique, des transports maritimes de la Croatie pour la contrebande en Bosnie. Le Prof. Wiebes Cees a dit au début de 1994, que le président Clinton et (ensuite) Tony Head de NSC avait donné leur accord tacite soigneusement voilé pour permettre à l’Iran d’expédier des armes vers la Croatie pour la contrebande en Bosnie.  Quatre mois plus tard, l’Ecossais a indiqué que le secrétaire adjoint d’Etat pour les Affaires européennes et canadiennes, Richard Holbrooke, avait convaincu le Département d’Etat pour engager l’entrepreneur privé militaire MPRI pour former l’armée croate et aider à planifier des opérations.  En mi-1995, des armes ont été transportés par avion à Tuzla ».  Nota : le Département de la Défense US en fera lui-même la publicité à l’époque en montrant la photo ci-dessous accompagnée de ce commentaire : « un C-130 Hercules de l’armée de l’air américaine passe devant les médias après avoir atterri à la base aérienne de Tuzla, en Bosnie-Herzégovine, le 22 décembre 1995. L’Hercules livre des cargaisons et des passagers à l’opération Joint Endeavour.  La cargaison et les soldats font partie de la Force de mise en œuvre de l’OTAN (IFOR) en Bosnie-Herzégovine. DoD photo par le sergent d’état-major. Michael J. Boquette, US Air Force » …  Aujourd’hui, le DoD peut s’en mordre les doigts d’avoir diffusé ce cliché rarissime :

Le Dod qui récidivera l’année suivant en affichant un autre cliché compromettant :  celle du C-130H 74-2069 prise le 27 décembre 1996 prêt à partir vers Tuzla, en Bosnie-Herzégovine, à partir de Ramstein où il neige déjà à l’époque.  Le même avion sera encore une fois photographié une fois arrivé   » to deliver supplies » note la base US qui l’envoie, en insistant sur la « rapidité de l’intervention au sol pour le décharger, malgré les températures négatives ».  La camionnette Ford Transit visible à gauche sur le cliché date des années 90, il n’y a aucun doute :

 

 

« Wiebes a affirmé qu’un officiel des Nations Unies a été « menacé physiquement » par 3 officiers américains afin de ne pas parler. Tim Ripley a allégué que les vols ont été menés par les « guerriers secrets »du NSC [National Security Council] et du Département d’Etat ».  En Janvier 1996, Richard Perle racontera au Turkish Daily News que l’armement et la formation des Musulmans de Bosnie est d’« intérêt vital » pour les États-Unis et suggérera que « parmi les alliés de l’OTAN, la Turquie est [le] numéro un candidat pour le poste. »  A Visoko, les données de l’Awacs surveillant la région évoqueront deux vols seulement, alors que tous les jours des C-130 US y atterrissaient… avec des équipages américains exclusivement, et non de l’Otan, noteront certains observateurs.

Le trafic d’armes en Bosnie

On retrouvera les organisateurs du trafic d’armes  : « Les pilotes ont dû remettre la documentation complète sur les vols qui transportaient des armes illégales, à Ahmed Music, le plus proche collaborateur de Hasan Cengic qui est aussi un suspect, dit l’un des ex-travailleurs de la compagnie d’aviation « Air Bosnia » dans une déclaration donnée aux enquêteurs du ministère de l’Intérieur de la Bosnie, dont le journal, « l’Independent » a également une copie.  La police fédérale a ouvert une enquête à propos de la contrebande d’armes international dans lequel le Étaient suspects : haut fonctionnaire du SDA et sous-ministre ex de la défense de la fédération de Bosnie, Hasan Cengic, un homme d’affaires turc, Nedim Suljak, et celui la tête de l’organisation humanitaire TWRA, Fatih El Hasanein. Ils sont soupçonnés d’achat d’armes de pays de l’ex-URSS et de les vendre en Afrique et dans d’autres zones de guerre. « Dans les avions, des armes, des sacs d’argent et parfois des drogues ont été transportés.  Tous ces gens qui ont travaillé à cette époque, ou liés à ces vols, ont été affichés par Hasan Cengic de détruire toute documentation, ou la remettre à Ahmed Music « , dit dans la déclaration un témoin. Un autre témoin, dont la déclaration est possédée par le parti MUP de la fédération de Bosnie, affirme que dans des avions appartenant à BIO-AIR ( le T9-CAC ici à droite ex Phoenix Airlines !) les entreprises du consortium BIO, dont le fondateur est Hasan Cengic, ont transporté des missiles vers Visoko. « Le sort de ces roquettes doit être connu par Kenan Jusufbasic, directeur de l’aéroport qui a été construit à Visoko, qui a montré un film sur le vol avec lequel les roquettes sont arrivées à Visoko.  Au salon d’« Air Bosnie » en avril 2000, il a montré des photos de lui et Baralic posant devant des roquettes « , a-t-il dit dans la déclaration faite à la police fédérale » (1).  L’un des pilotes cités étant Amir Baralic (en photo un Antonov 12 ER-AXA de Air Bridge Group, portant encore le logo Aerocom sur la queue, et à droite la photo de A.Baralic, aujourd’hui pilote instructeur sur Airbus 320 et ATR 42, en photo plus récente à gauche en uniforme de la BH Airlines de Bonsnie- Herégovine).  Jusufbasic, devenu ensuite maire de Visoko, est mort avec le cameraman Nihad Fetic, de la Nezavisna televizija IC de Kakanj non loin d’Olovo, le 26 juin 2008. Leur avion, un petit Vivat, un rare monotrace, propriété de l’aéroclub « Izet Kurtalić » s’étant écrasé.

Des dizaines de tonnes envolées, disparues ?

En 2006, on finira par constater d’étranges disparitions, notamment celle de près de 100 tonnes d’armes d’un dépôt US… en Bosnie. « Quelques 200 000 fusils américains envoyés aux orces de sécurité irakiennes pourraient avoir été clandestinement transmises aux terroristes, comme on le craignait hier.  Le contenu du dépôt de 99 tonnes d’AK47 devait secrètement décoller à partir d’une base américaine en Bosnie. Mais les quatre avions chargés des armes ont disparu. Les commandes de l’accord pour faire l’opération ont été données par le Département américain de la Défense. Mais le travail a été contracté via un réseau complexe de marchands d’armes privés ».  Disparus ???  « les contrôleurs de la circulation de l’air à Bagdad n’ont aucun dossier des vols, qui soi-disant ont décollé entre juillet 2004 et juillet 2005.  Un porte-parole des forces de la coalition a confirmé qu’ils n’avaient pas reçu « d’armes de Bosnie » et a ajouté qu’ils n’étaient « pas au courant de tous les achats pour pour l’Irak « .  Des responsables de l’OTAN et des États-Unis ont déjà exprimé des craintes que les armes de Bosnie – vendues par États-Unis, les entreprises britanniques et suisses – soient passées aux insurgés.  Un porte-parole de l’OTAN a déclaré : « Il n’y a aucun mécanisme de suivi pour s’assurer qu’elles ne tombent pas dans de mauvaises mains. On craint que certaines peuvent avoir été détournées. ». Cette année, selon un journal, deux entreprises britanniques ont été impliquées dans une affaire dans laquelle des milliers de fusils pour les forces irakiennes ont été ré-acheminés vers al-Qaïda ». Des armes acheminées par… une société d’aviation bien connue pourtant : « pendant ce temps, Aerocom, la firme d’air moldave au centre des 200 000 AK47 manquantes, a été dépouillée de sa licence par les autorités nationales un jour avant la première expédition ».  Aerocom, la société d’un certain Viktor Bout !

99 tonnes d’armes de « disparues » !

Selon The Guardian du 12 mai 2006, c’était bien cela en effet : « la compagnie aérienne moldave qui transportait une cargaison depuis une base aérienne américaine à Tuzla, dans le nord-est de la Bosnie, volait sans permis.  L’entreprise, Aerocom, nommée dans une enquête de l’ONU de 2003 (des diamants pour le commerce des armes d’épaule commerce au Libéria et en Sierra Leone), est maintenant défunte, mais ses actifs et les avions sont enregistrés auprès d’une autre entreprise moldave, Jet Line International.  Certaines des firmes utilisées dans les accords commandités par le Pentagone se livraient également à des livraisons illégales d’armes de Serbie et de Bosnie au Libéria et à Saddam Hussein il y a quatre ans. « La vente, l’achat, le transport et le stockage des [Bosnie] armes ont été entièrement gérés par un réseau complexe de courtiers d’armes privés, des transitaires et des compagnies de fret aérien opérant parfois illégalement et soumis à peu ou pas de réglementation gouvernementale, » dit le rapport.  Le rapport d’Amnesty de 120 pages, en mettant l’accent sur les risques de la privatisation des trafiquants d’armes, dit que les ventes d’armes dans le monde entier parrainées par l’État, se sont adaptées rapidement à la mondialisation, leurs prouesses aidées par les gouvernements et les institutions de défense des contrats agricoles.  Les livraisons aux États-Unis ont fait plus d’un an, à partir de Juillet 2004 après la base Eagle de Tuzla, et le port croate de Ploce par la frontière bosniaque.  Aerocom aurait porté 99 tonnes d’armes de Bosnie, presque entièrement des Kalachnikov AK-47 fusils d’assaut, et quatre vols de la base d’Eagle en Août 2004 même si, sous la pression de l’UE, l’entreprise venait d’être dépouillée de sa licence de fonctionnement par le gouvernement moldave, en raison de « préoccupations de sécurité et de sûreté ».  Amnesty a déclaré qu’il n’existait aucun enregistrement indiquant que les armes à feu avaient atteint leur destination (3). »  L’appareil décrit était le l’Ilyushin 76 ER-IBV. On le voit deux fois ici à… Ostende, la seconde fois préférant visiblement charger de nuit.  Il s’en passait donc de belles sur la base de Tuzla en 1996.  Même une visite tranquille d’Hillary Clinton (les photos prises ce jour-là en font foi), et que cette dernière décrira comme ayant été faite sous la menace de snipers… inexistants.

Entrée en scène de Viktor

Des transferts supervisés par des marchands d’armes eux aussi bien connus, dont un qui perdra la vie en tentant de s’immiscer dans le trafic d’armes géré par l’US Army, ceux dénoncés dans un rapport européen : « les 3/4 des noms cités dans le rapport européen étaient en fait des noms d’emprunts de compagnies moldaves, signés Victor Bout.  Parmi eux, l’Illyushin 76 ER-IBV (serial 3423699) d’Aerocom, vu aussi souvent à Ostende, responsable du transfert de 99 tonnes de munitions (en plusieurs voyages) à Bagdad, par un contrat sous la responsabilité d’un homme connu : le mercenaire Stoffel, de la Wye Oak Technologies. C’est au retour de sa visite au dépôt de Taji, et en sortant du bureau de Petraeus qu’il périra dans une embuscade :  un de plus dans le placard. »  Le 8 Décembre 2005, Stoffel est allé à la base militaire irakienne en dehors de Bagdad, à Taji, examiner le stockage des armes et de l’équipement. Taji est soupçonné d’avoir été l’un des sites où les équipements fournis par des entrepreneurs américains nouvellement arrivés étaient également enregistrés. Lors de son voyage de retour de la base à Bagdad, il a été pris en embuscade par un groupe inconnu auparavant, se décrivant comme « les Brigades du Jihad Islamique. »  Après son assassinat, Wye Oak Technologies a perdu leur contrat avec le ministère irakien de la Défense et avec elle le droit de vendre les surplus militaires irakiens »….

Sociétés écrans et vols sous la porté des radars

Selon Amnesty International, dans son rapport du 05 juillet 2005, « le 11 décembre 2004, un cargo Ilyushin 76 exploité par Vega Airlines, de Bulgarie, aurait décollé de l’aéroport de Tuzla, le point d’exportation prévu pour les armes et munitions, avec un plan de vol déposé pour Benghazi en Libye, selon le trafic aérien européen d’observations de contrôle. Benghazi est un point de ravitaillement en carburant pour les aéronefs à destination de l’Afrique subsaharienne. Lorsqu’un avion se dirige vers le sud depuis Benghazi, il évite la couverture radar pendant la majeure partie du reste du vol. Vega Airlines est l’une des quatre compagnies de fret aérien bulgares autorisées à transporter des armes sur la liste du Conseil interministériel bulgare. Selon les bases de données du trafic aérien et des bases de données du secteur en Europe, l’Ilyushin 76, exploité par Vega pour le vol au départ de Tuzla, a été immatriculé par une compagnie de fret aérien, Reem Air, établie au Kirghizistan en 2004 avec une flotte de trois de ces appareils (trois Ilyushin-76 :EX-039, EX-049, et EX-054- ex Airstars et East Line Airlines). En tant qu’opérateur officiel de l’Il-76 de Reem Air, il était très probablement lié au fait que Vega était titulaire d’une licence de transport d’armes. Le contrôle du trafic aérien européen a déclaré à l’ONU qu’il n’avait aucune trace de son arrivée à Tuzla, seulement de son départ. Les responsables de l’ONU et de l’aviation ont donc suspecté l’aéronef d’être arrivé à Tuzla en utilisant des méthodes de «vol à vue».  La société britannique Baseops (un prestataire de services d’appui au vol bien connu), qui a soumis le plan de vol de Vega, a déclaré que l’avion officiel de départ avait un numéro d’immatriculation d’avion du Kirghizistan, EX-043.  Les recherches indiquent que le 2 novembre 2004, Reem Air a enregistré l’Ilyushin-76TD au Kirghizistan sous le nom EX-043 pour Reem Air et qu’il l’a annulé le 11 mai 2005, puis a reçu après l’autorisation de l’autorité libyenne de l’aviation civile ».

Tuzla, haut-lieu du trafic, sous le regard bienveillant de la SFOR

De quoi rappeler de vieux démons car la CIA avait dès 1995 parachuté des armes : « Après avoir atterri à Tuzla, les armes ont été expédiées par voie terrestre ou aérienne en Bosnie, destinées à l’armée des Musulmans de Bosnie, qui comprenait deux régiments de moudjahidines officiels et des irréguliers avec de nombreux liens avec al-Qaïda. Les envois inclus « armes, des munitions, des uniformes, des casques, de nouvelles armes anti-chars et les Stingers », selon l’enquête de renseignement néerlandaise. « Soit la mission a été effectuée par des puissances capables de neutraliser la surveillance radar ou elle a été faite avec le consentement et l’appui des autorités commandant les militaires dans la région à l’époque », écrit le lieutenant-Colonel Le Christopher Hardy dans le rapport du renseignement britannique le 15 février 1995.  Les « vols noirs » ont eu lieu pendant une période où seuls les avions américains surveillaient la région de Tuzla. Le Hardy a été contraint de changer son rapport après les responsables américains aient protesté. Plusieurs observateurs européens de l’ONU pensent que l’opération a été soit menée ou soit tolérée par l’appareil de renseignement militaire US, alors commandé par Michael Hayden. « c’étaient les livraisons d’armes américaines », a déclaré un général britannique avec accès aux secrets de la région de Tuzla. « Pas de doute à ce sujet. »  Le pire, c’est que la SFOR avait pourtant visité les locaux des sociétés fournissant les armes, comme le décrit ici cette incroyable page toujours visible sur le net. Celle de la deuxième visite de  l’usine « Rudi Cajavec », située à Banja Luka, classée «  Entreprise étatique d’armement ».  Lors de la première visite, qui avait aussi eu lieu chez l’usine ORAO à Bijeljina, en République serbe de Bosnie  (« Republika Srpska ») le 11 Oct. 2002, nous dit le site, «une analyse des informations recueillies a révélé un certain nombre d’irrégularités qui auraient été commises par les dirigeants d’ORAO.  En particulier, les inspecteurs ont acquis la preuve que des équipements militaires avait été vendus en violation d’un embargo décidé par les Nations-Unies. La communauté internationale a demandé au gouvernement de la RS d’ouvrir une enquête pour établir les diverses responsabilités et d’en rendre publics les résultats.  Ce document a été reçu au début de l’année par l’Office du Haut-représentant (OHR) », l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et la SFOR. Il est actuellement en cours d’analyse par des experts ». A la manœuvre on pouvait admirer le commandant Erwin Kauer, photographié (ici à gauche) tenant en main un obus de mortier. On ne pouvait pas dire qu’on ne savait pas !!  Dès 2002 !!! Incroyable !!!

Le rapport d’Amnesty de 2006

Dans l’impitoyable et glaçant rapport d’Amnesty International de mai 2006 intitulé « Dead on Time – arms transportation, brokering and the threat to human rights », on trouve la descriptive parfaite du procédé :  « les nouveaux documents rassemblés pour cette recherche concernent un cas de transfert d’armes et de munitions approuvé par les autorités de Bosnie-Herzégovine et américaines de Tuzla au Rwanda en décembre 2004 malgré les informations des Nations Unies impliquant les autorités rwandaises dans les groupes armés de la République du Congo (RDC).  En photo à gauche, le Reem Air EX-054 photographié à Bratislava le 6 juin 2005.  La société qui est enregistrée au Kyrgyzstan (à Bishkek) a son siège à Sharjah aux Emirats Arabes Unis.  On ne possède quasiment aucun document sur elle, pas plus que de noms de dirigeants visibles quelque part. Elle sera bannie des cieux européens en mars 2006 et cessera ses activités en 2007. « La livraison effective que le gouvernement de la Bosnie-Herzégovine aurait annulée ou reportée au dernier moment le 10 décembre.  Ces documents indiquent que, le 18 novembre 2004, la SFOR a approuvé une notification des autorités de Bosnie-Herzégovine visant à exporter une grande quantité d’armes légères au Rwanda, en utilisant les services d’un courtier croate et d’une société faisant partie de la société d’armement Unis Promex, appartenant au gouvernement bosniaque ». L’avion était en fait enregistré au Kyrgyzstan sous le numéro EX-043, de chez Reem Air (qui a été créé en 2004), inscrit au registre le 11 mai 2005 seulement et bénéficiant d’une licence d’exploitation Libyenne, accordée par la Libyan Civil Aviation Authority…  L’accord passé et retrouvé sur le transfert d’armes était énorme (entre 105 et 130 tonnes d’armes !), et portait sur au moins trois voyages minimum.  A gauche, un Reem Air au matricule indéterminé vu le 23 juillet 2005 au Maribor Airport, en Slovénie« L’EUFOR a ensuite approuvé le transport de quatre envois d’armes et de munitions le 8 décembre de l’aéroport de Tuzla le soir suivant. Le 9 décembre, la SFOR a approuvé le transport d’un envoi de près de 47 tonnes d’armes et de munitions de l’aéroport de Tuzla au Rwanda, alors que le même jour, le gouvernement de Bosnie-Herzégovine annonçait publiquement que les transferts d’armes et de munitions vers le Rwanda ne se poursuivraient pas. Il convient de noter que la SFOR a cessé son autorité de contrôle en Bosnie-Herzégovine le 2 décembre 2004, dès la mise en œuvre militaire de l’Accord de Dayton ».  Ci-dessous le Reem-Air EX-039, photographié de retour dans son fief moldave de Chisinau, le 7 juin 2007:

« La question de savoir si un ou plusieurs de ces envois ont été livrés au Rwanda est restée incertaine et aurait pu être liée à un ou plusieurs des vols à l’étranger des avions cargos Ilyushin 76 observés à Tuzla entre le 10 et le 22 décembre. Les autorités du BiH authorities et la SFO ont précédemment autorisé l’exportation de grandes quantités d’armes légères et de munitions en Ouganda entre la fin de 2001 et le milieu de 2003, à une époque où les forces armées ougandaises aidaient des groupes armés à commettre des violations des droits humains dans l’est de la RDC; et en Guinée en 2003 avec un courtier au Royaume-Uni ».  A noter que Reem Air possède aussi alors un Antonov 12, ancien PT Air, un ancien de la Navy russe RA-12121 et ancien soviétique CCCP-12121. Il passera chez Gomelavia en 2007 (EW-252TI) pour finir Avial NV (RA-11372). Plus inquiétant, Reem Air possède aussi deux DC-10 de grande capacité, dont le A8-AAB (193N-1093) qui a fini TT-DWE, abandonné dans le désert à Sharjah.  Le 9 décembre 2004, le chef de la SFOR, Erwin Kauer, sous les ordres du Lt. Colonel Costeira, chef du Current Affairs and Compliance a approuvé un envoi de 46 palettes (!!!) pour un total de 2760 caisses de munitions de 12,7 mm, pour 46,7 tonnes, soit la capacité maximale d’emport d’un Ill-76… Le chargement devait quitter Tuzla le 12 décembre.

Dans « The Arms Flyers Commercial Aviation Human Rights and the Business of War and Arms » de Sergio Finardi et Peter Danssaert, on trouve le contenu d’une expédition et le nom d’un des avions de la compagnie l’ayant effectué :  selon eux, des enregistrements ont révélé la compagnie Reem Air derrière ces envois, avec son EX-039, notamment de Kigali à Burgas le 9 décembre 2004 et un mois avant, le 9 novembre, un Ill 76 est parti de Burgas:  il était destiné au ministre de la défense du Rwanda.  Mélangeant ouvertement les genres, l’avion de Reem sera aperçu à Zurich en 2005 emportant 40 tonnes d’équipements humanitaires pour les sinistrés du tremblement de terre pakistanais !!!

Vol « sinueux » et aide d’un Learjet « spécial »

Selon le rapport d’Amnesty, toujours, « le transport aérien d’une quantité aussi importante de matériel militaire nécessiterait entre trois et quatre vols Ilyushin IL76, en fonction du poids réel de l’emballage choisi, voire davantage, une fois prise en compte du caractère dangereux de la plupart des marchandises nécessitant un emballage spécial. Les autorités du BiH et des États-Unis ont nié que ces armes aient été exportées au Rwanda et ont affirmé que le vol en partance pour Reem Air, affrété par Vega Airlines le 11 décembre, n’avait pas eu lieu.  Selon un responsable de l’ONU, les nouveaux soupçons découleraient de trois vols supplémentaires de Tuzla par les appareils Ilyushin les 14, 15 et 27 décembre 2004.  Bien que la destination de ces trois vols vers aurait été organisée par un courtier » (…) « La négation du vol du 11 décembre n’est pas totalement convaincante. Outre le document indiquant le départ du vol dans la «période observée», le plan de vol soumis par Baseops au nom de Vega pour le vol du 11 décembre est étrange.  Cela indiquait que l’avion de Reem Air éviterait les espaces aériens de la Serbie, du Monténégro et de l’Albanie au profit d’un itinéraire plus sinueux traversant les espaces aériens de la Croatie et de l’Italie, malgré ses 172 km environ et plus d’une demi-heure de vol plus longs que le premier itinéraire, totalisant deux heures et demie de vol au total.  La vitesse moyenne indiquée dans le plan de vol était bien inférieure à la vitesse de croisière d’un Ilyushin-76TD (la version Il-76 probablement utilisée) et convenait mieux à un tel avion voyageant avec une charge utile complète ».  « Au cours de la même « période d’observation », le 11 décembre, Eurocontrol a également noté le départ d’un plus petit Learjet 35 de l’aéroport de Tuzla, dont la destination était la base aérienne américaine d’Aviano en Italie, qui n’a enregistré qu’un vol 59 minutes (14 : 04) après le départ enregistré de l’Ilyushin du Reem Air.  Le numéro indiqué par Eurocontrol pour le vol du Learjet 35 (JGO80) identifiait l’exploitant de l’aéronef comme une compagnie low-cost passager canadienne peu connue qui à fait faillite le 11 mars 2005 (le Learjet était exploité par le ministère de la Défense sous l’enregistrement 99999E.  A peine atterri à Aviano, le Learjet 99999E se transformait en 40112E par la magie de l’atelier à peinture :  c’était un des avions de «  Rendition »   !!!).  « Selon des bases de données et des rapports, la société canadienne n’a jamais exploité d’appareils Learjet, de n’importe quel type, dans sa flotte.  Une explication possible pourrait être que les autorités de sécurité américaines se sont livrées à une opération secrète pour acheminer des armes au Rwanda en dépit de l’opposition politique du gouvernement de l’Union européenne.  Par coïncidence, en septembre 2004, un avion cargo Antonov 12 immatriculé en Bulgarie, également exploité par Vega Airlines et transportant du matériel militaire américain destiné au Népal, venu de Baltimore (États-Unis, Maryland) a été bloqué à Ahmedabad.  Comme pour le Rwanda, le gouvernement américain a fourni des programmes d’assistance policière anti-insurrectionnels au Népal, malgré les critiques selon lesquelles une telle assistance contribuerait en des violations des droits de l’homme.  D’autres grands avions cargo opérant en RDC et sur les Grands Lacs sont apparus en Irak.  Reem Air a récemment fait de la publicité pour les vols cargo des Emirats Arabes Unis à Mwanza via Khartoum. Les plus gros destinataires des exportations de munitions bosniaques au cours des derniers mois semblent être le Canada et l’Afrique du Sud, suivis de Chypre, de la Serbie-Monténégro et de la Chine ».

(1) au Tribunal Pénal de l’ex Yougolavie, en 2006 on pourra entendre cet échange révélateur :

« R. Il y avait des gens qui faisaient la contrebande de ces armes et les armes étaient assez chères. Les prix étaient assez raides.

M. LE JUGE ORIE: [interprétation] Permettez-moi de vous poser une question sur le nombre de fusils que vous avez obtenus de cette façon pour armer la population locale.

R. Je ne peux pas vous donner une évaluation parce que je n’étais pas impliqué du tout.

M. LE JUGE ORIE: [interprétation] Vous avez peut-être une impression, même si pas impliqué. J’ai des impressions sur beaucoup de choses, je n’étais pas impliqué

R. J’ai une estimation. Dans la région de Svrake et Semizovac, Il y avait environ 200 fusils.

12 M. LE JUGE ORIE: [interprétation] Quel était l’armement le plus difficile pour vous à obtenir?

 R. Les fusils. Nous n’avions que des fusils et des grenades à main.

SOUDAN ORIE: Cela signifie pas de mortier?

 R. Au départ, bien sûr. Et après nous avons pu en obtenir, et nous avons réussi à en prendre.

16 M. LE JUGE ORIE: [interprétation] Oui. Si vous dites « après », quels sont les délais ? Vous parlez de?

R. Sauf que je m’excuse. Quand je dis « plus tard », ce que je veux dire vers fin avril. Une partie de ce type d’armement nous a été envoyée depuis le municipalité voisine de Visoko. Donc, nous avions peut-être deux mortiers et je ne peux savoir combien de milliers de balles, et c’est tout. Et pour autant que c’était préoccupant car au 2 mai, la municipalité de Vogosca n’était toujours pas incluse dans ces combats ou ces guerres »

(2) Dans l’enquête du « LIFE-CYCLE MANAGEMENT OF AMMUNITION (LCMA) »,  « Lessons from Bosnia and Herzegovina » de Jovana Carapic et Paul Holtom sorti en avril 2018, on confirme l’origine « étrangère » des armes trouvées après le conflit :   « La FV (Army of the Federation of BiH ou fédération de Bosnie-et-Herzégovine ) et la VRS (Army of the Republika Srpska, l’armée de la république serbe de Bosnie) avaient des approches différentes en matière d’achat de munitions au début de la période post-conflit, créant différents ensemble des défis pour la gestion des munitions en Bosnie-Herzégovine. De 1995 à 1997, le « train and equip programme«  dirigé par les États-Unis a amené un large éventail d’armes et de munitions excédentaires en provenance des États-Unis et d’Europe centrale et orientale, ainsi que de Brunei, de l’Égypte, du Koweït, de Malaisie,du  Qatar et d’Arabie Arabie, de Turquie et des Émirats arabes unis (Lamb, Arkin et Scudder, 2014, p. 23, 26, 30-3). Le programme visait à assurer la défense de la FV et à dissuader toute attaque potentielle de la part de la VRS (Lamb, Arkin et Scudder, 2014, p. 14). En conséquence, dans l’immédiat post-conflit, la FV a dû gérer une quantité importante de différents types de munitions sans connaître ses antécédents de stockage ».

(3)  Des vols exploités par des sociétés associées à Bout auraient atterri à Bagdad à au moins à 195 occasions sur des contrats militaires américains. En octobre 2003, la CIA a averti que les entreprises de fret aérien de Bout avaient bénéficié de la reconstruction en Irak, même s’il est difficile de savoir si les services de renseignement ont été partagés avec la Grande-Bretagne. Jet Line International, une société utilisée par DfID en Irak (le Department for International Development un organisme anglais)  est un transporteur aérien ayant des bureaux en Ukraine. Les dossiers de l’Autorité de l’aviation civile montrent que Jet Line a transporté par avion des véhicules blindés à destination de Bagdad pour le DfID. L’expédition a quitté l’aérodrome de Manston, dans le Kent, en mars, sur un avion cargo Ilyushin ne portant aucune marque aérienne. La compagnie aérienne aurait été identifiée comme une entreprise de Bout dans une lettre d’alerte diffusée aux postes diplomatiques par le Département d’Etat américain en juin de cette année. La nature des liens présumés n’est pas claire et Jet Line a refusé ce week-end d’être associé à Bout. Trois semaines avant le vol de Bagdad, le 27 février dernier, le DfID a embauché une deuxième entreprise, Aerocom, pour envoyer des tentes au Maroc après un séisme. Aerocom, également basée dans l’ancienne république soviétique de Moldavie, a également quitté Manston. La société, qui est également connue pour travailler avec plusieurs opérateurs, y compris Jet Line, a été nommée dans un rapport du Conseil de sécurité des Nations Unies en Avril 2003 comme étant impliqué dans la contrebande illégale ou tentative de contrebande de lanceurs de missiles, des grenades et des fusils automatiques de la Serbie au Libéria. Les deux entreprises ont été embauchées par DfID par l’intermédiaire d’Air Charter Service (ACS), basé à Kingston, dans le Surrey. Comme DfID, ACS a déclaré ce week-end qu’elle avait cessé de faire affaire avec les compagnies aériennes alors qu’elle était informée qu’elles auraient des liens avec Bout. Aerocom, qui était accusé dans le rapport de l’ONU des mines débarquées illégalement en Afrique, était utilisé par le Halo Trust, une organisation caritative britannique qui nettoie les mines. L’association a utilisé Aerocom pour transporter des équipements de déminage de Prestwick, près de Glasgow, vers l’Angola en février 2003 dans le cadre d’une opération financée par DfID. Le 28 avril 2004, Oxfam a de nouveau utilisé la compagnie aérienne pour acheminer par avion des secours de Manston au Soudan. Valentin Podarilov, directeur général d’Aerocom, a déclaré: «des foutaises : nous n’avons rien à voir avec Victor Bout. » Rien ne prouve que les organismes de bienfaisance, DfID ou ACS aient eu connaissance de liens entre les compagnies aériennes et Bout au moment des vols. Oxfam a depuis renforcé ses processus de surveillance. Un porte-parole du DfID a déclaré: « Ni notre société ni notre courtier n’avaient connaissance d’allégations de faute contre les (sociétés), que nous avons évidemment utilisées de bonne foi ».

Dans le pensum « The-Arms-Flyers-Commercial-Aviation-Human-Rights » de P Danssaert on trouve la référence de la compagnie de l’avion de 2003 :  c’est un « AIA », pour African International Airways. « African International Airways » : « En 2002 et 2003, les avions AIA ont été affrétés par le ministère de la Défense britannique. À la fin de 2002, l’AIA a également fourni 250 tonnes de munitions de l’Albanie au Rwanda pour les exporter vers des groupes d’opposition armés dans l’est de la RDC. Ces envois comprenaient plusieurs millions de cartouches et au moins une cargaison contenant des grenades et des lance-roquettes ». Les appareils impliqués à nouveau en 2006 et 2007 étant les ZS-OZV1 et ZS-OSI. La compagnie était celle de Duane A. Egli, américain vivant en Belgique près de Tournai !!!  Son autre société, Silverback Cargo sera prise en flagrant délit de transport d’armes au Rwanda en 2004 avec le 9XR-SC (ici abandonné à Kigali), mais il recommencera au Tchad en 2007 avec « AMW Tchad », également connue sous le nom « d’Aircraft Machinery Works », avec deux gros porteurs DC-10 Lockheed A8-AAA et A8-AAB, le premier montré abandonné ici aux Emirats.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

 

MH370 (13) : les avions qui enfument la Suisse

 

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

Pour Trump, un soldat peut assassiner sans vergogne !

La petitesse d’esprit du dirigeant de la plus forte armée au monde n’est pas une ...

2 Commentaire

  1. avatar

    vous en saurez davantage encore dans l’épisode suivant, mais sachez que la région préoccupe toujours des années après l’Europe et surtout la France :

    http://www.opex360.com/2018/12/11/pour-paris-le-trafic-darmes-dans-les-balkans-est-toujours-une-menace-majeure-pour-la-securite-europeenne/

  2. avatar

    dois-je répondre à quelqu’un qui n’a visiblement pas lu ni compris les trois premier articles de cette série ?

    le même individu qui a écrit ailleurs ce genre de commentaire :

    « perso, en tant que québécois d’origine, vivant au québec d’ailleurs, à québec même (la ville) par surcroit, je trouve curieux qu’après tout ce terrorisme vous vous posiez des questions à savoir pour qui voter.

    Vous n’auriez pas envie de fermer la porte un peu, et faire un peu de ménage ?

    Ceci dit….

    Pour demeurer dans le sens du blogue, de façon apolitique, je crois que l’invasion barbare sera vaincue, et ce pour la simple et bonne raison que la démonisation du terrorisme a pour but de donner le droit aux femmes de dire aux hommes: “vous ne savez pas gouverner” c’est maintenant notre tour…..

    Pour le reste, évidemment……elles ont déjà tout….. »

    permettez-moi de parler d’une autre « pollution » de débat chez vous… en ce cas.

    c’est ici :
    https://www.aimeles.net/presidentielles-2017-une-femme-ou-le-candidat-des-femmes/3/

    c’est pour venir commenter un texte qui a écrit ce genre de choses:
    « Plus significatif encore, sous l’influence d’une femme qui a l’âge d’être sa mère, il aurait été déclaré victime de pédomaltraitance s’il avait été fille. En effet, son professeur qui est devenu sa femme depuis, Brigitte, a abusé de lui alors qu’il n’avait que 16 ans et elle 41. La corruption de mineur par personne ayant autorité n’a pas été retenue. »

    son auteur est celui aussi cité ici:
    https://fr-fr.facebook.com/osezlefeminisme/posts/le-fameux-article-abominable-de-leonidas-durandal-apologie-du-viol-est-de-retour/386616624804876/

    bref, retournez donc svp lire du Durandal, qui vous plaît tant, car vous ne comprenez visiblement rien à cette série…

    https://lahainesurinternet.wordpress.com/2015/12/22/leonidas-durandal-et-les-femmes/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.