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Mettre chaque chose ? sa juste place

Break dans ma lecture des actualit?s et du raz de mar?e d’interpr?tations diverses rigolotes ou apocalyptiques selon les conditionnements des uns ou des autres … respiration, senteur de notre jardin de fleurs, l’oiseau qui passe …

Est ce que tout est ? jeter dans ce qu’on lit face au d?ferlement d’interpr?tations, d’hyper-sensibilit? face ? ce qu’on ne contr?le pas, donc ultimement face ? nos peurs ?

 

 

Bien s?r que non, il existe autant de mani?re de se lib?rer que de chemins pour le faire que de personnes qui vont les suivre … des outils qui servent ? comprendre, et ? avancer …la V?rit? est ?parpill?e comme des milliers de semences d’?toiles dans toutes les v?rit?s , faut chercher, faut tamiser, faut faire le boulot soi m?me, la compr?hension intellectuelle ne donnera qu’un exemple de clart?, pas la sortie …

Mais une chose est s?re, quand on tourne en rond dans le cirque du quotidien, en projetant nos peurs sur notre couple, nos amis ou ceux qui ne nous rejoignent pas dans notre croisade du moment, quand on se limite comme cheminement ? ce qui est d?s le d?part une des raisons de notre arr?t de cheminement, quand on parle de haine et de division, quand on s’?rige comme avocat et juge des autres alors que sa propre cour n’est pas balay?, quand on utilise des termes donn?s par ses ?geoliers, ben faut pas s’?tonner que le chemin r?sonne avec notre vision …

Avec les modifications ( terrestres, plan?taire, ?conomique, culturelle..) et les manifestations se produisant actuellement, et allant se produire, de plus en plus, selon ma perception, le plus important n’est ni la r?action ni l’absence de r?action mais, bien plus, de vous situer vous-m?me par rapport ? cela.

Qui pose la question de quoi ? celui qui a peur, ou celui qui observe ?? le r?actif ou le t?moin ?

Je vous propose la lecture d’un bon texte l? dessus :

La pens?e et la peur sont li?es, elles ne sont pas s?par?es.

Qu?est-ce que la pens?e ? En quoi consiste le processus de notre pens?e, la nature m?me de la pens?e ? pas ce que je pense ou ne pense pas, mais l?acte m?me par lequel pense l?homme ? Assur?ment, c?est une r?ponse, une r?action de la m?moire, l??cho de l?exp?rience devenue savoir. L?homme a accumul? un vaste savoir ; cette accumulation est issue de l?exp?rience, stock?e dans le cerveau sous forme de m?moire. Et la r?ponse de cette m?moire, c?est la pens?e. Sans m?moire, il n?y aurait pas de processus de la pens?e. Ce serait l?amn?sie totale.

Mais la pens?e, ?tant bas?e sur le savoir, ne peut ?tre que fragmentaire ; il ne peut y avoir de pens?e compl?te, totale, puisqu?elle est la r?sultante du savoir, qui est stock? dans le cerveau ; or ce savoir, c?est le pass?. C?est tout simple. La pens?e est toujours limit?e parce qu?elle est issue du savoir, et que le savoir, si vaste, si profond soit-il, est limit?. On ne peut poss?der le savoir absolu, la connaissance totale dans aucun domaine, quel qu?il soit.

La pens?e, donc, est la r?ponse de la m?moire, et la m?moire est le produit du savoir, c?est-?-dire du pass?, emmagasin? dans le cerveau. La pens?e peut imaginer l?infini, l?illimit?, mais elle reste limit?e parce que, soit-elle m?me appliqu?e ? penser l?illimit?, la pens?e reste limit?e.

C?est l?homme qui a cr?? Dieu, et a d?cr?t? son omnipotence, son universalit?, son amour ?ternel, sa compassion ? donnant ? cette chose qu?il a cr??e certains attributs ; mais cette chose, c?est toujours le mouvement de la pens?e, que ce Dieu appartienne ? la religion hindoue, musulmane, chr?tienne ou autre. Dans l?incapacit? de r?soudre ce probl?me de la peur, la pens?e invente une entit?, un agent ext?rieur ? Dieu, l?autorit?, le sp?cialiste, le psychanalyste, le pr?tre, etc., etc.? pour m?aider ? r?soudre le probl?me. La pens?e est limit?e et, quelles que soient les circonstances, elle ne peut jamais ?tre libre car elle est issue du connu.

Le connu est toujours le pass?, et reste par cons?quent prisonnier de ses limites.

Quelle relation y a-t-il donc entre la pens?e et la peur ? La peur, c?est le temps. Le temps c?est le mouvement. La pens?e c?est le mouvement. La pens?e, c?est le temps.

N?acquiescez pas ? mes propos ; je vous en prie, faites vous-m?me ce constat. Pour faire quelque chose, je dois penser, r?fl?chir, et ensuite j?agis. Le temps signifie le mouvement entre ici et l?-bas, et la pens?e est aussi un mouvement, qui part du connu, modifi? par le pr?sent, et qui se poursuit. C?est le m?me mouvement, c?est donc le temps. La pens?e et le temps ne font qu?un, or nous disons que la peur est essentiellement de l?ordre du temps. On a peur de ce qui pourrait arriver demain, ou on craint que ce qui s?est d?j? produit dans le pass? ne risque de se r?p?ter dans l?avenir.

On a ?prouv? une douleur physique enregistr?e par la m?moire sous forme de souvenir,et voil? que la pens?e dit : ? J?esp?re que je ne vais pas subir ? nouveau la m?me souffrance demain ?. Ce genre d??v?nement arrive quotidiennement. Ainsi, l?incident pass?, douloureux ou agr?able, est enregistr? dans le cerveau. L?espoir de ne pas voir resurgir la douleur est une forme de peur.

La pens?e et la peur sont donc ?troitement li?es. La racine de la peur est la nature de la pens?e. La pens?e engendre la peur. La peur de perdre, la peur de ne pas avoir la s?curit? int?rieure, la peur de la solitude, la peur de l?isolement, tout cela provient de la pens?e. Si le temps sous forme de pens?e est la racine de la peur, alors de quelle fa?on la pens?e peut-elle prendre fin ? Ou plut?t, le cerveau peut-il ne pas enregistrer un incident qui est douloureux ou agr?able ? Je suis s?r que, pour la plupart, vous avez d?j? ?norm?ment souffert chez le dentiste. Cette douleur est enregistr?e, et la pens?e dit : ? J?esp?re ne plus souffrir ?. Il y a toujours cette appr?hension de voir revenir la douleur. Pouvez-vous aller chez le dentiste, souffrir, et, d?s que vous quittez le cabinet dentaire, mettre fin ? cette souffrance, ne pas la perp?tuer ? Avez-vous d?j? essay? ?

Il est capital de saisir ce point. Ce qui constitue votre conscience, c?est son contenu, votre avidit?, votre envie, vos exp?riences, votre nom, votre forme, vos souvenirs, vos croyances, vos angoisses, vos peines, vos opinions, vos jugements, vos valeurs ? c?est cela et bien plus encore qui constitue votre conscience. Cette conscience est conditionn?e. Et les actes issus de cette conscience ne peuvent mener qu?? la confusion, puisque le contenu est lui-m?me confus.

Si la pens?e engendre la peur, alors quelle place revient ? la pens?e dans l?action ? Si nous agissons m?s par la peur, ce qui est le cas pour la plupart des gens, alors cette action ne peut que susciter la confusion. Car la peur est une chose terrible : elle entra?ne un retrait, un r?tr?cissement, et pas seulement physique : le repli est aussi int?rieur, psychologique. Et quand l?action s?effectue sur ces bases, elle est in?vitablement source de confusion, de conflit, de malheur.

Il importe donc de d?couvrir si la peur peut prendre fin de mani?re d?finitive, absolue, afin que la d?livrance de ces peurs psychologiques ne soit pas seulement occasionnelle, mais qu?il en soit fini d?elles de mani?re absolue. Si, psychologiquement, on est affranchi de la peur, alors il est tr?s facile d?affronter la peur physique. Mais quand la peur psychologique est puissante et que la douleur physique apporte aussi sa propre peur, alors je suis en proie ? la confusion totale.

Quelle est donc la juste place de la pens?e si la peur est le r?sultat de la pens?e ? Vous savez que le sens originel du mot ? art ? est : mettre chaque chose ? sa juste place. Il faut donc trouver quelle est la juste place de la pens?e. La pens?e est n?cessaire, mais elle doit rester ? sa juste place, sinon elle prend le contr?le de tout le mouvement de la vie et devient source de formidable chaos, de malheur, de confusion, de division, parce qu?elle est limit?e.

Tablant toujours sur une s?curit? psychologique, nous nous rendons d?pendants de l?autre ; mais quand on d?couvre qu?il n?y a de s?curit? ? attendre ni dans la croyance, ni en Dieu, ni dans cette d?pendance ? l?autre, cette perception m?me est l?intelligence.

Et de l? d?coule un affranchissement complet, absolu par rapport ? la peur.

Krishnamurti ? Ojai le 14 avril 1979.

Lire ?galement :
La Peur
La Peur (1)
Abandonnez l’espoir, ?teignez vos peurs.

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9 Commentaire

  1. avatar

    Quelle excellente idée de placer en UNE un texte qui sort de l’ordinaire, qui nous extirpe de la canicule et de la banalité urbaine, qui nous mène vers des routes oubliées, voire inexplorées, qui nous propose un texte avec un avertissement si merveilleux : « N’acquiescez pas à mes propos ; je vous en prie, faites vous-même ce constat ». Une brise dans un désert d’idées. J’ai découvert, à une heure tardive, une belle profondeur « Au bout de la route », proposée en toute discrétion.

    Pierre R. Chantelois

    • avatar

      Merci pour cette appréciation, mais surtout, merci à Marc Lafontan qui a décidément le tour de nous faire réfléchir et considérer les choses d’un autre point de vue.

      C’est la fin de semaine et ce texte est une brise rafraichissante.

      Alors bonne lecture, réflexion et surtout, bonne fin de semaine tous!

  2. avatar

    À mon avis, il en faudrait un peu plus sur CP de ce genre de texte.
    J’ai toujours cru qu’il fallait des rappels et du positif.
    Il ne faut pas que CP ait l’air d’un corbeau, mais d’un oiseau bigarré, comme la vie et les émotions. Comme la vie et ses « accidents ».
    Pour ceux qui sont de ma génération, je me souviens que certains journaux publiaient des nouvelles ( au sens littéraire).
    On a délaissé ça pour un carré de pub.
    J’oubliais: des romans. Quelques pages par jour.

    • avatar

      Ce qui est dommage est que peu d’auteurs nous offrent ce genre de texte. Je ne connais que vous, Gaëtan et Marc (et quelques-uns d’autres rares spécimens) qui se manifestent en nous partageant ce type de réflexion. J’aimerais aussi qu’il y en ait davantage!

      Qui prendra la plume maintenant?

      Nous avons aussi besoin de pensées et de nouvelles positives pour contrebalancer les nouvelles lourdes et plutôt négatives.

    • avatar

      Et un peu d’humour?

      SÉRIE: Les Grandes Citations

      DG

      (Y) Marc

  3. avatar

    À lire:

    LA PEUR QUI VOUS SAUVE. Comment reconnaître et prévenir la violence

    Gavin De Becker

    Il fait une distinction importante entre l’inquiétude qui est contre-productive et la peur qui elle, est réelle et peut nous sauver la vie.

    Krishnamurti semble faire référence à l’inquiétude et au stress post-traumatique. S’inquiéter, c’est se laisser envahir par des menaces virtuelles ou passées alors qu’avoir peur, c’est réagir face à une menace réelle. Et le danger est qu’à se complaire dans l’inquiétude on devient insensible aux signaux qui pourraient nous sauver la vie lorsque nécessaire.

    Personnellement, la lecture de ce livre m’a permis de faire des distinctions cruciales et m’a permis d’échapper en partie à la stérile inquiétude.

  4. avatar

    Bonsoir Terez,
    il y a , selon ma perception, une différence entre les signaux envoyés par le cerveau reptilien ( ce dont parle De Becker ) qui sont génétiques et signalent un réflexe vers la survivance de l’espece, et la peur reconnue comme telle et dépassée selon Jiddu Krishnamurti ..

    Dans le cas du philosophe indien, le signal est compris, observé, avec ou sans réaction, parce que le mental ( donc celui qui analyse le signal) n’est plus le transmetteur principal …. celui qui observe, le « hors-personnalité », le Témoin comme l’appelent certains qui le vivent ou l’ont vécu, regarde comment la personnalité réagit , comme une personne observant une partie d’elle même dans le même corps (pour mettre ça hyper basique comme explication).

    Donc, pour te répondre, non, Jiddu ne parle pas d »inquiétude ou stress post-traumatique » mais d’un stade au delà du mental et des réflexes action -réaction générés par un cerveau relié à notre espece ..
    .
    La différence réside dans l’acceptation de ce qui Est, versus la réaction du mental face à ce qui nous échappe.. la différence entre contrôler une peur/un traumatisme/une situation qui nous échappe versus une confiance envers ce qui arrive, ce qui peut passer pour de la nonchalance style bisounours new age ou de la peur contrôlée, mais qui est en fait un regard de témoin plutôt que réactif…

    Il y a une grande différence entre une analyse psychologique / aide au contrôle, et un cheminement en soi et un déconditionnement aux réactions .. en bout de compte, dans ce genre de texte, tout dépend du cheminement de chacun et donc compréhension face à ce qui proposé pour dépasser certains conditionnements qu’on croise dans le dur labeur de se libérer de certaines valises qu’on traîne inconsciament à cause de nos familles, vécu, fausses perceptions, éducations, société, couple, peurs, etc….

    Dans le 1er cas, tu as un contrôle, donc tu restes dans le même conditionnement, mais tu as juste changé l’approche, t’es toujours dans la même cage, t’as juste changé ta perception dans la cage..

    Dans le second cas, tu as une acceptation qui se passe de justification et de contrôle parce que tu as non une connaissance (acquis mental) mais un savoir (acquis par la pratique hors mental ) tu es hors la cage, ce qui, bien évidement, justifie que tu as eu au départ conscience qu’il y a une cage et que c’est toi, et non le systéme qu’on dénonce qui n’est en bout de compte que la manifestation de notre intérieur … le reste, les -ismes, les soubresauts, les dénonciations, les débats, l’information, ne sont que les confettis de la dénonciation…

    Il est vrai que le texte proposé est court, et définitivement sorti de son contexte au niveau du cheminement qui méne à cette étape proposée….

    amicalement
    marc

  5. avatar

    Merci Pierre, François et Gaetan .. gros becs

  6. avatar

    @Denis : une chance qu’il nous reste l’humour pour tâter les barreaux … au delà, la Joie …