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Centpapiers

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    • Journalisme pendant une dizaine d'années dans un quotidien régional en France, Olivier Pierson est arrivé au Québec en juin 2007 pour ne plus repartir. Depuis, il est journaliste pigiste, en collaborant notamment pour des sites internet consacrés à l'emploi et au monde de l'entreprise. Il est aussi l'auteur d'un recueil de chroniques intitulé Dans mon Québec au Canada.

    Metallica, côté jardin

    24 septembre 2009 | 0 commentaire(s) | vu 1 023 fois
    Flickr: wonker

    Flickr: wonker

    J’y étais. J’ai renoué avec Metallica et sa rythmique volcanique. J’ai hurlé comme un bourrin, j’en ai pris plein les écoutilles. Deux bonnes heures de show titanesque dans un Centre Bell gavé comme une oie. Mais tout ça, c’était côté scène. Petit rappel d’un concert de heavy metal… côté jardin.

    Noir c’est noir : un fan de Metallica se doit de porter du noir, la couleur du ralliement. Et si le nom du groupe est écrit en grosses lettres dessus, c’est encore mieux (le tatouage est une option, quoique pas inutile pour impressionner les débutants). Le côté obscur est primordial, qu’importe la tribune choisie : un pull, un tee-shirt, un pantalon, des chaussettes… jusqu’au slibard (les poils pubiens et sous les bras ne sont pas pris en compte). Si vous voulez vous faire remarquer à ce genre de concert, mettez une cravate, ou une chemise rose pâle sous votre polo sombre, comme moi… A éviter : les chandails de Iron Maiden et de tout ce qui rappelle la concurrence.

    L’avantage du noir, c’est qu’il n’est pas salissant. À méditer si vous optez pour le plancher des fans, vous savez, le champ de bataille situé près de la scène. Dans le jargon, on appelle ça « la fosse », autrement dit la basse-cour des purs et durs, l’endroit par excellence pour les pogos et les gesticulations collées serrées.

    Un petit mot aussi sur le code vestimentaire, généralement sobre et déglingué. Une seule consigne : être à l’aise, et ne pas avoir de remords si votre voisin déverse sa bière ou gerbe sur vos fringues. Il va sans dire que la coquetterie est exclue, sauf pour un concert de Kiss où le maquillage est autorisé. Sans être un facteur de lynchage, cela peut devenir un prétexte d’exclusion. Eh oui, l’habit fait le fan !

    Les chaussures : là encore, impossible d’ignorer les incontournables. Un vrai fan de Metallica – et de façon plus large un adepte de hard rock – ne vient pas en mocassins. Il chausse lourd, c’est son centre de gravité. Les classiques : les bottes de l’armée (certains enfilent même un treillis) ou de moto, les Doc Martens… Plus la godasse est grosse, plus c’est un vrai. Inutile de vous dire que dans une mêlée de fous furieux, ce genre de souliers protègera efficacement vos pieds. À proscrire : les tongs.

    La police : c’est un autre indicateur pour bien comprendre le thème de la soirée. Contrairement aux croyances, un concert de hard rock n’est pas un ring de boxe et les bagarres sont plutôt rares. C’est un peu comme le hockey : viril, mais correct. Cela dit, la prévoyance préconise une forte présence policière. Il va de soi que pour un rassemblement évangélique, la dissuasion serait allégée.

    Je hurle, donc je suis : le vrai fan aime répéter ses gammes avant la grand-messe. Et bien souvent, comme il a picolé avant… il beugle (les plus mélomanes accompagnent leurs prouesses vocales de rots). Si vous voyez un attroupement, c’est une chorale, et une chorale hard, c’est pas bon signe ! Nuance : crier, ça ne fait pas heavy. Hurler, c’est autre chose. Bienvenue dans la dimension des convertis. Et puis ça fait rire les potes, et ça exacerbe la masculinité.

    Pour terminer, à noter que pendant un concert de heavy metal, et contrairement aux salles de classe, les cancres sont toujours devant, les plus sages préférant rester en retrait dans les gradins. Si vous faites partie de la première catégorie, il est conseillé de consulter un médecin, lequel vérifiera la robustesse de votre nuque. Un bon maniaque de metal possède un coup musclé, ce qui l’autorise à tourner la tête frénétiquement sans risquer de se briser les cervicales (c’est con de mourir pendant un concert de ses idoles). Si vous voulez plaire aux filles, faites-vous pousser la tignasse. Vous pourrez alors à votre guise imiter la machine à essorer les cheveux, un indémodable des concerts de hard rock…

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