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Merci, Monsieur Fourcade !

L’immense Martin Fourcade vient, ce week-end, de courir et de gagner la dernière course de biathlon de sa prodigieuse carrière. Il laissera l’image d’un champion d’exception et d’un homme au comportement exemplaire. Un modèle pour tous les jeunes sportifs… 

Samedi 14 mars. Pandémie de Covid-19 oblige, les épreuves de ski nordique d’Oslo-Holmenkollen, programmées du 18 au 22 mars, ont été annulées pour éviter la propagation du virus et la mise en danger des athlètes et de leur staff technique. C’est donc à Kontiolahti (Finlande) que se déroule la dernière course de biathlon de la saison 2019-2020. Une poursuite engagée dans des conditions de vent difficiles qui, à un moment ou un autre, poussent tous les protagonistes à commettre des fautes sur le pas de tir. Jusqu’au dernier tir et au dernier tour à ski de cette ultime épreuve, le suspense reste entier…

15 h 23 : Martin Fourcade (31 ans), un large sourire aux lèvres, franchit la ligne d’arrivée en vainqueur. Il précède ceux qui, au plan national, vont lui succéder désormais au sommet de ce sport si attachant : Quentin Fillon-Maillet (27 ans) et le jeune Émilien Jacquelin (24 ans). Un triplé tricolore qui vient boucler en forme d’apothéose cette très belle saison des biathlètes bleus, symbolisée lors des derniers championnats du monde d’Antholz (Italie) par une superbe victoire lors du relais hommes. Comble de bonheur pour Martin Fourcade, c’est sur ce même site de Kontiolahti – déjà sur une poursuite – qu’il avait obtenu sa 1ère victoire individuelle le 14 mars 2010, dix ans plus tôt, jour pour jour. La boucle était bouclée, et de belle manière !

Johannes Boe (26 ans), le successeur de Martin Fourcade à la tête du biathlon mondial, termine 4e de cette course. Un résultat qui permet au champion norvégien de devancer – pour seulement 2 petits points – son rival français dans la quête de son 2e gros globe de cristal, trophée qui, rappelons-le, récompense le meilleur biathlète de la saison. Samedi, c’est définitivement à une passation de pouvoir que nous avons assisté entre le Français sur le départ et le Norvégien qui a toutes les qualités pour être le nouveau grand patron du biathlon comme l’avait été, avant Fourcade, l’autre géant de cette discipline : Ole Einar Bjørndalen. Une passation de pouvoir que Martin Fourcade accepte et résume ainsi au micro des journalistes de L’Équipe 21 avec la simplicité et la lucidité qui l’ont toujours caractérisé : « Le roi est mort, vive le roi. Bravo à Johannes Boe pour sa victoire qu’il mérite amplement. »

Chaleureusement félicité par Johannes Boe pour son succès de Kontiolahti – la 83e victoire individuelle de sa fabuleuse carrière – Martin Fourcade a mis un point d’honneur à rester sur l’aire d’arrivée de la poursuite pour accueillir l’un après l’autre tous les concurrents de cette ultime épreuve. Mieux qu’un long discours, ce très beau geste illustre parfaitement le respect qu’a toujours porté le champion français à ses adversaires. Un respect qui lui est rendu sans réserve par les biathlètes de toutes les nations, lesquels ont donné au Pyrénéen une accolade sincère, symbolique de l’immense popularité dont il jouit dans le milieu du ski nordique, et sans doute bien au-delà.

« Le petit gamin des Pyrénées que j’étais quand je suis arrivé dans le monde du sport il y a 10 ans […] n’aurait jamais rêvé d’une telle aventure. Je suis extrêmement fier de ce que j’ai pu réaliser […], je ne regrette rien », a dit Martin Fourcade au micro de L’Équipe 21. Comment pourrait-il en être autrement ? Voilà un athlète qui, sa carrière achevée, peut s’enorgueillir de 5 titres olympiques, 11 titres de champion du monde et 7 gros globes de cristal. Un palmarès de rêve, né d’une volonté farouche de conquête et d’une capacité hors normes à puiser au fond de lui-même les ressources pour lutter contre l’adversité.

En définitive, le seul regret que l’on peut avoir sur les conditions de cette fin de carrière est imputable au coronavirus. Sans le Covid-19, ce n’est pas sur le stade de Kontiolahti, désert pour cause de huis-clos, que Martin Fourcade aurait livré son dernier combat, mais sur le mythique stade d’Holmenkollen sous les acclamations de dizaines de milliers de Norvégiens experts en biathlon pour qui le champion Pyrénéen est, au fil du temps, devenu une légende à l’égal d’Ole Einar Bjørndalen.

Merci, Martin, pour tout ce que vous avez donné à ce sport !

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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