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Merci d’être velus !

Par ces temps estivaux, les corps se dénudent, et les poils s’exhibent, à moins que, ne cédant à une mode qui prend de l’ampleur chaque jour un peu plus, l’épilation ne continue à faire des ravages, les adeptes de l’épilation se demandant à quoi pourraient-ils bien servir ?

Cette question mérite en effet d’être posée, et tombe pile poil, car tous ces poils dont la nature nous a dotés avec plus ou moins d’abondance, n’ont-ils aucune utilité ?

Le poil, ce n’est pas anodin, c’est même devenu une unité de mesure…à un poil près…au ¼ de poil…et puis le poil invite à l’érotisme, à une forme d’émancipation ?…tout le monde à poil !?

Par contre l’expression « s’arracher les cheveux » décrirait une personne furieuse, tourmentée…

La légende veut que Samson tenait sa force prodigieuse de sa chevelure, et que la traitresse Dalila l’en avait privé en la lui coupant…

Les cheveux donneraient-ils de la force ?… Toujours est-il que la chevelure est considérée depuis toujours comme un symbole de séduction chez la femme…mais aussi comme un symbole de force chez l’homme.

Les légendes antiques affirment que couper sa chevelure pour en faire un don aux dieux était l’offrande suprême… elle dit aussi que Bérénice offrit une boucle de ses cheveux à Aphrodite afin que Ptolémée, son époux, revienne vivant de la guerre en Syrie.

Plus tard, chez les Francs comme chez les Gaulois, la chevelure était synonyme de noblesse et de puissance, et si le roi de France la perdait, il perdait automatiquement son trône, ce qui avait permis aux Maires du Palais de se débarrasser des célèbres rois fainéants en les faisant raser, avant de les cloitrer. lien

En fait, couper ses cheveux est un symbole de soumission, et jadis, lorsqu’un peuple était réduit en esclavage, l’oppresseur s’empressait de lui couper les cheveux, convaincu qu’une fois qu’ils seraient coupés, la force des hommes diminuerait, rendant leur fuite plus difficile.

D’ailleurs, lors de la guerre du Vietnam, les forces spéciales américaines confiaient souvent des missions difficiles à leurs recrues d’origine amérindienne, mais ceux-ci échouaient car, une fois engagés, leurs cheveux avaient été coupés à raz, les privant, selon eux, de leur 6ème sens.

Aux Indes, les sages, appelés Sâdhus, atteignent un haut niveau de sagesse grâce à la méditation et au yoga, laissant pousser leurs cheveux sans jamais les couper.

Les scientifiques proposent une explication : chaque partie du corps humain possède une fonction, cheveux et poils compris, et ils affirment que l’on peut considérer les cheveux comme des « nerfs extériorisés », formant une sorte de capteur évolué, lequel transmet beaucoup d’informations au tronc cérébral, au système limbique et au néocortex, stimulant aussi la glande pinéale, ce fameux3ème œil. lien

Mais revenons à nos poils…

poils

Cette tendance à l’épilation, concernait d’abord la gent féminine, et s’est largement répandue chez les males, lesquels n’hésitent plus maintenant à raser, voire à épiler tous les poils de leur corps.

D’abord les aisselles, s’étendant plus tard à tout leur corps… la guerre contre les poils serait donc déclarée.

Mais est-ce sans risques ?

Si l’on songe aux moustaches des chats, qui comme chacun sait, comporte 24 poils, appelés vibrisses, on pourrait essayer de comprendre quelle serait l’utilité de nos poils.

Pour nos amis félins, leur absence serait une quasi tragédie, car ces poils, implantés profondément, leur donnent des indications essentielles.

Ils leurs permettent en effet de se déplacer sans problèmes dans le noir le plus complet, car ces vibrisses, enracinés profondément dans leur peau, reliés à des nerfs, transmettent différentes informations, puisqu’ils captent facilement le moindre courant d’air, le moindre souffle, permettant ainsi de détecter les obstacles éventuels, mesurant aussi la vitesse du vent. lien

Si les poils des chats permettent ces performances, nos poils humains seraient-ils donc sans le moindre intérêt ?

D’après le dermatologue Philippe Assouly, les poils participent à notre sens du toucher, en jouant le rôle d’antennes, ajoutant que la sécrétion et l’évacuation de la sueur par les glandes apocrines sont bien à l’origine d’odeurs fortes, mais n’ont rien à voir avec la pilosité de ces régions. lien

Pour les scientifiques, ces poils sont quelque part le vestige de notre vie archaïque, lorsque l’homme préhistorique, vivant nu, était couvert d’une forte pilosité qui, recouvrant tout son corps, le mettait ainsi à l’abri de la morsure du froid, permettant aussi une régulation de la température.

Nous n’en sommes plus là aujourd’hui, ayant trouvé d’autres moyens de ne plus avoir froid, mais pourtant, les poils ont d’autres utilités : ils nous protègent par exemple des effets néfastes des rayons ultraviolets que nous envoie généreusement l’astre solaire.

Quant à nos poils pubiens, et a ceux de nos aisselles, ils jouent un rôle protecteur contre les irritations, mais ils seraient aussi capables de capter les odeurs, en particuliers celles émanant des phéromones lesquelles jouent un rôle essentiel dans nos vies sexuelles.

Mais ce n’est pas tout.

Le poil permet une meilleure hydratation de la peau, car la glande sébacée guide le sébum le long du poil vers l’extérieur, mais il ne se contente pas seulement de ça, il retient les odeurs, notamment sous les bras et sur le pubis conservant ainsi les odeurs sexuelles, qui par les phéromones émettent un puissant signal érotique qui permet de belles rencontres.

D’autre part, l’action de raser ou d’épiler crée une irritation et une inflammation des follicules, causant ainsi de multiples blessures microscopiques, rendant notre peau plus vulnérables à de dangereuses bactéries, mais aussi aux infections par l’herpes.

Faisons un détour du coté des poils du nez, ou des oreilles…

Outre qu’ils filtrent les sons, les odeurs, et certaines poussières, ils peuvent aussi nous alerter si un insecte tentait de pénétrer dans ces orifices fragiles. lien

Mais cette obsession de se débarrasser de nos poils a aussi passionné les psychiatres, lesquels voyant dans cette volonté un refus de grandir et aussi une peur des rapports sexuels prennent les adeptes de l’épilation à rebrousse poil.

Ceux qui pratiquent donc l’éradication du poil auraient donc un souci de distanciation vis-à-vis de la virilité, l’associant de fait à l’animalité. lien

Tout ça fait les bonnes affaires du marché de l’épilation, qui, reprenant du poil de la bête, selon « the Independant » aurait généré plus de 2 milliards de dollars en 2011 aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, 59% des américaines de 18 à 24 ans épilent ou rasent complètement leurs poils pubiens et elles sont encore 32% à le faire entre 30 et 39 ans. lien

De quoi faire dresser les poils sur la tête !

Quant aux hommes, ils suivent le même chemin avec un peu de retard, même s’ils ont parfois un poil dans la main…

Nouvelle qui est donc au poil pour ceux qui s’enrichissent de ce juteux commerce…

Comme dit mon vieil ami africain : « n’oublie pas que la terre se réjouit de sentir tes pieds nus, et que le vent joue volontiers avec tes cheveux ».

L’image illustrant l’article vient de l’essentiel.lu

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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    Les hommes deviennent victimes du modèle qu’on cherche à leur faire adopter, eux qui avaient pourtant mieux résisté que les femmes à toute forme de pression sociale. On pouvait leur envier cette liberté d’être, même si parfois elle débordait sur la liberté des autres. Il reste que les hommes assumaient mieux leur nature.

    C’est assez paradoxal de voir tout ce qui nous est proposé pour transformer notre nature. A croire qu’avec moins de poils, plus de botox on saura mieux évoluer.

    A plusieurs égards, on fait table rase des individus pour les modéliser, ce qui donne d’ailleurs lieu très souvent à des scénarios cocasses, car il n’y a rien de moins naturel que quelqu’un qui essaie de se conformer à un modèle.

    J’avais entrevu qu’un jour les hommes passeraient plus de temps à la salle de bain que les femmes. C’est inquiétant… car on aura à redéfinir les rôles: qui sort les vidanges (parfum et poudre étant incompatibles avec le monde de la réalité.. car la réalité est devenue un monde à part)?

    Nous ne sommes plus heureux d’être qui nous sommes. D’ailleurs l’avons-nous déjà été? Assurément, nous faisons défaut de liberté, le seul bien avec la vie que nous possédons et duquel, tout comme pour la vie, il faut prendre soin.

    Par vagues, au fil des époques, nous imitons nos singeries. Certaines maintenant ne redéfiniront pas que nos garde-robes. Comment la nature profonde d’un être humain pourra-t-elle se conformer entièrement, sans pénibles adaptations, ni sans mettre en péril tout ce que nous construisons dans un monde façonné pour ne pas nous ressembler.

    Etre c’est se projeter. On ne peut pas se projeter quand on est sans cesse traqué (de l’intérieur comme de l’extérieur). J’avais déjà mentionné dans un texte que nous nous dirigions aussi vers des sociétés aux couches, symbole puissant de l’infantilisation et du renoncement.

    Rien n’est banal lorsqu’il est question de redessiner les hommes et les femmes et de faire flotter dans leurs têtes des airs à 4 temps, comme une tondeuse d’idées, sans que coule dans leurs veines un sang nouveau. La révolte a perdu la partie bien avant de pouvoir naître.