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Mario Dumont contre la blogosph?re

D’apr?s Antoine Robitaille du journal Le Devoir, Mario Dumont « n’aime pas tellement les blogues. Le chef ad?quiste y voit « une fa?on id?ale pour quelqu’un d’aller gaspiller beaucoup de son temps » et croit qu’il est pr?f?rable de travailler sur le terrain que dans le cyberespace. »

Quelle belle assertion ! Bien qu’elle soit possiblement maquill?e car cet homme, lors des derni?res ?lections, d’une mani?re directe ou non, a assur?ment fait avancer ses pions dans l’?chiquier de la blogosph?re. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que chaque petite victoire est importante. Par contre, c’est clair qu’aux yeux des m?dias, il doit avoir l’air de l’homme qui veut sentir les vraies gens, se farcir de ph?romones, toucher le rugueux, tout ce qui est (facilement) manipulable, et tout le tralala ! Selles de boeuf

Mais, pour sortir de l’hypoth?se, j’aimerais analyser la politique sur le terrain versus la politique sur le web, dans l’optique o? Mario Dumont pense vraiment ce qu’il dit. Et, tant qu’il n’y a pas de certitude sur la question, je vais ?tre s?rieux et analyser ses propos comme ?tant de l’argent sonnant !

Comme premier ?l?ment, je crois qu’il faut voir que la communication sur le terrain passe plus par le langage corporel et la rapidit? des interventions, comme dans une s?ance de « speed dating », ce qui ne permet pas l’?laboration d’un dialogue d’?gal ? ?gal, ?tant donn? qu’il ne s’agit pas justement de la poursuite d’une relation amoureuse. C’est essentiellement une entreprise de charme qui repose sur la d?stabilisation du citoyen par la poign?e de main, le sourire racoleur, et bien s?r les « pick up lines » issu du « brainstorming » psychosociologique…

Et quand il y a discours d’un politicien-vedette, je me pose la question ? savoir si dans l’assistance il y a des gens qui sont l? express?ment pour se faire une opinion. J’ai un gros doute. Donc ici, sur ce quoi on mise, c’est sur le royaume de la partisanerie, de la manipulation et du vedettariat ? la limite du clich? : ?a ne peut plus voler bien haut, ?tant donn? que la population en g?n?ral ne sort plus de chez elle pour la politique ; ? peine pour voter aux ?lections.

Par contre, sur le web, il y a un effort des deux c?t?s puisque l’?criture et la lecture sont libres dans le temps, alors la r?flexion est de mise : elle encourage l’analyse, donc l’intelligence du citoyen. S’il y a manipulation de l’information, tous les outils et m?me de l’aide sont disponibles pour le faire ressortir. Si le propos est illogique, les internautes et les blogueurs pourront le d?montrer. Il y a un net d?sir de responsabilisation citoyenne et nous en sommes seulement qu’aux premiers balbutiements.

En r?sum?, il y a plus de possibilit?s de brassage d’id?e sur le web, de plus en plus participatif, m?me si je crois que la place de la politique dans le cyberespace est encore trop concentr?e dans les m?dias corporatifs, d’o? le m?pris de Mario Dumont envers la blogosph?re libre, ? tendance politique (et il faut se rappeler sa r?ponse positive et tr?s rapide ? l’invitation ? souper du tr?s m?diatis? blogueur Patrick Lagac? pour s’en convaincre). Mais, il changera bien son fusil d’?paule quand les habitudes des gens changeront, ce qui devrait se faire assez rapidement ? mon avis.

En fin de compte, la suppos?e nouvelle fa?on ad?quiste de faire de la politique est plut?t archa?que, comme je le disais dans mon dernier texte sur la b?vue de Simon-Pierre Diamond. Pour utiliser un terme en contradiction avec la transparence, l’opacit? des tactiques ad?quistes rel?ve de l’anti-d?mocratie. Le fait de privil?gier la forme au d?pend du fond est assez d?monstratif d’une d?marche qui vise ? faire ressortir le c?t? r?actionnaire des gens, tant dans la r?action ? un contact de proximit? (sur le terrain), qu’? une r?action envers des positions lacunaires, qui encouragent la paresse intellectuelle et donc la sympathie envers leur cause. La haine des intellectuels, ainsi que des politiciens qui s’assument en tant que tels, est un bon filon pour eux.

La blogosph?re politique propose une prise en charge de sa propre opinion, et fait la promotion de la libert? de penser de chacun. Qu’un politicien comme Mario Dumont le d?nigre est tr?s repr?sentatif du peu d’estime qu’il semble avoir pour la libert? de ses concitoyens, en dehors de la complaisance partisane. Je me demande bien comment les blogueurs ad?quistes ont pris le coup…

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5 Commentaire

  1. avatar

    Bonjour. Imaginez que vous décrivez le même comportement, mais que vous intitulez l’article  » Mario Dumont, en marche vers la blogosphère » et que vous concluez sur l »immense estime pour les gens de Dumont , qui adapte son cheminement au rythme de leur évolution… »

    J’espère que vous prenez autant plaisir que moi à blaoguer sur la politique québécoise :-))

  2. avatar

    Excellent point de vue Renart !

    J’aimerais rajouter :

    Voilà pour la vision autonomiste de Mario Dumont, qui s’avère davantage maintenant être de plus en plus une vision opportuniste. Soit celle de faire de la politicologie théorique et du blocage collusoire systémique. Du rôle finalement d’un troisième parti tout en étant curieusement rémunéré à coup de millions par l’État pour se faire. Comme certains détracteurs le prétendaient sans les avoir cru dans un premier temps. Puisque Mario semble malheureusement exercer sur ses députés, par ce genre d’exemple concret, une très néfaste influence finalement axée sur le laxisme à outrance. Phénomène que l’on retrouve malheureusement très présent dans l’équipe libérale au pouvoir. Ce pourquoi j’avais voté pour l’ADQ en mars dernier. J’ai donc voté pour le changement afin qu’en autres, il y ait une action concrète démocratique qui se fasse dans mon dossier. Je réalise maintenant que j’ai plutôt voté indirectement pour le maintien au pouvoir de l’équipe libérale de M. Charest. Donc, du statu quo et du risque que ne se concrétise jamais un règlement pour le moins légitime pourtant dans mon dossier. Soit en comptant sur la bonne foi de politiciens n’ayant finalement aucunement à cœur ce que représente la sauvegarde des valeurs de dignité, d’honneur et de réputation lorsqu’il s’agit d’autres personnes qu’elles-mêmes. Nonobstant que cette sauvegarde soit garantie à l’article 4 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

    Ainsi, par l’ampleur et l’importance accordées par M. Charest à sa fameuse commission futile sur les accommodements raisonnables et générant strictement, à mon avis, autres dépenses gênantes pour l’État et les contribuables, je ne puis autrement maintenant penser que mes chances auraient été meilleures du respect de mes droits garantis à la Charte si je portais le kirpan en tout temps sur moi, me coiffais d’un turban permanent à la tête et m’exprimait uniquement dans la langue de Molière.

    Vous comprendrez sûrement mieux maintenant mon énorme déception d’avoir douloureusement compris ce qu’il en était vraiment de cette notion de nation et d’autonomie distincte laquelle a raccordé parfaitement notre premier ministre, le chef de l’opposition officielle et M. Boisclair dans le temps. Et il faut maintenant en inférer du pourquoi tout cela a semblé si facile de les mettre tout trois d’accord avec cette vision.

    A mon avis, M. Boisclair a travaillé volontairement dans le sens de ne faire passer le P.Q au pouvoir ; ce qui lui a valu la direction de la porte de sortie au presque de la part des militants péquistes qui ne sont tout de même pas dupes des raisons réelles derrière sa performance pour le moins ordinaire. M. Dumont a travaillé dans le sens de faire en sorte que le P.Q ait encore moins de votes de façon à laisser dormir presque ainsi M. Charest. D’ailleurs la campagne de ce dernier en témoigne en ce sens ; n’ai-je pas raison ? Puisque M. Charest pensait vraiment avoir la vie facile avec cette stratégie planifiée sournoisement d’avance. Or ce sont bien les électeurs, qui, eux, ont presque créé la surprise dans la méprise…

  3. avatar

    Bonjour.

    Ma pensée sur ce bel article se résume comme suit : nous autres journalistes politiques, trouvons quelque fois des informations assez originales, pour ne pas dire des scoops, dans certains blogs politiques. Pour ce qui me concerne, je ne peux que m’en réjouir.

  4. avatar
    Renart L’éveillé

    Pierre JC Allard,

    oh ! que oui ! Je me plais bien à bloguer même s’il semble que l’influence de la blogosphère soit encore trop ténue à mon goût… Il faudra aller au-delà de l’effet de mode pour voir si ç’a aura valu la peine de mettre autant d’énergie.

    Daniel Bédard,

    « A mon avis, M. Boisclair a travaillé volontairement dans le sens de ne faire passer le P.Q au pouvoir »

    C’est une accusation lourde de sens celle-là, non ?

    Boubacar DIASSY,

    je m’en réjouis aussi, dans le sens où ce sont les citoyens qui sont gagnants, en fin de compte. Reste à savoir s’ils veulent en profiter ou non.

  5. avatar

    Les accrocs et bourdes de M. Boisclair étaient tellement nombreuses que je n’ai réellement pas reconnu le même homme politique d’avant son départ temporaire pour complétion de ses études à Harvard et son retour.

    Comme si on dirait, Renart, que ces études l’avaient mélangé plus qu’autres choses.

    Je crois que les militants péquistes ont vu la même chose que moi. C’est sévère mais je crois que M. Boisclair se l’est mérité en montrant trop d’émotivité dans son discours. Pas assez de sang froid et verve contre les attaques de ses adversaires. Et pas assez de profondeur dans ses répliques. Comme s’il ne possédait plus son sujet. Cela me fait dire que son arrêt de la scène politique pour quelque 18 mois si je ne m’abuse, ne lui a pas été tellement bénéfique, à mon humble avis, Renart.

    Considérant que M. Boisclair m’a impressionné quand il agissait en sa qualité de whip en chef à l’Assemblée Nationale avant son départ pour Boston.