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Marine le Pen et l’argent : « elle est au courant de tout, depuis le début »…

L’argent, l’argent, l’argent.  Dans la bouche des partisans du FN, que n’a-t-on pas entendu à propos de leur adversaire.  Macron « banquier », « chez Rothschild » qui plus est (une petite touche d’antisémitisme dont raffole le FN), Macron détenteur de « compte offshore », on a eu droit à tout à son égard.  Or, à bien regarder, s’il y a bien un problème, au sein du FN, c’est bien un problème… d’argent.  Le parti du père a failli disparaître, à devoir rembourser en 2009 celui qui a été son principal supporter, et celui de la fille a dû aller quémander auprès de Moscou une rallonge indispensable pour tenir le coup jusqu’à cette dernière ligne droite (assortie d’une prise de position politique sur la Crimée !). Mais cette dernière a aussi cherché d’autres sources, qui voient aujourd’hui toute son équipe renvoyée au tribunal pour détournement, au final, de ce qui est bien l’argent du contribuable, et c’est bien ça le plus choquant, je pense, à bien y regarder.  Les gens qui s’apprêtent à voter savent-ils ou se souviennent-ils que c’est avec une partie de leur argent de contribuable, qu’elle a fini par accéder la table d’un débat où elle s’est révélée véritable harpie?  Je pense que l’on a pas encore assez pris en compte cette donnée.

« Promouvoir et aider le petit commerce« .  La phrase sonne étrangement, aujourd’hui, à la lecture de l’intégralité du renvoi en procès de l’Association Jeanne (1), celle qui se dissimule derrière la suicidaire du dernier débat présidentiel.  La phrase avait été prononcée par un candidat FN du Cantal, nommé Gérald Pérignon (ici à gauche filmé par FR3,) au moment où il postulait dans la 2eme circonscription de Riom, en 2012 (il y fera 10,27% des voix – 693 personnes ayant voté pour lui) .  En fait de petit commerce, qu’il souhaitait défendre, il sera amené quelques mois plus tard à en dénoncer un autre.  Celui de son propre parti, le candidat s’étant vu rembourser (par l’Etat !) quelques semaines après son élection 17 409 euros de frais de campagne, alors que selon lui il n’en avait engagé et déclaré … que 450 seulement, d’où sa surprise (qui l’honore, plutôt, il faut bien le dire).  Le 28 mars 2013, la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques, alertée par cet étrange situation, s’emparait de l’affaire, car Pérignon avait aussi affirmé qu’il avait dû reverser entre temps l’intégralité des 17 409 euros à son parti, à savoir la structure Jeanne, créée de toutes pièces pour l’élection (et sans se voir lui-même remboursé de ses malheureux 450 euros, son parti ajoutant un caractère pingre à l’opération !).  « A la préfecture, il s’est rendu compte qu’un compte avait été ouvert à son nom et qu’une demande de prêt à Jeanne avait été effectuée à son insu » avait-on pu lire.  Un comble !  D’autres candidats, dont des Nordistes, ont témoigné des mêmes agissements (tel Jean-Luc François Laurent de Valenciennes; ici en photo auprès de Steve Briois).  Les juges allaient très vite découvrir que le champion du petit commerce à Riom venait de mettre le doigt dans ce qui représente aujourd’hui un véritable supermarché de la fraude financière électorale, le FN ayant tout simplement surfacturé ses dépenses, pour extorquer des remboursements de l’Etat des sommes faramineuses.  Le tout sous couvert d’une organisation établie il y a quelques années déjà  (« Jeanne« , créé en 2010), qui, pour arriver à ses fins, a établi de nombreux faux documents.  Bref, du petit commerce du Cantal, on était passé directement à des procédés délictueux,

Des procédés délictueux organisés par toute une équipe: les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, qui se sont occupés de cette affaire citent dans leur renvoi tout le staff de campagne de Marine le Pen, ce qui inclut les Philippot, Rachline, Jalkh, et autre Nicholas Bay, tous cités, et même Steeve Briois, le mandataire financier de Jeanne (et ses photocopieurs achetés au prix de l’or (2)), tous venus pourtant avec délectation nous donner des leçons de morale financière au sujet de leur adversaire Emmanuel Macron, sali ouvertement lors du débat avec un soupçon d’existence de compte offshore inexistant !  Ils sont tous en effet, renvoyés en procès par les deux juges pour, je cite, « complicités d’escroqueries et tentatives d’escroquerie….«   On vient de s’apercevoir, lors du plus lamentable débat politique de dernier tour de l’élection présidentielle que la candidate du Front n’avait pas la stature nécessaire, et que son attitude en studio ressemblait plus à celle d’une poissonnière d’étals de marche qu’à autre chose.  Ou à une boutiquière, noyée sous ses dossiers jamais lus en détail.  Aujourd’hui, on la découvre comme ayant derrière elle un gang donnant dans le pompage de l’argent de l’Etat.  Dur atterrissage pour ceux qui ont bu ses paroles mensongères et suivi ses préceptes, telles que celle d’agir comme son père avec « les mains propres » et « la tête haute ».  Un vieux slogan paternel repris en affiches, sans imagination aucune, 24 ans plus tard, comme on peut le voir ci-contre … car l’entreprise familiale LePen est aussi une entreprise de recyclage perpétuel et intensif, la notion de « dédiabolisation » ayant été un leurre qui s’est effondré en un seul débat télévisé.  La fille, ce soir-là, étant redevenue le double exact de son père, à l’évidence, l’invective constante collée aux commissures des lèvres.  Une façon, à bien y regarder, d’éviter de parler de son propre programme… inexistant.

A l’origine il y a cette idée lumineuse proposé par un proche de Marine le Pen, Frédéric Chatillon ex-GUD, de munir tous les candidats de 2012 d’un kit du parfait candidat, contenant affiches, badges et tous le nécessaire, contre la modique somme de 17 409 euros chacun, l’achat étant obligatoire pour recevoir le droit de porter le sigle du FN.  Une flamme, faut bien l’alimenter, me soufflent certains.  Le procédé a été juteux, surtout pour son inventeur et ce à tous les étages, car c’est lui aussi qui a obtenu l’impression de toute la com’ de la présidente du parti :  « devant les juges d’instruction, Frédéric Chatillon a reconnu lui-même qu’il avait réalisé 74% de marge sur les affiches officielles et profession de foi de Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2012.  Sur les 2,4 millions d’euros remboursés par l’Etat, son agence de com’ a ainsi dégagé une marge de 1,8 million d’euros !  « Il sera relevé que M. Chatillon et la société Riwal ont tiré parti de leur position privilégiée d’imprimeurs subrogés pour surfacturer l’Etat », notent les juges » selon Challenges.  De l’argent reversé en majeure partie au micro-parti Jeanne, ou comment ce sont nous, simples contribuables, qui avons financé la campagne de Marine LePen !!!  Et comme Chatillon a pensé à tout, pour ceux qui n’ont pas l’argent nécessaire, le financement par un prêt d’un montant équivalent accordé par Jeanne avait été prévu.  Selon les magistrats, il s’agirait bien d’un prêt « fictif » en effet… Voici ce qu’en décrivent en effet les juges dans leur renvoi :  « Le 19 avril 2012, la société Riwal émettait une facture de 2.610.218 euros au Comité Marine Le Pen visant les circulaires et les affiches officielles.  Cela correspondait à la totalité des remboursements obtenus par Mme Le Pen au titre de [’article R 39 .  Sur celte facture, Riwal a réalisé une marge brute de 74 % (D 605/15) selon les calculs de l’assistante spécialisée.  Le coût pour Riwal n’était en effet que de 268.882 euros auquel s’ajoute le coût du papier fourni par la société Arjo Wiggins, soit 412.414 euros TTC (D 664).  Cette marge a été réalisée pour l’essentiel sur le poste le plus élevé, les circulaires, qui ont été remboursées sur la base du prix maximum autorisé, soit 2.563.179 euros.  Ainsi la facture présentée par la société Riwal est-elle très largement sur facturée puisqu’elle va permettre le remboursement par l’Etat de 2.563.179 euros alors que le coût réel n’était que de 681.296 euros (soit un taux de marge commerciale de 276 % : (2.563.179 – 681.296)/681.296 * 100). »  Près de deux millions d’euros ont été ainsi injustement soutirés à l’Etat, selon l’enquête.  Deux millions !!!  Pour des kits décrits par les gens du FN comme étant souvent… inadaptés, parlant même de gâchis, comme le montre cet extrait du texte des juges :

 

Ces fameux packs de campagne de 2012 ont connu un ballon d’essai 5 ans auparavant, mettant en cause d’autres personnes controversées.  L’idée avait en effet germé à cette époque de « former » des gens du FN au démarchage électoral, mais pour cela il fallait les réunir dans une salle, d’où ils repartiraient munis de matériel, à défaut d’éléments de langage.  En 2007, déjà, une salle, en effet, avait été recrutée par le staff de Chatillon pour cette distribution et cette « formation ».  Et pas n’importe laquelle, en effet, de salle…  Une photo prise à l’improviste lors d’un baptême nous en donne la localisation, et une facture élevée (60 000 euros !) sa trace indélébile.  La photo, c’est celle rassemblant dans la propriété de Jean-Marie le Pen trois acteurs connus de la saga LePeniste, venus pour le baptême d’une des filles de Dieudonné (« Plume »).  A savoir à gauche Dieudonné en personne, au centre JMLP, et à droite l’âme damnée de la fille Marine, Frédéric Chatillon. Finaude sur ce coup-là (ou bien conseillée), Marine Le Pen présentera constamment ce dernier comme « simple prestataire » du parti.  En réalité, chez elle, c’est un élément-clé depuis toujours, et Dieudonné est celui qui l’a dépannée sérieusement dans leur projet commun de solliciter leurs propres troupes (car c’est bien ça le pire du système LePen, qui ne se contente pas de leurrer ses électeurs, mais également ses propres représentants, tel notre exemple du Cantal du jour).  La première fois c’était donc en 2007 :  ce rôle de prestataire, je l’ai expliqué ici  « on l’a vu, le comique devenu clown sinistre a besoin d’argent.  Sa salle peut lui en fournir, à condition qu’on la loue.  C’est le Parisien qui va vendre la mèche un an après les faits, pour expliquer qui la lui emprunte.  « Le Front national aurait versé quelque 60 000 € à Bonnie Production géré par Dieudonné M’Bala M’Bala, le vrai nom de l’artiste.  Le contrat portait sur la location d’un espace, le Théâtre de la Main-d’Or dans le XI e arrondissement de Paris, propriété de Bonnie Production.  Joint hier, le Front national n’a pas démenti cette information.  « Nous avons formé à cet endroit des militants pour obtenir les cinq cents signatures de maires qui permettaient à Jean-Marie Le Pen d’être candidat pour ce scrutin », explique Jean-Michel Dubois, vice-trésorier du Front national.  Le fantaisiste Dieudonné n’a pas souhaité confirmer cette information, soulignant seulement que la comptabilité de « sa société était saine » (à l’époque on n’a pas encore découvert sa fraude fiscale datant de 1997).  Ce qui paraît étrange, c’est le montant  :  « le Théâtre de la Main-d’Or, d’une capacité de 200 places, est loué environ 2 000 € la journée (de 9 heures à 17 heures).  Pour ce prix, la direction propose en plus un buffet campagnard et la présence d’un vidéoprojecteur.  Avec son budget de 60 000 € pour la formation des militants, le Front national aurait pu s’offrir la salle du Zénith et ses 6 000 places (environ 52 000 € ).  Le FN n’a pas voulu préciser s’il avait loué la Main-d’Or pour une journée ou plusieurs « . Plusieurs, sans aucun doute, ce qui aura l’art de mettre en fureur une partie des cadres du parti ».  On est à cette date là encore avec un Jean-Marie à la tête du mouvement et non sa fille. Mais avec le même Chatillon comme prestataire incontournable du père pour trouver de l’argent à une époque où le FN pouvait très bien disparaître, noyé sous les dettes : « ce moment-là en effet, le FN est en train de se battre pour tenter de vendre son fief de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, depuis 1994, surnommé le paquebot, car il manque cruellement d’argent pour attaquer la présidentielle (le bâtiment ne sera vendu qu’en avril 2011 !).  A l’origine de la vente, le refus de l’imprimeur du parti de continuer à servir de vache à lait perpétuelle. « C’est Fernand Le Rachinel, député européen du FN, qui a emprunté auprès des banques, moyennant une prise de garantie sur ses entreprises, les 8 millions d’euros de la campagne législative, pour ensuite les prêter au FN.  Il doit rembourser les banques en plusieurs échéances, la première étant fixée au 31 décembre pour un montant de 1,5 million d’euros. Le solde doit être acquitté en mars.  Il n’entend pas payer de sa poche et attend que le mouvement le rembourse à son tour ».  La brouille survenue entre l’imprévisible Jean-Marie et le Rachinel, apporteur d’argent frais depuis les tous débuts, devenu supporter du dissident  Carl Lang, mettait automatiquement le FN en difficulté financière :  le 15 novembre 2013, le parti se voyait condamné par la justice à rembourser 6,3 millions de francs (plus 60o 000 d’intérêts), sur les 8 millions avancés par l’imprimeur.  Pour se défendre devant les juges, le FN  avait osé parler de « surfacturation« , laissant déjà entendre de fait la mise en place de tout un système de reversement d’argent au parti !!!  Le FN, ou l’art de se torpiller tout seul !

En fait, en 2007, c’est bien le montant élevé de la location de la salle de Dieudonné qui avait étonné : « Tout cela n’expliquant pas pourquoi un parti endetté jusqu’au cou avait pu se permettre une telle largesse avec l’humoriste… qu’espérer en retour ?  On retrouvera une des factures, adressée Jean-Michel Dubois, président de l’association de financement de la campagne électorale de JMLP, montrant à quoi avait servi la salle de Dieudonné :  » celle de 20 000 euros pour quatorze demi-journées entre le 22 janvier et le 9 février 2007, dans le but de « former 20 télé-acteurs pour la recherche de signatures de maires « .
Une action chapeautée par Régis de la Croix-Vaubois, le responsable de RCV qui est aussi candidat du Front national aux législatives dans la Nièvre.  Sa société sera payée la bagatelle de 307 000 euros pour du phoning.  En épluchant les factures, les sages découviront que des personnes avaient aussi été facturées indûment :  « 48 642 euros de rémunérations accordées à six amis du FN ayant participé à la quête de signatures, en l’absence de contrats de travail (dont Marc Georges, alors très proche de Dieudonné, et Farid Smahi, l’homme qui a quitté le FN en janvier de cette année là, lassé de jouer « le bougnoule de service ») « . On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, semble être la devise du FN… qui louait donc grassement la salle de Dieudonné et subventionnait son directeur de campagne tout aussi grassement ! » .  
Bref, là encore on retombait sur de la surfacturation, et du détournement à la clé.  Le fameux Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, élu conseiller régional FN se fera remarquer la même année en 2007 en insultant Lucie Aubrac, la résistante : au Front, le Pétainisme est toujours à fleur de peau.  Le Conseil Régional de Bourgogne voulait alors rebaptiser du nom de la célèbre résistante un lycée, il n’avait trouvé rien de mieux que de s’y opposer en arguant « de ses prises de positions ultérieures en faveur des sans-papiers ».  Au FN, la haine est plus que tenace, et les rancunes insidieuses.  Le président du conseil avait eu ce jour-là une phrase qui reste à méditer aujourd’hui : « faisons en sorte que jamais ce De la Croix Vaubois et ses comparses nous gouvernent ! »  Pour mémoire, Vaubois et le FN c’était une vieille histoire, déjà : il avait adhéré au FN en 1984, alors qu’il n’avait que 15 ans et demi !  Vaubois, affichait de multiples casquettes : son nom avait aussi circulé lors de l’enquête sur le DPS de Jean-Marie Le Pen.  Ce membre du Bureau Politique du FN avait été en effet présenté comme  » responsable du personnel d’une société de sécurité dans l’Essonne ».  Une agence disparue depuis mais que l’on retrouvait citée également ici :  « Aujourd’hui directeur des ressources humaines du FN, Régis Le Poitevin de la Croix Vaubois dirigea l’Agence centrale de services (ACDS), une société de convoyage de fonds appartenant à l’ancien leader de l’OAS Pierre Morel.  Victime d’une terrible malchance (un taux de braquage exceptionnel), cette société est en liquidation judiciaire.  Le rapport de la commission d’enquête évoque également la société Normandy, de Philippe et Axel Loustau, et la Société de prestations de gardiennage et de maintenance, du responsable du DPS en Val-de-Marne, Jean Marquette ».  Une bien drôle d’agence de sécurité, qui travaillait pour une autre personnalité de l’époqueen 1995, la société ACDS effectuait un étrange travail de surveillance de quartiers:  « 260 vigiles de la société ACDS et leurs 60 chiens surveillent en permanence deux cents cités chaudes de Paris.  La Ville leur a confié la mission d’y faire « respecter le calme et la sécurité » notait Libération « 60 millions de francs par an ».   Les vigiles avaient été surnommés par les locaux la « «milice de Chirac». »   Des vigiles, chargés de basses besognes de manipulations, comme celles qu’effectuait le SAC :  « à plusieurs reprises, dans les années 70, l’Agence s’est fait épingler pour ses activités «spéciales» dans les entreprises.  Les employés de Chausson, en grève en mai 75, les ont vus débarquer pour casser le mouvement. Une autre entreprise, dont les chaînes de fabrication étaient régulièrement sabotées par des «maoïstes», a fait appel à ACDS.  Les agents s’étaient fait embaucher sur la chaîne pour identifier les casseurs.  Quelques membres de l’équipe se sont fait remarquer par leur appartenance politique: un membre actif du SAC, qui dirigeait justement l’opération Chausson, un autre, membre du Parti des forces nouvelles (PFN), responsable à l’époque du chenil de l’Agence.  «On ne leur demande pas leur carte de parti», explique Frédéric Morel, le fils du créateur de l’agence, qui dirige la filiale communication, «Phobos & Deimos» (Peur et démon?…).  «Juste le casier judiciaire, vierge, et une bonne aptitude au travail, que l’on juge lors d’entretiens et lors d’une première formation de cinq jours.»  Régis Le Poitevin de la Croix Vaubois, devenu trop marqué par ses casseroles du temps de LePen père, fera parti de la charrette des exclus par Marine Le Pen en 2008…. la cure médiatique d’assainissement voulue par la fille l’avait éjecté (provisoirement ?) du circuit… traditionnel du Front (à gauche, Frédéric Chatillon au temps de sa jeunesse gudiste).

On trouve un peu les mêmes, pendant la campagne de 2017, même après le coup de balai cosmétique donné par la fille pour mettre de côté les éléments les plus douteux proches du père :  ils étaient tellement nombreux que le « filtrage » en a conservé quelques uns, et pas des tristes :  « parmi les prestataires de la campagne présidentielle de Le Pen, un autre nom retient l’attention : celui de Minh Tran Long. L’intéressé confirme à Mediapart avoir assuré« une prestation de régie technique », sans vouloir en dire davantage.  Après avoir milité dans les années 1970-80 à la Fane (Fédération d’action nationale et européenne), un groupuscule néonazi, puis s’être engagé sept ans dans la Légion étrangère, Minh Tran Long a lancé sa société d’événementiel, Crossroads.  Il apparaît lui aussi dans le magazine Cigale, où il signe une chronique sur les applis iphone et où une page est dédiée à sa société.  Minh Tran Long (à droite) et les dirigeants de sa société Crossroads, au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, en octobre 2008″ (3).  Cigale Mag, un magazine gratuit déposé chez les boulangers parisiens et qui parle régulièrement de la… Syrie :  en février 2008, Cigale Mag, « le magazine de l’art de vivre parisien », un gratuit distribué chez les boulangers pâtissiers de Paris et de la région parisienne, consacre un dossier spécial à la Syrie avec de nombreux annonceurs locaux.  Cigale Mag est réalisé par l’équipe de Riwal et édité par la société Taliesin dont le gérant n’est autre que Philippe Peninque.  On ajoutera que Cigale, comme Taliesin et l’association d’Alain Soral Egalité et Réconciliation, ont une domiciliation postale à la même adresse dans le 16ème arrondissement ».  Ah tiens, voilà que pointe déjà le fameux Soral… si proche du père, celui-là.  « Cigale Mag », ou comment absorber de l’idéologie extrémiste en achetant sa baguette de pain !!!

Et comme dans la saga FN et de ceux qui l’entourent tout a été permis, on retrouve un nom connu pour fournir à Dieudonné les affiches de sa campagne (ratée) de sa « Liste antisioniste » de 2009 (où figurait aussi la compagne de Dieudonné, sur l’affiche) :  « Marc George [un proche d’Alain Soral et de Dieudonné] me connaissait du temps où il était au FN, du coup ils m’ont demandé des devis, ils savent que j’ai du savoir-faire et que je tiens les délais », raconte Fernand Le Rachinel. « J’ai fait les affiches pour 8 300 panneaux en Ile-de-France, ainsi que les documents officiels.  Ils sont solvables, ils m’ont réglé d’avance et comptant, cela doit représenter entre 200 000 et 300 000 euros.  Dans la mesure où je pense qu’ils vont faire 3 %, je vais leur rendre leur chèque et c’est l’Etat qui me paiera », ajoute l’imprimeur ».  Bref, le même procédé avait été mis en place, à part que la liste n’obtiendra pas les 3% requis : le « parti » de Dieudonné culminera à un infamant 1,30%…  Le Rachinel, « payé à l’avance » (avec l’argent provenant certainement des contacts iraniens de l’équipe Dieudonné, débutés en 2009) avait évité une nouvelle lourde casserole (à ce jour on ne sait pas si Le Rachinel a tenu ou non sa promesse de rendre l’argent… puisque le contribuable, en ce cas, ne l’avait pas remboursé).  Où est passé le « butin » de 2009, voilà tout le problème en effet, un butin provenant de l’Iran, selon Soral lui-même ... la liste ayant officiellement déclaré 6 691 euros seulement de dépenses de campagne… où est passé le reste, seuls Dieudonné et Soral semblent le savoir.  Au FN, où l’on a la rancune tenace, c’est Michel Chassier, du Loir-et-Cher; qui posera ingénument  la question « devinez qui imprime les affiches de Dieudonné »… et en écrivant « ces gens là ne possèdent donc aucune colonne vertébrale ». 

Aujourd’hui, donc, les juges qui envoient tout le gang de détourneurs d’argent du contribuable n’ont pas, en l’état, assigné Marine le Pen en personne, les personnes concernées ayant visiblement tenu leur langue à son égard (4).  Mais il reste cependant un élément qui semble montrer qu’elle était parfaitement au courant du procédé :  « ce sont juste quelques mots, piochés au cours d’une conversation téléphonique, mais ils signent l’implication personnelle de Marine Le Pen dans l’affaire visant le financement de son parti.  Ce mercredi 15 avril 2014, c’est la panique au Front national.  Les policiers multiplient les auditions, sur la piste d’un financement illégal de la campagne des élections législatives 2012. Imprimeurs imposés, signatures imitées, prêts suspects…  Un expert-comptable, Nicolas Crochet, est en ligne de mire, et la liste des délits possibles s’allonge.  Axel Loustau (ici casqué lors de son interpellation en 2013 aux Invalides), le trésorier de Jeanne, un microparti satellite du FN, relate alors l’énervement de sa patronne, dans une conversation téléphonique avec Frédéric Chatillon, autre membre de la galaxie frontiste, patron de la société Riwal, une interface commerciale imposée aux 559 candidats du FN.  Les policiers sont à l’écoute : « J’viens d’avoir Marine, elle est un peu agacée », indique M. Loustau. Réponse de M. Chatillon : « Elle est au courant de tout depuis le début… » Réplique de M. Loustau : « Nous faut qu’on ferme notre gueule (…).  J’vais te dire, avant qu’on soit mis en examen hein, moi, chez Jeanne, j’ai les couilles propres.  » Au FN, on a toujours eu beaucoup de tact, on le sait. Mais on a su transformer de simples photocopieurs en or en barre pour le parti :

Des photocopieurs qui vont être facturés au total la bagatelle de 708 800 euros, alors que leur valeur était de… 143 300 euros :

Chez les Chatillon, on a l’esprit de famille ancré bien profond, il semble bien.  Avec effarement, les juges ont en effet constaté ce souci de la famille…  Un nom est en effet vite apparu dans le dossier :  celui de Sighild Blanc, née le 2 août 1982, qui ne disait rien à personne à priori.  En fait, c’était au départ la graphiste de Riwal, dont les talents devaient être assez bluffants puisqu’elle y percevait un salaire mensuel de 7500 euros.  Elle quitte pourtant la société en 2010 pour fonder une autre société, « Unanime », qui devient très vite la prestataire exclusive de Riwal.  Et se retrouve domiciliée à la même adresse que plusieurs sociétés d’Axel Loustau !  Prestataire, pour plus d’un million d’euros en 21 mois !!!  Payée 4500 euros mensuels, soit moins que chez Riwal, cette jeune dame a bénéficié d’étranges versements :  50 000 euros d’acomptes sur dividendes, et pas moins de 121 000 euros le 21 mai 2013 notent les juges, octroyés par une AG d’entreprise, ce qui fait que ce n’est pas un délit.  Ce qui l’est, c’est que la société a aussi réglé des notes de restaurant et des notes de supermarché, ou de billets d’avion, dont un fameux voyage à Hong-Kong, ou bien deux canapés livrés dans la maison de Crucey Villages achetée par Sighild Blanc 325 000 euros, dont 20o 000 en emprunts, comme relevé par l’enquête.  Tout ceci intrigue beaucoup moins quand on apprend qu’elle est devenue entre temps la nouvelle compagne de… Frédéric Chatillon, divorcé de Marie d’Herblais.  En prime, on découvre aussi que c’est Unanime qui a pris en charge le salaire de Ferial Mostefai, l’attachée de presse de l’ineffable Florian Philippot (appellée aussi Amel Amazir, surnommée « l’algérienne »chez ses opposants de Minute), pour 8 mensualités de 2600 euros « non justifiés », selon les juges…. « (…)  Ce à quoi on peut aussi ajouter « qu’une employée de Riwal, embauchée comme assistante administrative sous le statut d’autoentrepreneur, a reconnu devant les enquêteurs avoir travaillé en 2012 à la recherche des 500 parrainages d’élus nécessaires pour que Marine Le Pen se présente à l’élection présidentielle.  Une tâche dont s’acquittent, en temps normal, bénévolement les militants et les cadres ».  Décidément, l’esprit de famille va loin au FN…

Et comme la saga est sans fin, on retombe aussi sur… Dieudonné.  Vous vous souvenez de son étrange expédition à Hong-Kong, avec son fils aîné, dans laquelle, au prétexte d’effectuer deux soirées de spectacle organisées par un obscur entertainer local, il s’était fait coincer en débarquant de l’avion, et avait même été expulsé.  Tout le monde avait trouvé étrange, cette expédition.  Sur place, certains avaient fait la promotion de son arrivée, tel David Chevalier, qui travaille chez Kiabi (il y est « Project Leader » du « supply chain ») et qui se chargeait en même temps de gérer les réservations des spectacles.  Pas sûr que l’entreprise de vente de vêtements nordiste ait apprécié son entregent sur place.  Quoique…  Or, à bien analyser l’affaire, on tombe par hasard sur un autre voyage, parmi les multiples que s’est offert l’ineffable néo-nazi Chatillon (ici à droite) à travers le monde, notamment en Italie, pour rejoindre ses amis Mussoliniens.  Rappelons à cette occasion que les premières affiches du FN avaient été imprimées en Italie, le FN ayant emprunté sa fameuse flamme aux mussoliniens : celle du parti fasciste italien, le MSI, le Movimento sociale italiano (Mouvement social italien).  L’histoire remonte à loin, en 1973 exactement : « Roger Holeindre l’affirme : c’est le MSI qui a « fourni les tonnes d’affiches avec la flamme », utilisées pour les premières campagnes du FN. Jean-Marie Le Pen confirme le financement italien : le MSI a imprimé « les premières affiches gratuitement ». L’ancien président du FN ajoute que les animateurs du FN étaient « extrêmement pauvres et démunis et cet apport que faisait Ordre nouveau (sic) à la campagne Front national a été accueilli avec beaucoup de plaisir ». Jean-Marie Le Pen croit se souvenir que la première affiche du FN a été tirée en Italie.  Il n’y avait d’ailleurs que les couleurs à changer, ajoute-t-il. »  Hong-Kong, en effet, et non l’Italie, cette fois, ou un autre grand ami de l’ancien du GUD était venu faire un petit-tour, comme ça, pour voir ce qui s’y passait, sans doute, avec son fils aîné, jeune gérant d’une entreprise camerounaise, ce qui n’avait eu de cesse d’intriguer beaucoup de gens… on avait eu beaucoup de mal à croire lors de cette visite à un simple spectacle (deux de prévus !) sur place, en effet, dans… une boîte de nuit de Phuket, version boloss.  Les « dédicaces sur le bateau » étant en sus… Un Chatillon qui en effet avait lui aussi débarqué à Hong-Kong, comme Dieudonné, et pas vraiment pour faire du tourisme :  « Point de départ de cette affaire, le transfert d’une somme de 316 000 euros en 2012 par Frédéric Chatillon vers Singapour.  Le Monde raconte comment un montage complexe est alors mis sur pied.  En résumé, le patron de Riwal, Frédéric Chatillon, se porte acquéreur d’une société écran basée à Hong-Kong en 2012, dont la maison-mère est domiciliée aux îles Vierges par Mossack Fonseca, la firme au coeur du scandale des « Panama papers ».  Pour que les fonds puissent faire leur voyage en toute discrétion, Nicolas Crochet entre en jeu.  Selon nos confrères, l’expert-comptable propose d’utiliser une société offshore pour déplacer la somme d’argent, en l’occurrence : Ever Harvest Garments Limited, une entreprise appartenant à son frère (elle a été crée le 18 juin 2007). Une fois l’opération effectuée, une fausse facture est émise.  Facture censée régler la réalisation des sites Internet du Rassemblement Bleu Marine pour les législatives.  Frédéric Chatillon récupère ensuite ses fonds à Hongkong pour les envoyer vers la destination finale : Singapour ».  Châtillon, tout en se baladant dans le monde entier aux frais de sa propre boite jouait aussi au « petit Fillon », si l’on peut dire, en embauchant son ex-épouse comme emploi fictif (elle enregistrait alors les promos vidéos diffusées sur le net de JMLP !), ce qu’ont relevé aussi les juges (quand il ne se faisait pas offrir une montre de plus de 12 000 euros par sa propre société, ou deux motos dont une Harley Davidson (ils auront décidément tout osé !) :

EHGL, Ever Harvest Garments Limited, est dirigée par Sébastien Crochet, dont le frère Nicolas est « l’expert comptable au cœur du FN » selon le Monde.  Lui est impliqué dans une autre affaire de détournement d’argent (encore une de plus ?), celle des assistants de Bruxelles, dont il aurait fabriqué les faux documents d’attestation ou n’en ayant pas transmis d’autres : (…) les conclusions de l’enquête conduite par le Parlement européen – transmises à la justice française – sont accablantes, ainsi qu’a pu le constater Le Monde.  Les documents contractuels fournis par l’expert-comptable présentent des irrégularités « de fond et de forme », dont des incohérences de tâches et de dates, accréditant la piste de l’emploi fictif de certains assistants qui travailleraient en réalité pour le FN à Nanterre.  Et Nicolas Crochet ne s’est pas acquitté des « obligations fiscales et sociales » attachées aux contrats.  Parmi les manquements constatés : des retards dans les déclarations préalables à l’embauche des assistants, de six mois en moyenne, l’absence de justificatifs de paiement des cotisations sociales ou la présentation de justificatifs falsifiés ».  Au FN, on retombe toujours sur les mêmes.  Et les mêmes tentatives de magouilles.  Des magouilles qui rendent leur propos ridicule, quand ils tentent de faire le buzz à propos d’un quelconque compte offshore d’Emmanuel Macron.  Car le leur, lui, a bien été réel !!!  En somme, tout l’art du FN, appliquant le principe fondamental de l’extrême droite, qui a toujours consisté à accuser ses adversaires de ses propres turpitudes, et ça vient à nouveau de se prouver !!!  Une bonne partie des cadres ou presque du FN de Marine lePen, ou sa garde rapprochée, celle si preste a venir donner les leçons d’honnêteté au « banquier Macron » si vous préférez, ont bénéficié du système mis en place, comme l’ont aussi relevé les juges, avec les cas de Rachline et Bay notamment, le premier ayant cumulé jusqu’à 4 revenus pendant deux mois, le second étant payé plus de 8000 euros sur deux mois toujours par Riwal (en photo à gauche Bay, Briois et Châtillon) :

Les liens existent également avec d’autres sulfureux personnages, et on les retrouve aisément, comme on démontre aisément que la fameuse « dédiabolisation » menée par Marine lePen n’était qu’un écran de fumée :  la preuve en est dans la création même du site d’Alain Soral : « la véritable nature d’Egalité et Réconciliation reste un mystère.  La consultation de ses statuts, déposés le 21 mars 2007 au bureau des associations de la préfecture de police de Paris, fait apparaître deux personnes qui préfèrent rester très discrètes.  Outre Alain Soral, sont inscrits comme membres fondateurs Jildaz Mahé O’Chinal et Philippe Peninque. A vingt ans d’écart, tous deux ont milité activement au sein de la même organisation d’extrême droite étudiante, le Groupe union défense (GUD), réputé pour sa violence.  La spécificité du GUD – autrefois basé à l’université de Paris II-Assas et aujourd’hui dissous – était de rassembler des adeptes de la provocation qui faisaient leurs premières armes en politique en cassant du « gauchiste ». Jildaz Mahé O’Chinal travaille aujourd’hui dans l’entreprise de communication Riwal, avec Frédéric Chatillon, qui était, dans les années 1990, le chef du GUD.  Tous les deux avaient à l’époque fondé l’association sportive du Marteau de Thor, où les étudiants d’extrême droite s’entraînaient aux sports de combat. Frédéric Chatillon est aussi un ami de Dieudonné et d’Alain Soral. A l’été 2006, ils étaient ensemble au sud du Liban et en Syrie – où M. Chatillon a de nombreux contacts haut placés ».  Des liens patents, que Marine lePen n’aura pas réussi à dissimuler, en gardant auprès d’elle comme gestionnaire de son argent de campagne, celui qui la relie directement à son père, idéologiquement, également, bien qu’elle s’en défende.  Le fondateur d’Info-Syrie, le site pro-Assad… ne l’oublions pas non plus.  L’ami de Moustapha Tlass, l’ancien ministre syrien de la Défense et ancien responsable des services secrets, celui qui a traqué pendant des années les opposants au régime avant de fuir le pays.  Ou celui de Julien Rochedy, celui qui se fait photographier fièrement en selfie aux côtés de Bachar :  lui a quitté depuis le FN de Marine, en raison « un certain nombre de petits mecs autour de Florian Philippot » (les lendemains de défaite présidentielle vont ressembler à des règlements de comptes à OK Corral, là…)… Le 24 juin 2015, Jean-Marie LePen fêtait ses 87 ans, dans son fief de La Celle-Saint-Cloud.  Sa fille et sa petite nièce n’étaient pas présentes (elles n’avaient peut-être pas été invitées…).  Mais en revanche, Dieudonné et Alain Soral étaient eux bien présents. 

Le père n’a toujours pas expliqué d’où venaient exactement ses lingots (sans parler à nouveau de l’origine de son manoir).  Chez les LePen, c’est une tradition familiale que de ne pas parler argent… en revanche, s’attaquer à un adversaire en le traitant de « banquier », ça, ils savent faire, et on l’a vu et entendu, lors de cette soirée cauchemardesque… qui n’a provoqué qu’une seule chose : donner furieusement envie d’aller voter Emmanuel Macron, à avoir entendu ce flot ininterrompu d’injures, de la part d’une personne dont le parti se résume au final à un gang ayant détourné l’argent des contribuables !!! Certains, grugés, vont même aller voter pour elle, preuve que c’est bien sur une méconnaissance totale de ce qu’est le FN, à lire l’effarant dossier de mise en examen concernant ses membres, et de ce que celui-ci peut attirer des personnes tenues mal informées par ce parti.

Nota : pour les législatives de 2017, le FN a pourtant remis ça, mais en divisant le prix de ses « kits » par trois au moins (une façon de reconnaître la surfacturation précédente !)  : le bidule a été facturé cette fois 5500 euros « Dans le kit de campagne « de base » à 5.500 euros figurent les documents de la campagne officielle (hors article R.39 du code électoral) pour 300 euros, la conception et l’impression d’un journal de 4 pages de campagne à 50.000 exemplaires pour 3.500 euros, un site-portail Internet pour 400 euros et une expertise comptable pour 1.300 euros. Est aussi proposé un « financement correspondant à ce kit » via un prêt « consenti par le Front national directement » à un taux de 5% sur neuf mois. En 2012, ce prêt se faisait via le micro-parti « Jeanne » de Marine Le Pen, avec un taux de 6,5% sur un an », explique Europe 1. Aucune précision n’a été donnée sur le prestataire choisi pour fournir les fameux kits. Ni le bénéfice réalisé cette fois-ci… 

(1) je vous conseille de lire l’intégralité de l’acte de renvoi signé par les deux juges ; c’est plus qu’édifiant. Sidérant, même, tant les faits établis sont gravissimes.

« LIRE L’INTÉGRALITÉ DE L’ORDONNANCE DE RENVOI DES CADRES DU FRONT NATIONAL EN CORRECTIONNELLE: »

https://www.challenges.fr/politique/la-machine-a-cash-du-fn-l-integralite-de-l-enquete-des-juges-van-ruymbeke-et-buresi_471011

(2) « Par exemple, en 2012, Riwal a passé commande au FN pour l’impression de tracts. Donc le FN est devenu le sous-traitant de son propre fournisseur! Riwal a acheté pour 412 000 euros de tracts au FN. Or, les enquêteurs, qui ont fouillé les comptes du FN, ont remarqué qu’au maximum, cela avait coûté 83 000 euros au FN, y compris en incluant l’achat de duplicopieurs tout neufs. La marge est donc énorme. Or, un parti, qui est une association, n’a pas vocation à faire des marges aussi élevées dans un contrat commercial ». 

(3) on notera ainsi le très intéressant article de la Horde à propos du dénommé Minh Tran Long, et de l’organisation à Fréjus en 2015 d’un concert douteux, « en soutien au peuple Karen », ayant comme tête d’affiche la Souris Déglinguée, groupe sulfureux s’il en est… »historiquement, cette cause humanitaire est un alibi pour des militants d’extrême droite français pour aller jouer aux mercenaires anti-communistes. De nombreuses « figures » de cette mouvance sont allées combattre dans cette zone depuis le milieu des années 80.  On pense notamment à  Gaston Besson, Guillaume Oillic, Thierry Cheng dit Titi, Jean-Renaud Fayol, ou encore Emmanuel Pochet, sans oublier bien sur Jean-Philippe Courrèges, premier mercenaire français tué pour la cause Karen le 4 octobre 1985 et ancien militant du GUD ». On retombe bien sur les mêmes !

(4) « Sept personnes physiques (Frédéric Chatillon, patron de Riwal ; Sighild Blanc, associée dans la société Unanime, une agence de communication liée à Riwal ; Axel Loustau, le trésorier de Jeanne qui a aussi été actionnaire de Riwal ; Olivier Duguet, son prédécesseur ; Nicolas Crochet, un expert-comptable proche de Marine Le Pen ; Jean-François Jalkh, vice-président et responsable des affaires juridiques du FN ; Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti) ainsi que trois personnes morales, le Front national, la société Riwal et le micro-parti Jeanne, ont été mis en examen ».  On notera le nom de J-F Jalkh, rapidement évincé de la direction provisoire du parti pour d’anciens propos négtionnistes, dignes des saillies du père de Marine lePen.  Elle a beau dire et avoir purgé le parti, ils sont encore bien présents…

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    « Cette victoire lui aurait permis d’être protégée des retombées judiciaires pendant cinq ans, voire dix en cas de réélection.

    Une double déception qu’elle aura donc maintenant en commun avec François Fillon, qui, également impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, espérait profiter de cet avantage présidentiel. »

    Une fois le vote passé, ces phrases illustrent l’un des côtés pathétiques de la campagne.

    http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/08/apres-sa-defaite-a-lelection-presidentielle-quelles-suites-jud_a_22075925/?xtor=AL-32280680

  2. avatar

    Bonjour, Momo

    Très documenté, cet excellent article remet les pendules à l’heure sur les agissements délictueux de la PME Le Pen, auxquels ont largement pris part en coulisse – et même orchestré en grande partie – les sulfureux ex-gudards. étroitement complices des caciques du FN.

    Merci pour ce travail.

    Nul doute que les juges ne vont pas lâcher le morceau. Une mauvaise nouvelle pour Fillon et ses proches qui ne pourront pas bénéficier d’un traitement de faveur qui introduirait un doute sur l’impartialité des magistrats.

    Espérons que les procédures iront au bout sans faiblir et que Macron respectera son engagement de poursuivre la moralisation de la vie politique, ce dont je ne doute pas.

    Cordialement.

  3. avatar

    Merci Fergus pour cet encouragement à dénoncer les voleurs de démocratie

    La justice va suivre son cours, et aucun dirigeant cité ici ne lui échappera, tant les faits constatés sont préjudiciables à la démocratie. Ce qui me sidère dans cet étalage de bassesse comportementale, c’est que leurs propres députés ont été honteusement ponctionnés. Et je ne parle pas de leurs électeurs, pas au courant je suppose de la magouille. Aujourd’hui, on a appris que le conflit larvé entre la tante et la nièce était arrivé à a conclusion : l’une des deux devait partir. Et c’est la plus jeune qui se barre !

    C’est en fait une très bonne nouvelle pour la démocratie vu que la fameuse Marion était le noyau dur, fricotant avec les identitaires, notamment, dont l’ineffable Vardon, sorte de grosse girouette munie comme voix d’un haut-parleur géant, qui a déjà été expulsé d’une réunion de conseil municipal niçois à force d’injurier Estrosi. L’abandon de la nièce fustige en fait la responsabilité de sa tante dans la défaite. Cornaquée par des proches qui avaient suivi l’avis d’un psychologue italien à deux balles leur ayant dit que Macron allait se mettre en colère (un fake a circulé juste avant le débat comme quoi il aurait pu le quitter : ça venait aussi de chez eux, les fachos ce truc débile) elle avait résolu de rentrer dans le lard dès la première minute…. mais au final on a eu une vraie boucherie sur place : elle s’est elle-même découpée en rondelles de salami, à débiter des injures et ne rien, mais absolument rien, dire de son programme aussi holographique que les clones de la Méluche. Un suicide en direct comme on en a rarement vu. Un ratage monumental, un naufrage avec comme capitaine aujourd’hui du navire en perdition l’ineffable Philippot, le relayeur à répétition de fakes plus gros que lui (c’est déjà pas mal !). Ceux-là ont cru à tout sans rien vérifier, même le patriarche a trouvé ça léger. Résultat : la Marine a non seulement coulé, mais elle est morte pour 2022.

    Je m’explique : morte, car elle a ruiné elle-même 5 ans de dédiabolisation en un peu plus de 2 heures, et même ses troupes n’en veulent plus, après avoir vu sa prestation aussi minable. Elles auraient pu se rabattre sur Marion mais c’était elle ou Marine. Résultat, depuis ce matin, on a une glandouille à la tête d’un parti dont la base réclame la tête, mais qui n’a AUCUN prétendant à proposer en remplacement à la place. AUCUN !!! En prime, tous les caciques autour de la cheftaine vont partir bientôt en prison : sauf bien sûr Chatillon, qui va vite aller rejoindre ses amis au bras droit levé en permanence en Italie pour s’y cacher. Chez les mussoliniens, on a l’habitude de le faire, en effet. Bref, on nous casse les oreilles avec « un FN en 2022″… alors qu’il n’y en aura plus déjà et qu’ils n’auront pas le temps de pondre un nouveau dirigeant : des petits génies de la politique comme Macron ça ne court pas les rues, et chez eux il n’y a que des tocards, genre Collard, le roi de la méduse ou du poulpe défraîchis. Le patriarche va bientôt définitivement disparaître, emmenant dans sa tombe ses lingots : de l’argent en moins pour le parti !!! Ce parti qui va très bientôt s’appeler « Les Patriotes », de toute évidence (ça fait un bout de temps que Philippot a déposé le nom !) n’arrivera pas en effet à unir les tendances disparates au sein de l’organisation : on s’achemine vers une scission à la Mégret. Et Mégret, à ce que je sache, n’a pas fait grand chose comme président de la République…. faut dire qu’il avait eu du mal à se qualifier : 2,34 % des suffrages en 2002 !

    Le FN que tout le monde annonce « montant » va donc en fait, contraint et forcé, progressivement redescendre… et retourner dans les bas fonds, dans le marigot politique dans lequel il aime tant se baigner. La blonde aura tout fait rater. Comme son père… tant que la famille LePen s’en occupera, ce sera ainsi. Et ce n’est pas Philippot qui le sauvera, ce parti de voleurs…. bref, on est tranquille pour bien plus que 5 ans : leurs députés vont tellement être idiots que les électeurs vont s’apercevoir (enfin) que cette bande d’escrocs de la politique ne sont bons à rien pour les représenter. Ils torpilleront les sessions, interrompront les séances, feront leur CIRQUE, car ce barnum électoral n’aura toujours rien à proposer de concret, pas plus en 2022 qu’aujourd’hui.

    Les départements qui ont voté massivement LePen vont se retrouver à ne pas savoir pour qui voter, en cas de scission ou de candidatures différentes se réclamant de l’ex FN. Certains, qui ne jurent que par Jean-Marie, ne voteront pas si ça ne s’appelle plus le FN : qu’ils changent donc de nom, au plus vite, ça les fera perdre !!!

    Purée, il en aura tué sur place des gens, le kid de sciences PO !!! Après-lui, le désert !!! de tous les côtés !!! Je n’étais pas fan, mais il faut bien aujourd’hui lui reconnaître cette véritable prouesse !!! Il est très fort, ce jeunot !

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