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Le cin?ma des oubli?s Le monde du cin?ma est parfois fait de frime et de clinquant mais, d?autre fois, il nous offre une vitrine surprenante sur des mondes parall?les et m?connus. Manon Barbeau, cin?aste et documentariste, connue pour son documentaire sur les enfants du Refus Global, fait encore mieux. Claudine Douaire   Dossier Cin?ma, Autochtone Gr?ce [...]

Manon Barbeau et la Wapikoni mobile

Le cin?ma des oubli?s

Le monde du cin?ma est parfois fait de frime et de clinquant mais, d?autre fois, il nous offre une vitrine surprenante sur des mondes parall?les et m?connus. Manon Barbeau, cin?aste et documentariste, connue pour son documentaire sur les enfants du Refus Global, fait encore mieux.

Claudine Douaire Dossier Cin?ma, Autochtone

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Gr?ce ? son projet vid?o et musical ambulant, nomm? la Wapikoni mobile, Manon Barbeau permet aux jeunes marginalis?s, laiss?s pour compte ou isol?s, de prendre la parole et de laisser libre cours ? leur cr?ativit?.

La Wapikoni mobile est un v?hicule dot? de cam?ras vid?o, de tables de montage et d?unit?s d?enregistrement qui arpente les r?serves am?rindiennes du Qu?bec et va ? la rencontre des jeunes de ces communaut?s recluses.

?paul?s par des professionnels de l?industrie, les jeunes autochtones, cam?ra en main, sont libres d?aborder tout sujet qui les touchent. Ils font des films avec ce qu?ils poss?dent : une t?te pleine d?id?es et la volont? de s?exprimer.

La naissance de la Wapikoni mobile

Cette aventure a d?but? en 1999, lorsque Manon s?est int?ress?e de pr?s au sort des enfants de la rue de Qu?bec, dans son documentaire L?Arm?e de l?ombre. Elle avait alors impliqu? des jeunes dans le processus cr?atif et ?ditorial de son documentaire. Ils ont d?cid? de quoi ils parleraient et comment ils le r?aliseraient.

?Ces jeunes marginalis?s obtenaient enfin l??coute qu?ils n?avaient jamais eu ailleurs. Ils avaient beaucoup ? dire et, en plus, ils s?exprimaient d?une fa?on tr?s articul?e?, explique-t-elle. Ce fut un succ?s aupr?s des jeunes. De cette exp?rience est n?e l?envie d??couter ce que les jeunes autochtones, qui vivent aussi beaucoup de d?tresse, ont ? dire. lac_simon_354

La Wapikoni mobile, une voie autochtone

Manon Barbeau est all?e ? la rencontre de jeunes Atikamekw dans la communaut? autochtone de Wemotaci, situ?e ? proximit? de La Tuque, en Mauricie. La cin?aste ressentait une responsabilit? morale envers ces jeunes. Elle voulait permettre ? ces derniers, d?bordant d?inventivit? mais souffrant d?isolement et d?un manque de perspectives, d?avoir un lieu de rencontre, d??change, d?apprentissage et de cr?ation.

?Les jeunes des communaut?s autochtones sont tr?s riches et poss?dent beaucoup de talent. Il fallait trouver une mani?re de leur donner une chance de se faire entendre, que leurs voix portent.?

Des cr?ations n?cessaires

La Wapikoni mobile a pris la route pour la premi?re fois en 2004 gr?ce ? une pers?v?rance ? toute ?preuve et avec l?appui financier de l?Office national du film. Depuis, ce projet itin?rant a parcouru des dizaines de milliers de kilom?tres et produit plus de 160 films r?alis?s par des jeunes de plusieurs communaut?s. Plusieurs cr?ations ont ?t? re?ues et prim?es dans des festivals internationaux.

Manon Barbeau, aussi directrice p?dagogique et artistique du projet, a eu plusieurs coups de c?ur au cours de ces aventures. ?Ces jeunes, en forte qu?te identitaire, doivent s?accrocher ? quelque chose pour continuer ? vivre. Cela passe beaucoup par la cr?ation, soit musicale ou vid?o. La Wapikoni leur offre la possibilit? de se valoriser, de parler d?eux, de partager et de se trouver, se retrouver?, commente la fondatrice.

Un art autochtone de qualit? en expansion

La cr?ation musicale est beaucoup appr?ci?e dans les communaut?s. La Wapikoni mobile permet d?enregistrer musique et chansons. Samian, le rappeur algonquin aujourd?hui c?l?bre, a enregistr? sa premi?re d?mo gr?ce aux studios itin?rants de la Wapikoni. ?Samian est devenu un exemple positif pour les jeunes des communaut?s. Il aurait pu continuer ? s?autod?truire mais il a saisi la chance qui lui ?tait offerte et il fait maintenant rayonner sa culture partout au Qu?bec. Il inspire beaucoup de jeunes ? se prendre en main?, d?clare-t-elle.

Ce projet prend de l?ampleur. Manon Barbeau poss?de d?sormais deux v?hicules motoris?s qui sillonnent les communaut?s autochtones du Qu?bec. Une initiative similaire sera mise en ?uvre en Polyn?sie fran?aise.

Des ?changes ont aussi eu lieu avec des pays comme la Bolivie et le Br?sil. ?Plusieurs jeunes ont rencontr? d?autres autochtones des pays d?Am?rique du Sud. Nous souhaitons cr?er un r?seau de cr?ateurs autochtones. Ils ont tellement ? apprendre et ? enseigner les uns aux autres?, note Manon Barbeau.

Changer sa destin?e par l?art

Manon tire beaucoup de fiert? de ces jeunes capables de troquer leur d?tresse pour de l?inspiration. On s?imagine ?galement le bonheur de ces jeunes autochtones. Ceux qui se retrouvaient devant rien sont d?sormais derri?re la cam?ra et compl?tement ma?tre d??uvre de leur cr?ation?et sans doute un peu plus ma?tre de leur destin.

Merci ? Manon Barbeau d?avoir pris quelques minutes de son temps pour nous ?clairer sur son projet.

Pour en savoir plus sur la Wapikoni mobile et ses jeunes cr?ateurs : www.onf.ca/aventures/wapikonimobile/excursionWeb/index.php

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